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Chers amis,
Le Collège des Bernardins à Paris (*) accueillera l'exposition « Aubusson Tisse Tolkien » du vendredi 21 mars au dimanche 18 mai 2025.
L'exposition sera l'occasion d'un événement en réalité bien plus large.
En attendant la communication officielle, on peut lire au détour de la toile :
Au cœur des belles voûtes médiévales du Collège des Bernardins, on découvre une quinzaine de tapis et tapisseries réalisée par la Cité internationale de la tapisserie sur lesquels on retrouve des paysages inspirés de l'univers de J.R.R Tolkien. Une manière originale de se plonger en terre du milieu ! Par ailleurs cette exposition est accompagnée d'une programmation spéciale entre concerts, lectures, cinéma [hélas] ainsi qu'un colloque international.
Par lectures, il faut entendre un Tolkien Reading Day assez spécial, puisqu'il s'agira sous ces voûtes de lire et d'entendre lire l'intégralité du « Silmarillion » plus quelques autres textes en continu, du samedi 22 au dimanche 23 mars. La lecture sera assurée par des personnes distinguées et pour autant familières ... pourquoi pas même ... vous — car ceux qui aimeraient y participer peuvent faire signe :).
Les concerts font référence au Festival des heures musicales qui se tiendra du vendredi 4 au samedi 5 avril, avec deux grands volets : les musiques ayant pu inspirer Tolkien, et les musiques ayant été inspirées par Tolkien — deux volets interprétés chacun par un orchestre prestigieux.
Avant d'en arriver au colloque, ajoutons un Cycle de Conférences Grand Public, au soir des lundi 24 mars, jeudi 3 avril et jeudi 24 avril. Trois conférences pour aborder avec Tolkien « la nature, l’homme et le mystère » (cf. Faërie) — les conférenciers et intervenants n'étant pas tous nécessairement des spécialistes de Tolkien mais se proposant de dialoguer avec lui.
Enfin, le Colloque, plus académique, recevra des spécialistes de Tolkien, français ou étrangers venus de plusieurs coins du Monde autour de la « consonance chrétienne de la Terre du Milieu » les vendredi 16, samedi 17 et dimanche 18 mai. Au moins une quinzaine de présentations sont attendues. L'une d'entre elles (probablement le samedi) laissera la place à une table ronde dite du « parvis des gentils » où lesdits gentils pourront échanger autour de leur propre cheminement (pas nécessairement chrétien) avec Tolkien (trois invités de marque ; avec un indice pour l'un d'entre aux : il a de la fourrure aux pieds, il manque rarement un bon mot, et il est le seul ici à donner une critique impartiale de la dévastation jacksonienne).
Plus de précisions bientôt, avec des noms, des titres, des couleurs et des détails (et d'autres choses, plus secondaires, sont aussi prévues).
Signalons que le Comité de Pilotage est tout de même jrrvfien pour moitié ;).
Il va sans dire que vous tous serez des hôtes de marque, honorant le cas échéant ce festival de votre visite ... voire de votre participation (cf. Tolkien Reading Day) — Cédric le premier (il y a du sang jrrvfien là-dedans, chef :)).
Jérôme
(*) Collège des Bernardins
20 rue de Poissy, 75005 Paris
Entrée libre
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...une table ronde dite du « parvis des gentils » où lesdits gentils pourront échanger autour de leur propre cheminement (pas nécessairement chrétien) avec Tolkien...
Si je puis me permettre... dans l'esprit du Comité de Pilotage, et dans la mesure où l'on associe le terme à un « parvis » qui, en contexte catholique, peut faire penser à une place ou cour devant une église ou une cathédrale, qu'entend-on exactement ici par « gentils » ? Car je ne connais que deux sens, anciens, à ce terme relevant de l'histoire religieuse, référencés dans le TLF : le sens désignant des personnes étrangères au judaïsme par rapport aux Juifs, avant l'avènement du christianisme, et celui désignant les païens par rapport aux chrétiens, dans les premiers temps du christianisme.
Amicalement, :-)
B.
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Cette exposition est une superbe nouvelle !
J'avais hésité longuement cet été à faire un long détour pour passer par Aubusson, ce à quoi j'avais dû renoncer.
Et plus encore que l'exposition, des moments forts sont également programmés. Top !
Evidemment, j'imagine que vous serez un certain nombre à visiter l'exposition et/ou à être dans le public pour les tables rondes.
Doit y avoir moyen de se coordonner pour nous rencontrer là-bas (l'occasion pour moi de revoir également certains personnes que je n'ai pas croisé depuis quelques années)
Signalons que le Comité de Pilotage est tout de même jrrvfien pour moitié
.
Il va sans dire que vous tous serez des hôtes de marque, honorant le cas échéant ce festival de votre visite ... voire de votre participation (cf. Tolkien Reading Day) — Cédric le premier (il y a du sang jrrvfien là-dedans, chef).
Merci Yyr. Je serai bien sûr présent à un moment ou un autre mais, les hôtes de marque, c'est vous
Bonne soirée !
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Merci pour ces précisions, Jérôme. :-)
Je me doutais que c'était le deuxième sens du mot « gentils » qui convenait, en actualisant la dichotomie chrétiens/païens en dichotomie chrétiens/non-chrétiens ou croyants/non-croyants, mais cette explicitation est bienvenue. Les précisions qu'apportent les pages que tu indiques en liens clarifient bien le contexte... et encouragent, à vrai dire, une contextualisation plus large...
À lire ces pages indiquées en liens, le « parvis des gentils » est donc une structure organisée en 2011 par le Conseil pontifical de la culture (lequel a depuis fusionné, en 2022, avec la Congrégation pour l'éducation catholique au sein d'un dicastère pour la Culture et l'Éducation), avec l'Institut catholique de Paris (sis rue d'Assas dans le 6e arrondissement : un quartier que j'ai assez souvent arpenté, d'un bon pas, à une époque...), dans le but de construire un espace de dialogue « avec ceux pour qui la religion est une chose étrangère, pour qui Dieu est inconnu, et qui, cependant, ne voudraient pas rester simplement sans Dieu, mais l'approcher au moins comme Inconnu ». Selon le cardinal Ravasi, ancien président du Conseil pontifical pour la culture, l'origine de cette initiative se trouve dans une affirmation de feu Benoît XVI selon laquelle « la recherche de Dieu et la disponibilité à l'écouter sont au fondement de la culture de l'Europe, et elles demeurent aujourd'hui encore le fondement de toute culture véritable », qu'« une certaine nostalgie de Dieu habite le cœur de tout homme » et qu'il faut « inviter ceux qui ne se reconnaissent pas dans telle ou telle religion à se poser la question de Dieu comme question essentielle de leur existence ». La présence de cette espace de dialogue dans l'organigramme du colloque au sein du programme tolkienien du Collège des Bernardins rappelle ainsi, utilement, la dimension confessionnelle de l'ensemble de la manifestation prochaine. Ce n'est pas là une critique, mais nous connaissons bien ici la citation de Boileau, chère à notre ami Silmo : « ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement ». J'entends bien, pour ma part, que la grande nef à colonnades du XIIIe siècle du Collège des Bernardins est ouverte à tous, à l'occasion de l'exposition à venir, des prochains concerts, voire des conférences, celles-ci étant, là encore, généralement ouvertes à tous (du moins le dit-on), et puisse le dialogue culturel et intellectuel entre l'Église et la société, tel qu'il est promu par cette institution sur son site web, être vraiment authentique.
Pour en revenir à la dichotomie croyants/non-croyants, les notions de « croyant » et de « croyance » seraient en soi à questionner, mais ce serait trop long de le faire ici et j'en ai du reste déjà parlé ailleurs par le passé. On pourra tout de même constater qu'il y a quelque-chose de, disons, un peu trop simple dans cette distinction des « gentils » : il y a tellement de nuances possibles, entre ce que l'Église catholique estime être les croyants d'un côté, et les non-croyants d'un autre, de même qu'au sein de la catégorie censée être celle des croyants, il y a tant de nuances possibles entre les très pratiquants, les peu pratiquants, les non-pratiquants, a fortiori dans un pays de vieille culture catholique comme la France... À cette aune, et à vrai dire, quoique mon cas particulier n'ait pas grande importance, j'avoue ne pas me sentir concerné par ces distinctions, du moins en l'état. Lorsque j'arrive aux abords d'une église ou d'une cathédrale où je souhaite effectuer un passage, je ne reste pas sur le parvis : j'entre et je me dirige d'abord, comme par réflexe, vers le bénitier pour me signer, et lorsqu'il n'y a pas d'eau bénite (ce qui arrive encore de temps en temps, je suppose pour des raisons sanitaires héritées de la période Covid), je le regrette aussitôt, même si alors je me signe tout de même en faisant comme si mes doigts avaient trouvé de l'eau dans ledit bénitier. Et lorsque je fais cela, je ne me soucie pas d'être catalogué « croyant » ou « non-croyant », « pratiquant » ou « non-pratiquant », vu de l'extérieur, et c'est d'ailleurs la même chose en cas de présence à une messe, de recueillement en allumant un cierge dans une chapelle, ou lorsque je suis amené à faire savoir, évidemment en d'autres circonstances, mon opinion sceptique quant à la conception virginale de Jésus ou mon opposition claire à la condamnation par le Vatican du droit à l'IVG : les gens peuvent bien juger et supposer ce qu'ils veulent sur mon compte, dans l'une ou l'autre des situations, la spiritualité est une affaire personnelle, intime, dont on peut éventuellement tout de même discuter, mais pas moins pudiquement que lorsque l'on peut le faire en matière, par exemple, de vie sexuelle et affective.
Cependant, les discours de l'Église me rappellent régulièrement ce qui heurte ma conception, éminemment intime et privée, de la spiritualité, de la foi, des croyances relevant de la métaphysique. Hier dimanche, encore, le pape actuel François, de passage en Corse, a déclaré selon le Figaro que « la foi ne reste pas un fait privé », alors qu'elle devrait à mon sens précisément le rester, du moins idéalement. Je ne comprends pas cette persistance, malgré les expériences du passé, à vouloir exercer un pouvoir d'influence public, et donc politique, sur la collectivité, alors que c'est le christianisme qui a pourtant permis notamment le développement de la conscience individuelle en Occident.
Durant son passage rapide sur l'Île de Beauté hier 15 décembre, le pape actuel a promu, contre la laïcité à la française, et dans le sillage de son prédécesseur Benoît XVI (j'imagine sur ce point la probable satisfaction d'un Rémi Brague), une « saine laïcité » qui ne soit pas « statique et figée » (comme si l'Église catholique, elle, ne l'était pas du tout...) et qui signifierait « libérer la croyance du poids de la politique et enrichir la politique par les apports de la croyance, en maintenant la nécessaire distance et l'indispensable collaboration entre les deux », ce à quoi une fine commentatrice, active sur le réseau d'Elon M., a pertinemment réagi en partageant cette citation de Germaine de Staël, extraite de ses Considérations sur les principaux événements de la Révolution française : « l'assemblée constituante, en proclamant la parfaite liberté des cultes, replaçait la religion dans son sanctuaire, la conscience ». Et cette commentatrice rappelait, quelques jours plus tôt, en ayant déjà évoqué cette citation de Mme de Staël dans un autre contexte, que la laïcité est une politesse, c'est-à-dire une façon d'être un peu moins soi-même pour faire de la place aux autres. Or la « saine laïcité » défendue par le pape rappelle, hélas, la « laïcité inclusive » promue par ailleurs par certains en France, notamment par des personnes pour le moins complaisantes avec le communautarisme et l'islam politique ou islamisme (sources de très graves dérives, notamment antisémites et même francophobes, sous prétexte de lutter contre « l'islamophobie ») : ainsi de toutes parts, et quelle que soit sa nature suivant sa provenance (je ne mélange pas tout, mais constate une convergence anti-laïque de fait), le danger politique de l'emprise religieuse menace l'universalisme républicain laïc à la française, et donc la garantie qu'il représente pour chacun en matière d'émancipation individuelle et de véritable liberté de conscience. Or, je ne suis pas sûr, hélas, que l'archidiocèse de Paris (propriétaire du collège des Bernardins, sauf erreur de ma part) et le dicastère pour la Culture et l'Éducation (à l'instar d'autres institutions du Saint-Siège) soient des interlocuteurs extrêmement fiables à ce sujet, pas plus en tout cas que certains intellectuels catholiques français qui, tel Pierre Manent récemment, après avoir été complaisants avec le communautarisme musulman au nom de la défense (catholique) d'une liberté d'influence religieuse (anti-laïque), craignent maintenant une concurrence inter-religieuse, et aspirent donc à ce que la France demeure chrétienne en reconnaissant l'islam, mais à condition que le christianisme catholique soit, lui, reconnu comme culte autochtone et majoritaire, et au passage en jetant donc aux orties la laïcité à la française, sauf peut-être pour les exceptions à la loi de séparation des Églises et de l'État dont la République, bonne fille, s'accommode depuis longtemps (en Alsace-Moselle notamment)...
Dans tout cela, il finit par être moins question de spiritualité que d'identité... et c'est sans doute là que l'usage qui peut être fait de J. R. R. Tolkien et de son anglo-catholicisme peut, en particulier, poser question.
À voir passer toutes sortes d'échanges et commentaires en ligne, surtout sur les « rézosocios » et parfois ailleurs, j'ai tendance à le voir, sinon forcément de plus en plus souvent, mais en tout cas régulièrement, à des degrés divers, et depuis maintenant un certain temps : aborder Tolkien à travers la dichotomie croyants/non-croyants peut renvoyer, fondamentalement et bien au-delà de la littérature et de la « pop culture », aux préoccupations de certaines personnes se revendiquant chrétiennes et considérant cela comme un marqueur identitaire occidental primordial, au-delà donc du caractère individuel et intime de la foi, face à la déchristianisation, face à la concurrence islamique voire islamiste, face à l'universalisme républicain laïc à la française, face à la Modernité associée à la puissance technique (quid, à ce propos et au passage, de l'expérience suisse “Deus in machina” ou “AI-Jesus”, réalisée tout récemment à la chapelle Saint-Pierre [ou Peterskapelle] catholique à Lucerne ?), voire même, et de façon certes plus dérisoire, face aux productions audio-visuelles (du cinéma et de la télévision) s'inspirant de Tolkien mais ne rendant pas à leurs yeux justice à la dimension catholique de l'auteur et de son œuvre (Michaël Devaux, entre autres, s'est déjà souvent publiquement exprimé là-dessus)...
Et cetera.
Mais (que l'on se rassure) je n'en dirais pas plus.
Je me suis juré, depuis le drame que j'ai connu fin décembre et début janvier derniers, de ne plus me prendre la tête avec des choses qui n'en valent pas la peine, notamment dans le domaine tolkienien. Je traverse encore, presque un an après, une période qui reste difficile et au cours de laquelle il ne me semble pas encore avoir expérimenté que, d'un point de vue chrétien, il existe pour moi une consolation. Le cheminement, à travers la peine, le souvenir des souffrances, la douleur de l'absence ici-bas, est long... et c'est une histoire évidemment individuelle. Bref, point de « gros débat » ici, point de « polémique », car je n'ai pas (plus) d'énergie pour cela de toute façon, mais de mon point de vue, voila simplement le contexte général (et par ailleurs personnel, même si c'est là mon affaire) dans lequel j'apprends l'organisation des évènements faisant l'objet du présent fuseau...
De consolation, il en sera sûrement question à l'occasion de cette manifestation au Collège des Bernardins, et ce ne sera certes pas en soi une mauvaise chose dans la noirceur des temps que nous vivons, mais pour ma part, je peux dire seulement, et simplement, que je n'en suis pas là (même si je ne me plains pas, le réel étant ce qu'il est).
Amicalement,
B.
P.S.: je n'avais pas du tout prévu d'écrire autant s'agissant du présent message, mais il faut croire que le pape François aura su hier, à sa façon, me donner du courage (halala, ces jésuites, ils sont trop forts, comme les dominicains...). ^^'
[EDIT (17/12/2024): corrections de fautes, et changement d'un lien hypertexte, vers un article en anglais plus complet que le précédent indiqué, concernant l'expérience “Deus in machina”]
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Cher Jérôme, chers tous, cette nouvelle méritait une ANNONCE !
C'est chose faite, en page d'accueil de JRRVF
https://www.jrrvf.com/tolkien-au-colleg … s-en-2025/
Bonnes fêtes à tous !
I.
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Cher Jérôme, chers tous, cette nouvelle méritait une ANNONCE !
C'est chose faite, en page d'accueil de JRRVF :)
Merci, cher JR.
On apprend ainsi que Jean Chausse (« notre » Jean de JRRVF, si j'ose dire) est le commissaire de la future exposition : félicitations à lui. Il y a maintenant assez longtemps qu'il n'est plus actif en ces lieux, et je n'ai pas oublié le contexte qui l'avait fait s'éloigner : puisse cette manifestation à venir aux Bernardins être l'occasion de le voir revenir, peut-être un jour prochain, échanger ici – certes, on ne sera jamais d'accord sur tout, et alors ? Donc, j'ose le dire, même si cela devait rester dans le vide : reviens, Jean, ce serait bête d'en rester là. ^^
Bonnes fêtes de fin d'année également, à toutes et à tous.
Amicalement,
B.
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Merci Isengar :)
& Joyeux Noël à tous,
J'ai transmis ton message à Jean, Benjamin. Merci pour ces gentilles paroles.
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lire l'intégralité du « Silmarillion »
=> en anglais ? en français ? et si français, quelle traduction ?
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et si français, quelle traduction ?
Je crois qu'il y a consensus pour dire que désormais la traduction de référence est celle de Daniel Lauzon (ce que je partage au demeurant).
Je m'avance mais je ne pense pas prendre un grand risque en disant cela
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Effectivement, il s'agira de lire le Silmarillion dans la traduction de D. Lauzon. Un lecture intégrale est une entreprise suffisamment ambitieuse pour ne pas chercher à ajouter de la difficulté et dissuader les volontaires (parmi ceux qui se sentiront capables de lire correctement jusqu'à une demi-heure mais aussi parmi ceux qui viendront écouter, certains toute la nuit durant) en choisissant une lecture en VO. ;-)
S.
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Bonjour à tous,
Merci aux organisateurs de ce bel événement ! Je suis bien contente de pouvoir bientôt admirer toutes les tapisseries ! J’irai sans doute en famille, j’en connais un qui devrait apprécier Glórund sets forth to seek Túrin…
Céline
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Chouette :)
Il faudra songer à se débrouiller pour trinquer au moins une fois entre nous :)
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J'ai posté sur le forum de Tolkiendil une annonce moins détaillée que celle figurant sur le site de JRRVF, mais avec un peu plus de détails sur le volet musical de l'événement, qui durera quasiment deux jours pleins. C'est aussi l'occasion d'en parler ici :
Le 4 avril, l'Académie musicale de Liesse, dirigée par Charles Tyldesley, proposera un programme orienté vers les sources d'inspirations musicales possibles de Tolkien, notamment dans le domaine du chant grégorien et de ses réinterprétations (Tallis, Swann), des hymnes et de la musique religieuse britanniques (Vaughan Williams, Sibelius, Holst, etc.), de la musique folklorique anglaise et des opéras s'inspirant des légendes de la Grande-Bretagne (Purcell, von Weber).
Le 5 avril, Timothée Varon (baryton) et Masahiko Omori (piano) donneront le cycle complet de The Road Goes Ever On : A Song Cycle, de Swann, sur des poèmes de Tolkien, ainsi que des extraits des Songs of Travel de Vaughan Williams. Masahiko Omori interprétera aussi la pièce pour piano Akallabêth de Godfrey, tandis que le pianiste Alexandre Launay jouera les suites pour piano Valaquenta I & II de Romberg. De plus, l'Orchestre d’harmonie de la Garde républicaine, dirigé par Bastien Stil, interprétera le poème symphonique Finlandia, de Sibelius (compositeur que Tolkien appréciait particulièrement) et la Symphonie n° 1 The Lord of the Rings, de J. de Meij. La formation symphonique de ce même Orchestre de la Garde républicaine, emmenée cette fois par Sébastien Billard, donnera quant à elle l'Ouverture de concert The Hobbit de Blyton (composée avec l'aval de Tolkien), A Lord of the Rings Suite, pour flûte et orchestre, de Shore, la Symphonie n° 7 The Dreams of Gandalf de Sallinen, ainsi que le poème symphonique L'Apprenti sorcier de Dukas (qui regarde du côté de Goethe plutôt que de Tolkien, cela va sans dire).
Un beau programme, donc, auquel devraient encore se rajouter quelques bonus. Pour plus de détails sur les morceaux d'inspiration tolkienienne, je vous invite à consulter cet article, que j'avais rédigé l'an dernier.
E.
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Merci Damien,
Et si c'est un beau programme (indiscutablement), c'est que quelques uns, dont un en particulier, y ont joliment œuvré.
Merci à toi !!! :)
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Oui, mille mercis à toi, Damien, car tu as accompli un fabuleux travail pour nous offrir ce magnifique programme musical !
S.
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Merci Elendil pour ces compléments.
D'évidence cette "manifestation" va faire date de part les intervenants, la variété des domaines, le lieu. Bref, je me réjouis d'avance
Cédric.
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Le site du Collège commence à communiquer sur l'événement : https://www.collegedesbernardins.fr/age … bernardins
J'ai mis à jour l'annonce de JRRVF.
[édit :] J'en profite pour intégrer l'affiche et ré-ordonner l'ensemble, tu n'hésiteras pas à corriger autrement le cas échéant Isengar ;).
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J'en profite pour intégrer l'affiche et ré-ordonner l'ensemble, tu n'hésiteras pas à corriger autrement le cas échéant Isengar
C'est vu
Il semble y avoir un petit problème d'affichage sur ordi, aussi bien sur Mozilla que sur Edge (mais affichage correct sur smartphone). Je regarderai ça ce soir.
I.
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Hello
pour info, l'agence de com' "Agnes Renoult Communication" a envoyé des mails bourrés de fautes grossières et de formulations maladroites (ex: "Vous pourriez également vous plongez dans L'arda") pour démarcher des créateurices de contenus "tolkieniens" pour l'avant-première.
Faites ce que vous voulez de cette info
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Problème signalé, merci de nous en avoir fait part.
D.
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pour info, l'agence de com' "Agnes Renoult Communication" a envoyé des mails bourrés de fautes grossières et de formulations maladroites (ex: "Vous pourriez également vous plongez dans L'arda") pour démarcher des créateurices de contenus "tolkieniens" pour l'avant-première.
Merci pour le signalement.
— suis-je le seul pour qui la troisième surprise, qui n'est pas le fait d'un office professionnel de la communication certes, rend la lecture au moins aussi difficile que les deux premières (à devoir relire plusieurs fois la phrase) ? :)
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Bonjour à tous,
Ça y est : tous ceux qui souhaiteraient lire durant le très spécial Tolkien Reading Day du 22-23 mars prochain sont invités à s'inscrire dans ce tableau.
Lequel tableau vous permettra de prendre connaissance du très beau programme (à défaut du lieu, lui aussi très spécial : pour cela il faudra venir).
Article mis à jour pour intégrer cette invitation.
Yyr
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bonsoir à toutes et à tous,
bravo pour ce magnifique programme - j'espère etre aussi présent que possible
amicalement
vincent
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Merci Vincent :)
Correction du lien pour les inscriptions au TRD : https://bernardins-my.sharepoint.com/:x … ftKjXE938Q
Appel aux lecteurs !
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La première conférence grand public approche : elle aura lieu lundi 24 mars à 19h30 au grand auditorium des Bernardins.
J'aurai l'honneur d'être le discutant de Rémi Brague, membre de l'Institut, pour l'inviter à dialoguer avec Tolkien sur la question de la Nature.
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Outre les événements déjà annoncés, Tolkiendil proposera un atelier de calligraphie elfique aux Bernardins le samedi 29 mars, de 14h à 16h.
Il sera animé par Irwin et Khyann et pourra accueillir jusqu'à 15 participants (à partir de 12 ans ou de 10 ans si l'enfant est accompagné d'un adulte).
E.
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Le colloque universitaire de 3 jours est programmé : du vendredi 16 au dimanche 18 mai.
Seize conférenciers se relaieront pour aborder les thèmes de :
- la consonance chrétienne de l'œuvre
- imagination et rédemption
- la question de l’allégorie
- anges & prophéties
- la foi dans la vie de J.R.R. T.
- la beauté : analogie & épiphanie
Sans oublier les cheminements spirituels du parvis des gentils :).
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Outre les événements déjà annoncés, Tolkiendil proposera un atelier de calligraphie elfique aux Bernardins le samedi 29 mars, de 14h à 16h.
Il sera animé par Irwin et Khyann et pourra accueillir jusqu'à 15 participants (à partir de 12 ans ou de 10 ans si l'enfant est accompagné d'un adulte).E.
En effet, et la programmation est faite elle aussi : samedi 29 mars.
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J'ai reçu un message comme quoi il restait de la place pour les concerts. Peut-être faire une annonce spécifique sur le site à leur propos ?
Avant le Seigneur des Anneaux : Oxford et l'Angleterre (ven. 4 avril, 20h-22h)
Voyage en Terre du Milieu par l'Orchestre symphonique de la Garde républicaine (sam. 5 avril, 15h-16h15)
Valaquenta avec Alexandre Launay (sam. 5 avril, 16h30-18h)
The Road Goes Ever On avec Timothée Varon et Masahiko Omori (sam. 5 avril, 18h30-19h30)
Le Seigneur des Anneaux par l'Orchestre d'harmonie de la Garde républicaine (sam. 5 avril, 20h30-22h30)
En tout cas, n'hésitez pas à vous inscrire et à en parler autour de vous !
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Hello
J'essaie de trouver un petit moment ce soir pour faire un petit article tout neuf sur le site.
J'aurais bien remis la page initiale à jour, mais j'ai peur que cette info spécifique y soit "invisibilisée".
I.
EDIT : c'est fait ! https://www.jrrvf.com/
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Merci Isengar :)
Je signale aussi qu'il reste des places pour les lecteurs du Tokien Reading Day et que le tableau d'inscription a connu un problème d'accès récemment — son lien actuel est le suivant : https://bernardins-my.sharepoint.com/:x … NlGpWZi3Ug
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Que j'aimerais être sur Paris cette nuit, au moins pour la lecture de 2h à 4h30, avec Moraldandil et Leo Carruthers qui se partagent la Chute de Gondolin, le voyage d'Eärendil, la guerre de la Grande Colère, l'Athrabeth et le conte d'Adanel ; ça va être un grand moment ! ;-)
S.
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Que j'aimerais être sur Paris cette nuit, au moins pour la lecture de 2h à 4h30, avec Moraldandil et Leo Carruthers qui se partagent la Chute de Gondolin, le voyage d'Eärendil, la guerre de la Grande Colère, l'Athrabeth et le conte d'Adanel ; ça va être un grand moment ! ;-)
S.
Tu m'as donné envie : j'y serai :)
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Petit rétro-planning à très court terme :)
ce soir : vernissage de l'exposition
ce week-end : Tolkien Reading Day (& Night !)
lundi soir : conférence grand public « Tolkien & la Nature »
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Bon vernissage !
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Aura-t-on un petit compte-rendu de l'inauguration, pour ceux qui n'ont eu la chance d'y assister ?
I.
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Je n'y étais pas moi-même malheureusement.
Mais je puis vous rapporter de la part de Leo que « tout était très beau et intéressant. Le public était conquis. Une soirée très sympathique et amicale, avec beaucoup de contacts entre fans anciens et nouveaux. »
Allez-y ! Il y a de jolies choses :).
Non seulement les tapisseries majestueuses d'Aubusson mais aussi des memorabilia de J.R.R. Tolkien qui n'ont pas encore été vus jusqu'ici.
Quant à moi je serai au TRD (de 22h à 7h — Leo, Bertrand et moi allons fournir l'essentiel des forces vives de minuit à 6h) et à la conférence de lundi.
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Merci pour ce retour
Bonnes lectures !
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Les lectures du Silmarillion aux Bernardins sont en cours.
Je reçois quelques témoignages à distance par ici et par là. Il semble bien que c'est un moment grandiose et magique, qui tient ses promesses.
Un jeu de lumières accompagne les lectures, et pour le moment, le timing semble respecté. Au moment où j'écris ces lignes, on parle du siège d'Angband (au chapitre XIII).
Bravo aux lecteurs et aux organisateurs
I.
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ILS L'ONT FAIT !
Avec un timing presque parfait, et une lecture finale réalisée par Jean à l'issue d'un marathon de plus de vingt heures, tous les textes de J.R.R. Tolkien programmés pour cet événement ont été lus !
Un grand bravo à tous
I.
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Merci Isengar. Comme je le disais à Bertrand, nous étions loin de nous imaginer cela lorsque, il y a 23 ans, nous entamions des soirées lecture à Paris (avec Cirdan, Iarwain, Silmo, Kendra, ...).
C'était en effet très beau, plus que ce à quoi je m'attendais, car le lieu était vraiment propice.
Les photos montrent peu de monde. En fait, la plupart étaient de part et d'autre des rangées de chaises auxquelles nos photos sont limitées, sur chacun des bas-côtés où des transats et des poufs avaient été disposés tout exprès ;).
Des lecteurs jeunes et âgés se sont succédé, tous avec enthousiasme. Cet enthousiasme seul était déjà beau à voir.
Et la joie de revoir Iarwain. Mais j'ai raté Tar Palantir (il n'était pas arrivé tard pour une fois ;)).
Beaucoup n'étaient là que pour écouter, allongés sur les bas-côtés, parfois en suivant dans les livres. Certains ont sommeillé quelques heures. Une auditrice écoutait tout à son ouvrage apportée avec elle : le tissage de la carte de la Terre du Milieu — telle Vairë parmi les Valar.
Partant du Silmarillion, les textes avaient été choisis et complétés afin d'arriver au volume d'une vingtaine d'heures mais aussi de s'accorder aux heures du jour et de la nuit autant que faire se pouvait. Mais il serait plus juste de dire que les textes se sont choisis eux-mêmes, tant ils s'appelaient naturellement les uns les autres.
À la lumière du jour, après l'inauguration par l'Ainulindalë (avec Michaël) et le Valaquenta, a donc débuté (avec Jean) le cylce des Elfes, c'est-à-dire le Quenta Simarillion.
À la nuit tombée, le Siège d'Angband avait été brisé et l'on écouta jusque très tard dans la nuit les heurs et les malheurs des Eldar et des Edain. Bertrand assura presque à lui seul les derniers chapitres, depuis la fin de la geste de Túrin jusqu'au terme de la Guerre de la Grande Colère.
Au milieu de la nuit fut lu (en anglais) le dialogue de Finrod et Andreth à deux voix (par Leo et Hajar). Lu est un euphémisme. Le dialogue fut un enchantement ; le lecteur et la lectrice, outre une élocution remarquable (surtout Leo), rendaient le ton exact, l'émotion, la gravité, toute l'angoisse et l'espérance du Conte d'Arda ramassées dans l'Athrabeth.
Bertrand y adjoignait ensuite avec une maîtrise égale le Conte d'Adanel (là encore en anglais, et avec une élocution et une intonation *parfaites*).
L'articulation était faite pour enchaîner avec le cycle des Hommes.
La fin de la nuit fut ainsi consacrée (avec Jean, Bertrand et moi) aux chapitres de l'Akallabêth et de la Route Perdue : autant de déclinaisons du Conte d'Adanel — ou comment les Hommes furent séduits et menés à leur ruine par le Seigneur Ténébreux, et les voies courbées, et les Fidèles sauvés de peu.
Au petit jour pouvait être lue la partie des « Anneaux de Pouvoir & la fin du Troisième Âge ».
Et, dans le plein matin, le chapitre du Seigneur des Anneaux de « l'Intendant et le Roi », augmenté du « fragment de l'histoire d'Aragorn et Arwern », refermait le cycle des hommes — le cri d'Arwern, Estel ! Estel !, résonnant avec le cœur de l'Athrabeth.
Voici quelques photos (Bertrand a largement droit à en avoir deux pour lui seul ;))
[édit : oups, j'ai validé trop tôt, je voulais attendre car peut-être aurai-je d'autres photos ... pas grave, ou bien je les ajouterai ici en édition ou bien je posterai de nouveau].
PS : Le plus difficile fut, après cette nuit blanche, endormi dans le train, de me réveiller à la bonne gare — une réussite dont je ne suis pas peu fier :).
PPS : Malgré un guide de prononciation fait exprès (par Damien), on a quand même eu droit à des « karkarotte » et autres similitudes ;). C'est normal, nous sommes en Arda Marrie :).
PPPS (édit) : J'écris plus haut : « le lecteur et la lectrice, outre une élocution remarquable (surtout Leo) » — erreur de perspective, comme me l'a fait remarquer Bertrand en privé : je ne doute pas que l'élocution des deux fut irréprochable, mais c'est mon oreille qui entendait mieux l'accent du premier. En tout cas, n'allez pas croire à un reproche masqué pour Hajar, que je suis allé aussitôt féliciter et remercier avec émotion et gratitude.
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Merci Jérôme pour ce compte-rendu de ces moments exceptionnels que tu as pris le temps d'écrire alors que tu devrais être en train de dormir ;-)
S.
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Bravo à tous les intervenants, scénaristes lumière et son, et aux courageux auditeurs. Merci à Jérôme pour son témoignage.
Hélas confiné et fatigué de 10 j. d'hosto, je ne suis pas allé aux Bernardins.
Je salue l'exploit et la magie de cette nuit dont Bertrand rendait compte à chaque moment, merci à lui et Gilles pour les images reçues via wathsapp.
Souhaitons un jour une nuit du Hobbit, voire un WE marathon SdA.
Silmo-François
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PS : tous les ans, fin janvier le ministère de la Culture programme les "Nuits de la Lecture". Il les sponsporise (je crois) et fait au moins de la promotion, de la pub.
Les Bernardins (je ne sais qui organise les lectures Tolkien) pourraient se rapprocher du service Com du ministère pour fin janvier 2026, qui sait, une lecture du Hobbit ou du SdA (en associant le service com de l'ambassade britannique à Paris). Il y aurait sûrement des subventions, même maigres, pour la scéno lumières et son, etc.
En tout cas, ce serait bien de programmer ce genre d'évènements le même WE que ceux encouragés par le ministère afin d'avoir plus de pub que par les réseaux 'intimes' des Tolkiendili et ainsi plus d'auditoir.
Bossant au ministère jusqu'à l'été 2027, avant la retraite, je peux chercher des contacts (même après)...
Amitiés
Silmo
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J'ai transmis ta proposition François ;)
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Sans faire concurrence au "Tolkien Day", les deux peuvent exister et jouer de la pub l'un à l'autre pour multiplier les auditeurs.
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Tolkien et la Nature
Après l'écoute (Tolkien Reading Day), le dialogue.
Lundi soir 24 mars a donc eu lieu la première des trois conférences grand public au grand auditorium du Collège.
Un public nombreux et varié en tous genres.
& Parmi les compagnons de route, j'ai eu la joie de revoir Vincent, Moraldandil, Benilbo ... et de voir enfin en chair et en os Swing Kid ! :)
Rémi Brague a traité la question que nous lui avions posée : que nous dit la Nature chez Tolkien ?
Après avoir préalablement distingué trois grand sens du mot nature :
1) l'ensemble des réalités non faites par l'homme
2) l'ensemble des caractéristiques de telle réalité (la nature propre de tel genre d'être)
3) la force créatrice, le principe derrière ces réalités 1) et caractéristiques propres 2),
Le conférencier a commencé par citer la fin de la note D de l'essai sur le conte de fées où Tolkien rapporte son avidité, enfant, pour l'étude de la Nature, et l'équivoque très tôt ressentie sur les mots qui voulait le pousser indûment à réserver cette étude à la Science et à le frustrer de la Faërie. Cette Science qui, depuis le projet de Francis Bacon en Angleterre (projet repris chez nous par Descartes, Comte et Bernard), cherche les lois de la Nature afin de la maîtriser.
Les limites de cette Science sont bien montrées, dit Rémi Brague, par la confrontation entre Gandalf et Saruman : « Celui qui brise une chose pour découvrir ce qu'elle est a quitté le chemin de la sagesse », confrontation qui lui évoque celle de Goethe à Newton. Il enchaîne avec l'essai sur le conte de fées et le besoin de recouvrer « une vue claire [des] choses comme nous sommes (ou étions) censés les voir [:] débarrassées du caractère de possession » pour trouver, avec la figure de Tom Bombadil, l'extrême opposé de l'idéal de Francis Bacon. Étudier la Nature peut recevoir une autre acception que celle de la Science : la Nature peut être entendue comme un message qui nous est adressé et sa lecture comme une sagesse.
Par ailleurs, reprenant la finale de la note D de l'essai sur le conte de fées où Tolkien dit qu'il y a un part de l'homme qui n'est pas nature, le parallèle est fait avec le Silmarillion où il est dit qu'Eru « voulut que le cœur des Hommes soit porté au-delà du monde, et qu’au-dedans il ne trouvât aucun repos », allusion très précise et quasi citation littérale de s. Augustin : « Tu nous as faits pour toi, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en toi » (Confessions, i, 1, 1). On en retrouve des marques dans le Seigneur des Anneaux quand par exemple les Hobbits, au récit de Tom de la vie de la forêt, se sentent étrangers tandis que « toutes les autres choses étaient chez elles ».
Être au-delà de la Nature n'implique pas que nous soyons au-dessus d'elle sinon métaphoriquement. Bombadil est celui qui oppose le refus le plus net à l'asservissement de la Nature par le projet moderne que résume l'expression bien connue de Descartes « maîtres et possesseurs de la nature » (Discours de la méthode, VI) qui faisait coïncider en toute connaissance de causes la maîtrise (politique) et la possession (économique), coïncidence qui n'existait jusque là que dans le servage. Tom Bombadil renvoie quant à lui à une maîtrise sans possession (cf. les paroles de Baie d'Or à Frodo), telle que celle qui fut confiée à l'origine à Adam dans la Genèse (1, 26.28). (*)
Passant au second sens du mot nature, celui que nous employons pour parler de la nature des choses, le conférencier observe que son emploi est rare dans les récits tolkieniens, entre autres parce que les termes trop abstraits sont généralement évités par Tolkien.
En l'occurrence, il préfère le mot way — intraduisible d'un seul mot en français : il dit à la fois le chemin et la manière — pour parler de la nature des choses, qu'il s'agisse de celle des dragons, des arbres, des hobbits, etc. ou encore de Gollum, et même des œuvres rationnelles puisque le mot est appliqué aux chansons qui, comme le dit Sylvebarbe, « tout comme les arbres, ne portent leurs fruits qu'au moment voulu et à leur manière ». Terme extrêmement intéressant car pré-philosophique (Leo Strauss), il témoigne d'une expérience des choses antérieure à la distinction entre art (ou culture) et nature, embrassant le commun entre eux.
Or, ce terme est particulièrement lourd de sens : une voie, un chemin, n'a rien de statique, il mène quelque part, contrairement à ce que la légende moderniste tant à faire croire depuis quelques siècles. Quelques formules ramassées le disent comme, dans l'Akallabêth, la désignation de l'immortalité des Elfes : elle n'est pour eux ni récompense ni châtiment mais « l'accomplissement de leur être (fulfilment of their being) ».
La nature est ainsi un guide vers le bien : aller contre la nature, c'est aller vers les ennuis, ainsi que les prosaïques Hobbits, peu portés sur les spéculations philosophiques mais non dépourvus de bon sens, le perçoivent : « Il faudra en payer le prix, disait-on. Ce n'est pas naturel et les ennuis viendront (It isn’t natural, and trouble will come of it!) ! » lisons-nous à la première page du Seigneur des Anneaux. Le bon sens des Hobbits rejoint du reste la sagesse des Elfes, lesquels définissent le bien comme étant « ce qui est fidèle à sa nature et à sa fonction (true to its nature et function) ».
S'il en est ainsi, c'est parce que la Nature, elle-même se composant d'êtres ayant chacun une nature, est créée. L'Ainulindalë rappelle explicitement l'image augustinienne, comparant le Créateur à un « musicien ineffable qui conduirait la grande symphonie de l'histoire » (Epist. CXXXVIII, 1, 5). Le dynamisme de la création chez Tolkien n'a rien de fixiste ni d'évolutionniste. Elle fait songer à la « création continue d'imprévisible nouveauté » de Bergson (in le possible et le réel).
Dans cette Création qui est fondamentalement bonne, se pose alors le mystère de l'existence du mal. Pour Tolkien, comme pour les Néoplatoniciens, les Pères de l'Église et les Scolastiques, le mal n'a pas d'existence positive, il n'est qu'une privation : il ne fait que sembler être, il ne fait que singer l'être. Ainsi de Melkor ou de Sauron qui ne peuvent que contrefaire les choses (ou la compréhension que l'on en a). Si bien qu'il nous revient non pas de décider du bien et du mal mais de les discerner comme des réalités pré-existantes :
Le bien et le mal n'ont pas changé depuis l'année dernière ; et ils ne sont pas non plus une chose chez Elfes et les Nains et une autre chez les Hommes. Il appartient à chacun de les discerner aussi bien dans la Forêt d'Or que dans sa propre maison.
Le Seigneur des Anneaux, III.2
(*) Ce faisant Tom renvoie au paradis terrestre — de même Baie d'Or qui évoque à Rémi Brague la très énigmatique Matelda de la Divine Comédie de Dante (Purgatorio, XXVIII, 40-41).
Commentaires personnels
C'est peu dire que j'ai été impressionné par Rémi Brague, bien que familier d'une partie de son travail philosophique (sur un sujet connexe à celui de la conférence, voir Rémi Brague, Le Règne de l’homme. Genèse et échec du projet moderne, Paris, Gallimard, 2015). Plus familier de C.S. Lewis, il n'avait lu que le Seigneur des Anneaux. Suite à notre demande de conférence, il a lu le Hobbit, le Silmarillion et l'essai sur le conte de fées, et relu le Seigneur des Anneaux. C'est ainsi sans rien connaître des textes postérieurs, plus explicitement philosophiques et théologiques (notamment HoMe X) qu'il a en a saisi tout le sens (voir ce que j'avais moi-même entamé sur le sujet ici : l'essentiel des références appartenait à ces textes postérieurs). Ce qui montre, au passage, que la dimension spirituelle (au sens large) de l'œuvre tolkienienne n'est ni une réorientation tardive ni une annexe rajoutée après coup (ce sur quoi je serai amener à dire quelque chose lors de mon intervention au colloque le 16 mai prochain).
Une excellente conférence. Il fallait bien toutefois montrer à quel point elle était excellente en faisant preuve d'une petite sottise en contrepoint. Je m'y suis employé, à la fin, en déniant toute dépendance des langues secondaires à nos langues primaires. Que ce message soit l'occasion de corriger cette sottise. J'ai été plus royaliste que le roi en prenant la défense de l'indépendance des langues elfiques, faisant mienne l'irritation de Tolkien quand on analysait sa subcréation (langues ou histoires) à partir des ressemblances externes, car on manquait alors inévitablement le sens et l'organisation internes de la forme nouvelle en laquelle la matière de son œuvre avait été recomposée. Mais cela n'empêche aucunement de nombreuses correspondances, qui étaient le fait de réminiscences inévitables (voir par exemple « The problem of ROS », HoMe XII). Je remercie Bertrand d'avoir ré-ajusté son ami ;).
De très bons échanges avec la salle ensuite. De peur sans doute que ce qui précédait ne fût pas suffisamment pêchu, Benilbo attire l'attention de notre conférencier sur ce passage de la lettre n°131 où, dans une note, Tolkien décrit la Lumière de Valinor d'avant la Chute comme étant une lumière sans le divorce que nous pouvons maintenant connaître entre la raison (scientifique ou philosophique) et l'imagination (artistique) ou entre le bon et le beau. Excellente question qui évoque à Rémi Brague la séparation entre les transcendantaux. La prochaine fois Benjamin, c'est toi qui sera le discutant de Rémi Brague ;). De mon côté, cela m'a fait pensé, naturellement, à la figure d'Aragorn et au poème de Bilbo rédigé pour lui : « tout ce qui est or ne brille pas » ...
Un auditeur demandait aussi à Rémi Brague si l'on pouvait trouver un rapport particulier de chacun des peuples d'Arda à la Nature. Question qui ne pouvait être traitée ainsi sinon par une conférence dédiée. Pour ma part, je risquerai, puisque l'attente de l'auditeur concernait principalement les Hobbits, que ceux-ci — et c'est en lien avec leur bon sens dont il fut question dans la conférence — ont le sens de la place des choses et de leurs proportions. J'ai toujours été très ému par Sam résistant à la tentation de l'Anneau :
In that hour of trial it was the love of his master that helped most to hold him firm; but also deep down in him lived still unconquered his plain hobbit-sense: he knew in the core of his heart that he was not large enough to bear such a burden, even if such visions were not a mere cheat to betray him. The one small garden of a free gardener was all his need and due, not a garden swollen to a realm; his own hands to use, not the hands of others to command.
LR, VI, 1
Enfin j'ai noté la question de cet auditeur qui a bien saisi l'impasse dans laquelle nous sommes et qui demandait : « quelle issue ? ». C'est moi qui ai répondu mais trop vite, en me contentant de dire le pessimisme de Tolkien, et que, pour nous, il nous restait à « jeter l'Anneau ». Il eût été plus juste sans doute de parler de « défaire l'Anneau ». Mais surtout, il y avait moyen de faire le lien entre cela et la conférence. Puisque l'Anneau n'est détruit que parce que la Providence y a pourvu, aperçu de « la victoire ultime » (L 195). Ou, comme le dit Finrod dans l'Athrabeth :
Ye also, we hold (being instructed by the Great who know), are Children of Eru, and your fate and nature is from Him. […] [So our hope/trust Estel] is not defeated by the ways of the world, for it does not come from experience, but from our nature and first being. If we are indeed the Eruhin, the Children of the One, then He will not suffer Himself to be deprived of His own, not by any Enemy, not even by ourselves. This is the last foundation of Estel, which we keep even when we contemplate the End: of all His designs the issue must be for His Children’s joy.
Athrabeth, p.308, 320
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Incidemment, la semaine qui a suivi fut assez terrible pour moi (d'où ce compte-rendu relativement tardif) avec de mauvaises nuits et une pile d'imprévus auxquels faire face. Le dernier d'entre eux ce matin, où nous avons sauvé des griffes du maudit chat du voisin la merlette de notre jardin. Éclopée, il n'est pas sûr qu'elle s'en sorte. Et, en attendant, il faut que je trouve le moyen d'empêcher ce chat de revenir dans notre jardin. Sacrée Nature ...
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Cher Yyr,
woaow ;-) mille merci pour ce généreux retour qui rend si bien compte de la belle soirée que fut cette conférence.
Bravo à toi et merci à Rémi Brague pour cette conférence de haute volée. Bon repos à toi, cher ami,
S.
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