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Voilà: ça a trait au SdA et à son adaptation au cinéma mais ça ne concerne pas Tolkien en particulier, alors je crois que c'est plutôt là qu'on peut en parler. Le choc, ça a été après la bataille, lorsque Théoden décide de ne pas traîner sur les lieux et ordonne de laisser les morts sur le champ de bataille... J'ai dans l'idée que ce geste -- impensable pour Tolkien -- l'aurait horrifé... Comme il ne semble pas y avoir eu de protestations contre cette scène -- mais, sur ce site, je n'ai pas encore tout épluché ;) et je ne vais pas beaucoup ailleurs -- je me disais qu'on a un sérieux problème dans notre société avec le sujet de la mort et du traitement que l'on réserve aux morts. Dans le film, je regarde le comportement des personnes touchées de plus ou moins près par la mort de Boromir, de Théodred, la disparition de Merry et Pippin, la pseudo-disparition d'Aragorn, le salut aux morts lors de la soirée festive, la mort de Théoden, Eowyn grièvement blessée, Merry introuvable... On voit comme les personnes endeuillées souffrent de la perte d'êtres chers: Ce qui ressort le plus, c'est bien la souffrance de la perte et la réflexion semble s'arrêter là. C'est peut-être parce que c'est un film et que, focément on se place du point de vue, des personnages restant. L'être cher disparaît et fait place à un mort: il est là tout en n'étant plus là, il prend un statut tout particulier. Avec le comportement choquant du Théoden du film, ce statut est bafoué. On a l'impression que la personne comptait davantage vivante et que, morte... Mais si personne ou peu de gens ont été scandalisés, j'ai bien l'impression que c'est parce que dans les flots des média qui nous ballotent le petit bateau de l'homme ne peut laisser de place à son bord pour le moment où il arrivera aux Havres Gris :) Qu'en pensez-vous? FdN |
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... oui, c'est vraiment un sujet pas gai! FdN |
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Moi je suis d'accord avec toi, Mais à savoir si c'est vraiment un problème de notre société actuelle... Je ne crois pas que dans beaucoup d'autres films on y retrouvent des répliques semblables...Mais dans le seigneur des anneaux...il est tellement plus cool le Théoden au coeur de pierre qui est au dessus de ça lui les émotions... |
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bonjour, |
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nine > cette réflexion me remet en mémoire un passage d'une étude sur le SDA ( mais je ne me souviens pas de laquelle...) qui insistait sur l'importance dans le livre du culte des morts Peut-être fais-tu référence au livre de Vincent Ferré, Tolkien ; sur les rivages de la Terre du Milieu, et notamment à la partie intitulée "Les hommes et la mort : funérailles, douleurs, souvenirs" ? ;-) Cordialement, |
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hum...oui, c'est hyper probable... |
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Merci pour vos interventions! je vais pouvoir aller piocher cette étude dans le livre en question ;) |
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Sans entrer dans le débat "est ce que les medias nous amènent à ne plus considérer les morts avec le respects qui leur est dû" et tout ça, une réponse tient peut être dans le temps... Theoden est préssé par le temps. Il doit conduire son peuple pour le gouffre de helm au plus vite et ce avant la nuit. Ils viennent de subbir une attaque de Ouargs, rester immobile est dangereux, rien n'assure qu'une autre attaque ne puisse se produire, ni même que cette troupe d'éclaireur n'annonce pas un plus gros contingent. Enterrer ses morts est une chose normale, et noble, mais les circonstances de toute évidence ne s'y prêttaient pas. Theoden est préssé par le temps, en terrain découvert, avec peu d'homme apte à combatre et une grande population à protéger... Enterrer ses morts, c'est risquer de perdre du temps et de ne pas arriver à Helm avant l'ennemi (ou de ne pas avoir le temps de préparer une défense efficace), risquer de rester exposé pendant un certains temps, d'être une cible facile à un nouveau groupe de Ouargs ou à un contingent d'orque qui suivrait un peu plus loin ces éclaireurs. Note que dans le premier film (et dans le livre), Gimli, Legolas et Aragorn n'enterrent pas non plus Boromir. Mais ils prennent tout de même le temps de réaliser un rite funéraire en le mettant dans une barque avec ses armes et ses trophés et en l'envoyant descendre le fleuve. Mais ce rite là prend moins de temps que d'enterrer un mort. Ils ne peuvent non plus faire mieux fautes de temps. Pendant les guerres mondiales, dans les tranchés, ils me semble que certains morts sont restés pendant des jours accroché à des barbelés dans un no man's land ou dans un trou d'obus entre deux tranchés sans que personne n'aille les chercher. Les soldats des tranchés étyaient ils amoraux et cruel ? Ou tout simplement le risque encouru pour donner une tombe descente à un frère d'arme ou un inconu n'en vallait pas la chandelle ? Donc je crois plutôt que les circonstances de la scène dont tu parles font qu'il n'est pas évident de choisir d'enterrer ses morts à ce moment là. Je ne crois pas qu'à ses yeux la personne comptait plus vivante que morte, ni même qu'il donne cette impression (Theoden vient de perdre son fils, il est bien placé pour savoir ce que représente la mort...). Je crois qu'à ce moment il n'aurait pas été "sage" d'agir de la sorte. Ca aurait été dangereux et risqué... Ce qui compte le plus à ce moment là, c'est la survie du peuple. Il sera toujours temps d'honorer les morts après la guerre, lorsque la survie sera assurée... |
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Edoras a dit:
Tu rappelles le non-enterrement de Boromir -- mais ça montre bien que, d'une manière où d'une autre, les personnages de Tolkien ne laissent pas leurs morts à l'abandon. Et, d'ailleurs, ça me rappelle le passage d'un texte médiéval: la Chanson de Guillaume d'Orange. Lorsque Guillaume retrouve sur les lieux du combat le corps de son neveu Vivien. Il doit partir chercher des renforts et ne peut donc rien pour lui. C'est pourquoi, il essaie de l'honorer avec ce qu'il a sous la main: il l'allonge sur son long bouclier et le recouvre d'un autre (tout en espérant que les Sarrasins ne tomberont pas dessus...) Avec tout ça, je me dis que c'est bien dans une mentalité de sauvage que l'on peut créer une situation (combat des wargs) où le terrain se couvre de morts, et qu'on puisse faire dire au roi dignement: "Nous n'avons pas le temps... laissons les morts aux charognes..." FdN :) |
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Bête réflexion : Guillaume s'occupe bien de Vivien (qui a bien mérité son sort, entre parenthèses) mais Vivien n'était pas le seul mort... |
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Feuille de Niggle â dit : >Certes non, mais je pense que l'approche de Tolkien sur le sujet de la mort a certainement été influencé par son vécu en l'occurence. Feuille de Niggle â dit : > Non ils ne sont pas soumis dans l'ensemble soumis à la menace ennemie 24h/24. Mais en l'occurence, à ce moment là du film, la menace est bel et bien presente. Mais de la même façon que tu fais une différence net entre la guerre de 14 et une guerre "médiévale", les hommes de Theoden ne disposent pas de radio, d'aviation, de jumelles etc... apte à les renseigner sur les positions ennemis, l'avance des troupes etc... Et ce en considérant que Théoden a assez d'homme pour se permettre d'envoyer assez d'éclaireur (ou même en envoyer tout court...). Situation différente du livre ou c'est une armée en marche qui s'avance à la rencontre des troupes de Saroumane, pas le peuple Rohirim... Quand à ce que dit Théoden, j'ai pas le film sous la main, mais il me semble que c'est plus "regourpez les bléssés, laissez les morts" que "laissez les morts aux charognes". Feuille de Niggle â dit : > Il me semble un peu présomptueux de présumer ainsi des pensées de Tolkien... Et je ne crois pas que le fait d'être choqué ou non par quelque chose empêche de le mettre dans un livre. Et Tolkien ne fait surement pas exception. Par exemple, je trouve choquant que Denethor envois son fils Faramir à la mort. Pourtant Tolkien l'a écrit... |
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"Pourtant Tolkien l'a écrit..." Bizarre ce modèle de réflexion. |
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Désolée, je passe en grand coup de vent, mais je reviendrai la semaine prochaine pour répondre! Je dois filer, mais je vais revenir! FdN PS: pardon à Cédric de revenir si sournoisement aux abords du film :] |
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>>Il dit juste "laissez les morts". Pierre |
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Noooon ? ils ont vraiment écrit "il n'y a rien dans le vide, seulement le néant" ? mouhahaahahahahaah D comme ? demeuré ? :D |
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Kendra > Je lis toujours qu'il y a "des sources historiques qui mentionne l'alliance d'un chef breton avec les saxons, alliance brisée par la résistance d'autres chefs bretons" mais je voudrais bien la trouver, cette source ! tu veux parler d'autres sources que Marion Zimmer Bradley ??? ;-) (je vais voir ce que j'ai chez moi, je te promets pas les textes, mais au moins les réfs de bouquins susceptibles de !!!) Mel' |
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Bein en fait.... les sources arthuriennes "historiques" (lol, à une époque où le mythe et l'histoire formaient un joyeux magma héroïque et coloré)... sont finalement un peu toujours les mêmes, comme on se disait avec Mehapito : Nennius, Bède, Gildas (saint Gildas pour les intimes), Geoffrey de Monmouth. Le pas-glop de l'histoire, c'est que dans toutes ces belles chroniques, les parties consacrées à rthur sont en fait toutes petites. (sauf pour Monmouth) |
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Coucou Kendra, tu peux trouver des sources et origines interessantes dans les ouvrages de Peter Berresford Ellis et plus generalement chez Proisnias Mc Cana, Miranda Green, Anne Ross et Daithi hOhghain. Pour une fois que j'ai des reference, gniark! Pardon, je m'emporte. En tout cas, selon Peter B E, Arthur serait Ecossais mais comme les premiers ecrits (???? il dit records en anglais) seraient gallois on associe toujours Arthur au PDG. Mais, bon, il faut lire. Ou voir. ;-) |
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Le PDG de la Camelot Inc.? Et la Table Ronde, c'est son conseil d'administration? (Pardon Saivh! Bisou...) :-D :-D :-D Gaffe, Melo, au nombre de post pas sérieux, je vais finir par te battre! ;-P |
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On avait bien compris que là n'était pas ton intention, rassure-toi, personne ne laissera ton corps aux charognards pour te punir (^_^) Non, sérieusement, j'imagine que c'est juste une phrase qui souligne qu'ils sont vraiment pressés *dans le film*. D'ailleurs, dans le livre (sifflotte) je n'ai jamais eu l'impression que Théoden s'encombrait de son peuple pour aller à Helm. Donc il n'y avait que des guerriers, et pas de civils à défendre. Effet scénique encore quand Legolas nous sort [d'on ne sait pas où, et j'en ris encore... enfin *nous* en rions encore puisque cette phrase est ressortie presque à chaque moot entre tolkienguili -tolkienguili, nom unisexe pluriel, inventé pour les circonstances par plusieurs personnes à la fois, mélange de "tolkiendili" et de "Gili-Gili" nom d'un nain inventé par Gauvain lors d'un jeu de rôle fort tardif, NDLR-] Brefn phrase ô combien célèbre qui fit la renommée d'Orlando Bloom en France et en Navarre (je vous la cite de mémoire, c'est à dire de manière infidèle) : "Un soleil rouge se lève, beaucoup de sang a coulé cette nuit" "Personne ne lancera un nain" effet scénique ! j'arrête là... je pourrais en écrire des pages (se frotte les mains) En bref Feuille de Niggle, je pense que cette phrase de Théoden est juste un procédé de texte du film, et non pas du fait d'une volonté expresse de nous faire penser que le personnage de Théoden serait moins noble qu'il n'y parait.
Voilà, c'était un petit hors sujet.... merciiiiiiii |
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Theoden ne parle pas de charognes. Il dit juste "laissez les morts". |
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Oups, petite erreur : je citais de mémoire et me suis trompé... Melilot>> La Table Ronde, en fait, c'est juste la grande table de la salle de réunion du siège social, à Camelot. Pierre [dancing] [in dungeon] |
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-- Heureusement qu'il y en a parmi vous qui connaiseent bien la matière celtique, parce que c'est pas du tout ma branche -- suis exilée pour un moment en période moderne, mais grande fan du Moyen Age. Pour le coup, dès que je le peux -- euh? -- je vais quand même interroger les bouquins d'Histoire pour toi, Kendra ;) -- Pour revenir au thème initial, merci à Kendra pour son intervention, je rejoins ses idées pour répondre à Edoras... et c'est, d'ailleurs, là que je regrette le passage du 7e art dans l'affaire :\ -- Sinon, j'ai entamé le livre des Contes et Légendes Inachevées, sur les enfants de Hurin. Lorsque Turin est en exil et tue le chef des Hors-la-loi, il laisse à un autre, le soin de l'enterrer s'il le souhaite... FdN |
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> Peut-être hors-sujet, mais ça me rappelle l'aura de Faramir dans le SdA: un noble guerrier est, semble-t-il, forcément reconnu, respecté, aimé, regretté... enterré ;) Et laissé emprisoné dans une geole sans réaction... |
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-- oui, j'ai été un peu rapide. Dans mon idée, c'était pour dire que Faramir est un homme du genre qu'on enterrerait... le cas échéant ;) Et ça me refait penser à l'affaire de Guillaume et Vivien: Guillaume s'en préoccupe parce que c'était (son neveu, c'est vrai, mais aussi) un héros. Du coup, il me vient une idée, comme ça: dans la mesure où le SdA serait une "épopée mythologique" (j'aime bien cette idée ;) ou les événements d'une "mythologie épique", les personnages se comportent comme dans les autres épopées... et la part belle est faite aux personnages hors du commun. Et c'est donc normal qu'on se préoccupe de leur sort au moment où ils sont morts -- on pense à eux, forcément, car ils étaient au centre des événements. Par contre, on ne remarque pas la piétaille autour -- c'est le côté moins réaliste de ce genre littéraire. FdN |
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Houlà... J'ai fait un gros amalgame Faramir Eomer... ^^ Oui Tolkien se préoccupe plus de tout le monde. Et je pense que son vécu y est pour quelque chose. |
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Faramir, enterré ? Que nenni ! brûlé vif je ne dis pas (mais sauvé de justesse par Ganfalf) mais pas enterré du tout ! Ni jeté en prison ??? |
L'aspect mythologique de l'oeuvre de Tolkien ne ressemble donc pas, à mon avis, à ces épopées héroïques où en effet le héros est mis en avant, spécialement au moment de sa mort. Le coeur du roman, c'est bien l'humble Frodon. |
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Hé, Lolotte, c'est l' "inventeuse" de la Gondor Inc. qui ose dire ça ? |
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-- Heureusement que tu rectifies, Edoras! parce que je me demandais de quelle geôle tu parlais ;) >>Bien sûr, il y a des choses et des thèmes qui m'émeuvent particulièrement. les relations mutuelles entre le "noble" et le "simple" (ou le commun, le vulgaire), par exemple. Je suis tout particulièrement ému par l'ennoblissement des humbles. Oui, il semble bien que le SdA dépasse le cadre classique du genre: c'est aussi bien... mais en mieux. Une fois de plus INCLASSABLE... FdN -- qui souffre de tolkiénophilie aiguë (et j'peux pas m'soigner -- pas envie ;) |
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Je ne crois pas que les puissants "ne se préoccupent pas des humbles" dans le SdA. Ce n'est pas parce qu'ils n'en parlent pas toute la journée qu'ils s'en fichent. Aragorn (qui a quand même passé sa vie "pré-SdA" à les protégers, ces humbles qui le méprisaient), Theoden, Faramir, Gandalf, même Merry et Pippin (qui pour être issus d'un peuple obscur ne sont en rien des "humbles" au sens social du terme), même Boromir, aucun ne se désintéresse du sort des "humbles" et c'est en cela qu'ils diffèrent d'un Roland ou d'un Vivien, par exemple, qui sont des héros, certes, mais des héros très très orgueilleux... Le cas de Frodon est différent. Son humilité est intérieure. S'il l'avait voulu, il aurait siégé au conseil royal de Minas Tirith, ou aurait été un Maire respecté à Hobbtton. C'est de lui-même qu'il s' "exclut". Et quelqu'un qui s'exclut est vite oublié... |
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Melilot => Le PDG de la Camelot Inc.? Et la Table Ronde, c'est son conseil d'administration? (Pardon Saivh! Bisou...) :-D :-D :-D
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pour rester dans le sujet du début,il me semble que d'habitude les rohirrim font un tas de leurs morts et les brulent,de même avec leurs ennemis. Par contre il est difficile de savoir si d'habitude ils les enterrent.Les rois en tout cas,mais on ne sait pour les autres. Je pense que certains peuples européens faisaient de même,avant leur christianisation. |