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Je suis toujours dans ma relecture des Contes et Légendes inachevées Tome 1 et l'état d'esprit des enfants de Hurin et de sa femme m'intrigue. eowyn eowyn |
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Eowyn, Les Errances de Húrin publiées dans un des derniers volumes de HoME affinent encore ce trait. On y voit Húrin, libéré, retourner en forêt de Brethil avec le poid du destin sur ses épaules. Quoiqu'il dise ou fasse, semble-t-il penser, la malédiction de Morgoth agit. Il prend le parti se dire ses quatre vérités à tout un chacun en des termes crus et sans pitié... Un passage très beau je trouve, où l'on voit un Húrin dépassé, brisé mais conservant encore un peu de son panache et de sa fierté d'antan, mu par la colère et le ressentiment. Et derrière, on sent une présence écrasante, terrible de Morgoth. Toujours sous-jacente, impitoyable. J'opterai pour ta dernière alternative : il me semble que dans un texte comme celui-ci, le pouvoir de Morgoth est terrifiant. S'il est vraiment en mesure d'influencer ainsi la destinée, il y a de quoi frémir... J'aime inconditionnellement ce petit texte un rien inachevé, qui ajoute une dimension un peu différente au "résumé" du Silmarillion. Didier. |
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C'est un point qui m'intrigue depuis très longtemps : quelle action terrible Tuurin as-t-il pu commettre pour mériter un tel destin ? Ceci explique peut-être la tragique destinée de Tuurin. Il serait égallement intéressanr d'aborder ce problème d'un point de vue externe, en se référant aux sources, mais sur ce point je ne peut rien dire par manque de connaissances. Emeric |
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"quelle action terrible Tuurin as-t-il pu commettre pour mériter un tel destin ?" Arretez moi si je me trompe mais je crois que Turin n'a absolument rien fait pour meriter un tel destin, sa malediction fait parti d'une punition que Morgoth a infligé à Hurin pour le forcer à trahir les elfes non ? (je crois que c'est ce qu'il est dit dans les contes perdus) |
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C'est clair. D'ailleurs n'oublions pas qu'il n'arrive que des couilles à Tùrin, et ce bien avant qu'il engrosse sa soeur. Nan en fait c'est Melkor qui essaye de faire parler Hùrin sur l'emplacement de Gondolin après l'avoir chopé à Nirnaeth Arnoediad, et celui-ci se fout ouvertement de sa gueule. Alors du coup Morgoth le maudit, lui et tous les siens (ie sa femme et ses gosses). Et c'est tout. Les 3 autres n'ont rien fait pour mériter ça. Denethor. |
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Certes, je pense que la malédiction qui poursuit Turin et sa famille provient de Morgoth torturant Hurin pour connaître l'emplacement de Gondolin. eowyn |
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En réponse à Deneborn et Denethor : je ne crois pas que les choses soient aussi simples que vous ne le prétendiez. Une malédiction n'est, selon moi, jamais anodine. Elle requiert un déclencheur, une faute initiale, qui soit un péché. Hurin se moquant de Morgoth n'est pas un acte suceptible de déclencher une malédiction au sens propre, c'est au contraire un acte de courage et d'honneur. Quand Morgoth maudit, je comprend qu'il va tout faire pour rendre la vie difficile à Hurin et sa famille. Mais il n'a pas le pouvoir d'infuer sur le destin. |
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Une première explication pour venir du fait que le cycle de Túrin est une réécriture de l'histoire de Kullervo, héros du Kalevala. Kullervo, dont le destin est aussi tragique que celui de de Túrin. Tolkien dit explicitement s'en être inspiré dans ses Letters (n° 131) adressée à M. Waldman où il résume, entre autres, le Silmarillion : There are other stories almost equally full in treatment, and equally independent and yet linked to the general history. There is the Children of Húrin, the tragic tale of Túrin Turambar and his sister Níniel - of which Turin is the hero: a figure that might be said (by people who like that son of thing, though it is not very useful) to be derived from elements in Sigurd the Volsung, Oedipus, and the Finnish Kullervo.* Si Tolkien a voulu "réécrire" ce chapitre de la mythologie finnoise, il voulait peut-être le respecter fidèlement et arriver alors à en faire un chapitre du Silmarillion, sûrement l'un des plus triste et sombre de son oeuvre. D'ailleurs, nous parlons de la malédiction de Morgoth mais je dirai qu'elle ne s'exerce pas directement sur Túrin mais sur son père. La preuve en est que la malédiction sur Túrin (et celle sa soeur) s'éteint avec la mort de Glaurung.
* Traduction de Michael Devaux parue dans Conférence n°12 : Il y a d'autres histoires aussi développées et indépendantes, qui sont cependant reliées à l'histoire générale. Ainsi des Enfants de Húrin, la légende tragique de Túrin Turambar et de sa sœur Níniel - dont Túrin est le héros : figure qu'on pourrait dire provenir (pour les gens qui aiment ce genre de choses, bien que ce ne soit pas très utile) d'éléments de Sigurd le Volsung , Œdipe, et du finnois Kullervo. |
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Si vous voulez en savoir un peu plus sur le Kalevala, cf. sur JRRVF, la rubrique Sources Mythologiques.
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Je pense, comme Elenillor, que la malédiction est déclenchée par un acte originel – d’ailleurs, Denethor n’a pas dit le contraire. Et cet acte déclencheur est la cause de tout ce qui suit : je ne vois pas comment la cause peut succéder aux conséquences : dès que la malédiction est prononcée, tout n’est que conséquences, qu’auront à subir les descendants d’Hurin : trahison, inceste et autres petits meurtres entre amis…. Et bien sur, les conséquences peuvent elles-mêmes s’enchainer suivant des relations de cause à effet. Ici, une fois l’acte originel commis et la malédiction prononcée, le cours des choses DOIT suivre une voie telle qu’elle permette l’accomplissement de la malédiction, comme dans toute (bonne) mythologie (grecque, nordique, égyptienne, vampires…) ! On constate d’ailleurs ici le pouvoir énorme de la “volonté” des personnages d’une mythologie. Mais il y a là tout un débat sur ce que l’on entend par volonté (notamment par rapport à la notion de liberté). Et c'est une autre histoire... |
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>Mais il n'a pas le pouvoir d'infuer sur le destin. (Elenillor) Je ne suis pas tout à fait d'accord sur ce point, je rejoindrais plutôt l'avis de Glaendil. En effet on trouve dans le Silmarillion: " - Reste assis là, lui dit Morgoth, et regarde ces terres où malheur et désespoir vont s'abattre sur ceux que tu aimais. Tu as osé te moquer de moi, défier la puissance de Melkor, le Maître du destin d'Arda. Alors tu vas voir avec mes yeux et entendre avec mes oreilles, et tu ne bougeras de cet endroit que tout soit consommé, jusqu'au fond de la douleur. " La suite semble démontrer qu'il a raison. Mais le IL est-il vraiment Morgoth ou est-ce plutôt JRRT? Th. |
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Hm. ;-) E. |
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Pourtant la suite de l'histoire montre bien que Morgoth est responsable de ce qui arrive à Turin sinon pourquoi forcerait il Hurin a regarder le destin tragique de son fils s'il n'etait pas sur de son coup ? |
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Il ne s'agit pas de modifier un tout petit destin, bien au contraire ! Tuurin est un Homme, et il est le Maître du Destin : Tuurin Turambar. Je campe sur ma position : Morgoth n'a pas le pouvoir d'influer le destin ni de maudire au sens où nous l'entendons. |
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Ho et bien si c'est ça moi aussi je campe sur ma position ! :D |
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Je crois que dans le Silmarillon il est dit que le pouvoir des hommes est justement que leur destin échappe à quiconque, et que c'est cela qui effrayait Morgoth. par contre, je pense que la malédiction de Morgoth consiste à insufler son ombre dans le coeur de Turin, et de le pousser ainsi à commettre des actions pécamineuses, tout comme le démon le fait aujourd'hui, mais turin reste libre de ses actes. |
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Deneborn> par convention, on peut remplacer une voyelle accentuée (qui correspond à un son long) par le doublement de celle-ci... Tuurin, Iluuvatar, etc... Saam. |
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Je ne pense pas que l'orgueil de Tùrin soit la cause de tous ses problèmes. A tout évènement, on peut trouver un lien avec Morgoth. C'est vrai que pour certains, c'est un peu tiré par les cheveux mais Morgoth est quand même à l'origine un Vala, un sinon le plus puissant. Et il a entendu la Grande Musique. Il voit les choses autrement. Th. |
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Dans la version des Grey Annals, Tolkien insiste moins sur l'orgueil de Tuurin. Par exemple, apres l'assassinat du medisant Saeros (ici etrangement appele Orgof, l'ancien nom de Saeros, alors que G.A. est un texte tardif), lorsque Beleg est capture puis relache il est seulement dit qu' il ne veut pqs retourner a Menegroth car "he desired only to take vengeance on the Orcs". Neanmoins, c'est vrai qu'on ne peut pas ignorer la notion d'orgueil pour autant, surtout dans la Narn. Laurent |
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Thorondor -> "Mais on peut penser que Morwen l'a semé, les Hommmes sauvages l'ont cultivé, et Morgoth l'a récolté." |
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Arghh ! ! ! Vinyamar tu me poignarde dans le dos. Moi qui aie hésité à intervenir pour soutenir tes dires. Un peu en retard je vous les soumet néanmoins. Mes propos ne sont pas très structurés et je vous les livre plus ou moins en vrac. Une précision toute fois avant de commencer : Je me suis contenté ici des aspects propres aux dires récents de Thorondor et de Vinyamar, les autres aspects de la vie de Túrin sont passés sous silence. Stéphane |
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Je suis parfaitement d'accord avec toi Stéphane, en effet Morgoth se sert des "créations d'Eru" pour assouvir sa vengeance et il n'arrête pas de nuire à Turin en le mettant chaque fois devant des choix délicats. Th. |