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Suite à l'aimable invitation de Laegalad, je me permet humblement d'ouvrir un nouveau fuseau, le sujet du fuseau original ayant quelque peu dévié, quoique de façon assez logique, finalement (Prix Nobel > Prix > Prix à Liège > Tolkien à Liège > Tolkien et S. d'Ardenne).
Petit résumé de l'épisode-pilote (saison 1) En juillet il était allé à Dublin recevoir un Doctorat honoraire de l'université catholique d'Irlande. Il repartit en octobre recevoir un autre titre honoraire, à Liège, et ces occupations avec d'autres l'empêchèrent de travailler aux appendices. Biographie, p.245 (Presse Pocket, pas la nouvelle édition) Le liégeois curieux et tolkienophile que je suis essaya alors de se renseigner sur ce Doctorat Honoris Causa décerné à Tolkien en 1954 à l'Université de Liège. N'ayant rien trouvé de consistant sur leur site, contact est pris avec l'archiviste de l'ULg. Très cordialement, celle-ci proposa de me photocopier les quelques rares documents en sa possession, dont 3 courtes lettres du Professeur. C'est à cette occasion également que j'appris que, à l'origine de ce doctorat, il y a Simonne d'Ardenne. Il se trouvait qu'il avait fait la connaissance d'un autre philologue qui se révèla bon équipier. C'était Simonne d'Ardenne, une Belge qui avait étudié le moyen anglais avec lui à Oxford au début des années trente. Tolkien fut pour beaucoup dans l'édition qu'elle fit de la Vie et la Passion de Saint Juliene, un texte religieux du Moyen Age écrit dans le même dialecte qu'Ancrene Wisse. Et de fait le Juliene d'Ardenne réflète une plus grande part de ses vues sur le haut moyen anglais qu'aucun article qu'il ait publié sous son propre nom. Mlle d'Ardenne devint professeur à Liège et ils eurent encore le projet de collaborer à une édition de Katerine, un autre texte en moyen anglais de même provenance. Mais la guerre survint, qui les empêcha de communiquer pendant plusieurs années, et après 1945 ils ne firent plus que deux courts articles sur des sujets en rapport avec le manuscrit de Katerine. Tolkien se crut capable de travailler avec elle quand il se rendit en Belgique en 1951 pour un congrès de philologie, mais elle comprit avec tristesse que leur collaboration était désormais impossible, car il avait l'esprit tout entier tourné vers ses contes. Ibid., p.160 Je replace ici-bàs mon post de la semaine passée... J'attendais de pouvoir bénéficier d'une accalmie (au niveau professionnel) me permettant d'écrire un nouveau texte moins confus (ça part un peu dans tous les sens). Hélàs, cela s'annonce plutôt mal et je dois me contenter pour l'heure d'un peu convivial copié-collé (fichu métier !). J-M (pleurnichard de service :-) Pellucidar a écrit :
Ci-après le discours intégral de Mlle d'Ardenne, prononcé lors de la séance de rentrée académique de l'ULg en présence du Professeur. Nous sommes le samedi 2 octobre 1954. C'est un très grand honneur qui m'échoit aujourd'hui : celui de vous présenter, au nom de la Section germanique liégeoise, Mr. John Tolkien, le distingué Merton professeur de langue et littérature anglaises de l'Université d'Oxford. La personnalité de Mr. Tolkien est trop connue pour que je vous le présente. Mon exposé de ses titres scientifiques sera donc bref. Je m'en tiendrai aux simples faits, trouvant ceux-ci plus éloquents que les paroles les plus élogieuses. Je vous dirai simplement qu'ayant à peine dépassé la soixantaine, Mr. Tolkien est, à une unité près, le plus ancien professeur de l'Université d'Oxford dont il est l'un des piliers. Il est, en effet, actuellement l'autorité mondiale en philologie anglaise, le commentateur génial du Beowulf et de l'Ancrene Wesse, l'admirable traducteur de Sire Gauvain et le Chevalier Vert, dont la BBC nous a réservé la primeur pour son programme de Noël, le savant éditeur de textes du Moyen Age anglais (qui se cache volontiers derrière la signature moins discrète de ses anciens élèves), le lexicographe éclairé de la langue anglaise des 13° et 14° siècles, etc. etc. C'est à lui que l'on doit d'avoir retrouvé la langue anglaise littéraire reliant l'anglo-saxon du 10° siècle à l'anglais du 14° siècle, établissant ainsi la continuité de la prose anglaise et détruisant cette chimère, rendue plus séduisante encore par les romans de Sir Walter Scott, de la seule langue française comme langue littéraire aux 12° et 13° siècles en Angleterre, l'anglo-saxon n'étant plus qu'un patois employé par les seuls manants. Mr. Tolkien est en Angleterre le maître incontesté des études scandinaves, le commentateur combien éclairé des Eddas et des Sagas. Si vous ajoutez à cela une connaissance parfaite du celte et surtout du gallois des Mabinogions, le tout reposant sur une forte culture classique, car Mr. Tolkien fut autant l'élève de Gilbert Murray que celui de Napier et Rhys, vous comprendrez que nous trouvons en lui le type du vrai philologue. Lorsque vous lisez une oeuvre de Mr. Tolkien, je ne sais ce qui frappe le plus : l'ampleur de ses connaissances (scientifiques et littéraires) ou l'originalité du sujet et de sa présentation, la qualité de son humour, ou enfin la langue admirable dans laquelle elle est écrite. Tolkien doit-il expliquer la métrique de Beowulf ? Il vous offre une version moderne en vers allitérés respectant toutes les règles anglo-saxonnes. Doit-il vous faire comprendre la structure et la beauté d'un lay breton ? Il vous en fabrique un, cet admirable Lay d'Aotrou et d'Itroun, paru dans la Welsh Review. Doit-il commenter la Bataille de Maldon, la Chanson de Roland anglaise ? Il vous fait entendre, dans un magnifique poème en vers allitérés anglo-saxons de la meilleure facture, la vox populi réagissant contre l'attitude magnanime mais combien vaine et inutile du geste de Beorhtnoth, fils de Beorhthelm, et le retour piteux de son cadavre mutilé à l'Abbaye d'Ely. C'est que Mr. Tolkien est un savant doublé d'un poète, d'un écrivain de génie, pour qui le mot conserve toute sa fraîcheur et sa magie; un de ces rares magiciens de la langue qui aient osé aborder avec combien d'autorité le problème si dangereux de la langue des fées. Il est vrai que Mr. Tolkien appartient à la même lignée que les Frères Grimm, avec une ramification l'apparentant à celle des Lewis Carroll. Il est en effet le créateur génial de ce délicieux Hobbit, Mr. Bilbo Baggins, dont les aventures extraordinaires au pays merveilleux mais authentique de l'ancienne Thule sont devenues classiques en Angleterre, et dont la destinée vient de prendre une ampleur, une signification et une profondeur inégalées lorsqu'il atteint l'âge d'or dans la dernière oeuvre de son créateur, The Lord of the Ring, non plus le conte de fées enchanteur pour enfants, mais le conte de fées pour adultes, lourd de sens philosophique, voire prophétique, que la postérité ne manquera pas de juger comme l'une des œuvres les plus originales de notre époque. Je m'arrête. J'ai promis d'être brève. Le mot "génie" que j'ai employé comme leitmotiv de ce laius ne doit pas vous leurrer. Il ne doit pas être attribué à la reconnaissance d'une élève pour un maître vénéré : je le tiens des collègues mêmes de Mr. Tolkien - ce qui, vous admettrez, lui donne tout son poids. Au risque d'offenser sa modestie légendaire et de provoquer son sens aigu de l'humour, qu'il me soit permis de vous rapporter les paroles mêmes de ceux-ci et qui résument si bien la personnalité du savant que nous honorons aujourd'hui : Tolkien ! Well, he is a genius. Peut-être convient-il de rappeler pour terminer que Mr. Tolkien, cet Anglais endurci, n'a quitté son île (malgré les demandes réitérées de l'Amérique et de divers pays européens) que deux fois, et ce fut pour venir à Liège. La première, pour assister aux fêtes commémoratives du Soixantième anniversaire de la Fondation des Sections romane et germanique; la seconde pour participer activement aux travaux du Congrès des Langues Modernes en nous offrant la primeur d'une communication sur l'étymologie du vieux mot français losange. Il fit un troisième séjour en Belgique. Mais il date de loin, de l'époque où, en 1914-1918 il vint se battre aux côtés de ses frères d'armes belges "atte Poperinghe" (1), comme disait ce bon Chaucer. C'est pourquoi l'Université de Liège est doublement fière de le compter parmi ses docteurs honoris causa, où son nom figurera dignement auprès de celui de son collègue, Sir Howard Florey (2)
(1) Poperinghe est la plus grande ville de Belgique à avoir évité l’occupation allemande Pour être complet, voici également la retranscription (*) par ordre chronologique des 3 lettres "inédites" de Tolkien. J'ai longtemps hésité avant de le faire. Avais-je le droit (moral et/ou légal) de mettre en ligne le courrier (même si son contenu est anecdotique) d'une personne sans une autorisation de sa part ou de ses ayants-droits ? Je me suis dit que, étant donné que ce courrier se trouve dans les archives de l'ULg et qu'elles sont consultables par tout le monde, je pouvais. Si quelqu'un de compétent en la matière sur ce forum pense le contraire, merci de me le faire savoir, et je demanderai au webmestre de ces lieux de les effacer. (*) sous réserve de quelques fautes de frappe qui m'auraient échappé ou des rares mots peu lisibles Merton College, Oxford Monsieur le Recteur and most honoured colleague, 29 january 1954 It was with the very greatest satisfaction, and a deep sense of gratitude for the honour conferred upon me, that I received your letter of 19 january 1954. Please accept my warmest thanks to yourself, Monsieur le Recteur, to the Conseil Académique and to the Faculty of Philosophy and Letters, for this mark of high esteem. I have noted the date, Saturday 2 October, and I assure you that I shall make every endeavour to be present on that occasion. I look forward with great pleasure to the opportunity of again visiting the renowned University of Liège, for which I entertain feelings of affection and the highest regard. To be thus more closely connected with it is indeed a dignity of which I shall ever be most proud. I remain, Monsieur le Recteur, your devoted and obedient servant.
J.R.R. Tolkien 76 Sandfield Road. Headington, Oxford Dear Rector, September 9th 1954 I regret the delay in reply to your most kind invitation. This was due to your letter awaiting me at Merton College while I was absent for a few days. I shall be honoured to present myself at the time and place that you mention on Saturday October 2nd. I also have very great pleasure in accepting to lunch on after the ceremony; but I much regret that my wife will, for reasons of health, be unable to accompany me on this occasion. May I again record my gratitude for the great honour which you propose to confer upon me. Yours truly
J.R.R. Tolkien 15, Ailesbury Park, Dublin Dear M. Recteur, 18 October 1954 I returned from Belgium to considerable pressure of business, and have been obliged to come to Ireland on academic affairs. Only these events have prevented me from writing to you as soon as I should have wished, to express to you in person, and to the University of Liège, my continued sense of pleasure and gratitude for the honour conferred on me on 2 October, and my warmest thanks for the generous welcome I received in Liège and for the imunificent hospitality with which I was entertained. Yours sincerly JRR Tolkien
C'est tout ce que j'ai pour le moment ! J'espère que vous n'êtes pas trop déçu... (espérons que ce n'est qu'un début). Désolé aussi pour la mise en forme, je débarque à peine et je n'ai pas encore eu le temps d'apprendre quelques rudiments d'html. To be continued
Merci et à bientôt, ici ou ailleurs... |
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Pellucidar a écrit :
Les Letters sont destinées à éclairer les lecteurs de Tolkien sur la biographie de l'homme et le genèse du Légendaire. Je ne serais pas surpris d'apprendre que les échanges de JRR Tolkien avec Simonne d'Ardenne soient d'un "très haut niveau" philologique et que H. Carpenter et Christophe Tolkien aient pour cela décidé de les écarter des Letters. |
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"Sans intérêt pour le légendaire"... tu as raison, Tharkun, j'aurais dû préciser (c'était clair dans ma tête mais pas dans mon post). Prudence aussi, nous n'avons jusqu'à présent aucune preuve de l'existence de cette "correspondance de plus de 40 ans". Cependant, D'Ardenne est probablement une des premières francophones au monde à avoir lu le SDA et il lui a fait forte impression. Elle y fait allusion (et de quelle manière) dans son discours, alors que c'est le Professeur et pas l'Ecrivain qui est honoré ce 2 octobre 54. Cela me surprendrai donc fort qu'elle n'en ait jamais parlé avec lui... mais toutes les hypothèses sont permises. |
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En tout cas, cher Pellucidar, mille merci d'avoir pensé à nous pour partager ces passionnantes découvertes :o) I. |
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Oui, merci infiniment ! C'est super ! :) |
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Magnifique, ce discours de Simone d'Ardenne. Un véritable petit bijou où elle résume simplement et bellement la fascination qu'exerce sur nous les travaux de notre cher professeur. Merci beaucoup Pellucidar ! |
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Merci, en effet :) C'est émouvant, quelque part :) |
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Merci Pellucidar pour tes recherches et ces documents fort intéressants à plus d'un titre ! :)
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Merci à vous tous pour votre enthousiasme et vos chaleureux messages ! |
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Youpi !! Alors, tu vois qu'il fallait un fuseau rien que pour cela :) |
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Exactement le genre de fuseau que j'aime trouver au retour des vacances :-) Merci mille fois Pellucidar :-) |
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Tout simplement merci et bravo pour tes recherches fructueuses :-) Julien - Elwë Ier |
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Après la lecture du SdA (un peu par hasard), je me souviens très biens avoir cherché avec passion d'autres textes de Tolkien et de ma profonde tristesse en découvrant qu'il était mort et que ce que je pourrai lire se limiterait pour toujours au SdA, le Hobbit et le Silmarilion. Depuis chaque parution nouvelle (les CLI, les Homes…) ont suscité chez moi une profonde émotion. Enfin j’allais pouvoir découvrir de nouveaux textes de mon auteur préféré. Ces occasion se font malheureusement de plus en plus rares et grâce à toi j’ai pu retrouver, même brièvement ce sentiment. Alors un GRAND MERCI à toi. Par ailleurs, la Tolkiensociety à Oxford s’efforce de rassembler tous les textes de Tolkien et sur Tolkien. Peut-être seraient-ils intéressés par tes lettres. Tu devrais prendre contact avec Pat Reynolds de ma part à l’adresse suivante archivist@tolkiensociety.org. On ne sait jamais ces lettres et ce discours sont peut-être inédits pour elle aussi. Cordialement |
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quelle enquête, quel suspense :-) Vincent |
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Merci à tous pour vos marques d'intérêt :-) Autre point éclairci : la courte biographie trouvée sur www.councilofelrond.com n'était en fait qu'un peu scrupuleux copié-collé d'un paragraphe tiré du livre "The Tolkien Family Album" (John & Priscilla Tolkien, Harper-Collins, London, 1992). Bizarrement, "ils" (le site) ont oublié cette phrase, qui n'est pas sans intérêt : « For a time she (S. d'Ardenne) lived with us and acted as a sort of unofficial aunt ». "Ils" n'ont pas été jusqu'à oser reproduire la photo de S. d'Ardenne qui se trouve à la même page... Mais bref, quoi qu'il advienne, aussi loin que nous conduise la "piste ardennaise", vous en serez les premiers informés ! J-M (effet "boule de neige") |
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:-D Tu trépignes, seulement ? Moi, je n'en dors pas la nuit ! |
Je rajoute même Valeureux Liègeois ;-)
Dior, |
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Hum... je vais finir par y croire, à cette histoire de vendredi 13... TOLKIEN, John Ronald Reuel. - The Hobbit : or there and back again. - London : George Allen & Unwin, 1937. - 310 p. !!! Nous voici donc avec une quatrième lettre inédite ! (Finalement, c'est pas plus mal que je ne connaisse rien à l'html, cela vous aura épargné le gras, le rouge, le clignotant et que sais-je encore... ;-) A vérifier sur place... si le Frère Malachie me laisse entrer ! ;-D |
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Quand tu auras fini de nous faire trépigner... c'est aussi pire que les fins de chapitre de nos meilleurs novellistes ! :) :) |
Ma théorie est la suivante : gaulois lausa > ancien provençal lauza > français lauze > lauzon > losange. Daniel |
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Excellent tout ceci Pellucidar ! |
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Je me répète... Mais tu fais bien des heureux dans ce topic :o) |
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La suite... et on s'approche de la fin de l'épisode, mes amis.
Dommage... mais bon, ne chicanons pas trop, il y a quand même du consistant, hein ? |
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Euh, on peut être jaloux??? :-) |
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Cher J-M, Il faut toujours croire aux contes de fée. La malle que vous mentionnez dans votre article, je l'ai trouvée. Je n'ai pas bcp de temps aujourd'hui pour répondre plus en détail à vos questions, mais je le ferai avec plaisir. J'organise une petite expo Tolkien à Martelange demain dans le cadre des weekends Wallonie Bienvenue, et je pourrais donc vous répondre avec plus de détails plus tard... Bien à vous, Eric Schweicher, |
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Formidable de voir ce fuseau réactivé avec des nouveautés en perspective... Merveilleuse nouvelle... on attend avec impatience! Silmo PS: merci beaucoup et bienvenue en ces lieux :-) |
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Woaw,j'avais oublié l'existence de ce fuseau, moi ! Et quel suspense ! Qu'y avait-il dans la malle ? ça ? :
S. - et je me joins, bien sûr, aux vœux de bienvenue :) |
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Bienvenue Eric ! Dommage que Martelange ça fait un poil loin pour une expo de dernière minute :P |
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Bonsoir tout le monde ! Cher Eric, En voilà une heureuse surprise ! :-))) Tout d'abord, bienvenue en ces lieux (que je fréquente toujours assidûment, même si je n'avais pas encore posté en 2008). Comme je le disais un peu plus haut (le 31/05/05), "quelqu'un de nettement plus compétent que moi - en l'occurence, Michaël Devaux - a pris le relais sur ce prometteur dossier". Il m'avait parlé à l'époque d'une possible parution d'un dossier sur Simonne d'Ardenne dans la Feuille de la Compagnie n°... 4 ! Je n'ai donc plus alimenté ce fuseau depuis, d'abord parce qu'on m'a prévenu que la Tolkien Estate ne rigolait pas avec ce genre de choses, ensuite et surtout pour ne pas bêtement "spoiler" le futur dossier évoqué par M.D. Je m'étais alors contenté du rôle de "passeur de documents", en tant qu' "agent jrrvfien infiltré", et plus jamais je ne dirai du mal des techniciens d'entretien de photocopieuse ! ;-) Votre nom ne m'est pas inconnu, le bibliothécaire de l'Université de Liège (qui veille jalousement sur les "Fonds JRRT" - et à qui je dois toujours une bonne bouteille de vin) m'avait parlé de vous, du Pr Juliette Dor et d'autres personnes, et j'avais vu votre nom sur divers documents, notamment comme organisateur de l'exposition Tolkien de 1992 à l'ULg. A propos d'exposition, quel dommage que j'apprenne l'existence de celle que vous organisez à Martelange au moment même où elle se termine... J'aurai bien fait le voyage, même improvisé à la dernière minute (habiter un micro-pays a ses avantages) ! J'ai vu que vous aviez complèté votre profil... Si vous le permettez, je compte bien vous contacter prochainement, car j'ai effectivement quelques questions... (pas plus d'une petite centaine, je vous rassure ! ;-) A très bientôt j'espère, Jean-Michel |
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Hu hu, quelle imagination Isengar ! Tu devrais écrire des nouvelles... ;-P Eric de Martelange a bien répondu à (une partie) de mes (trop nombreuses) questions au cours d'un long entretien téléphonique. En gros, la malle qui dormait dans un grenier de l'ULg sous 10 cm de crottes de pigeons (!) avant qu'ils (Eric et J. Dor) ne la retrouvent, contenait ce qui est devenu aujourd'hui les "Fonds J.R.R. Tolkien de la Bibliothèque générale de Philologie Germanique de l'ULg", dont j'ai dressé une liste approximative un peu plus haut dans ce fuseau. Il y avait aussi des paquets de lettres de Tolkien, très personnelles, qui parlaient essentiellement de la famille, et qui ont été rétrocédées à sa fille Priscilla. J'ignore si ce qui reste (en plus d'un tas d'anecdotes savoureuses) est suffisant pour mériter d'y consacrer un dossier dans une prochaine Feuille ou ailleurs. C'est dommage que Michaël Devaux ne communique plus beaucoup... Ces universitaires sont tous forts occupés ! Mais je ne désespère pas d'un come-back inopiné, à l'instar de notre webmaster favori ! ;-P Mais sinon, saviez-vous que Simonne d'Ardenne (1899-1986) avait publié sa propre traduction du Fermier Giles de Ham (1ère version) ? Ce petit livre (± 10 x 15 cm) paru en 1975 est malheureusement quasi introuvable aujourd'hui. J'ai la chance d'avoir pu obtenir un exemplaire et j'ai bien envie de vous balancer quelques extraits de l'introduction, si délicieusement surannée... |
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Avec grand plaisir :-) |
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Et alors ? Et alors ?... Qu'est-il advenu ensuite ? Les histoires inachevées paraissent-elles toujours plus cruelles dans leur interruption à ceux qui ne les découvrent qu'après coup ? Qu'est devenu l'énigmatique Eric à la malle ? Où est le conte de fées ? Quant à la Feuille de la Compagnie n°4, je suppose qu'il faudra encore attendre un certain temps... Quand je pense que j'ai étudié semaine après semaine dans cette foutue bibliothèque de l'ULg alors que je connaissais à peine le nom de Tolkien ! Enfin, bon, que contient-elle cette malle ? Des cartes, une clé... un Anneau ? Hmm... à rien ne sert de se morfondre... ce post était tout de même palpitant ! Raison suffisante pour le faire remonter pour les béotiens tardifs (et belges) dont je suis ! Séb. |
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Il y a un mystère, là dessous. Le post étrange d'Eric Schweicher, alias "Cher Beslon", ex Assistant du Professeur Dor, a tout d'un texte à code. Eric a trouvé cette malle... Eric a disparu. Et qu'est devenue cette malle ? Que contenait-elle qui remplit d'effroi ces hommes de l'ombre qui se sont emparés du manuscrit de la feuille N°4 ? Le prochain week-end Wallonie bienvenue aura lieu les 27 et 28 mars 2010. A Liège on parlera surtout de Simenon... Mmmh... Il faut toujours croire aux contes de fée. I :p |
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Je plussoie :) |
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Moi de même - tout en me réjouissant et des intrigues mystérieuses et des éclaircissements sherlockhomesques ! Je vois d'ailleurs que mon pseudo prête aussi aux spéculations les plus folles (mais bon, c'est tout de même plus limité) Shushu/Shudhy/Shudha. ps : Par ailleurs, saviez-vous que lors du Congrès fêtant le LXe anniversaire de la section Philologies germaniques blablabla de l'Université de Liège, les célèbres Von Wartburg et surtout Hjemslev étaient autour de la table à discuter avec Maitre Tolkien... Je ne sais pas si tout ça vous évoque quelque chose, mais pour moi, c'est comme si des pans entiers de culture académique incompatibles venaient de s'interpénétrer grâce à la magie d'une époque et d'un lieu... celui de la vieille Université de la Cité Ardente... aahhh... un Fonds Tolkien... c'est beau, tout de même, l'inventivité permanente des Institutions culturelles ! |
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Ici, donc... p. 9 et 10 pour le Bureau du Congrès de septembre 1951... S. |
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Autour des invasions germaniques de la Gaule du Nord par John Ronald R. Tolkien (Oxford) Raaah ! Dans mes bras, Shou, avant que je ne m'évanouisse... Malheureusement, le texte n'est pas disponible sur le moteur Google... snif ! mais quand même ! savoir que ce texte existe !!! I. |
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Point du tout, en se débrouillant bien, on peut tout à fait consulter les pages 63 à 76 ;-) |
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Je confirme les dires de Sosyrko :)
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Je ne cherche pas à refroidir ton enthousiasme, mon cher Took, mais la contribution de Tolkien porte sur "About the etymology of Lozenge", celle sur les invasions germaniques de la Gaule du Nord étant le fait d'Ernst Gamillscheg. ;-) Toutefois, on n'est pas si loin que ça du sujet puisque dans J.R.R Tolkien, A Descriptive Bibliography, on apprend que : For his lecture before the Congrès International de Philologie Moderne in September 1951 Tolkien examined the Middle English word losenger because "a fresh scrutiny of its etymology may afford a glimpse (if no more) into the complexities of the contacts of Germanic and Latin in Northern Gaul". J.R.R Tolkien, A Descriptive Bibliography, p. 63 |
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Eh bien, à la fin, je sors... ... m'acheter une paire de lunettes ! Désolé pour cette marque d'affection prématurée, Shuwie. I. :) |
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Séb, c'est bien ! :-) Invité lors du Congrès à donner une conférence sur un sujet de son choix, Tolkien débarqua à Liège... les mains vides : il n'avait rien préparé ! Stupeur et début de panique chez Simonne d'Ardenne... Préparé ? You're spoiling all the fun ! lui aurait-il déclaré. Finalement, elle ressortira un ancien projet qu'ils retravailleront à deux, et cela donnera Middle English "Losenger". Elle y refera allusion plus tard dans un article de English and Medieval Studies : « A few years ago Professor Tolkien presented the University of Liège with a philological gift, which he claimed to be "the first gift, perhaps, of perfidia anglosaxonica to Gaul" ». Pour le Fermier Gilles, j'essaie de faire ça ce week-end, ou début de semaine prochaine. |
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moi qui étais déjà dans tes bras, Isgou ! Excusez mon émotion mais c'est par ailleurs la première fois que je lis, en ligne, quelques phrases du Webmaster en personne... Je pensais que l'idée de son retour n'était qu'un phantasme ou une nostalgique rumeur... En revanche, je dois m'y être mal pris, parce que je n'ai toujours pas pu voir le texte de Tolkien... trop de pages consultées avant de parvenir jusque-là, sans doute ? Séb/Shudha - personne n'a encore proposé sushi, ça m'étonne ! |
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Je réussi à tout consulter sauf deux doubles pages, avec l'URL suivante (à copier/coller) : |
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Pas de quoi! (et encore désolé, mais j'ai toujours autant de mal avec les balises -_-') |
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Pellucidar a écrit :
Tu peux m'envoyer le fichier par mail (webmaster@jrrvf.com) ? Dans ce cas, je le stockerai sur le serveur et donnerait le lien ici même. |
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Merci Cédric, c'est envoyé ! |
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Merci Pellucidar.
Cédric. |
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Quand je vous disais "délicieusement surrannée"... ;-) Si ce livre a été publié en 1975 (à l'Association des Romanistes de l'ULg), la traduction elle-même date de 1945-47. C'est ce que répond Simonne d'Ardenne à une lettre de Humphrey Carpenter, ajoutant qu'elle l'avait faite pour obliger Tolkien à publier son histoire (« (...) It was made to urge J.R.R.T. to publish tne English version, and in the affirmative my translation. », Lettre à H. Carpenter, 2 déc. 1975). Elle écrit dans son introduction que « l'original anglais a disparu », ce à quoi Carpenter répond qu'il a depuis retrouvé le manuscrit à Marquette (« (...) it is now immured in a basement in the Middle West of the USA! », 8 jan.1976). Il semblerait que depuis 1999 cette 1ère version courte ne soit plus inédite, car reprise dans l'édition du 50ème anniversaire chez HarperCollins, mais le tirage a été limité à 500 ex. (d'après Tolkienlibrary.com : « (...) containing the unpublished short story which Tolkien later expanded into the published version »). Maître Gilles de Ham INTRODUCTION A la mémoire de mes deux Maîtres, On dit généralement qu'un être humain a deux patries : celle qui lui vient de naissance et l'autre d'un libre choix. Il en va de même pour les universités que l'on fréquente. Je dirai donc que j'ai deux « Alma Mater » : l'Université de Liège et celle d'Oxford. Et c'est en hommage à deux de leurs maîtres remarquables que j'ai tenu à publier ce conte inédit de l'un, et la toilette française qu'en fit le second. Leur enseignement a laissé une marque indélébile sur toute mon activité scientifique : Jules Feller m'initia à une véritable formation classique, ce qui me permit d'affronter des études universitaires, car à cette époque la Belgique ne possédait aucun lycée pour filles, enseignement que je prolongeai pendant toute la durée de mes études à l'Université ! C'est à lui que je dois mon amour de la philologie et de la recherche scientifiques des langues. Ses travaux sur la langue wallonne, en réalité sur la langue française, sont trop connus pour que j'aborde ce sujet. L'autre Maître, dont le nom est moins connu à Liège, mais qui certainement a exercé la plus grande influence sur mes travaux de recherche sur la philologie anglaise (médiévale et moderne) est certainement le Professeur J.R.R. Tolkien, CBE, professeur d'anglo-saxon et de linguistique germanique et insulaire à l'Université d'Oxford de 1925-1952, professeur honoris causa des Universités de Dublin, de Liège et d'Oxford, qui vient de mourir à l'âge de 81 ans. Influence si forte que l'auteur de l'article nécrologique paru dans le Times du 3 septembre 1973 n'hésites pas à me coter comme étant son élève, compliment que j'apprécie doublement sachant qu'il vient de C.S. Lewis, l'auteur de l'admirable Allegory of Love, lui-même grand admirateur et ami de Tolkien. Mais pourquoi publier cette traduction française d'un conte inédit, dont l'original anglais a disparu ou plutôt s'est transformé en une oeuvre plus importante et plus longue, que C.S. Lewis appelle « A spirited farce », en fait une critique très spirituelle des étymologies populaires, publiée en 1949 sous le titre Farmer Giles of Ham ? Répondre à cette question en postule une autre : Qui est en réalité Tolkien ? Comme ce fut autrefois le cas pour Charles Dodgson, le célèbre professeur de mathématique et de logique à Oxford, mieux connu sous le nom de Lewis Carroll, l'auteur d'Alice in Wonderland, nous nous trouvons en présence d'un grave professeur d'Oxford, sommité dans sa spécialité qui, contre toute attente, nous offre une importante oeuvre d'imagination qui débute par un livre pour enfants. Mais là s'arrête toute ressemblance entre les deux cas. Tandis que l'un, en bon mathématicien résout les problèmes du pays des Merveilles par l'absurde, Tolkien, en vrai philoloque, a su saisir toute la magie du Verbe. Il appartient en effet à cette classe privilégiée de linguistes, qui se fait de plus en plus rare et dans laquelle s'illustrèrent jadis les frères Grimm qui ont compris toute la valeur de la phrase biblique : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu » (St Jean, 1). D'où une production importante d'oeuvres d'imagination que l'on commence seulement à connaître en France, alors qu'elle est lue par des millions de lecteurs à l'étranger. Mais c'est surtout dans les campus universitaires américains que sa popularité est grande : Il existe des sociétés Tolkien, les magasins universitaires regorgent, en plus de ses oeuvres pour ne citer que Bilbo le Hobbit et la célèbre trilogie Le Seigneur des Anneaux (comprenant Les Compagnons de l'Anneau, Les Deux Tours, Le Retour du Roi), des calendriers reproduisant les propres illustrations de ses oeuvres, des badges, des boutons Tolkien, et que dire des nombreux graffites portant le nom des héros tolkiens que l'on trouve partout dans les métros. Enfin son oeuvre a été adoptée par les Hippies qui y voient l'espoir d'un monde meilleur et plus juste. Cet amour du Verbe auquel je faisais allusion il y a quelques instants, l'incite à étudier les langues partout où il les rencontrait, que ce soit du vieux français, du vieux norrois, du celte, du gallois, et que sais-je ? Le tout basé sur une formation classique très poussée (il était très fier de répéter « I was brought up on classics! ») et sur un enthousiasme qui frôlait parfois du délire lorsqu'il en découvrait une nouvelle. C'est ainsi qu'il nous révèle la profonde impression que lui fit la découverte du gotique qui, nous dit-il, « took me by storm, a sensation as full of delight as first looking into Chapman's Homer ». Et il ajoute « I did not write a sonnet » (2). Il fit mieux : il essaya, nous dit-il, d'inventer des mots gotiques. Ce fut le premier pas qu'il fit vers la création d'une langue nouvelle pour une mythologie nouvelle, et vers ses recherches approfondies sur la langue des Fées qu'il parvint à maîtriser au point d'écrire des poèmes dignes d'être lus à la cour d'Obéron. L'étude des langues, il la poursuivait dans celle de leurs dialectes modernes les plus reculés. C'est ainsi qu'un jour il me remplit d'étonnement : il venait de terminer une conférence sur Chaucer, lorsque s'approchant de moi, il me posa à brûle-pourpoint la question suivante : « Dans votre wallon oriental le mot français beau se prononce bê, avec le même son ê que dans bête, fête etc., n'est-ce pas ? » Je fus si surprise que ma réplique fut prompte et rapide : elle s'exprima dans mon wallon originel : « Vos-estez on bê ! » Tolkien était un conteur incomparable et méritait à juste titre celui de « bard to Anglo-Saxon » que lui donna le poète anglais Auden (3). Il était nous dit Lewis « the best and worst talker in Oxford : worst for the rapidity and indistinctness of his speech, and best for the penetration, learning, humour and “race” of what he said »>. Il eût été regrettable que cette première version du Farmer Giles of Ham, même s'il ne nous en reste qu'une traduction française, échappât à l'attention de ses admirateurs. Que Tolkien l'appréciât apparaît pleinement dans le fait que c'est la seule trace de ce conte dans ses archives. Cette traduction a été revue complètement par Jules Feller qui en fit la toilette, et lui donna cette légère saveur wallonne qui en fait le charme. Liège, Simonne d'ARDENNE, (1) A consulter sur son oeuvre le Tolkien Memorial Volume à paraître incessamment dans la collection des publications de la Cornell university Press en Amérique, et les compte-rendus du Figaro, 26 mars 1971, et du Monde, 18 janvier 1973. |
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Merci :) |
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Excusez-moi, une importante réunion institutionnelle a interrompu mon propos...je reprends donc. Une première remarque sur une expression de Mme d'Ardenne : « Mais là s'arrête toute ressemblance entre les deux cas », je trouve qu'elle ressemble beaucoup à l'expression de Tolkien au sujet de la ressemblance entre l'Anneau des Nibelungen et l'Anneau unique par le traducteur suédois (L 229) « Both Rings were round, and there the resemblance ceases ».
Une autre sur son allusion aux Hippies : « Enfin son oeuvre a été adoptée par les Hippies qui y voient l'espoir d'un monde meilleur et plus juste ».
Il me semblait pourtant (souvenir de lecture de la biographie par H. Carpenter) que Tolkien déplorait cette engouement, du moins la tournure désagréable (pour lui à titre personnel et pour l'image qu'il se faisait de son oeuvre) que celui-ci prenait au lendemain du Summer of Love (été 1967 et début de la médiatisation à outrance du phénomène hippie). Cette allusion très ouverte ne laisse-t-elle pas entendre que l'Université de Liège pouvait apparaître plus favorable à ce phénomène (apparu avec un long décalage en Europe) que ne l'était la vénérable Oxford ? En gros, Liège Université gauchiste post soixante-huitarde ? Quelqu'un nous confirme ? ;p I. |
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Isengar a écrit :
Je trouve aussi qu'il y a une certaine ressemblance... et que dans un cas comme dans l'autre, on n'est pas obligé de prendre ces affirmations comme parole d'évangile... même si, évidemment, de toute façon, comparaison n'est pas raison (Lewis Caroll et J.R.R. Tolkien ont en effet créé chacun des oeuvres bien différentes). Pour ma part, en ce qui concerne l'Anneau des Nibelungen et l'Anneau unique, j'avoue que je suis assez sceptique quant à la prétendue non-parenté autre que formelle entre les deux célèbres anneaux... mais c'est une autre histoire... Amicalement, Hyarion. |
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Cela expliquerait le côté "Flower Power" de l'illustration de couverture de son Maître Gilles... :-) A ma connaissance, il y eut bien à l'ULg en 1968 un petit vent de révolte, plutôt un courant d'air en fait... Manifs, meetings, grèves et même quelques échauffourées quand le cinéma Palace diffusa "Les bérets verts" du limite-facho John Wayne, mais rien de comparable à ce qui se passait à Paris. Quand la période des examens fût venue, tout le monde rentra gentiment étudier chez soi... Un des leaders des étudiants contestataires liégeois de l'époque, Guy Quaden, est devenu aujourd'hui Baron et Gouverneur de notre Banque nationale, c'est tout dire ! Je n'ai pas les dates précises mais je sais que dans les années soixantes, Simonne d'Ardenne a visité plusieurs universités américaines (certains de ses titres honorifiques en attestent : Centennial Land-Grant Lecturer à l'Université de Missouri, Machin-truc Lecturer de l'Université de Montana, etc.). Peut-être a t-elle pu se rendre compte à ce moment-là du "phénomène hippie" par elle-même ? C'est amusant que l'on parle de ce sujet car récemment, j'ai retrouvé dans une caisse de magazines oubliée dans mon grenier le numéro spécial Tolkien (1993) de la revue Phénix, dans laquelle est reproduit le texte de Jacques BERGIER sur le SDA (extrait de Admirations) qui lui nie totalement l'engouement des hippies pour le livre et qui fini même par s'en prendre aux étudiants contestataires de mai 68, on ne sait trop pourquoi... |
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Tolkien et les hippies... un grand malentendu. Jacques Bergier n'avait peut-être pas tout à fait tort. Il y a sans doute souvent eu confusion entre hippies et étudiants américains, les uns n'étant pas forcément les autres et vice-versa (bien que les deux parties soient tout à fait fongibles et compatibles, si vous voyez ce que je veux dire - et sans double niveau de langage). Par ailleurs, le livre de chevet des hippies était peut-être plutôt The Hobbit ? J'ai lu ça quelque part il y a longtemps, mais impossible de savoir où :( C'est un sujet tellement passionnant, il faudrait ouvrir un fuseau dédié, non ? I. |
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Une petite recherche sur Google sur "hobbit hippie" référence un article : The Hobbit and the Hippie Je ne l'ai pas encore lu, mais on est sur le sujet :) Le lien : Lire l'article |
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En effet, je l'ai téléchargé/imprimé hier-soir et lu dans le train ce matin. |
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Alors que je cherchais une illustration de couverture d'une édition particulière de Bilbo le Hobbit pour un autre fuseau, je suis tombé tout à fait par hasard sur cette phrase dans l'article Wikipédia consacré à Bilbo : « L'idée d’une traduction française est abordée par Allen & Unwin dès novembre 1937. Tolkien recommande son amie Simonne d’Ardenne comme traductrice, à la suite de son travail sur la première version française du Farmer Giles of Ham 63 ». |
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Je viens de répondre à ta demande par e-mail, Pellucidar, faute de temps pour poster sur le forum aujourd'hui :-(... N'hésite pas à prolonger toi-même ce fuseau, car m'est avis qu'on va l'attendre longtemps la Feuille de la Compagnie n°4... |
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Bien reçu ! :-))) Un tout grand merci ! Je vais lire ça ce week-end... Bonne nuit ! |
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Autant prévenir de suite, je n'ai pas déniché grand-chose…
Fin 1975, Humphrey Carpenter, qui entame la rédaction de la biographie de Tolkien, envoie une dizaine de lettres à Simonne d'Ardenne avec une série de questions / demande de précisions concernant leurs relations professionnelles et amicales ou des anecdotes sur la famille ("Tatie" Simonne a vécu quelque temps avec eux Northmoor Road). Détail amusant, dans sa 1ère lettre datée du 6 octobre, Carpenter lui conseille de se méfier d'un certain Daniel Grotta-Kurska, "concurrent" canadien (?) qui pourrait bientôt la contacter pour rédiger sa propre biographie de JRRT, non-autorisée par la famille celle-là… I believe that shortly after its publication, you translated or proposed to translate THE HOBBIT into French, in the hope of publishing your translation in France. I know these plans were foiled by the war, but did you actually commence to make such a translation ? La réponse de S. d'A. est tout aussi claire : I never actually commenced to make its translation : it would have taken too much of my time (do not forget that I was a professor of comparative grammar, dealing with Indo-European languages, very busy indeed !). Voilà qui met définitivement fin au suspense… :-( En passant, je m'étonne que pour un livre paru le 21 septembre 1937 à 1.500 exemplaires, une traduction française soit déjà envisagée à peine 2 mois plus tard, d'après l'article de Wikipédia et du Hammond & Scull. Ils prétendent que c'est suite à la traduction du Farmer Giles que S. d'A. est pressentie… mais S. d'A. date celle-ci dans l'immédiate après-guerre : « It must have been made during my stay in Oxford (1945-46; 1947) as a British Council Scholar ». Bref, les dates semblent ne pas coller, à une dizaine d'années près. Il est cependant possible aussi que S. d'A., presque octogénaire quand elle répond à Carpenter, se soit quelque peu emmêlée les souvenirs. Mais bon, tout ceci n'est pas très important… Le jour même de sa parution, Tolkien dédicace et envoie un exemplaire du Hobbit à son amie de la part de son collaborateur (sic). L'année suivante, Simonne d'Ardenne est engagée à l'Université de Liège (chargée des cours de Grammaire comparée, de Gotique, de Vieux norrois et bien sûr de Grammaire historique de l'anglais et ses Exercices philologiques). Ses élèves ne tarderont pas à être les premiers francophones à lire du Tolkien (*), bien longtemps avant sa traduction française chez Christian Bourgois éditeur. Son exemplaire dédicacé devient un outil de travail et se couvre bientôt de notes, devenant ainsi le premier "vrai" Hobbit annoté ! ;-) (*) « Je pourrais ajouter que j'ai reçu en octobre un diplôme (Doct[eur] en Lettres et Phil[osophie]) à Liège (Belgique); ne serait-ce que pour indiquer que j'ai été surpris d'être accueilli en français comme “le créateur de M. Bilbo Baggins”, et encore plus d'être applaudi, comme on me l'a expliqué, parce que je suis un “livre au programme” ?????? Hélas ! » (JRR Tolkien - Lettre (n° 165) à la Houghton Mifflin Company). |
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Merci beaucoup Pellucidar pour ces précisions intéressantes, la photo et l'annonce :-)) |
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Oyez, oyez Jrrvfiens et autres Tolkiendili ! Si par hasard à la rentrée vous passez près de la dernière ville latine au Nord… Les 10 et 11 septembre prochains auront lieu les 23èmes Journées du Patrimoine en Wallonie ("Des Pierres et des Lettres") avec donc pour thème cette année la Littérature. C'est donc l'occasion de visiter comme chaque fois des endroits habituellement fermés ou peu accessibles au public. Pour sa part, l'Université de Liège proposera des visites guidées de sa somptueuse salle académique (où Tolkien reçu son doctorat honoris causa - et classée patrimoine exceptionnelle de Wallonie) et de la salle Marie Delcourt (qui renferme les trésors de l'ULg : papyrus, manuscrits, incunables, etc.). Des expositions seront programmées, certaines consacrées à des écrivains liés à l'université. Tolkien ne sera pas oublié… J'ignore quels documents seront exposés (probablement ce fameux exemplaire du Hobbit, entre autres choses) mais j'ai prévu d'y aller faire un tour et je vous ferai un petit compte-rendu (si cela en vaut la peine)… Ici la page de l'ULg où Tolkien est brièvement évoqué (avec photos des 2 salles en question). |
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Merci pour cette information nocturne camarade :) I. |
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Iz' & Sos' ont dit : Merci (...) Mais de rien ! :-) J'ai ces quelques photos qui traînent sur mon mac depuis juin 2005… Las, j'ai récemment "tilté" que si je les mettais sur un album web Picasa, je pourrais les insérer ensuite dans ce fuseau, et suivre ainsi le conseil de Sosryko… ;-) Octobre '54 : Troisième et dernier voyage de Tolkien à Liège pour recevoir son doctorat. Il se rend également chez Simonne d'Ardenne dans sa maison de Solwaster (à une trentaine de km). Carpenter dit avoir vu une photo de cette visite mais je ne l'ai pas trouvée. C'est à cette occasion que Tolkien lui donne les épreuves d'impression (proofs print) du Retour du roi qu'il a relues et corrigées… |
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Les papyrus ne sont pas à la salle Marie Delcourt, ils sont au CEDOPAL, – ou bien je vis dans l'erreur depuis tout ce temps ? |
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Jérémie, tu as raison : les papyrus sont en effet conservés au Centre de Documentation de Papyrologie Littéraire... qui ne doit pas se trouver bien loin de la salle Delcourt. ;-) |
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Alors, cette inscription en tengwar, elle avait déjà été signalée dans le VT 23 par Nathalie Kotowski, feu l'éditrice des Cirth de Gandalf. Mais s'il y en a d'autres, il y a fort à parier qu'elles sont encore inconnues. |
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Chouette :-))
Et c’est l’occasion d'une découverte. Or, voici le jugement divin prononcé aux vers 616-618 de Christ and Satan sur les âmes sauvées : « Ge sind wilcuman ! Gað in wuldres leoth Que Nicholas Howe traduit par : « You are welcome ! Come into the light of wonder, the kingdom of heaven, where you will always have forever eternal rest. » Writing the map of Anglo-Saxon England, p. 221-222 Rq1 : répetition de wilcuman en l’espace de quelques vers dans Beowulf (l. 388 et 394). Cf. également 1.1894-1895, qui renvoie à ce que vivent Sam et Frodo : « cwæð þæt wilcuman Wedera lēodum. » = « said [that the warriors in their shining armor /] would be welcome (…) to the people of the Weders. » (trad. R. M. Liuzza, Broadview, p. 110) Rq2 : autre utilisation initialement prevue du vieil-anglais wilcuman : The Treason of Isengar, p. 450. Wilcuman, wilcuman Pellucidar ;-) |
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Sosryko a écrit :
Hihi ! Eh bien ? Ces passionnants découvertes en provenance de Liège font tournebouler l'attention de notre camarade qui réinvente le coup du "sans D", mais à l'envers !? :D Qu'on se rassure, je n'ai trahi personne ;p En guise de clin d'oeil, j'ai également noté hâtivement ceci : Sosryko a écrit :
A propos de ce terme lēodum (peuple), voici ce qu'on trouve sur Wikipedia ;p Je vais peut-être aller me coucher... c'est que mes vacances sont terminées et je reprends le boulot demain... heu, tout à l'heure :/ Bonne nuit ! I. |
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;-)
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Voui, je sommes à l'ULg. |
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Me suis absenté 2 journées entières... car il y avait devinez quoi ? DU SOLEIL !!! :-) 1 mois qu'il avait disparu…
> Elendil : Exact. Et Belegaer, le cercle tolkienien belge qu'elle avait fondé ne lui a pas survécu non plus. Oui, il y a d'autres inscriptions en tengwar (je ne t'oublie pas, cf ci-dessous ;-) Je pense que c'est la dernière photo, hors-doublon, je n'en avais pas pris beaucoup (le lieu ne s'y prêtait pas trop). Je vais voir ce que je peux tirer de certaines photocopies… |






