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Chers amis, Le Collège des Bernardins à Paris (*) accueillera l'exposition « Aubusson Tisse Tolkien » du vendredi 21 mars au dimanche 18 mai 2025.
L'exposition sera l'occasion d'un événement en réalité bien plus large. Au cœur des belles voûtes médiévales du Collège des Bernardins, on découvre une quinzaine de tapis et tapisseries réalisée par la Cité internationale de la tapisserie sur lesquels on retrouve des paysages inspirés de l'univers de J.R.R Tolkien. Une manière originale de se plonger en terre du milieu ! Par ailleurs cette exposition est accompagnée d'une programmation spéciale entre concerts, lectures, cinéma [hélas] ainsi qu'un colloque international. Par lectures, il faut entendre un Tolkien Reading Day assez spécial, puisqu'il s'agira sous ces voûtes de lire et d'entendre lire l'intégralité du « Silmarillion » plus quelques autres textes en continu, du samedi 22 au dimanche 23 mars. La lecture sera assurée par des personnes distinguées et pour autant familières ... pourquoi pas même ... vous — car ceux qui aimeraient y participer peuvent faire signe :). Les concerts font référence au Festival des heures musicales qui se tiendra du vendredi 4 au samedi 5 avril, avec deux grands volets : les musiques ayant pu inspirer Tolkien, et les musiques ayant été inspirées par Tolkien — deux volets interprétés chacun par un orchestre prestigieux. Avant d'en arriver au colloque, ajoutons un Cycle de Conférences Grand Public, au soir des lundi 24 mars, jeudi 3 avril et jeudi 24 avril. Trois conférences pour aborder avec Tolkien « la nature, l’homme et le mystère » (cf. Faërie) — les conférenciers et intervenants n'étant pas tous nécessairement des spécialistes de Tolkien mais se proposant de dialoguer avec lui. Enfin, le Colloque, plus académique, recevra des spécialistes de Tolkien, français ou étrangers venus de plusieurs coins du Monde autour de la « consonance chrétienne de la Terre du Milieu » les vendredi 16, samedi 17 et dimanche 18 mai. Au moins une quinzaine de présentations sont attendues. L'une d'entre elles (probablement le samedi) laissera la place à une table ronde dite du « parvis des gentils » où lesdits gentils pourront échanger autour de leur propre cheminement (pas nécessairement chrétien) avec Tolkien (trois invités de marque ; avec un indice pour l'un d'entre aux : il a de la fourrure aux pieds, il manque rarement un bon mot, et il est le seul ici à donner une critique impartiale de la dévastation jacksonienne).
Plus de précisions bientôt, avec des noms, des titres, des couleurs et des détails (et d'autres choses, plus secondaires, sont aussi prévues). Jérôme
(*) Collège des Bernardins |
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Yyr a écrit :
Si je puis me permettre... dans l'esprit du Comité de Pilotage, et dans la mesure où l'on associe le terme à un « parvis » qui, en contexte catholique, peut faire penser à une place ou cour devant une église ou une cathédrale, qu'entend-on exactement ici par « gentils » ? Car je ne connais que deux sens, anciens, à ce terme relevant de l'histoire religieuse, référencés dans le TLF : le sens désignant des personnes étrangères au judaïsme par rapport aux Juifs, avant l'avènement du christianisme, et celui désignant les païens par rapport aux chrétiens, dans les premiers temps du christianisme. Amicalement, :-) B. |
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Cette exposition est une superbe nouvelle !
Et plus encore que l'exposition, des moments forts sont également programmés. Top ! Yyr a écrit :
Merci Yyr. Je serai bien sûr présent à un moment ou un autre mais, les hôtes de marque, c'est vous Bonne soirée ! |
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Cher Jérôme, chers tous, cette nouvelle méritait une ANNONCE ! Bonnes fêtes à tous ! I. |
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ISENGAR a écrit :
Merci, cher JR. Bonnes fêtes de fin d'année également, à toutes et à tous. Amicalement, B. |
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Merci Isengar :)
& Joyeux Noël à tous, |
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lire l'intégralité du « Silmarillion » |
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Erendis a écrit :
Je crois qu'il y a consensus pour dire que désormais la traduction de référence est celle de Daniel Lauzon (ce que je partage au demeurant). |
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Effectivement, il s'agira de lire le Silmarillion dans la traduction de D. Lauzon. Un lecture intégrale est une entreprise suffisamment ambitieuse pour ne pas chercher à ajouter de la difficulté et dissuader les volontaires (parmi ceux qui se sentiront capables de lire correctement jusqu'à une demi-heure mais aussi parmi ceux qui viendront écouter, certains toute la nuit durant) en choisissant une lecture en VO. ;-) |
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Bonjour à tous, Merci aux organisateurs de ce bel événement ! Je suis bien contente de pouvoir bientôt admirer toutes les tapisseries ! J’irai sans doute en famille, j’en connais un qui devrait apprécier Glórund sets forth to seek Túrin… C. |
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Chouette :) Il faudra songer à se débrouiller pour trinquer au moins une fois entre nous :) |
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J'ai posté sur le forum de Tolkiendil une annonce moins détaillée que celle figurant sur le site de JRRVF, mais avec un peu plus de détails sur le volet musical de l'événement, qui durera quasiment deux jours pleins. C'est aussi l'occasion d'en parler ici : Le 4 avril, l'Académie musicale de Liesse, dirigée par Charles Tyldesley, proposera un programme orienté vers les sources d'inspirations musicales possibles de Tolkien, notamment dans le domaine du chant grégorien et de ses réinterprétations (Tallis, Swann), des hymnes et de la musique religieuse britanniques (Vaughan Williams, Sibelius, Holst, etc.), de la musique folklorique anglaise et des opéras s'inspirant des légendes de la Grande-Bretagne (Purcell, von Weber). Le 5 avril, Timothée Varon (baryton) et Masahiko Omori (piano) donneront le cycle complet de The Road Goes Ever On : A Song Cycle, de Swann, sur des poèmes de Tolkien, ainsi que des extraits des Songs of Travel de Vaughan Williams. Masahiko Omori interprétera aussi la pièce pour piano Akallabêth de Godfrey, tandis que le pianiste Alexandre Launay jouera les suites pour piano Valaquenta I & II de Romberg. De plus, l'Orchestre d’harmonie de la Garde républicaine, dirigé par Bastien Stil, interprétera le poème symphonique Finlandia, de Sibelius (compositeur que Tolkien appréciait particulièrement) et la Symphonie n° 1 The Lord of the Rings, de J. de Meij. La formation symphonique de ce même Orchestre de la Garde républicaine, emmenée cette fois par Sébastien Billard, donnera quant à elle l'Ouverture de concert The Hobbit de Blyton (composée avec l'aval de Tolkien), A Lord of the Rings Suite, pour flûte et orchestre, de Shore, la Symphonie n° 7 The Dreams of Gandalf de Sallinen, ainsi que le poème symphonique L'Apprenti sorcier de Dukas (qui regarde du côté de Goethe plutôt que de Tolkien, cela va sans dire). Un beau programme, donc, auquel devraient encore se rajouter quelques bonus. Pour plus de détails sur les morceaux d'inspiration tolkienienne, je vous invite à consulter cet article, que j'avais rédigé l'an dernier. E. |
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Merci Damien, |
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Oui, mille mercis à toi, Damien, car tu as accompli un fabuleux travail pour nous offrir ce magnifique programme musical ! |
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Merci Elendil pour ces compléments. Cédric. |
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Le site du Collège commence à communiquer sur l'événement : https://www.collegedesbernardins.fr/agen...bernardins
J'ai mis à jour l'annonce de JRRVF. |
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Yyr a écrit :
C'est vu Il semble y avoir un petit problème d'affichage sur ordi, aussi bien sur Mozilla que sur Edge (mais affichage correct sur smartphone). Je regarderai ça ce soir. I. |
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Hello
Faites ce que vous voulez de cette info |
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Problème signalé, merci de nous en avoir fait part. D. |
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Erendis a écrit :
Merci pour le signalement. |
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Bonjour à tous,
Ça y est : tous ceux qui souhaiteraient lire durant le très spécial Tolkien Reading Day du 22-23 mars prochain sont invités à s'inscrire dans ce tableau. Yyr
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bonsoir à toutes et à tous, |
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Merci Vincent :) Correction du lien pour les inscriptions au TRD : https://bernardins-my.sharepoint.com/:x:...ftKjXE938Q Appel aux lecteurs ! |
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La première conférence grand public approche : elle aura lieu lundi 24 mars à 19h30 au grand auditorium des Bernardins. J'aurai l'honneur d'être le discutant de Rémi Brague, membre de l'Institut, pour l'inviter à dialoguer avec Tolkien sur la question de la Nature. |
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Outre les événements déjà annoncés, Tolkiendil proposera un atelier de calligraphie elfique aux Bernardins le samedi 29 mars, de 14h à 16h. E. |
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Le colloque universitaire de 3 jours est programmé : du vendredi 16 au dimanche 18 mai.
Seize conférenciers se relaieront pour aborder les thèmes de : Sans oublier les cheminements spirituels du parvis des gentils :). |
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Elendil a écrit :
En effet, et la programmation est faite elle aussi : samedi 29 mars. |
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J'ai reçu un message comme quoi il restait de la place pour les concerts. Peut-être faire une annonce spécifique sur le site à leur propos ?
En tout cas, n'hésitez pas à vous inscrire et à en parler autour de vous ! |
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Hello
J'essaie de trouver un petit moment ce soir pour faire un petit article tout neuf sur le site. I.
EDIT : c'est fait ! https://www.jrrvf.com/ |
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Merci Isengar :) Je signale aussi qu'il reste des places pour les lecteurs du Tokien Reading Day et que le tableau d'inscription a connu un problème d'accès récemment — son lien actuel est le suivant : https://bernardins-my.sharepoint.com/:x:...NlGpWZi3Ug |
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Que j'aimerais être sur Paris cette nuit, au moins pour la lecture de 2h à 4h30, avec Moraldandil et Leo Carruthers qui se partagent la Chute de Gondolin, le voyage d'Eärendil, la guerre de la Grande Colère, l'Athrabeth et le conte d'Adanel ; ça va être un grand moment ! ;-) |
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sosryko a écrit :
Tu m'as donné envie : j'y serai :) |
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Petit rétro-planning à très court terme :)
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Bon vernissage ! |
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Aura-t-on un petit compte-rendu de l'inauguration, pour ceux qui n'ont eu la chance d'y assister ? I. |
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Je n'y étais pas moi-même malheureusement. Mais je puis vous rapporter de la part de Leo que « tout était très beau et intéressant. Le public était conquis. Une soirée très sympathique et amicale, avec beaucoup de contacts entre fans anciens et nouveaux. »
Allez-y ! Il y a de jolies choses :). Quant à moi je serai au TRD (de 22h à 7h — Leo, Bertrand et moi allons fournir l'essentiel des forces vives de minuit à 6h) et à la conférence de lundi. |
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Merci pour ce retour Bonnes lectures ! |
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Les lectures du Silmarillion aux Bernardins sont en cours.
Je reçois quelques témoignages à distance par ici et par là. Il semble bien que c'est un moment grandiose et magique, qui tient ses promesses. I. |
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ILS L'ONT FAIT ! Avec un timing presque parfait, et une lecture finale réalisée par Jean à l'issue d'un marathon de plus de vingt heures, tous les textes de J.R.R. Tolkien programmés pour cet événement ont été lus !
Un grand bravo à tous I.
PS du 13 avril 2025 : avec un peu de retard, je précise que ce message était pile le 5 000è posté par votre serviteur sur JRRVF ! |
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Merci Isengar. Comme je le disais à Bertrand, nous étions loin de nous imaginer cela lorsque, il y a 23 ans, nous entamions des soirées lecture à Paris (avec Cirdan, Iarwain, Silmo, Kendra, ...).
C'était en effet très beau, plus que ce à quoi je m'attendais, car le lieu était vraiment propice. Partant du Silmarillion, les textes avaient été choisis et complétés afin d'arriver au volume d'une vingtaine d'heures mais aussi de s'accorder aux heures du jour et de la nuit autant que faire se pouvait. Mais il serait plus juste de dire que les textes se sont choisis eux-mêmes, tant ils s'appelaient naturellement les uns les autres.
À la lumière du jour, après l'inauguration par l'Ainulindalë (avec Michaël) et le Valaquenta, a donc débuté (avec Jean) le cylce des Elfes, c'est-à-dire le Quenta Simarillion.
Au milieu de la nuit fut lu (en anglais) le dialogue de Finrod et Andreth à deux voix (par Leo et Hajar). Lu est un euphémisme. Le dialogue fut un enchantement ; le lecteur et la lectrice, outre une élocution remarquable (surtout Leo), rendaient le ton exact, l'émotion, la gravité, toute l'angoisse et l'espérance du Conte d'Arda ramassées dans l'Athrabeth.
La fin de la nuit fut ainsi consacrée (avec Jean, Bertrand et moi) aux chapitres de l'Akallabêth et de la Route Perdue : autant de déclinaisons du Conte d'Adanel — ou comment les Hommes furent séduits et menés à leur ruine par le Seigneur Ténébreux, et les voies courbées, et les Fidèles sauvés de peu.
Voici quelques photos (Bertrand a largement droit à en avoir deux pour lui seul ;)) PS : Le plus difficile fut, après cette nuit blanche, endormi dans le train, de me réveiller à la bonne gare — une réussite dont je ne suis pas peu fier :). PPS : Malgré un guide de prononciation fait exprès (par Damien), on a quand même eu droit à des « karkarotte » et autres similitudes ;). C'est normal, nous sommes en Arda Marrie :). PPPS (édit) : J'écris plus haut : « le lecteur et la lectrice, outre une élocution remarquable (surtout Leo) » — erreur de perspective, comme me l'a fait remarquer Bertrand en privé : je ne doute pas que l'élocution des deux fut irréprochable, mais c'est mon oreille qui entendait mieux l'accent du premier. En tout cas, n'allez pas croire à un reproche masqué pour Hajar, que je suis allé aussitôt féliciter et remercier avec émotion et gratitude. |
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Merci Jérôme pour ce compte-rendu de ces moments exceptionnels que tu as pris le temps d'écrire alors que tu devrais être en train de dormir ;-) |
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Bravo à tous les intervenants, scénaristes lumière et son, et aux courageux auditeurs. Merci à Jérôme pour son témoignage. |
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PS : tous les ans, fin janvier le ministère de la Culture programme les "Nuits de la Lecture". Il les sponsporise (je crois) et fait au moins de la promotion, de la pub. En tout cas, ce serait bien de programmer ce genre d'évènements le même WE que ceux encouragés par le ministère afin d'avoir plus de pub que par les réseaux 'intimes' des Tolkiendili et ainsi plus d'auditoir.
Bossant au ministère jusqu'à l'été 2027, avant la retraite, je peux chercher des contacts (même après)... |
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J'ai transmis ta proposition François ;) |
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Sans faire concurrence au "Tolkien Day", les deux peuvent exister et jouer de la pub l'un à l'autre pour multiplier les auditeurs. |
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Tolkien et la Nature
Après l'écoute (Tolkien Reading Day), le dialogue. Rémi Brague a traité la question que nous lui avions posée : que nous dit la Nature chez Tolkien ?
Après avoir préalablement distingué trois grand sens du mot nature : Le conférencier a commencé par citer la fin de la note D de l'essai sur le conte de fées où Tolkien rapporte son avidité, enfant, pour l'étude de la Nature, et l'équivoque très tôt ressentie sur les mots qui voulait le pousser indûment à réserver cette étude à la Science et à le frustrer de la Faërie. Cette Science qui, depuis le projet de Francis Bacon en Angleterre (projet repris chez nous par Descartes, Comte et Bernard), cherche les lois de la Nature afin de la maîtriser. Les limites de cette Science sont bien montrées, dit Rémi Brague, par la confrontation entre Gandalf et Saruman : « Celui qui brise une chose pour découvrir ce qu'elle est a quitté le chemin de la sagesse », confrontation qui lui évoque celle de Goethe à Newton. Il enchaîne avec l'essai sur le conte de fées et le besoin de recouvrer « une vue claire [des] choses comme nous sommes (ou étions) censés les voir [:] débarrassées du caractère de possession » pour trouver, avec la figure de Tom Bombadil, l'extrême opposé de l'idéal de Francis Bacon. Étudier la Nature peut recevoir une autre acception que celle de la Science : la Nature peut être entendue comme un message qui nous est adressé et sa lecture comme une sagesse. Par ailleurs, reprenant la finale de la note D de l'essai sur le conte de fées où Tolkien dit qu'il y a un part de l'homme qui n'est pas nature, le parallèle est fait avec le Silmarillion où il est dit qu'Eru « voulut que le cœur des Hommes soit porté au-delà du monde, et qu’au-dedans il ne trouvât aucun repos », allusion très précise et quasi citation littérale de s. Augustin : « Tu nous as faits pour toi, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en toi » (Confessions, i, 1, 1). On en retrouve des marques dans le Seigneur des Anneaux quand par exemple les Hobbits, au récit de Tom de la vie de la forêt, se sentent étrangers tandis que « toutes les autres choses étaient chez elles ». Être au-delà de la Nature n'implique pas que nous soyons au-dessus d'elle sinon métaphoriquement. Bombadil est celui qui oppose le refus le plus net à l'asservissement de la Nature par le projet moderne que résume l'expression bien connue de Descartes « maîtres et possesseurs de la nature » (Discours de la méthode, VI) qui faisait coïncider en toute connaissance de causes la maîtrise (politique) et la possession (économique), coïncidence qui n'existait jusque là que dans le servage. Tom Bombadil renvoie quant à lui à une maîtrise sans possession (cf. les paroles de Baie d'Or à Frodo), telle que celle qui fut confiée à l'origine à Adam dans la Genèse (1, 26.28). (*) Passant au second sens du mot nature, celui que nous employons pour parler de la nature des choses, le conférencier observe que son emploi est rare dans les récits tolkieniens, entre autres parce que les termes trop abstraits sont généralement évités par Tolkien. En l'occurrence, il préfère le mot way — intraduisible d'un seul mot en français : il dit à la fois le chemin et la manière — pour parler de la nature des choses, qu'il s'agisse de celle des dragons, des arbres, des hobbits, etc. ou encore de Gollum, et même des œuvres rationnelles puisque le mot est appliqué aux chansons qui, comme le dit Sylvebarbe, « tout comme les arbres, ne portent leurs fruits qu'au moment voulu et à leur manière ». Terme extrêmement intéressant car pré-philosophique (Leo Strauss), il témoigne d'une expérience des choses antérieure à la distinction entre art (ou culture) et nature, embrassant le commun entre eux. Or, ce terme est particulièrement lourd de sens : une voie, un chemin, n'a rien de statique, il mène quelque part, contrairement à ce que la légende moderniste tant à faire croire depuis quelques siècles. Quelques formules ramassées le disent comme, dans l'Akallabêth, la désignation de l'immortalité des Elfes : elle n'est pour eux ni récompense ni châtiment mais « l'accomplissement de leur être (fulfilment of their being) ». La nature est ainsi un guide vers le bien : aller contre la nature, c'est aller vers les ennuis, ainsi que les prosaïques Hobbits, peu portés sur les spéculations philosophiques mais non dépourvus de bon sens, le perçoivent : « Il faudra en payer le prix, disait-on. Ce n'est pas naturel et les ennuis viendront (It isn’t natural, and trouble will come of it!) ! » lisons-nous à la première page du Seigneur des Anneaux. Le bon sens des Hobbits rejoint du reste la sagesse des Elfes, lesquels définissent le bien comme étant « ce qui est fidèle à sa nature et à sa fonction (true to its nature et function) ». S'il en est ainsi, c'est parce que la Nature, elle-même se composant d'êtres ayant chacun une nature, est créée. L'Ainulindalë rappelle explicitement l'image augustinienne, comparant le Créateur à un « musicien ineffable qui conduirait la grande symphonie de l'histoire » (Epist. CXXXVIII, 1, 5). Le dynamisme de la création chez Tolkien n'a rien de fixiste ni d'évolutionniste. Elle fait songer à la « création continue d'imprévisible nouveauté » de Bergson (in le possible et le réel). Dans cette Création qui est fondamentalement bonne, se pose alors le mystère de l'existence du mal. Pour Tolkien, comme pour les Néoplatoniciens, les Pères de l'Église et les Scolastiques, le mal n'a pas d'existence positive, il n'est qu'une privation : il ne fait que sembler être, il ne fait que singer l'être. Ainsi de Melkor ou de Sauron qui ne peuvent que contrefaire les choses (ou la compréhension que l'on en a). Si bien qu'il nous revient non pas de décider du bien et du mal mais de les discerner comme des réalités pré-existantes : Le bien et le mal n'ont pas changé depuis l'année dernière ; et ils ne sont pas non plus une chose chez Elfes et les Nains et une autre chez les Hommes. Il appartient à chacun de les discerner aussi bien dans la Forêt d'Or que dans sa propre maison. Le Seigneur des Anneaux, III.2 (*) Ce faisant Tom renvoie au paradis terrestre — de même Baie d'Or qui évoque à Rémi Brague la très énigmatique Matelda de la Divine Comédie de Dante (Purgatorio, XXVIII, 40-41). Commentaires personnels C'est peu dire que j'ai été impressionné par Rémi Brague, bien que familier d'une partie de son travail philosophique (sur un sujet connexe à celui de la conférence, voir Rémi Brague, Le Règne de l’homme. Genèse et échec du projet moderne, Paris, Gallimard, 2015). Plus familier de C.S. Lewis, il n'avait lu que le Seigneur des Anneaux. Suite à notre demande de conférence, il a lu le Hobbit, le Silmarillion et l'essai sur le conte de fées, et relu le Seigneur des Anneaux. C'est ainsi sans rien connaître des textes postérieurs, plus explicitement philosophiques et théologiques (notamment HoMe X) qu'il a en a saisi tout le sens (voir ce que j'avais moi-même entamé sur le sujet ici : l'essentiel des références appartenait à ces textes postérieurs). Ce qui montre, au passage, que la dimension spirituelle (au sens large) de l'œuvre tolkienienne n'est ni une réorientation tardive ni une annexe rajoutée après coup (ce sur quoi je serai amener à dire quelque chose lors de mon intervention au colloque le 16 mai prochain). Une excellente conférence. Il fallait bien toutefois montrer à quel point elle était excellente en faisant preuve d'une petite sottise en contrepoint. Je m'y suis employé, à la fin, en déniant toute dépendance des langues secondaires à nos langues primaires. Que ce message soit l'occasion de corriger cette sottise. J'ai été plus royaliste que le roi en prenant la défense de l'indépendance des langues elfiques, faisant mienne l'irritation de Tolkien quand on analysait sa subcréation (langues ou histoires) à partir des ressemblances externes, car on manquait alors inévitablement le sens et l'organisation internes de la forme nouvelle en laquelle la matière de son œuvre avait été recomposée. Mais cela n'empêche aucunement de nombreuses correspondances, qui étaient le fait de réminiscences inévitables (voir par exemple « The problem of ROS », HoMe XII). Je remercie Bertrand d'avoir ré-ajusté son ami ;). De très bons échanges avec la salle ensuite. De peur sans doute que ce qui précédait ne fût pas suffisamment pêchu, Benilbo attire l'attention de notre conférencier sur ce passage de la lettre n°131 où, dans une note, Tolkien décrit la Lumière de Valinor d'avant la Chute comme étant une lumière sans le divorce que nous pouvons maintenant connaître entre la raison (scientifique ou philosophique) et l'imagination (artistique) ou entre le bon et le beau. Excellente question qui évoque à Rémi Brague la séparation entre les transcendantaux. La prochaine fois Benjamin, c'est toi qui sera le discutant de Rémi Brague ;). De mon côté, cela m'a fait pensé, naturellement, à la figure d'Aragorn et au poème de Bilbo rédigé pour lui : « tout ce qui est or ne brille pas » ... Un auditeur demandait aussi à Rémi Brague si l'on pouvait trouver un rapport particulier de chacun des peuples d'Arda à la Nature. Question qui ne pouvait être traitée ainsi sinon par une conférence dédiée. Pour ma part, je risquerai, puisque l'attente de l'auditeur concernait principalement les Hobbits, que ceux-ci — et c'est en lien avec leur bon sens dont il fut question dans la conférence — ont le sens de la place des choses et de leurs proportions. J'ai toujours été très ému par Sam résistant à la tentation de l'Anneau : In that hour of trial it was the love of his master that helped most to hold him firm; but also deep down in him lived still unconquered his plain hobbit-sense: he knew in the core of his heart that he was not large enough to bear such a burden, even if such visions were not a mere cheat to betray him. The one small garden of a free gardener was all his need and due, not a garden swollen to a realm; his own hands to use, not the hands of others to command. LR, VI, 1 Enfin j'ai noté la question de cet auditeur qui a bien saisi l'impasse dans laquelle nous sommes et qui demandait : « quelle issue ? ». C'est moi qui ai répondu mais trop vite, en me contentant de dire le pessimisme de Tolkien, et que, pour nous, il nous restait à « jeter l'Anneau ». Il eût été plus juste sans doute de parler de « défaire l'Anneau ». Mais surtout, il y avait moyen de faire le lien entre cela et la conférence. Puisque l'Anneau n'est détruit que parce que la Providence y a pourvu, aperçu de « la victoire ultime » (L 195). Ou, comme le dit Finrod dans l'Athrabeth : Ye also, we hold (being instructed by the Great who know), are Children of Eru, and your fate and nature is from Him. […] [So our hope/trust Estel] is not defeated by the ways of the world, for it does not come from experience, but from our nature and first being. If we are indeed the Eruhin, the Children of the One, then He will not suffer Himself to be deprived of His own, not by any Enemy, not even by ourselves. This is the last foundation of Estel, which we keep even when we contemplate the End: of all His designs the issue must be for His Children’s joy. Athrabeth, p.308, 320 |
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Incidemment, la semaine qui a suivi fut assez terrible pour moi (d'où ce compte-rendu relativement tardif) avec de mauvaises nuits et une pile d'imprévus auxquels faire face. Le dernier d'entre eux ce matin, où nous avons sauvé des griffes du maudit chat du voisin la merlette de notre jardin. Éclopée, il n'est pas sûr qu'elle s'en sorte. Et, en attendant, il faut que je trouve le moyen d'empêcher ce chat de revenir dans notre jardin. Sacrée Nature ... |
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Cher Yyr, |
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Ne sais que dire, sinon bravo à Sosryko pour ce beau message. Combien de regrets que la santé et le confinement 'obligé' m'aient empêché d'aller aux "Bernardins" lieu pourtant proche. |
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Il y a confusion Silmo : le beau message est celui de Yyr, qui était le discutant de Rémi Brague. Etant sur Bordeaux, je ne pouvais pas être présent lundi dernier, et je le regrette bien ;-) |
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Yyr a écrit :
Merci pour ce compte-rendu, Jérôme. Je ne réagirais, très rapidement, que sur deux points : Yyr a écrit :
J'avoue que je ne saisis pas très bien en quoi le passage cité de la Genèse évoquerait particulièrement une maîtrise « sans possession », là où il est en tout cas tout de même question de domination. Yyr a écrit :
« Jeter l'Anneau » apparaît quasiment comme un préalable, mais tout dépend ce que l'on croit qu'il représente : il peut très bien n'être qu'un gadget de nécromancien auquel on aura accordé trop d'importance, d'une manière ou d'une autre. À la question « quelle issue ? », je renverrai modestement à la formule bien connue de Gandalf : « All we have to decide is what to do with the time that is given us » (« Tout ce qu'il nous appartient de décider, c'est quoi faire du temps qui nous est imparti. » [SdA, I, 2]). La seule chose sûre, c'est notre temps limité ici-bas, qu'il ait été donné ou non par ce que l'on peut croire être Dieu. Entre divin et animal, humains faillibles et imparfaits, à nous d'essayer d'en faire quelque-chose qui ait du sens à la fois pour notre part raisonnante et notre part imaginative. L'issue ? Personne n'en sait rien, alors on verra bien, sachant qu'en tout cas, il n'y a pas de raison que la nature ne nous survive pas si l'humanité devait éventuellement disparaître... mais ça, ce n'est certes pas écrit dans la Genèse (ni dans l'Apocalypse)... En décembre dernier, précédemment en ces lieux, j'avais écrit que je ne me prendrais plus la tête avec des choses qui n'en valent pas la peine, notamment dans le domaine tolkienien, et j'entends bien continuer à m'y tenir, pour les raisons indiquées dans mon message du 14 décembre et qui restent d'actualité.
Toutefois, je me permets de signaler un entretien que Jean, en tant que commissaire de l'exposition aux Bernardins, a accordé à Cécile Séveirac pour le média confessionnel d'actualités et d'évangélisation catholique Aleteia, entretien publié vendredi dernier, 21 mars, sur le site dudit média : Il n'y a pas de problème avec cet entretien, mais certains commentaires au bas de celui-ci m'ont rappelé l'existence de points de vue religieux sur Tolkien qui, à mes yeux, participent avec constance à la désespérance que peut susciter non seulement ce monde, mais aussi certains de ceux qui, paradoxalement, se réclament de l'espérance tout en se voulant, en matière de croyances, plus « authentiques » voire plus « propres » que les autres. Extrait de l'entretien : Cécile Séveirac : Quelle place la foi de Tolkien prenait-elle dans sa vie ? « Tolkien aux Bernardins : “Découvrir ce monde, c’est partir pour un voyage” », Aleteia.org, 21 mars 2025 Parmi les commentaires au bas du texte de l'entretien, on trouve ceci, écrit par un certain Gontran Lupy : En commentaire sur le site d'Aleteia (2025-03-22 ; 16:46), Gontran Lupy a écrit :
En commentaire sur le site d'Aleteia (2025-03-22 ; 16:47), Gontran Lupy a écrit :
Quelques jours plus tard, Jean a pris le temps de répondre factuellement au premier de ces commentaires : En commentaire sur le site d'Aleteia (2025-03-23 ; 17:36), Jean Chausse a écrit :
Ce à quoi Gontran L. a répondu, plus récemment : En commentaire sur le site d'Aleteia (2025-03-27 ; 01:49), Gontran Lupy a écrit :
Gontran L., on l'aura compris, se veut être un catholique traditionaliste (« tradi »), et cela semble même aller assez loin dans son cas, d'après les commentaires qu'il laisse sur d'autres sites confessionnels (catholiques intégristes) ces dernières années : ainsi, il déteste l'actuel pape François, qu'il a désigné en novembre 2023 comme étant « l'un des pires modernistes, « égout collecteur de toutes les hérésies » que la terre ait porté », déclarant également en octobre 2024 que la renonciation de Benoît XVI à sa charge pontificale en 2013 serait une « pseudo-renonciation » et que son successeur, le pape actuel qu'il appelle avec force mépris « la Bergouille », serait donc selon lui « un imposteur »... Il se trouvera décidément toujours sur cette Terre, des gens pour s'efforcer, généralement malgré eux, de donner diversement raison, par leurs idées absolues, leur pensée arrivée, leurs anathèmes, leur « hygiénisme spirituel », leur pharisaïsme, etc., à cette formule figurant en épigraphe de 2084 : La fin du monde (2015), un roman dystopique de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien actuellement iniquement emprisonné par la dictature algérienne pour délit d'opinion : « La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité. » Pour compléter le sombre tableau, je repense, comme souvent, à cette autre formule, du marquis de Sade cette fois, extraite de l'Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice (Deuxième partie) : « Il n'y a d'autre enfer pour l'homme que la sottise et la méchanceté de ses semblables [...]. » Désespoir donc, auquel « hélas » peuvent participer activement des gens qui peuvent pourtant parler d'espérance : quand le comprendront-ils, si jamais cela devait un jour se produire ? Mais bon, passons sur les « subtilités » pontificales (entre autres) de Gontran L., qui pourront à certains peut-être paraître inoffensives à notre époque, mais qui n'en sont pas moins dignes de la rhétorique de tous les fanatiques restés tristement célèbres à travers l'histoire, ceux « qui établissent une orthodoxie sur le plan religieux ou politique, qui distinguent entre le fidèle et le schismatique » ainsi qu'en parlait Cioran (cf. « généalogie du fanatisme », in Précis de décomposition, 1949)... et concentrons-nous simplement sur les propos dudit Gontran L. relatifs à J. R. R. Tolkien, en essayant malgré tout d'en tirer quelque-chose et de rester constructif... J'ai déjà eu l'occasion d'exprimer par le passé, en ces lieux et ailleurs, ce que je pense de Joseph Pearce et de ses suiveurs en matière d'étude et de réception de l'œuvre de Tolkien : leur vision du sujet, trop étroitement religieuse, et plus généralement pour le moins idéologiquement orientée, plait sans doute à des gens comme Gontran L., mais elle est très discutable, et d'ailleurs à mon sens insuffisamment discutée. Je note au passage que si Gontran L. s'appuie sur Pearce pour contester des faits correctement énoncés par Jean, il est alors permis de se demander si Pearce (dont je n'ai lu qu'une petite partie des écrits : mon abnégation a des limites) n'a pas tendance à systématiquement parler de Tolkien comme par exemple Philippe de Villiers parle (entre autres) de l'histoire de France depuis des décennies, à savoir en partant de certains faits établis pour plus ou moins les « tordre » à volonté dans un sens correspondant à son idéologie politico-religieuse . Mais ce qui m'interpelle surtout, c'est ce commentaire : « J’ajoute que seuls les tradis peuvent comprendre le Seigneur des Anneaux. Hélas. » Tout, au fond, est un peu dans ce « hélas » : le commentateur regrette apparemment que la compréhension du SdA soit inaccessible, sinon sans doute à tout le monde dans son esprit, du moins à tous ceux qui se disent catholiques. Pour lui, même s'il le déplore, ou feint de le déplorer, du haut de sa conscience supposée « supérieure », seuls des « initiés » peuvent comprendre : les « tradis », donc. Mais comprendre quoi ? Et pour résumer un auteur et son œuvre à quoi, in fine ? Le point de vue de Gontran L. ne m'intéresse en fait pas beaucoup, mais quand bien même on pourrait le considérer comme anecdotique, minoritaire, ou insignifiant dans son excès même, ledit point de vue me parait cependant au moins représentatif d'une part de la réception de Tolkien qui n'est ni nouvelle, ni anodine à mon sens, a fortiori dans le contexte général actuel dit du « retour du religieux » (« religieux qui n'est jamais parti », pourrait plaisanter Rémi Brague, avec un humour « chestertonien » que la plupart du temps, je vous l'avoue, je ne goûte guère). Or cette part de la réception, religieuse voire politico-religieuse, a ses écrits, ses commentaires... et elle renvoie à un usage particulier qui peut être fait d'un auteur et de son œuvre, notamment ici s'agissant de l'identité anglo-catholique de l'écrivain, sur laquelle peuvent se projeter des ressentis victimaires et identitaires occidentaux notoirement contemporains. Quitte à consacrer un évènement à Tolkien dans un cadre confessionnel, je me dis qu'il serait peut-être utile d'en faire une occasion pour évoquer franchement le problème d'une réception de Tolkien à l'aune du religieux, c'est-à-dire sans chercher à éviter d'aborder honnêtement les limites que pose ledit problème, bien au-delà donc des facilités d'un recours à Tolkien pour pourfendre sempiternellement (et d'une façon parfois quasi-pavlovienne même) la modernité sous toutes les formes (technicienne, « laïcarde », « hérétique »...) possibles et imaginables... Plus généralement, on en revient ici à des questions déjà anciennes et évoquées à des degrés divers, ici comme ailleurs... Ce que j'appelle la planète Tolkien oscille en permanence entre ressentis et savoirs. Peut-on établir une juste part des uns et des autres en vue d'une éventuelle « compréhension » ? Et peut-on se contenter, à cette aune, d'un irénisme tolkiénophile symbolisé par les formules rituelles « À chacun son Tolkien (c'est bien commode) » et « On aime tous Tolkien (c'est merveilleux) » ? Enfin bref... la polémique ne m'intéresse pas (du tout), et je ne suis pas, par ailleurs, dans le secret des discussions du comité scientifique de l'évènement des Bernardins, qui a peut-être déjà étudié la question. Disons que ce n'était là que mes deux centimes, simplement en réaction à certains commentaires extérieurs, désespérants comme je l'ai écrit (y compris d'un point de vue spirituel), mais dont je ne suis pas surpris qu'un évènement comme celui des Bernardins puisse incidemment les attirer, fut-ce évidemment au milieu d'autres commentaires autrement plus positifs ou en tout cas bien moins excessifs. Yyr a écrit :
Silmo a écrit :
Pour mémoire, concernant la nature des chats, que Robert E Howard a pu longuement étudier en les observant, cela a précisément été le sujet d'échanges entre Céline — « notre » Berúthiel du forum — et votre serviteur, en début d'année dans le fuseau dédié, avec notamment le partage d'un texte de Howard intitulé “The Beast From the Abyss” (et des illustrations garanties sans IA) : Attention aux mauvaises nuits, cher Jérôme : quoiqu'il arrive, d'une manière ou d'une autre, il faut te reposer. D'ailleurs, au milieu d'un tas de choses fatigantes et autres imprévus stressants, je crois que bien dormir fait précisément partie de « quoi faire du temps qui nous est imparti »... ^^' Et de fait, à l'heure qu'il est, mes paupières sont lourdes... Vite, au lit ! Amicalement, B. |
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À noter pour la semaine prochaine !
Il reste des places.
Silmo a écrit :
Non. Les merles sont chez nous de générations en générations. Le chat du voisin n'est pas chez lui. Hier soir je lui ai tapissé le chemin qu'il emprunte de branchages et de ronces. Nous verrons. Sauron quand il n'était que Tevildo était le Prince des chats. Je suspecte le jardin de Tolkien d'avoir lui aussi souffert du chat du voisin — figure mythique, archétypale. |
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Yyr a écrit :
Personnellement, je n'apprécie guère les merles, du fait que ceux-ci aiment un peu trop les cerises... Mais quant au chat du voisin, voilà un propos qui me semble très orienté vers la domination de la nature, non ? Ce n'est pas parce que le chat « appartient » au voisin (notion toute relative s'agissant des félins) que celui-ci reconnaît les délimitations cadastrales. Pas plus que les merles de ton jardin, qui n'hésiteront pas à picorer les fruits du voisinage si ceux-ci leur plaisent. Après, je peux comprendre que tu veuilles préserver les passereaux qui nichent chez toi. Il est certain que je laisserais bien moins volontiers les chats du voisinages vaquer chez moi si je les soupçonnais de braconner les écureuils, les rouges-queues ou les mésanges charbonnières. Fort heureusement, tout ce petit monde semble trop méfiant pour les félidés en vadrouille. (Il n'y a pas de merle dans le coin, par contre les pies pullulent, hélas.) E. |
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Yyr a écrit :
Moi ! :-) PS : la cohabitation des chats et des oiseaux dans un jardin peut effectivement être compliquée. Je compatis et j’espère que la merlette se rétablira… C. |
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Beruthiel a écrit :
Oh super ! :) Pour le chat il me faut confesser qu'il n'en est pas à sa première victime, et qu'il parsème encore en plus jardin et potager de ses déjections. Mais mon barrage de branches et d'épines semble faire son office depuis deux jours ... |
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Faites-moi signe quand vous serez là. J'arrive pour ma part le vendredi dans la journée et je reste jusqu'au dimanche matin. E. |
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Beruthiel a écrit :
Yyr a écrit :
Elendil a écrit :
I. |
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Yyr, je t'ai écrit à l'adresse mail donnée dans ton profil. C'est plus facile pour s'organiser. C. |
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Un détail, qui n'en est pas un en fait, m'interpelle, après avoir vu défiler des publicités pour les Bernardins, notamment sur le réseau de Mark Z. ces derniers temps : dans le contexte général de tout ce qui est proposé (concerts, conférences, colloque...), l'accès à l'exposition des tapisseries d'Aubusson est-il libre en une quelconque façon ? Si je me souviens bien, les publicités que j'ai vu passer parlaient d'un « accès libre », mais sans forcément préciser à quoi au juste... Amicalement, B. |
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Accès gratuit, mais réservation obligatoire d'un créneau horaire, pour des raisons de sécurité (limitation du nombre de personnes dans la nef). E. |
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Ce soir 2e conférence grand public !
Ce week-end, rendez-vous aux présents du samedi à 13h30 sur le petit parvis devant l'entrée des Bernardins. Jérôme |
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Après plusieurs années d’absence, je reviens sur ce forum. Je ne l’avais d’ailleurs pas totalement quitté car je continuais à le lire très régulièrement. Ce qui fait que le message très courtois, sur ce même, fuseau d’Hyarion l’avant-veille de Noël ne m’avait pas échappé. Comme je suis le principal organisateur des manifestations aux Bernardins, je me dis que ce sera plus simple que je puisse intervenir en direct plutôt que de compter sur Jérôme et Damien pour le faire à ma place. |
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jean a écrit :
Et je salue ton retour, Jean. jean a écrit :
Je ne peux pas parler à la place du maître de ces lieux, mais je doute que ton retour puisse présenter un inconvénient pour lui. jean a écrit :
Merci pour cette mise au point générale. Amicalement, Benjamin. |
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bonsoir à toutes et à tous |
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Alors au plaisir de te revoir bientôt Vincent :)
Très belle journée pour moi hier avec la joie de nombreuses et belles compagnies.
J'ai pour ma part assisté aux trois premiers concerts de l'après-midi.
Ici le « Voyage en Terre du Milieu » par la Garde républicaine (désolé j'étais tout au fond) :
Puis le « Valaquenta » de Martin Romberg interprété par Alexandre Launay :
Enfin « The vagabond » de Vaughan Williams, « Akallabêth » de Paul Corfield Godfrey (ici présent aux côtés de Damien) & « The Road Goes Ever On » de Donald Swann avec Timothée Varon et Masahiko Omori. Je suis claqué, je n'en dis pas plus. |
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Vive Namárië ! I. |
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Bel après-midi pour moi aussi ! |
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De mon côté, la semaine aura été chargée de bout en bout... et à l'instar de Jérôme, même étant rentré à la maison plus tôt que lui, je suis un peu claqué aussi ! ^^'
Ce fut pour moi également un bel après-midi que celui de ce samedi parisien, lors duquel j'ai eu le plaisir de rencontrer pour la première fois Beruthiel et Jean, ainsi que de revoir Benilbo, Anouck, Yyr, Elendil et un peu plus tard Moraldandil. Bonne nuit à toutes et à tous. B. |
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Bonjour à tous, Je suis retournée hier matin aux Bernardins, en famille cette fois. J’ai donc pu revoir avec plaisir les tapisseries. Je les aime toutes (sauf peut-être The Trolls dont le style me plaît moins) mais j’apprécie particulièrement Bilbo woke up with the early sun in his eyes (la lumière du soleil sur les montagnes et les nuages, l’aigle…). Mon fils était content de voir des illustrations des histoires qu’il connaît (Bilbo, Roverandom, le Père Noël) et les tapisseries liées au Seigneur des Anneaux ou au Silmarillion ont provoqué un déluge de questions. Je vous soumets deux d’entre elles, auxquelles je n’ai pas trop quoi su répondre : - Pourquoi y a-t-il une étoile rouge dans le ciel lors de la rencontre entre Beleg et Findling/Gwindor (voir ici) ? Un symbole de la « mauvaise étoile » de Túrin : la malédiction de Morgoth, ou cela fait-il référence à quelque chose de plus précis ? - Quelle est cette montagne solitaire derrière le lac Mithrim ? Au final, la tapisserie qui l’a le plus fasciné est celle représentant la carte de la Terre du Milieu. Il s’imaginait voyageant (en vélo !) d’un endroit à l’autre. Il y avait beaucoup de monde, des personnes de tous les âges. L’exposition est un vrai succès si j’en juge par cette matinée.
J’ai réservé pour la conférence Tolkien et le Mystère. |
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Beruthiel a écrit :
Lors de notre visite commune de l'exposition, Céline (avec Benilbo, Anouck et Yyr, tous guidés par Elendil), juste avant le premier concert de l'après-midi du 5 avril dernier, j'avais au départ assez spontanément confondu la représentation de Taur-nu-Fuin avec une de Mirkwood, car la tapisserie que tu évoques (Beleg finds Findling in Taur-nu-Fuin) est exposée entre deux autres qui illustrent des scènes du Hobbit (Bilbo woke up [...] et Bilbo comes to [...]), et que Tolkien a dessiné les arbres de manière très proche dans les deux cas. Or, après tout, si l'on se permettait tout de même un parallèle avec le Troisième Âge, l'étoile rouge pourrait symboliser une continuité entre l'esprit mauvais de Morgoth et celui de Sauron, évoqué implicitement à un moment dans le SdA (livre II, chap. 3) à travers une étoile rouge, brillante « comme un œil vigilant » et visible au dessus d'arbres... Beruthiel a écrit :
J'avoue n'en avoir aucune idée, la consultation des cartes géographiques du coin ne permettant pas, a priori, d'identifier une montagne en particulier dans les environs du lac en question. Merci par ailleurs, Céline, pour le compte-rendu de ta nouvelle visite, en famille, de l'exposition. Comme annoncé précédemment, je reviendrais ici dès que possible pour parler des concerts du 5 avril, tant que mes souvenirs restent encore assez frais... Amicalement, B. |
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Beruthiel a écrit :
D'après Hammond et Scull (in Artiste et illustrateur, 1996 (trad. J. Georgel), p.50), qui citent un passage de L'Esquisse de la Mythologie, il pourrait s'agir de la plus haute cime du Thangorodrim (cf La Formation de la Terre du Milieu, 2007 (trad. Daniel Lauzon), p. 34). I. |
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