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Vinyamar se demande dans le fuseau consacré à Mme Smajda s'il ne serait pas intéressant d'ouvrir un fuseau sur le thème "orcs/robots". J'ai aussi ( et je ne suis pas la seule )"tiqué" à Toulouse lorsque Greenie ( que je félicite au demeurant pour son post ) a écrit que les orcs étaient "nécéssairement damnés". Certes les Orcs sont des êtres ( hommes, elfes ou les deux suivant les époques ... ) corrompus par le mal. Je trouverais intéressant de s'interroger sur cette "corruption" née dans la torture physique et mentale d'hommes ( au sens large ) qui n'avaient au départ rien demandé à personne ( et surtout pas de se faire enlever par Melkor ) et sur la destinée de leur descendance. |
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La remarque que Vinyamar a relevée était au départ une comparaison des Orcs avec des machines ; je poursuis donc là-dessus. Ce qui me semble en effet poser problème, ce n'est pas tant le fait que les Orcs aient été ou non volontaires (on se doute bien qu'ils ne l'ont pas été) pour être pris par Melkor, sinon ce qu'ils sont devenus. I. Smadja compare les Orcs à une sous-humanité, sous-entendu une voie discrète pour permettre à Tolkien de libérer toutes ses pulsions rascistes dans son oeuvre sans se salir les mains à parler d'hommes inférieurs. Elle évoque les traits des Orcs qui permettent de les apparenter à des hommes : une certaine individualité, une forme d'art, des sentiments (quels qu'ils soient). Je crois pour ma part que ce sont des leurres, et que les Orcs, au contraire, ont perdu tout ce qu'ils avaient d'humain, ou d'elfique. Le fait qu'ils aient été corrompus contre leur volonté me semble une preuve de plus : ils n'ont pas succombé au mal (ce qui impliquerait un choix, et de fait, la possibilité de faire marche arrière), ils ont été transformés, mutilés physiquement et moralement, le mal se les est en réalité appropriés. La manière dont ils sont évoqués est tout à fait différente de celle dont Tolkien évoque les hommes à la solde du mal, ou même Gollum : dans ces deux derniers cas subsiste implicitement l'idée qu'ils gardent leur volonté, ainsi que leur libre-arbitre. Gollum a été "ensnared" (envoûté ? pris au piège ? je ne vois pas de traduction exacte) par l'anneau, les hommes par les mensonges de Melkor et de Sauron. Le cas des hommes est le plus facile : ils ont suivi par aveuglement. Pour Gollum, je crois qu'on peut voir à l'oeuvre un processus de corruption similaire à celui d'où sont issus les Orcs, bien que beaucoup plus lent, et pas irréversible s'il est arrêté avant son terme. Mais si son pouvoir de choisir est altéré, c'est seulement parce que la puissance de l'Anneau obscurcit son esprit ; sa nature est restée intacte. Pour les Orcs, par contre, c'est différent. Et peu importe qu'ils n'aient pas voulu ce qui leur arrive. C'est leur nature même qui a été altérée. C'est pour cela que je les compare à des robots : ils sont irrémédiablement soumis au mal, parce que le mal a remplacé leur nature, qui ne garde d'humain que des aspects extérieurs (ces aspects qu'I. Smadja prend à tort pour des points révélateurs de ce qu'ils sont). Voilà pourquoi je crois que s'ils faut s'interroger sur leur destin, il faut partir plutôt de ce qu'ils sont à présent, après la rupture d'avec leur ancienne nature. Et ce qu'ils sont à présent, je dirais qu'il s'agit de machines de chair. Quel peut être le destin d'une machine ? Il n'a sûrement pas grand chose à voir avec celui des peuples d'Arda. |
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Merci lambertine pour ce fuseau, qui promet d'être en effet très intéressant, les orques étant un des points sur lequel je butte depuis longtemps. Tolkien n'a pas résolu le problème lui-même, il faut donc nous en remettre à ce que nous savons mais surtout à nous-même pour résoudre le problème. Partir de l'origine des orques est en effet très délicat, ne serait-ce que dans la mesure où nous n'en savons réellement rien, Tolkien s'étant contredit à plusieurs reprises à ce sujet. Je rpéfère donc moi aussi partir de leur état actuel, même si des références à leurs origines probables (hommes, elfes, croisement homme/animaux...) seront nécessaires. Le destin des orques est en effet un point qu'il faudrait résoudre. Nous en aurions sans doute su davantage si Tolkien avait poursuivi son "retour de l'ombre", la suite du SdA. Il paraît que les hommes se mettaient à se battre pour protéger les derniers orques que l'humanité cherche à anéantir. Si cela se révèle exact (que quelqu'un me corrige), cela signifie qu'il y a quelque chose de bon à préserver dans les orques une fois que leur maître est tombé. Comme dit Finrod à Andreth, un seul est capable de modifier la "nature" d'une espèce à ce point, c'est Eru. Je ne croirai jamais qu'Eru a collaboré à la création des orques, quel que soit le bien qu'en retire la création dans la lutte qu'ils génèrent. Melkor a le pouvoir de modifier, par la torture, les êtres qu'il a enlevé. Comme tu le dis très bien, Ylla, "ils ont été transformés, mutilés physiquement et moralement, le mal se les est en réalité appropriés". Que nulle liberté ne puisse y résister est assez contradictoire s'il s'agit d'hommes, puisque Melkor les craignait justement à cause de cela. Mais une fois ces êtres corrompus, comment admettre que leur nature même ait pu être atteinte, au point que désormais, le fils de cet être mutilé sera lui-même mutilé ! J'ai souvent résolu le problème par l'entremise d'une forme de possession qu'exercerait Morgoth sur ses créatures. Tolkien le réfute explicitement, pour des raison de dispersion de pouvoir, et de volonté autonome des orques, mais je crois que c'est la seule solution acceptable. Je pense que sous un certain mode, la possession peut être envisagée et convenir à Tolkien. Ou alors, autre solution viable aussi, les enfants sont systématiquement soumis au même traitement que leur pères, et tombent donc mécaniquement sous l'emprise du mal. |
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Ceci posé, les orques agissent-il en analogie avec des machines ? Le parallèle, bien qu'audacieux, me semble très juste, et d'abord d'un point de vue externaliste. La machine est précisément ce que hais Tolkien, et la magie de l'adversaire est l'équivalent de l'action de la machine dans son monde: elle cherche à dominer, à couper de la création. Je ne sais plus où j'ai posté des citations de ce que disait Tolkien à ce sujet... D'un point de vue internaliste, ces machines ont des formes de sentiments (peur, jalousie) et pratiquent la moquerie. Elles ont une volonté propre, qui est soumise à la crainte, mais pas seulement. Nous ignorons pourquoi les orques obéissent si aveuglément, pourquoi les chefs obéissent-ils à d'autres chefs ? (NB : Saroumane a créé ses propres orques... Comment a-t-il fait dans la perspective de ce qui a été dit plus haut ? (j'ai oublié de parler de ce détail))
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Vinyamar, tu dis que Saroumane a crée ses orques. Si tu parles des Huruk-Hais, je te rappelle que, dans le livre tout du moins, c'est Sauron qui les a crée, bien longtemps d'ailleurs avant la guerre de l'Anneau (il apparaîssent si je me souviens bien, lors de la chutte d'Osgiliath). Si tu parles des "demi-orques" présents surtout lors du nettoyage de la Comté, je pense qu'il s'agit tout simplement d'un croisement entre des humains et des orques, une reproduction entre ces deux éspèces. Les elfes pouvant se reproduire avec des humains, ces derniers le peuvent certainement avec des orques( qui sont, comme tout le monde le sait, des elfes pervertis). |
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Mmmmmh ! un beau sujet sur les orques. J'ai lu chez Vinyamar que la possession, sous un certain mode pouvait correspondre à l'idée que se faisait Tolkien du rapport Orques/maîtres. Plus loin, que les orques ont une volonté propre soumise à la crainte. Enfin, Elengal relance l'idée que l'hypothèse de la possession mérite d'être avancée. On peut lire dans le volume 2 de notre livre préféré le dialogue suivant : - On le dirait de toute façon, grogna Gorbag. On verra. Mais en tout cas si ça va vraiment bien, il devrait y avoir beaucoup plus de place. Qu'en dis-tu? - si on en trouve l'occasion, toi et moi, on filerait quelque part pour notre propre compte avec quelques types de confiance, quelque part où il y aurait un bon butin facile et à portée, sans grands patrons. Chap. X. LES CHOIX DE MAITRE SAMSAGACE, Page 466 Ce passage rejoint l'idée de Vinyamar qui disait que "[les orques] ont une volonté propre, qui est soumise à la crainte, mais pas seulement..." mais j'ai l'impression que cette volonté propre semble aller encore plus loin que tout ce qui a été proposé dans ce thread, non ? I. |
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L’analogie entre les Orques et les machines/robots est effectivement une perspective séduisante. Je me rappelle que Philippe parlait des Orques-pantins dans le fuseau Uruk-hai et Olog-hai (message du 06.06.2000). D’ailleurs, Tolkien parle d’une « servitude robotique » qui devient mauvaise lorsque l’on impose une obéissance de force à des créatures (Home X, 411). Tolkien aborde ce point lorsqu’il explique pourquoi certains Orques ont pu se rebeller contre Sauron : « Ce n’est pas Morgoth mais Sauron qui est l’origine de la volonté des Orques. » En s’opposant à Sauron, ces Orques restent soumis à la malignité de Morgoth. Mais je me suis également toujours demandé en quoi pouvait consister cette fameuse corruption qui aboutit aux Orques. Lorsque dans The New Shadow, le vieux Borlas explique ce qu’il entend par de la sale besogne d’Orques (« Orcs work ») pour désigner un saccage, il compare les Orques au chancre (« canker » ; voir Home XII, 413). Je suis tenté d’approfondir la comparaison. La corruption de Morgoth serait une maladie volontairement inoculée, et pas seulement une torture. L’orquitude – si je puis dire – pourrait être, en ce sens, une maladie héréditaire, affectant toute la lignée. Le chancre est un nom de maladie qui ronge – ce que l’on retrouve en botanique et dans le domaine organique. Lors d’un cancer, les cellules ne jouent plus leur rôle prévu au sein de l’organisme. Elles sont immatures, c’est-à-dire peu différenciées (je m’appuie sur le Livre de la médecine, sous la direction de Michel Serres et Nayla Farouki, Editions Le Pommier, 2201, article "« cancer », p. 141-148). Or le propre du mauvais individualisme, c’est-à-dire du mal égoïste, consiste à privilégier son intérêt particulier aux dépens de l’intérêt général. Les Orques seraient les tumeurs malignes de la Terre du Milieu (ils mangent de la chair humaine, tout comme le cancer ronge la chair saine), dont Morgoth serait l’instigateur. Une sorte de gigantesque cancer, d’autant plus terrible qu’il est dirigé par une conscience maligne (il ne s’agirait pas de la seule maladie employée volontairement par les Puissances Ténébreuses : Sauron se servit de la Grande Peste comme arme bactériologique). L’extrait du dialogue cité par Greenleaf et repris par Isengar en est une autre forme d’expression, à mon avis : A la disparition de Sauron (qui maintenait encore la cohésion de l’amas cellulaire par son pouvoir terrifiant), les Orques se disperseront comme des fourmis, privées de reine (SdA, VI, 4 ; éd. du Centenaire, p. 1012). Que faire des Orques ? Les tumeurs ne peuvent être guéries : soit on les supprime, soit on limite leur développement. Les Orques n’auraient pu être soignés... Je ne suis pas sûr que cette hypothèse tienne la route jusqu’au bout, mais il y a sûrement moyen de l’améliorer ;-) Fangorn « If trees were the judges, would they set Men above Orcs, or indeed above the cankers and blights? » (Home XII, 413) |
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Arrrghh...!! :-(( Désolé. |
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Bonjour à vous! Les interventions qui précèdent ont largement circonscrit, affiné le sujet et la compréhension que l'on peut avoir d'une assimilation orcs/machines. Remarquable. Si je synthétise les différentes assertions, je ne suis pas loin de conclure que les orcs ont en effet quelque chose de mécanique, une essence industrieuse et industrielle en mal dont Tolkien se méfiait instinctivement, s'ils représentent des instruments "mécanisés et déshumanisés". A suivre... |
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Je propose de distinguer d’une part l’annihilation de la volonté des Orcs et d’autre part leur faiblesse intellectuelle évidente remplacée par une sauvagerie sans bornes. Pour la première, je la relis directement à l’Anneau et au pouvoir de Sauron d’inspirer la crainte. C’est sûrement cela qui empêche Shagrat d’aller monter sa petite entreprise. S’agissant de la seconde, je n’aime pas bien l’idée de robot qui me fait trop penser à des boites en fer blanc. Il me semble plutôt qu’à force de tortures physiques et psychiques, Morgoth a lobotomisé les créatures qu’il créait, réduisant, si c'est possible,leur Fea ou l'emprisonnant dans une Rhoa au contraire renforcée pour en faire des guerriers, peut-être pas sans âme, mais sans plus aucun état d’âme. La génétique pourrait avoir fait le reste... Ce que nos contemporains font encore aujourd’hui avec des animaux de combat – chiens, taureaux, coqs, ... etc... Morgoth ne l’a-t-il pas fait avec ses orcs ? Au sujet des Orcs, l'index des Letters mentionne le thème "Orcs have souls or spirits" (Letter n°153 p. 195 dans l'édition de 1995) et le thème "fundamentally rational incarnate creatures" (Letter n° 153 p. 190 dans la même édition aussi) Je me lirai ça ce soir à la veillée. Silmo |
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Merci Elengal d'avoir rectifié le faux problème de Saruman. Nous voilà plus tranquille pour continuer la discussion. Fangorn, ton idée de cancer est assez bien vue. J'admet l'idée que Morgoth aie pu créer une forme de cancer de l'esprit, rejaillissant ou non jusque dans le corps (si les orques sont des elfes (ce qui, Elengal, est loin d'être une option affirmée), nous connaissons le lien entre le fëa etr le hröa). Cela rejoint l'idée d'Ylla quand elle disait que les orques ont "été corrompus contre leur volonté [...]: ils n'ont pas succombé au mal (ce qui impliquerait un choix, et de fait, la possibilité de faire marche arrière), ils ont été transformés, mutilés physiquement et moralement". Que cette maladie soir ensuite héréditaire, dans la mesure où c'est une maladie de l'esprit, me gêne pourtant. Les gênes ne caractérisent pas l'esprit... Mais après tout, on pourrait imaginer que cette maladie s'attache au corps, et attaque l'esprit dès qu'il surgit... Cependant, s'il y a "maladie", il y a remède. Je ne pusi croire qu'Eru, qui a vu dans la musique l'arrivée des orques, n'ait pu imaginer un remède. Ce remède est peut-être bien la mort (surtout si en tant qu'elfes ils sont appelés à expier puis revivre éventuellement une autre vie). C'est pourquoi je crois qu'il y a, au moins au départ, une action volontaire et ciblée de Morgoth ou de ses serviteur... une action extérieure qui va s'assurer que l'orque ne leur échappera pas.
Silmo, ton concept de lobotomisation exprime tout à fait ce que nous signifions au travers de l'analogie de machine, ou de robot. Les orques ne s'appartiennent plus que par bribes de volonté résiduelle. Sans être des pantins, (puisque Tolkien le réfute), ils sont devenus incapable d'agir en vue d'un autre but que celui qui leur est dicté, même s'ils peuvent penser qu'un jour ils agiront contre.
PS: Elengal, où as-tu entendu parler d'organisation sociale chez les orques, ou de tribus ? Ou même de culture ? Il y a plusieurs langues, mais c'est peut-être là un moyen utilisé par leurs maîtres pour les diviser. |
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Puisque le titre du fuseau s’intéresse au Destin des Orques, voici ce que leur réservait Morgoth au cas où il aurait été vainqueur : Paradoxalement, les Orques rescapés peuvent se réjouir de la victoire de ces derniers... ;-) |
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Vinyamar >""(c'est pourquoi Silmo ta réticence si "visuelle" me surprend). |
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Je dois revenir sur au moins deux de mes propos précédents : 1) Les Orques n’étaient pas une race à exterminer nécessairement (les tumeurs malignes ne sont donc pas toujours à enlever) : Un peu plus haut dans ce même paragraphe, Tolkien explique pourquoi les Sages des Jours Anciens refusaient une telle extermination : certes, les Orques devaient être combattus avec la plus grande vigueur ; mais il ne fallait pas se comporter envers eux comme eux-mêmes se comportent (c’est-à-dire avec cruauté et perfidie). Bref, ne pas devenir le monstre que l’on combat... 2) Il y a bien eu une sorte d’âge d’or des Orques, où ils prirent l’habitude de vivre dans de petits domaines (« petty realms »). Cette période s’inscrit au début du Deuxième Âge, après la chute du Thangorodrim et avant le retour actif de Sauron (Home X, 419-420). |
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Bonjour à tous (et merci pour votre accueil chaleureux) Je pense que la part civilisationnelle,que j'ai évoquée courtement plus haut, n'est pas non plus à négliger. Il s'agit là d'une sous-culture assidûment entretenue, bien que forcée au début (dès l'émancipation de Melkor) et perpétuée au fil des Âges. Reste à savoir quel est l'impact d'une telle lobotomisation à travers les générations orques. La mise en scène des Orcs dans les écrits de Tolkien est à cet égard plutôt manifeste. La culture politique mise en place par les seigneurs ténébreux a conditionné les Orcs et plus ou moins autres espèces alliées au mal, surtout toujours à l'opposite des peuples libres et bons. La culture de la haine et l'allégeance au mal sont devenues acquises par contrepoint. Une telle guettoïsation mentale et culturelle prend forcément le pas, surtout à travers les millénaires. Que certains individus gardent en eux un reliquat d'humanité ("...quelques types de confiance") confirme à mon sens l'ancrage de cette culture (comme toute exception qui confirme une certaine règle). La bestialité orque est acquise, transmise culturellement. Elle est par ailleurs "justifiée" (je n'ai pas dit légitimée) par la peur, la haine, l'ignorance. Enfin par un lavage de cerveau apparentant l'Orc à un être mécanique (peut-être un peu ce qu'entendait Descartes par des automates en parlant des animaux privés de conscience). Et, pourquoi pas, la bestialité d'automates est ou peut être dans une certaine mesure génétique. Certes, l'esprit n'est pas un vecteur de mutation génétique, comme l'indique Vinyamar, mais prend une part pondérable qui se répercute à force sur le patrimoine génétique (mais n'étant pas généticien, je cesse de m'avancer sur ce terrain...) |
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Venons-en à la Letter n°153 (ou plutôt un brouillon) destinée à Peter HASTINGS et qui ne fut jamais envoyée, Tolkien ayant écrit en en-tête "Not sent. It seemed to be taking myself too importantly". Tolkien y répond aux interrogations d'Hastings, patron d'une librairie catholique d'Oxford, au sujet de la dimension métaphysique du SdA. Parmi d'autres sujets, Hastings, observant que Treebeard a indiqué que le Seigneur ténébreux avait créé les Trolls et les Orcs*, suggère qu'il est en fait incapable de créer quoi que ce soit, et quand bien même le pourrait-il, ses créatures n'auraient pas de dispositions pour le bien, même pas une toute petite. * (SdA tome 2, chapitre IV, SYLVEBARBE, page 114 : "Mais ce ne sont que des contrefaçons, créées par l'Ennemi au cours des Grandes Ténèbres en dérision des Ents, comme les Orques pour les Elfes.") Dans son projet de lettre, Tolkien répond (en parlant plus des Trolls, mais l'explication doit pouvoir s'appliquer aussi aux Orcs):
Il ne reste plus qu'à traduire :-))) (pas évident pour certains passages, aussi je m'en garderai bien tant que mes petits doigts qui viennent de claviotter pendant près d'une heure ne seront pas reposés... si quelqu(un veut s'y coller;-) ) Silmo |
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Moi, en tant que musulman ce qui m'a toujours "dérangé" avec les Orques, c'est qu'ils combattaient avec des cimeterres... Je ne sais pas s'il y a une parabole derrière ou une allégorie lorsqu'on sait le symbole que revêt le cimeterre dans l'imaginaire chrétien et occidental. |
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A propos de *l'humanité* des orcs, il y a aussi ce passage, qui suit de peu celui déjà cité : c'est au moment où Gorbag suppose que Frodo était accompagné par un guerrier elfe : T2, Chap. X. LES CHOIX DE MAITRE SAMSAGACE, Page 468: Les orcs estimeraient donc la solidarité ?! Je pense moi aussi que ces sentiments humains sont un reste de leur ancienne nature mais qu'ils sont inopérants parce que toujours supplantés par la convoitise, le plaisir de faire souffirir, etc. Merci pour la lettre, Silmo. La distinction entre les orcs et d'autres créatures "more like puppets" est curieuse. Ca parait compliquer encore davantage le problème ! |
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Tout d'abord je voulais préciser ce que j'entendais par "robots". Je ne pensais pas évoquer des êtres mécanisés ni des pantins ; il s'agissait plutôt de trouver un terme qui rendrait compte de l'opposition entre leur nature et l'humanité (ou l'"elficité"). Contrairement aux Elfes et aux Hommes, qui gardent en eux une part de bien, eux ne peuvent agir qu'en mal. En l'occurence, je serais en fait tentée de donner ici du bien et du mal la même définition que Platon : pour ce dernier l'homme est naturellement bon, et ses fautes ne peuvent venir que du manque de discernement, qui lui fait prendre pour le bien ce qui en réalité cause plus de dégâts qu'autre chose ; mais en réalité leur désir ne se tourne pas vers la destruction (même un pyromane pourra avoir le sentiment de "créer", fut-ce une oeuvre d'art, une rébellion, une grosse panique...). Tolkien parvient à utiliser cette notion pour définir les orcs : eux ne font pas le mal parce que leur idée du bien a été pervertie, mais véritablement parce qu'ils haissent le monde, comme on peut le lire dans cet extrait de la correspondance de Tolkien, ils détestent le simple fait de leur existence, et tout du monde où ils demeurent. La chose est assez remarquable : chacun de leurs actes est tourné vers la destruction sans autre but que la destruction, il est même délicat de parler d'égoisme, car dans ce cas, on peut supposer qu'une existence d'orc doit être tellement affreuse que s'il s'agissait d'intérêt pour leur propre personne, ils ne continueraient pas à vivre. Par ailleurs, leur haine sert les intérêts de Morgoth, lui-même habité par le désir de posséder le monde, mais cela sans aucun amour pour le monde en question, seulement à cause du désir égoiste de puissance, qui le conduit finalement à souhaiter l'anéantissement de tout ce qui, en Arda, ne lui appartient pas, ne fait pas partie de lui. Vinyamar : "Ce qui m'étonne le plus, moi, dans le dialogue cité par Isengar, après la mention d'un ancien temps sans maître, est cette idée: "avec quelques types de confiance" Mais c'est peut-être un faux problème. Rien ne nous dit que les "trusty lads" en question ne sont pas simplement des orcs plus faibles auxquels on pourrait faire confiance pour ne pas se révolter. J'ai moins de mal à imaginer Shagrat et Gorbag nourrissant des vues de tyrans impunis que pensant à partager le butin. Corbeillon : "Un autre point m'a toujours frappé au fil des lectures, surtout dans le SdA: la peur de la mort chez les Orcs. Braves et féroces et sans pitié sur le champ de bataille, ils n'hésitent pas à fuire et à paniquer lorsqu'ils se prennent une raclée. Un instinct de survie qui somme toute reste assez significatif, et qui n'a rien, là, de mécanique." Nous ne parlions pas de mécaniques au sens propre, bien sûr. Et concernant l'instinct de survie, j'ai mon hypothèse à avancer : il ne s'agit pas d'échapper à la mort, mais aux griffes d'ennemis dont on leur a vanté la cruauté ; en d'autres termes, c'est la souffrance que fuient les orcs. Le réflexe est plus physique que psychologique. En revanche, tout ce qui concerne leur nature (et qui a suscité la comparaison avec des robots) est de l'ordre du mental. On peut tout à fait imaginer que les deux, sans être dissociés, conservent une relative indépendance (comme c'est le cas dnas le cadre des réflexes) et que la fuite de la torture soit une réaction purement corporelle, sans même aller jusqu'à l'instinct de survie. Je sais que biologiquement, la fuite de la souffrance est justement liée au besoin de se préserver, mais les orcs n'ont plus grand chose en commun avec ce qu'ils étaient au départ, biologiquement. Vinyamar : pour la transmission de la nature des orcs, on doit pouvoir fournir une analyse cohérente en partant du terme que Tolkien emploie souvent pour parler de leur création : "breeding", qu'on pourrait traduire par élevage, sélection eugénique sans doute. Je verrais assez bien quelque chose de ce genre. Pour le physique, les femelles sont invisibles parce que conservées pour la reproduction, et leur progéniture sélectionnée en fonction de sa hideur et de son efficacité au combat. Pour l'esprit, je repense à la théorie selon laquelle les premiers orcs auraient été d'anciens elfes (la lettre ne me contredit pas, je crois). Dans Laws ans Customs among the Eldar, on peut lire : "Ils [les Elfes] considèrent que les parents, bien qu'ils n'aient pas conçu le fëa [de leur enfant], le nourissent avant que l'enfant ne soit né : de manière directe le fëa de la mère pendant qu'elle porte et nourrit le hrondo, et de manière indirecte mais à part égale le père, dont le fëa est lié et uni à celui de la mère et le soutient." Si je n'ai pas fait de contresens, cela signifie que l'esprit de l'enfant à naître tire une partie de sa substance de l'esprit de ses deux parents ; or si ces esprits sont corrompus, il est probable que celui de l'enfant le devienne par leur intermédiaire. Et il n'est pas à exclure un travail ultérieur de leur maître pour parachever cette corruption. Silmo : "Vinyamar >""(c'est pourquoi Silmo ta réticence si "visuelle" me surprend). C'était intéressant, parce que l'exemple de Star Wars me revenait justement, alors que je pensais aux robots. Evidemment, des orcs en boîtes de conserve, ça n'a plus l'air très crédible ;-). Mais nous parlons d'êtres à mi-chemin entre la mécanique et la créature intelligente ("fondamentalement rationnels", dixit Tolkien). Le plus frappant chez les orcs, c'est que malgré leur nature inhumaine, ils ont une individualité, des réactions propres à chacun. C'est très important : dans Star Wars, l'armée de clones planqués sous leur casques blancs et soigneusement décérébrés est le plus beau cadeau de George Lucas à la famille Skywalker : les "gentils" ont carte blanche pour le massacre, ils ne feront de toutes façons que tirer dans des rouages, au pire dans des êtres vivants créés à ce propos et qui n'auraient eu aucune autre vie de toutes façons. Cela rend les choses incomparablement plus simples... En détruisant les orcs au contraire, les ennemis de Sauron se compromettent, même si guerroyer contre eux n'est pas aussi monstrueux que de tuer d'autres hommes. Tuer un orc, pourrait-on dire, est moins grave que tuer un homme qui sans cela aurait pu revenir vers le bien ; mais comme le fait remarquer Tolkien, les orcs ne sont malgré tout pas totalement sans espoir, même si cet espoir n'est que théorique (je conviens que pour une boîte de conserve, il n'y a même pas de théorie à trouver ;-)). Les orcs participent donc de l'idée selon laquelle on perdrait son temps à rechercher le bien absolu après la souillure d'Arda par Melkor. Semito : pour les cimeterres, je crois que Tolkien, après avoir fait des épées quelque chose de très noble (elles portent un nom et leur maître les chérit) n'a pas voulu en faire porter aux orcs, et leur a donc donné la première arme qui lui est venue à l'idée. J'avance une autre explication, mais avec de grosses réserves, étant donné que je ne sais pas à quel point Tolkien connaissait les armes. Les cimeterres ont pour caractéristique d'être à la fois très efficaces et très faciles à manier ; dans les armées du Viêt-Nam, c'était l'arme qu'on donnait aux fantassins sans expérience, son maniement s'apprenait en une quinzaine de jours. Ce serait donc l'arme idéale pour un Seigneur des Ténèbres qui n'a pas de temps à perdre à enseigner les arts martiaux à ses soldats. Mais ce n'est pas sûr que ce soit à ceci que Tolkien ait pensé. Enfin, c'est peut-être un peu hors-sujet tout ça. |
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je te remercie pour ces riches informations,YLLA, aussi, je te conselleis à toi ainsi qu'à tous les fans du sda et de tolkien de vous rendre sur le fuseau "procès de PJ" dans la rubrique "films" pour participer au grand debat si couragesement organisé par KHELELIA ou vous pourrez vous exprimer librement sur le film du sda: nous avons besoin autant de personnes très critiques sur le film, que des gens qui le louent, ainsi que de gens totalement neutres sur le sujet. alors, je vous en prie, venez nombreux. vos qualités d'analistes, de critiques et d'erudits sur le sda de tolkien seront recquises et mises à contribution... |
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Hmm... Non que je me désintéresse de ce que tu me racontes bien sûr, mais en fait, quitte à débattre, j'aimerais autant que les prochaines réponses à ce sujet aient quelque chose à voir avec l'intitulé... Enfin si nos critiques de cinéma n'en prennent pas ombrage, bien entendu... |
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Ylla, très bien vu ton idée sur le fëa nourri par les parents. Un petit détail de traduction: Le monde est à Dieu... Tolkien a évité de justesse le panthéisme. Je vais tenter de traduire ce morceau de lettre, tiens... (mais c'est vrai qu'il y a des morceaux difficiles). |
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a votre service; je vais donc aller prospecter ailleurs en meditant sur le: "je me desinteresse de ce que tu me racontes bien sur" en etant confiant sur le fait que des personnes plus aimables, moins arrogantes et plus respectueuses des gouts des autres existent sur ce site...je n'exigai de votre part ni une approbation obligatoire, ni de me faire insulter d'ailleurs...mais, puisque d'après vous, vous etes assez grand pour aller sur d'autres fuseau que celui ci, je n'ai donc pas à m'inquiéter...a bon entendeur, SALUT! en tous cas, ne le prenez pas mal; mais un cours de civisme ne vous ferez pas de mal.je vous prierez aussi de croire que la publicité que j'ai faite n'etait en rien une agression, ni "une obligation d'achat, mais juste une information.enfin, je ne vous cacherez pas que la prochaine fois que j'irais jrrvf (chose que je fais tous les jours),j'aurais certainement beaucoup moins d'inclination à vous lire comme je le faisais avant avec tant d'ardeur, de plaisir et de passion...maintenant que je sais qu'au moins deux d'entre vous, par leur inintelligence et leur mepris des autres, ne sont pas digne d'etre lu ni pris au serieux.... |
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Il est tard, et je n'ai aps les lettres sous les yeux pour vérifier la transcription de Silmo, mais je traduis le 1er Paragraphe ce soir:
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Bon, Notepad a tout fait rater, je reprendrai la traduction complète demain soir. |
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Fierpied, tu es bien gentil mais je crois que si les personnes ont envie d'aller poster dans la rubrique "Films", ils sont assez grands pour y aller eux-mêmes. Donc, abstiens-toi de faire cette "pub"... |
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Ylla: "Nous ne parlions pas de mécaniques au sens propre, bien sûr." "Et concernant l'instinct de survie, j'ai mon hypothèse à avancer : il ne s'agit pas d'échapper à la mort, mais aux griffes d'ennemis dont on leur a vanté la cruauté ; en d'autres termes, c'est la souffrance que fuient les orcs. Le réflexe est plus physique que psychologique." J'apprécie l'intelligence de tes arguments. Toutefois, l'ensemble de ton assertion (ce n'est qu'un extrait ci-dessus) vise à relativiser cet instinc de survie orc, là où j'y verrais un point d'achoppement plus complexe. Ce que tu avances convient davantage aux Spectres de l'Anneau. |
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Fierpied, tu prends la mouche facilement dirait-on. Ce n'était pas là mon but mais tenait juste à faire remarquer que ton message n'avait rien à voir avec le sujet en cours. Peut-être, ton coup de sang passé, te rendras-tu compte que ta démarche était maladroite. Contacte-moi par email si tu veux que nous en discutions. Cédric. |
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Corbeillon : "D'abord, la seule proposition que les Orcs craignent uniquement la cruauté des Elfes et des Hommes légitimerait leurs méfaits. Ainsi, le Mal n'est pas consciemment de leur côté mais bien de celui des Enfants d'Iluvatar. Cette idée me gêne. Sachant aussi que les Orcs, forts de cette prétendue "légitimité", adopteraient une attitude plus défensive." Je crois que ceci conviendrait mieux aux Suderons, ou aux hommes enrôlés dans les armées de Sauron : eux ont certainement l'impression qu'ils combattent contre le mal. Le problème, c'est que cette logique est justement très humaine. Je distingue à nouveau humanité et déshumanité en me basant sur cette vision platonnicienne de la nature humaine (l'homme veut faire le bien, mais par ignorance il peut arriver à faire le mal). Si les orcs étaient seulement motivés par le sentiment qu'ils combattent le mal, on pourrait les qualifier de bons à l'origine, bons mais trompés. Or je crois que leur but est véritablement la cruauté. Peut-être se croient-ils dans leur droit ; mais ils ne pensent certainement pas bien agir. Cette logique est tout à l'opposé de la logique humaine. Je ne pense pas que les orcs se défendent. Mais cela n'exclut pas qu'ils puissent craindre la cruauté de l'adversaire, dans la mesure où ce sont eux qui vont faire les frais de cette cruauté. Vinyamar : désolée pour la traduction, je savais bien que j'étais en train d'aler trop vite, je n'ai pas vu le petit "s"... Pour "ultimately good" par contre, selon le découpage des groupes dans la phrase, et selon si on prend "ultimately" comme "en fin de compte" ou "fondamentalement", on peut avoir : "the orcs would have become part of the world (...) and ultimately good" (les orcs seraient devenus partie du monde, et finalement bons) ou "the orcs would have become part of the world, which is (...) ultimately good" (les orcs seraient devenus partie du monde, qui est fondamentalement bon). Enfin, on ne va pas recommencer à se prendre la tête sur la traduction, dans notre optique pour les deux cas l'implication est la même : il s'agit d'une possibilité de rédemption des orcs (que ce soient parce qu'ils deviennent bons ou indirectement parce qu'ils deviennent partie d'un monde qui est lui-même bon). |
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Ce n'est pas trop dur de jongler entre les différents intervenants?? (lol :-) Bon en relisant ta réponse et celles qui précèdent, je me rends compte que nous tombons fondamentalement d'accord. Et quant à ce que tu dis des Suderons, c'est justement ce que j'ai soutenu avant. J'avais avancé à contrario (peut-être maladroitement) que les Orcs n'agissaient pas par défensives, donc qu'ils n'entraient pas dans cette catégorie de "légitimité" et que c'est bien par pure vocation du mal qu'ils agissent. Tu ne dis pas autre chose. Voilà, ça m'a fait plaisir de converser avec vous tous, et au revoir (relire) dans un nouveau sujet, j'espère... Cordialement, |
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Rien ne confirme la crainte de la mort, mais rien ne l'infirme . Au contraire, d'après moi. Leur fuite éperdue après la chute de leur maître peut en effet signifier cette crainte. Et pourquoi pas. Aussi lobotomisés, aussi fanatiques soient ils, les Orcs restent des êtres vivants, qui tiennent à leur foutue vie ( même s'ils ne respectent pas celle des autres, même celles de ceux de leur race ). La terreur et la fuite pouvant aussi s'expliquer parce que leur fanatisme n'a plus de maître, que celui qui était leur idéal, leur Guide, leur maître à penser, n'est plus, et qu'ils sont perdus. Parce que ces êtres au cerveau "lavé" ( et le XX ème siècle est bien là pour montrer que lobotomiser un homme, une foule, un peuple, est possible ) ne savent qu'obéir, qu'ils ont été "programmés" pour çà, et qu'une fois qu'ils n'ont plus personne à qui obéir, qu'ils sont livrés à eux mêmes, ils ne savent que faire et paniquent. Quant à la reproduction de la malignité des orcs sur des générations, je crois que la notion d'"élevage" est une bonne piste. On utilise les plus féroces guerriers comme reproducteurs, et on "drille" les gosses dès la naissance, on les élève dans le culte de la violence, la peur et le haine de l'autre, et le mépris de la vie. |
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c'est grosso modo ce dont je voulais parler en utilisant peut-être maladroitement, le mot "génétique" qui fait trop penser à des manipulations de l'ADN... j'évoquais l'élevage des chiens de combat, des taureaux d'arène, etc... en fonction de leur férocité, de leur masse msuculaire... etc... pour en faire des bêtes à tuer. Encore que les orcs ne soient pas des animaux et s'il leur reste un peu de leur Fëa, pourquoi ne pas croire à une révesibilié de la corruption qu'elle a subi. S'il n'y a pas de rédemption possible pour un orc, c'est à désepérer d'Eru. Silmo PS: merci à Vin pour avoir entamé la traduction de la lettre, pas évidente. Je voulais m'y atteler ce WE mais n'est pas trouvé le courage (trop de soleil dehors) |
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Vin' (tu as raison de t'interroger pour "erthy" que j'ai écrit de travers, il s'agit bien sûr de "earthy") Quant au "Diabolus", c'est un terme qu'utilise Tolkien pour désiggner Morgoth. |
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En implorant par avance votre indulgence pour ce qui va suivre, je vous propose une piètre tentative de traduction du second paragraphe de l'extrait cité plus haut du brouillon de Lettre n°153 à Peter Hastings. deuxième partie de l'extrait: I am not sure about Trolls. I think they are mere'counterfeits', and hence (though here I am of course only using elements of old barbarous mythmaking that had no 'aware' metaphysic) they return to mere stone images when not in the dark. But there are other sorts of Trolls beside these rather ridiculous, if brutal, Stone-trolls, for wich other origins are suggested. Of course (since inevitably my world is highly imperfect even on its own plane nor made wholly coherent - our Real World does not appear to be wholly coherent either; and I am actually not myself convinced that, though in every world on every plane all must ultimately be under the Will of God, even in ours there are not some'tolerated' sub-creational counterfeits!) when you make Trolls speak you are giving them a power, wich in our world (probably) connotes the possession of a 'soul'. But I do not agree (if you admit that fairy-story element) that my trolls show any sign of 'good', strictly and unsentimentally viewed. I do not say William felt pity - a word to me of moral and imaginative worth: it is the Pity of Bilbo and later Frodo that ultimately allows the Quest to be achieved - and I do not think he showed Pity. I might not (if The Hobbit had been more carefully written, and my world so much thought about 20 years ago) have used the expression 'poor little blighter', just as I should not have called the troll William. But I discerned no pity even then, and put in a plain caveat. Pity must restrain one from doing something immediately desirable and seemingly advantageous. There is no more 'pity' here than in a best of prey yawning, or lazily patting of creature it could eat, but does not want to, since it is not hungry. Or indeed than there is in many of men's action, whose real roots are in satiety, sloth, or a purely non-moral matural softness, though they may dignify them by 'pity's'Name. NB: je me suis permis pas mal de libertés pour ne pas faire du mot à mot et tenter de fluidifier un peu la traduction. Les principaux écarts sont en italique. J'espère qu'il n'y a pas trop de faux sens ou de contre-sens. Les appartés de Tolkien sont en petits caractères. [...]Je ne suis pas sûr au sujet des Trolls. Je pense qu’ils sont de pures ‘contrefaçons’ d’où le fait (encore qu’ici j’utilise, bien sûr, uniquement des éléments d’anciennes formes barbares d’élaboration du mythe qui n’avaient pas de ‘connaissance {conscience ?}’ métaphysique) qu’ils retournent à l’état de simples figures de pierre quand ils ne sont pas dans le noir. Mais il y a d’autres espèces de Trolls à côté de ces assez ridicules, plutôt brutaux, trolls de pierre, pour lesquels d’autres origines sont suggérées. Bien sûr (puisque inévitablement mon Monde est grandement imparfait même à son propre niveau et pas même conçu {de manière} entièrement cohérente – notre Monde Réel n’apparaît pas plus comme complètement cohérent, et, en fait, je ne suis pas personnellement convaincu, bien que dans chaque monde à chaque niveau tout en fin de compte soit sous la Volonté de Dieu, que même dans les nôtres il n’existe pas de contre-façons {sub-créées} qui soient tolérées) si vous faites parler les Trolls, vous leur donnez un pouvoir, qui dans notre monde indique (probablement) la possession d’une ‘âme’. Mais je ne suis pas d’accord (si vous admettez cet élément d’histoire féerique) pour que mes trolls montrent quoi que ce soit de ‘bon’ d’un point de vue strict et dépourvu de sentiment. Je ne dis pas que William éprouve de la pitié – un mot pour moi de valeur morale et imaginative : C’est la pitié de Bilbo et plus tard de Frodo qui, en définitive, permet que la Quête soit achevée - et je ne pense pas qu’il a montré de la pitié. Je n’aurais pas dû (si « The Hobbit » avait été écrit plus prudemment, et mon monde plus encore quoiqu’il y a presque 20 ans) utiliser l’expression ‘pauvre petit bonhomme’ tout comme je n’aurais pas dû appeler le troll William. Mais je n’ai en ce temps-là discerné aucune pitié et j’ai produit une évidente opposition. La pitié doit empêcher quelqu’un de faire quelque chose d’immédiatement désirable ou apparemment profitable. Il n’y a pas plus de pitié ici que dans le bâillement d’une bête de proie, ou la caresse paresseusement donnée à la créature qu’il peut manger, mais qu’il ne veut pas [manger] tant qu’il n’a pas faim. Ou, vraiment, en comparaison, il y a beaucoup d’actions des hommes dont les fondements réels sont dans la satiété, l’indolence, ou une pure mollesse amorale et mûrie, bien qu’ils puissent leur donner de la dignité au nom de la ‘pitié’. Et maintenant, au boulot pour le troisième et dernier paragraphe de la citation. Silmo |
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Je repensais il y a peu à une nouvelle lue dans le numéro 10 de la revue Faeries, où il était question d’un jeune elfe devenu loup-garou et qui, le jour où son souhait le plus cher peut se réaliser, demande à être « libérer » de sa tare. Cette libération apparaît alors comme étant la mort elle-même, car même en ayant retrouvé sa nature première, l’elfe n’aurait pas pu vivre avec le souvenir des crimes qu’il a commis. Cette petite digression s’explique parce qu’elle m’a fait réfléchir. Voilà, cette petite réflexion vaut ce qu’elle vaut, c’est-à-dire peut-être pas grand-chose, mais puisqu’elle était là, autant vous la soumettre ! |
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Bon, en reprenant la traduction de Silmo (un brin corrigée, pardonne moi), voilà le texte qu'il a posté tout à fait traduit. Je le livre ici, et il est TRÈS intéressant :-) Lettre 153 (brouillon)
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Hum, je me rend compte que le début du troisième paragraphe n'est pas très clair. "Il n'interrompt ou ne commet pas d'actes peccamineux 'sans réalité', et leurs conséquences" signifie à mon avis qu'il n'y a pas d'actes peccamineux posé par une créature sans qu'il y aille un peu de sa volonté, même si elle prétend qu'elle agit sous la contrainte. Ni le péché (par action ou par ommission, ce qui signifie je pense le terme 'interrompre'), ni ses conséquences ne peuvent être qualifiées d'inexistante lors d'un acte exercé contre ma volonté, car il demeure toujours un peu de libre arbitre, selon Tolkien. Au sujet de la délégation des pouvoir de création, j'ai montré ailleurs que c'était compatible avec la théologie catholique (les anges participent à la création). |
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Je me permets juste d’intervenir pour vous proposer une lecture possible du fameux passage "avec quelques types de confiance". En fait, ce que propose Gorbag à Shagrat, ce n’est ni plus ni moins que de déserter. Or, en ces temps de guerre cela est mal vu (on s’en douterait) : T3, Chap. II. LE PAYS DE L'OMBRE, Page 281: - Ah, vous désertez, hein ? gronda-t-il. Ou vous y pensez? Tous les vôtres auraient dû être à l'intérieur d'Udùn avant-hier soir. Debout, et rejoignez les rangs, ou je prends vos numéros et je vous signale. Qui plus est, la délation semble relativement répandue chez les orcs : T3, Chap. II. LE PAYS DE L'OMBRE, Page 274:- Je donnerai ton nom et ton numéro aux Nazgûls, dit le soldat, baissant la voix jusqu'au susurrement. L'un d'eux est en fonction à la Tour dès maintenant. En fait, je pense que Gorbag cherchait quelques individus ayant les mêmes inclinations que lui-même afin de pouvoir réaliser son projet sans risquer d’être dénoncé. Vinch' |
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Merci Vin'... :-) pour la traduction complète et pour les corrections apportées à ma modeste contribution (oulala, je devais être bigrement fatigué sur la fin, c'était un peu bâclé - j'aurais quand même gardé "bâillement" pour "yawning" et caresse" pour "patting" encore que "flatterie" eut pu mieux convenir mais ça ne change rien au sens du texte). Le troisième paragraphe est effectivement passionnant. |
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Comme vous avez pu le lire j'ai utilisé amplement ce fuseau et la lettre 153 pour préciser ma pensée au sujet du racisme du SDA relevé par I Smadja. J'espère que je n'ai pas fait moi-meme trop de contre-sens ! mais de toute façon je vous remercie. |
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là, Vinyamar tu n'es pas juste! vous avez bien parlé dans ce fuseau d'Eugenisme, de selection artificielle, de manipulation génétique etc... |
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On peut bien sûr en parler, mais comme cela entraîne de longs débats, je préférais faire remarquer que nosu en avions déjà beaucoup parlé. Au sujet de l'âme des Orques, voilà que nous en venons au sujet de cette question. Car quand nous parlions de Destin des Orques, il me semble que nous le mettions en parrallèle avec celui des Elfes et surtout des Hommes. Au point où nous en sommes, quelques soient les incertitudes de Tolkien à ce sujet, nous avons découvert que beaucoup de problèmes étaient résolus si nous faisions des orques des Elfes corrompus. "Ayant mentionné la Libre Volonté, Je pourrais dire que dans mon mythe j'ai utilisé la 'subcréation' d'une certaine façon (...) pour rendre visible et physique les effets du Péché ou du Libre Arbitre mal utilisé par les hommes. Encore une fois je n'ai pas mes letters aujourd'hui, sans quoi je regarderai aussitôt à quoi fait allusion son "Ayant mentionné".
Qu'advient-il des Elfes qui demeurent sous Mandos ?? La même chose que les Orques.
Maintenant, si les orques sont des Hommes corrompus, le problème est tout autre, et une nouvelle fois très difficile à résoudre. |
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Un petit préambule, cher Vin', avant de te discuter de la question "orque/elfe". Tu as écrit : "Dans un tel cas de figure, ils disposent, comme l'a relevé Ylla, d'un fëa (esprit), qui est immortel, quoiqu'il advienne du hröa (corps).. Ce fëa se retrouve dans les cavernes de Mandos " J'avais cru que le(la?) Fëa - qu'il soit dans un corps d'elfe ou d'homme - était de toute façon immortel tant que le monde existe et que - alors qu'on ignore ce qu'il advient des âmes des humains après leur mort ( contrairement à celles des elfes qui rejoignent les cavernes de Mandos) - on sait que les âmes des hommes existeront après la fin de ce monde (les âmes des elfes y restant attachées et disparaissant avec lui : d'où l'espoir chez les humains et le désepoir chez les elfes). Fin du préambule... revenons-en au orques. Si les orques étaient des elfes corrompus, comme tu l'envisages, leur Fëa serait envoyée dans les cavernes de Mandos mais vraisemblablement dans une zone séparée. (j'ajouterais : dans une zone où leur remise en état particulièrement délicate, ne perturberait les Fëa des hôtes des autres cavernes) La question que tu poses, c'est grosso modo "Est-ce qu'il y resteront éternellement, tant que durera Arda, compte tenu de la noirceur de leurs pêchés contre la création?" ou bien "la Guérison de leur âme est-elle possible, en dépît de leur méfaits, jusqu'à permettre une réincarantion?" Autrement dit, ont-ils droit à une rédemption et si oui dans quelles conditions? Et pourquoi pas, après tout? D'un point de vue chrétien, on pourrait considérer que les orques sont les premières et les pires victimes de la damnation de Melkor et, chrétienneement toujours (arrêtes moi si je me trompe) les premiers à mériter qu'on travaille à cette rédemption. Si les Valar ont la possibilité de soigner leur Fëa, les "orques / elfes à l'âme et au corps corrompus" seront peut-être, au bout d'un certain temps, aptes à une sincère repentance qui leur ouvrira la possibilité d'une réincarnation purifiée dans de nouveaux corps. Et-ce qu'après l'adiction au mal sous le joug du Mal, la rédemtpion ne serait-elle pas la redécouverte du libre-arbitre? [ Parenthèse: Dans le Légendaire, jusqu'à présent, un seul être, à ma connaissance, semble avoir été vraiment et définitivement exclu de toute possibilité de repentance: c'est Melkor. Et encore, c'est un Valar. Sauron, quant à lui, a été dans un premier temps désincarné puis, comme pour Saroumane, après avoir été vaincu, son esprit a été éloigné vers l'Est par le vent... dans la direction opposée à celle des cavernes de Mandos... mais, qui sait si, au "jugement dernier", le Pardon ne sera pas envisagé pour lui ou ne lui sera pas proposé? (NB: pour les 9, on ne sait pas très bien puisqu'ils étaient humains, à l'origine) Je ne suis pas bien sûr d'être clair, surtout en abordant un sujet que je connais mal, et sa dimension chriétienne que je fréquente peu. Ton avis là-dessus, Vin'??? Oserais-je dire (au risque de choquer) que dans l'univers de Tolkien un bon orc est un orc mort parce qu'après tout, c'est pour son bien et c'est tout ce qu'on peut souhaitez à son âme.... Silmo PS: je n'ai pas non plus mes doc sous la main mais je crois bien me souvenir que les cavernes séparées dont tu parles sont celles réservées aux nains |
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Quel ballot je fais... il suffisait de regarder dans le moteur de recherhce du Silmarillion: QUENTA SILMARILLION, Page 52, |
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Bon sang, il faut toujours réviser ses classiques.... Pour les nains ce n'est pas sûr (cf ci-dessus) et l'hypothèse est aussi évoquée pour les humaisn: QUENTA SILMARILLION, chapitre XII, Les Humains page 132 : |
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Un point intéressant d'ailleurs : ce chapitre du Silmarillon mentionne Aulë comme le "Maker" des Nains, terme qui est aussi employé dans la lettre en référence à l'apparition des orcs ("their making"). Aulë n'a fait que les corps des nains, c'est Eru qui leur a donné leur âme. Voilà qui me donne un doute, d'un coup. Cela implique-t-il que Melkor n'a de pouvoir que sur les corps ? Mais alors, comment peut-il agir sur une âme à ce point ? J'en viens à me demander si finalement, les premiers orcs n'étaient pas au moins en partie responsables de leur chute (en partie, cela signifie par exemple qu'ils auraient pu céder sous la torture à laquelle ont vraisemblablement été soumis leurs corps, pour en faire ce qu'ils sont devenus ; on peut considérer que même si elle est minime, il y a une part de responsabilité à céder, que c'est l'échec de l'estel). Ce qui aura son incidence sur leur destin post-mortem. Si nous partons du principe qu'ils étaient des Elfes au départ, leurs âmes devraient retourner à Mandos (pas de raison qu'ils aient des halls séparés, d'ailleurs, non ?), où ils devraient avoir une possibilité de rédemption, peut-être de réincarnation. Dans ce cas, deux possibilités. Ou la rapidité de leur rédemption dépend du mal qu'ils auront fait, auquel cas ça risque de prendre un certain temps. Ou cela dépend du mal qu'ils auront choisi de faire. Et là, je me retrouve avec une incertitude. Une remarque, Silmo : il n'est pas dit que les fëar (c'est bien ça, le pluriel ?) des Elfes disparaissent avec Arda. En réalité, ils ignorent quel sera leur sort (au contraire des Hommes qui sont censés savoir qu'après leur mort ils rejoignent Eru dans le "Timeless void" et ne sont plus concernés par le monde) ; voilà le fondement de l'"estel", la confiance en Eru, qui est précisément le contraire du désespoir, même si ça doit sûrement être déprimant certains jours ;-). |
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Fëa, pluriel Fëar... Je ne saurai te le confirmer (je n'y connais rien en langues inventées). Je me posais aussi la question du féminin ou du pluriel (j'avais retenu le féminin deopuis ma lecture de l'article de Michael DEVAUX intitulé L’Ombre de la Mort. ...et c'est d'aileurs dans cette article que je m'étais fait l'idée que la Fëa des elfes disparaissait avec Arda.. cf. l'extrait ci-dessous et le passage mis en gras (pour plus de compréhension, je cite aussi les notes données par M. Devaux). B. L’immortalité n’est pas éternelle [31] « Longevity or counterfeit ‘immortality’ (true immortality is beyond Eä) » (Letters 286) [32] Voir par exemple pour la permanence, Home X, 226, et leur hôtellerie, Home X, 315. [33] Voir les multiples déclarations : Home X, 212, 214, 218, 259, 331, Sil 42 = SIL 48. [34] Voir sur cette question l’article de Kevin Aldrich, « The Sense of Time in Tolkien’s The Lord of the Rings », Mythlore, automne 1988, repris dans Joseph Pearce (éd.), Tolkien : A Celebration. Collected Writings on a Literary Legacy, London, Fount - HarperCollinsPublishers, 1999, pp. 86-101. [35] « (…) the hideous peril of confusing true ‘immortality’ with limitless serial longevity » (Letters 267). Cf. « They are therefore ‘immortal’. Not ‘eternally’, but to endure with and within the created world, while its story lasts. When killed, by injury or destruction of their incarnate form, they do not escape from time, but remain in the world, either discarnate, or being re-born. » (Letters, n°181 à Michaël Straight de janvier/février 1956, p. 236). Cf. « (…) elvish ‘immortality’ (which is not eternal, but measured by the duration in time of Earth) » (Letters 204). [36] « (…) Ilúvatar n’a pas dévoilé le sort qu’il réserverait aux Elfes après la fin du Monde » Sil 42 = SIL 48. Cette proposition, la dernière du paragraphe final du ch. i du Silmarillion publié par Christopher Tolkien constituait la toute fin, dès 1918-1920, de l’Ainulindalë. Voir les versions A, B et le § 40 en C, C* et D, respectivement en Home I, 60 (traduction française par Adam Tolkien, Le livre des contes perdus, Paris, Bourgois, 1995, p. 86), V, 167 et X, 21, 43 et 37. [37] « But the end will come. That we all know. And then we must die ; we must perish utterly, it seems, for we belong to Arda (in hroä and fëa). And beyond that what ? « The going out to no return, » as you say ; « the uttermost end, the irremediable lost » ? / ‘(…) Beyond the day when he shall blow the mort, we have no certainty, no knowledge. And no one speaks us to hope’ » (Home X, 312). En relisant aujourd'hui ce texte, je me rends compte que j'ai peut-être fait de la sur-interprétation en associant "Arda est leur seule et unique limite" avec "nous appartenons à Arda (par le hroä et la fëa)" ... en oubliant au passage "Au-delà du jour où le vent de la mort soufflera, nous n’avons aucune certitude". Silmo |
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Pour reprendre une question de MJ, les clones ont-ils une âme ? Dieu accepte-t-il, "adopte"-t-il comme il l'a fait pour les nains des créatures qui ne seraient pas "de lui" mais pourtant bien "issues de créatures divines" ? Le clone aurait-il une âme dans la mesure où il serait ( comme on l'envisage dans notre société ) issu d'un "projet parental" et en serait-il dépourvu s'il est créé comme "chair à épée" ( ou à canon, ou à sabre-laser, comme on veut ... ). Celà vient à poser également la question : à partir de et jusqu'à quand l'homme a-t-il une âme... |
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Bonjour Pour pouvoir répondre ou apporter un semblant de réponse à la question de Lambertine, il faut déjà définir avec précision ce que l'on entend par << l'âme >>. Bien à vous. |
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Du moment qu'il a une vie autonome, je ne vois pas pourquoi le clone n'aurait pas d'âme. Ce n'est jamais qu'un "jumeau éprouvette". J'ai oublié de répondre à la question de Silmo. Si les orques sont issus d'hommes, cela signifie alors qu'ils sont capables d'être sauvé pendant leur vie sur terre, une fois leur maître anéanti. Et je crois que c'est ce vers quoi tendait la suite du SdA (si quelqu'un a plus de renseignements là dessus). |
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Si ame = conscience oui, probablement le clone en a une; mais bien evidemment je ne pensais pas à celle-là. Et comme Vinyamar en offre l'association qu'en est-il de son libre arbitre: est-ce le sien ou celui de son original. Si dès sa conception il jouit de son autonomie morale, de sa liberté, n'y a-t-il pas "création" d'une nouvelle ame,par des procédés extra-naturels. |
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Bonjour Je voudrais dire après la remarque de MJ de Gondor que je n'ai jamais mais alors jamais compris ce soit disant rêve d'immortalité ou de perpétuelle jeunesse, personnellement j'estime que toute la beauté d'un poéme, d'une histoire, comme par exemple Le Seigneur des Anneaux, disparaîtra si l'homme devenait immortelle. Si j'ai bien compris, mais Bien à vous (et pardonner ce léger hors sujet) (*) d'absurdité et de tristesse. |
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Pour en revenir aux orcs et à leur destin, il existe une interprétation un peu différente de tout ce qui a été dit, en prenant quleque recul par rapport à l'oeuvre de Tolkien. Et pour ce qui est du degré inouï d'obéissance que l'on peut obtenir d'un homme "normal" (vous ou moi, oui, oui!), certains d'entre vous ont certainement eu connaissance de cette expérience scientifique dont j'ai oublié le nom, et qui est évoquée dans le film "Z" de Costa-Gavras : en gros, on demande à un sujet de torturer un homme (en réalité un comédien, complice de l'expérience), sous caution scientifique et médicale. Je crois que le pourcentage d'acceptation dépassait les 80%!! hallucinant, non?! Chaque homme porte en lui un potentiel de corruption, jusqu'où ce potentiel vea s'exprimer dépend de plusieurs facteurs, pas nécessairement inhérents à l'homme lui même. Les orcs assument, en tant que création littéraire, la pleine expression de ce potentiel. Donc le problème de leur destin, de leur possible rédemption, se pose donc avant tout à nous-même. |
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>"Dans le film Z" |
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Oups! Sorry! Silmo, t'as peut-être raison! Fichu Alzeihmer!! |
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Lumière du soir tu renies notre rêve d'immortalité et d'eternelle jeunesse ! quelle sagesse! Quant au clonage des animaux je ne suis pas davantage en sa faveur A ceci près toutefois que ce que nous faisons avec l'élevage n'en est pas trés éloigné; je ne vois pas très bien la différence entre un élevage d'animaux en batterie et leur clonage quand l'ultime fin est la boucherie! |
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Au sujet du clonage (bien que je ne sache par quel détour nosu en sommes arrivé là), je ne comprend vraiment absolment pas en quoi on pourrait imaginer qu'un clone poursuivrait ma propre existance et m'accorderait l'immortalité, à moins de croire que tout ce qui est spirituel dans l'homme (dont les souvenirs, les émotions ou leurs sources, la connaissance... et l'esprit même) est exclusivement lié à l'ADN et que celui-ci se modifie avec le temps. Au sujet de la permission du créateur, c'est là que se situe le doute des hommes de religion. C'est pourquoi certains affirment (non sans bonnes raisons scientifiques) qu'un clone humain ne sera jamais possible de manière viable: parce que l'esprit qui anime l'original n'a aucune raison de se mêler à la copie. ON n'arrivera donc qu'à produire des tas de viande clonée, mais pas de vie (ce qui est bien le cas jusqu'à auourd'hui). Au sujet des Orques, je suis bien d'accord avec Melilot, qui arrive à bien expliquer le rôle des orques dans l'oeuvre. Cela reprend plusieurs choses qui furent plus ou moins bien dites à leur sujet, bravo donc ! Mais la question était quelque part posée de façon interne. Puisqu'on ne peut guère aboutir, autant quitter l'enclos du monde imaginaire comme tu le fais, mais si les orques représentent, comme le suggère Tolkien d'ailleurs, une humanité capable du pire, je crois que c'est plus que cela, car il n'y a aucune rédemption possible pour les orques enc e monde, contrairement aux pires des hommes en ce monde. |
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Bonjours à tous Silmo, Melilot, MJ de Gondor ... Permettez moi d'apporter quelques précisions et avis personnels ; oui c'est dans le film " I comme Icare " qu'a été faite l'expérience dont parle Melilot. L'interprétation par Melilot me semble très pertinente, et on peut se demander pourquoi l'humain peut faire du << boulot d'orc >>, je pense qu'une des raisons possible est la peur de penser, la peur du doute, le besion d'une certitude, certes certains hommes sont devenus fonciérement mauvais ( les tueurs en série peut être, mais encore plus ceux qui torturent par plaisir de voir souffrir autrui ) mais je pense que c'est une minorité extrême, la grande majorité a surtout besion d'un meneur pour dire que ceci est Le Bien, cela permet de suivre sans ce poser de question. Le passage où Sam voit un cadavre haradrim illustre à mon avis cette idée. Bien à vous tous et encore toutes mes excuses pour ces hors sujet, mais promis, cela n'aura plus lieu. (*) Au risque de choquer certain, je regarde avec suspicion les religions, et encore plus celles qui sont monothéistes, je les considére comme une paresse pour l'esprit, et celles qui sont monothéistes comme véhiculant, de plus, l'image d'un point représentant le Bien, d'une direction représentant l'Axe. Très dangeureux pour l'Arbre. ps : j'espére n'avoir pas fait trops de faute car le temp pour me relire me manque. |
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Salut à toi, Lumière du Soir, Sur le problème du clonage, je préfère ne pas me pronocer pour le moment : trop de fantasmes, pas assez de véritable information scientifique, et puis, nous voilà bien loin de Tolkien (quoique, ... le pouvoir de l'anneau...) Salut aussi, Vinyamar, heureuse de te rencontrer. |
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Re-bonjour Melilot (et aux autres ;-) ) Oui la fin d'Aragorn était très belle, très noble, absolument digne du grand roi qu'il fut, oui hélas, dans la réalité terrienne, elle n'est pas toujours aussi belle, mais l'explication de Tolkien me semble, au moins dans certain cas, tout à fait justifier, la mort est un don du ciel (ou fait partie du cycle naturel de la vie), c'est à vouloir toujours la repousser que l'on arrive à de si pénible situation. Oui j'ai été confronté à la perte, et plus d'une fois de proches, certain maintenu artificiellement en vie donc l'objectif n'est que de creuser le trou de la Sécu, car c'était depuis longtemps un légume. Bien à toi (et aux autres aussi), et à bientôt. |
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Vinyamar : souviens-toi le clonage c’était une méthode possible pour la reproduction des orques ;il est vrai un peu tirée par les cheveux ! Comment le clone arriverait-il à prolonger ta vie? Mais ignores-tu que l’une des applications poursuivies dans le clonage est la constitution d’une banque inépuisable d’organes à usage collectif ou mieux encore personnel !(chacun ses clones pour remplacer au fur et à mesure des organes dégradés !!) C’est cette banque d’organes potentielle qui poussera à la mise au point de cette expérience et ce n’est malheureusement pas de la SF. Peut-être comme le suggère Lumière du soir le besoin d’une armée d’orques ou de kamikazes donnera l’impulsion nécessaire pour franchir ce cap ultime ; on ne sait que trop que ce sont les guerres qui font progresser l’humanité! Au sujet des orques, je pense que la différence entre imaginaire et réalité réside dans l’absolu et dans la permanence des choses. Dieu merci ! pour les hommes c’est différent Aucun conditionnement susceptible d’obscurcir leur conscience n’est définitif. A chaque instant, par sa propre réflexion ou à la faveur d’évènements extérieurs, l’homme est capable de douter et sa conduite demeure de sa responsabilité et de sa volonté. Un régime politique peut briser des hommes ou les corrompre mais pas un peuple La destinée de ce régime n’est que temporaire et pire sont ses exactions et plus brève sera sa durée car la résistance sera à la mesure de l’oppression(enfin c’est ce que je crois et je ne dis pas que le temps ne semble pas long à ceux qui le vive !) Au HS privé de Lumière du soir je réponds que je trouve ses idées belles et respectables pleines de cette sagesse qui inspirent les philosophies du renoncement mais j’avoue que j’y suis peu réceptive. Comme Tolkien qui ne voulait pas mourir dans les tranchées, il nous reste toujours quelque chose à faire et nous laissons toujours quelque chose d’inachevé, de quoi ne pas quitter sans regret les TdM! |
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Juste quelques mots... |
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Oïe, MJ! Génial! La différence entre imaginaire et réalité : tu as mis le doigt dessus! Et j'ai la réponse à mes questions internes. Et je t'approuves aussi pour ta vision de la problématique oppression/résistance. Sommes-nous prisonniers d'un cercle vicieux? d'une spirale infinie? d'un balancier perpétuel? Mais c'est vrai, c'est ainsi, tant au niveau des individus qu'à celui des états : chaque fois que se manifeste une force de coërcition, d'oppresion, surgit aussi un mouvement de résistance qui ne peut que rarement être totalement brisé et qui, même mourant, sème encore des graines de liberté à venir. Chaque fois aussi que nous nous laissons aller à croire qu'enfin la vie pourra être douce et belle, que nous avons obtenu enfin un monde plus équitable, plus vivable, hélàs se produit une réaction en force, un retour de l'arbitraire un nouvel assaut de l'obscurantisme et de l'oppression. (Bon sang, mais qu'est-ce qui me prend d'écrire des phrases pareilles?!) Salutations, Ylla, Ben voilà. Maintenant, si parmi vous un assidu lecteur des Letters et des HoME peut fournir la-dessus l'avis même de Tolkien, ça vaudra encore mieux. Sur ce, je me vais pieuter. Bonne nuit à tous et à très bientôt. |
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Bonjours à tous Dans une certaine civilisation, les discussions de problémes étatiques entre des lettrés de haut rangs, jamais le mot bien ou mal était utilisé, simplement chacun comparez ce qu'il savait d'une situation historique équivalente et des conséquences résultant des décisions prisent à l'époque, et lorsque le roi décidait de choisir telle décision , il disait que cette décision me semble plus << Nature >>. Quelqu'un qui a la grippe, le mettre au chaud c'est bien, mais s'il a 42°C de fiévre, le mettre dans un bain glacé, c'est bien, au chaud vous le lobotomisé. Le bien hors du temps et de l'espace est un concept qui me dépasse. Si Galadriel La Belle avait accepté l'Anneau, très certainement les orcs se seront mises à son service, et tout aussi certainement elle aura triomphé de Sauron, des Haradrims et autres, alors de deux choses l'une, soit nous spectateur extérieur de la Terre du Milieu, nous considérons que les orcs sont simplement des machines (un droide diront nous), l'équivalent des dromes de combat en préparation, alors y a t-il un sens d'attribuer un jugement de bien ou mal à une machine ? , ou alors nous dirions que les orcs ont trahis Sauron et que c'est une bonne chose ( à cette instant ), auquelle cas nous ne les considérons plus comme des engins de destructions, et le comportement de Gorbag et Shargrat pourrait le faire penser, alors pourquoi seront t-il irrémédiablement condamnés à rester dans l'obscu- rité ? . Les érudits de l'oeuvre de Tolkien peuvent éventuellement apporter une réponse. Bien à vous tous. |
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je crois qu'avec ce genre d'explication, il essayait surtout de se consoler et de se rassurer lui-même, lui qui avait perdu ses parents depuis l'enfance Hum, non, c'est beaucoup trop simple et simpliste. Je ne nie pas que cette vision de Tolkien puisse avoir à voir avec la mort de ses parents (les voies de l'inconscient sont impénétrables :-) ) mais sa visée ici est bien plsu riche et profonde, elle est théologique. C'est comme si tu expliquait l'Ainulindalë par son goût (?) pour la musique. Ca peut jouer, mais ce n'est aps pour cela qu'il nous offre une pareille vision. C'est une perception de la vie et de la mort, et de la divinité en harmonie avec sa foi et avec son expérience personnelle. Elle est d'ailleurs très pertinente et reflète réellement la foi catholique: dans Home X le don de la mort permet aux Hommes de quitter leur égarement et de découvrir leur créateur, de revenir à lui. "...c'est un don de Dieu ça?! " Au sujet des Elfes représentant une super humanité, on a déjà beaucou parlé sur ce fuseau (commencer au 1er tiers), pour aboutir à la conclusion qu'il n'en était rien.
C'est à ce point la question essentielle du fuseau ! Il faudait qu'un lecteur de la version avortée de la suite au SdA nous renseigne sur ce qu'il advenait des orques. Mais je pense que, tout comme les Elfes, c'est là qu'un lien direct avec l'humanité cesse d'être juste. il aurait été très intéressant qu'un grope de résistance, un complot, existe quelque part parmis les troupes orques... mais il n'y en a pas. Chez Orwell aussi, le complot est vaincu psychiquement. On peut imaginer la même méthode appliquée aux orques de manière plus efficace. C'est pourquoi je pense que le salut des Orques, au sein du légendaire, peut être réalisé après leur mort elfique, à Mandos, sous le suivi des Valar.
MJ, (*) Au risque de choquer certain, je regarde avec suspicion les religions, et encore plus celles qui sont monothéistes, je les considère comme une paresse pour l'esprit, et celles qui sont monothéistes comme véhiculant, de plus, l'image d'un point représentant le Bien, d'une direction représentant l'Axe.
Ben si c'est une paresse de l'esprit, je me demande bien pourquoi cela fait 4 ans que j'étudie la théologie et les écritures, parce que je m'en passerai bien si ce n'était pas nécessaire pour mon esprit... |
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Hi Ho, Vinyamar! Et je ne considère absolument pas les religions en elles-même comme un paresse de l'esprit. Pour certains hommes, oui, certainement : il est parfois plus facile de renoncer à son libre-arbitre, à l'exercice de sa propre pensée, et de laisser une quelconque autorité nous dire ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire. Et ce en matière, religieuse, politique, civilie, militaire, en fait en toute matière imaginable. Tu as raison, ma réflexion était simpliste. mais Boudiou! Tu voulais du complexe, ben là t'en as :-D! Lumière du Soir, :-*** à tout le monde. |
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Lumièe du soir, je trouve excellente ta comparaison des Nains avec les ingénieurs :-)
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Oui Lumière du Soir, très bonne idée : les nains personnifiant l'homme ingénieur, trop fasciné par ses propres créations pour admirer les beautés naturelles. Merci Vinyamar, ça fait plaisir. |
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Bonjours à tous Juste quelques mots, la civilisation dont je parle est une ancienne civilisation chinoise disparut depuis plus de 2300 ans, mais à l'époque des Trois Royaumes, l'habitude a encore subsité. Bien à vous tous |
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Au sujet de l'idée selon laquelle les orques seraient bel et bien "possédés" par Sauron, voici de nouvelles trouvailles: Son esprit se libéra de toute sa politique et de ses trame de peur et de perfidie, de tous ses stratagèmes et de ses guerres, un frémissement parcourut tout son royaume, ses esclaves fléchirent, ses armée s'arrêtèrent, et ses capitaines, soudain sans direction, hésitèrent et désespérèrent. Car ils étaient oubliés. (il s'agit évidemment du moment où Sauron retrouve l'anneau unique, au bord de la crevasse du destin) cela est reprit plus loin: Mais les Nazgûl, faisant volte-face, s'enfuirent et s'évanouirent dans les ombres de Mordor à un souain et terrible appel de la Tour Sombre; et à ce moment même, toutes les armées du Mordor tremblèrent, le doute saisit les coeurs, les rires s'éteignirent, les mains tremblèrent et les membres faiblirent. La Puissance qui les menait et les emplissait de haine et de furie vacillait, sa volonté n'agissait plus sur elles, et regardant dans les yeux de leurs ennemis, elels virent une lueur mortelle, et elles eurent peur. ce qui ramène à la thèse d'hommes (ou d'elfes) asservis et possédés ! (bien que Tolkien voulût revenir là dessus dans la suite). |
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Je cite ce qu'a dit VIYAMAR : "Le destin des orques est en effet un point qu'il faudrait résoudre. Nous en aurions sans doute su davantage si Tolkien avait poursuivi son "retour de l'ombre", la suite du SdA. Il paraît que les hommes se mettaient à se battre pour protéger les derniers orques que l'humanité cherche à anéantir"
Ou as tu lu que Tolkien preparait une suite au SDA ? je serai interesser par lire la source :)
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On trouve ce bref début d'une suite au SdA sous le titre "The New Shadow" dans le dernier volume d'History of Middle-Eath (HoME XII) - "The Peoples of Middle-earth", HarperCollins, 1996 (non traduit). Ce projet abandonné au bout de quelques pages dans les années 50 fut repris à la fin des années 60 pour être tout aussi vite avorté. Pour plus de détail sur le contenu des 12 volumes d'History of Middle-Eath, je te suggère de faire un saut vers le lien HoME sur la page d’accueil de JRRVF |