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Le livre "Le Seigneur des Anneaux" de JRR Tolkien est un ouvrage vraiment remarquable et c'est toujours avec plaisir que je me replonge dans cette épopée, cette quête. On est plongé dans un univers merveilleux et légendaire qui n'est pas sans rappeler certaines mythologiques européennes anté-chrétiennes et paiennes. J'ai lu ici ou là des articles dans la presse sur ce livre et son auteur. On a souvent dit que son oeuvre était allégorique et métaphorique. Certains ont voulu y voir une parabole de la Seconde Guerre Mondiale ou de la Guerre Froide... Je crois savoir que Tolkien rejetait ces interprétations de son oeuvre comme totalement farfelues. Personnellement, j'ai lu ce livre deux fois, et je suis entrain de le relire avec la même satisfaction. Tolkien a créé un monde, un univers d'une richesse et d'une ampleur impressionnantes. Il l'a peuplé de créatures diverses avec chacune sa langue qu'il a inventé en linguiste génial qu'il était. Il a créé une géographie, une Histoire, une mythologie. J'ai cru comprendre que Tolkien était triste de savoir que les Anglais n'avaient pas de mythologie ancienne comparable à l'Iliade et l'Odyssée, en dehors des légendes du Roi Arthur. Parfois, je me demande si la Terre du Milieu, monde imaginaire situé en dehors du temps et de l'espace, n'a pas un rapport quelconque avec le mythe de l'Atlantide aussi. Le "mithril" ne serait pas sans rappeler l'orichalque et les Elfes les Atlantes. Par contre, ce que je remarque, c'est que la terre du milieu est divisée entre un "Occident"(identifié au bien) et un "Orient"(identifié au mal). Les Hommes de l'Ouistreness, les Numénoréens, ne sont pas sans rappeler les guerriers nordiques scandinaves sur leurs bateaux, comme les Rohirim, ces hommes du Nord aux chevaux (tous deux symbolisant le monde anglo-saxon), tandis que les orcs avec leurs cimetères ou les hommes du Harad ne sont pas sans rappeler les peuples de l'Orient, en particulier les Huns de l'Antiquité. Je trouve que Sauron, le Seigneur Ténébreux n'est pas sans rappeler Attila, le Fléau de Dieu. D'ailleurs, on note que le Balrog de Morgoth est qualifié de Fléau de Durin. J'avais aussi lu dans ce forum, qu'on laissait entendre une analogie avec le Christianisme. Pour ma part, j'ai plutôt le sentiment que Tolkien voulait revenir aux "sources" du paganisme européen, aux légendes et aux mythes de l'Europe pré-chrétienne. Pour conclure, je précise que je suis de confession musulmane, que j'ai remarqué certaines ressemblances troublantes entre les hommes de Harad et les Arabes de part les descriptions physiques et vestimentaires. L'utilisation des oliphants comme arme de guerre le confirme. Les suderons sont décrits comme des hommes noirs africains, etc... Ces "orientaux" auraient fait allégeance à Sauron par opposition aux "Occidentaux" qui combattraient le mal. Je crois cependant que l'accusation de "crypto-racisme" est infondée et injuste. J'aime profondément ce livre, cette histoire, cet univers merveilleux. |
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Je suis heureuse de te souhaiter la bienvenue. Ton message nous ouvre de nouveaux horizons. |
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Bienvenue,Semito Nazgul ;o) C'est un point de vue qui peut se défendre. Le rapport à la fois rigide (voir mystique) et ambigüe (Rapport avec le souvenir de sa mère, connaissances et utilisations de prières hérétiques en goth) que Tolkien entretenait avec la religion dans sa vie publique était peut-être contrebalancé dans certains aspects de son écriture par une vision (oserais-je dire une "envie") d'une croyance en Dieu plus "propre", sans les influences souvent malsaines qu'ont apporté les hommes au(x) message(s) divin(s) au cours des siècles. Ceci dit, le rapport des Elfes ou des Hobbits avec la nature, la présence des Ents et des Huorns (sortes "d'esprits de la forêt"), le charisme de la montagne du Caradhras, la puissance du fleuve Anduin autour de Tol Brandir... tous sont autant d'éléments qui font penser à la vision des cultes germaniques décrits par César dans De Bello Gallico et qui pourraient être des arguments en faveur de ton idée, Semito Nazgul :o) I. |
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>Je crois cependant que l'accusation de "crypto-racisme" est infondée et injuste ...Et tout à fait d'accord avec toi sur ce point :o) I. |
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Bienvenue ( enfin ! ) ici, Semito nazgul ! |
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Isengar:Mes états d'âme dans ma lecture du Silmarillion reflétent tout à fait tes réflexions! Je vais pourtant m'essayer à une lecture profane !Mais je suis bien d'accord avec toi, si nous l'abordons en tant que mythologie elle est originale à ma connaissance, par son monothéisme, même les Valar ne sont pas des dieux, tout juste de formidables artisans, des titans, des esprits serviteurs d'Eru; je crois même qu'ils ne peuvent aider les hommes, ayant l'interdiction d'intervenir dans leur destin. |
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Mj> Effectivement, les Valar n'ont, me semble-t-il, jamais eu de contact avec les Humains, sauf pour Tuor. Mais je ne pense pas qu'il y ait interdiction formelle pour les Valar d'intervenir dans le destin des Humains, comme le cas de Tuor le prouve, mais ils demeurent assez indépendants des Valar : "Et il [Iluvatar] souhaita que les cœurs des Humains soient toujours en quête des limites du monde et au-delà, sans trouver de repos, qu'ils aient le courage de façonner leur vie, parmi les hasards et les forces qui régissent le monde, au-delà même de la Musique des Ainur, elle qui fixe le destin de tous les autres êtres." (Chap I) "les Humains ont craint les Valar plus qu'ils ne les ont aimés." (Chap XII) Que pensez-vous de cela ? En tant que membre récent de ce forum, je ne suis pas tout à fait sûr de ce que j'avance. Merci de me corriger s'il en est besoin. Ed' |
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Je vous remercie tous pour votre accueil chaleureux !:o) Un salut amical special à Lambertine (on se "connait" déjà) !:o)Ahh, ça fait plaisir de savoir que où on puisse être, il y aura toujours un trou de Hobbit prêt à vous accueillir avec une bonne boustifaille !:o) Je dois vous avouer que je n'ai pas lu le Silmarillon en entier... Je m'en excuse, j'avais abandonné sa lecture. Je vais le relire quand j'en aurais le temps. Là, je relis le Seigneur des Anneaux. Il est claire que dans le début du Silmarillon, il y a une sorte de Genèse avec un récit de la création de la Terre du Milieu par ce qui s'apparente à un Dieu unique. Quelque part, Morgoth ressemble assez à Satan quand il se rebelle et choisit le mal... Néanmoins, on peut donner plusieurs interprétations aux Valars qui pourraient être comparés aux Dieux de la Grèce Antique. Naturellement, au-dessus d'eux, il y a un Etre Superieur qui les a lui-même créé. Pour reprendre, la comparaison de Morgoth qui est un valar, avec satan, on peut se demander si les Valars ne seraient une analogie avec les Anges... Mais, je suis assez séduit par votre idée de monothéisme. Peut-être s'agit-il aussi d'une forme d'énothéisme ??? Amicalement Semito Nazgul ;o) Yyyyyyyyiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!:o) |
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Pour ce qui est d'une lecture du SdA telle que tu la présentes plus haut ('Occident vs Orient'), je te conseille de parcourir le forum ; ces sujets ont déjà été abordés. Mais il faudra m'expliquer le parralèle entre les orcs et n'importe laquelle de nos races ? ? ? Si l'on cherche à tirer une symbolique des orcs, ceux-là peuvent servir à décrire ce que les hommes peuvent devenir, indépendamment de leurs races. Comme le disait Tolkien lui-même dans sa correspondance, dans nos guerres, il y a des orcs de chacun des deux côtés, et la justice dépend beaucoup de la nature des capitaines que nous suivons. Je n'ai pas le moindre doute quant à celle de certains capitaines de l'Occident aujourd'hui :( Tolkien n'en aurait pas eu non plus. Jérôme |
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Merci Jérôme! J'essayerai de lire les messages. Mon parallèle était davantage avec les hommes du Harad et les Sudérons. Sinon, je notais que les orques avaient des cimeterres. Enfin, les noms du Mordor ont une consonnance un peu turque et orientale comme "Dol Guldur" ou "Barad-Dur","Morgul" etc... Par opposition "Riddermark", "Ouesfold" ou "Ouistrenesse" sont typiquement des noms à consonnance scandinavo-germanique. |
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Jérôme: "Si tu t'en sens le courage, la question a fait l'objet, principalement, du fuseau Tolkien, monothéisme et théogonie." Personne pour compiler ce long machin tentaculaire en quelque chose de plus digeste ? ;-) Semito: "Mon parallèle était davantage avec les hommes du Harad et les Sudérons. Sinon, je notais que les orques avaient des cimeterres." Le parallèle est justifié, et à nuancer (j'y reviendrai... c'est un de mes grands regrets dans le film que le passage où Sam voit un homme du Harad tomber de son Oliphant à ses pieds soit 'tronqué'[*], dans la version en salle du moins... on verra pour la version longue...). Semito: "Enfin, les noms du Mordor ont une consonnance un peu turque et orientale comme "Dol Guldur" ou "Barad-Dur","Morgul" etc..." "Morgoth", "Nan Dungortheb" etc. ont le même genre de sonorité, et pourtant il s'agit là d'un vilain et d'une région dont la localisation est très au nord de la Terre du Milieu. Ce sont juste des sonorités qui probablement déplaisaient à Tolkien dans ses langues elfiques, sans qu'il faille y chercher une autre interprétation. Du reste, Tolkien s'est tardivement intéressé aux langues sémitiques, et visiblement elles ne lui déplaisaient pas du tout, bien au contraire ;) Le Khuzdul des Nains et l'Adûnaic de Numenor sont des langues à caractère sémitique ("faintly Semitic flavour", (SD/240), en particulier par leur racines triconsonantiques (G.M.L donne igmil, gimil, gimli, etc.) La langue des Valar n'est pas non plus sans rappeler les langues sémitiques, peut-être l'Akkadien. Pour plus de détails, voir Dictionnaire des langues des hobbits, des nains, des orques (etc.) d'EJK. Mais tout ça pour dire qu'il ne faut pas s'arrêter aux apparences linguistique et se hâter d'en tirer des conclusions :) Didier |
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Merci Didier Hisweloke. C'est très interessant ce que vous écrivez. Je ne m'y connais pas trop mais ce qui est sûr, c'est que Tolkien était un brillant linguiste. En effet, il ne faut pas s'en tenir aux apparences ;) S-N |
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Je pense également que Tolkien cherchait à revenir aux sources de toute une littérature composée autant par les sagas nordiques que par les romans de chevalerie français et anglais. |
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Je n'ai pas retrouvé quelque chose qui aille vraiment dans mon sens susceptible de vous convaincre; il s'agit plutôt d'intuitions suggérées par certains textes et probablement d'une analyse subjective! C’est au rebours de cette littérature d’inspiration mythique qui s’en détache progressivement, et dans une optique inversée à celle-ci (retrouver un paganisme noble où affleure parfois de valeurs chrétiennes suggérées tandis que l’évolution générale des récits arthuriens, dans la France médiévale, va de plus en plus vers un dénigrement de ses valeurs païennes originelles [23] ) que Tolkien trouva les moyens de célébrer la Création par le biais d’un imaginaire secondaire, en l’occurrence, la mythopoeia ou façonnage de mythes, dont il devait devenir l’un des maîtres incontestés au vingtième siècle."" Enfin, quel besoin de réécrire la Bible ? Mj |
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J'ignorais que Cirdan et Laurent Albert ne faisaient qu'une seule et même personne !!!! |
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Elengal, >>"Je pense que Tolkien voulait plus ou moins "compiler" ces histoires en une, en leur enlevant leur aspect chrétien pour leur rendre leur aspect "paien". Même remarque que pour Mj du Gondor: d'où tires-tu pareille idée ?! >>Et en effet, les histoires se déroulant en TDM me font d'avantages penser à des mythes nordiques ou celtiques(avec parfois une petite influence classique) qu'à des "mythes" chrétien. Lire à ce sujet l'article de Cirdan, ou même celui de Cédric. Il est heureux que les histoires de la TdM te fassent "penser" à des mythes nordiques :-). C'est un peu la source d'inspiration principale de Tolkien. Quant aux mythes chrétiens... a dire vrai quels sont les mythes chrétiens ? Ceux de la genèse, guère plus (création du monde, Babylone, déluge et Noé, et quelques autres détails). les aventures de la TdM nefont pas penser aux mythes chrétiens, c'est sans doute vrai. Mais l'analogie avec le christiannisme est bien plus subtile et plus noble qu'une inspiration issue des mythes chrétiens. Cela ne serait d'ailleurs en rien un témoignage de foi. Tolkien a fait un peu mieux. (mais pour le découvrir, un petit tour dans le forum serait utile) |
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La fin de mon message était un peu abrupte! J'aurais pu mettre un peu plus d'élégance dans la formulation! désolée, Le temps m'a manqué.Alors traduisez par une question, pas par une attaque ! |
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Il n'y a aucun besoin de réécrire la Bible, mais vous pouvez toujours vous amuser à la recopier si ça vous fait triper! ;-) Je connais un peu la Bible, les histoires qui y sont contées m'ont appris et m'ont construite, à savoir comment un être humain doit se comporter pour être quelqu'un de bien et tout ça-tout ça... Enfin, je voudrais dire que même si c'est fait sans mauvaise intention sans doute, assimiler les peuples orientaux au Mal ça peut être un peu mal prit par les gens issus de ces peuples comme Semito et moi-même. Au plaisir de vous lire... |
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Mon cher Vinyamar, |
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Elengal >>> Même si j’ai peut-être une mauvaise analyse de l’œuvre de Tolkien(quoi que je ne pense pas qu’il n’y ait qu’UNE analyse correcte), j’aimerais un peu plus de respect vis-à-vis de ce que je pense parce qu’il y a certaines de tes tournures, Vinyamar, qui me donnent l’impression d’être pris pour un imbécile. Je ne crois pas que Vinyamar te prenne pour un imbécile, simplement il te fait part de son étonnement car ton analyse très subjective (comme tu l'avoues toi-même)et même réductrice (par ex les Valar sont bien plus qu'une simple imitation des dieux païens, et l'orgueil d'Aragorn, quelle drôle d'idée ;-) va à l'encontre de certaines des analyses développées dans les fuseaux qu'il t'invite à lire ;-)) >>> Et c'est pour cela que l'on a l'impression d'une inspiration chrétienne chez Tolkien. Impression ? Je te renvoie au concept du conte eucatastrophique (cad le SdA) développé dans Faërie (l'essai sur les contes de fées); pour Tolkien le coeur du christianisme est un mythe qui est aussi un fait historique; le plus merveilleux des contes est celui du Christ et le bon conte eucatastrophique est un écho de l'évangelium dans le monde réel; et finalement la Fantaisie se veut En - chantement, subcréation à la gloire de Dieu; simplement l'histoire du Christ est le mythe de Dieu, alors que les mythes païens sont ceux des hommes inspirés par Dieu; Tolkien est convaincu de la vérité du mythe. Tout ça un peu en vrac mais vue l'heure ...;-))
Il fait le ménage quoi ;-)) Je dirai plutôt qu'il utilise des motifs mythiques universels (Eliade explique bien tout cela) pour faire qqchose de nouveau, car sa mythologie s'inscrit bien dans le XX siècle, en réaction du XX siècle (de mémoire, le SdA concerne la Chute (thématique toute chrétienne que l'on retrouve dans le Silmarillion avec les chutes de Melkor, Fëanor, Thingol, Numenor,...), la Machine (idée très moderne) et la MOrt (avec l'idée que les hommes sont surnaturels et les elfes naturels, idée encore très chrétienne). Cathy |
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Evidemment, je soutiens totalement Elengal qui a le mérite en outre de nous chercher des arguments convaincants ! |
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Mj, l'intervention d'Elengal a le mérite de nous expliquer mieux qu'alors ce qu'elle pense et veut dire, mais pardonne moi, je n'y vois aucun arguments, qu'ils soient convaincants ou non. Seulement des opinions et des pensées. Elengal, pardonne moi si je t'ai donné l'impression de te prendre pour un imbécile. Mais tu reconaîtras que ton intervention se limite à des "je pense que", "on a l'impression", "à mon avis"... Mais ce n'est pas inintéressant pour autant, je te rassure. >>Et c'est pour cela que l'on a l'impression d'une inspiration chrétienne chez Tolkien. C'est que les mythes et légendes dont on parle et dont Tolkien s'est inspiré furent christianisés au Moyen-Age. Etant les héritiers de ce Moyen-Age, nous voyons dans ces légendes l'aspect qu'on leur a donné à cette époque et qui est ancré dans notre mémoire collective: l'aspect chrétien. Ainsi, lorsque Tolkien tente de rassembler ces légendes et de nous les restituer dans leur état d'origine, nous y voyons tout de même une inspiration chrétienne qui nous apparaît même "subtile". Et c'est là que l'on voit qu'il ne s'agit que de "traces" que notre inconscient associe à ces mythes dont Tolkien s'est inspiré. C'est très blessant pour les sommes de travail faite par notre ami sosryko et que nous nous sommes donné la peine de discuter des jours et des jours, je pense que cela contredit le point où voulait en venir Cirdan dans son exposé, qui parle plutôt de trait d'union entre le monde païen et le monde chrétien, que cela contredit l'article de Cédric, sans parler ceux d'Eruvike comme l'analyse formidable qu'il a faite sur la seule répétition de 'lexpression 'L'ombre de la mort". Et je ne te parle pas du reste de ses travaux, non plus que de ceux de ces dizaines d'auteurs anglais ou américains qui ont analysés eux aussi en quoi se dénotait le christiannisme inscrit par Tolkien ans son oeuvre (et non pas hérité de ses légendes). Enfin, cela contredit Tolkien lui-même, quand il écrit Fearie, épilogue
>>certaines "mentalités" des personnages principaux qui sont caractéristiques de l'esprit du paganisme nordique et celtique mais totalement en opposition avec la morale chrétienne. (...) Ou sont l'humilité, la générosité et le détachement des choses matérielles imposées par la morale chrétienne ici?
lettre 131 (essai sur le conte de Fée, dot j'ai cité un bout plsu haut d'ailleurs). Tolkien n'aimait pas la présence trop "primaire", trop explicite du christiannisme dans les légendes arthuriennes. Ce n'est pas la seule chose qu'il regrettait dans ces légendes soit dit en passant, mais c'est un fait qu'il n'aimait pas l'implication (involved) de ces légendes avec le Christiannisme. Il est destinné a être un incompris, dans notre monde où l'on se méfie tant du religieux. Jamais, JAMAIS, il ne prétend que c'est par goût du monde païen originel. Dans d'autre lettres, on touve aussi qu'il dit que c'est grâce à l'Eglise que des légendes (même si elles ont été altérée au passage) ont traversé les âges au lieu de tomber dans l'oubli. Il faut se souvenir que Tolkien reprochait aussi à son ami Carl Lewis d'écrire des romans où la foi est trop explicitement mise en avant, où la religion a trop la forme du monde primaire. Je continuerai un autre jour. Notamment nous verrons que le panthéon tolkiennien est tout à fait Thomiste. Ce que j'avais tenté de mettre dans un exposé que j'ai interrompu pour le moment) |
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intervention de détail, comme d'hab ...:
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Chère Lothiriel, Humilité qui ne rentre pas dans le rôle de Roi d'Aragorn ? Je ne sais pas si c'est vraiment çà. Il a assumé pendant des années le rôle d'un rôdeur, d'un chevalier errant méprisé par ceux-là même dont il assurait la sécurité. Je crois qu'en ce sens, il n'a de leçon d'humilité à recevoir de personne. Par contre, il est ce qu'il est, et je ne vois pas en quoi il serait en effet contraire aux valeurs chrétiennes de revendiquer un palantir qui lui revient de droit, ni de s'afficher ouvertement comme l'héritier d'Isildur ( pour la première fois de son propre chef, car devant Eomer, il s'était d'abord présenté comme Grands Pas, et n'avait révélé sa véritable identité que "contraint et forcé" ). Pour l'épée, qui est à ce moment-là le seul symbole de ce qu'il est, j'ai toujours eu l'impression ( mais là, je n'engage que moi ... ) qu'à Meduseld il se "raccrochait" un peu à elle après les épreuves de la dissolution de la communauté et la longue et épuisante traque des orques. D'où son attitude. |
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Lambertine, ce que je voulais dire c'est que dans le refus initial d'Aragorn de déposer Anduril, dans la formulation de ce refus du moins, il semble bien y avoir un orgueil chatouilleux d'héritier d'Isildur qui n'a pas à se soumettre à la volonté d'un roi de Rohan. après des années d'exil, c'est tout à fait excusable, certes ;-) Mais cela dénote bel et bien, à mon sens, une conscience très forte du rôle qu'il tient dans cette histoire. Aragorn dépose quand même Anduril, toujours en fonction de cette responsabilité qui fait que l'orgueil premier - quelle que soit sa légitimité - devient second devant les enjeux de l'entrevue. |
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Nous sommes d'accord. Je corrige une bourdissime coquille: il ne s'agit pas de Carl Lewis, évidemment, mais de C.S Lewis, soit Clive Staples... |
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CdC PS concerant le racisme, si certains jugent que la question n'est pas pertinente de nombreux lecteurs de langues francaises ou anglaises se la posent. Personnellement il y a des trucs qui passent pas, notament les mentions "d'hommes moindres". |
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Je note Vinyamar que tu as un roman en préparation. Si ce n'est pas indiscret, sous quelle forme apparaîtra ta chrétienté? As-tu envisager de la dissimuler sous une apparence quelconque, ou bien en tant que chrétien te sens-tu obliger de l'"afficher" ? |
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Eh bé, t'as plein de questions là Mj, et elles sont excellentes en plus. V* |
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> MJ du Gondor : Je traduis (soyez indulgent !) |
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Petite chose que j'ai oublié: Szpako, pour moi, comparer les Valar aux dieux paiens (qu'ils soient celtiques, germaniques ou gréco-romains) n'a vraiment rein de réducteur, au contraire, je trouve cela bien plus pertinent et interressant que de les comparer aux anges par exemple. |
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Elengal, à propos de l'épée, je ne pense pas que les deux visions (celle que tu dis païenne, celle que j'ai expliqué comme médiévale) soient contradictoires. on peut voir dans l'épée aussi bien le signe très fort de la légitimité d'Aragorn (héritage germanique ou celtique, plus celtique que germanique je pense ? les pros me confirmeront) que celui de son rôle dans l'épopée que nous raconte Tolkien, qui est un rôle de responsabilité - qui n'a rien de contradictoire avec les valeurs chrétiennes, sans pour autant mettre Aragorn au service d'un "dieu" qui n'apparaît pas en TdM comme il en a été abondamment discuté ailleurs. à propos du christianisme médiéval, tu écris "Le christianisme, ou en tout cas le clergé, du Moyen-Age ressemble plus à une source de pouvoir qu’à une religion tentant de réconforter et de sauver l’humanité" : c'est très réducteur, même si en partie vrai. c'est réducteur pour deux raisons : d'abord parce que le christianisme médiéval, c'est aussi saint François d'Assise, qui était bien loin de vouloir asseoir un quelconque pouvoir ; ensuite, parce que l'Eglise médiévale, dans sa majorité, ne dissocie pas la question du pouvoir de celle du salut. le pouvoir royal et/ou impérial est légitime lorsqu'il associe les clercs au "bon gouvernement" afin de mener la société terrestre vers la Jérusalem céleste. C'est d'ailleurs pour cela que les franciscains vont accepter de "trahir" l'idéal d'origine de François d'Assise, voyant dans leur intégration aux réseaux du pouvoir ecclésiastique un moyen de participer activement au salut collectif (on peut bien sûr remettre cela en cause en mettant en avant leur appétit de pouvoir individuel, mais cela dénoterait un pessimisime de fond sur la nature humaine, qui "permettrait" de remettre en cause toutes les sources historiques) ; d'autre part, toute la pastorale de la fin du Moyen Age est une pastorale de l'espérance et non de la peur comme on l'a longtemps dit : intégrant le purgatoire à son au-delà, le catholicisme donne aux fidèles toutes les chances d'accéder au paradis, puisque le purgatoire n'a qu'une porte de sortie et que bien rares sont les péchés qui mènent directement en enfer (pour ne pas dire inexistants, malgré les abondantes représentations de l'enfer que nous a légués le Moyen Age ; cf les beaux travaux de Jérôme Baschet et le livre fondateur de Jacques Le Goff sur la naissance du Purgatoire). Le fait d'être lié au pouvoir, de le défendre éventuellement, n'est pas, au Moyen Age, pour un haut dignitaire de l'Eglise, incompatible avec celui de réconforter ses contemporains et de tenter de les guider vers le salut offert par l'amour de Dieu (vision déjà médiévale, contrairement à une idée reçue assez solidement enracinée). Jean Gerson, qui fut chancelier de l'université de Paris, curé de paroisse, conseiller de Charles VI, présent aux grands conciles de son temps, auteur de dizaines de traités politiques et religieux en latin (pour une élite, donc) mais aussi d'opuscules en langue vulgaire pour le commun des mortels, en est un exemple frappant. à mes yeux, il n'y a pas contradiction entre les mythes d'origine païenne utilisés pas Tolkien et le christianisme qui sous-tend son oeuvre : comme l'a dit Vinyamar, le christianisme du SDA n'est pas compris dans une série de références lisibles au 1er degré, mais de manière plus diffuse. de plus, je n'ai pas l'impression qu'il y ait non plus contradiction radicale entre cet héritage païen et sa tradition christianisée. l'épée, par exemple, ne change pas de sens du jour au lendemain à partir du moment où il vient l'idée farfelue à un clerc du Moyen Age de la bénir lors de l'adoubement du fils du seigneur du coin. ce n'est pas univoque, tout ça, ni dans la culture ancienne, ni dans l'héritage que nous en recevons. pour reprendre la fameuse scène devant Edoras, Elengal, tu vois de l'arrogance contradictoire avec des valeurs chrétiennes dans l'attitude d'Aragorn : or, cette contradiction n'existe pas dans la tradition médiévale du roi. que Tolkien l'ait reprise des mythes nordiques et non médiévaux, je n'en juge pas (faudrait que je prenne un jour le temps de lire le mémoire de Cirdan, quand même) ; en revanche, il prend cette image sans aucune contradiction avec l'image chrétienne du roi (et biblique en général : Salomon n'est pas connu pour son humilité notoire). enfin, et pour plaisanter, j'ai du mal à comprendre pourquoi une lecture chrétienne ou paganisante du SDA serait forcément liée à notre "inconscient". notre intellect ne suffit-il pas ? ;-) |
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Cher Elengal, Juste un bémol en ce qui concerne le parallèle Arthur/Aragorn et Excalibur/Narsil : si il est vrai qu'à Meduseld Narsil/Anduril est effectivement le seul symbole de la légitimité d'Aragorn, ce n'est plus vrai à Minas Tirith. Ou plutôt l'Epée reste une arme ( redoutable et redoutée ) et un symbole, mais rien de plus. Ce n'est pas en brandissant l'Epée des Rois, qui protège, qui défend, mais qui tue, qu'Aragorn passe du statut d'héritier putatif à celui de souverain, mais en accomplissant des guérisons miraculeuses dans la capitale ( contrairement à Arthur qui est reconnu comme Roi grâce à l'Epée elle-même ). Quant à sa soi-disant arrogance soi-disant peu chrétienne, je dois dire ( je suis complètement plongée dans la matière de Bretagne ses derniers temps )qu'elle est bien plus "médiévale" que tout le reste de son attitude. Par rapport aux seigneurs, chevaliers et autres rois des romans courtois et autres chansons de geste, Aragorn est particulièrement modeste. Sans que çà l'empêche pour autant de savoir qui il est, ce qu'il est, et ce qu'il a à faire. |
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Bien, évidemment, je suis d’accord avec MJ du Gondor . |
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Chère Lothiriel, En ce qui concerne le Môyen Age en général, et le rôle de l'Eglise en particulier, il est un fait que dans nos régions le christianisme étant la religion d'Etat, elle eut partie liée avec le pouvoir ( ceci n'ayant pas que des conséquences néfastes d'ailleurs ). Il me semble pourtant que nous avons souvent une vision tronquée, fausse de cette époque ( qui s'étend quand même sur près de 1000 ans ). Ceci venant en partie du fait que nous avons été éduqué dans une vision linéaire de l'Histoire. Grosso modo : on part de zéro à la chute de l'Empire Romain, et on progresse de plus en plus vers la Liberté, l'Humanisme, le Progrès scientifique etc... jusqu'à nos jours. Or, il n'en est rien. Le XIXème siècle était bien plus étriqué que le XVIII ème, la Renaissance était une période d'une violence politique et religieuse inouie, les femmes étaient plus indépendantes sous Saint louis que sous napoléon etc... Quant à la christianisation des mythes et légendes : la religion chrétienne n'a pas fait qu' "éliminer" la religion préalable dans nos pays. Elle s'est littéralement greffée dessus. La plupart des grandes fêtes chrétiennes ne viennent pas de faites pagano-romaines ou juives ( mis à part Paques peut-être, mais je n'en suis pas sûre, car le calcul "lunaire" de la date me fait plutôt penser à quelque chose de celtique ) mais bien de fêtes celtes. Je qualifierai par contre la christianisation des légendes ( et notemment des légendes arthuriennes qui ont eu une influence et une renommée énorme au Moyen Age ) d'inutiles. Elles étaient aussi bien comme çà, et ce qui me plait en elles, c'est justement leur côté " un pied dans chaque camp" témoignant en quelque sorte d'un passage de relai. Les versions plus tardives, beaucoup plus "bigotes" où l'on voit des Eglises, des serments et des moines à tout bout de champ sont à mes yeux nettement plus - et paradoxalement - profanes. On a furieusement l'impression que ces références ont été rajoutées de façon artificielle. |
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Vinyamar: je crois que pour répondre à "mes questions", Yyr avait ouvert un fuseau « le sens du conte » ; je te devais une réponse ,je l'ai produite ici en reconnaissant le peu de références textuelles à l'idée que Tolkien condamnait le traitement des anciennes légendes par le christianisme, idée peutêtre excessive ou hâtive mais non dénuée de tout fondement dans la mesure ou d'autres la partage! |
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chère Lambertine, |
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une historienne spécialiste du Moyen Age ! j'avais envie de répondre ou de me mêler au débat suggéré par un des messages précédents sur le pouvoir et l'église au MA mais j'avais peur de dire tant d'inepties que je me suis abstenue ! maintenant je suis rassurée mes fautes seront corrigées. J'étais encore une fois d'accord avec Elengal quand il avançait:" Le christianisme, ou en tout cas le clergé, du Moyen-Age ressemble plus à une source de pouvoir qu’à une religion tentant de réconforter et de sauver l’humanité". |
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Elengal >>Etant chrétien (ce que je respecte), tu analyses l’oeuvre de Tolkien (c’est presque inconscient) en tant que chrétien. il a fallu que je découvre ce forum (ou presque) pour que je découvre le lien entre Tolkien et la foi. Ca a été bien sûr un renouvellement de plaisir pour moi, mais j'ai aimé Toklien des années sans savoir que cet aspect était volontairement présent. J'analyse Tolkien nécéssairement en tant que Chrétien (et pas en tant que musulman par exemple), c'est un fait incontournable, mais je ne l'analyse pas QUE en tant que chrétien (voir bon nombre de mes interventions dans le forum).
Ah la la. Relativisme, quand tu nous tiens... :-(((
Que dire !! Je suis étonné que tu t'accordes pourtant autant de temps à me répondre. Je me suis donné de la peine, j'ai fait des recherches pour répondre, j'ai pris du temps, j'ai argumenté pour le coup. Mais si on me répond sans me lire, à quoi sert que j'écrive ?? :-( Surtout sur un point aussi tolkiennien. Tu excuseras donc les réponses courtes que je te donnes, je ne vois pas pourquoi je me donnerai du mal à nouveau si tout ce qui compte c'est un échange d'opinion ancrées dans des convictions que tout le monde a raison à la fois.
Si tu y tiens. Mais les opinions de l'auteur lui-même sont-elles aussi vaines que les nôtres ?? >>Nous voyons dans une légende paienne [le Graal], un de ces mythes « chrétien » dont je parlais Non, non. Le graal n'est absolument pas un mythe chrétien. Sur ce point je rejoins l'avis de lambertine. Il a été christiannisé, avec succès semble-t-il puisque c'est une version très ancrée dans les mentalité, mais l'Eglise n'a jamais osé parlé d'un tel machin ! Heureusement que tous les ouvrages chrétiens ne rentrent pas dans le mythe chrétien.
De les détruire, pas si vite !! Assimiler oui, c'est justement la grande force et la grande gloire de l'Eglise, qu'on accuse de tant de maux à la fois qu'on en oublie de ne pas se contredire. Il est de la mission de l'Eglise de répandre la Bonne Nouvelle, qui doit passer par dessus les mythes païens quand ceux-ci s'opposent à la foi (c'est tout de même grâce à l'Eglise que les bachannales et autres fêtes lubriques de Rome et d'Athènes ont pu disparaître). Jeanne d'Arc elle-même jouait avec les arbres fées sans qu'il n'y ait rien de répréhensible à cela(sinon dans son mauvais procès). Mais l'Eglise a très souvent réutilisé les légendes pour les christianniser, préservant ainsi l'identité des peuples qu'elle converti. C'est le principe noble et unique dans l'histoire de la religion de l'inculturation: évangéliser tout en laissant au peuple sa spécificité. St Patrick fut un ténor de ce genre de pratiques, mais les St Cyrille et Méthode aussi, et bien d'autres.
Et je t'en excuse (s'il en était besoin, ce qui n'est heureusement pas le cas) avec d'autant plus d'élan que tu restes très courtois et prend la peine d'expliquer réellement (hum) ta position. Je sais que toi, tu m'a déjà excusé d'être catho, alors... ! :-)) >>(...)ce n’est qu’une immonde dictature. Et je suis désolé mais il en va de même pour le christianisme Le christiannisme ? Une immonde dictature ? :-))) Allons, allons... >>Des gens avides de pouvoir se sont servis très tôt de la parole du Christ pour asseoir leur puissance Certes, et il y en a et en aura encore !!
Bon, premier point où je hocquette. L'Eglise ne prétend pas, en tant qu'institution, à être pauvre. C'est le voeu des moines en communauté religieuse, mais à force d'être pauvre on ne parvient plus à agir. Il y a un paquet de prêtre en 68 qui ont fait cesser les honoraires de messe, dans un très bel élan de désir de pauvreté... qui aujourd'hui récriminent contre le diocèse qui permet à peine (et avec combien de sacrifices) à les faire vivre décemment ou surtout à leur assurer une retraite honorable. L'argent, c'est bête mais tout le monde en a besoin pour vivre ! Quand à la soi disante extraordinaire richesse de l'Eglise, sans nier de répétitifs abus à une époque où personne ne trouvait (hélas) la chose anormale (contrairement aux mentalités formées par les idéologies modernes), elle s'adresse aussi à la gloire de Dieu. Des Cathédrales somptueuses sont un digne présent pour le Dieu et Seigneur et Roi que l'on prétend adorer ailleurs que dans des caves à vins ! >>(...)lorsque les inquisiteurs et les missionnaires répandaient la mort et la souffrance bon, ça c'est le deuxième hocquet. Tout en respectant ta position qui naît d'ailleurs d'une haute estime de ce que devrait être l'Eglise, il vaut mieux se renseigner un bon coup au sujet de la véritable histoire de l'Eglise que de gober et répéter ce que ceux qui prétendent savoir racontent dessus. Mais n'est-on déjà vraiment complètement hors sujet ?
Triple oups avec gros hocquet !! Tu as dû mal choisir tes exemples. Je ne veux pas te donner l'impression de te prendre pour un imbécile sur ce point, mais c'est toujours moins dangeureux de parler de ce que l'on connaît un peu. St Louis était précisémment le genre d'homme à agir ainsi, lorsque par exemple il se fit rabrouer par un pauvre à qui il lavait les pieds (en présence de ses conseillers qui n'aimaient guère la chose), et qui ne sachant pas que c'était le roi l'a repris sur sa mauvaise façon de s'y prendre et lui a demandé de recommencer (notamment l'intérieur des orteils). Il a failli se faire gifler par un des conseillers, mais le roi l'a arrêté et s'est laissé rabroué ainsi par le pauvre.
L'Eglise aussi, et c'est le sens de la demande de pardon que le Pape ('connaissez une autre religion qui ose ça vous ????) a fait en 2000.
Quatrième hocquet. Ce n'est pas vrai, et je pourrais te citer Vatican II si je pensais que tu le lirais.
D'abord ce n'est pas ce que nous avons dit ici. La base de la TdM n'est pas inspirée du christiannisme, mais bien des mythes païens. Quand à ton "affirmation", elle me peine puisqu'elle clôt le débat, alors qu'il me semblait avoir tenté d'y répondre.
J'ai dit une chose pareille moi ??? Ben si je l'ai dit c'est un contresens. Le christiannisme (en tant que religion) n'est certainement pas le fondement des autre mythes (... sauf si comme Tolkien, nous considérons que les mythes reflètent des traces de la vérité, que le christiannisme recouvre toutes lui. C'est pour cela que Tolkien aimait les mythes païens (d'un point de vue religieux, car il les aimait pour des tas d'autres raison) à une époque où des chrétiens les combattaient durement, tout comme aujourd'hui d'ailleurs (mais les chrétiens ne sont pas l'Eglise). Combien de mes amis en tombant sur des illustrations de la TdM que j'ai me parlent de monde "complètement new-age" ou parlent du SdA (sans l'avoir lu) comme d'une oeuvre complètement païenne et new-age. Heureusement que l'Eglise s'est exprimée officiellement dessus depuis la sortie du film) Mj du Gondor >>J'attendais de ton côté, des exemples de symboles suffisamment évidents comme preuve de la présence d'éléments chrétiens manifestes dans l'oeuvre de Tolkien. D'évidents, il n'y en a pas. Quand au travail que tu me demandes, il est formidable et bien d'autres que moi s'y sont mis sans réel succès. Je veux bien m'y relancer (car j'avais commencé), mais c'est un gros boulot. Si en plus on m'y répond sans le lire... à quoi bon ! |
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Bon, en dehors d'un tag mal fermé, le lien vers le travail de sosryko est vide (j'ai oublié de le remplir avant de poster): il s'agit du magnifique fuseau, qui traite du chapitre (2e erreur) "le conseil d'Elrond": (mais pour accéder à la vérité, il faut travailler Tiens, j'ajoute ce lien à l'étude de la seule expression "l'ombre de la mort", chez Tolkien, dans l'article d'Eruvike. (et il y a d'autres magnifiques articles dans les livrets la compagnie de la Comté. maintenant si vous ne voulez pas lire et pas savoir, évitez de poser des questions dont vous n'acceptez pas les réponses.)
Oui, le pouvoir temporel et l'Eglise ont été intimement lié. La séparation des pouvoirs (de même finalement que la séparation des trois pouvoirs républicains) ets une notion très moderne, qui n'existe toujours pas dans bien des religions. Ce n'était pas un problème à cette époque. Parler de séparer les pouvoirs en ce temps aurait paru aussi saugrenu que de prétendre poser un pied sur la lune. |
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Bien ! bien ! Vinyamar! j'adore ton style et ta passion et je n'ironise pas ! J'image quoique tu en penses le travail que tu as dû fournir en amont! je sais quel zèle vous y avez mis car contrairement à ce que tu crois j'ai lu un nombre incroyable de fuseaux depuis que je suis arrivée sur ce forum ! et si je pensais que ces discussions sont prises à la légère je n'insisterais pas à ce point! |
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Vinyamar >>> Tolkien s'est inspiré de mythes et légendes païennes, pour ensuite y appliquer un prisme chrétien qui permettait, sans dénaturer leur beauté et leur grandeur, d'y percevoir par un trait encore plus lumineux, ce qu'elles avaient en elles de vrai !
>>> Mais l'Eglise a très souvent réutilisé les légendes pour les christianniser, préservant ainsi l'identité des peuples qu'elle converti. C'est le principe noble et unique dans l'histoire de la religion de l'inculturation: évangéliser tout en laissant au peuple sa spécificité. Oui, Eliade dit pareil (Images et symboles),que "l'accessibilité du christianisme est redevable à son symbolisme cohérent et universel, ayant repris à son tour les Images universelles qui ont facilité la diffusion de son message ..."; et c'est la démarche de Tolkien, en tant que subcréateur. Elengal >>> Avant de poursuivre à propos des Valar, peux-tu lire le fuseau 'Puissances lointaines' et celui déjà cité par Yyr, 'Tolkien, monothéisme et théogonie'. Cela m'évitera de radoter, Mj a horreur de cela ;-)) Cathy |
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A propos de St Louis, il s'est quand memem commis dans la croisade contre les albigeois ( ), la 7e et 8e.
Voila pour le cote historique, maintenant pour le cote moral, nous sommes maintenant au XXIe et franchement le gars est indefendable d'un point de vue moral.
Dire que le proselitisme de l'eglise catho et romaine est sa grande gloire, c'est assez fort dans un monde post-coloniale (par ailleurs demandez aux juifs de france ce qu'ils en pensent, vous verrez que les avis sont pour le moins partages).
De quoi ? c'est vraiment n'importe quoi. Faut prendre des douches froides si l'abstinence monte a la tete. Plus serieusement tout ca n'a rien a voir avec le sujet. Quelqu'un ouvre un fuseau catholique et romains dans la section libre, ca serait peutetre mieux, non ? A+ CdC |
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Je finirai donc ma journée sur ta belle et inspirante intervention, voire conclusion à pas mal de débats. Bonne nuit (sauf Cathy, qui doit commencer à butiner à cette heure... :-) ) |
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Mj : "Mais je ne crois pas que la hierarchie supérieure se soit vraiment illustrée à cette époque par des actes de clémence et d'abnégation. >> certes, mais je me répète : on est dans un autre type de fonctionnement mental, et ça, en gros, personne n'y peut rien ! oui, l'unité de foi paraissait le seul moyen de mener la société au salut. on peut le déplorer avec notre regard de contemporains, mais pas avec un regard d'historien - regard qui cherche la vérité, mais voit d'infinies nuances par des sources infiniment biaisées. sans qu'il soit question de vérité de foi, il est possible de faire une Histoire de l'Eglise, et une Histoire du christianisme (ce qui n'est pas la même chose), qui ne tombe pas dans les poncifs du genre. je passe mon temps en cours à souligner les paradoxes apparents des médiévaux - qui ne sont des paradoxes que pour nous. Saint Louis lave les pieds des pauvres et fait brûler le talmud : là où nous voyons de l'intolérance, lui voit un moyen de sauver le royaume dont il a la responsabilité. il se plante ? il dénature la foi qu'il revendique ? aux yeux d'un individu du XXIè siècle, d'une théologie post-Vatican II, peut-être. avec l'outillage mental - notion fondamentale en histoire des mentalités - qui est le sien, non. attention, il ne s'agit pas de faire du relativisme à tout va : certains actes sont condamnables, et Jean-Paul II manifeste pleinement cette idée par les repentances qu'il prononce au début de l'Eglise sur différents sujets. Lorsqu'il fait cela, il se place dans une histoire et en accepte l'héritage contemporain, y compris l'héritage de souffrances causées. Vinyamar expliquerait sans doute mieux que moi le sens du temps compris dans ces différentes déclarations. |
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Vinyamar: j'ai ouvert le (les) fuseaux "Affaire de volonté" Je pense que j'en ai pour un moment ! Je commencerai peut-être par l'article d'Eruvike ! Cathy: je ne redoute pas tes radotages au contraire!je n'aime pas quand tu m'en fais le reproche !! Lothiriel: même si je suis plus proche des analyses de Cdc j'apprécie tes efforts d'explications et ta modération dans tes interprétations. |
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:-D A défaut de me convaincre, les argumentaires de Cœur de Canard me feront toujours rire. Tu as dit par le passé qu’il était honnête de bien vouloir pointer ses sources lorsqu’elles proviennent d’internet (sinon, c’était du, je cite, "vol de propriété intellectuelle"). Donc rendons à César, ce qui est à César, ou, pour être plus précis à Monsieur Jean-François Mangin (à moins que ce soit ta véritable identité CdC, en ce cas je te prie t’accepter mes excuses les plus plates), ta prose sur Louis IX provient sans doute d’ici ? Tu as même reproduit la faute de frappe qui s’y trouve si j’en crois les dates qui y sont mentionnées : Louis IX étant mort en 1270, il a été canonisé en 1297, ce qui nous fait non pas 17 mais 27 ans plus tard ;-) J’aime beaucoup également les morceaux choisis que tu nous offres depuis le site référencé ci-dessus et ces 5 mots lapidaires : Voila pour le cote historique.Je vais donc sur le champ arracher quelques pages de mes livres d’histoire puisque selon toi, le règne de Louis IX semble se résumer en tout et pour tout à la croisade contre les albigeois (avec la création de l’inquisition sous la régence de Blanche de Castille et la prise de Montségur), aux 7° et 8° croisades, à la chasse aux sorcières et à l’instauration de la rouelle jaune pour les juifs ;-) Quant à défendre Louis IX, apparemment, tu l’as déjà crucifié ;-) Fin de l’apparté que tu pourras, si tu le souhaites, continuer via mon mail pour ne pas surcharger le forum ;-) Vinch’, qui pense également que c'est toujours moins dangereux de parler de ce que l'on connaît un peu |
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Je suis content de te faire rire. Citer (copy and paste) 5 phrases d'un site web, sans reference c'est pas ce que j'appellerais du vol de propriete intellectuel, mais admettons mea culpa. Quoiqu'il en soit, ce n'est pas le propos. Pour discuter de l'histoire de de maniere plus ou moins militantes, ceux que ca interresse peuvent toujours ouvrir les fuseaux ad hoc dans la section libre. Cdc |
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vinch': là je te trouve injuste envers Cdc: La biographie de Saint Louis n'est peut-être pas complete mais ce qu'il dit est vrai? à ma connaissance l'inquisition n'est pas une invention, ni cette histoire de Cathares pas plus que la Croisade contre les Albigeois du pape Innocent III. Comme le dit Vinyamar notre époque aime relativiser, il y avait certainement des aspects politiques à prendre en compte, certains faits ont peut-être été grossis (quoique sincèrement j'en doute ici, trop d'historiens se sont penchés sur le problème) mais quoi qu'il en soit il me semble bien que ce fut une des heures noires de l'église ! |
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Désolé, je n'ai vraiment pas le temps de faire une réponse développée, je me concentrerai donc sur ce qui me tient le plus à cœur: je suis passionné par le Moyen-Age et je fait des études d'Histoire dans le but de faire de ma passion, mon métier. |
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Angelyn: je ne veux pas défendre Elengal car il est de taille à se défendre tout seul mais je cherche à calmer un débat qui devient enflammé. Ce devait être l'heure tardive qui t'a fait sauter un des mots de la phrase d'Elengal: Je ne connais effectivement pas Vatican2 mais je ne trouve pas que des personnages comme Saint Kentigern, ou plus récemment, les missionnaires espagnols vis-à-vis des Indiens, au 16ème siècle et après, aient été très tolérants. Donc au moins les premières lignes de ton post me semblent hors-sujet, non? Quelqu'un une fois m'a dit qu'entre ce que l'on souhaite exprimer, ce que l'on dit, ce que l'on entend, ce qu'on veut entendre et ce que l'on comprend, il y a autant de sources d'incompréhension ;-) CdC: merci d'avoir souscrit à ma demande d'user de mail privés :-D Vinch' |
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> merci d'avoir souscrit à ma demande d'user de mail privés :-D Demande que j'appuie...
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Chère Angelyn, Où est-il dit dans le SdA qu'Aragorn s'est permi d'asservir les peuples de l'Est " parce qu'il était supérieur de race et qu'ils étaient faillibles " ? Si je ne m'abuse, Aragorn n'a justement PAS asservi ces peuples, leur a pardonné, et a LIBERE les esclaves de Sauron. Et si on veut faire allusion à cette guerre tardive contre Rhun, on ne sait absolument pas ce qui s'est passé parce que c'est expédié en deux lignes. Quant au sujet de la "tolérance" colonisatrice, on devrait peut-être aussi se demander quelle est NOTRE tolérance quand nous nous permettons de juger d'autres peuples ( et parfois de leur larguer des bombes dessus ) au nom de NOS valeurs, et pour leur bien. Les missionnaires du 16ieme ou du 19ième siècles étaient tout aussi persuadés de faire oeuvre civilisatrice que les défenseurs actuels du devoir d'ingérence. Le fait de savoir s'ils avaient raison ou tort est un autre débat. |
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Les missionaires espagnols ont été très tolérants envers les indiens...et les religions des autres, tu dis? Mais quelle tolérance y avait-il à avoir, quand un peuple se eprmet d'envoyer ses hommes apprendre à un autre peuple comment vivre, comment croire et comment être humain car selon eux ils sont barbares? D'ailleurs cela pourrait être rattaché à la notion d'erreur dont parlent les Ainur au sujet des Nains, en se posant la question de l'utilité d'un tel peuple, qui fut conçu en cachette...ou de ce cher Aragorn qui se permet, parce qu'il devient roi des Hommes, parce qu'il est supérieur de "race", d'asservir des peuples de l'Est qu'il juge barbares et faillibles parce qu'ils sont cédé à Sauron. Quelle tolérance que celle qui consiste à se croire tolérant? |
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Le plus simple pour discuter par email avec moi, c'est de m'envoyer un email. Ecrire a quelqu'un nominativement -- et de maniere vaguement desagreable -- sur le forum en lui demande a lui de pas repondre sur le meme support me parrait relativement contradictoire. CdC |
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… Puisque ce fuseau développe visiblement le « hors sujet », je me permets à mon tour une petite réflexion à partir de celle de Vinyamar concernant le « relativisme » (en profitant de l’occasion tardive pour le saluer) – et en m’excusant à l’avance pour cet écart important (et pour le côté peut-être un peu hermétique du raisonnement ;-). Etre libre, n’est-ce pas pouvoir poser des choix ? Notamment des choix de valeurs. Compris de cette manière, un point de vue « relativiste », est un incontournable outil pour permettre des choix libres, qui ont un sens réel. Quel autre moyen pour continuer à garder un œil critique sur soi-même – et donc pour évoluer ? Quel autre moyen pour respecter, en toute sincérité (et pas pour des raisons de « politiquement correct »), les points de vue différents ? Quel autre moyen pour se garder des extrémismes (même remarque que ci-dessus) – qui sont toujours destructeurs et donc porteurs de mort ? Un petit exemple ? Je sais fort bien que le point de vue que je viens de développer ci-dessus est relatif ! On peut très bien penser que l’extrémisme est le seul moyen de mener une idée jusqu’à son terme – que la destruction est un passage obligé et salutaire pour que les choses puissent changer et pour que le meilleur puisse advenir – qu’il faut la mort, pour qu’il y ait renaissance - Toutefois, ce n’est pas le choix de valeur que je fais. Qu’est-ce que ça change ? Oula… tout ça est à des années-lumière de Tolkien… Ecrivons en tout petit pour avoir une chance de plus de se faire pardonner ce méchant ex-cursus ;-) Ylem. |
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salut à tous! Sachant que Tolkien était croyant (enfin il me semblait psq arrivé jeremy |
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Jeremy, Tolkien était catholique romain. |
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Dommage de ne pas répondre à un si beau post d'Ylem! |
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On me reproche que je ne réfléchis pas avant de parler, je pourrai dire maintenant que je ne lis pas avant d'écrire...Milles excuses. Angelyn, qui vient de se rendre compte qu'elle brasse du vent, mais que peut-être ça fera avancer le floodage qui s'accumule sur ce forum. ;-) |
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En effet, Ylem mériterait une réponse, je m'excuse de l'avoir oublié. |