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Ben la question est dans le titre du sujet. Nous savons que le sujet principal que voulait aborder Tolkien dans le SdA était le problème de la mort (et non celui du pouvoir comme on pourrait le penser). Quant à vous, qu'avez-vous retenu du SdA? Une leçon ou une morale qui vous a frappé... J'attends impatiemment vos réponses. |
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Une phrase de Legolas.
- Dites-moi, Legolas, pourquoi me suis-je joint à cette Quête? Je ne savais guère où gisait le principal danger! Elrond disait vrai quand il déclarait que nous ne pouvions prévoir ce que nous trouverions sur notre route. Le danger que je redoutais était le tourment dans les ténèbres, et il ne m'a pas retenu. Mais je ne serais pas venu si j'avais connu celui de la lumière et de la joie. J'ai maintenant reçu ma pire blessure dans ce départ, dussé-je même aller cette nuit droit au Seigneur Ténébreux. Hélas pour Gimli fils de Glôin! Legolas se comporte en véritable disciple de stoïcien : il faut savoir accepter le temps qui passe, les circonstances qui changent, ne pas lutter contre lorsqu'elles deviennent difficiles mais les accepter; encore moins en avoir peur; pour cela il faut puiser sa force non dans le matériel mais dans le désir d'être au bon endroit, au bon moment, assuré que notre action est droite; une conscience pure, voilà la ligne à suivre. S. |
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La question que tu poses, Sirrus le Sage, appelle des réponses forcément subjectives car chacun selon sa propre histoire retient un ou des « enseignement(s) » de la lecture du SDA. C’est donc en toute subjectivité que je vais réagir à la réponse de Sosryko. |
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N'ayant pas le texte chez moi, je ne peux pas citer les pages exactes, mais Flieger rapproche elle aussi l'attitude des Elfes de la conception de la liberté chez les stoïciens. Nikita, la distinction que tu fais correspond à celle entre les Elfes et les Humains. Il en va de leur destin, une fois de plus, comme de leur rapport à la mort. Flieger illustre sa thèse en renvoyant à la scène où les Valar demandent à Fëanor de leur donner les Silmarils, après la perte des Deux Arbres. Or Fëanor refuse. Pourtant, Melkor s'en était déjà emparé, sans que cela se sache encore. Par conséquent, même si Fëanor avait accepté de les sacrifier, les choses n'auraient pas changé car ils étaient déjà perdus. Mais Fëanor aurait gagné, en acceptant la volonté des Valar, la paix avec lui-même et avec eux. En d'autres termes, il se serait mis en accord avec l'ordre divin ; en se rebellant, il ne change rien aux événements et en est encore plus troublé. Bon, je suis allé un peu vite, mais cette distinction me semble intéressante. Sébastien |
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Tu as tout à fait raison, Nikita : un message central du SdA est bien le ‘sens du devoir et du sacrifice’ ! Par contre, je crois toujours que cet encouragement de Legolas contient également (complétant la notion de sacrifice ) sa dose de sagesse stoïcienne. S. Ce n’est peut-être pas l’endroit, mais le discours de Legolas fait écho sur plusieurs points à une lettre, parmi tant d’autres, de Sénèque (histoire de me justifier un peu ;-)):
On doit vénération à la justice, à l’amour du devoir (1), à la bonne foi, au courage (2), à la prudence (…) mais, puisque sa vie ne peut pas être plus droite, elle ne peut pas être plus heureuse non plus. Car la vertu ne peut pas être plus tendue qu’elle ne l’est, ni par conséquent le bonheur, qui découle de la vertu.(3) Quel est le principal caractère de la vertu ? C’est de n’avoir pas besoin de l’avenir et de ne pas compter ses jours. Un instant lui suffit pour goûter dans leur plénitude les biens éternels.(4) Lettre à Lucilius, LivreXIV, lettre 92.§19,24. (1) Cf. le bon choix de Gimli. (2) Cf. le non abandon des amis sous-entendant les risques passés et à venir qui y sont liés ou, de la bouche même de Gimli, ‘le danger (…) [du] tourment dans les ténèbres’ qui ne l’a pas ‘retenu’. (3) Cf. le ‘je vous considère comme heureux’ que dit Legolas à Gimli parce qu’il a choisi ‘de son propre gré’ la voie courageuse du devoir envers ses amis ; Gimli doit donc être heureux parce qu’ il a choisi la vertu…comme un stoïcien. (4) Cf. le souvenir impérissable du si court séjour en Lothlorien, ce ‘bien éternel’ de Gimli, qui ‘demeure à jamais clair et sans tache’. |
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* Pas de jugement hâtifs (dixit fangorn et Gandalf) Voilà, tout simplement. Namárië |
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Ce que j'ai appris du SdA? Go not to elves for councel, for they will say both yes and no :-) Greg |
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Merci Fangorn pour tes remarques éclairantes sur la conception de la liberté chez les elfes. Dans mon élan, j’avais réservé le même sort aux 9 membres de la Compagnie en oubliant leurs différences « essentielles ». |
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Ne s'agirait-il pas de ce merveilleux passage :
- J'aurais bien voulu que cela n'eût pas à se passer de mon temps, dit Frodon. ? S. |
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Oui, c'est bien la citation que je cherchais! Merci, Sosryko! Dis-moi, comment fais-tu pour retrouver le texte aussi rapidement? Tu le connais par coeur ou tu disposes d'un index? |
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Nikita, le moteur de recherche dans le SdA se trouve sur ce site même ;-) Sébastien |
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Il y a un record Guisness pour le nombre de page scannées en un temps record ? :-)) |
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De rien Nikita ;-) Sosryko |
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Tout ce qui est or ne brille pas A bientôt. |
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Personnellement, la première 'leçon' que j'ai tiré du SdA fut l'attachement à la nature ! Je crois que Fangorn doit résumer quelque part en une phrase tout ce que j'en ai tiré. |
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pour moi la leçon principal du silmarillon est que l'aide dans les affaires les plus sombres, viens souvent de ceux auquels on s'attend le moins. Qui des sages, des premiers nés ou des hommes dans leur orgueille, aurait pensé une seule seconde que Sauron serait vaincu |
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Moi ce que j' ai apris "c' est de conserver ce qui peut conserve de sages et de merveilleux avant que tout ne disparaisse et que la lumiere ne s' y eteigne. |
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Oui de conserver ce qui peut etre conservé.Et qu' un petit groupe d' amis peuvent finir par triompher un grand enemi.Et Earendil represente l' alliance Elfe-humain et ça ce n' est pas un hasard. |
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Salutations Il y a tellement de choses à apprendre qu´il est difficile de les citer. Qui pourrait recenser les nombreuses répliques philosophiques : Gandalf qui incite Frodon à la prudence sur ses jugements sur la vie et la mort (en partant de l´histoire de Gollum), les elfes qui mettent en doute le bien fondé d´un conseil donné car ils les trouve dangereux, Frodon qui dit que pour que les choses soient bonnes, il faut souvent que qqun les abandonne ... Y-a-t´il qqun qui a fait une étude là-dessus ou un recensement? Votre très dévoué serviteur, qui part sur le champ pour une fouille d´une semaine des écrits de Tolkien afin de trouver les passages philosophiques, tthingol. |
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Vinyamar >>> Je ne sais pas comment exprimer cela, mais Tokien m'a radicalement transmis sa désaprobation du monde technologique (hum... enfin, s'il n'y avait pas l'ordinateur...:-) ) disons, du monde qui écrase la nature. Entièrement d'accord, mais de même le progrès technique n'est pas toujours mauvais, par exemple la technologie (magie) contenue dans les 3 anneaux elfiques qui permet de guérir les ravages du mal et de la corruption ... de la maladie ... de la douleur ... et la science comme source de savoir sans le pouvoir, telle qu'on la perçoit chez Tom Bombadil, c'est source de bonheur et d'harmonie ... Bon, je v |
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Bon, je continue, je vais sans doute choquer, mais que d'un bien puisse naître un mal c'est apparemment une leçon que le XX siècle nous aura apprise, soit que l'humanisme peut engendrer la terreur : à propos du Seigneur de la magie et des machines (Sauron), Tolkien écrit (L131, traduction d'Eruvike) : " Mais le problème lié au fait que ce mal effroyable peut provenir et provient même d'une source apparemment bonne: le désir de faire du bien au monde et aux autres - rapidement et conformément aux propres projets du bienfaiteur -, constitue un thème récurrent". Et Trotski, en 1924, décrit l'humanité future communiste (quel échec lamentable), en commençant par exalter l'exercice de la puissance illimitée de l'homme armé de la machine : " ... L'homme s'emploiera à redistribuer les montagnes et les rivières, à rebâtir le monde, sinon à son image, du moins à son goût ... L'homme socialiste [capitaliste] maîtrisera la nature entière, y compris ses faisans et ses esturgeons, au moyen de la machine. ... La jouissance passive de la nature n'est plus de saison dans l'art. La technique inspirera plus puissamment la création artistique. ..." Et pour Tolkien, c'est ça la 'mauvaise magie', comme le dit Vinyamar, la "re-formation tyrannique du monde". Cathy |
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ce que je retiens de tolkien tient en un mot:la nature.Tolkien nous parle d'un temps ou le monde fut plus beau.on sent que c'était un amoureux de la nature.mon passage preferé est peut-être "chez tom bombadil" car ce personnage semble ressembler à tolkien lui-même:un amoureux de la vie,de la nature,...Il y a des passages merveileux sur la nature dans le SDA. |
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tthingol: "Y-a-t´il qqun qui a fait une étude là-dessus ou un recensement? Votre très dévoué serviteur, qui part sur le champ pour une fouille d´une semaine des écrits de Tolkien afin de trouver les passages philosophiques, tthingol. " Tu ne pouvais pas mieux tomber mon cher Tthingol. Je suis justement en train d'étudier la pensée philosophique de Tolkien (car philosophie est un terme trop précis pour s'appliquer à ces citations). Je me base essentiellemnt sur Home X, (c'est déjà assez de boulot), mais je récupérerais avec plaisir tout ce que tu trouves dans le SdA. Je pourrais ou bien y faire des renvois, ou bien une étude ultérieure. V |
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Vinyamar, Je suis touché de voir que qqun ait le courage de faire ca : je ne saurais trop comment exprimer mon admiration. Je vais essayer de t´aider du mieux que je peux meme s´il est vrai que ma science tolkiennistique n´est pas au niveau de vous autres maitres en la matière. Je m´y mettrai plutot dans 2 semaines car la, je finis le SDA (relecture annuelle du mois d´Aout) à l´occasion de la sortie du dvd (pour faire une éternelle comparaison) et j´ai des examens jusqu´au 10 septembre. Après, tu peux compter sur moi mais il est vrai que l´aide de chacun serait bénéfique. Avis à tous! Eorlindas! |
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Ce que je retiens Du Seigneur des Anneaux c'est le thème du pouvoir ( ce n'est peut-être pas le thème principal mais il est quand m^me trés présent - c'est au moins le thème N°2). mais ce qui est évoqué n'est pas seulement le pouvoir politique mais plutôt comme tu l'évoques égalment Vinyamar , le pouvoir technologique . Ce que je perçois dans ce livre c'est l'idée qu'un trop grand pouvoir est dangereux m^me s'il est utilisé pour faire le bien .C'est l'idée -comme tu disais Szako que d'un bien peut sortir le mal . |
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Pour moi, l'oeuvre de Tolkien est un hymne à la vie : nous allons mourir, oui, mais ce n'est pas un destin tragique, c'est une raison pour vivre pleinement nos existences, leur donner un sens; c'est ça, le cadeau d'Eru. Autre leçon de sagesse et d'amour, une simple phrase de Gandalf : "I pity even his [sauron's] slaves." Au diable les bergers d'arcadie immortels et mélancoliques! |
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Moi je retiens surtout la leçon de miséricorde et de pitié de Gandalf à propos de Gollum et des "méchants" : "- La mérite ! Je crois bien. Nombreux sont ceux qui vivent et qui méritent la mort. Et certains qui meurent méritent la vie. Pouvez-vous la leur donner? Alors, ne soyez pas trop prompt à dispenser la mort en jugement. Car même les très sages ne peuvent voir toutes les fins." Je trouve ça très beau et c'est évidemment d'inspiration chrétienne, et ce serait certainement une chose à rapeller aux gens qui condamnent trop facilement les autres, à ceux qui tuent pour punir. Widumawi |
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Quelle leçon retenir du SDA? |
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UNE leçon du SdA? Impossible... Outre celle citée par Tirno, une des phrases que je me suis appropriée: "Faisons d'abord ce qui doit être fait" (Legolas après la mort de Boromir). Ou encore: 'Il n'y a pas à discuter de l'est et de l'ouest' (Poiredebeurré). Il y a aussi la notion d'amitié, mais de vraie amitié, càd pas le jeu don/contre-don, mais le fait "je fais tout pour toi sans rien attendre en retour". L'hymne à la nature (mais pour moi, ça a tjrs été: j'ai tjrs été sensible aux arbres et j'ai horreur qu'on les arrache) aussi, et cette vision philosophique (au passage, pas seulement stoïcienne, moi je dirais plutôt épicurienne): profiter des chances qui se présentent sans chercher plus loin, trouver le bonheur dans les petites choses et ne pas attendre trop du destin. Il y a tellement de leçons à tirer du SdA! |