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Salut Cédric, Voilà, lu et relu, excellent Cédric, clair, précis et accessible à tous (en disant cela, je pense à l’article d’Eruvike, excellent naturellement, mais de lecture plus ardue ;-)) et c’est un sujet passionnant aussi. Bon, qq remarques ;-) 1. Tu dis que les Nornes habitent sur les sommets d’Yggdrasil. Selon mes sources (ouvrages de vulgarisation, dont un étrange, « B.A._ BA Tradition Nordique » d’Arnaud d’Apremont, je ne savais pas qu’une tradition Odiniste perdurait ?), elles seraient plutôt sous l’arbre, à côté d’une racine menant à Asgard, le monde des dieux Ases et du puits d’Urda ; c’est un aigle qui serait perché sur les sommets.
2. Wow, ta définition de ‘mythologie’ tiré du Littré 1872 me semble bien archaïque ;-)) Pour la notion de mythe, ben, j’aime bien celle de Mircea Eliade in « Aspects du mythe » : Le mythe raconte une histoire sacrée ; il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des « commencements ». Autrement dit, le mythe raconte comment, grâce aux exploits des Etres Surnaturels, une réalité est venue à l’existence, que ce soit la réalité totale, le Cosmos, ou seulement un fragment : une île, une espèce végétale, un comportement humain … En somme, les mythes révèlent que le Monde, l’homme et la vie ont une origine et une histoire surnaturelles, et que cette histoire est significative, précieuse et exemplaire. Bon, c’est un peu plus long et l’idée de paganisme est moins présente. Mais c’est plus moderne (1962) ;-))
Là, je voudrais juste rajouter un commentaire sur la notion de syncrétisme mythologique à propos du Silmarillion. On retrouve cette idée de « vivre c’est souffrir et la seule solution est de souffrir avec courage » dans la pensée chrétienne ; du fait que le bien et le mal sont totalement imbriqués l’un dans l’autre (Saint Augustin), l’histoire de l’humanité marquée par les aléas d’un temps corrompu (Arda marred) ne trouvera son épanouissement qu’à la fin des Temps. Mais chez les nordiques , à la différence des chrétiens, il n’ y a aucun espoir dans une éternité bienheureuse. Et avec le Silmarillion, mythes païen et chrétien se rejoignent, au sein de toutes ces ténèbres, une lueur apparaît : la vie après la mort et la Seconde Musique. La fin des temps : il y a aussi une étrange « ressemblance » entre le Ragnarök dans l’Ancienne Edda et le Livre de la Révélation, dans le premier il est dit qu’après la défaite des dieux, quand : Le soleil deviendra noir et que la terre sombrera dans la mer, Il y aurait alors un nouveau ciel et une nouvelle terre : Une fois encore d’une beauté merveilleuse ; Tout cela, sous le règne de Celui qui serait plus grand qu’Odin et au-delà de la portée du Mal : Plus puissant que tout, La différence c’est que dans le mythe nordique on ne retrouve pas la notion de résurrection, que l’on retrouve bien dans le Silmarillion avec la Seconde Musique. Après le Ragnarök, 2 êtres humains rescapés redonneront naissance à la race humaine, c’est le mythe de l’éternel retour avec la re-création d’un univers nouveau qui n’est pas celui du Silmarillion plus proche du mythe chrétien : … où le Cosmos qui réapparaîtra après la catastrophe sera le même cosmos créé par Dieu au commencement du Temps (Ainulindalë), mais purifié, régénéré et restauré dans sa gloire primordiale (Arda sans l’élément-Melkor) : Alors les thèmes d’Iluvatar seront joués dans leur vérité… Cathy, un peu fatiguée |
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[reprise du fuseau initial : Mise à jour du 30/04/2002] Pour reprendre des bonnes habitudes, je vous propose ce jour une nouveauté ; le texte de ma conférence donnée à Carcassonne dans le cadre du Festival Européen des Mythes et Légendes : Le Silmarillion, mythologie ou chrétienté ? Vos remarques (sûrement nombreuses ;-) sont évidemment les bienvenues ;-)
Bonne lecture, |
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Mince, n'a pas l'air de ravir les foules, mon article ? ;-) C. |
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Il est surement génial, cet article, mais quand j'ai vu la taille qu'il avait, je me suis dit que je prendrais le temps de le lire un autre jour... |
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bienvenue au club de ceux qui espèrent toujours plus ;-) mais à part ça...Tu rigoles?!, Simplement, en ce moment, j'attends un moment d'accalmie de mon côté pour voir si je peux être 'constructif'. a+ |
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Bien sûr, excusez mon impatience ;-)) Mais c'est vrai qu'il est toujours intéressant d'avoir un retour sur ce que l'on a pu faire.
A bientôt donc pour de plus amples discussions, |
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J'ai adoré (re)découvrir les influences de Tolkien. La comparaison avec la chrétienté m'a un peu étonné, car je n'avais jamais fait de rapprochement direct avec l'oeuvre de Tolkien. Il me semble que l'article appuie un peu trop le rôle d'Ulmo, même s'il n'est qu'instrument de Manwë. Cela me fait me demander, mais où donc dans la Bible trouve-t-on plusieurs dieux, réunis en une espèce d'Oligarchie ? Adu |
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Ah oui ! Encore un p'tit truc... L'article traite de la Destinée. Un faisceau a-t-il déjà débattu de cela ? A mon avis, 'y a de quoi faire. |
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Merci Adunaphel pour ces premiers commentaires ;-) J'ai traité en effet en partie de la Destinée qui, en effet, mérite qu'on s'y attarde davantage. Nous en avons également parlé à plusieurs reprises (rechercher "Destin" dans la liste des titres des fuseaux de la section "Légendaire") mais je pense revenir vers vous prochainement pour en parler à nouveau. Cédric. |
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Bonjour, Pardon d'avance pour les abérations de mes propos... :) Yavanna |
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Oups, j'avoue m'être retranchée dans le Légendaire depuis un temps certain, je cours faire un copier/coller/mes documents/lecture critique/commentaires ...c'est parti :-)) Cathy |
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Pour l'instant je n'ai que parcouru en daigonale ton essai mais il semble très interressant. Je m'y attaque dès que je le peut. |
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Je vois, Cathy, que tu as fait quelques remarques que j’aurais voulu être le premier à relever mais d’autres avec lesquelles je m’inscris en faux. Szpako a écrit :
Faux, ils ne sont pas impuissants puisqu’ils arrivent à le faire disparaître. Simplement avec un coût des plus élevés. Alors que toutes les puissances mauvaises disparaissent, s’entretuant avec les principales puissances ‘bénéfiques’ (mais une telle dichotomie est-elle justifiée pour les dieux scandinaves ? cf. l’exemple d’Ódhinn qui n’a rien d’un héros), les dieux existent encore par quelques survivants qui organisent l’âge d’or ; ce sont Vídharr, Váli, Módhi, Magni, Baldr et Hödr. [Gylfaginning 53] Le mal est bien vaincu Szpako a écrit :
Quoi ? ? aller stoïquement à la mort serait un acte anti-chrétien ? refuser de céder face à l’adversaire serait anti-chrétien ? Que nous soyons croyants ou pas, c’est ainsi que les textes parvenus jusqu’à nous présentent des héros de la foi qui n’ont rien à envier, sur le plan de l’attitude stoïque face à la mort, aux dieux scandinaves. Je m’emporte, je m’emporte, mais je me rends compte que tu voulais peut-être dire que les chrétiens ne cherchent pas à aller au devant de la mort, encore moins à mourir. C’est vrai. Mais c’est tout aussi vrai (certes dans une moindre mesure s’agissant d’une mythologie guerrière) pour les dieux nordiques ! ! Ódhinn cherche par tous les moyens à connaître l’avenir pour savoir si les temps sont venus de se sacrifier ou pas (il serait bien regrettable de mourir avant l’heure !) ; ainsi lit-on : S’ébattent les fils de Mímir, Völuspá 46 (au passage, nous avions vu une attitude similaire d’Ódhinn cherchant des renseignements avant l’heure avec les Dits de Vafthrúdhnir dans le fuseau Énigmes) Szpako a écrit :
C’est faux. Il y a l’espoir d’une lutte utile avec la vision d’une terre éternellement bénie pour les générations futures, humaines comme divines : Elle [la voyante] voit émerger Völuspá 59 Bénédictions éternelles également pour les fidèles qui ont lutté avec les dieux et qui sont dans l’au-delà : Elle voit une salle se dresser Völ. 64 Ce qui m’amène à commenter un peu plus ton article, Cédric. Je ne m’étendrai pas sur des félicitations que j’ai déjà faites et qui ont été largement complétées, et tenterai plutôt de faire une remarque critique que j'espère constructive. Il me semble erroné (si je t’ai bien lu) de vouloir opposer Chrétienté et Mythologie Nordique en considérant que " nous trouvons une concurrence entre le Destin, d’une portée mythologique, et la providence, signe de l’intervention de Dieu. " [§4] donnant l’impression que, progressivement, Tolkien a christianisé le Silmarillion. Ceci pour plusieurs raisons : 1) les sources scandinaves contiennent, également et bbien entendu, leur lot d’interventionnisme des dieux auprès des hommes (cf. Ódhinn qui vient aider Gestumblindi dans la Saga d’Heidrekr le Sage). 2) D’autre part, Dieu qui est interventionniste est également celui qui fixe les destinées humaines ainsi que celle du monde.
L’Apocalypse dévoile un avenir qui doit arriver (‘ce qui doit arriver bientôt’ Ap. 1 :1). 3) enfin, au delà de la fausse opposition Destin/Providence, je ne crois pas qu’il faille autant opposer les sources chrétiennes et scandinaves. Oui Tolkien a voulu faire une mythologie. Oui il a donc dû introduire des dieux agissant sur Terre, ce qui est contraire la croyance en un dieu unique. Mais il faut remarquer qu’il s’inspire d’une mythologie qui, bien que possédant ses caractéristiques propres, nous est parvenue christianisée en partie.
Ainsi, le poème sur lequel tu te fondes pour présenter avec raison une mythologie du Destin ne doit son existence qu’à un syncrétisme mythologique qui n’a pas attendu Tolkien pour exister. * Ainsi comment ne pas voir que [Matthieu 24 :29] :
Le soleil s’obscurcira, Est à l’origine de [Völ 57]:
Le soleil s’obscurcit, * De même [Völ 45] :
Les frères s’entre-battront Renvoie à [Marc 13 : 7-8, 12] :
Vous entendrez parler guerres et bruit de guerres (…) * Là, encore, en [Völ 52, 57] :
Surtr arrive du sud (…) on trouve l’écho du passage du prophète Isaïe [Is. 34 : 3-6,10] :
La puanteur de leurs cadavres se répand, Il y aurait d’autres emprunts, mais je pense que la démonstration est convaincante. Elle me sera utile pour proposer l’hypothèse suivante : je crois que Tolkien a aimé tout de suite les mythologies scandinaves parce qu’il y trouvait des mythes puissants, violents, originaux mais également des passages qui faisaient résonner en lui sa culture biblique. Car je suis de plus en plus convaincu que Tolkien n’était pas qu’un catholique se contentant de tradition ; il connaissait bien la Bible, Ancien comme Nouveau Testament (cf. de prochaines contributions sur la prescience de Féanor avant sa mort et l’alliance de Gil-galad qui ont leur origine dans l’Ancien Testament). Alors inconsciemment ou pas, sa création, dès lors qu’elle s’est voulu mythologique ou épique, n’a pas pu éviter des emprunts littéraires à la Bible et très tôt a voulu mêler les deux. L’œuvre grandissant, son propos sur la mort et le mal également, la composante chrétienne ne pouvait que devenir dominante. Enfin, concernant Tolkien, je ne pense pas qu’il faille parler seulement d’inspiration ‘chrétienne’ (laquelle serait axée sur le Salut, la ‘Providence’ divine) mais bien d’inspiration ‘biblique’ (le Silmarillion étant plutôt associé à l’Ancien Testament et le SdA au Nouveau). Autre remarque : De nos jours, de moins en moins nombreuses sont les personnes ayant une culture chrétienne. Ainsi Cédric, lorsque tu parles de Parque ou de Cassandre, tu prends le temps de préciser les sources (cf. notes [24] et [31] de ton article).
Mais lorsque, dans la partie §4.Un Silmarillion Chrétien, en §4.1, tu évoques " ce qui est resté du domaine d’Ilúvatar ", pourquoi ne pas justifier la présence de cet argument par une citation biblique venant le confirmer ?
De même lorsqu’au début de §4 tu parle d’Ulmo qui “jeta […] un profond sommeil troublé de rêves pesants”. Il serait dommage de passer sans la noter devant une référence à l’action de Dieu dans l’Ancien Testament sur Adam et sur Abraham : Idem pour toi, Cathy, qui, ci-dessus, compare Völupsa et Apocalypse mais sans citer de référence de l’Apocalypse. Or certains passages que tu cites ont leur origine pas seulement dans l’Apocalypse (Ap. 6:12-13, 8:12, 9:2) mais plutôt dans les synoptiques. (cf. 3)
Il est vraiment très très tard. |
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Cédric, Cathy, les autres...j'ai dit des bêtises? enfin...juste en passant pour préciser que les dernières occurences de la torpeur divine se trouvent dans le livre de Job. Sosryko |
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Merci d'ores beaucoup pour toutes vos remarques. Le temps de les relire, de les assimiler, de vérifier ce que j'ai dit dans mon article et de rédiger une réponse et je suis à vous ;-))
A+ |
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Pour faire suite à ma première réponse à Adunaphel (et à tous) conçernant le Destin, je signale l'ouverture du sujet La Place du Destin dans Le Silmarillion (tout un programme ! ;-)) Cédric. |
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Je voulais juste aller dans le sens de Sosryko quand il dit qu'il serait préférable de plus expliciter les références à la chrétienté. Je fais partie de ceux qui sont parfaitement incultes dans ce domaine. En fait quand j'ai lu ton article, Cédric, je me suis demandé comment interagissait le libre arbitre et la volonté divine selon la pensée chrétienne. Sosryko : tu parles de Dieu comme étant celui qui fixe les destinées humaines : cela me semble contradictoire avec l'idée du libre arbitre de l'homme (j'avais dans l'idée que c'était un aspect important du catholicisme) ? ? Mais sans doute que je caricature ta pensée. |
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au fait Beruthiel, c'est la première fois que je te rencontre, alors je manquerais (et j'ai manqué!) à tous mes devoirs si je ne te remerciais pas de venir rejoindre la troupe ;-)) salut à toi Céline |
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sosryko >> Tu sais bien que je ne sors que lorsque les ténèbres ont obscursi la face du soleil et jeté leur voile de frayeur sur l'inconscient des hommes endormis ;-) proies faciles et délectables pour les prédateurs nocturnes :-)) Donc j'ai posté la nuit dernière ( où l'année dernière selon les traces écrites, les plus fiables :-)) Suis-je un démon de votre passé ou un être de votre présent ?), je te lis là ( et ailleurs) et demain je réponds et je mords LoL A+ |
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Sosryko a écrit :
Je te renvoie au message d'Eruvike qui semblerait dire le contraire, mais comme je ne suis pas une spécialiste en théologie, à toi de voir. Cathy Dodo |
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J’ai potassé ton article Cédric, et j’aimerais te poser deux trois questions et faire quelques remarques. 1. Tout d’abord, le choix du titre de l’article, « un exemple d’étude avec la place prépondérant du Destin », qui nomme donc le principal fil conducteur de ton étude. Pourquoi avoir choisi le Destin ? Etait-ce un choix qui s’imposait de lui-même à tes yeux ? Puisque Tolkien lui-même parlait du Pouvoir comme thème allégorique de son œuvre, alors que certains évoquent la Mort et l’Immortalité. Tu parles également du Don à un moment ; c’est un thème qui m’intéresse grandement ici, et peut-être aurait-il été intéressant de continuer une autre étude dans cette voie-là. 2.1. La comparaison que tu fais entre le Silmarillion et la Chrétienté est très intéressante, et s’imposait effectivement. J’aurais aimé ajouter une similitude que je n’ai pas vu dans ton étude : Melkor n’est-il pas semblable à l’ange Iblis, rebellé contre son Créateur et banni des cieux ? 2.2. A ce propos, je trouve que la fin du monde évoquée par Tolkien ressemble plus au Jugement Dernier qu’au Ragnarök ; en cela par exemple que le Ragnarök n’évoque pas de renouveau après la destruction des Dieux… Mais peut-être que je me trompe. 3.1. Troisième remarque, et la plus essentielle à mes yeux. Lorsque Tolkien se mit au travail, c’était dans l’optique de donner une mythologie à l’Angleterre. Fasciné par les récits épiques nordiques, les anciennes sagas seront ses principales sources d’inspiration. Alors voilà la question que je me pose : Tolkien n’avait-il aucune connaissance des légendes celtes ? Pourtant l’édition diplomatique du plus important d’entre eux, le « Lebar na Nuachongbala », plus connu sous le nom de « Book of Leinster », date de 1986, tandis que ses premières traductions sont antérieures à 1847. Alors, manque d’informations ? Choix volontaire ? Ou haine de l’Irlande ? (dont les récits concernent d’ailleurs la totalité des pays celtes)… D’ailleurs, certains points de comparaison m’amènent à penser que s’il ne s’en est pas essentiellement inspiré, il en a peut-être au moins eu connaissance… A moins que ce ne soit là quelque tour de notre bonne vieille Noosphère ;-))) 3.2.1. D’abord, l’importance de la musique chez Tolkien. Il en est de même chez ces bons vieux celtes, chez lesquels elle appartenait au domaine divin, et à l’Autre Monde, le Sidh. La musique est tout à la fois une magie, une thérapeutique, un divertissement. C’est aussi un art primordial, et pour les celtes, quiconque possède un art est élevé au rang des dieux. ( Mais certains me diront que son importance est plus grande encore parmi d’autres peuples, comme les peuples africains par exemple…) 3.2.2. La fin du monde ( euh en fait ceci est plutôt une comparaison entre les textes nordiques et celtiques, donc à prendre hors de l’étude) : pour faire écho au texte de la Völuspà ici cité par Sosryko et qui s’imposait en effet, je donnerais ce passage extrait de la « Seconde bataille de Mag Tured », où prophétise Morrigan, déesse de la guerre : Je verrais un monde qui ne me plaira pas : mauvais avis des vieillards, le fils ira dans le lit du père, Un mauvais temps, En voici un autre, qui lui aussi parle de lui-même, du « file » Ferchertne dans le « Dialogue des deux sages » : […] J’ai, à la vérité, de terribles nouvelles. Les temps seront mauvais ; les chefs seront nombreux, les honneurs peu nombreux ; les vivants briseront leurs bons jugements. Cet extrait finit ainsi : Il viendra ensuite sept années sombres ; La notion de jugement étant ici évidemment chrétienne… 3.2.3. Le style d’écriture. Celui du Silmarillion relève de la dramaturgie, plus proche des styles usités dans les récits celtes que nordiques (mais peut-être est-ce la traduction qui donne ce visage), ceux-ci étant plus... Comment dire… Folkloriques ? ;-) C’est-à-dire qu’ils se servent de nombreuses métaphores et répétitions non présentes dans le Silmarillion. On pourrait peut-être y voir une quelconque influence romantique. Quelques remarques pour finir :
Les trois vierges du frêne Yggdrasill (Urdr, Verdandi, Skuld), les bons exemples de tisseuses de destin, vivent au pied d'Yggdrasill, pas au sommet... ;-) Voilà, c’était en gros à peu près tout ce que je voulais dire. A bientôt, Vay ;-) |
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C’est un bien vaste sujet (au-delà de mes compétences) que de traiter l’apparent problème entre, d’un côté, le libre arbitre dont Dieu à gratifié l’homme et, de l’autre côté, son omniscience qui le rend maître de l’avenir ou son omnipotence qui lui permet d’intervenir et donc de façonner cet avenir.
Mais je n’ai surtout jamais voulu dire que Dieu ‘programme’ sa création ou ses créatures!! Je voulais simplement montrer que la dichotomie entre Destin nordique (où des héros acceptent un avenir fixé d’avance) et Providence divine ignorait que l’on trouve dans le Nouveau Testament des hommes (Jésus, Paul) ayant également accepté une destinée en toute connaissance de cause. Mais moi, je me confie en toi, ô Éternel ! je dis : tu es mon Dieu ! Psaume 31 : 15-16 De même, ne pas s’engager c’est choisir son camp, donc son ‘destin’ (= une fin subie plutôt que choisie) ; car il faut garder à l’esprit que, selon la Bible, la vie ne s’arrête pas à la mort mais que tous sont appelés au salut et que tout est appelé en jugement. Le don du libre arbitre est sans équivoque dans le texte biblique : l’homme a la capacité de choisir de suivre Dieu comme de le rejeter ; ainsi, parmi d’autres versets : Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi, mais toi, domine sur lui. Genèse 4:7 J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre, j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, Deutéronome 30:19 Je [le psalmiste] choisis la voie de la vérité, Psaumes 119:30 Voici, je [Jésus] me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. Apocalypse 3:20
Jusqu’à un certain point toutefois. Cette capacité s’amenuise si l’homme décide de se complaire dans le rejet de Dieu, s’il ‘endurcit son cœur’, comme Pharaon qui refuse une autre autorité que la sienne, ou Judas qui se laisse pervertir par son amour de l’argent ; liés et esclaves de ce qui les a dominés (le péché), leurs destinées est toute fixée : la mort spirituelle. Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas. Luc 13:24
Si l’homme est libre, l’avenir de la création n’en est pas moins fixé : Dieu ne laissera pas sa création sans jugement. En ce sens, on peut parler de Destin, en sorte que l’avenir ultime est aussi impossible à changer que le passé. Mais les cieux et la terre d’à présent, la même parole les a mis de côté et en réserve pour le feu, en vue du jour du jugement (…)
Le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de ce qu’il a promis, (…) mais il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse mais que tous arrivent au repentir. (…) Mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera. 2 Pierre 3 :7,9-10,13 Là encore, nous avons là un autre passage, avec les apocalypses synoptiques et johannique, qui trouve son écho dans la Völuspá... Sosryko |
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Sosryko >> Merci pour ta reponse (et aussi pour tes encouragements pour ma these...). Il y a un truc qui m'a interpelle c'est le :"il viendra le jour du seigneur,comme un voleur". Je trouve ca assez curieux comme comparaison. Je mediterai tout cela pendant le magnifique viaduc qui commence ce soir.... |
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Un peu perdu dans ces longs échanges, moi... Noté en passant : Vayneroth a écrit :
C'est plutôt l'inverse, j'aurais dit... Il y a une recréation du Monde après le Ragnarök: Elle voit la terre sortant une deuxième fois / Hors de l'écume, belle et verte Völuspá §59 De merveilleux trésors d'or seront encore trouvés dans l'herbe verte, Völuspá §61 et suivants Cf. la Völuspá. Il n'y a pas à strictement parler de recréation du Monde après le Jugement Dernier. L'avènement du Royaume de Dieu est plus métaphorique que concret. Cf. notamment Eliade, Histoire des croyances et des idées religieuses volume 1, Payot, notamment le chapitre "L'iran antique et Zoroastre" où l'auteur se livre à une comparaison (rapide) avec les thèmes hébraïques. Enfin c'est une bonne question, à creuser. Didier. |
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Didier, il y a neanmoins le concept de la Jerusalem Nouvelle qui peut y etre rapprochee, non? Mais peut-etre est-ce seulement metaphorique. Cirdan |
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Hisweloke a écrit :
Je suis désolé mais c’est la faute à Cédric, il n’avait pas à rédiger un si long article pour ensuite nous demander avec insistance des commentaires ;-)
Erreur (cf. ce qui vient)
Si nous la creusons, les échanges n’ont pas fini d’être longs ;-) Si on se restreint à la destinée de la Terre à la Fin des Temps, au moins deux courants bibliques se rencontrent et décrivent une révolution miraculeuse géographique/cosmique succédant à la " Fin de Jours " :
(1) il y a régénération de la Terre, (2) il y a destruction de la Terre actuelle et création d’une Nouvelle Terre (= nouvelle création) Dans les deux cas il y a action divine sur les éléments terrestres, sans métaphore volontaire aucune de la part du rédacteur. En faveur de la tradition (1) [Romains 8 :19-22] Voir aussi : Ce jour là (=le jour du Jugement dernier) Je transformerai le ciel, et J’en ferai une bénédiction, une lumière éternelle. I Hénoch, 65 :4-6 [cf. aussi : Jubilés 23 :18-30] En faveur de la tradition (2) (plus importante) Nous rencontrons l’auteur du texte (cité dans un post précédent) de 2 Pierre : il évoque « les cieux et la terre d’à présent » et attend avec sincérité « selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre ». Cette promesse, elle vient d’un oracle d’Esaïe : Car voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle Es. 65 :17 ; cf. 66 :22 Le verbe hébreux ‘créer’ utilisé est le même que celui qui décrit l’action divine au jour de la première création (Genèse 1 :1 « au commencement Dieu créa les cieux et la terre »), d’où l’interprétation littérale de ce passage qui peut être aussi lu comme le ‘simple’ symbole du renouvellement de l’ère messianique.
C’est à ce verset là encore que fait référence Apocalypse 21:1. Lectures confortées par les évangiles mêmes où Jésus annonce : Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Matthieu 24:35//Marc 13 :31//Luc 21 :33 Voir aussi : Le monde reviendra à son ancien silence, pendant sept jours, afin que personne ne subsiste. IV Esdras 7 :30-31 [cf. aussi Oracles sibyllins, 3 :80-96 ; Jubilés 1 :29 ; I Hénoch 91 :16 ; II Baruch 32 :1-6…] Si on veut revenir à la comparaison Völuspá/Nouveau Testament, cette première, décrivant l'incendie universel provoqué par Surtr, comme le second, présente une destruction totale suivie d'une nouvelle création. Normal, encore une fois, le poème nordique s'inspirant de la Bible qui privilégie la tradition du total recommencement plutôt qu'une régénération. Voilà Didier, j'espère que je n'ai pas été trop long. Sosryko |
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Wow ça devient craignos sur JRRVF. Je propose à Cédric de nous installer un moteur de recherche sur La Bible ;-)) Bon en attendant je m’arme de tous mes bouquins … Sosryko, Je maintiens mes positions « stoïquement », et je commence par ta dernière remise en cause qui semble plus d’actualité ;-) Niet, Niet, Niet, je maintiens que chez les nordiques , à la différence des chrétiens, il n’ y a aucun espoir dans une éternité bienheureuse.
La Ragnarök fait partie de « ces mythes de la Fin du Monde, impliquant plus ou moins clairement la re-création d’un Univers nouveau, exprimant la même idée archaïque, et extrêmement répandue, de la « dégradation » progressive du Cosmos, nécessitant sa destruction et sa re-création périodiques …. Et la croyance dans la perfection des commencements ». (Mircea Eliade)
Je tendrais à penser, comme Didier, que l’Apocalypse dans la tradition judéo-chrétienne s’oppose totalement à une conception cyclique du temps. Le Temps est linéaire et irréversible : la cosmogonie a été unique, la fin du monde le sera aussi. Jesus parle bien aussi du Royaume des Cieux et non terrestre, il me semble : « Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi ; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume des Cieux » (l’Evangile selon St Mattieu). Plus loin à propos de la résurrection il dit « A la résurrection, en effet, on ne prend ni femme, ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel ». Enfin la Jérusalem future dans l’Apocalyse est dite « céleste ». Sosryko a écrit :
Erreur ;-)) Et dans le Légendaire, Tolkien parle d’une Arda Régénérée. Je ne nie pas que la mythologie nordique dont s’est inspiré Tolkien, soit en partie christianisée, mais qu’il faille opposer les sources chrétiennes et scandinaves, oui je le crois. Et là j’ai envie de citer un extrait de Mircea Eliade in « Mythes, rêves et mystères » qui montre bien cette opposition : … la mythologie mise en œuvre par le national-socialisme apparaît étrangement maladroite. …surtout grâce au pessimisme fondamental de la mythologie germanique. Dans son effort pour abolir les valeurs chrétiennes et retrouver les sources spirituelles de la « race », cad du paganisme nordique, le national-socialisme a dû nécessairement s’efforcer de ranimer la mythologie germanique. Or, dans la perspective de la psychologie des profondeurs, pareille tentative était proprement une invitation au suicide collectif : car l’eschaton annoncé et attendu par les anciens germains est la ragnarök, cad une « fin du monde » catastrophique ; elle comporte un combat gigantesque entre les dieux et les démons, qui s’achève par la mort de tous les dieux et de tous les héros [et les survivants Mr Eliade ?] et par la régression du monde dans le chaos. Il est vrai qu’après la ragnarök, le monde renaîtra, régénéré (car les anciens Germains eux aussi, connaissaient la doctrine des cycles cosmiques, le mythe de la création et de la destruction périodiques du monde) ; néanmoins, substituer au christianisme la mythologie nordique, c’était remplacer une eschatologie riche en promesses et en consolations (pour le chrétien, la « fin du monde » achève l’Histoire et la régénère tout à la fois) par un eschaton franchement pessimiste. Traduite en termes politiques, cette substitution voulait dire à peu près ceci : renoncez aux vieilles histoires judéo-chrétiennes et ressuscitez au fond de votre âme la croyance de vos ancêtres, les Germains ; ensuite, préparez-vous pour la grande bataille finale, entre nos dieux et les forces démoniaques ; dans cette bataille apocalyptique, nos dieux et nos héros – et nous avec eux – perdront la vie, ce sera la ragnarök, mais un monde nouveau naîtra plus tard. On se demande comment une vision tellement pessimiste de la fin de l’Histoire a pu enflammer l’imagination d’une partie du peuple allemand ; le fait est pourtant là et il n’a pas fini de poser des problèmes aux psychologues.
J’ai encore qq remarques à te faire Sosryko, mais j’ai une petite soif ;-)) Cathy |
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Szpako a écrit :
C’est un peu le problème ; je sens que tu vas me sortir Eliade ;-)…au lieu de me lire avec calme et sans a priori :-
Toutes? Suis-je donc tant dans l’erreur ? Alors, je suis désolé, mais je vais devoir citer plusieurs de tes critiques car tu as mal compris ce que j’ai voulu dire ; c’est ma faute, c’est ma faute, j’aurais dû détailler (…au risque de rebuter le peu de personne qui me survolent ? ;-)) Alors, pour que ce soit clair pour tous, (là, j’aurais presqu’envie de mettre des capitales partout, étapes supérieure au gras omniprésent que tu as utilisé, Cathy ;-)) :
J’écrivais bien, juste après ta phrase : Je te cite citant Eliade (le gras n’est pas de moi) :
Je te cite me citant (un tout petit peu plus loin) :
Euh…tu me pardonneras, mais elle est où mon erreur ? ! ! ! pour une fois que je suis entièrement d’accord (à un mot près : ‘périodiques’) avec Eliade !… ;-)) Ce n’est pas, j’espère, parce que " dans le Légendaire, Tolkien parle d’une Arda Régénérée " ? ? ? 1) je répète, pour l’avoir expérimenté moi-même, un chrétien ne peut être que fasciné et séduit par le poème du Ragnarök tant il reprend une terminologie, une forme, un souffle épique biblique (indépendamment du sens) 2) Que Tolkien ait préféré suivre la tradition (1) d’une Terre régénérée (cf. post [08-05-2002 21:36] !) est justement LA preuve qu’il ne faut pas à tout prix (même si les philosophies diffèrent au-delà de la forme) opposer les sources judéo-chrétiennes principales (= tradition (2)) et scandinaves quant à l'avenir de la Terre: Tolkien n’a retenu ni les unes ni les autres pour le destin d’Arda.
Euh à nouveau... je ne répondais pas à Didier [07-05-2002 17:40] à propos de l’opposition entre une conception cyclique (Ragnarök) et une conception linéaire du temps (Apocalypse). Il opposait la notion de re-création physique (Ragnarök) à une re-création métaphorique (Apocalypse). C’est sur ce point que j’ai voulu répondre, pas sur la notion linéaire du temps de l’histoire biblique que je ne remets pas en cause ! ! Au passage, la notion d’histoire cyclique (tout redevient comme avant, périodiquement) chez les scandinaves n’est pas plus fondée que dans l’histoire biblique. Elle [la voyante] voit émerger
De même, il ne faudrait pas tomber dans l’erreur d’une histoire biblique certes ‘linéaire’ mais où tout ce qui arrive serait totalement ‘différent’ de ce qui a précédé.
Tu crois pouvoir imaginer les combats cosmiques que décrit la Völuspá ? ;-) De plus, je ne m’intéressais qu’au destin de la Terre à la Fin des Temps et non pas à tous les événements de la Fin des Temps ('l’eschatologie', puisque tu utilises ailleurs ce gros mot ;-)). Enfin, je répète que je me limitais au texte biblique et non pas aux siècles de théologie qui ont suivi et qui ont voulu voir dans la Fin des temps la Fin Du temps (ou comment remplacer une énigme par une autre).
Il te semble bien ;-)) c’est en [Mt 19 :14].
Mais… pardonne-moi, et je rougis de ce que je vais dire tant je t’aime bien (c’est vrai, tu le sais ! ;-)), mais tu es de mauvaise foi, là : comment, un peu avant, peux-tu me reprocher une présentation littérale de l’Apocalypse pour ensuite t’appuyer sur une interprétation littérale d’une parole de Jésus ?
1) en essayant de faire simple, le ‘Royaume de Dieu’ n’est pas, dans la bouche de Jésus, un lieu géographique, une destination mais bien la présence de Dieu dans le cœur des hommes, s’assimilant avec la Bonne Nouvelle (= Évangile). Alors, le ‘Royaume de Dieu’ devrait être traduit ‘Règne de Dieu’. Dans cette acception, il n’est pas une réalité palpable/physique mais une puissance non éclatante déposée dans le cœur de l’homme (cf. les multiples images du Royaume sous forme de paraboles du grain, de la semence, du trésor, de la perle en Matthieu 13 :24-30,31-33,36-50,44-47…). Le royaume de Dieu est donc venu vers vous. (ou : vient de vous atteindre) Matthieu 12:28//Luc 11 :20 (Luc 10 :9,11) Jésus, voyant qu'il avait répondu avec intelligence, lui dit, Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. Marc 12:34 Les pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le royaume de Dieu. Il leur répondit, Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. Luc 17:20-21 Car le royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. Romains 14:17 2) le Royaume de Dieu/des Cieux appartient à la fois au ‘Déjà-pas encore’ de l’Évangile. ‘Déjà’, il est au milieu de nous (aspect ‘sotériologique’) mais il n’est ‘pas encore’ éclatant sur cette terre ; ce n’est qu’à la Fin qu’il sera totalement manifesté (aspect ‘eschatologique’). 3) ensuite, je le répète ( ;-)), si le sens est le même, on rencontre différentes présentations (symboliques, qui se complètent) dans le NT. Ainsi, l’interprétation du Royaume/Règne de Dieu dans l’Apocalypse est autant terrestre que céleste et non pas seulement céleste comme cela semble l'être souvent en Matthieu (mais il faut garder à l’esprit que ‘Cieux’ n’est qu’un euphémisme rabbinique pour ‘Dieu’). Dans l'Apocalypse, tout 'simplement', Dieu vient régner au milieu de ses fidèles qui restent sur la Terre Nouvelle : Tu as fait d'eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre (= Terre nouvelle). Ap 5:10 Et il y eut dans le ciel de fortes voix qui disaient, Le royaume du monde est remis à notre Seigneur (= Dieu) et à son Christ (= Jésus) ; et il régnera aux siècles des siècles. Ap 11:15 Alors, pourquoi vouloir à tout prix rejeter une tradition littérale qui représente le peuple élu sur une nouvelle terre, revenu dans un état d’avant la chute (présence de l’arbre de vie), dans une félicité éternelle auprès de Dieu qui ne reste pas éloigné dans les Cieux mais qui vient demeurer avec son peuple (" Il habitera avec eux, ils seront son peuple et Dieu lui-même sera avec eux. ", Ap.21 :3) ? ? De plus le terme de " Jérusalem céleste " n’existe pas dans l’Apocalypse; ce terme n’apparaît qu’en Hébreux 12 :22. Aussi lorsque tu écris :
c’est un peu 'maladroit ': dans l'épître aux en Hébreux, la Jérusalem spirituelle (par opposition à la capitale de Judée ; donc, la ‘nouvelle J.’ de l’Ap.) est encore céleste parce que les temps de la fin ne sont pas encore venu. En Ap.21 :2, après le Jugement dernier, elle ‘descend du Ciel’ pour venir sur la nouvelle terre. Elle devient la nouvelle (et véritable)Jérusalem terrestre, la « véritable demeure de Dieu avec les hommes » [Ap. 21:3].
Exact, en [Matthieu 22:30]
1) Tu en as une lecture erronée (mais très compréhensible ;-)) : ce ne sont pas les ressuscités qui sont ‘dans le ciel’ mais ‘les anges’. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Matthieu 18:10
2) Luc l’a bien compris qui n’écrit que ‘ange’ dans son texte parallèle au texte de Matthieu que tu cites [verset 36 de Luc 20 :27-40].
Au passage, l’auteur de Hébreux va plus loin, en parlant, lui aussi de " Monde à venir " pour les élus (en Hé 2 :5). Sauf qu’il utilise le mot grec oikoumenh { oikoumenh } qui signifie ‘la terre habitée’. Normal ; en nous souvenant que pour les premiers chrétiens comme pour les juifs, ‘ciel’ ou ‘cieux’ désigne la présence de Dieu et Dieu lui-même, dès à présent, le chrétien qui vit sur terre est décrit comme étant assis dans les cieux. Cf. : Il nous a ressuscité et fait asseoir dans les cieux, en Jésus-Christ Éphésiens 2:5 Eliade a écrit :
Je suis entièrement d’accord ! ! ! et je n’ai jamais voulu remplacer la seconde par le premier, arglll :-( ! ! Szpako a écrit :
Une dernière fois, je suis d’accord avec toi : la pensée pessimiste de la mythologie nordique n’a rien de comparable avec l’espérance chrétienne.
Finalement nous sommes d’accord sur l’essentiel, non ?
a+ Cathy Sosryko |
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Szpako a écrit :
Quoi?! tu n'avais pas encore regardé mon profil?! je suis véxé ;-)
Sinon, il faut (encore) replacer cette phrase dans son contexte : je ne parlais pas de l'oeuvre et du salut de Dieu pour les hommes, mais bien du destin de la Terre.
Personne n'est parfait...même pas moi, euh...surtout pas moi ;-)
J'ai fait confiance à la traduction de Régis Boyer, qui n'est pas un manche mais a pu se tromper...tant ce vers semble être interpété de façons diverses (un petit tour sur internet, on trouve la 'belle et verte'='fair and green' que tu cites mais aussi 'all green').
C’est que le nom en vieux norois " iðiagrœna " est difficile à traduire. Boyer, cohérent, dit que " son nom convoie l’idée de plaine toujours verte ". Völlr = vallée; Ið ?=? "se répétant", c.-à-d., se renouvelant toujours. Il n’est pas sûr de cette traduction, mais elle est confirmée par Boyer et Simek (qui parle d’une ‘interprétation possible’ dans Dictionnaire de la mythologie germano scandinave, I, p.191 et traduit par "champ qui se renouvelle constamment")
Dans ta longue citation d'Eliade ('l'eschaton annoncé', 'eschatologie', 'eschaton franchement pessimiste').
Les 'deux frères' de Vol.§63 ne sont pas forcément ceux que tu proposes. Boyer lui-même ne prend pas position hésitant entre D'accord bien entendu avec toi pour la présence essentielle de l'arbre. Il y a encore à dire, certainement, sur ce sujet.
ok |
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Hé ben Sosryko ! Belle explication de texte, que j’apprécie et que j’ai lu « stoïquement » (je plaisante ;-)) Merci du temps passé. Sosryko a écrit :
Et
Tu vois où j’ai péché ;-)) La deuxième remarque un peu moins clair pour les non-clairvoyants ;-) Réaction en chaîne : sosryko a écrit :
Tu dis que la Bible privilégie la tradition du total recommencement et c’est là où j’ai du mal à te suivre (j’aurais du me méfier et regarder ton profil avant de m’aventurer dans ce genre de débat ;-)) Pour moi, dans le mythe chrétien il n’y a pas un total recommencement mais autre chose de nouveau (tu vas dire que je joue sur les mots, soit). Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu La Jérusalem future in l’Apocalypse
Et c’est cela que l’on est incapable de concevoir ? ? (Et l’Apocalypse est à comprendre comme une vaste métaphore ? ?) Tu dis que l’on rentre dans un âge d’or éternel aussi avec la Völuspá et tu cites : Elle [la voyante] voit émerger Le lien que donne Didier donne une autre traduction très différente : Elle voit la terre sortant une deuxième fois / Hors de l'écume, belle et verte Völuspá §59 Sosryko a écrit :
Mais où ça ? ? ? Pour ‘Royaume des Cieux’, je ne fais pas preuve de mauvaise foi ( :-( ), je comprends cieux comme un ailleurs avec Dieu (tu explicites tout cela bien mieux que moi ;-)) et ma citation venait juste après la notion du « face à face » avec Dieu. Là tu me lis aussi avec un a priori. Idem pour ma deuxième citation, qui suivait, les ressuscités seront autres, régénérés, différents de ce qu’il étaient en tant que mortels, plus proches des êtres angéliques. Là je suis véxée ;-(( Tiens, curieux, il est dit dans la Völuspá que l’humanité future aura sa demeure dans le ciel, la demeure des vents : Et les fils de deux frères ont installé leur demeure dans la grande salle des vents… §63 (les 2 frères sont les Ases Hoenir et Odinn/Hroptr et au commencement ce sont les 3 frères Odinn, Hoenir et Löddur qui donnèrent vie au premier couple humain engendré de deux arbres ; et les 2 rescapés du Ragnarök s’étaient refugiés dans le bois de l’arbre du monde, Yggdrasill ; l’arbre, essentiel dans les 3 mythologies germaniques/chrétiennes /Tolkieniennes). Comme Bottéro, tu n’aimes pas trop Eliade … Pour mes autres remarques, ben, à demain
A+ |
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Ne crains rien Sosryko, en tout cas pas en plein jour ;-)) J’oubliais, mais je suis d’accord , face à une lecture poétique j’oppose une lecture d’interprétation, idiot, mais cela m’a permis d’apprendre un tas de choses interessantes (comme l’utilisation du mot grec oikoumenh ). Rassurée que c’est Eliade qui a l’esprit mal tourné par contre ;-)) Sosryko a écrit :
Mais il affirme le contraire, non ? ? ?
Selon mes sources (petites) ils peuvent être identifiés à Hoenir et Lödurr, donc je n’étais pas si loin de la vérité … mais quel micmac ;-) Bon la suite de mes griefs ;-)) Je maintiens que le désastre attend donc les héros et héroïnes des récits anciens (que d’histoires atroces, comme celle de Kullervo ou celle de Signy fille de Volsung et sœur de Sigmund que l’on trouve dans la Volsungasaga) et malgré tout ils refusent de céder et vont stoïquement au-devant de la mort (acte tout à fait anti-chrétien). Et les Noldor, en retournant sur la Terre du Milieu, font aussi le choix de mourir, faisant suite à ce que je disais de la mythologie nordique, où l’on trouve l’idée d’une impuissance devant le mal. Ce n’est pas un camouflet ;-)) Je vais tenter d’être plus explicite … De plus, je ne parle pas des dieux nordiques mais bien des hommes ;-) Si Buffy, pour vaincre les forces du chaos, fait le choix de mourir, c’est par amour, pour sauver ceux qu’elle aime et accessoirement l’humanité ;-)). « La mort est son Cadeau » ;-) Par contre Kullervo le fait par désespoir et honte. Dans le Légendaire le fait d’aller au-devant de la mort est bien déterminé par ces 2 motivations fort différentes, l’une dans l’optique chrétienne d’amour et de sacrifice (et le SdA s’en fait l’écho à travers les personnages de Gandalf et de Frodo, 2 images « christiques »), l’autre dans une optique plus mythique reposant sur la notion d’hybris, ce sont l’orgueil, la vengeance et le désespoir qui poussent à aller au-devant de la mort ou à se suicider (voir les cas de Denethor,de Hurin, de Turin et de Nienor par exemple). Cette dernière attitude, la mystique chrétienne la condamne (moi, personnellement, non) : J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre, j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie , afin que tu vives, toi et ta postérité. Deutéronome 30 :19 (petite citation que je te pique ;-)) Et Gandalf dit à Denethor qui veut se suicider par le feu : « Vous n’avez pas autorité, Intendant de Gondor, pour ordonner l’heure de votre mort.Et seuls les rois païens , sous la domination de la Puissance Ténébreuse, le firent, se tuant dans leur orgueil et leur désespoir, et assassinant leurs proches pour faciliter leur propre mort » Le Retour du Roi, Livre V, chap.7 Gandalf ne traduit-il pas ici une réalité pangermanique de certains destins « déplorables » ;-) de héros marchant sans faillir vers une mort tragique, que leur valent l’enchaînement fatal, inéluctable, des vengences d’honneur ? Cette farouche grandeur provient d’une volonté inflexible de prendre son destin à son compte (Turin et Fëanor sont représentatifs à cet égard, leur mort étant par contre héroïques, car ils refusent de capituler et préfèrent la mort, Denethor lui capitule, …mais n’est-ce-pas faire preuve d’orgueil aussi ?). Mais comme tu le dis justement, les Nordiques comme les premiers chrétiens persécutés, mesuraient la valeur de leur vie selon un talon d’héroïsme, mais souvent dans les contes nordiques , le tragique découle d’un héroïsme « démesuré ». Prenons la légende de Signy contenue dans la Saga Völsunga (on connaît celle finlandaise de Kullervo), particulièrement atroce, dont voici un petit résumé (que je dédicace à Beruthiel ;-)) : Signy était la fille de Volsung et la sœur jumelle de Sigmund. Son mari, le roi des goths, tua Volsung par traîtrise et captura les fils de sa victime. L’un après l’autre, il les enchaîna pendant la nuit, afin de les faire découvrir et dévorer par un loup, mère du roi. Quand le dernier , Sigmund, fut amené et chargé de chaînes, Signy avait trouvé un moyen de le sauver. Elle le libéra et ensemble, ils firent le serment de venger leur père et leurs frères. Signy décida que Sigmund aurait pour l’aider un être issu de leur rang ; sous un déguisement, elle lui rendit visite, lui jeta un charme et passa 3 nuits avec lui.Jamais il ne sut qui était cette femme, le charme se rompant une fois vengeance accomplie. Lorsque le garçon né de leur union atteignit l’âge de la quitter, Signy l’envoya à Sigmund et dès lors, tous 2 vécurent ensemble jusqu’à ce que l’adolescent – Sinfjolti – devînt adulte. Signy vécut toutes ces années- là avec son mari, lui donnant des enfants, ne lui montrant rien de ce désir de vengeance qui consumait son cœur. Le jour attendu vint enfin. Sigmund et son fils prirent la maisonnée par surprise, ils tuèrent tous les autres enfants de Signy ; ils enfermèrent son mari dans sa demeure et y mirent le feu. Signy, sans un mot, les regardait agir. Quand tout fut accompli, elle leur dit qu’ils avaient glorieusement vengés leurs morts, puis elle entra dans la maison en flammes et y mourut. C’était là ce projet qu’elle avait nourri pendant toutes ces années : faire périr son mari puis mourir avec lui. On retrouve un thème similaire de vengeance et de mort de toute la smala, dans le mythe grecque de Médée, qui par désespoir d’avoir été trahie par celui qu’elle aimait , tue leurs 2 petits enfants, avant de s’envoler dans un char traîné par des dragons. De même Denethor, qui dans son orgueil et désespoir d’une défaite, veut entraîner dans son suicide son fils Faramir. Et que dire de Fëanor, qui malgré la prophétie de Mandos : « …et au-delà d’Aman vous marcherez sous l’ombre de la Mort… » , mène lui-même, ses fils et une partie des Noldor à leur perte, en toute connaissance de cause. Son héroïsme se fonde sur une cause perdue, il est impuissant devant le mal, mais paradoxalement l’héroïsme est son seul soutien possible. C’est grâce à son courage et à celui des autres Noldor, qui a permis l’affaiblissement de Morgoth détourné de ses objectifs premiers de destruction totale d’Arda, et ainsi contribué à sa défaite future. Mais … la suite à demain ;-) Cathy |
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Sosryko a écrit :
Szpako a écrit :
[Rien n'est moins 'sûr'] que de croire qu'il n'y a qu'une solution [comme l'affirme etc..]
S'il s'agit de Vili et Vé (qui créent l'homme avec Odhinn dans Gyl.18, remplacés par Hoenir et Loddur en Vol.17-19), alors on peut avancer l'idée que leurs fils sont les hommes. S'il s'agit de Baldr et Hodr, alors leur fils sont les noveaux dieux. La seconde proposition (il y en a paut-être d'autres car Vidarr est également fils d'Odhinn et semble vivant, p.ex.) me semble plus probable tant il y a recouvrement des thèmes par deux srtophes consécutives de Vol.60 à 64 est présent : 60. se remémorent/les grands événements 61. Dans la verdure 62. Hodr et Baldr 63. bâtissent Szpako a écrit :
Jolie distinction, d'accord avec toi sur l'esprit de la dichotomie, à condition de remarquer deux contre-exemple bibliques (au moins) qui me viennent à l'esprit : la fille de Jephté et Samson (qui se trouvent tous deux dans le livre des Juges respectivement aux chapitres 11 et 16)
il faut attendre?...arrglll!!! Sosryko |
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Ouh là là vous en avez écrit des pages pendant mon absence ! Je vous remercie de vos attentions pédagogiques :-) . Une mort courageuse leur donne droit - pour les héros tout au moins - à un siège dans le Valhalla mais là aussi ils doivent s'attendre à la défaite finale et à la destruction. Dans la lutte décisive où s'opposeront le bien et le mal, ils se rangeront aux côtés des dieux et mourront avec eux.
Vous dites vous aussi que les héros vont rentrer dans l'éternité. Mais par ailleurs vous parlez de deux survivants : il me semble que c'est fondamentalement différent : dans le premier cas les héros peuvent aller au devant de la mort en espérant gagner ainsi une place pour l'éternité mais pas dans le second. Qu'en est-il ? Peut-être il y a t -il incohérence à l'intérieur du mythe ? |
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Beruthiel a écrit :
C’est fondamentalement différent ;-) A propos du devenir des hommes (l'humanité) qui ont subi le Ragnarök, il n’y a pas d’incohérence car il n’y a qu’une source (il me semble), celle de Snorri, très très christianisé sur ce point : ainsi les habitants de Gimlé (et autres lieux célestes) ne sont pas les ‘troupes’ de [Völ.64] mais les hommes ‘bons et vertueux’ tandis que les autres, ‘les parjures et les meurtriers’ sont dans des lieux de tourments [Gyl.52] ; en fait, pour ces derniers, il s’agit d’une projection (exagérée) après le Ragnarök d’une description dans la Völuspá des mondes infernaux avant le Ragnarök.
Quelle belle lecture que la tienne ;-) Ce message est très dur (déjà, à l’époque : cf. Jean 6 :60), mais c’est oublier qu’à l’Amour insondable et essentiel de Dieu se trouvent, indissociables, sa Sainteté et sa Justice (la notion de ‘Jugement’, pas du tout exagérée, est à prendre très au sérieux : elle est omniprésente du début du NT , en Matthieu, jusqu’à la fin, Apocalypse). (à la relecture, ça fait un peu sec, tout ça, mais je n’ai pas voulu trop citer de versets pour ne pas trop embarrasser le lecteur qui pourrait se croire devant une prédication… ce que je n’ai pas chercher à faire [j’ai l’impression d’être un équilibriste !]; mais il y aurait bien plus à dire, à préciser, à justifier) Tolkien étant catholique, peut être sa création littéraire ou ses lettres se trouvent imprégnée de cette notion de Purgatoire ; je ne sais… quelqu’un a une réponse ? Sosryko
(*) C'est ainsi qu'écrit Comte-Sponville : "Le diable n'est pas seulement méchant; il est aussi très bête ou inintelligible (pourquoi diable fait-il le mal, s'il n'y trouve pas son bien?)." |
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Szpako a écrit :
Merci beaucoup Szpako de donner les références bibliques, c’est bien pratique pour tout ceux qui sont intéressés ! ! Cela dit, je dois les compléter car tu ne précises pas lesquels des deux livres des Chroniques (notés 1 Ch et 2 Ch) et des deux livres de Samuel (1 et 2 S) tu utilises. Les références complètes sont les suivantes : * [1 S 31:1-6] qui est rigoureusement parallèle à [1 Ch 10 :1-6] : dans ce texte on découvre ce qui est arrivée à la bataille de Guilboa : * [2 S 1 :1-16] Mais même si on prend ces deux textes comme issus de deux sources différentes qui seraient contradictoires quant aux événements de la mort de Saül, il n’en demeure pas moins que dans les deux cas Saül demande qu’on l’aide à se suicider. Dans le premier cas, n’ayant aucune aide de son écuyer paniqué, il le fait lui-même ; dans le second, un étranger au combat (pas un soldat) répond à sa demande. Sosryko qui te dit bonne chasse...euh, bonne nuit ;-) |
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Oups, je savais bien que j'avais posté un truc rapide sur un sujet prometteur, sans trop savoir où c'était passé, largué que je suis devant tous ces messages qui défilent. Eh beh, quel cheminement depuis... Savez, en mettent ça au propre, il y aurait un bel article à pondre - on est loin du simple commentaire à l'article de Cédric à présent ! Ce serait dommage qu'une telle reflexion passe à la trappe dans les profondeurs du forum... Enfin pour ce que j'en dit, c'est juste une suggestion :) Didier, dans un moment d'insomnie :p |
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Tu ne sais pas quelle joie et quel soulagement tu provoques, Didier! Sosryko PS : |
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Il serait en effet dommage de ne pas compiler cette somme de connaissances pour en faire un article. Cédric. PS : Je m'en excuse mais je n'ai pas encore relevé vos commentaires à propos du sujet initiale mais ce sera fait prochainement, promis... |
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Sosryko a écrit :
Lol
Et aussi Saül qui meurt en se jetant sur son épée volontairement (Chroniques 10, 1-6; Samuel 1, 6-10, donne une autre version, selon laquelle Saül aurait demandé à un soldat de le tuer). Mais peut-on parler de contre-exemples, mais j'y reviendrai ... @ Beruthiel : En effet Edith Hamilton : "l'ouvrage le plus clair et le plus complet" selon la quatrième de couverture, elle qui n'est pas fichue de donner une traduction fidèle de la Völuspá .... aucune référence en plus ... Le résumé était aussi un peu corrigé par des détails glanés dans la Section Mythologie du Site de Cédric. Entre temps j'ai un peu voyagé et pour ceux que cela intéresse, voici deux liens sur la Saga des Volsungs, le premier un résumé (hélas incomplet) et le second une traduction en anglais légèrement ardue à lire ;-)) : résumé ; online medieval & classical library
A+ |
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Sosryko a écrit :
Oui, je viens juste de commencer, il faut que je structure ce sacré brouillon et naturellement j'attends tes commentaires ;-)) et corrections :-))
"La Sainte Bible
Tu crois qu'elle date, genre périmé comme les yaourts ??? Ou ne serait-ce pas plutôt un oubli (Impardonnable de ma part ;-))Plus probable :-)) Cathy Sleepy Hallow |
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ahah! non non, elle n'est pas périmée du tout. on va dire que c'était un oubli de ta part alors ;-) |
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Ouf ! Je n'ai pas encore pu m'atteler à la lecture du topo de Cédric, mais j'en ai l'eau à la bouche après tout ça. Je voudrais juste me remettre les idées en place... Mais sans doute aurais-je du commencer dans l'ordre. |
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Ah! mon cher Vinyamar, je commençais à croire que tu m'évitais depuis ton retour (peut-être aurais-je pu te choquer)! Bon, c'est un peu normal que tu sois déboussolé; moi-même...;-) : 1) il faut lire le très bel article de Cédric pour comprendre le début du fuseau qui est censé être une tribune où les nombreux lecteurs de jrrvf pouvaient donner leur avis et commentaires. 2) L'article est une introduction en deux partie au Silmarillion : 3) après quelques commentaires sur la validité de cette dichotomie (Mythologie-Destin/Bible-Providence), 4) le dialogue a vite dépassé le cadre du commentaire de l'article de David pour aborder plusieurs thèmes par 'effet dominos' : Bon, oui, nous sommes fautifs : nous avons dévié du fuseau initial. Mais comme pas grand monde ne nous lit (cachés que nous sommes derrière le titre neutre de 'Mise à jour du 30/04/02') nous n'avons pas encore été repérés. ;-)) Salut à toi S. |
il fallait lire, bien sûr, honte sur moi, 'du commentaire de l'article de Cédric' ;-) Où avais-je l'esprit, moi ?
en fait, je sais, je pensais à 1/2 Samuel, à Saül et au roi David évoqués ci-dessus. S. |
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Lol C. |
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Sosryko a écrit :
Détrompes-toi, vous êtes lus (avec beaucoup de plaisir). Mais, entre apprendre en vous lisant et avoir les connaissances et compétences nécessaires pour participer activement, il y a une "légère" différence. Mais continuez à nous instruire. Nat, passive mais toujours intéressée |
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Hey! Cathy, Didier, Vay, vous saviez que nous étions des instructeurs? ;-) Merci Nat, ainsi qu'à tous les autres qui sont là! ;-)
Nat, ce n'était pas une critique dirigée cers toi; j'espère que tu auras remarquée ma tentative de faire un peu d'humour sur le titre qui n'est pas des plus accrocheurs; cf. Vinyamar qui n'a découvert ce fuseau que quelques jours après son retour. S. |
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Pareil, je prends un grand plaisir à voir évoluer en spectateur ce formidable fuseau, l'exégèse n'étant pas mon fort. Merci! :) |
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Coucou Sosryko ! Je ne suis nullement vexée et ne me sens pas critiquée. Mais trop de "coucou" nuirait à la qualité des fuseaux. Nat, toujours admirative |
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en fait sosryko, je suis bêtement un humain paresseux, et à peine rentré, il y avait beaucoup à relire, et j'ai comencé par le plus facile. Ce fuseau avait déjà l'air difficile au premier regard, je ne l'ai lu qu'après avoir doucement repris pied dans l'action du forum. je posais ma question car je réagirai bien à une intervention de Beruthiel sur le salut réservé aux "chrétiens". La réponse de Sosryko, pourtant longue, oublie de donner la vision plus actuelle (ie dite avec plus de soins) de la chose. Mais je me demande si je ne prépare pas un méga hors sujet. :-) Il faudra bien que je trouve le temps de lire l'article de Cédric, avant d'intervenir à nouveau sur ce fuseau. Vinyamar |
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Vinyamar a écrit :
Peut-être, mais en tout cas je suis très intéressée :-) |
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Beruthiel: en fait je me suis mal exprimé, et Sosryko me l'a fait avouer par mail :-) Ne apssant ici que 5 mn pendant que mes mails se chargent, je lui laisse le bon soin de préciser ce qu'il n'a pas mis, puisque la demande est faite (mais ce n'est pas une innovation, ce n'est que la lecture attentive de ce que St Paul disait). |
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Vinyamar a écrit :
Je vous rassure, il n'a pas souffert ;-)
Vinyamar est trop modeste et poli ;-)) 10 Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, pour le Juif premièrement, puis pour le Grec [= celui qui n'est pas Juif] ! Romains 2:10-16 Salut à tous :-) Sosryko
PS : Cédric, je suis embêté, j'ai bien conscient que ce que je viens d'écrire en réponse à Béruthiel n'a pas de rapport direct (il me semble) avec Tolkien. Certains pourraient trouver ça déplacé sur ce forum et penser qu'une réponse par e-mail est suffisante. Pour autant, ne faut-il pas répondre en ce lieu à de telles questions ? Une présentation (pas systématique mais plutôt en réponse à des questions comme celles de Béruthiel) de la pensée chrétienne et de la tradition catholique ne servirait-elle pas |
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Ouéééh! Bon, je vais me permettre un petit résumé de ce fuseau, histoire que je me fixe bien les idées (et à d'autres lecteurs peut-être) Suites aux demandes de Cédric, certaines critiques légères ou de simples questions ont vu le jour concernant son article. Puis j'ai flingué le fuseau en voulant ajouter une note hors sujet, en me faisant aidé par Sosryko en plus, et depuis il est mort. Alors je m'en vais le ressuscité, parce qu'il y a une question (qui revient un peu dans le sujet) qui n'a pas été résolue C'est Yavanna qui la pose, le 3 mai :
Dans Home X, je lis que Tolkien a fait des changements volontaires pour passer de 9 Valar (chiffre symbolique aussi, mais je ne sais plus où) à 7. Et il modifie aussi la notion de couple chez les Valar, (pour répondre un peu à sa 2e question, expliquant que cette union n'est qu'une forme d'attachement qu'il rend moins anthropomorphique (il annule l'idée qu'il aient des enfants, il me semble). Enfin Cédric, j'ai été surpris d'apprendre l'évolution du mot Gods pour les valar. Car on le retrouve encore, il me semble. Je suis surpris d'apprendre qu'au début Tolkien n'y voyait pas d'inconvénient, et qu'Eru est apparut un peu plus tard dans son esprit. |
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Vinyamar a écrit :
non non, je ne suis pas mort, un peu fatigué ces derniers temps mais je vais très bien merci ;-) |
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En lien avec quelques points abordés ici : la question du libre arbitre. |