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Hier soir sur France Inter, ils ont déterré une critique de Bilbo par l'écrivain Marcel Schneider qui date de 1969. Honnêtement, ça vaut le détour! Elba |
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Encore mieux: |
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Merci pour ce document :) I. |
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Hyarion a dit : Ledit critique ne devait sans doute pas connaitre la célèbre chanson San Francisco de Scott McKenzie (décédé l'été dernier), chanson sortie pourtant deux ans plus tôt, en mai 1967, juste avant le fameux Summer of Love... A cette époque, en 1969, l'ensemble des médias donnaient une image totalement déformée du mouvement Hippie. Pour les Français de l'après mai 68, Hippie=drogue=débauche=immoralité. Seuls quelques rares médias, surtout deux magazines musicaux (Rock & Folk et Best) font état de la réalité de ce qu'est ce mouvement. C'est vraiment pas grand-chose et leur portée est limitée. Donc en juin 1969, quand cette émission radio a lieu, la vision du Hippie est une montagne de préjugés pour la majorité des Français, y compris les intellectuels de gauche, méfiants de ce qui provenait des Etats-Unis, alors en pleine guerre du Vietnam et en plein dans les conflits raciaux et estudiantins. I. |
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Puisque Maître Hyarion en parle, je signale pour les amateurs l'adaptation en bande dessinée du Vent dans les Saules par Michel Plessix. |
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Sans même se pencher sur le commentaire du présentateur, qui a l'air d'en tenir une couche, on peut s'interroger sur la lecture de Jacques Brenner : Jacques Brenner a dit : un animal imaginaire qui tient à la fois du pingouin et du raton-laveur [...] doit affronter [...] des vampires Cela dit, le reste de l'interprétation est assez juste, à l'exception du commentaire final sur les hippies, dont on lui laisse l'entière responsabilité. |
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Merci beaucoup Elbaratha, pour cette archive de l'INA du 24 juillet 1969, qui donne une idée de la façon dont le premier roman de Tolkien paru en français a pu être perçu lors de sa publication. ;-) Si l'auteur de la critique de l'époque est bien l'écrivain Jacques Brenner, de son vrai nom Jacques Meynard (1922-2001), à en croire le présentateur de la séquence, on peut alors se demander pourquoi le site de France Inter évoque, lui, Marcel Schneider (1913-2009), un autre écrivain français, par ailleurs ami de Brenner, parait-il... Ne connaissant ni l'un, ni l'autre, je ne saurai dire où est l'erreur... J'ai l'impression, en tout cas, que le critique en question a peut-être été influencé par une éventuelle lecture du Vent dans les saules (The Wind in the Willows) de Kenneth Grahame pour considérer à tort Bilbo comme un animal : il est vrai que le début du roman mettant en scène le hobbit dans son trou confortable n'est pas sans rappeler, par certains aspects, le début du roman de Grahame avec Taupe (Mole) dans son logis en plein nettoyage de printemps. Quant à considérer le "style hippie" comme étant dépourvu de "bonhommie" et de "gentillesse", hum... effectivement, on ne peut que laisser au critique l'entière responsabilité de ses propos sur le sujet. ;-)) If you're going to San Francisco For those who come to San Francisco Amicalement, :-) Hyarion. |
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Je confirme que le Vent dans les Saules et sa suite sont de vrais petits bijoux, plein de clins d'oeils et de poésie, dont j'attend avec impatience la suiiiiiiiiiiiiiteeeeeee ! :D |
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Merci Elbaratha ! Pour ajouter à ce que disais Isengar sur la perception des hippies en France, souvenons-nous de ce que Jacques Bergier écrivait à la même époque (1970) dans Admirations : Je pense que l'oeuvre de Tolkien répond, en particulier pour la jeunesse américaine, à un immense besoin de propreté et de pureté. (...) D'après tout ce que j'ai pu savoir, Tolkien est une idole des jeunes Américains normaux et non pas des hippies. Et en effet, on aurait du mal à tirer du "Seigneur des Anneaux" un appel en faveur de la drogue, une protestation contre la guerre du Viet-Nam ou une contestation quelconque de la société. Il ne devait pas avoir lu ce texte (1968) de W. E. Ratliff et C. G. Flinn The Hobbit and The Hippie (déjà pointé par Cédric il y a 2 ans... :-) |