|
Ce fuseau fait suite à la proposition exposée dans le fuseau FAQ.
|
|
C'est vrai qu'il s'agit là d'une question intéressante. Finrod. PS : Ce ne sont que quelques commentaires à chaud. Il faudrait que je réfléchisse davantage à la question. Excusez-moi (et corrigez-moi) pour les bêtises que j'aurai pu raconter et pour le style pas terrible terrible ;-) |
|
oh là là, je me relis et que de fautes de frappe ou d'ortographe ! Veuillez encore m'excuser :-) |
|
Je crois me souvenir (HoME V ou VI, il me semble) que, sitôt les avoir mis sur le papier, Tolkien fit lire les premiers chapitres de LotR au fils d'un de ses amis pour reccueillir son avis. Celui-ci devait avoir une dizaine ou une douzaine d'années, pas plus. S'agissant du Hobbit, ça fait très longtemps que je ne m'y suis pas replongé mais j'ai comme le souvenir d'un changement de ton au fur et à mesure du récit: plus enfantin au départ, plus adulte ensuite. Silmo |
|
Pour ma part, je relis justement le Hobbit en ce moment et le ton me semble assez léger pour l'instant (j'en suis au chapitre 3). Le Hobbit fut lu avant sa publication par Rayner Unwin, le fils de Stanley, l'éditeur de Tolkien. A l'époque (1937), Rayner avait environ 10 ans. Rayner lu l'année suivante (1938 donc) les premiers chapitres du "nouveau Hobbit" (le LotR) et Rayner les apprécia. Les chapitres du LotR étaient également lus par Tolkien à ses enfants, sa femme et aux Inklings (dont notamment son ami CS Lewis). Lors de l'écriture des premiers chapitres, Tolkien considérait bel et bien qu'il écrivait la suite du Hobbit (c'est ce que son éditeur lui demandait d'ailleurs). Toutefois, ce qui intéressait vraiment Tolkien était son Silmarillion et c'est sans doute la raison pour laquelle le LotR s'en rapproche au fur et à mesure de l'avancement de l'écriture. Finrod. |
|
C'est une certitude Silmo. Le Seigneur des Anneaux fut bien commencé comme une suite de The Hobbit, sans lien avec la Terre du Milieu, narrant les aventures de Bingo, le neveu de Bilbo. Et puis, fin 1938 si je me souviens bien, Tolkien eût soudain l'idée d'utiliser l'Anneau et la mention d'un certain Nécromancien dans "The Hobbit" pour rattacher son livre à sa mythologie, un peu comme Balzac décidant un jour de faire revenir ses personnages dans sa Comédie Humaine. Et le SdA devint ce livre "immensément long et complexe, terrifiant et pas du tout pour les enfants" que nous connaissons (la citation exacte, tirée des "Letters" se trouve, traduite par ses soins, dans l'introduction du livre de Vincent Ferré). Finrod est en tout cas dans le vrai. Il faut distinguer deux veines littéraires. |
|
Désolé Finrod, nos messages se sont croisés. :) |
|
Merci à tous deux. Vous êtes sans pitié ;-) En fait ce que j'avais en tête, c'était d'écrire (je suis vraiment allé trop vite): "au départ au moins, il voyait LotR comme une suite au Hobbit; On peut donc supposer qu'il était plutôt destiné aux enfants". Bref, j'ai placé ma supposition au début de la phrase alors qu'elle ne concernait que la seconde partie... Bon maintenant, les "Letters" sont en commande à la FNAC - vivement que je les reçoive; comme qui dirait, c'est maintenant une réception depuis longtemps attendue :-)) S'agissant du conte, on peut l'envisager du point de vue de la seule écriture (ce serait un choix) mais peut-être aussi sur le plan des thèmes abordés et de la construction des mythes. Je m'explique: le Silmarillion est à l'écrit d'un style archaïque et d'une complexité tels qu'il s'éloigne a priori du conte pour enfants. Mais si vous vous mettez à raconter à des bambins l'histoire de Beren et Luthien, celle des Arbres de Valinor, ou le conte de la Lune et du Soleil, le succès est garanti - je vous assure, vous pouvez demander à mes neveux et nièces (bon d'accord, si vous passez à Turin Turambar, vous pouvez leur filer quelques cauchemards , encore qu'en prenant des précautions,... les enfants ne sont pas des imbéciles et ils peuvent savoir très tôt que la vie n'est pas toute rose comme à Marne-la-Vallée). En conclusion, pensez-vous que cet aspect-là relève aussi de cette fiche ou faut-il s'en tenir seulement à la forme du texte? Silmo |
|
Aucun problème Semprini. Si nos messages répondaient tous deux à celui de Silmo, le tien complète avantageusement le mien. Finrod |
|
Je crois que notre argumentation pourrait se composer de deux versants. - Dans un premier temps, il faudrait répondre à la question 'Tolkien un auteur pour enfants?' en se plaçant sur un même plan que ses accusateurs qui ne voient chez lui qu'infantilisme. Ici, la notion d'auteur pour enfants doit être envisagée sous un jour péjoratif. Parmi les arguments que l'on peut avancer pour dénoncer ce préjugé se trouvent la pérennité des thèmes abordés par Tolkien, qui ne se rattachent en rien à l'enfance (e.g., la corruption par le pouvoir, l'immortalité, les mythes et l'Histoire, etc...), la construction en abyme de son corpus mythologique qui exploite une veine très riche de la littérature, la dimension réflexive de son oeuvre (Tolkien a décrit dans ses essais et ses lettres ce qu'il souhaitait faire), ou encore son style. Les "Letters" devraient être citées abondamment. - Dans un second temps, il faudrait mettre en lumière la conception tolkienienne du conte développée dans son essai 'Du Conte de Fées' comme art littéraire noble, qu'on ne saurait réserver aux enfants sans pour autant qu'ils soient exclus du cercle des lecteurs, et qui prend la forme d'une sous-création éclairant la réalité. Cette fois, la notion d'auteur pour enfants serait envisagée sous un jour positif, l'oeuvre accompagnant dans sa vie le lecteur et vieillissant avec lui au fur et à mesure qu'il en perçoit les différents niveaux de lectures. Des auteurs comme Dumas, Dickens ou Jules Verne qui se lisent jeunes pourraient être appelés à la rescousse. |
|
^je pense que la presence d'un ancien enfant pourrait etre interessante par ici,je suis desolé d'etre le plus ineptes des internautes. |
|
La distinction que tu fais, Semprini, est excellente, mais elle me fait même penser qu'on pourrait aller jusqu'à prendre le problème à rebrousse poil. Finalement, la distinction livre pur enfant, livre pour adulte ne se fait que dans les moyens, et dans les traits grossis, un peu comme si le dessin animé était fait pour l'enfant, avec des couleurs simples et belles, des animations pas trop complexes, tandis que le film avec tous ses détails visuels était réservé à l'adutle. Mais aujourd'hui, le dessin animé se met à fréquenter les adultes: il incorpore un moyen a priori fait pour les enfants, mais le modifie et lui donne une portée adulte (comparer par exemple Bernard et Bianca et Akira, sortis à peu près au même moment, je crois, ou bien "le secret de Nhim" de don Bluth, qui a l'air pour les enfants mais qui mine de rien du tout est sacrément plus fait pour les adultes (je déconseilerais même à des enfants). Je propose de nous battre sur la racine même du problème: il n'y a pas de séparation entre deux mondes, l'un adulte, l'autre enfant, dans le public visé par le conte/ mythe. Si l'on retrouvait les versions originales des contes que l'ont croit bien connus, on se rend compte à quel point ils ne sont pas fait pour les enfants (La petite sirène, Barbe bleue, Cendrillon, Blanche neige, La reine des neige, Peau d'âne, la princesse et les 7 cygnes, etc...) "Tokien, un auteur pour enfants ?", devrait aboutir à "Le conte, adressé aux adultes ?" Vinyamar |
|
Il est effectivement tout à fait certain que les contes n'étaient pas du tout addressés aux enfants à l'origine. Mais au cours du temps, le genre "conte" a cessé d'interresser les milieux aisés et bourgeois pour se voir reléguer au statut de divertissement populaire ou pour enfants. On en vint à étudier les contes comme un élément du patrimoine populaire national (les frères Grimm) ou à publier des recueils de contes spécifiquement pour les enfants (A. Lang) alors que le conte s'adressait primitivement à tous les publics. On peut toutefois remarquer à titre d'anecdote que le danois Andersen (la petite sirène, le vilain petit canard), se rendant compte que ses contes plaisaient également à certains adultes, fit retirer la mention "pour enfants" qui figurait sur ses livres. Mais il s'agit là d'une exception et, dans l'opinion générale, les contes de fées étaient associés aux enfants depuis au moins le XVIIIème siècle. Finrod, peu clair à cette heure (et qui espère qu'il ne se répète pas trop). |