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Dans le deuxieme chapitre de son bouquin, Smadja fait une etude que je trouve personnellement interresante de ce poeme. Disons le tout de suite, ce genre d'analyse s'attache a des choses qui n'etaient pas necessairement conscient (ou meme inconscient) chez l'auteur. Il ne s'agit pas d'une analyse sur les intentions de l'auteur etaillee de nombreuses references aux ouvrages posthumes ou aux lettres de JRR mais d'une analyse du poeme en tant que tel. Bref, l'idee n'est pas de relancer le debat sur la critique litteraire mais de discuter sur le poeme lui meme. Je vais donc m'efforce de resumer partiellement le propos de Smadja. J'ai bien peur que cela soit un bien pietre resume, d'un cote je cite sans vergogne l'auteur de l'autre je saute des pans entiers de son argumentation. Bref si vous voullez "demonter" Smadja et non ma pauvre tentative de resume (de l'analyse du poeme faite au chapitre deux de son bouquin), il vous faudra rendre visite a votre libraire favorit et lire le bouquin ou du moins le chapitre en question. Debut resume Ce poeme occupe une place centrale dans le SdA. Il est place en exergue des trois tomes (en tout cas dans mon edition). Il apparait dans le recit lorsque Gandalf jette l'anneau dans le feu chez Bilbo. L'hypothese de Smadja est que le charme opere par le SdA tient en partie a la poesie qui emane de ce seul poeme. Mal et poesie sont chez Tolkien inextricablement lies, tout se passant comme si la tentation du pouvoir se devait d'etre doublee d'une seduction poetique. Il n'y pas de verbes dans les trois premiers vers (un seul verbe conjugue dans le cinq premier. JRR cree ainsi une unite entre l'idee (il s'agit de lier, de petrifier, d'asservir) et le style (absence de verbe sugerant l'abscence d'action volontaire, la soumission). Cette abscence de verbe induit une intemporalite, une fixite inquietante. Le premier verbe conjugue: In the land of Mordor where the Shadows lie, conforte cette idee. Les 5 premiers vers produisent un effet quasiment hypnotiques dans une ambiance de mort et d'ombres. Par contre, l'action apparait lors des trois derniers vers: One Ring to rule them all, One ring to find them, To rule/to find/to bring/to bind. L'agencement de ces verbes evoquant des actions, les rend imperieux, temoigne d'une volonte implacable, presqu'irresisitible (l'infitif ayant ici fonction d'imperatif). Il semble que l'on ne puisse pas plus s'oppose aux actions des derniers vers qu'a l'etat de fait decrit par les premiers. Smadja voit dans le premier vers une allusion voile aux trois Rois mages "sous le ciel" (note perso: mon ignorance m'empeche de saisir) et donc la sugestion d'une naissance. Quoiqu'il en soit ca ce gate vite, "halls of stone" renvoie a l'idee de tombeaux et le troisieme vers et tout entier tourne vers la mort: Interressons nous maintenant au decompte des anneaux: Three Rings, Seven, Nine, One, One Ring, One Ring, One Ring. Si on fait la somme on obtient 23, cependant selon Gandalf, il n'y a que 20 anneaux, un seul anneau, l'Unique en faisant trois (Note perso: 23 est un nombre premier mais pas 20). Sans Gandalf serions nous capable de dire s'il existe a part les trois, les sept et les neuf premiers anneaux un seul anneau pour le Seigneur tenebreux (comme le dit explicitement Tolkien) ou bien trois: un pour les gouverner, un pour les les trouver et un pour les lier. Pour sortir du mystere des trois qui ne fond qu'un, Smadja sugere une structure circulaire au poeme (a l'instar de l'Anneau), le premier vers se refermant sur les trois derniers: Les anneaux des Rois-elfes (incarnation du bien et de la quete de vie), implicitement incarnent egalement Mort et Destruction (les deux avant derniers vers sont ceux graves sur l'Anneaux). Si on suit cette logique, les Rois-elfes deviennent tout autant des servants de Sauron que de Dieu. Par ailleurs, Gandalf et l'Anneau de Sauron surmontent miraculeusement le meme type d'epreuves. L'Anneau triomphe de deux perils sans alteration aucune: "l'eau profonde", lorsque perdu par Isildur "il tomba dans les sombres etangs et disparut de toutes legendes et de toutes connaissances", et le peril du feu qui le revele sans le faire fondre (ou meme eleve sa temperature). De meme Gandalf ne devient blanc qu'apres avoir disparut pendant un temps dans l'abime et avoir ete contraint par un baldrog a triompher de "l'epreuve du feu et de l'eau profonde" (II, p 154 desole je donne pas tous les pointeurs au texte du SdA). On pourrait aussi croire avant de commencer la lecture "le Seigneur des Anneaux" regne sur "La Communaute de l'Anneau" alors que le contenu de l'ouvrage les opposse au contraire. L'idee de Smadja n'est pas que Tolkien est consciement forge ces ambiguites mais de dire que si le poeme fascine (et plus generalement le SdA) c'est du fait de ces ambiguites meme, de ce melange du Bien et du Mal et peut etre surtout du Mal et du Beau (en rupture avec la pense platonicienne qui associe le bien au beau) Fin resume Il aurait ete sans doute plus efficace de taper le chapitre en entier, mais non seulement cela fait un peu long mais surtout cela poserait probablement trop de problemes de proprietes intellectuelles. Quoiqu'il en soit, je trouve personnellement la lecture de l'originale (chap 2 du bouqin de Smadja) interressante et donc la conseille. Cela ne veut pas dire qu'elle a raison (ou tord d'ailleurs). Quoi qu'il en soit j'imagine que les forumistes on beaucoup a dire sur ce poeme en tant que tel et pas uniquement par rapport au bouquin de Smadja (une courte recherche avec le moteur, ne m'a pas permis de trouver de discussion sur ce sujet precis). CdC |
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Bonjour CdC, L'association du Mal et du Beau est le thème des grands poèmes romantiques du 19è siècle (la poésie et la beauté du mal est le thème fondateur du romantisme; Satan y est vu comme une belle figure). Elle est beaucoup, beaucoup plus flagrante dans ces poèmes que dans le poème de l'Anneau. L'analyse de Isabelle Smadja (qui ne doit pas avoir lu beaucoup Beaudelaire et Milton) est malheureuse en ce sens qu'elle présente comme une singularité du poème de l'Anneau une association, peu évidente à mes yeux chez Tolkien, qui est primordiale dans un nombre inoui de grands poèmes romantiques, et partant, dans la poésie en général. Cela se retrouve d'ailleurs dans l'ensemble de son essai. I. Smadja montre en général une méconnaissance sidérante des méchanismes de la poésie et de la littérature. |
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Allons, Allons,
(Y'a pas a dire Nerval c'est bien) Smadja ne dit pas que la singularite du poeme reside dans la beaute du mal, mais dans l'ambivalence, l'ambiguite entre le bien et la beaute du mal. C'est tres different. Ce n'est pas le discour des fleurs du mal par exemple.
On retrouve des themes comme la petrefication et la mort, mais la perpective est fort differentes (bon c'est un peu gratuit comme disgression mais c'est un de mes poemes preferes). Bon, Usher (agregee de lettre lui meme) dit dans sa critique que la meconnaissance de certains terme technique rend le propos parfois maladroit (bon je lui fait confiance je n'ai aucune connaissance des termes aux quels il fait allusions). Ceci dit, quand dans l'argumentation il est fait deux fois longuement usage de deux poemes romantiques, il me parait de mauvaise fois de supposer que l'auteur n'a aucune connaissance de la poesie du 19e. Par ailleur l'agreg de philo est une des plus difficile, ca m'etonerait qu'il y ait beaucoup d'agreger (de philo) qui n'est pas lu un minimum Baudelaire. CdC |
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désolé, mais l'analyse qu'i smadja du poème me semble tout à fait symptomatique de sa méthode. elle propose une analyse "grammaticale" du poème, extrêmement contestable. 1/1/1 = 3 pour elle, alors que la syntaxe montre que 1 = 1 = 1 (il est trois fois question du même Anneau) quant à la citation de Nerval, j'étais atterré : que "dark" (= ténébreux) déclenche le réflexe de citer "Je suis le Ténébreux...". quel sens cela peut-il avoir ? chaque individu a son passé de lecteur, mais pourquoi citer un poète français du XIXe à propos d'un écrivain anglais du XXe ? Bonnal fait exactement la même chose, et je trouve cela inopérant dans les deux cas. maintenant, une question : si ce poème introduit au SdA, il doit être étudié en rapport avec le SdA (logique, non ?). pourquoi le détache-t-elle de son contexte, sinon pour lui faire dire n'importe quoi ? vouloire faire croire que les Elfes et Sauron sont du même côté, sans avoir lu _Le Silmarillion_... Semprini a parlé du contenu ; mais, d'un point de vue méthodologique, le livre d'I. Smadja est _extrêmement_ contestable. Vincent |
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(comme je le repete assez souvent dans ce qui suit je ne parle ici que du chapitre deux du bouquin de Smadja pas de l'ensemble) Bon, je suis assez d'accord sur un point. L'analyse fonctionne assez souvent par assertions ou meme par interrogations et non par demonstration. Smadja prend rarement le temps d'approfondir, de demontrer de maniere rigoureuses dans ce chapitre. Je n'ai pas vu ce qui permet d'afirmer que gramaticalement et non : The one Ring to rule them all, to find them, bref je ne saisie pas ton argument (constat d'ignorance et pas de desaccort). Smadja prend comme exemple le poeme de Nerval comme illustration du fait que l'adjectif "tenebreux peut avoir une connotation autre que malefique et mortifere, voire oppose (avec en bonus l'attrait --romantique-- du mystere) -- de meme "Un beau tenebreux" de Gracques n'est pas un roman sur la beaute du mal. L'idee est de montre que Tolkien n'est pas a la recherche "d'images poetiques et puissantes" voire romantique mais de quelques choses d'autre. C'est, je crois, une justification a peu pres valable d'un point de vue methodologique de l'usage du poeme de Nerval. Bon, "les demeures de pierre", en effet, si on regarde le texte explicite (qui suit le poeme) cela ne fait pas reference au tombeau. Mais ce n'est pas la demarche de Smadja au contraire, en conclure que cela prouve son ignorance complete des nains tels que decrit par le texte est injuste (Smadja a lu le SdA en Francais et en anglais si elle est honnete dans sa bibliographie, quand bien meme elle n'aurait lu que cela c'est assez pour savoir que le texte n'associe pas la pierre a la tombe quand il s'agit des Nains). Encore une fois, l'hypothese de Smadja est que le charme opere par le SdA tient en partie a la poesie qui emane de ce seul poeme. Je me repete mais c'est en effet ce que le lecteur decouvre en premier a chaque fois qu'il ouvre un des tomes. Par ailleurs, encore, l'hypothese de Smadja est que les images induites implicitement et inconsciament par le poeme sont en contradiction avec le texte (et que cela est une des causes de la fascination du lecteur). Ainsi le fait que le Silamarion ou toutes autres part du legendaire dise le contraire, n'est en rien contradictoire avec son discour (en fait cela va plutot dans son sens). Ceci dit, elle illustre un peu son idee a partir du SdA (le lettrage elfique de l'Anneau, le parallele entre les epreuves de l'Anneaux et celle de Gandalf, la contradiction apparente a priori entre la denomination "Communaute de l'Anneau", "Seigneur des Anneaux" est leur but dans le texte, a cela on pourrait ajouter que le role des Elfes d'Eregion dans la creation des Anneaux, le fait que la destruction de l'Unique provoque le depart des elfes). Bref, la critique de Semprini (l'association du Mal et du beau est plus le propre de la poesie romantique que de Tolkien), n'est pas en fait une critique du chp. 2 de Smadja puisqu'elle parle d'une association du Bien, du Mal et de la Beaute du Mal. Ceci dit, Smadja n'est pas seule au monde. Il y a necessairement d'autres manieres de lire le poeme. Mais le poeme occupe une place si importante dans le SdA (tant dans le texte et l'intrigue elle meme que du fait qu'il est en exergue des trois tomes), il a une tel force poetique, un tel pouvoir de fascination que je trouverais surprenant que la seule lecture possible soit une lecture narative et explicative. CdC PS A propos l'Anneau unique a t'il un nom ? |
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(comme je le repete assez souvent dans ce qui suit je ne parle ici que du chapitre deux du bouquin de Smadja pas de l'ensemble) Bon, je suis assez d'accord sur un point. L'analyse fonctionne assez souvent par assertions ou meme par interrogations et non par demonstration. Smadja prend rarement le temps d'approfondir, de demontrer de maniere rigoureuses dans ce chapitre. Je n'ai pas vu ce qui permet d'afirmer que gramaticalement et non : The one Ring to rule them all, to find them, bref je ne saisie pas ton argument (constat d'ignorance et pas de desaccort). Smadja prend comme exemple le poeme de Nerval comme illustration du fait que l'adjectif "tenebreux peut avoir une connotation autre que malefique et mortifere, voire oppose (avec en bonus l'attrait --romantique-- du mystere) -- de meme "Un beau tenebreux" de Gracques n'est pas un roman sur la beaute du mal. L'idee est de montre que Tolkien n'est pas a la recherche "d'images poetiques et puissantes" voire romantique mais de quelques choses d'autre. C'est, je crois, une justification a peu pres valable d'un point de vue methodologique de l'usage du poeme de Nerval. Bon, "les demeures de pierre", en effet, si on regarde le texte explicite (qui suit le poeme) cela ne fait pas reference au tombeau. Mais ce n'est pas la demarche de Smadja au contraire, en conclure que cela prouve son ignorance complete des nains tels que decrit par le texte est injuste (Smadja a lu le SdA en Francais et en anglais si elle est honnete dans sa bibliographie, quand bien meme elle n'aurait lu que cela c'est assez pour savoir que le texte n'associe pas la pierre a la tombe quand il s'agit des Nains). Encore une fois, l'hypothese de Smadja est que le charme opere par le SdA tient en partie a la poesie qui emane de ce seul poeme. Je me repete mais c'est en effet ce que le lecteur decouvre en premier a chaque fois qu'il ouvre un des tomes. Par ailleurs, encore, l'hypothese de Smadja est que les images induites implicitement et inconsciament par le poeme sont en contradiction avec le texte (et que cela est une des causes de la fascination du lecteur). Ainsi le fait que le Silamarion ou toutes autres part du legendaire dise le contraire, n'est en rien contradictoire avec son discour (en fait cela va plutot dans son sens). Ceci dit, elle illustre un peu son idee a partir du SdA (le lettrage elfique de l'Anneau, le parallele entre les epreuves de l'Anneaux et celle de Gandalf, la contradiction apparente a priori entre la denomination "Communaute de l'Anneau", "Seigneur des Anneaux" est leur but dans le texte, a cela on pourrait ajouter que le role des Elfes d'Eregion dans la creation des Anneaux, le fait que la destruction de l'Unique provoque le depart des elfes). Bref, la critique de Semprini (l'association du Mal et du beau est plus le propre de la poesie romantique que de Tolkien), n'est pas en fait une critique du chp. 2 de Smadja puisqu'elle parle d'une association du Bien, du Mal et de la Beaute du Mal. Ceci dit, Smadja n'est pas seule au monde. Il y a necessairement d'autres manieres de lire le poeme. Mais le poeme occupe une place si importante dans le SdA (tant dans le texte et l'intrigue elle meme que du fait qu'il est en exergue des trois tomes), il a une tel force poetique, un tel pouvoir de fascination que je trouverais surprenant que la seule lecture possible soit une lecture narative et explicative. CdC PS A propos l'Anneau unique a t'il un nom ? |
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Ca a pas l'aire de marcher je recommence (desole si il y a doublet). (comme je le repete assez souvent dans ce qui suit je ne parle ici que du chapitre deux du bouquin de Smadja pas de l'ensemble) Bon, je suis assez d'accord sur un point. L'analyse fonctionne assez souvent par assertions ou meme par interrogations et non par demonstration. Smadja prend rarement le temps d'approfondir, de demontrer de maniere rigoureuses dans ce chapitre. Je n'ai pas vu ce qui permet d'afirmer que gramaticalement et non : The one Ring to rule them all, to find them, bref je ne saisie pas ton argument (constat d'ignorance et pas de desaccort). Smadja prend comme exemple le poeme de Nerval comme illustration du fait que l'adjectif "tenebreux peut avoir une connotation autre que malefique et mortifere, voire oppose (avec en bonus l'attrait --romantique-- du mystere) -- de meme "Un beau tenebreux" de Gracques n'est pas un roman sur la beaute du mal. L'idee est de montre que Tolkien n'est pas a la recherche "d'images poetiques et puissantes" voire romantique mais de quelques choses d'autre. C'est, je crois, une justification a peu pres valable d'un point de vue methodologique de l'usage du poeme de Nerval. Bon, "les demeures de pierre", en effet, si on regarde le texte explicite (qui suit le poeme) cela ne fait pas reference au tombeau. Mais ce n'est pas la demarche de Smadja au contraire, en conclure que cela prouve son ignorance complete des nains tels que decrit par le texte est injuste (Smadja a lu le SdA en Francais et en anglais si elle est honnete dans sa bibliographie, quand bien meme elle n'aurait lu que cela c'est assez pour savoir que le texte n'associe pas la pierre a la tombe quand il s'agit des Nains). Encore une fois, l'hypothese de Smadja est que le charme opere par le SdA tient en partie a la poesie qui emane de ce seul poeme. Je me repete mais c'est en effet ce que le lecteur decouvre en premier a chaque fois qu'il ouvre un des tomes. Par ailleurs, encore, l'hypothese de Smadja est que les images induites implicitement et inconsciament par le poeme sont en contradiction avec le texte (et que cela est une des causes de la fascination du lecteur). Ainsi le fait que le Silamarion ou toutes autres part du legendaire dise le contraire, n'est en rien contradictoire avec son discour (en fait cela va plutot dans son sens). Ceci dit, elle illustre un peu son idee a partir du SdA (le lettrage elfique de l'Anneau, le parallele entre les epreuves de l'Anneaux et celle de Gandalf, la contradiction apparente a priori entre la denomination "Communaute de l'Anneau", "Seigneur des Anneaux" est leur but dans le texte, a cela on pourrait ajouter que le role des Elfes d'Eregion dans la creation des Anneaux, le fait que la destruction de l'Unique provoque le depart des elfes). Bref, la critique de Semprini (l'association du Mal et du beau est plus le propre de la poesie romantique que de Tolkien), n'est pas en fait une critique du chp. 2 de Smadja puisqu'elle parle d'une association du Bien, du Mal et de la Beaute du Mal. Ceci dit, Smadja n'est pas seule au monde. Il y a necessairement d'autres manieres de lire le poeme. Mais le poeme occupe une place si importante dans le SdA (tant dans le texte et l'intrigue elle meme que du fait qu'il est en exergue des trois tomes), il a une tel force poetique, un tel pouvoir de fascination que je trouverais surprenant que la seule lecture possible soit une lecture narative et explicative. CdC PS A propos l'Anneau unique a t'il un nom ? |
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Cher CdC, Waouw! Message posté trois fois ! Doit-on y voir les trois Rois mages ( j'aimerais à ce propos que quelqu'un de plus féru que moi en théologie, Sorsyko ou Vinyamar par exemple, puisse éclairer ma pauvre lanterne : MAIS QUEL EST LE RAPPORT ENTRE LES ROIS ELFES ET LES ROIS MAGES ????????? ), les trois petits cochons, les trois peuples de la TdM, ler trois phrases liées à l'Anneau unique ? Euh... je plaisantais, ne vois pas de mal ou il n'y en a pas . J'ai quand même dû relire ton post (ou le texte de Madame Smajda ) plusieurs fois pour en arriver au "23" tant il était évident pour moi ( pauvre créature primaire,sans doute ) et pour mon entourage, que les dernières phrases du poème se réfèrent à l'anneau unique. J'ai eu l'impression en lisant ce texte de me retrouver au cours de littérature, au lycée. Je n'ai rien contre les profs de littérature, mais je me suis souvent dit que si les poètes entendaient ce qu'ils disent de leurs poèmes, ils se retourneraient dans leur tombe. Quant au fait que, chez Tolkie, contrairement à Platon, le beau ne représente pas forcément le Bien, je renverrai Mme. Smajda à une des phrases les plus célèbres du SdA, à savoir que " Tout ce qui est or ne brille pas ". |
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absolument, Lambertine. et Aragorn (dans sa version Grands-Pas à Bree) ou Saruman, sont d'autres exemples de l'opposition entre beau et bien dans le SdA. Coeur de Canard, je ne vais pas tout reprendre ;-). nous sommes d'accord sur l'essentiel : ce texte est un pamphlet, qui avance des idées discutables sans les prouver, et procède par amalgame. Ce n'est pas de cela que nous avons besoin, mais de textes critiques construits.
= on parle trois fois de la même Rome, ou bien il y a trois Rome différentes ? quant aux contradictions entre le sens explicite et le sens implicite... franchement... quelle facilité. j'ai bien aimé l'allusion aux lecteurs "naïfs" qui croient que le SdA prône des valeurs positives ;-) Vincent |
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CdC>>>Bref supposer l'imbecilite ou l'ignorance chez les autres n'est pas tres constructifs, il est parfois plus interressant d'essayer de comprendre leur propos (meme si on n'est pas d'accord). Tout à fait d'accord CdC, ce qui m'incline à penser que je ne suis pas la personne la mieux indiquée pour discuter plus avant du livre d'I. Smadja, comme en témoigne mon premier post, baclé. Lire son livre m'a convaincu, à tort ou à raison, qu'elle ne comprenait pas grand chose à la littérature, et je ne souhaite plus perdre mon temps à réfléchir sur ses "conclusions", ni devoir relire ses "comme si" et ses "il est vrai que...mais..." qu'elle érige en système analytique. Je laisserai à d'autres (Vincent et Lambertine le font très bien) le soin de poursuivre cette discussion. Permets-moi néanmoins de te suggérer de lire les textes tolkieniens que tu n'as pas lu, au lieu de lire I. Smadja, qui ne te montrera que la vacuité de son analyse et son absence de méthode (qu'elle n'ait pas lu Le Silmarillion devient évident au fur et à mesure que l'on progresse dans son essai). Cela te serais, je crois, plus riche d'enseignement. Un critique littéraire se doit de jouer un rôle d'intercesseur, ce qui n'exclut pas les jugements sévères, entre l'auteur et les lecteurs, non de pamphlétaire. PS: C'est "Gracq". |
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A bien y réfléchir, son livre tient d'ailleurs plus du n'importe quoi que du pamphlet, qui fait parfois avancer les choses. |
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un peu d'exaspération, Semprini ;-) ? franchement, coeur de canard, je préfère parler des heures de Tolkien (je le ferai encore à Bordeaux mardi) plutôt que de ses mauvais commentateurs. si tu veux, je peux t'envoyer les notes que j'ai prises sur les prédécesseurs d'I. Smadja, depuis les années 50, qui expliquent très sérieusement que puisque le chiffre 3 se trouve dans le SdA et dans _ma vie mon oeuvre_d'Alfred Truc, Tolkien a lu ce dernier... (je n'exagère pas) pour cette raison, il me semble à moi aussi que nous avons fait le tour de la question. Vincent |
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Je n'ai pas envie de lire le livre d'I Smadja, donc je ne me réfère qu'au résumé de CdC. Sur la répétition de "one ring" trois fois...et la trinité...mmouais... On peut bien sur, chercher plus loin si on veut, mais alors, sans l'asséner comme une vérité (Sinon, je peux dire aussi que les 3 anneaux après les 20 sont ceux des trois petits cochons, paille bois et brique ;o)) Plus sérieusement, "one ring" est peut être répété trois fois non pour représenter non la trinité ni les trois anneaux des Elfes, mais les trois peuples qui ont reçu des anneaux (elfes, hommes et nains) Une idée qui en vaut une autre, non? Si on se place d'un point de vue interne à l'histoire, j'ai toujours pensé( j'ai pu faire erreur) que le poème en question était en fait l'incantation de Sauron quand il a forgé l'anneau (et non un poème elfique normal que les troubadours elfes chantent comme si de rien n'était) Dès lors, la répétition pourrait être un carctère de cet aspect incantatoire. Sur l'écriture elfique sur l'anneau qui serait un signe de collusion bien/mal...Il n'y avait pas d'autre écriture disponible, si? Je ne crois pas qu'il y ait une écriture spécifique au noir parler. Pourquoi? Je n'en sais rien, peut être que Sauron (ou Tolkien) avait la flemme.:o) Sur le beau et le mal, il me semble que les Fleurs du Mal sont assez typiques aussi, Cdc...Voir les "litanies de Satan" Des interprétations délirantes de poèmes, on en a tous fait à l'école. C'était amusant, mais est ce que ça avait de la valeur, j'en doute...Il faudrait que ce soit étayé par une vraie connaissance de l'auteur. Pour l'instant, ça ne me semble pas convainquant. |
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La question étant résolue, me voilà donc libre d'exprimer une légère contrariété, souvent ressentie, au gré des divers sujets abordés au long de ce forum...Il y a souvent amalgame, superposition, ou opposition sur deux types d' analyse couramment exprimées ! Selon que l' on se place dans la seule logique du récit ( en l' occurrence, le SdA ), d' un point de vue " interne ", ou qu' on prenne en compte l' auteur, sa biographie, son oeuvre, dans sa totalité, d' un point de vue " externe "...Je ne suis pas certain si c' est à cette ambiguîté qu' on se réfère quand les doctes intervenants parlent de position internaliste ou externaliste ! Si c' est le cas, qu' on me pardonne, tout à la fois, mon ignorance, et la redondance du propos...! :) |
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Justement, je m'interroge depuis quelques jours sur ces notions d'interne/externe, et je n'arrive pas à les différencier clairement. Je ressens intuitivement un aspect intérieur à une histoire, quand on cherche à expliquer quelque chose par la logique de la seule histoire, comme si elle était vraie ( ex: Sauron s'est forgé un anneau et pas trois parce qu'un seul lui suffisait) et un aspect exterieur qui interprète en fonction de ce qu'on sait par ailleurs de l'auteur et de ses valeurs ou du travail littéraire( ex: Tolkien à choisi qu'il y ait un anneau et pas trois pour une raison à débattre) Mais il me semble que ce que ce que tu appelles point de vue "interne" est beaucoup plus large que ma vision "intérieure", et inclut aussi la volonté de Tolkien, en tant qu'auteur, de produire un effet sur le lecteur. Est ce que c'est ça? Quant à l'analyse externaliste ou internaliste, j'ai déjà vu ces termes sur le forum, mais sans comprendre vraiment ce dont il était question. De plus amples explications, c'est possible? :o) |
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Romaine, Je te suggère un petit tour dans le moteur de recherche à partir des mots "externiste" ou "interniste". Tu y trouveras sans doute plus d'explications sur cette notion. Je te suggère également une lecture des Cahiers de Pengolodh qui sont hébergés par JRRVF et sont accessibles à partir de la page d'accueil (passionnants). Philippe Garnier y explique, dans le cahier n°1 (Premières balises) l'évolution de la démarche de Tolkien et le changement de préface du SdA qui passait d'une représentation interne à une aute externe. Silmo |
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= on parle trois fois de la même Rome, ou bien il y a trois Rome différentes ? Heu, une figure de style n'est pas un point gramaticale (enfin je crois) Enfin, je repose ma question, si l'analyse du poeme faite par Smadja ne convient pas, que proposer d'autres ? CdC PS Semprini, aparament Smadja a lu Baudelaire, elle le cite deux fois dans la suite. |
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Quelle analyse proposer pour le poeme ? CdC PS Ca serait bien en effet une selection d'ouvrages critiques sur Tolkien. Ca rendrait probablement pas mal de services |
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[A propos de "One, one, one"] Elle n'est pas formellement levée, et dans ce genre de cas, c'est essentiellement le contexte qui permet de déterminer le sens approprié, lequel devient assez vite évident quand on poursuit la lecture. De façon moins évidente, l'idée de l'unicité de l'anneau est certainement renforcée par la construction effectivement incantatoire du poème : observer le très fort parallélisme des deux vers cités ci-dessus. > Encore une fois, l'hypothese de Smadja est que le charme opere par le SdA tient en partie a la poesie qui emane de ce seul poeme. Je me repete mais c'est en effet ce que le lecteur decouvre en premier a chaque fois qu'il ouvre un des tomes. Par ailleurs, encore, l'hypothese de Smadja est que les images induites implicitement et inconsciament par le poeme sont en contradiction avec le texte (et que cela est une des causes de la fascination du lecteur). Que le poème des anneaux ne soit pas pour rien dans le charme du SdA ? Certes oui ; ce n'est d'ailleurs certainement pas pour rien qu'il est placé ainsi en exergue. Que cette fascination tienne à une contradiction hypothétique dans la formulation ? Pour le moins tiré par les cheveux, à mon avis. Contrairement à ce qu'affirme I. Smadja, une lecture avec trois anneaux distincts n'est pas plus "logique" que celle qui n'en voit qu'un, et se révèle rapidement fausse. Il s'en faut d'ailleurs que son l'interprétation "3 anneaux" coule de source : honnêtement, elle ne m'était jamais venue à l'esprit avant que je n'ouvre son bouquin. Plus fondamentalement, je crois que ce cas est une belle illustration d'un des vices de son essai : plus d'une fois, elle se livre à une analyse d'un passage en le séparant complètement de son contexte, à partir de quoi il est facile de le perdre de vue dans des considérations sans pertinence et, pour être plus tranchant, de lui faire dire ce que l'on veut en racontant n'importe quoi. Tout n'est pas à jeter chez Smadja, mais il faut vraiment beaucoup émonder. Moraldandil |
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Re Romaine: |
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OK! |
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Smadja: Smadja dit que le texte est explicite sur le sens du poeme: il n'y a qu'un anneau et non trois. Sur ce point precis je ne crois pas qu'on puisse dire qu'"elle se livre à une analyse d'un passage en le séparant complètement de son contexte". D'autant plus que le poeme venant en exergue, il est d'abord decouvert hors-contexte. Pour moi c'est certes tire par les cheveux mais cela ne l'empeche pas, necessairement, d'etre present dans l'inconscient du lecteur (on peut en effet se demander si jammais lecteur a eu a l'esprit en lisant le poeme la premiere fois, qu'en fait c'etait 1+1+1=3). Personnellement je trouve la problematique interressante meme si Smadja glisse de sa problematique a des conclusions definitives avec une certaine malhonnete intellectuelle (le "a n'en pas douter" est quand meme assez fort). CdC |
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Bonjour, La repetition de l'anneau me fait toujours penser aux poemes du Kalevala. Dans ces poemes, le meme objet est cite plusieurs fois a plusieurs vers d'intervalles avec a chaque fois un numeratif different. Plusieurs vers se suivent en commencant par les memes mots. La meme chose est decrite de maniere differente dans plusieurs vers. Par exemple (peut etre pas le meilleur mais le premier que j ai trouve) "WAINAMOINEN, old and truthful, Je trouve le resultats fascinant, on dirait une formule magique. Est ce que Mme Smadja parle aussi de ce type de poemes? (je m'attends a ce que la reponse soit non...) Mathilde |
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Merci Miriel c'est tres convainquant. CdC |
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Ce procédé, appelé parallélisme, est effectivement récurrent dans le Kalevala. C’est une caractéristique typique de la tradition orale, qui remonte en partie à la récitation à deux voix et aux concours de chant. Elias Lönnrot en a systématisé l’emploi en tirant parti des différentes variantes des poèmes qu’il avait collectés et assemblés, si bien que les exemples sont innombrables(Gabriel Rebourcet, tiré des remarques sur sa traduction parue chez Gallimard en 1991, collection « l’aube des peuples »). Par exemple, le passage de la mort de Kullervo, chant 36 : La prairie pleure en herbe belle, Kullervo, fils de Kalervo, Il mande l’avis de l’épée, Lors l’épée songe à ses paroles, Puis elle entame sa réponse : « Pourquoi n’aurais-je guère envie Kullervo, fils de Kalervo, Il s’ouvre ainsi pour le trépas, C’est un peu long pour un exemple, même s’il n’est pas choisi au hasard ;-) Mais cela permet de se rendre compte de l’extension du procédé. Il n’est peut-être pas inintéressant de remarquer que le parallélisme est fondamental aussi dans la poésie biblique ; ex. le début du psaume 49 (numérotation des bibles hébraïques), dans la traduction de la Bible de Jérusalem : Ecoutez ceci, tous les peuples, Ma bouche énonce la sagesse, Pourquoi craindre aux jours de malheur ? Mais l’homme ne peut acheter son rachat
...Le temps d’apprendre à vivre il est déjà trop tard Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur (Louis Aragon, La Diane française)
...There flying Elwing came to him ...A ship then new they build for him
CdC > Smadja dit que le texte est explicite sur le sens du poeme: il n'y a qu'un anneau et non trois. Sur ce point precis je ne crois pas qu'on puisse dire qu'"elle se livre à une analyse d'un passage en le séparant complètement de son contexte". D'autant plus que le poeme venant en exergue, il est d'abord decouvert hors-contexte. J’admets avoir été un peu rapide. Je souscris d’ailleurs tout à fait à ton commentaire qui suit la citation ci-dessus. Il y a des éléments intéressants dans ce chapitre, par exemple les remarques sur le contraste entre la structure non verbale de la première moitié et l’accumulation des verbes dans la deuxième. Mais le texte est truffé de généralisations et de conclusions hâtives. Comme tu le remarques : > Ceci dit quand Smadja pretend que son interpretation (1+1+1=3), tombe sous le sens, qu'on serait bien en peine de savoir si c'est 1+1+1=3 ou 1/1/1=1 sans l'explicitation du texte, ou que 1+1+1=3 est a n'en pas douter le message explicite de Tolkien, il y a de quoi etre plus sceptique (etant donne son argumentation en tout cas). Affirmer que 1+1+1=3 est la version qui serait « logiquement » retenue sans l’intervention de Gandalf est à mon sens de l’aveuglement au mieux, de la malhonnêteté au pire. Ou alors Smadja et moi ne parlons pas le même français. Je ne peux m’empêcher d’avoir l’impression qu’elle a dans l’ensemble fichu - je dis bien fichu - le SdA dans le moule d’une critique prédéfinie. Et c’est une impression insupportable. Moraldandil |
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>>> Ceci dit, ça me paraît un peu tiré par les cheveux tout ça... En passant, et même si, comme journaliste, je suis le premier à savoir combien il est ardu de publier un texte sans coquille, il y a un perle d'anthologie p. 107 du Smadja : "Gimli se leva et se campa fermement sur ses pieds écartés ; sa main se crispa sur le manche de sa hache et ses yeux sombres étincelèrent : Il faut bien entendu lire "dresseur de chevaux", "horse-master" dans le texte original : une citation du chapitre "Les Cavaliers de Rohan (p. 469 du Sda, édition Bourgois compacte). Il serait trop facile (mais certainement délicieux) d'appliquer la méthode de l'auteur à ses coquilles. Quel est l'inconscient du texte ? Qui se cache derrière ses dresseurs de cheveux ? Etc. Prenons plutôt le parti d'en rire et ajoutons à l'argot des Tolkiendili cette définition riche de sens : Sur le fond du débat, je n'ai aucun doute : "One Ring" est une anaphore, c'est-à-dire la répétition d'un même mot en tête de phrases ou de membres de phrases. C'est un procédé simple, mais efficace, pour faire monter la sauce, ou, pour parler comme un littéraire, introduire le registre du sublime. C'est très commun et ne pose aucun problème particulier d'interprétation. Bien plus intéressante me paraît l'opposition entre le singulier et le pluriel. The Lord of the rings is... one ring. C'est cela qui justifie l'anaphore. C'est là que réside la monstruosité. A tous les peuples ont été attribués plusieurs anneaux, et si on veut y voir à tout prix un symbôle, c'est celui de la séparation des pouvoirs qui me paraît être évident. Seul le Seigneur des Ténèbres a pu penser et réussir à forger l'anneau unique : la concentration de tous les pouvoirs en un seul. C'est ça le scandale. Un anneau, oui, un anneau, avez-vous bien entendu, un anneau et un seul pour les gouverner tous ! On dirait presque une pub pour les nouveaux téléphones portables d'Oranges, tout-en-un-SMS-WAP-Console de jeu-réveil-agenda-fait-le-café-et-aussi-de-temps-en-temps-permet-de-téléphoner. Le super-couteau-suisse des objets magiques, avouez que c'est tentant, non ? S'il faut continuer sur les figures de la répétition, ce passage de fait penser (mais cela n'engage que moi, et je ne suis pas du tout persuadé que Tolkien ait pu être au courant à son époque) ... me fait penser donc à la doxologie catholique, c'est-à-dire au passage le plus important de la messe, lorsque le prêtre dit, pour consacrer l'hostie, "Par Lui, avec Lui et en Lui / A toi, Dieu le Père tout puissant, dans l'unité du Saint Esprit / Tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles". Un seul anneau, mais trois fonctions. Gouverner (par Lui), Trouver (avec Lui), Amener et Lier (en Lui). Sauf qu'il ne s'agit pas de l'unité du Saint Esprit, mais de celle de l'esprit du mal. Rien d'étonnant dans cette perspective qu'il faille le détruire. Dernier point : pourquoi la troisième fonction de l'anneau est-elle double ? Parce qu'après avoir répété trois fois "One", en anaphore, une bonne idée, pour continuer la montée vers le sublime, est d'introduire un rythme majeur (par ex. deux éléments courts, suivi d'un long). Avec une troisième fonction double, on rempli tout le vers, on donne l'impression que le discours s'enfle, et avec lui le pouvoir maléfique de l'anneau. Le sublime est alors atteint, la catastrophe suprême, on ne peut pas aller au delà. La preuve ? Le vers suivant est une reprise et referme le second quatrain avec un schéma dit de rimes embrassées (abba, lie them, them, lie) contrairement au premier, dont les rimes étaient croisées (abab : sky stone, die, throne). S'il faut tirer une "idéologie" de la pauvreté des rimes du second quatrain, de leur structure, de la reprise d'un vers entier, etc. elle ressemble bien à une dénonciation du tyran, du mal qui arrive quand une créature veut concentrer tous les pouvoirs sur elle-même. Mais je me trompe peut-être du tout au tout...
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