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À l'occasion du rapatriement des Chroniques de Chant-de-Fer sur JRRVF, Isengar avait annoncé (ici) la publication de du fameux essai de Tilkalin en 2007, lui-même inspiré de celui de Jean avec Túrin :
Nous pourrons ici laisser nos commentaires le cas échéant. J'avoue, penaud, ne l'avoir découvert qu'à cette occasion. Pour mon plus grand plaisir, cela dit. J'ai toujours beaucoup aimé le peuple de Durin et, après celles qui concernaient les Elfes, c'était leurs histoires après lesquelles je languissais. Avec cet essai, j'ai pu cheminer à nouveau dans les pas de Thorin. Merci Éric ! Dans cet essai, Tilkalin applique à la quête de Thorin le schème de Dumézil en cinq étapes de la vie d’un guerrier dans les mythologies indo-européennes :
Éric développe et illustre tout cela, bien entendu, avec un nombre impressionnant de références tout à propos, des illustrations convainquantes, et une concision et une clarté qui rendent la lecture de son travail très agréable. En ce qui me concerne, outre l'enrichissement non négligeable de mes maigres connaissances « trifonctionnelles » du sujet, je dois ici à Éric d'avoir compris que « dans ce cadre, l’avarice de Thorin apparaît non seulement comme la cause de son trépas mais aussi comme la manifestation de son état ». J'ai aussi beaucoup aimé sa conclusion — c'est peu dire. Inscrivant explicitement ses pas dans ceux de Laurent et de Jean, Éric conclut en situant Tolkien dans un rapport libre avec la théorie dumezilienne, et résume ainsi la geste de Thorin (citant d'abord Dumezil puis Tolkien) : On peut de fait réduire l’histoire de Thorin à sa plus simple expression comme étant « une description contrastée de deux moments d’une vie remarquable, l’ascension et le déclin ». Et parce que « la destinée accorde le salut à l’homme de courage », on peut voir ces épisodes comme deux étapes dans l’ascension de Thorin vers la gloria. À l’image de Beowulf, « poème héroïque élégiaque et […] prélude à un chant funèbre », Bilbo le Hobbit serait donc une œuvre dans laquelle a été préservée « une forte proportion du passé scandinave [mais] mêlée […] à la foi nouvelle ». Pour proposer, à la fin : La théorie du courage telle que la met en scène Tolkien à travers la geste de Thorin pourrait ainsi évoquer la dialectique espoir (amdir)-espérance (estel) que pose l’Elfe Finrod lors de sa discussion avec l’Humaine Andreth, et qui parcourt le reste du Légendaire. De fait, « la tragédie de la grande défaite dans le Temps […] finit par cesser d’être importante : ce n’est pas une défaite, car la fin du monde fait partie des desseins de Method […]. Au-delà se profile une possibilité de victoire éternelle (ou de défaite éternelle), et c’est entre l’âme et ses adversaires qu’a lieu la vraie bataille ». Ce que Tilkalin avait déjà résumé ici-même à l'époque, soulignant que, dans la mythologie nordique, « loin d'être écrasés par un fatum inexorable, il est donné aux söguligir, ces hommes reconnus “dignes de donner matière à saga”, de participer à leur destin, révélant en eux quelque chose qui témoigne du sacré — les incitant à accepter leur sort et à accomplir les arrêts du Destin », et l'analogie de fait qui en découle « avec la notion de grâce chrétienne ». Ce qui nous renvoie à la perspective tolkienienne du libre arbitre : participation à / accomplissement de sa nature ... c'est-à-dire de son destin, d'après la quasi équivalence faite par les Elfes entre les deux notions — soit la réunion, une fois de plus, du « passé scandinave » à « la foi nouvelle » (ici en particulier pour le lien avec Éric). Jérôme Deux pinaillages de rien :
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