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Bonjour tout le monde, tout d'abord je voulais vous dire que je suis impressionnée par la connaissance poussée qu'ont certains du langage elfique. Etant totalement débutante, je me permets donc de vous demander un peu d'aide. Après avoir lu les différents liens que vous conseillez aux débutants , j'ai fait une tentative de traduction et j'aimerai avoir votre avis. Donc alors j'ai traduit en quenya et ne connaissant pas dans quel ordre je devais mettre les mots alors j'ai fait comme en français. La première phrase est: Un rêve sans étoiles est un rêve oublié La seconde phrase est: Le rêve est la plus douce chose dans la vie Alors? mes traductions sont-elles correctes? Merci de m'avoir lu jusqu'au bout. |
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Lunawa > La première phrase est: Un rêve sans étoiles est un rêve oublié Sébastien |
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Merci énormément pour toutes ces corrections. On voit bien la différence entre la pauvre débutante que je suis et l'expert que tu es ;-) si je peux me permettre d'abuser de ta gentillesse et de ton temps, pourrais-tu, quand tu auras le temps bien sûr, m'indiquer les traductions en sindarin de mes deux phrases? Autre question: si je veux changer le "dans la vie" par " de la vie" dans ce cas là le mot vie devra prendre le genitif, c'est ça? Désolée de poser toutes ces questions mais j'ai du mal à tout comprendre. Merci encore. |
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Je n'ai rien a ajouter à ce qu'à dit Toko, puisque les rares commentaires que j'aurais pu fair il les a déjà fait. mes excursions récentes dans le grec me pousseraient à supprimer le nat de la dernière phrase, mais je n'ai aucune justification supplémentaire et ai donc surement tort. J'aimerais cependant féliciter Lunawa pour ce (je crois, premier) post. En effet, il est fort rare que les nouveaux venus se donnent autant de peine. Nous avons récemment discuté de l'acceuil réservé aux nouveaux venus et je crois que ce fuseau justifie la position de ceux qui prétendent que les nouveaux venus qui se donnent de la peine sont bien acceuillis. lunawa
Il y a la deux questions distinctes. La première est "est-ce que, en général, je traduis le francais de qqch par un genitif quenya?" Dans un premier temps, répondons oui. C'est à peu près à cela que correspond un genitif. La deuxième est plus complexe: "comment traduit-on l'expression francaise "de la vie"/"dans la vie" en Quenya. Et la, malheureusement, nous ne pouvons pas répondre. L'anglais utilise "in life": préposition +nom indéfini. L'allemand utilise "des Lebens": article défini+génitif. Le français utilise préposition,article défini,nom. Comment peut-on déterminer ce qu'on dit en Quenya? A titre d'exemple supplémentaire en finlandais on peut dire: Kaikkein kauneinta elämässä on..." de-loin (une déclinaison étrange de "tout") la-plus-belle-chose (partitif superlatif de "belle") dans-la-vie (locatif de "vie") est... Puisqu'on ne peut pas savoir, c'est une question de "feeling" ou de préférence personnelle. Mais on peut de toute facon etre quasiment sur d'avoir tort. Greg |
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Lunawa > Merci énormément pour toutes ces corrections. On voit bien la différence entre la pauvre Sébastien |
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Merci beaucoup à vous deux pour ces précisions. Sebastien > C'est juste une question de temps et d'investissement. Cela fait au moins 10 ans que j'étudie les langues de Tolkien, et chaque jour amène 10 ans??!! je suis litteralement époustouflée!!c'est une véritable passion à ce que je vois! Greg > J'aimerais cependant féliciter Lunawa pour ce (je crois, premier) post. En effet, il est fort rare que les nouveaux venus se donnent autant de peine. Nous avons récemment discuté de l'acceuil réservé aux nouveaux venus et je crois que ce fuseau justifie la position de ceux qui prétendent que les nouveaux venus qui se donnent de la peine sont bien acceuillis. Sebastien > En effet, il convient de saluer l'effort de Lunawa qui a pris la peine de lire la FAQ et de faire des recherches préalables avant de soumettre sa question, ce qui est la démarche que nous prônons ici. S'il pouvait en être ainsi de tous les nouveaux venus en cette section du forum... (l'espoir fait vivre comme on dit !)
Amandine |
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je rajouterais juste aux explications très complètes de Toko qu'il est possible de supprimer la copule "nà" généralement sous entendue et qui alourdie le texte surtout dans le cas d'un poème. |
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Pour le sindarin, comme l'a dit Sébastien, c'est toujours plus difficile, parce que nous connaissons moins la langue globalement, et que beaucoup de questions de syntaxe restent ouvertes. On sait bâtir un certain nombre de syntagmes (enchaînements de mots), mais pour la phrase c'est parfois encore problématique. On peut quand même essayer ! La première phrase "un rêve sans étoiles est un rêve oublié" n'est pas trop difficile. Nous n'avons pas de terme pour "oublier", mais nous en avons un pour le "souvenir", ce qui permet de contourner cette lacune. Le verbe "être" n'est pas connu en sindarin, sauf son impératif (assez probablement) ; mais nous savons aussi avec certitude depuis la publication d'une traduction du Notre Père en sindarin qu'il peut tout simplement être omis. Je propose ceci : Ôl ben 'îl, ôl ben rîn. Littéralement : "rêve sans étoiles, rêve sans souvenir". En plus, ça fait bien formule :-) N.B. : J'ai suivi le modèle du nom sindarin de Bombadil, Iarwain Ben-adar "le plus ancien sans père / oldest and fatherless", mais il y a une question intrigante dans le second élement. le ben signifie à l'évidence "sans", et l'on peut le rattacher avec vraisemblance à la racine PEN "manquer de, être sans" (WJ:375)... ce qui signifie qu'il subit une mutation douce dans ce contexte. Pourquoi ? Est-ce que c'est une préposition mutée en permanence (il y a quelques faits semblables en gallois, et peut-être dans le sindarin du Notre Père) ? Ou est-ce que ce second élément est senti comme une sorte d'adjectif épithète, et muté en conséquence ? Je ne sais pas, et dans le doute, je suis le modèle attesté. La deuxième phrase est plus difficile. 1) D'abord, il y a la question de la préposition "en, dans" ; elle est restée longtemps mystérieuse, mais maintenant, nous en avons presque trop ! Nous avons ned dans une version de la Lettre du Roi (SD:129-31), vi dans le Notre Père (VT44:21, 27) et di, connue depuis longtemps dans l'appel de Sam en sindarin à Cirith Ungol, et glosée "in" dans les additions et corrections aux Etymologies (VT45:37). Nous ne savons pas si ce sont des changements de conceptions ou si ces prépositions ont des emplois distincts, et lesquels. J'emploierai ici di parce que c'est la moins problématique pour les mutations : celle après ned n'est pas attestée (Fauskanger propose la "mutation occlusive", mais ce n'est qu'une hypothèse) et vi n'a pas l'air d'en déclencher, alors qu'un mutation douce serait phonétiquement attendue (les mutations dans le Notre Père sont de toute façon étranges). 2) Ensuite, il y a que nous ne savons pas vraiment faire de comparatifs ou de superlatifs en sindarin. Fauskanger voit un superlatif dans Iarwain mais j'en doute ; j'ai posté il y a quelque temps un fuseau à ce sujet. Nous disposons surtout d'une forme intensive, entrevue dans Aran Einior "l'Ancien Roi", nom sindarin de Manwë (PM:358), et mieux attestée dans VT45:5, pour le noldorin en tout cas. En quenya, une forme similaire s'emploie liée à un génitif pour exprimer un superlatif (cf. Toko plus haut). Peut-être en était-il de même en sindarin, mais ce n'est pas attesté. Pour exprimer le génitif, comme il a un sens plutôt partitif ici, proche de la notion d'origine, je pense utiliser la préposition o. Nous avions parlé de ces différentes nuances de sens de "de" et de leurs traductions ici. Mais j'insiste qu'il s'agit d'une hypothèse personnelle. 3) L'emploi de l'article n'est pas entièrement clair en elfique ; en quenya il semble plus restreint qu'en français, avec un sens plus fort, plus démonstratif. Il ne s'emploierait probablement pas pour une généralité (cf. l'usage similaire de l'anglais). C'est peu clair en sindarin, car nous avons moins de données. Toutefois, une Early Noldorin Grammar indique que l'article s'emploie de manière limitée et jamais dans un sens générique ("sparingly used ans never generically", PE13:120). Il s'agit d'un état de la langue d'inspiration galloise de Tolkien très antérieur au sindarin proprement dit (années 20), mais la note est intéressante quand même. Je ne ferais donc pas usage de l'article pour une généralité.
B. |
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> Sous ces réserves, je dirais par exemple : Ôl ammelui uin naid di guil. Littéralement "[le] rêve [est] très-doux parmi-les choses dans [la] vie". Cette syntaxe est inspirée du celtique, non ? En tout cas, Bertrand touche du doigt un des problèmes majeurs que soulève l'étude des langues elfiques : la syntaxe (qui est également problématique en quenya : traduire une construction comme "le rêce est la chose la plus douce dans la vie" est problématique). En tout cas j'aime bien la formulation proposée par Bertrand. En l'adaptant au quenya on pourrait avoir : *Olor allisse... (« [le] rêve [est] la plus douce... ») Il se pourrait également que l'adjectif superlatif doivent être placé en fin de phrase, après le syntagme génitif (cf. Earendil elenion ancalima lit. « Earendil des étoiles le plus brillant »). Bref, on a pas fini de se creuser la tête avec des problèmes de syntaxe, que ce soit en quenya ou en sindarin ! Sébastien |
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Merci Moraldandil pour cette traduction en sindarin. Effectivement le niveau de difficulté est plus élevé que le quenya et je n'aurais jamais su les traduire(même partiellement). Amandine |
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Ou, pour faire mirroir au finnois, utiliser le partitif, ou le possessif adjectival (aussi décrit comme partitif, si ma mémoire est correcte) Greg |
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Pour répondre à Sébastien, je ne me suis pas spécialement inspiré des langues celtiques - ou plus exactement du gallois, la seule de ces langues dont j'aie une connaissance un peu plus que superficielle. Le système des comparatifs et des superlatifs du gallois moderne ressemble assez à celui de l'anglais, il y a à la fois des suffixes, pour les adjectifs courts, et une périphrase pour les adjectifs longs, plus un "équatif" qui sert à exprimer "aussi... que" mais que la langue parlée n'utilise plus beaucoup. J'ai bien davantage imité la structure attestée en quenya. Il est toutefois intéressant de remarquer que cette relation se retrouve dans les stades anciens de langues indo-européennes, en latin par exemple, où la même forme sert à exprimer l'intensif et le superlatif (les grammaires scolaires préfèrent d'ailleurs souvent parler de superlatif relatif et absolu) ; le sens dépend du contexte et de la construction. Par exemple, arbor altissima signifie "un arbre très haut" ou "l'arbre le plus haut", et altissima arborum ou altissima ex arboribus "le plus haut des arbres". Dans ce cas-ci, le complément est au génitif seul, ou à l'ablatif avec la préposition ex "hors de", deux constructions dont le sens partitif est assez clair. Il est bien possible que Tolkien se soit inspiré de cet usage. B. |
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P.S. : Par contre, je me suis effectivement inspiré du gallois pour la première phrase, et plus précisément du proverbe Cenedl heb iaith, cenedl heb galon "Nation sans langue, nation sans cœur" :-) On voit en passant que cette structure est possible en français aussi, au moins dans un style formulaire. |