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Le Seigneur des Anneaux, comme toute vaste fresque épique, est pleine de faits de bravoure, dépassements de soi, quêtes de l’impossible, de grandeur et de grandes âmes, et a contrario de personnages vils et de trahisons. J’ai voulu m’intéresser à la dernière partie, la trahison. On pense à première vue à Saroumane, présenté comme un traître. Ainsi le HoME 7 ne s’appelle-t-il pas The Treason of Isengard. On pourrait aussi citer sommairement Gollum, Grima ou Boromir, voire Frodon ? Mais étrangement je ne distingue aucun Mîm ou Maeglin, aucune bassesse ni coup de poignard dans le dos. Après s’être penché sur ce qu’est réellement une trahison, nous verrons si des personnages du Seigneur des Anneaux peuvent avoir eu réellement un comportement de traître et quelle a pu en être la raison et quels sont les vrais traîtres dans ce roman.
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I- Définitions Le dictionnaire nous donne plusieurs signification à la trahison : On retrouve globalement une notion de rupture ou d’abandon d’une promesse, d’un amour, d’une alliance et d’un retournement complet. |
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II- Y a-t-il de vrais traîtres dans le Seigneur des Anneaux
A tout seigneur tout honneur, commençons par le personnage qui vient le premier à l’esprit. L’essentiel est raconté par Gandalf au cours du Conseil d’Elrond (Livre II, chapitre II). Il trahit ainsi Gandalf en l’amenant par ruse et en le maintenant prisonnier à Isengard (« Saroumane le Blanc, répondit Radagast. Et il m’a chargé de vous dire que, si vous en sentez le besoin, il vous apportera son aide » […] . « Car vous êtes venu, et c’était tout le but de mon message. Et vous allez rester ici, Gandalf le gris »). Saroumane a ainsi trahi la mission qui était la sienne en tant qu’envoyé de Valinor en usant de ses pouvoir pour son propre compte (« on a dit qu’ils étaient venus de l’Extrême-Occident et qu’ils étaient des messagers envoyés pour contrer les ambitions de Sauron […], cependant il leur était interdit de […] chercher, par la force ou par la peur, à acquérir un pouvoir sur les elfes ou sur les hommes ». Parallèlement, Gandalf rappellera cette mission initiale en « revendiquant » le nom de Saroumane (« Saroumane tel qu’il aurait dû être »)). Pour la cause de sa trahison, l’Anneau apparaît avant tout. Il annonce lui-même qu’il cherche le pouvoir et la domination (« L’Anneau Souverain ? Si nous pouvions en disposer, le Pouvoir nous passerait, à nous »). Mais assez étrangement, je ne crois pas qu’il ait trahi en passant à l’ennemi. Même s’il feint de le faire croire à Gandalf, voire à Sauron, il agit toujours pour son propre chef (« le Pouvoir nous passerait, à nous »). On peut même se demander s’il a jamais été dans un autre camp que le sien propre. A cet égard, difficile de le considérer comme un vrai traître. De même, du point de vue du lecteur, Saroumane nous apparaît toujours le même. On ne voit jamais son retournement. C’est à peine si une image neutre nous apparaît au début du Conseil d’Elrond quand Galdor s’étonne de son absence (a-t-il d’ailleurs jamais été convié à ce conseil ?). Il n’y a que le témoignage de Gandalf qui nous le fait considérer comme un traître. Pour le lecteur, comme pour les acteurs de la guerre de l’Anneau, Saroumane est depuis le départ un être « mauvais », forcément non digne de confiance, différent donc d’un traître. |
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2- Grima « Depuis combien de temps Saroumane t’a-t-il acheté ? Quel a été le prix convenu ?». La raison de sa trahison pour servir les intérêts de Saroumane me paraît obscure. Toutefois, mis dans ses derniers retranchements, on peut voir qu’il est prêt à toutes les compromissions pour éviter tout combat et qu’il n’obéit qu’à une lâcheté sans limite, « et si ce prétexte ne vous dispense pas de la guerre […] quel emploi moins honorifique accepteriez-vous ? Porter un sac de farine dans les montagne ? » le tance ainsi Eomer. Il a ainsi été amené à trahir par lâcheté et trahison. Qu’avait à gagner celui qui ne paraît être que le jouet de Saroumane ? sans doute pas grand-chose. Mais avait-il la liberté de choix, mû par une lâcheté et une faiblesse d’âme sans borne ?
Sam dans tous les cas ne lui a jamais fait confiance, de même Faramir (« méfiez-vous de ce guide, il a déjà commis un meurtre. Je l’ai lu en lui »), au contraire de Frodon qui croit sincèrement en sa rémission. Frodon y voit comme son double, même race, même fardeau à porter, et ira jusqu’à jurer de sa vie pour le sauver près du lac interdit. Le fait d’amener Frodon à Arachne peut donc paraître comme une trahison vis-à-vis de Frodon. Cependant, en relisant bien le serment qu’a fait Gollum lors de sa capture par les deux hobbits, ce serment a été prononcé sur le « Trésor ». Et Gollum respecte ce serment : « Et on sauvera le trésor, comme on a promis, oh oui » (cf. l’antre d’Arachne). Jusqu’au bout, il fera d’ailleurs tout pour sauver l’anneau. De la part de l’esprit perverti par l’anneau de Gollum, il n’y a pas réelle trahison. Il a juré de protéger le « maître du Trésor », espérant bien devenir ce maître.
Il est l’un, si ce n’est le déclencheur de la dissolution de la Communauté, en ayant voulu s’emparer de l’anneau, tenté par ce dernier. Cependant, il est toujours resté fidèle à ce qu’il avait annoncé lors du Conseil d’Elrond, c’est à dire défendre le Gondor, persuadé, à tort, que l’anneau pourrait l’aider. Là encore, comme pour Saroumane ou Gollum, on retrouve l’anneau comme responsable de sa chute et de l’image de trahison qu’il a pu avoir pour ses compagnons.
L’idée est quelque peu osée de considérer Frodon comme un traître, mais plusieurs signes sont accablants. Ainsi, la capture par ruse de Gollum au lac interdit peut être vue comme un acte de tromperie, de même lorsque dernier se rend compte sur les contreforts de la Montagne du Destin que Frodon a l’intention d’attenter à l’existence de l’anneau. Vis-à-vis de la « mission », qui était de détruire l’anneau, Frodon la trahit au dernier moment en revendiquant sa possession, et il trahit par conséquence tout le labeur et le dévouement de Sam en abandonnant sa promesse. Là encore, on retrouve l’anneau comme seul et unique déclencheur.
Sa folie et son désespoir l’entraînent à abandonner son poste et le commandement général de son peuple. Ce n’est pas une vraie trahison dans la mesure où il ne passe pas à l’ennemi, mais les conséquences auraient pu être similaires en l’absence de Gandalf pour le remplacer en tant que commandant lors de la bataille. Les raisons de ses actes sont avant tout le désespoir (mort de sa femme, de Boromir et, croit-il, de Faramir) et son sentiment de grande faiblesse et d’impuissance.
On rencontre également des personnages que je qualifierai de secondaires qui portent une image de traître. Bill Fougeron qui « vend » les hobbits aux Nazgûls, Lothon Sacquet et Ted Rouquin qui semblent les seuls à se réjouir du saccage de la Comté. Il n’y a pas de trahison car ils n’ont pas abandonné leur camp ou leurs convictions (ils n’en avaient pas ou si peu). Ce sont surtout des personnages faibles et misérables qui profitent de la moindre occasion pour se venger sur plus faible et misérable qu’eux. |
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III- L’Anneau, le seul et vrai traître ? Comme on a pu le voir au-dessus, l’Anneau a toujours trahi ceux qui avaient mis leur confiance en lui. Ainsi, tous les porteurs, de façon plus ou moins nette, en ont payé le prix fort : Isildur tué car l’Anneau s’était "enfui", Déagol tué par la convoitise de Sméagol pour l’Anneau, Sméagol devenu Gollum, même Bilbo, Frodon, voire Sam également, qui seront contraints à l’exil entre autres choses. De même, il a entraîné la chute de ceux qui le convoitaient, Saroumane, pauvre hère tué par aussi misérable que lui, Boromir et Dénéthor qui faillit entraîner la chute de son pays et de sa maison.
Malheureusement pour son créateur cette trahison a été bien au-delà des intentions initiales et j’estime que Sauron lui-même a été trahi par l’Anneau. Ainsi, pour revenir au poème, les ambitions de Sauron exprimées ici ne se sont pas toutes réalisées : Si l’ambition initiale et l’objectif de la création de l’Anneau était d’amener Sauron à la maîtrise des peuples de la Terre du Milieu, l’Anneau n’a pas tenu ses promesses. « L’Anneau cherchait à revenir à son maître » nous dit Gandalf, mais les chemins pris ont été bien détournés, y avait-il d’ailleurs la moindre chance ? |
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Conclusion
Les autres cas de trahison trouvent toujours le même initiateur, le désir de l’Anneau. Gollum, Saroumane, Boromir, tous commettront des actes considérés comme de la trahison par les autres car ils désirent prendre ou reprendre l’Anneau. Ce sont des trahisons ainsi provoquées par le seul véritable traître dans cette histoire, l’Anneau unique.
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Merci pour cette belle analyse, Gilles. L'idée de l'Anneau comme seul véritable traître - du point de vue du lecteur, et dans les limites du roman - est habilement amenée. Et elle se tient très bien. Il est vrai que si on étend l'analyse à tout le légendaire, les cas de trahison sont plus nombreux et plus complexes. Très intéressant en tout cas :o) I. PS : attention aux accents sur Denethor, je les avais déjà remarqué, mais c'est de ma faute, j'aurai pu te prévenir avant, tra^tre que je suis :p |
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Excellente analyse, en effet... et je vais m'empresser de trahir l'estime que j'ai pour toi : il y a, je crois, une petite erreur, car Grima ne fait pas bannir (ça c'est dans le flim) mais enfermer Theoden après qu'il ait quitté Edoras sans permission pour aller tuer des orques oeuvrant pour la Main Blanche. Pierre |
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->Dragon : Grima fait enfermer Eomer (et non Theoden, quoique), Eomer est donc banni du pouvoir (ça c'est pour retomber sur mes pattes) |
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>>Eomer (et non Theoden) Damné anneau, des millénaires après sa destruction, il continue de provoquer des trahison!! *:O) Pierre |
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Elle propose une perspective percutante de la question dans le Seigneur des Anneaux (n'entre pas dans des cases toutes faites, nous invite à renouveler nos regards). Tu forces pour cela des traits à la limite : l'on pourra objecter par exempe que Saroumane, en tant qu'envoyé par les Valar, n'avait pas à l'origine accepté pour mission d'« agir pour son propre chef », et qu'il a bien trahi cette mission, ainsi que le message dont il (n')était (que) le messager (ce qu'est bien un Istar : un « angelos ou messager envoyé par les Valar » L/237, Lfr/336). Mais, on le comprend bien, tu procèdes ainsi pour mieux faire distinguer quel est le véritable Traître, et, ce faisant (ainsi de ta conclusion), ton étude nous fait nous interroger sur la liberté et la faiblesse de l'Homme face à la Tentation. Je dirais même, certes aux limites du cadre que tu te donnes, que les Orques (trahisons de l'ordre naturel et bon des choses ?), ceux des Champs aux Iris comme ceux de la Morannon, montrent aussi l'empire exercé par l'Anneau ... et jusqu'où la liberté de l'Homme peut être aliénée. Cette étude, alors, bien que circonscrite au SdA, renvoie avec force d'évocation à l'ensemble du Conte d'Arda. Car dans les Âges Anciens, les protagonistes du Silmarillion sont influencés certes « à la fois par les mensonges de Morgoth, l'ensorcellement des Silmarils, ou leurs intérêts propres... » © Isengar :) mais avant toute chose, sans qu'ils puissent l'ignorer de quelque manière, par un autre Anneau : celui de Morgoth (qui fait que « tous ceux qui avaient un corps, nourri par le hroa d'Arda, avaient une attirance plus ou moins grande envers Melkor [i.e. à trahir l'ordre naturel ou/et Eru] : aucun d'entre eux n'étaient entièrement libres de lui dans leur forme incarnée, et leurs corps avaient une influence sur leurs esprits » MR/399-400). Ce que tu montres à l'échelle de l'histoire de la Guerre de l'Anneau vient se superposer à l'Histoire de toute l'Arda (Marrie), en laquelle ses créatures ne sont jamais entièrement libres, et soumises en permanence à une pression qui tente de les assujettir, l'úþahtië, ni plus ni moins que l'Anneau : ce dernier est un puissant artefact de marrissement. Nous sommes donc loin, bien loin, de toute facilité visant à confondre une opposition entre la Loyauté et la Traîtrise avec celle des personnes, puisque chacune est en réalité, même Sauron d'une certaine manière, je suis tout à fait d'accord, aux prise avec un ennemi commun (et nous sommes loin, aussi, de toute philosophie qui tend à expliquer le monde par l'interaction (presque nécessaire ?) entre Bien et Mal équipotents - cette étude a quelque chose de très elfique, finrodienne très exactement :) : « [...] pourtant bien des Hommes ne perçoivent le monde que comme une guerre entre la Lumière et l'Obscurité équipotentes. [...] nenni, cela c'est Manwë et Melkor; Eru est au-delà. » MR/321). Jérôme :) |
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Tout en partageant le plaisir de la lecture de ton étude, je me suis posé la question de Faramir. Ainsi, il dit lui-même :
Il est certes un grand capitaine capable de réfléchir et de choisir de moduler ses ordres en fonction de ce qu'il juge utile, même s'il laisse planer des soupçons de traitrise au sujet des deux hobbits. Mais lorsqu'il avoue :
Bien sur, en tant que lecteurs, nous savons qu'il agit "noblement" pour un bien final ; mais n'est-il pas ainsi traître envers sa cité, envers son suzerain et père ? Mehapito |
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PS: ou alors Faramir, comme d'autres, parvient-il simplement à résister à la traîtrise de l'Anneau ? |
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Mmm, merci Tar-Palantir :) Etude intéressante, effectivement :) Puis-je ? Quelques points me titillent. Pour Grima, il y a une autre raison : mettre la main sur la belle Eowin. 'Nay, Éomer, you do not fully understand the mind of Master Wormtongue,' said Gandalf, turning his piercing glance upon him. 'He is bold and cunning. Even now he plays a game with peril and wins a throw. Hours of my precious time he has wasted already. 'Down snake!' he said suddenly in a terrible voice. 'Down on your belly! How long is it since Saruman bought you? What was the promised price? When all the men were dead, you were to pick your share of the treasure, and take the woman you desire? Too long have you watched her under your eyelids and haunted her steps.' Encore un désir de possession... (Éowyn est d'une grande force d'âme, pour ne pas l'avoir tué, depuis le temps que cet être ignoble et infect, cette larve rampante, tissait sa toile baveuse autour d'elle. Bweuarg ! Pas étonnant qu'elle pense être amoureuse d'Aragorn dès qu'elle le voit : il incarne l'opposé de Grima). Et je prendrais la défense de Boromir-the-Bold :) Je ne pense pas qu'il ai vraiment trahit : il a été pris de folie passagère, mais sa droiture d'âme l'a, en quelque sorte, sauvé : il a donné sa vie pour défendre les autres — même s'il y a échoué. L'Anneau lui a susurré tout ce qu'il pouvait sauver en le possédant : le Gondor, son pays, et puis la gloire en prime, grand chef de guerre... Pourtant... j'hésite en relisant le passage de sa chute : dans son discours apparaît un aspect protecteur : il sait Frodo faible, il se sait fort, semble désirer l'aider... évidemment, il se trompe ! Mais l'Anneau a appuyé son aspect protecteur : Suddenly Boromir came and sat beside him. `Are you sure that you do not suffer needlessly? ' he said. `I wish to help you. You need counsel in your hard choice. Will you not take mine? ' Boromir désire le pouvoir : The Ring would give me power of Command. How I would drive the hosts of Mordor, and all men would flock to my banner! Mais il n'a pas vraiment désiré l'Anneau ad vitam : `I am a true man, neither thief nor tracker. I need your Ring: that you know now; but I give you my word that I do not desire to keep it.Toujours sa crainte est que le Gondor sombre. Et son coup de folie est relativement court : 'Miserable trickster!' he shouted. `Let me get my hands on you! Now I see your mind. You will take the Ring to Sauron and sell us all. You have only waited your chance to leave us in the lurch. Curse you and all halflings to death and darkness! ' Then, catching his foot on a stone, he fell sprawling and lay upon his face. For a while he was as still as if his own curse had struck him down; then suddenly he wept. Et là il est sincère. Et réellement affolé : `Half an hour, maybe,' he answered. `Or it might be an hour. I have wandered for some time since. I do not know! I do not know! ' He put his head in his hands, and sat as if bowed with grief. Peut-on être considéré comme traître sous l'emprise de la folie ? Il n'a jamais voulu prendre l'anneau pour lui seul, ni voulu passer à l'ennemi... il a trahit ses pensées oui :) Mais je ne le considère pas comme traître... il a falli, mais l'a payé de sa vie en défendant les autres dans un acte magnifique de courage, de bravoure... 'Farewell, Aragorn! Go to Minas Tirith and save my people! I have failed.'Dîtes-moi quelles sont ces larmes ? Mes yeux fatiguent, ou est-ce la mort de Boromir ? Ou les deux... où ai-je encore posé ces maudites lunettes ? (en ce qui concerne Faramir : tout dépend d'où l'on pense que sa loyauté doit se situer. En ce qui me concerne, il n'a pas trahi, puisqu'il a toujours tenté d'agir de façon juste et bonne, et qu'il a résisté à la tentation de l'Anneau). Mais l'idée que le véritable traître soit l'Anneau lui-même... oui, est intéressante : il finit même par se trahir lui-même ! Ce qui permet, je pense, d'affiner ta conclusion : il y a deux formes de trahison liées à l'Anneau : A cela, une autre trahison par désir de possession : celle de Grima (mais elle n'est pas liée à l'Anneau : je doute qu'il en ai connaissance) (et lui finalement, est un véritable traître, car il défendait avant le Rohan, puis a tourné casaque). Peut-être peut-on ranger aussi dedans Lothon Sacquet et Ted Rouquin : ne désiraient-ils pas gouverner la Comté au détriment du bien-être des autres habitants ? Stéphanie — (y'en a qui écoutent la même chose que moi en ce moment... :)) |
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Voilà qui est intéressant :-) Vis-à-vis de la « mission », qui était de détruire l’anneau, Frodon la trahit au dernier moment en revendiquant sa possession, et il trahit par conséquence tout le labeur et le dévouement de Sam en abandonnant sa promesse. Voilà qui pourrait aider à préciser la notion de traîtrise : un de ses éléments constitutifs n'est-il pas l'intention ? Or Frodo n'avait pas vraiment l'intention de trahir, mais il n'avait tout simplement pas le choix (cf. la lettre 246). Malheureusement pour son créateur cette trahison a été bien au-delà des intentions initiales et j’estime que Sauron lui-même a été trahi par l’Anneau. L'Anneau n'étant qu'une émanation de sa volonté et de sa force, Sauron n'aurait-il pas finalement été trahi par lui-même ? Ce qui me permet de retomber sur le dernier paragraphe du post d'Yyr :-) |
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Je ne vais pas faire dans l'original en disant que ton analyse est très intéressante, Tar Palantir. Cependant, je le dis quand même... Simplement je voulais revenir sur Grima. Son cas m'a toutjours interpellé : peut-on réellement parler de traîtrise au sens plein ? Samwise. |
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Considérer la non réussite de l'anneau dans son but initial - tous les gouverner et les lier - ne serait il pas plus considérer un échec qu'une trahison ? L'anneau n'a pas été à la hauteur de sa création, et donc des ambitions de Sauron, il a failli, certes, mais cela ne signifie pas pour autant qu'il l'ait fait sciemment dans un but quelconque. Or une trahison est par définition guidée par une volonté. Pour moi l'anneau n'est pas traître, il n'est que la source de trahison de nombreux personnages comme dit par vous tous. Je pense que son dessein non accompli vient plus simplement d'une puissance moindre que celle attendue. Si on considère la chute de Sauron comme conséquence de la trahison de l'anneau, en appliquant le même raisonnement, on peut considérer Sauron lui-même comme traître de l'anneau. En effet, si Sauron avait été plus puissant, avec cette terrible arme à son doigt, il aurait pu faire rompre tous les autres anneaux et ainsi accomplir la "prophétie" du fameux poême du début du livre. |
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Mais l'Anneau n'a-t-il pas une volonté propre ? ;o) |
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Samwise : Simplement je voulais revenir sur Grima. Son cas m'a toutjours interpellé : peut-on réellement parler de traîtrise au sens plein ? On connaît le pouvoir de Saruman, le pouvoir de sa voix, sa force de "persuasion" et de "tromperie". Peut-on considérer que Grima a été, au moins en partie, "joué" par Saruman, convaincu de trahir en quelque sorte ? Je ne pense pas qu'il soit totalement innocent à la base, mais je n'en ferais pas non plus un traître en pleine conscience. C'est pertinant, comme réflexion :) 'But you, Wormtongue, you have done what you could for your true master. Some reward you have earned at least. Yet Saruman is apt to overlook his bargains. I should advise you to go quickly and remind him, lest he forget your faithful service.'[...] 'Once it was a man, and did you service in its fashion. Give him a horse and let him go at once, wherever he chooses. By his choice you shall judge him.' (The King of the Golden Hall) Et plus loin : 'How far back his treachery goes, who can guess?' said Gandalf. 'He was not always evil. Once I do not doubt that he was the friend of Rohan; and even when his heart grew colder, he found you useful still. But for long now he has plotted your ruin, wearing the mask of Friendship, until he was ready. In those years Wormtongue's task was easy, and all that you did was swiftly known in Isengard; for your land was open, and strangers came and went. And ever Wormtongue's whispering was in your ears, poisoning your thought, chilling your heart, weakening your limbs, while others watched and could do nothing, for your will was in his keeping. Au départ donc, Grima était un "homme" (il ne l'est plus) et il n'était pas "mauvais" ; au départ, il était "l'ami du Rohan". Mais il a maintenant un "véritable maître", qui n'est pas Theoden. Il a changé de camp. Cela encore ne pourrait pas être considéré pleinement comme traîtrise, s'il l'avait fait franchement, et pour des raisons... plus nobles que vouloir mettre sa sale patte sur Eowyn, disons. Mais il s'est mis à "porter un masque", à espionner, à empoisonner l'esprit du roi... et là, il y a traîtrise. A mes yeux du moins :) Certes, Saruman et sa voix ont un pouvoir immense. Mais il y a toujours un choix : "By his choice you shall judge him" : Grima pouvait s'ammender, il pouvait réparer le mal qu'il avait fait, retrouver un chemin plus juste. Il l'a refusé, par lâcheté. Et là est devenu définitivement un traître. Stéphanie -- "Et ton dossier sur la gestion des connaissances ?" -- "Beeeeu... la fenêtre d'à côté, pourquoi ?" :) |