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Je viens de lire Faërie (les 3 contes et je suis en train d'achever l'essai sur les contes de fées, très intéressant) et j'ai été enchantée par Leaf by Niggle (Feuille, de Niggle) en français. Les 3 contes sont jolis, mais celui-là est particulier. |
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Rapidement, Marineva, car je n'ai pas trop de temps en ce moment, pour mentionner que "Feuille de Niggle" a également une dimension autobiographique. Feuille de Niggle passe son temps à dépeindre à la perfection ce qu'il entreprend. Peindre une feuille de la plus belle des façons, quitte à oublier que son rythme ne pourra pas lui permettre d'achever le tout.
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Merci Cédric de ta réponse. :) |
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Je partage ton avis sur ce texte, Marineva. Je crois que c'est celui que je préfère parmi toutes les histoires qui n'appartiennent pas au Légendaire. Sébastien |
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J'oubliais... ;-) Sébastien |
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"Leaf by Niggle" me fait un peu penser au "Joséphine la Cantatrice" de Kafka(*). C'est un texte que l'on peut notamment lire comme une réflexion sur l'auteur sur lui-meme, sur l'acte d'écriture en tant que tel. Tolkien n'a-t-il pas laissé son oeuvre incomplète, inachevée, en cherchant peut-etre à trop raffiner son Silmarillion? Et ne sommes nous pas très souvent en train de nous demander ce qu'il y a "derrière les montagnes" tout au fond du décor, quand nous évoquons ensemble de la Terre du Milieu? C'est peut-etre pour tout cela que j'aime autant ce texte. Didier. |
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Je suis d'accord avec toi, Cédric, je viens de lire Feuille, de Niggle ce matin et ce qui m'a frappé, c'est ce côté autobiographique de ce conte mais selon vous, le tableau de Niggle, c'est plutôt le Quenta Silmarillion, resté inachevé ou plutôt le SdA, qu'il a mis environ une bonne quinzaine d'années à écrire ? Julian |
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J'avais déjà lu " Faërie" en Anglais, mais dans une version sans "Feuille de Niggle"; les récits m'avaient plu mais sans plus. |
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Bonjour à tous. Dans ses Letters, au n° 98 (To Stanley Unwin), Tolkien écrit : Le peu que je comprends (c'est-à-dire presque rien) serait dans le sens d'une autobiographie (évoqué plus haut) : une confession (rappelez-vous des Confessions de Rousseau où il fait son autobiographie) et une justification (apologia), peut-être de sa lenteur à écrire. Comme ce conte lui a été facile à écrire, j'en déduit qu'il lui correspondait. Cqfd. Arrêtez-moi tout de suite si je suis à côté de la plaque, mon niveau d'anglais ridiculement bas m'a peut-être (en fait : surement) fait comprendre cette lettre de travers, mais je suis sur que quelqu'un va me corriger si mes craintes s'avéraient fondées. J'espère simplement que son sujet était bien ce que j'avais espéré. Voilà, je crois que j'ai dit tout ce que j'avais à dire, alors à bientôt! |
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Je pense que l'interprétation autobiographique est la plus probable. Mais l'intérêt du conte d'après moi est son côté poétique. C'est à mon avis le plus beau des écrits "secondaires", beaucoup plus intéressant que "Smith..." ou "Gilles..." |
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Je l'ai déjà dit : je suis une Tolkiendil assez basique. J'avais moi aussi compris "Feuille de Niggle" dans le même sens que Marineva. Et vu l'importance du thème de la Mort dans l'oeuvre du Professeur ... Qu'il y ait une part, je ne dirais pas d'"autobiographie" mais plutôt d' "autocritique" pourquoi pas ... Mis à part que dans ce cas, je me demande à quoi pourra ressembler le Purgatoire, si Dieu et les Anges ( Eru et les Valars ? ) réagissent comme dans "Feuille " ??? |
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Je rejoint bien sûr l'interprétation initiale, auquelle j'ajouterai une interrgation quant aux deux voix; on pense d'abord à l'accusateur et à l'ange gardien, mais la première se révélant finalement bonne, je me demande si l'on a pas affaire à la justice et à la Charité: le Père et le Fils dans une certaine conception chrétienne pas tout à fait juste, qui ne colle pourtant pas très bien avec le texte. Donc je ne sais pas trop qu'en penser. De même que le Berger final... Par contre, je voudrais réagir sur l'idée que ce conte est autobiographique. Je ne remet pas ceci en cause, mais il se trouve que je me suis senti complètement et directement concerné par ce Niggle, et je me demande si c'est une impression personnelle ou si chaque homme se retrouve en lui, ce que je crois. C'est pourquoi je suis troublé devant le fait que le tableau de Niggle est à la fois le motif de sa condamnation et le chemin vers le salut ou la guérison, ou le paradis. Motif de condamnation, car les voix disent bien que c'est à cause de ce tableau qu'il a négligé les tâches bonnes qu'il aurait dû accomplir, chemin de guérison car c'est bien entendu en achevant son tableau dans un monde où il devient réalité qu'il s'apprête au mieux à gravir les montagnes qui sont dans le lointain, en apprenant au passage l'Amour envers le pauvre Parish (et réciproquement, on peut même constater que le tableau sera le chemin de salut de Parish tout autant). suis-je le seul, ou bien ne vous sentez-vous pas concerné par Niggle ? Voilà pourquoi je pense que ce conte est à part. Il n'st pas seulement une allégorie de Tolkien, il est une allégorie de l'Homme, il atteint un point universel encore jamais abordé d'ailleurs dans les mythes ou légendes à caractère mythique, c'est à dire portant sur les questions fondamentales de l'homme ou sur la nature profonde du monde. Je suis étonné d'apprendre que Tolkien n'a pas peiné pour un conte (que je crois) aussi génial. N'a-t-il pas comme pour le SdA pesé chaque mots, chaque image ? Ou alors avait-il reçu une telle compréhension de la chose qu'il ne s'égarait pas dans un monde trop compliqué pour un seul homme ? (d'aileurs, plus on modifie un univers, plus il est facile de s'y perdre, de commettre donc d'autres erreur qu'il faut modifier ensuite, sources de nouveaux égarements, cercle vicieux - je parle en connaissance de cause) Voilà, ce conte est riche et profond, c'est un trésor, pourvu qu'il reste inconnu, moins les grands savants en parleront, moins ils lui feront de mal... |
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Après petite réflexion, je ne pense pas finalement que les voix soient une analogie de quoi que ce soit. Elles sont là parce qu'elles ont besoin d'être là, même si elles sont sans doute attachée à la conscience de Niggle, et si elles représentent bien à mon avis la justice et la miséricorde. Je ne pense pas qu'on puisse aller au delà. |
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A mon tour je viens d’achever la lecture de Faërie. Et je pense que Feuille, de Niggle est le genre de conte qui s’écrit tout seul, où il suffit de laisser courir sa plume pour que tout se mette en place. J’ai moi aussi quelques velléités d’écriture, encore que tous mes brouillons ou presque aient fini à la corbeille. Mais les rares qui ai soutenu mon autocritique ont été écrits sans recherche fouillée d’allégorie, et pourtant étaient ceux qui avaient finalement le plus d’impact. Je fais le rapprochement ici avec la phrase « that story was the only thing I have ever done which cost me absolutely no pains at all» citée par Xav, et non aux feuilles de Niggle, toujours repeintes, jamais les mêmes. C’est du moins mon interprétation de ce passage. |
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Petite remontée de fuseau pour signaler que c'est aujourd'hui que HarperCollins sort une édition en volume séparé de Leaf, by Niggle, pour la première fois depuis 1945. I. |