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Bonjour, La Revue des Deux Mondes publiera en décembre un dossier "Tolkien, l'imaginaire et le sacré". Pour ceux qui ne connaissent pas cette revue, disons que c'est une vieille dame de 164 ans qui aime bien l'Amérique, la politique internationale, les voyages, Voltaire, Montaigne, les Lumières et l'humanisme. Elle est assez fière d'être la plus vieille revue d'Europe encore en activité, mais n'en fait pas non plus toute une maladie. Signe qu'elle n'est pas tout à fait gâteuse, elle s'est même mise à Internet, mais pas trop. On peut voir son site sur : http://www.revuedesdeuxmondes.com Plus sérieusement, j'aimerais beaucoup discuter avec vous de ce thème disons pendant quinze jours avant de rendre mon article. Des volontaires ? Philippe |
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puisqu'il s'avère que c'est toi l'auteur, déjà Félicitations !! Quel est le point d'intérêt de cette revue pour Tolkien ? Les sciences humaines ? Ton thème me paraît, à première vue, comme ça, d'emblée, assez excellent. |
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bonsoir philippe, je pense que l'article de marc chémali (« Dire l’indicible : le sacré dans The Lord of the Rings », in Tropismes, Centre de Recherches Anglo-Américaines, Université Paris X-Nanterre, 1993, n°6, pp. 191-205), tiré de sa thèse sur le sacré chez Tolkien, pourrait t'être utile. Vincent |
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>>> Quel est le point d'intérêt de cette revue pour Tolkien ? Les sciences humaines ? Non, pas les sciences humaines. La surprise, puisque c'est moi qui coordonne le dossier, c'est que le point d'intérêt de la revue pour Tolkien c'est... Tolkien. Comme ça, cash. Pas en fonction du film, même si on en parlera sûrement. Pas en fonction des cohortes d'abrutis qui lui vouent une vénération irrationnelle (ca me fait toujours bizarre de me reconnaître dans cette description). Pas pour se demander s'il est raciste, misogyne et tralalère (même si je parlerai sûrement d'Isabelle Smadja). Non, juste pour le plaisir de discuter des textes d'un grand auteur qui (étonnant, non?) a des lecteurs, et pas seulement des fans. Il m'a fallu un peu de diplomatie pour convaincre ma vénérable patronne que Tolkien entrait bien dans la case "grands auteurs" dont elle parle régulièrement. Un peu, mais pas trop non plus. En gros, elle me fait confiance. C'est une vraie chance, que je ne voudrais pas gâcher. Mon premier but est de mettre en place une mécanique argumentative suffisamment solide pour convaincre, tout simplement et tout modestement, que Tolkien mérite d'être lu. Comme sur le papier la place n'est pas infinie, nous avons choisi cette articulation "l'imaginaire et le sacré" (qui oui, ne se limite pas à l'imaginaire et le catholicisme). Elle nous a semblé a priori la plus féconde et la plus à même d'élever le débat. Le dossier contiendra un texte d'Irène Fernandez sur les discussions entre Tolkien, Lewis et Hugo Dyson concernant l'articulation entre les mythes et le sacré. Ce texte est déjà écrit, sa chute "y a-t-il donc une théo-mythique comme il y a une théo-logie ?" en résume bien la problèmatique. Les galons universitaires d'Irène Fernandez en théologie assurent l'aile gauche de mon argumentation, côté "Sacré" Il y aura aussi un inédit (en français) de Lewis commentant les poèmes de Williams sur Brocéliande. "Qui sait combien d’entre nous ont trouvé le chemin du salut au sein de Brocéliande ? " écrit Lewis. Même si le texte, où plutôt la série de fragments de texte, ne parle pas directement de Tolkien, il m'a semblé vraiment très éclairant et j'ai donc accepté avec Joie la traduction que m'en proposait Irène Fernandez. J'ai donc Lewis himself en arrière-garde, ce qui, vous en conviendrez, n'est pas rien. Je rencontre demain pour la première fois Pierre Dubois, qui sort chez Hoëbeke une grande encyclopédie des Elfes. C'est une autorité incontestable concernant "l'imaginaire". J'espère qu'il acceptera un entretien pour ce dossier. A vrai dire, je n'en doute pas une seconde. Il a déjà accepté avec plaisir de participer à la réunion de travail qui aura lieu demain à la Revue avec Michel Crépu, mon rédac' chef. Il ne me manquait plus que l'avant-garde, les grands lecteurs de Tolkien. Ravi et toujours un peu ému (pourquoi "ému" est-il si souvent le bon mot lorsqu'on lit Tolkien ou que l'on rencontre des lecteurs de Tolkien?) de voir que vous répondez au quart de tour. Bien entendu, je serai en première ligne, sabre (attention, arme courbe, donc vicieuse) au clair pour couper les têtes de préjugés et de malentendus concernant Tolkien. Et puisque je vois Isabelle Smadja qui s'agite dans le fond de la salle, non la métaphore militaire "ne fait pas symptôme" de mes choix idéologiques. C'était juste pour la faire enrager. ;-) Sérieusement, le dossier est presque bouclé. Il ne reste plus qu'un vrai travail à faire sur le papier d'ouverture, le mien. J'ai 15 à 20 000 signes. C'est long et c'est pas long. J'ai déjà ma petite idée sur ce que je veux dire, mais, puisque je sais que vous êtes, à juste titre, attentifs à chaque mot, autant, pour une fois en discuter un peu plus à fond. (un journaliste qui prend le temps de discuter, que se passe-t-il ? Je dois être malade.) Mais cette contribution commence à être bien longue. Je préciserai ma pensée demain. A bientôt donc, Philippe >>>Vincent Philippe |
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In fine, cher Philippe, vous ne nous demandez rien d' autre que de vous aider à faire la synthèse des 957 259 interventions de ce merveilleux forum...Et le tout, en plus tout à fait 15 jours ! :D |
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>>> la synthèse des 957 259 interventions de ce merveilleux forum Cher TB, 957 259, comme vous y allez ! Je n'en compte pour ma part "que" 40291, même si certaines sont bien plus longues que d'autres. Sinon, oui, c'est un peu ça, mais en gardant toujours à l'esprit l'articulation de départ, le noeud que fait Tolkien entre imaginaire et sacré. Cela ne veut donc pas dire faire la synthèse de TOUT le forum (il mérite une thèse, pas une synthèse), mais essayer d'expliquer le mieux possible sinon le centre de gravité, du moins ce qui me semble être un des grands centres de gravité de son oeuvre. Et ça, je pense que c'est tout à fait possible en quinze jours. >>> En comparaison, la quête de Frodo est une promenade. >>> Bonne chance quand même ! :) Philippe |
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TB, très matinal ?? ou couche-très-tard ?? Philippe, apparemment tu as déjà plus de matière qu'il n'en faut, et cela promet d'être passionant (où peut-on réserver un numéro ? :-)) ) La question de l'approche de Dieu à travers les mythes est en effet un des points auquel Tolkien attache beaucoup d'importance, d'abord en tant que philologue puis en tant qu'auteur de mythologie (ce qui n'en est qu'un prolongement). Nous sommes en effet honorés qu'un journaliste prenne la peine de venir sur ce forum pour y éprouver son article. |
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Bonjour bonjour, Très peu de temps de libre aujourd'hui, mais je ne vous oublie pas. Un mot juste. Pierre Dubois est charmant. Il me fait penser à Tom Bombadil. Il est d'accord, bien sûr. Son encyclopédie des Elfes représente 7 ans de travail. Il ne parle pas directement de Tolkien "On n'a jamais fait du fromage en ajoutant du beurre à du beurre" mais, franchement, tout les autres "Elfes", ou peu s'en faut doivent être représentés. Sa définition est très large, et, il me semble, très intéressante. Pour filer sa métaphore, son entretien me servira à remonter jusqu'au "lait" à partir duquel Tolkien a pu créer ses elfes. Pour être honnête, on a un peu trop bavardé, et, du coup, je suis un peu en retard sur mon planning. Mais promis, je précise ma pensée le plus vite possible. >>> où peut-on réserver un numéro ? :-)) ) Qui est intéressé pour réserver son exemplaire ? A bientôt, Philippe |
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> Qui est intéressé pour réserver son exemplaire ? Yep, tu peux me compter ;-) Dis-moi, question intéressée, mais crois-tu que nous pourrions bénéficier d'une version en ligne de ton article ? Une fois bien sûr la
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Je suis également intéressé par un exemplaire ;-) |
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>>> Yann Pormenté |
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>>> Yep, tu peux me compter ;-) Ok, c'est noté. >>> Mais il faudrais en effet, je pense, préciser encore un peu ta pensée Je vous la fait courte. Le seigneur des anneaux, c'est entendu, n'est pas une allégorie. Mais est-ce que ce ne serait pas une macro-parabole ? Une parabole sur plus de 1000 pages là où celles du Christ, reserrées, pourraient être qualifiées de "micro-paraboles" ? Sur une bouse littéraire, tout le monde est assez vite d'accord. "En vérité je vous le dis, ceci est bien une bouse". Sur le Seigneur des anneaux... Voici le plan, provisoire, de mon article. 1. Le Seigneur des anneaux est un chef d'oeuvre littéraire, une macro-parabole articulant l'imaginaire et le sacré. 4. Cela fut-il toujours le cas ? 7. Invite à découvrir le livre, de préférence en anglais. Philippe |
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Oups... Alors que je suis de plus en plus intéressé par cet article, je viens de me rendre compte que je ne me suis pas présenté. Or si mon pseudo (voire mon prénom) est connu de certains habitués du forum, ce n'est pas forcément le cas pour Philippe. Je répare donc sur le champ cette impolitesse Yann Pormenté |
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Intéressé aussi, of course... par l'acquisition via JRRVF soit auprès d'une librairie parisienne si tu en connais où on peut à coup sûr trouver la revue des deux mondes. Merci beucoup. François |
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Je disais être intéressé par l'achat de la revue mais tu peux également me compter parmi les volontaires pour t'aider dans ton article ou pour le moins te relire.
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Bonjour Philippe, Si c'est possible, je serais également intéressé par un exemplaire. Bon courage et merci d'avance. :) |
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idem ;-) |
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Je disais donc, il va falloir, ne serait-ce que par politesse, que je me trouve un nom elfique. Hem, on y pensera, mais ce n'est pas le plus urgent. >>> Si c'est possible, je serais également intéressé par un exemplaire. Cela nous fait donc Vinyamar, Cedric, Vinchmor, Silmo et Semprini pour les cinq exemplaires de presse, donc gratuits. Finrod, je suis désolé, c'est la plus mauvaise place, mais je ne peux pas te promettre un exemplaire gratuit et je préfère, peut-être, te faire une bonne surprise que de m'engager à la légère. Je te réserve néanmoins un exemplaire payant. Bon, vous avez le plan, on peut commencer à discuter. Je voudrais vraiment essayer de tenir la version définitive en 15000 signes. Si on se donne plus long, on dépassera encore plus, et ce ne sera pas forcément plus convaincant. Je vous propose de frabriquer ensemble un entonnoir magique pour s'en tenir à l'essentiel. Commençons par le plus agréable (babines retroussées et déjà sanglantes) : les conneries dans la presse. Voici ma première question. Au top cinquante des plus grosses bourdes de la presse, quelles sont les deux plus belles ? Il m'en faut deux bien grosses, bien juteuses, preuve évidente que le rédacteur a loupé une belle occasion de montrer qu'il n'a pas lu le livre dont il parle et qu'il n'y connaît rien. C'est déjà arrivé, je sais. J'ai ma petite idée aussi de mes futures victimes, mais je préfère vous donner la parole d'abord. Ensuite, on vote. Attention, il ne faut pas déraper sur TOUTES les conneries dans la presse, on n'a pas le temps. Chacun n'a droit qu'à deux candidates. Plus le canard est prestigieux, mieux c'est. C'est parti pour le tir au pigeon ! Philippe P.S. : Je sais bien que vous êtes d'une courtoisie exemplaire, compte tenu du mépris dans lequel est tenu Tolkien. C'est tout à votre honneur. De toute manière, le jeu des systémes de reconnaissance symbolique en France fait que vous n'auriez aucune chance de vous faire entendre avec de l'agressivité. Les journalistes détestent être remis en cause par quelqu'un qui n'a pas de carte de presse. Et même quand on est journaliste, le titre pour lequel on travaille pèse souvent plus que la qualité du travail rendu. |
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Merci Philippe pour la réservation, c'est très aimable à toi. :) Je ne me doutais pas que l'exemplaire serait gratuit. J'espère à ce sujet que vous avez suffisamment d'exemplaires de presse; je m'en voudrait sincèrement d'usurper la place d'un journaliste qui pourrait être convaincu par la Revue que Tolkien est un grand auteur et l'annoncer dans son propre magazine ou quotidien. En ce qui concerne ta première question, tu ne m'en voudras pas j'espère de m'interroger sur sa pertinence. Faut-il vraiment donner des noms et des quotidiens? Est-ce qu'une phrase générale clouant aux piloris ceux qui méprisent Tolkien sans l'avoir lu ne suffirait pas? Par ailleurs, je crois qu'il faudrait aussi dénoncer l'indigence des notices paraissant dans les encyclopédies et autres dictionnaires littéraires. J'ai le souvenir en particulier d'avoir lu des énormités sur Tolkien dans une encyclopédie relative à la Bibliothèque Idéale, parue je crois chez Le Livre de Poche. Mais presque tous les dictionnaires littéraires ou de l'imaginaire me semblent concernés. S'agissant du sujet plus général de ton article, tu pourras peut-être trouver quelque intérêt à ma chronique "Tolkien, Littérature ou Mythologie?" auquel tu peux accèder via le lien Chronique en première page du site. J'y consacre quelques brefs développements à la réception de Tolkien en France et à la question du sacré. |
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Merci merci merci pour cette bonne nouvelle, mais comme Semprini, je ne voudrais pas priver quelqu'un... A la recherhce d'un article, faut-il ou ne faut-il pas donner le nom d'un quotidien. Oui bien sûr, on eut. Surtout s'il s'agit, comme disait Coluche, d'un journal à grand tirage, très pratique pour allumer le feu , donc) Pour ouvrir le bal, un extrait d'un article du Figaro Magazine du 14 décembre 2002 :"Le Seigneur des Anneaux est avant tout une critique du totalitarisme doublée d'une ode à la monarchie, considérée comme un régime soucieux d'unité et de liberté. On peut en sourire, à une époque où le pouvoir personnel et l'argent sont les "valeurs" les plus prisées par nos contemporains. Il n'empêche. La magie et la symbolique véhiculées par ces Hommes, ces Hobbits, ces Elfes et mêmes ces arbres réunis derrière la bannière d'un roi affaibli mais déterminé laissent rêveur et enthousiaste". C'est encore un peu faible mais il y a eu mieux. De même source, un article intitulé «Le Seigneur des fachos» de Patrick Besson dans Le Figaro du 15 mars 2001, a été commenté par Didier (Hisweloke) sur son site: critique de l'article de Besson Silmo |
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Ah, s'il s'était agi du Figaro, j'aurais eu moins de scrupules. :D |
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>>> je m'en voudrait sincèrement d'usurper la place d'un journaliste qui pourrait être convaincu par la Revue que Tolkien est un grand auteur et l'annoncer dans son propre magazine ou quotidien. Pas de soucis. En fait, j'aurais du être plus précis. Il y a les exemplaires dit "de presse" qui sont envoyés à une mailing-list de journalistes. Je n'y touche pas. Et il y a des exemplaires "divers" au cas par cas, pour remercier les spécialistes à qui on a demandé du temps, qu'ils soient ou non des journalistes. C'est une manière de les remercier et de les inciter à en parler autour d'eux. On peut aussi en envoyer à d'autres spécialistes, qui, selon nous, seront intéressés. Le but étant que l'on s'autorise à penser dans les milieux autorisés que le travail à été bien fait et qu'il faut donc recommander l'achatla Revue. Tous les journaux le font. Philippe |
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Philippe > Le but étant que l'on s'autorise à penser dans les milieux autorisés Tu poursuis dans le Coluche ? ;-)) C. |
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>>> Faut-il vraiment donner des noms et des quotidiens ? S'ils sont très connus, oui, c'est obligatoire. Ca fait parti du jeu. Jetter le gant au visage avant de se battre, à la loyale. Je n'attaque pas par insinuation. Je peux juste épargner quelqu'un de peu connu. Mon article fait certes partie du dossier de presse sur Tolkien, mais il doit aussi s'inscrire dans la lignée des articles de la Revue des deux mondes. Cela suppose un rien de mauvaise foi, de sous-entendus, en fait, d'allusions à des débats que les lecteurs de la Revue connaissent et suivent de numéro en numéro. C'est pour cela qu'ils nous accompagnent. >>> Patrick Besson >>> Tu poursuis dans le Coluche ? ;-)) |
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Comme Semprini, je suis prêt à acheter mon numéro, je suis sûr que le cadeau sera utile à des spécialistes qui ne l'achèteront pas. tant qu'on sait où le trouver (mais je te remercie pour l'offre, et ne te ferait pas l'affront de la refuser si vraiment tu ne sais pas quoi faire de tes exemplaires gratuits). bref... Je trouve que commencer en "citant" des journaux célèbres qui ont raconté n'importe quoi sur le SdA est une bonne façon de montrer qu'on a raison d'en parler encore, et d'une façon inédite (apparemment en tous cas). Mais il y a un problème, tous les lecteurs de ton articles percevront-ils comme nous à quel point la citation témoigne que l'auteur n'a pas lu le livre ? Ton sujet me semble remarquable, surtout que j'avais eu le projet de commencer quelque chose dans le genre en regroupant tous les écrits de Tolkien. Trop ambitieux évidemment, j'ai dû abandonner après plusieurs mois de travail de traduction de Home et nous sommes très fiers de pouvoir prétendre y contribuer modestement. Tiens, vu ton sujet, je ne résiste pas à citer cette petite phrase retrouvée dans une lettre citée dernièrement par Silmo (lettre 153): "though I do [know what are the 'wizards', or whence they came], even if exercising my subcreator's right I have thought it best in this Tale to leave the question a 'mystery', not without pointers to the solution" "Bien que je sache [ce que sont les 'mages' et d'où ils viennent], même en exerçant mes droits de subcréateur j'ai trouvé meilleur dans ce Conte de laisser la question [rester] un 'mystère', non sans pointeurs vers la solution" (vous vous imaginez deviner que les Istari sont des anges à la seule lecture du SdA ?? Et il prétend que nous pouvions le deviner !!) Tu as un plan de travail établi, je ne vais donc pas court-circuiter. (parce que je n'ai pas lu la presse depusi deux ans...) |
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Vinyamar > ""comment as-tu retrouvé cette référence ??) " I have a friend who's name is "Google"... (interrogation avec "Seigneur des Anneaux" et "Figaro" par ce que je me doutais bien que c'est le genre de canard où l'on trouverait facilement des perles) :-)) Silmo |
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Je ne viens plus très souvent sur le forum par manque chronique de temps mais je suis enthousiasmé par ce fuseau. Le plan de l’article semble passionnant. Je souhaite évidemment avoir un exemplaire, peu importe qu’il soit payant. Si je peux contribuer en quoi que ce soit…. Cordialement |
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Bon, d'abord, merci, merci, merci, à tous et pour tout. On avance. >>> parce que je n'ai pas lu la presse depuis deux ans... Or, qui n'a jamais vu, ne vois pas, très régulièrement, des bourdes colossales dans les journaux ? Qui ne s'est jamais dit "Si j'avais été à la place du journaliste, j'aurais fait mieux que lui ?" Je trouve ça très grave. D'une part, parce que journaliste, c'est un métier et qu'il ne viendrai à l'idée de personne de dire à un ami revenant de chez le dentiste "tiens, il a salopé le travail. J'aurais fait mieux que lui." D'autre part, parce que, trop souvent, on a raison de se plaindre. Je lis assez peu la presse, que je ne trouve pas assez rigoureuse, et pas assez drôle. En fait, je m'écume vraiment que les sujets sur lesquels je vais écrire. Cela dit, on ne peut pas en vouloir aux rédacteurs. Ils ne sont pas assez payés et, au bout d'un moment, il faut bien vivre. Il est très important de savoir qu'un rédacteur est en général payé au feuillet, dont au nombre de signes, avec toutes les tentations que cela comporte. Et tous les risques de "dommage collatéral". Un des mes buts dans ce papier est de montrer que Tolkien est un dommage collatéral des structures économiques de la presse en France. Au prix où sont payés les journalistes, il faudrait être fou pour lire attentivement le Seigneur des Anneaux avant de se fendre d'une chronique. Du coup, on travaille à partir des dictionnaires, écrits eux aussi par des rédacteurs en général payés au feuillet, et qui...
>>> tous les lecteurs de ton articles percevront-ils comme nous à quel point la citation témoigne que l'auteur n'a pas lu le livre ? |
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Vinyamar, est-il possible de traduire "Brontosaure", et donc Tonnerre-Lézard, dans une langue elfique ? Ca me plairait bien, et c'est surtout une bonne image de la Revue. Quelque chose d'ancien, avec une hauteur de vue énorme, un poids inimaginable et que l'on ne trouve plus aujourd'hui que sous la forme de fossile. D'ailleurs, on n'est pas tout à fait sûr que les brontosaures aient jamais existé. S'il faut puiser des images chez Tolkien. La Revue des Deux Mondes est une espèce de Lorien raccornie, de ruine de Rivendell. Un Ent qui ne serait presque plus qu'un arbre. D'ailleurs, honnêtement, combien d'entre vous la connaissaient avant que j'en parle ? Au XIXe siècle, elle a publié quelques poésies qui, pour a première fois, étaient réunies sous le titre "Les Fleurs du Mal". On connaît la suite. Si on fait des bibliographies aujourd'hui dans les études de lettres, c'est parce qu'elle s'est battue, à l'époque, pour que l'on en fasse, ce qui n'était pas une évidence. Au XXe siècle, elle a été nettement, mais alors nettement moins glorieuse. Mon rêve pour elle, vous l'avez compris, c'est une sorte de réveil de l'Ent. Et mettons que, dans cette position, concernant l'article sur Tolkien, je serais quelque chose comme Vifsorbier à qui Fangorn passe un caprice avant qu'il n'ait fini de poser la question. Comme quoi. C'est humain trop humain, mais j'écris aussi cet article pour me venger. J'ai du découvrir Tolkien et le jeu de rôle quand j'étais en 5e (ce qui ne me rajeunit pas). Comme beaucoup de monde sans doute sur ce forum, j'en ai bavé à cause de ses sales cons de journalistes, que mes parents croyaient plus que moi. Maintenant que je suis devenu un authentique sale con de journaliste, qui plus est (mais je vous assure que ça s'est vraiment fait par hasard) dans l'organe le plus noble de la presse française, (Bon d'accord, pas le plus vendu, mais on ne peut pas tout avoir. Quoi que si Paris-Match me demandait des piges...), enfin bref, j'ai une putain d'envie de m'en donner à coeur joie. J'ai 26 ans. Cela fait donc, si je compte bien, treize ans que ca me gratte. Et comme la vie, c'est mal fait, quand je suis en position de réaliser ce rêve, je découvre que le sale con de journaliste est par essence débordé et qu'il ne peut pas être partout à la fois. Mais là, vraiment, tant pis, c'est trop important. (entre parenthèse, je ne suis pas devenu journaliste juste pour défendre Tolkien, ce serait trop beau. Ca s'est fait aussi par hasard. Comme quoi, bis.) Cela dit, et ca aussi on peut le lire dans Tolkien, la vengeance, c'est mesquin. La grandeur d'âme, c'est de pardonner. Je pardonne donc à Isabelle Smadja d'avoir écrit cette bouse immonde. (je n'ai pas oublié que je dois encore démontrer pourquoi c'est une bouse immonde). En fait, j'avais déjà, un peu, commencé à le faire ici A demain, Philippe |
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salut Philippe, tout d'abord, une précision. Si je n'ai aps lu la presse (française, aurais-je dû préciser) pendant deux ans, ce n'est pas par dégoût, mais parce que j'étais aux Philippines, et pas très motivé pour me faire aprvenir de la presse française. Pour le nom, voici je ne suis pas du tout linguiste en elfique, et d'autres que moi traduiront sûrement, mais j'ai quand même fais des recherches, et voici ce que je trouve pour tenter de traduire "Tonnerre-Lézard": - en Sindarin ce qui nous donne un acceptable Glamlhûg pour traduire "serpent rugissant" ou "rugissement de serpent" - en Quenya (plus adapté à l'ancienneté de la revue à mon avis) Un Raumolokë n'étant pas très élégant, je pense que Raumhlokë est acceptable (des puristes infirmeront peut-être), pour "dragon-tonnerre" Je ne trouve pas grand chose au niveau des articles (quelques articles sur les jeux de rôles néfastes reliés à Tolkien, pas assez bien ciblé), est-ce qu'on peut avancer et traiter en même temps ta deuxième étape ?? |
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bonsoir, je vous conseille vivement de vous rendre sur le fuseau: "procès de PJ" dans la rubrique " films" pour participer au grand debat si courageusement organisé par khelelia sur l'adaptation cinematographique du sda.nous avons besoin d'autant de gens critiquant ouvertement le film, de personnnes l'admirant que de personnes tout à fait neutres sur le sujet. ainsi, votre participation en tant que fan du sda et de tolkien est murement recqise de meme que votre qualité d'analiste et d'erudition sur le sda. venez nombreux! |
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>>>est-ce qu'on peut avancer et traiter en même temps ta deuxième étape ?? Voici le plat de résistance. Est-il assez solide ? Problèmatique : qu'est-ce que l'imaginaire et le sacré dans le Seigneur des anneaux ? Je commencerai à le développer demain. A bientôt, Philippe PS : Moi, j'aime bien "Raumolokë". Mais est-il orthodoxe ? La réponse est urgente. Y-a-t-il un elficologue dans la salle? |
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Toko (spécialiste) a confirmé pour Raumolokë. Sacré plat de résistance. J'ai du mal à saisir mais je vais y réfléchir Hum, je n'ai pas tout tes matériaux, mais le raccourci, s'il me plaît, n'est pas encore digérable pour mon petit estomac. |
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hihi ;-) Sinon, est-moi ou bien l'heure tardive à laquelle je regarde cet écran, mais je ne comprends pas très bien ce que Philippe veut mettre derrière "imaginiare" et "sacré" mais plus encore que la compassion, il me semble que LA vertu du Légendaire tolkienien est l'Espérance; et je ne pense pas que Yyr me contrdirait s'il avait la possibilité de se connecter (ce qui n'ets pas le cas en ce moment) Vraiment, dit Gandalf d’une voix maintenant forte et claire, notre espoir se trouve là où réside notre plus grande peur. Le destin est encore suspendu à un fil. Mais il y a encore de l’espoir, pour peu que nous restions quelque temps invaincus. [III.6] Sosryko |
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>>> Sacré plat de résistance. J'ai du mal à saisir mais je vais y réfléchir Hum, je n'ai pas tout tes matériaux, mais le raccourci, s'il me plaît, n'est pas encore digérable pour mon petit estomac. Mon cher Séminariste, vous ressemblez à Saint Jean, ou à Gandalf, c'est pareil. Vous êtes un homme errant. Vous recherchez la Pureté partout, sans voir qu'elle est dans votre coeur. Dieu se soucie des lys des champs. Il aime les Hobbits. Pour réussir, Frodo, n'a pas besoin de vous. Mais il vous aime au point de vous laissez jouer quand même. Il vous laisse libre. Qu'est-ce qu'un séminariste, sinon quelqu'un qui a tout compris à la miséricorde et rien à la Pureté. Vous êtes Diogène, vous êtes un Hermite. Vous marchez dans la ville avec une lanterne et vous cherchez un homme en plein jour. Vous êtes devant la porte de la Moria et vous ne savez pas comment entrer. Demandez au doyen de la Faculté d'Etudes Elfiques, il détient la réponse. Dîtes "Ami" et "entrez". "Je vous appelle mes amis". Mon cher séminariste, cela ne vous rappelle rien ? Le mystère de la Trinité, c'est la Toupie du Vrai, du Beau, du Bien qui ne sont qu'une seule et même Personne. Comme Gandalf, vous avez tous les éléments pour entrer. Acceptez seulement de faire une galipette en l'honneur du Seigneur des anneaux, le roman des romans, le cantique des cantiques, la suprême épopée. Vous êtes un écrivain en devenir. Le sacré, c'est l'Eucharistie. Le corps et le sang du Christ au repas. Sacré plat de résistance ! A côté, les festins de Hobbits, c'est un truc de rigolo. Et c'est pour cela que c'est drôle. L'imaginaire, c'est le Graal. Qui, bien sûr, n'existe pas. Le sacré, c'est le vin, l'imaginaire la coupe. On commence à écrire quand on découvre les métaphores. Cette coupe est un vin. Ce vin est une coupe. Tolkien a écrit l'Evangile selon Saint Jean. Et vous avez écrit le Seigneur des anneaux. Que celui qui a des oreilles écoute. Ce n'est pas une allégorie, c'est une parabole. Relisez l'Evangile. Vous avez le grain de sel. Il vous manque la Montagne de l'Ame. Une étoile brille sur l'heure de notre rencontre, ce n'est pas de l'elfique, c'est de l'araméen. La ou deux ou trois seront réunis EN MON NOM, je serai là. Tolkien est vivant. JRRVF en est la preuve. JRRVF, c'est la Fraternité des lecteurs de Tolkien, la ligue des Gentlemen extraordinaires. C'est pour cela que j'aime autant ce site. Amitiés fraternelles donc, Raumolöke |
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>>> Sacré plat de résistance. J'ai du mal à saisir mais je vais y réfléchir Hum, je n'ai pas tout tes matériaux, mais le raccourci, s'il me plaît, n'est pas encore digérable pour mon petit estomac. Mon cher Séminariste, vous ressemblez à Saint Jean, ou à Gandalf, c'est pareil. Vous êtes un homme errant. Vous recherchez la Pureté partout, sans voir qu'elle est dans votre coeur. Dieu se soucie des lys des champs. Il aime les Hobbits. Pour réussir, Frodo, n'a pas besoin de vous. Mais il vous aime au point de vous laissez jouer quand même. Il vous laisse libre. Qu'est-ce qu'un séminariste, sinon quelqu'un qui a tout compris à la miséricorde et rien à la Pureté. Vous êtes Diogène, vous êtes un Hermite. Vous marchez dans la ville avec une lanterne et vous cherchez un homme en plein jour. Vous êtes devant la porte de la Moria et vous ne savez pas comment entrer. Demandez au doyen de la Faculté d'Etudes Elfiques, il détient la réponse. Dîtes "Ami" et "entrez". "Je vous appelle mes amis". Mon cher séminariste, cela ne vous rappelle rien ? Le mystère de la Trinité, c'est la Toupie du Vrai, du Beau, du Bien qui ne sont qu'une seule et même Personne. Comme Gandalf, vous avez tous les éléments pour entrer. Acceptez seulement de faire une galipette en l'honneur du Seigneur des anneaux, le roman des romans, le cantique des cantiques, la suprême épopée. Vous êtes un écrivain en devenir. Le sacré, c'est l'Eucharistie. Le corps et le sang du Christ au repas. Sacré plat de résistance ! A côté, les festins de Hobbits, c'est un truc de rigolo. Et c'est pour cela que c'est drôle. L'imaginaire, c'est le Graal. Qui, bien sûr, n'existe pas. Le sacré, c'est le vin, l'imaginaire la coupe. On commence à écrire quand on découvre les métaphores. Cette coupe est un vin. Ce vin est une coupe. Tolkien a écrit l'Evangile selon Saint Jean. Et vous avez écrit le Seigneur des anneaux. Que celui qui a des oreilles écoute. Ce n'est pas une allégorie, c'est une parabole. Relisez l'Evangile. Vous avez le grain de sel. Il vous manque la Montagne de l'Ame. Une étoile brille sur l'heure de notre rencontre, ce n'est pas de l'elfique, c'est de l'araméen. La ou deux ou trois seront réunis EN MON NOM, je serai là. Tolkien est vivant. JRRVF en est la preuve. JRRVF, c'est la Fraternité des lecteurs de Tolkien, la ligue des Gentlemen extraordinaires. C'est pour cela que j'aime autant ce site. Amitiés fraternelles donc, Raumolöke |
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>>> Sacré plat de résistance. J'ai du mal à "saisir" mais je vais y "réfléchir" Hum, je n'ai pas tout tes matériaux, mais le raccourci, s'il me plaît, n'est pas encore digérable pour mon petit estomac. Mon cher Séminariste, vous ressemblez à Saint Jean, ou à Gandalf, c'est pareil. Vous êtes un homme errant. Vous êtes un miroir. Quand je vous tiens un plat de résistance, il ne faut le le refléter mais le saisir. Prendre le mot au mot. Vous recherchez la Pureté partout, sans voir qu'elle est dans votre coeur. Dieu se soucie des lys des champs. Il aime les Hobbits. Pour réussir, Frodo, n'a pas besoin de vous. Mais il vous aime au point de vous laissez jouer quand même. Il vous laisse libre. Qu'est-ce qu'un séminariste, sinon quelqu'un qui a tout compris à la miséricorde et rien à la Pureté. Vous êtes Diogène, vous êtes un Hermite. Vous marchez dans la ville avec une lanterne et vous cherchez un homme en plein jour. Vous êtes devant la porte de la Moria et vous ne savez pas comment entrer. Demandez au doyen de la Faculté d'Etudes Elfiques, il détient la réponse. Dîtes "Ami" et "entrez". "Je vous appelle mes amis". Mon cher séminariste, cela ne vous rappelle rien ? Le mystère de la Trinité, c'est la Toupie du Vrai, du Beau, du Bien qui ne sont qu'une seule et même Personne. Comme Gandalf, vous avez tous les éléments pour entrer. Acceptez seulement de faire une galipette en l'honneur du Seigneur des anneaux, le roman des romans, le cantique des cantiques, la suprême épopée. Vous êtes un écrivain en devenir. Le sacré, c'est l'Eucharistie. Le corps et le sang du Christ au repas. Sacré plat de résistance ! A côté, les festins de Hobbits, c'est un truc de rigolo. Et c'est pour cela que c'est drôle. L'imaginaire, c'est le Graal. Qui, bien sûr, n'existe pas. Le sacré, c'est le vin, l'imaginaire la coupe. On commence à écrire quand on découvre les métaphores. Cette coupe est un vin. Ce vin est une coupe. Tolkien a écrit l'Evangile selon Saint Jean. Et vous avez écrit le Seigneur des anneaux. Que celui qui a des oreilles écoute. Ce n'est pas une allégorie, c'est une parabole. Relisez l'Evangile. Vous avez le grain de sel. Il vous manque la Montagne de l'Ame. Une étoile brille sur l'heure de notre rencontre, ce n'est pas de l'elfique, c'est de l'araméen. La ou deux ou trois seront réunis EN MON NOM, je serai là. Tolkien est vivant. JRRVF en est la preuve. JRRVF, c'est la Fraternité des lecteurs de Tolkien, la ligue des Gentlemen extraordinaires. C'est pour cela que j'aime autant ce site. Amitiés fraternelles donc, Raumolöke |
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Yslaire disait "le bug", c'est la poésie de l'informatique. Désolé d'avoir posté ce message trois fois, il y a eu un bug. |
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"Désolé d'avoir posté ce message trois fois, il y a eu un bug" "On commence à écrire quand on découvre les métaphores" Vous venez de m'en donner une merveilleuse leçon, et je vois tout le chemin qu'il me reste à parcourir ! C'est pas tout ça, mais j'avais promis de réfléchir (et j'espère ne pas être le seul)... mais là tout s'obscurcit :-)))))))) "qu'est-ce que l'imaginaire et le sacré dans le Seigneur des anneaux ? "Le sacré, c'est le vin, l'imaginaire la coupe" Et l'ajout de Sosryko m'aide encore:
Contrairement à Sosryko, je saisis mieux le lien Imaginaire/Pureté (ou crois mieux le saisir), notamment dans le travail des Elfes sur l'Imaginaire: préserver l'Ancien monde, ce qui est pur. La Lórien est une belle image du lien entre l'Imaginaire et la Pureté. "Même les contes de fées ent ant que tout ont trois face : la Mystique, tournée vers le Surnaturel; la Magique tournée vers la Nature, et le Mirroir du dédain et la pitié, tourné vers l'Homme. La face essentielle de la Faërie est celle du milieu, la Magique (...) La face magique, le conte de fée, peut être employée comme Miróur de l'Omme et on peut en faire (mais pas aussi aisément) un véhicule de Mystère" Essai sur le conte de fée, p. 157 "Le pouvoir mental de fabriquer une image est une chose, ou un aspect; et il devrait être nommé avec justesse Imagination(...) Essai sur le conte de fée, p. 177 On a là un lien faible avec la pureté, qui ne devient plus profond que s'il est mis en parralléle avec l'Art des Elfes, c'est à dire la même faculté qu'ils ont de nous faire croire au monde secondaire, au sein du monde primaire (c'est à dire que c'est déjà un personnage du monde secondaire qui nous y introduit). "Les Elfes peuvent aussi utiliser un art du même ordre, encore que plsu habile et aisé, ou du moins les annales semblent-elles l'indiquer; mais l'art le plus efficace et particulièrement elfique, je l'appellerai, faute d'un mot moins discutable, Enchantement. L'Enchantement produit un Monde Secondaire dans lequel peuvent pénétrer tant l'auteur que le spectateur, pour la satisfaction de leurs sens durant qu'ils se trouvent à l'intérieur,; mais, dans sa pureté il est artistique pour ce qui est du désir comme du dessein." Essai sur le conte de fée, p. 183 Cela demeure faible, je m'en rend compte, car externaliste. Cette pureté est artistique, mais c'est déjà une piste. Tolkien ajoute plus loin que le conte de fée aide au recouvrement, qu'il définit ainsi: "Le recouvrement (qui implique le retour et le renouvellement de la santé) est un re-gain - celui d'une vue claire. Je ne dis pas le fait de "voir les choses telles qu'elles sont" pour me trouver en butte aux philosophes, bien que je puisse me risquer à dire "voir les choses comme nosu sommes (ou étions) censés les voir" - comme des choses séparées de nous-mêmes. Il nous faut, en tous cas, netooyer nos vitres, de façon que les choses clairement vues soient débarassées de la grise buées de la banalité ou de la familiarité(...) Essai sur le conte de fée, p. 188 Et Tolkien poursuit dans l'Evasion sur le retour fondamental que la Feärie exerce sur le lecteur vers des valeurs équilibrées, ou comme le disait Pierre, le vrai, le Beau, le Bien, allaient ensemble. Ces textes n'enrichissent pas fondamentalement le débat, mais permettent de percevoir que dans l'Imagination c'est effectivement un chemin vers la Pureté (originelle mais aussi artistique) qui est proposé. |
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j'ai oublié d'introduire mes citations, elles n'ont aucun lien avec ce que je disais juste avant à Sosryko. |
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Mon cher Saint Jean, mais non, je blague, vous n'êtes pas Saint Jean, quoi que, moi, je ne sais pas. Moi, je rigole. Vous progressez très vite et nous sommes contents. Qu'est-ce donc que cela ? c'est un alexandrin ? Oui, vous avez raison, j'ai toujours l'impression de me répéter. Si je vous emmerde arrêtez-moi car j'ai déjà tout dit. Vous n'avez pas besoin d'un autre professeur. Les femmes vendent la mèche. Moi, je ne la vend pas. "Fair is foul and foul is fair." C'est le secret des sorciers. Je vous le donne. Attention, attention, ce n'est pas du Tolkien. Qui donc en est l'auteur ? "Dieu est nègre et le Nègre est un Dieu." Il fait très jour dehors, j'ai envie de dormir. Longtemps je ne suis couché de bonne heure. Si avec ça mon cher Saint Jean, vous n'arrivez pas à raconter |
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Chers amis, Non, je ne vous oublie pas et je n'oublie pas non plus mon article, mais un malheur vient de frapper ma famille. Je suis en deuil et donc très peu disponible pour les questions professionnelles. Je reprendrai le travail dès que possible. |
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Chers amis, Merci tout d'abord pour vos messages de sympathie. Perdre un être cher au moment où l'on s'y attend le moins n'est jamais simple mais il faut continuer, vivre et espérer quand même. Foin de la tristesse donc, continuons. Mon article sur "Tolkien, l'imaginaire et le sacré" et l'interview de Pierre Dubois sont repoussés à Mars, ce qui nous laisse plus de temps pour discuter. Normalement, l'inédit de Lewis et l'article d'Irène Fernandez paraissent quand même en décembre. Je reprends donc ma thèse. "L'imaginaire, c'est la pureté ; le sacré, la miséricorde." Sur les liens entre la miséricorde et le sacré, je n'ai pas grand chose à ajouter aux analyses d'Irène Fernandez. La quête s'achève avec succés parce que l'on n'a pas tué Gollum. La sagesse de Dieu est folie pour les hommes. Dieu triomphe du mal avec un grain de sénevé, parfois, au moyen d'un Hobbit. C'est fou, non ? C'est la vieille fable de David et Goliath, David gagne, contre toute vraisemblance. Un caillou de berger est plus redoutable qu'un géant de la guerre. Le lien entre imaginaire et pureté est plus complexe. Vinyamar a commencé à développer, je continue. Ce qui m'amène à la seconde partie de mon analyse sur l'imaginaire et la pureté. L'imaginaire, c'est la pureté, cela veut aussi dire que, contrairement aux apparences, le détour par la fiction nous rapproche du Réel, nous permet de le voir de manière plus claire, comme à travers d'une vitre que l'on aurait essuyé. Les orcs n'existent pas. Mais qui n'a jamais croisé des hommes au coeur d'orcs ? L'anneau unique n'existe pas, mais qui n'a jamais été tenté de s'appuyer sur sa seule imagination pour comprendre le sens de la vie et de la mort ? Qui n'a jamais désespéré de la Miséricorde ? On croit que l'imaginaire est un rideau de fumée, c'est un bloc de cristal, il ne faut pas le contempler, ni même le lire, mais s'en servir, comme d'une paire de lunettes, pour mieux comprendre la réalité. Ce magicien est un vagabond (Gandalf), ce vagabond est un roi (Aragorn), ce roi est un jardinier (Sam, le vrai roi, celui qui est "de retour" à la fin du livre "le retour du roi"), ce jardinier est... (qui devinera la suite ?) Raumolokë, ravi d'être de retour parmi vous |
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... un elfe ? Bienvenue de retour, et désolé de ne pas avoir remarqué tes deux précédents messages. Je ne susi pas le seul, peut-être y avait-il une grosse activité dans une autre rubrique. L'article d'Irène fernandez et l'inédit de Lewis seront donc déconnectés de ton article !! :-( Bravo pour ta dernière analyse de l'imaginaire face à l'histoire. Je trouve que tu résumes admirablement (bien que je ne doute pas que cela soit issu de ta seule réflexion) bien des choses qui furent dites dans ce forum. Je n'avais jamais vu l'anneau directement sous cet angle, par contre, et c'est assez excellent ! Il me semble que l'on dépasse quand même un peu là le propos de Tolkien. (Mais sa pensée ?) |
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pureté = imaginaire imagination = Anneau Non ? :) Indépendamment de cela, je relèverai l'attribution à Sauron du titre du "diable du non-être" qui m'est gênante. Sauron, dans mon esprit (mais cf. aussi les Myths Transformed, HOME X) n'est pas négationiste ; ce rôle est celui de Melkor-Morgoth, tandis que Sauron ne s'inscrit pas dans cette "philosophie". Le titre de "Diable", et surtout "*du* non-être", doit être attribué à Melkor s'il doit être attribué. A la rigueur, au sein du seul SdA, l'Anneau peut recevoir cette appellation, comme il symbolise et constitue d'ailleurs lui-même un "petit-Mekor", incapable de la moindre (sous)création , uniquement capable de dégrader, blesser, abîmer, marrir ... perpétuel tentateur. C'est très intéressant Philippe ... Jérôme |
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D'accord pour le non nihiliste, mais le titre de diable lui va pourtant bien: le diviseur ! Mais je t'accorde que le titre complet s'accorde à Morgoth et non à Sauron. |
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>>> Est-ce parce que l'imagination ne doit pas se changer en création, mais servir à contempler la création Tu as compris ce que je voulais dire, même si je n'ai peut-être pas été très clair. Pour moi, un des attraits majeurs du Sda est la place qu'il laisse à l'inimaginable. Quatre hobbits sur neuf marcheurs, c'est inimaginable. Ne pas tuer Gollum, c'est inimaginable. On VOIT très bien pourquoi le tuer. Les raisons de la grâce restent OBSCURES. Tolkien nous fait voir des personnages qui agissent à l'aveuglette, c'est-à-dire avec foi. Il faut accepter sa condition, d'homme, ou de Hobbit. Sa condition impure. Le fait que les desseins du Ciel ne soient pas visible. >>> En fait, je suppose que notre ami Philippe, dans ses propos, considère pureté = imaginaire ‡ imagination = Anneau >>> l'attribution à Sauron du titre du "diable du non-être" qui m'est gênante. (mais cf. aussi les Myths Transformed, HOME X) Merci en tout cas pour ces remarques. A très bientôt, Philippe |
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Bonjour et bonne année à tous les internautes de JRRVF ! Les fêtes sont passées, il faut se remettre au travail. Je rends finalement mon article "Tolkien, l'imaginaire et le sacré" le 15 de ce mois. Il paraîtra en mars. L'article d'Irène Fernandez et l'inédit de Lewis sont parus en décembre. Cela coupe le dossier en deux, mais il n'était pas possible de faire autrement. Vous pouvez accéder au sommaire du mois en cours à cette adresse Je continuerai à discuter avec vous durant la rédaction de mon papier pour le tester et le rendre de la meilleure qualité possible. Sinon, l'idée de passer quelques jours complètement immergé dans Tolkien me remplit de joie.
Philippe Perrier |
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Une question, comme ça, au hasard Pensez-vous que le débat sur Tolkien ait évolué de manière favorable à la suite des films ? Je ne parle pas seulement du film qui a incité à relire le livre, mais aussi des "dommages collatéraux" : les publications qui n'auraient manifestement jamais vu le jour sans le film. De nouvelles lectures de Tolkien se sont-elles dégagées récemment ? Que retiendrez-vous du débat depuis la sortie du premier film ? |
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Pour répondre brièvement sur du ressenti, je truve que le SdA est respecté depuis qu'il est sorti au cinéma. Je trouve que l'oeuvre cinématographique ne rend pas convenabeemnt témoignage à l'oeuvre (normal), mais au moins, on peut dire maintenant à haute voix que l'on est lecteur et admirateur du SdA, on n'est plus moqué ou regardé comme un grand enfant comme autrefois. Le public a compris que le SdA était une oeuvre sérieuses, et les lutins et les petits elfes ont fait place à la noble épopée de l'anneau. Dans mon milieu, les séminaristes ont même cessés d'avoir peur (c'était le cas pour certains) de ces magiciens en découvrant qu'il n'y avait rien là d'ésotérique ! Donc, le film a eu pour effet ce changement des mentalités, avoir enseigné au public que le SdA n'était pas un livre pour adolescents en mal de jeux de rôle ou enfants attardés dans des univers de dragons. |
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Salut Philippe, Bon, je reprend ton projet à l'origine.
1. Le Seigneur des anneaux est un chef d'œuvre littéraire, une macro-parabole articulant l'imaginaire et le sacré. Quelle est donc l'articulation entre Imaginaire et sacré ? Tu dis que l'Imaginaire, c'est la pureté, ce que je suis prêt à comprendre, et que le Sacré c'est la miséricorde, ce que je saisis moins. J'y ai donc réfléchi de mon côté, et en voici le fruit. Le sacré peut se comprendre de deux manières différentes. C'est bien sûr au premier abord ce qui est du domaine du religieux, mais c'est aussi étymologiquement ce qui est séparé. Le sacré se trouve évidemment beaucoup plus facilement dans le Silmarillion, mais en même temps c'est un piège car il s'y mêle trop d'éléments apparemment sacrés qui en fait ne le sont pas. C'est beaucoup plus fin et difficile, et donc porteur de sens, dans le SdA.
1- Les Lieux1-1 La Comté Le premier lieu que nous rencontrons comme séparé, c'est la Comté. La question à poser est : est-ce la Comté qui est séparée du reste du monde (point de vue du monde) ou le monde qui est séparé de la Comté ? Comme Tolkien se place du point de vue du Hobbit (se prenant même pour un Hobbit et décrivant la comté comme l'Angleterre qu'il aimait), il apparaît que c'est en fait le reste du monde, avec ses forêts mystérieuses, ses combats entre puissants, ses hommes malveillants et ces hommes bienveillants (autre mystère que cette dualité), ses peuples, ses montagnes lointaines, ses aventures, finalement, qui apparaît comme séparé… sacré. 1-2 Tom Bombaldil Cet être est selon moi (après réflexion) l'incarnation même du sacré dans le SdA Personne plus que lui ne vit en un lieu séparé du monde. Son univers est totalement séparé, à part, protégé. Pour y parvenir, les Hobbits sont égaré par un mauvaise forêt, et sauvés de la mort par l'arrivée providentielle (c'est à dire œuvre d'une autre volonté, Tom le souligne lui-même) de Tom. C'est après ce salut qu'ils peuvent entrer dans le royaume de Tom, partager sa joie, son insouciance… sa distance par rapport à l'anneau et à leur quête. Tout chez Tom respire le sacré ! Sa joie, son amour pour Baie d'Or, sa puissance contre les mauvaises forces de sa forêt, sa puissance de salut contre le monde des morts… Sosryko faisait un parallèle avec Melkisédech, je le retrouve à présent sous un abord différent : Tom est comme un prêtre dans son sanctuaire ! 1-3 la Moria La Moria est aussi ressentie comme un lieu sacré. En plus d'être là encore un monde " séparé " du reste du monde, dans lequel on entre par un mot du cœur (" ami "), c'est surtout le lieu où vont s'affronter deux puissances qui, elles, appartiennent bien au monde du sacré, et où va être révélé le lien sacré entre Gandalf et ce feu secret, dont on sait qu'il est l'Esprit Saint. Il suffit d'ailleurs à Gandalf de le mentionner pour être déjà vainqueur face au Balrog : son autorité suffit à arrêter le démon : " vous ne passerez pas ! ". Et le démon s'écroule dans les profondeurs de la terre. Mais il se serrait relevé, et il fallait donc que Gandalf achève cette dernière créature de puissance. Alors qu'il croit son rôle (facilement) terminé, le Balrog l'entraîne dans sa chute, dans un monde encore davantage séparé où le combat sacré va pouvoir s'achever, loin de tout regard profane. Gandalf l'ange y met toute sa puissance, et meurt d'épuisement, son corps réellement humain ne pouvant survivre à la puissance d'une toute autre nature qu'il y a déployée. Là encore, la sacré s'est exprimé. 1-4 Le chemin des morts Nous avons là aussi un lieu séparé, mais c'est plutôt à cause de l'aspect légendaire que Tolkien lui donne, par le fait que le récit de ce passage n'est fait qu'après que tout soit réglé, par Legolas et Gimli, comme lors d'une pièce de théâtre. On peut néanmoins y voir un rôle sacré par l'intrusion d'un personnage qui, lui, est sacré : le Roi du Gondor. C'est lui en effet qui libère ces morts de leur malédiction, en les emmenant à sa suite, et leur offre donc le salut ! 1-5 Valinor Le lieu sacré par excellence, celui qui est à la fois séparé et religieux, le pays des Valar, de la lumière. C'est encore le lieu où ira Frodon (il va à Tol Eressaë, mais c'est pour contempler Valinor) pour être délivré de son tourment, mériter une mort plus paisible. C'est encore un lieu de salut, un lieu béni, de repos, encore une fois, un peu comme un sanctuaire, voire un lieu de retraite (spirituelle) où vont les héros qui ont bien souffert pour se préparer à entrer dans l'autre vie… un lieu de salut Je découvre donc (pour le moment) que le sacré chez Tolkien est plutôt lié au salut ! (On pourrait même presque relier chacun de ces lieux à un sacrement (le monde = confirmation, Bombaldil = baptême, Moria = ordination, chemin des morts = réconciliation, Valinor = onction des malades))
2- Les personnages2-1 Gandalf Le premier personnage sacré, c'est évidemment Gandalf. Il vient du ciel et appartient au monde angélique. Ses réactions, ses réflexions, tout est là pour inspirer les sentiments qui feront surgir le salut des hommes : la pitié, la folie (ou plutôt l'abandon à " l'heure des petits "), le courage, la fermeté de cœur. Des valeurs bien religieuses. Si l'on s'en tient à la Miséricorde, il est aussi celui qui fait preuve de la plus grande, et dont le rôle religieux s'affirme dans cette phrase : "- Comme à votre accoutumée, mon seigneur, vous en pensez qu'au seul Gondor, dit Gandalf (à Dénéthor). Mais il est d'autres hommes, et d'autres vie, en des temps encore à venir. Et quant à moi, j'ai pitié même de ses esclaves. T3, Chap. IV. LE SIEGE DE GONDOR, Page 111 Gandalf a pitié des orques et des esclaves de Sauron, et c'est pourquoi il tient à ce que le salut soit réalisé en abattant Sauron, et non simplement en le confinant à l'impuissance comme le suggère Dénéthor (en ne détruisant pas l'anneau) Son œuvre de salut est universelle ! C'est par lui, éminemment, que le roman prend donc une dimension sacrée ! 2-2 Tom Bombaldil Nous n'y revenons pas. 2-3 Aragorn Aragorn fait surgir le sacré dans le roman dès la phrase de Bilbon : " tout ce qui est or ne brille pas ". Derrière le rôdeur, nous savons donc qu'il y a un être plus glorieux, mais cette gloire, étant donnée que le récit du chemin des morts n'est raconté qu'après (et d'ailleurs juste après, ce qui ne me paraît pas une coïncidence. Le récit commence d'ailleurs dès la question de Pipin, au moment même où Aragorn vient aux maisons de guérisons) cette gloire donc ne se révèle que lorsqu'Aragorn guérit Faramir par ses mains de roi, en réponse au chant de la tradition : " come athelas! come athelas! Life to the dying, In the king's hand lying" (viens athelas, viens athelas ! Vie pour les mourants, dans la main du roi reposant) Son rôle sacré est aussi révélé lorsqu'il défie Sauron au travers du palantir, imitant par là le combat (spirituel) de Gandalf contre le Balrog. Et Sauron a eu peur en voyant ce personnage se révéler soudain à lui. On ne peut oublier non plus le récit de son sacre, après que Gandalf ait posé la couronne sur la tête d'Aragorn et l'ai béni : " Mais quand Aragorn se leva, tous ceux qui le voyaient le contemplèrent en silence, car il leur semblait qu'il leur était alors révélé pour la première fois. Grand comme tous les rois de la mer jadis, il dominait tout son entourage (…) la sagesse se montrait sur son front, et la force et la guérison étaient dans ses mains, et une lumière l'environnait. " T3 - L'intendant et le Roi, p 336 Et il pardonne à ses ennemis, fait la paix avec eux, libère les esclaves de Sauron et leur donne des Terres. Si Aragorn n'apparaît pas ici comme un personnage sacré, il devient néanmoins une icône, un roi qui fait entrer le royaume de Dieu dans le monde ! 2-4 Dénéthor Dénéthor fait lui aussi surgir le sacré dans le SdA, mais par antithèse. Il est l'anti-sacré, le seigneur païen qui préfère se reposer sur sa science et sa sagesse (qui sont grandes) et non sur l'abandon de Gandalf à de plus petits que lui. Son choix paraît sensé, le personnage paraît grandiose, et il s'enfonce pourtant dans la folie, seul issue possible d'un choix enfermé sur lui-même. Il a voulu se faire maître de son propre salut, et s'est perdu ! Son choix accentue l'aspect sacré des autres personnages.
je vais dîner, et ja passe à la suite: l'imaginaire |
3- L’articulation avec l’imaginaireJ’ai dit que la Comté me semblait être le centre d’un monde séparé d’elle, un monde qui contient le sacré, alors qu’il est totalement absent de la Comté (même en présence de Gandalf). Curieusement, les gens de la Comté ne s’imaginent pas le reste du monde. Il n’y a aucun travail imaginatif de leur part pour appréhender le reste du monde. Ils s’en moquent royalement, la Comté leur suffit bien ! On entend des récits sur des arbres qui marchent, mais cela fait sourire et voilà tout ! L’imagination n’emmène les Hobbits nulle part. d’ailleurs, l’imagination ne semble pas incluse dans l’œuvre.
Voilà qui recadre le travail, l’imaginaire, comme le sacré d’ailleurs, ne sont destinés qu’au seul lecteur. 3-1 Qu’est-ce que l’Imaginaire ? Et d’abord pourquoi se poser ainsi la question de relier le sacré à l’Imaginaire ? Il faut se souvenir que Tolkien était très sensible à la question de l’Imagination. Mais il redéfinissait ce qu’il fallait entendre par là : non pas « le pouvoir mental de fabriquer une image ou une chose », qui est bel et bien l’Imagination, mais : « le pouvoir de donner à des créations idéales la consistance interne de la réalité » (Fëarie, p.177). Cette faculté dépassait donc le pouvoir de l’Imagination, et devenait un Art, « lien opérant entre l’Imagination et le résultat final : la Sous-création ». En y ajoutant encore l’Émerveillement nécessaire, il préférait user du mot de "Fantaisie" (fantasy). Selon lui, ce pouvoir « est une vertu, non un vice. La fantaisie (prise en ce sens) n’est pas à mon avis, une forme inférieure, mais supérieure d’Art, la forme presque la plus pure, en vérité, et ainsi (une fois réalisée) la plus efficace. » Fëarie, p.178 L’art le plus parfait, le plus pur, ce sont évidemment les Elfes qui en sont capables. Il est beau autant que dangereux, c’est l’Enchantement ! « L’enchantement produit un monde secondaire dans lequel peuvent pénétrer tant l’auteur que le spectateur, pour la satisfaction de leurs sens durant qu’ils se trouvent à l’intérieur ; mais, dans sa pureté, il est artistique pour ce qui est du désir comme du dessein. (…) La Fantaisie aspire à l’art elfique, l’Enchantement, et , quand elle est heureuse, de toutes les formes de l’art humain, c’est elle qui en approche le plus. (…). En ce monde, [ce désir créateur] est, pour les hommes, inassouvissables et donc impérissable. Incorrompu, il ne cherche ni l’illusion ni l’ensorcellement et la domination ; il cherche l’enrichissement partagé des partenaires dans la création et le plaisir, non des esclaves. » Fëarie, p.183 Voici donc le but de l’imagination (fantaisie, enchantement): l’enrichissement partagé des partenaires dans la création, et le plaisir. Philippe voit la pureté dans l’Imaginaire. L’imaginaire est le moyen par lequel le lecteur va retrouver un lien pur avec le monde qui l’entoure "Le recouvrement (qui implique le retour et le renouvellement de la santé) est un re-gain - celui d'une vue claire. Je ne dis pas le fait de "voir les choses telles qu'elles sont" pour me trouver en butte aux philosophes, bien que je puisse me risquer à dire "voir les choses comme nous sommes (ou étions) censés les voir" - comme des choses séparées de nous-mêmes. Il nous faut, en tous cas, nettoyer nos vitres, de façon que les choses clairement vues soient débarrassées de la grise buées de la banalité ou de la familiarité (…)ce fut dans les contes de fées que je devinais pour la première fois le pouvoir des mots et la merveille des choses, telles que la pierre, le bois et le fer, l'arbre et l'herbe, la maison et le feu, le pain et le vin" Essai sur le conte de fée, p. 188 La fantaisie est la sortie du monde primaire vers un monde secondaire qui doit en avoir la même consistance, dans le but de renouer avec la pureté d’un monde avec lequel nous ne communiquons plus. 3-2 L’articulation entre Sacré et Imaginaire
Le sacré, c’est l’irruption du monde religieux dans le monde primaire. C’est le mouvement inverse de celui de la Fantaisie, son symétrique ! |
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Salut sosryko, au sujet des lieux sacrés, j'ai certainement oublié la Lorien, lieu de repos, mais je ne pense pas que les autres en fassent partie. tous les lieux séparés ne sont pas sacré. J'ai pensé un moment inclure le mount Doom, où le sort du monde est scellé par la disparition de l'anneau, mais son aspect réellement sacré/ religieux n'est pas évident du tout. Pour la Lorien, le lieu est sacré mais est-ce bien exprimé dans le SdA ? Dans mon esprit, ce lieu était plutôt l'incarnation même de l'imaginaire, de la Fantaisie (je voulais en parler d'ailleurs, j'ai oublié), ce lieu où la pureté est préservée, rêve des Elfes enfermé dans le passé ! La forêt de Fangorn et les marais ne sont que des passages, des lieux chargés de sens, mais pas sacrés pour autant. La MOria n'est elle-même sacrée qu'à cause de l'événement Gandalf+ Balrog. Mais il fallait que cet événement ait lieu dans un lieu séparé. |
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Joli Vinyamar :-) Parmi les lieux sacrés/séparés, que n'aurais-tu pas oublié la Lorien? ou la forêt de Fangorn? ou même les Marais ? Sur le rôle d'un Tom "selon l'ordre de Melchisédek", je n'avais pas fini ;-) et je te rejoindrai, je ne sais pas quand, pour développer. Sosryko |
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Au sujet des sacrements, il faudrait que je renforce ma pensée, cela m'est venu pendant que j'écrivais. Mais là encore, ce n'est pas le lieux en tant que tel qui me rapelle un sacrement, c'est la conjonction des événement, de leur sens, et du lieu où ils prennent place. je vais développer un petit peu.
4-1 le baptêmeLe baptême est le sacrement du passage. Dans l'ancien testament, il trouve sa figure dans le franchissement de la mer rouge.
Les Hobbits sont comme les Hébreux perdus dans le désert, en pleine forêt de Mirckwood. Ils s'égarent de plus en plus, et tombent soudain sous le sortilège du grand Saule, qui les endort auprès de ses "la plongée dans l'eau symbolise l'ensevelissement du catéchumène dans la mort du Christ d'où il sort par la résurrection avec Lui, comme "nouvelle créature" Catéchisme de l'Eglise Catholique -1214 C'est alors que Tom survient, et qu'il les sauve. Il recommencera en les sauvant des êtres des Galgals, qui représentent la mort. Le baptême est le sacrement qui sauve de la mort, c'est aussi un exorcisme. L'admonestation de Tom aux êtres des Galgals ressemblent au rite d'exorcisme du baptême: "Sors donc, vieil être ! Disparais dans la lumière du soleil ! T1 - ch VIII brouillard sur les Hauts des Galgals - p. 196 L'aspect de 'résurrection avec le Christ' opéré par Tom est aussi lisible dans l'irruption de Tom au sein du terte où ils sont ensevelis : "Il y eut un fort grondement, comme de pierres T1 - ch VIII brouillard sur les Hauts des Galgals - p. 195
Sans parler de ces étranges paroles de Tom aux Hobbits après « Vous vous êtes retrouvés, sortis de l’eau profonde. Les vêtements ne représentent qu’une petite perte, quand on échappe à la noyade. (…) jetez ces froids lambeaux ! » id, p. 197 Et d’ailleurs, ils avaient été revêtus de blanc ! Tout cela rappelle fermement le rite du baptême, le passage par l’eau (qui est symbolique ici mais bien souligné par Tom), le changement de vêtement, le fait de quitter le vieux vêtement pour revêtir l’homme nouveau. "Vous vous êtes dépouillés du vieil homme avec ses agissements, et vous avez revêtu le nouveau, celui qui s'achemine vers la vraie connaissance en se renouvelant à l'image de son Créateur." épitre de Saint Paul aux Colossiens, 3, 9
Le sacrement du baptême est aussi celui de l’initiation chrétienne. (à suivre) |
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POur revenir à la forêt de Fangorn ...;-) |
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Un véritable bonheur que de te lire. Je dois en particulier rendre grâce à cette qualité qui est la tienne (et dont tu nous fait souvent profiter) de dire merveilleusement bien la problématique d'un sujet, et de l'expliciter, alors que nous n'avons bien souvent qu'une question de départ dont la formulation ou le sens n'apparaissent pas toujours clairement [ce qui est normal et quasi inévitable ; ceci n'est absolument pas désobligeant pour celui qui rédige la question de départ hein ;)] ... ainsi, ce n'est pas la première fois que tes interventions me permettent d'aller plus loin. Merci :) Jérôme PS : Petit retour en arrière sur le titre de 'diable' : certes Sauron divise ... tout comme Saruman, tout comme Denethor ou Boromir lorsqu'ils chutent et le cèdent à la Tentation. Même si le pouvoir en Mal de Sauron est grand, au point qu'il reçoive le titre de 'Seigneur Ténébreux', comme Melkor, j'insiste sur le fait que le titre de Diable est le propre, presque l'exclusivité de Melkor, autant qu'il l'est dans notre monde pour Satan, en tout cas. Car Melkor est par excellence celui qui divise : il est l'auteur du Marrissement*, celui qui a inscrit sa rébellion contre Eru, son pouvoir de Mal, véritable inclination au Mal, dans la chair même d'Arda, toute la chair d'Arda, au point que tous ceux qui s'en nourissent doivent subir et endurer ce Marrissement d'Arda : être tenté, attiré vers la perversion et l'aberration ... c'est-à-dire être coupé du plan originel d'Eru pour Ses Enfants. Melkor divise le Monde en devenant le Morgoth : en prenant part à la matière, à toute la matière d'Arda, en inscrivant un "élément melkorien" dans tout élément d'Arda. * Marrissement qui vient ici traduire Marring, comme expliqué bientôt dans un article. PPS : Tu écris, juste au début du § 4.1 " Les Hobbits sont comme les Hébreux perdus dans le désert, en pleine forêt de Mirckwood." Bien sûr tu voulais écrire la Vieille Forêt :) PPPS : Il y a juste sur le lien avec *tous* les sacrements que je ne vois (voyait ?) pas. Ta lecture du passage par la Vieille Forêt comme un baptême me conseille de patienter et de t'écouter, avec patience et ravissement :) ... en espérant bien lire notre ami Philippe aussi ensuite. Merci à tous les deux ! :) PPPPS : Dans la même idée que Sosryko : le passage par Fangorn ne joue-t-il pas le même rôle vis à vis de Merry et Pippin que le sanctuaire de Bombadil joua avec Sam et Frodon ? |
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Vinyamar, superbe analyse. Que me reste-t-il à faire ? Merci en tout cas pour ce travail qui a du te prendre pas mal de temps. >>>le lien sacré entre Gandalf et ce feu secret, dont on sait qu'il est l'Esprit Saint. >>>Je découvre donc (pour le moment) que le sacré chez Tolkien est plutôt lié au salut ! La miséricorde divine conduit au salut par les voies de la providence. Vinyamar, je crois que cela nous met d'accord. Que fait Tolkien, en dernier ressort, ce "subcréateur", que fait-il ? A mon avis, et ce n'est pas une blague, il fait jurisprudence. Il ajoute un joyau au manteau de la Vierge. Je ne serai pas étonné que, lors du jugement dernier, la Vierge vienne au secours de mécréants en utilisant la jurisprudence Tolkien "Seigneur, pardonne leur, ils aiment les hobbits". Qu'est-ce que le Seigneur des anneaux sinon l'histoire de l'apprentissage de la miséricorde ? Quel chemin parcouru entre la vieille forêt et le nettoyage de la comté ! Les hobbits ont grandi et l'intervention d'alliés providentiels n'est plus nécessaire à leur victoire totale, y compris le coup de grâce : le pardon accordé par Frodo à Saruman : un geste de grand seigneur, un geste miséricordieux. >>> (On pourrait même presque relier chacun de ces lieux à un sacrement (le monde = confirmation, Bombaldil = baptême, Moria = ordination, chemin des morts = réconciliation, Valinor = onction des malades)) |
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Mais surtout, ce n'est pas là mon angle d'approche. Je ne cherche pas à tout prix à retrouver les sacrements dans des épisodes du SdA. Mon travail est inverse: je part des éléments sacrés que j'ai énoncé (il en manque, car ils étaient sujets à caution, je verrais par la suite), et j'y découvre un sacrement. Peut-être ne rassemblerais-je pas les 7 sacrements, ce n'est pas mon but. s'ils sont là tous les 7, tant mieux (il est évident que je chercherais à trouver ceux qui me manqueraient), mais s'il n'y sont pas, cela n'enlèvera rien à mon avis à la présence des autres sacrements dans les lieux sacrés qui jalonnent le roman. Ce n'est pas les 7 ou rien ! (d'ailleurs peu d'hommes vivent les septs sacrement, c'est très rare) Philippe: si la Miséricorde dont tu parles est celle de Dieu envers le monde qu'il a créé, et qu'elle s'incarne dans sa Providence, alors oui la miséricorde (via la providence) est cause du salut. Mais il demeure un problème: s'il y a miséricorde, c'est qu'il y a faute, péché en terme religieux. or cette faute est "relativement" absente dans son monde, le 'marrement' (puisque Yyr consacre ce néologisme) ayant pour cause Melkor et lui seul. Peut-on parle de miséricorde sans parler du péché ? or parler du péche dans le SdA me semble un joli tour de force, mais je n'y ai peut-être pas assez réfléchi. Au sujet du feu secret comme Esprit Saint, Tolkien l'a dit de vive voix à kilby, qui le cite dans son livre Tolkien and the Silmarillion, ca 1966.
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>le 'marrement' marissement ;-)) |
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>>> Peut-on parle de miséricorde sans parler du péché ? |
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(Yyr, je n'ai pas encore trouvé le lien avec *tous* les sacrements. le mariage me parâit très difficile à déceler, et pourtant je le sens rpésent, mais je dirais comment. L'eucharisitie aussi n'est pas évident, car il se joue sur deux tableaux dans le livre, exactement comme dans l'eucharistie, le sacrifice et l'action de grâce. V* ps: je voulais en effet dire la vieille forêt ! |
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Car on parle dans l'histoire d'Arda de *corruption* (voire peut-être de fautes, ou de manquements), ce qui diffère du Marrissement. Ce dernier effectivement trouve son origine seule dans la rébellion de Melkor le Marrisseur, qui contamine ainsi et détourne de leur course parfaite, toute chose en Arda. D'où la maladie, la souffrance, la peine, le doute ... Ceux-là ne sont pas le péché bien sûr. Mais, en revanche, lire en quelques endroits par exemple : It does however seem best to view Melkor's corrupting power as always starting, at least, in the moral or theological leval. Any creature that took him for Lord (and especially those who blasphemously called him Father or Creator) became soon corrupted in all parts of its being, the fëa dragging down the hröa in its descent into Morgothism: hate and destruction. [MR/410] Ok par rapport aux sacrements :) je constate avec joie un engagement sur le chemin étoilé de Faërie ... chouette :) Yyr NB : 'marrement' ne devait pas être très loin de 'marrissement' - mais je n'ai pas le bon dictionnaire sous la main ; peut-être partageaient-ils la même étymologie, et peut-être même tous deux étaient-ils dérivés de 'marrir' (qui existait sous plusieurs ortographes ...) - ou plutôt d'un 'mar(r)er' voisin. Son sens en tout cas était proche de 'marrissement' ; il signifiait "chagrin, déplaisir" ; NB, enfin : 'marrissement' n'est pas à proprement parler un néologisme, mais plutôt une réactivation de cet ancien mot (X - XVIè s.) |
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>>> [MR/410] |
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Il s'agit du Xème tome de History Of Middle-earth (HoME X) intitulé Morgoth's Ring (=MR). |
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Yyr, bien spur que le péché est présent dans le légendaire Tolkiennien, et Fëanor en est lA premirèe victime, mais je parlais du SdA. Je ne l'y vois pas, mais peut-être ais-je mal regardé (Boromir... Grima, Bill Fougeron,... Dénéthor, ne représentent pas toute l'humanité) |
4-2. La confirmation4-2-1 Rappel Comme ce sacrement est moins bien connu que le baptême, je me permet de le redéfinir rapidement. La confirmation st encore un sacrement d’initiation, sacrement où la puissance de l’Esprit Saint est reçu en plénitude pour le laïc chrétien, alors que le baptême ne faisait que l’introduire pour régénérer le nouvel homme, qui devenait participant au royaume des cieux de manière irrévocable. La confirmation est le sacrement de l’Esprit Saint par excellence. Il apparaît, avant les épîtres catholiques, lors de la Pentecôte, où l’esprit Saint descend sur les apôtres et les disciples sous forme de langues de feu, souvent représentés par de petites flammes. Nous y reviendrons. Ce sacrement indique une élection, Dieu marquant le confirmant de son sceau : « Par cette onction, le confirmand reçoit « la marque », le sceau de l’Esprit Saint. Le sceau est le symbole de la personne, signe de son autorité, de sa propriété sur un objet (…) il authentifie un acte juridique ou un document et le rend éventuellement secret. (…)Ce sceau de l’Esprit saint marque l’appartenance totale au Christ, la mise à son service pour toujours, mais aussi la promesse de protection divine dans la grande épreuve eschatologique.» Catéchisme de l'Église Catholique 1295,1296 « La venue de l’Esprit s’accompagne évidemment de dons, qui sont les suivants, tels qu’on les trouve dans les paroles mêmes prononcées par l’évêque : « répands maintenant sur eux ton Esprit Saint; donne-leur en plénitude l'Esprit qui reposait sur ton Fils Jésus: esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et d'affection filiale; remplis-les de l'esprit de la crainte de Dieu. Par le Christ, notre Seigneur » CEC 1299 Et encore : « [la Confirmation] nous accorde une force spéciale de l'Esprit saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l'action en vrais témoins du Christ, pour confesser vaillamment le nom du Christ et pour ne jamais éprouver de la honte à l'égard de la croix » CEC 1303 4-2-2 le monde séparé Qu’en est-il donc dans le Seigneur des Anneaux? Le lieu dont nous parlons peut sembler une abstraction, car il s'agit là du monde, vu par opposition à la Comté. Pourtant, si l'on part du point de vue des Hobbits, le monde, le reste des Terres du Milieu représente bien un lieu à part, un lieu vaste et divers, mais qui a pour même caractéristique d’être distinct de la Comté, d’être inconnu, d’être empli de peuples différents, d’hommes divers, de bons et de mauvais : - (…) Je ne savais pas qu’il y avait de semblables êtres parmi les Grandes Gens. Je pensais, eh bien, qu’ils étaient simplement grands, et plutôt bêtes : bons et bêtes comme Poiredebeurré ; ou bête et méchant comme Bill Fougeron. Mais après tout on ne connaît pas grand chose des Hommes dans la Comté, sauf peut-être de ceux du pays de Bree. - Vous ne connaissez même pas grand chose de ceux là, si vous pensez que le vieux Prosper est bête, dit Gandalf. T1, livre II, chap. 1er, NOMBREUSES RENCONTRES, p.295 La Comté est le lieu banal et quotidien. Le monde est la terre d’aventure, seul lieu où le sacré se manifeste (y compris indépendamment des autres lieux où le sacré se manifeste), et séparé de leur propre monde, la Comté. Les paroles de Gildor à Frodon le consacrent : - Mais ce n’est pas votre propre Comté, dit Gildor. D’autres ont résidés ici avant que les Hobbits n’existassent, et d’autres y résideront de nouveau quand les Hobbits ne seront plus. Le vaste monde vous entoure de tous côtés : vous pouvez vous enclore, mais vous en pouvez éternellement le tenir en dehors de vos clôtures T1, ch. III, TROIS FONT DE LA COMPAGNIE, p. 119 (évidemment Gildor parle du point de vue du reste du monde, mais il apparaît bien une séparation entre ces deux mondes). 4-2-3 Les langues D’ailleurs, la rencontre avec Gildor (si l’on excepte celle des cavaliers noirs qui n’est pas vraiment une rencontre) est dans le roman le premier contact des Hobbits avec le reste du monde. Ce contact se joue immédiatement sur la faculté de Frodon à parler en d’autres langues, qui n’est pas sans rappeler l’un des dons de l’Esprit Saint à la Pentecôte : la glossolalie des apôtres. L’entrée dans le monde signifie en effet communiquer avec des tous les peuples : les elfes, les Hommes, les Nains, et même les Orques, afin de les sauver tous. Une autre grande rencontre avec le monde a justement lieu à Fondcombe, lieu de rassemblement de tous les peuples, conduits au même moments pour des motifs différents et rassemblés inopinément au moment crucial de l’histoire de leur salut. Elrond ne manquera pas de le faire remarquer : " Voilà la raison pour laquelle vous êtes rassemblés. Rassemblés, dis-je, bien que je ne vous aie pas convoqués, étrangers de terres lointaines. Vous êtes venus et vous vous êtes rencontrés ici, à point nommé, par hasard, pourrait-il sembler. Mais il n'en est pas ainsi. Croyez plutôt qu'il en est ainsi ordonné que nous, qui siégeons ici, et nuls autres, devons maintenant trouver une ligne de conduite pour répondre au péril du monde." T1, Chap. II. LE CONSEIL D'ELROND, Page 323 4-2-4 le sceau C’est aussi en ce lieu que Frodon reçoit le sceau qui l’élit, lors de cette scène déjà brillamment analysée par sosryko (_ici_) et qui mettait en évidence sa lecture chrétienne. Frodon, comme mû par ne autre volonté (nous dirions inspiré) prend le fardeau de l’anneau. Comme nous l’avons vu, la confirmation donne la grâce du courage, ce courage destiné à faire connaître le salut et à accepter la Croix ! Il s’agit exactement de cela ici. Ce sacrement de l’Esprit Saint pousse Frodon à imiter le Christ, même s’il ne le connaît pas. On peut encore remarquer que ce sceau est normalement conféré par une onction d’huile, cette huile qui est aussi guérisseuse : « [L’huile] est signe de guérison, puisqu’elle adoucit les contusions et les plaies, et elle rend rayonnant de beauté, de santé et de force » CEC 1293 Quels sont donc ces yeux capables de voir dont parle Gandalf quand il se penche sur Frodon en convalescence chez Elrond, le guérisseur « Il pourrait devenir comme un miroir empli de claire lumière pour les yeux capables de voir » T1, livre II, chap. 1er, NOMBREUSES RENCONTRES, p.299 4-2-5 les flammes La transfiguration de Glorfindel auprès du Gué de la Bruinen est la première manifestation du sacré dans ce lieu étendu qu’est le monde. Frodon le voit, entouré de petites flammes rougeoyantes (qui sont en fait les brandons allumés pour effrayer les cavaliers noirs). Et que penser de cette vision de Legolas, qui aperçoit une « minuscule langue de flamme » (tongue of flame) par delà la menace du Mordor ? ne serait-ce le porteur lui-même, marqué comme le furent les apôtres : "Les deux autres tournèrent alors également leur regard vers l'Est. Par-dessus les lieues intermédiaires, tout au loin, ils observaient l'horizon et l'espoir et la peur portaient leur pensée encore plus loin, par-delà les montagnes noires au Pays de l'Ombre. Où était maintenant le Porteur de l'Anneau? Qu'il était donc ténu le fil auquel était encore suspendu le Destin! Legolas, forçant sa vue perçante, crut voir un reflet blanc : dans le lointain, le soleil scintillait par hasard sur un pinacle de la Tour de Garde. Et au-delà encore, au fin fond de l'horizon et pourtant menace présente, il y avait une minuscule langue de flamme." T2, Chap. VI. LE ROI DU CHATEAU D'OR, Page 157 Et j'ajouterai cette brève citation qui semble accentuer l'idée qu'un feu revêt Frodon : Il se tint debout, et il parut à Sam qu'il était vêtu de flammes : sa peau nue était écarlate à la lueur de la lanterne suspendue au dessus de lui. T3, Chap. I. LA TOUR DE CIRITH UNGOL, Page 251 Nous pourrions aussi tenter de déceler le parcourt initiatique d'Aragorn, à travers ces éléments qui rapellent aussi une confirmation: \n\n Quand Aragorn fait reforger son épée à Fondcombe, les Elfes gravent dessus sept étoiles prises entre le soleil et la lune, ces sept étoiles qui, entre autres, peuvent rappeler les sept dons de l’Esprit Saint, la sagesse, l'intelligence, le conseil, la force, la science, la piété (l’amour filial) et la crainte de Dieu. Aragorn nomme cette épée : Anduril : flamme de l’Ouest. Qu’évoque cette flamme de l’Ouest, sinon encore un élément sacré du légendaire tolkiennien ? Quant aux sept dons, Aragorn toruvera de quoi les déployer tout au long de son propre voyage (l'amour filial dans son respect à Elrond ou surtout son acceptation confiante de sa mort. La crainte (ou respect) de Dieu n'ayant pas à se manifester dans ce roman) Nous retrouvons d'ailleurs ces sept étoiles sur la couronne qui fera d'Aragorn un roi, et qui lui sera imposée par Gandalf, au cours d'une bénédiction qui le font ressembler à un évêque en rituel de confirmation, faisant descendre le feu du Saint Esprit sur Aragorn (qui ne semble donc, lui, confirmé qu'à la fin de son aventure) : c'était l'emblème des rois venus d'au-delà de la Mer, sept joyaux de diamant étaient sertis dans le bandeau, et au sommet se trouvait un unique joyau dont la lumière s'élevait comme une flamme. (...) Aragorn s'agenouilla pour que Gandalf lui posât la Couronne Blanche sur la tête, disant : - Maintenant viennent les jours du Roi, et puissent-ils être bénis tant que dureront les trônes des Valar" T3, Chap. V. L'INTENDANT ET LE ROI, Page 336 4-2-6 Les dons de l'Esprit, La sagesse, l'intelligence, la force, le conseil, tout cela Frodon l'a acquis à son retour, lui qui en manquait tant au début du roman et demandait conseil à toute personne qui croisait son chemin (Gildor le premier). La piété, il l'a acquise en acceptant lui aussi sa mort, et le départ pour Valinor. Mais il y avait aussi cette promesse de la confirmation, celle "de protection divine dans la grande épreuve eschatologique." Ylla nous avait rappelé que "Crack of Doom", la crevasse du Destin, signifait aussi "Jugement dernier" en anglais, c'est à dire l'eschatologie. C'est au moment où Frodon va faillir, où il n'est plus maître de lui, que les circonstances vont se subsituer à sa défaillance, et que l'anneau sera détruit quand même. La promesse est tenue. Bon, j'ai conscience que ce morceau est un peu fastidieux, mais ce qui m'a fait évoquer la confirmation au sujet de ce lieu sacré qu'est le monde, c'est que son fruit est l'enseignement, l'acquisition de la sagesse, du courage, de la force, de l'intelligence, y compris pour Pipin et Merry. C'est le principe de toute aventure, certes. Les autres sacrements seront plus aisés, je pense. |
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Grrr. Cet éditeur html me coupe salement mes lignes. Comment éviter ça ! Cette présentation en colonne étroite... [édit 2020 (Yyr) : une bonne âme est depuis repassée par là ;)] |
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>>>et même les Orques, afin de les sauver tous. |
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C'est du moins ce que suggère Gandalf, lorsqu'il s'oppose à Dénéthor: "- Comme à votre accoutumée, mon seigneur, vous ne pensez qu'au seul Gondor, dit Gandalf (à Dénéthor). Mais il est d'autres hommes, et d'autres vie, en des temps encore à venir. Et quant à moi, j'ai pitié même de ses esclaves "
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4-3 L’ordinationL'ordination comporte trois degrés, diaconale, presbytérale, épiscopale. Nous nous intéresserons à la plus complète, l'ordination épiscopale. Je situe ce temps de l’ordination à la Moria, lieu séparé et où le sacré a surgi dans la révélation de Gandalf au Balrog, et dans la manifestation de son pouvoir, celui du Feu secret, par dessus celui de l’Ombre (je devrais à chaque fois repartir de ce que j’ai dit, car mon point de départ est bien le lieu sacré tel qu’il a été défini plus haut, et non le sacrement. Mais ces parties ne sont que des parenthèses destinées à expliciter un point sur lequel je ne comptais pas m’étendre tout de suite). 4-3-1 L’ordre Il est tout d’abord à noter que Gandalf use lui-même du mot d’ « Ordre » pour parler de lui et de ses confrères Istari : « Cette pensée en tête, j'abandonnai ma chasse et passai rapidement en Gondor. Les membres de mon ordre y avaient été autrefois bien reçus, mais Saroumane plus que tout autre. » T1, Chap. II. LE CONSEIL D'ELROND, Page 336 - (...) Saroumane! cria-t-il, et sa voix crût en puissance et en autorité. Voyez! je ne suis pas Gandalf le Gris, que vous avez trahi. Je suis Gandalf le Blanc, qui est revenu de la mort. Vous n'avez plus de couleur à présent, et je vous chasse de l'ordre et du Conseil. T2, Chap. X. LA VOIX DE SAROUMANE, Page 250 4-3-2 Les insignes
D’une certaine façon, l’ordination préexiste au temps de la Moria : - (...) qu'est-il advenu de Saroumane? Il est très versé dans la connaissance des Anneaux, et pourtant il n'est point parmi nous. Quel est son avis - s'il connaît tout ce que nous avons entendu ? T1, Chap. II. LE CONSEIL D'ELROND, Page 333 Gandalf ne manque pas de noter lorsque Saroumane l’invite dans sa tour qu’il portait un anneau au doigt (T1, p344). 4-3-3 les trois charges Quelles sont les caractéristiques de l’évêque : ce sont les trois munus, les trois charges, enseignement, liturgie (service divin), gouvernement : « Le sacerdoce ministériel diffère essentiellement du sacerdoce commun des fidèles parce qu'il confère un pouvoir sacré pour le service des fidèles. Les ministres ordonnés exercent leur service auprès du peuple de Dieu par l'enseignement (munus docendi), le culte divin (munus liturgicum) et par le gouvernement pastoral (munus regendi) » CEC 1592 Nous verrons que ces charges sont bien celles de Saroumane, et qu’elles vont devenir celles de Gandalf. Ainsi quand Saroumane explique à Gandalf : « Le Temps des Elfes est fini, mais le nôtre est proche : le monde des Hommes, que nous devons gouverner. Mais il nous faut le pouvoir (...) Il n’y aurait point de véritable modification de nos desseins, mais seulement des moyens. » T1, Chap. II. LE CONSEIL D'ELROND, Page 345 Gandalf ne conteste pas ce point de gouvernance (nous ne parlons pas de pouvoir temporel, évidemment), mais seulement le moyen que met Saroumane en œuvre pour cela. Gandalf est d’ailleurs celui qui dirigera la communauté de l’Anneau tant qu’ils sera avec eux, mais il est aussi celui qui dirigera Minas Tirith après la mort de Dénéthor, à la demande même d’Aragorn en présence d’Imrahil, à qui Gandalf a pourtant donné la gouvernance de la cité quelques temps plus tôt : « - (...) Le Seigneur de Dol Amroth gouvernera la cité jusqu’à ce que Faramir se réveille. Mais mon avis est que Gandalf devrait nous diriger tous dans les jours à venir et dans nos rapports avec l’Ennemi. Et ils s’accordèrent là dessus. » T3, Chap. VIII. LES MAISONS DE GUÉRISON, Page 183 Son rôle d’enseignement est suffisamment présent tout au long du roman pour ne pas avoir à le prouver. Quant à son rôle liturgique, il n’est pas censé y en avoir dans le SdA. Pourtant Gandalf le dévoile bien quand il se déclare « serviteur du Feu secret ». Liturgie signifie très exactement « service ». Ce rôle même n’est donc pas oublié, et le service divin de Gandalf se manifestera encore quand, il dispense les bénédictions (j’avoue que j’ignore s’il y en a beaucoup, mais il y en au moins une). 4-3-4 La Moria La Moria me paraît donc le moment où Gandalf reçoit ce sacrement, et change d’état (passant de presbytre à épiscope, si l’on veut). « - Je suis un serviteur du Feu Secret, qui détient la flamme d'Anor. Vous ne pouvez passer. Le feu sombre ne vous servira de rien, flamme d'Udûn. Retournez à L'Ombre! Vous ne pouvez passer. T1, Chap. V. LE PONT DE KHAZAD-DUM, Page 438 Le sacré commence ici, avec la victoire presque immédiate de la mention du feu secret sur le Balrog, dont le feu semble s’éteindre. Gandalf brise ensuite l’épée du Balrog, puis fini par briser le pont. Notons qu’à ce moment fatidique, le bâton de Gandalf est brisé : À ce moment, Gandalf leva son bâton et, criant d'une voix forte, il frappa le pont devant lui. Le bâton se brisa en deux et tomba de sa main. Un aveuglant rideau de flamme blanche jaillit. Le pont craqua. Il se rompit juste au pied du Balrog, et la pierre sur laquelle il se tenait s'écroula dans le gouffre, tandis que le reste demeurait en un équilibre frémissant comme une langue de rocher projetée dans le vide. T1, Chap. V. LE PONT DE KHAZAD-DUM, Page 438 À ce moment là pourtant, Gandalf est toujours vainqueur, sur le pont, tandis que le Balrog s’écroule : « mais dans sa chute même, il fit tournoyer son fouet, et ses lanières fouaillèrent le magicien et s’enroulèrent autour de ses genoux, l’entraînant vers le bord. Il chancela, tomba, et malgré un vain effort pour s’accrocher à la pierre, il glissa dans le gouffre » T1, Chap. V. LE PONT DE KHAZAD-DUM, Page 438 Son combat n’est donc pas terminé, la consécration de Gandalf doit se faire dans une figure du baptême et de la confirmation : le feu et l’eau, celle de la régénération. "- Je suis tombé longtemps, finit-il par dire, avec lenteur comme s'il se remémorait avec difficulté. Je suis tombé longtemps et il est tombé avec moi. Son feu m'environnait. J'étais brûlé. Puis nous plongeâmes dans une eau profonde et tout fut obscur. Elle était aussi froide que le flot de la mort : elle me glaça presque le coeur." T2, Chap. V. LE CAVALIER BLANC, Page 135
Le Balrog regagne toute sa puissance sur le mont Celebdil, (he burst into new flame), et cette fois, Gandalf doit le combattre de tout son pouvoir (sans son bâton). « Ceux qui regardaient de loin pensèrent que la montagne était couronnée d’orage. Ils entendirent le tonnerre et, dirent-ils, les éclairs qui frappaient le Celebdil rebondissaient en arrière, brisés en langues de feu . » T2, Chap. V. LE CAVALIER BLANC, Page 136
Nous remarquons ici l’amusante mention de langues de feu, ce en quoi sont brisés les éclairs qui surgissent de la violence du combat. Ces langues de feu, je l’ai dis, sont le symbole presque exclusif de la Pentecôte, temps où l’Esprit Saint est descendu sur chacun des apôtres. Gandalf abat son adversaire, puis s’égare hors de la pensée et du temps. Gandalf est couché, étendu, comme celui qui reçoit le sacrement de l’ordre doit s’étendre au sol epndant la litanie des Saints, temps où tout le ciel est invoqué sur celui qui va recevoir le sacrement. " Je fus renvoyé nu, pour une brève période, jusqu'à ce que ma tâche soit accomplie. Et nu je restai étendu sur le sommet de la montagne. (…). Je restai étendu là, les yeux ouverts sur le ciel, tandis que les étoiles tournaient, et chaque jour était aussi long qu'une existence entière sur la terre. La rumeur assemblée de toutes les terres parvenait faiblement à mes oreilles : la germination et la mort, le chant et les pleurs, et le lent et éternel gémissement de la pierre surchargée. Et ainsi enfin Gwaihir le Seigneur des Vents me trouva de nouveau, il me saisit et m'emporta." T2, Chap. V. LE CAVALIER BLANC, Page 136 Le rite est terminé. Il y a chez lui mort et résurrection, mais quand il revient, il n’est plus le même, ni en pouvoir, ni même physiquement. L’aigle est le premier à en témoigner : « - Un fardeau, tu l'as été, répondit-il, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui. Aussi léger qu'une plume de cygne es-tu à mes serres. Le Soleil brille à travers toi. En fait, je ne crois pas t'être encore nécessaire : te laisserais-je tomber, que tu flotterais sur le vent. » T2, Chap. V. LE CAVALIER BLANC, Page 137 Gandalf est avant tout un ange, et ce nouvel état de son corps n’est pas surprenant, mais il est comme rehaussé par sa nouvelle ordination. Il est désormais l’évêque de son ordre, disposant d’un nouveau bâton (dont on ne sait d’où il vient), de son anneau, de nouveaux vêtements signifiant son nouvel état (reçus chez Galadriel), et d’Évangile, il a reçu celui du monde qui est parvenu à ses oreilles pendant sa prostration. Lorsque nous le retrouvons enfin, dans la forêt de Fangorn, il doit aussi se remémorer de son ancien nom (on peut se souvenir qu’en religion, il est habituel de donner un nouveau nom à celui qui entre définitivement dans un ordre), et il y a surtout, ce commentaire de Gunri, seule mention de sacré avec les maisons des morts de Minas Tirith où Dénéthor ira se faire brûler. « - En une heureuse heure, vous êtes revenu auprès de nous, Gandalf, s'écria le Nain, qui se mit à gambader en chantant haut dans l'étrange langage des Nains. Allons, allons! cria-t-il, balançant sa hache. La tête de Gandalf étant maintenant sacrée, trouvons-en une qu'il soit bon de fendre ! » T2, Chap. V. LE CAVALIER BLANC, Page 138 |
