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Non, ce n'est pas une provocation de ma part ! 1. Dissociation entre pouvoir légitime et pouvoir légal : 2. Ghan Buri Ghan ou l'indépendance des hommes sauvages. |
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Chère Lambertine, On peut encore ajouter : 3. Aragorn ne vient pas réclamer le trône de Gondor en brâmant : "je suis le seul roi légitime, l'héritier d'Isildur"! Ce sont ses exploits personnels et ses mérites propres qui font qu'il est reconnu. 4. Qui (dans un des Appendices, je ne sais plus lequel), devient Maire de la Comté? Un héritier de bonne famille, comme Meriadoc Brandybuck ou Peregrin Took? Que nenni! Sam, jardinier, fils et petit-fils de jardiniers, domestique de Frodo. En voilà une belle, d'ascension sociale! 5. Eomer également désobéit au roi légitime de Rohan, son propre oncle, à partir du moment où il s'aperçoit que celui-ci est sous influence et a perdu son libre-arbitre et sa capacité de jugement. |
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Chère Lambertine : |
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Chère MJ, Beregond, puni ? Non. Il doit quitter Minas Tirith, certes, mais comme "Capitaine de la Compagnie Blanche", lui qui n'était qu'un simple chevalier. |
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Chère MJ, Et oui, bien qu'appartenant à la lignée royale, Ar-Pharazon, peut être considéré comme un usurpateur. Par ailleurs, bien que la culture légitimiste soit effectivement bien ancrée dans la mentalité anglaise, l'histoire de sa monarchie n'a pas été qu'un long fleuve tranquille. Au 17e siècle, Olivier Cromwell, à la tête des opposants puritains, a renversé puis exécuté le roi légitime, mais catholique Jacques Ier. La royauté fut rétablie après sa mort (à Cromwell), avec le fils du précédent (Jacques Ier), mais qui ne fut admis à règner qu'après avoir fait certaines concessions au Parlement. (Et effectivement Cromwell, qui s'était rendu impopulaire par son autoritarisme et ses velléités despotiques, fut appelé aussi "l'usurpateur"). Un siècle auparavant, le dramaturge W. Shakespeare, dans une série de pièces retraçant (fortement ... euh... théâtralisée) l'histoire de l'Angleterre - et portant d'ailleurs chacune, en guise de titre, le nom d'un de ses rois -, se montra également très critique envers le pouvoir. Ce n'était pas la légitimité du pouvoir monarchique qu'il remettait en cause, mais la façon dont ce pouvoir s'exerçait. Selon ce courant de pensée, né à la Renaissance (en Italie, je crois, mais faut vérifier) et vite répandu à travers toute l'Europe, ce n'est plus l'hérédité seule qui légitime le roi, mais ses actes, sa personnalité. Un souverain se doit d'être juste, réfléchi, et au dessus des dissensions. Idéal élevé et difficile à atteindre pour un homme de pouvoir. Quant à la personnalité de Tolkien, si l'on en croit sa biographie par H. Carpenter, elle n'a à première vue, rien de révolutionnaire. Adolescent, à l'âge classique de la révolte, il se soumet à son tuteur et accepte de ne plus revoir la jeune fille dont il est amoureux. MAIS, il est tenace. Une fois majeur, il s'empresse de la retrouver et l'épouse envers et contre tout. Par la suite, il mènera une vie rangée d'homme marié et père de famille, et une carrière très classique d'universitaire, milieu, en Angleterre et à l'époque, conservateur par excellence. MAIS, parallèlement à ses devoirs de chef de famille et à ses travaux d'érudit, il mènera une existence d'écrivain de Fantasy et de contes pour enfants, envers et contre toutes les critiques qui ne manquèrent pas de lui être adressées, en premier lieu par ses collègues. Qu'en conclure? Voir aussi les positions de Tolkien, telles que j'ai pu en juger par les extraits des lettres que certains ont eu la gentillesse de copier sur le forum, - positions nettes, bien tranchées, et toujours honnêtes. Un Monsieur donc, avec un grand M, qui ne s'en est jamais laissé conter et n'hésitait pas, s'il le jugeait bon, à émettre une opinion contraire à celle du Politiquement Correct de son temps. (Ceci dit : ben non, il n'était pas parfait. Ben oui, il a pu avoir des défauts. Ben quoi, c'était un homme.) |
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Je vais être bref car je n'ai pas beaucoup de temps. Je pense que Tolkien a voulu montrer le pour et le contre des révolutions, la liberté contre l'anarchie et les massacres. Il est vrai qu'il écrit, en général, pour les révolutions, mais sait les dénoncer quand elles deviennent nuisibles. Je vais prendre comme exemple la guerre fratricide: au début, la guerre a été déclenchée par des capitaines du Gondor qui voulaient que leur race reste pure. A la fin de cette guerre, on ne peut que constater les dêgats. Daïn Roi Sous la Montagne. |
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Pour rejoindre Melilot, on pourrait aussi parler de la mentalité "anglo-saxonne"; et si on regarde la guerre d'indépendance américaine, on se rend compte que c'étaient des colons anglais qui se sont revoltés contre les dérives de la Monarchie métropolitaine. On notra au passage que quelques années plus tard, ces anglo-saxons insciront dans leur Constitution un amendement qui légitimera le recours à la force populaire contre un pouvoir illégitime et c'est pour celà qu'ils restent si attachés au droit de port d'arme. Moi, j'y vois surtout une parabole avec les récits de l'Ancien Testament qui rappellent Soddom et Gomore ou encore le Déluge. Il est claire qu'il y a aussi l'idée de désobéissance "civile" à une autorité quand ce qu'elle ordonne est moralement illégitime. |
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Oui ! oui ! d’accord pour Beregond ! Aragorn fut miséricordieux ! Il a quand même trouvé bon de lui rappeler ses fautes et d’insister par là sur sa clémence !J’aurais préféré qu’il le flatte pour son initiative, pour son discernement et qu’il le récompense précisément pour avoir risqué son honneur afin de sauver Faramir. ;-) (toujours du mauvais esprit !!) Melilot>> :Selon ce courant de pensée, né à la Renaissance (en Italie, je crois, mais faut vérifier) et vite répandu à travers toute l'Europe, ce n'est plus l'hérédité seule qui légitime le roi, mais ses actes, sa personnalité. Un souverain se doit d'être juste, réfléchi, et au dessus des dissensions. Idéal élevé et difficile à atteindre pour un homme de pouvoir. » » Tu penses peut-être à Machiavel ?vœux pieux et il a en outre été si mal compris ! Quant à ta conclusion sur Tolkien je la partage en totalité: « pas un rebelle », mais quelqu’un de suffisamment lucide pour ne pas s’abandonner à « l’inconditionnalité » (si ça peut se dire ?) et quelqu’un surtout de peu enclin à la soumission (si ce n’est à son Dieu ! or God save the Queen …..) |
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Bonjours à tous Melilot, je suis parfaitement d'accord avec toi, (permet moi de te tutoyer), et je pense que l'attitude d'Aragorn par rapport à Beregond A Mj du Gondor, il existe (et surtout a existé) des royaumes monarchiques sans aucune église officielle. Si mes souvenirs sont correctes, l'actuelle monarchie japonaise est la plus vieille de la planète (sans interruption bien évidemment), suivi de celle de l'Angleterre, d'exactement vingt huit siécles, je doute qu'à cette époque ( mais tout propos contraire sera la bienvenue ) qu'il existe une religion officielle. Bien à vous. |
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Dain, Semito et MJ, merci pour vos apports. J'ai l'impression que Tolkien - que ce soit à titre personnel ou en tant qu'anglo-saxon - accorde dans son oeuvre beaucoup plus d'importance à la légitimité "morale" que "génétique" du pouvoir. Tout ceux - à travers ce que je connais de son oeuvre, (i.e. le Hobbit, SdA, Silm et CLI, c'est tout) - tout ceux qui l'exercent de façon abusive, fussent-ils ou non de lignée royale, en paient tôt ou tard les conséquences, qu'ils soient Humains, Nains, Elfes, ou même Valar (Melkor, voire même Aulë...) ou Maiar (Sauron, Saruman). Et je crois MJ que c'est dans ce contexte qu'il faut interpréter l'attitude d'Aragorn. Pourquoi en effet, toutes ces simagrées pour finalement récompenser Beregond? Pourquoi ne pas se contenter de lui coller une bonne bourrade dans le dos "Bon boulot, gars, t'es nommé Capitaine!" ? Aragorn, bien qu'héritier légitime de la lignée royale, Tolkien insiste la-dessus à plusieurs reprises, refuse d'imposer son pouvoir par force ou par droit de naissance. A la fin du roman, il est investi de la fonction royale. Cela signifie, du pouvoir - du devoir plutôt - d'instituer une législation équitable et juste, de la faire respecter ET DE LA RESPECTER LUI-MEME. C'est ce point qu'il met en évidence dans le procès de Beregond. En tant que roi LEGITIME, il est lui-même soumis aux lois et ne peut se permettre de les balayer d'un distrait revers de main, parce que tel est son bon plaisir. Un de ses premiers geste, en tant que souverain, est non pas d'abolir d'un coup les lois précédentes, ce qui aurait probablement choqué une bonne partie de la population, - (et fait croire à une autre que tout est permis désormais, puisqu'on est libre), mais de montrer son respect envers elles. ENSUITE, d'imprimer sa propre marque à ses lois. Beregond passe en jugement parce qu'il a enfreint une loi, mais au lieu d'être condamné à mort comme il l'aurait été sous la précédente législature, il est non seulement grâcié, mais récompensé pour les conséquences positives de son initiative. (Comparer, pour ceux qui connaissent, avec la pièce de H. von Kleist, "Le Prince de Hombourg".) Ca passe-t-y mieux comme ça, MJ? Votre avis, les autres? |
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S'agit-il vraiment d'une grâce accordée à Beregond? SDA tome 3, Chapitre V. L'INTENDANT ET LE ROI, Page 337 : Au sujet de la "pleine propriété" de la forêt grise donnée à Ghan Buri Ghan et aux Woses, il s'agit bien d'une cession de territoire (ne devrait-on pas dire *restitution*, d'ailleurs??). C'est un cas différent de celui de la Comté, dont l'accès est interdit aux grandes gens sur ordre du Roi mais qui reste dans le domaine de la Couronne, et c'est différent aussi du cas de l'Ithilien qui devient une Principauté avec Faramir pour prince. Silmo |
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Cher Silmo, J'avoue être parfois de mauvaise foi en ce qui concerne Aragorn, mais je n'ai jamais eu l'impression qu'il l'envoyait en exil. C'est plutôt de sa part une façon - que l'on peut juger maladroite ou non - de s'exprimer, genre, vous devez partir, mais non, pas pour la raison que vous croyez, voyons, j'ai une bonne surprise pour vous (ou presque ... ). Quand on a vu comment il "charriait" Merry à propos de l'herbe à pipe... Au sujet de la "pleine propriété", je ne sais pas si Lothiriel est ou non experte en Droit Médiéval anglais, mais j'aimerais que quelqu'un me confirme que la propriété allodiale était inexistante en Angleterre. |
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Effectivement Lambertine, on peut aussi le lire comme ça (et le mot exil était un peu fort, même pour un *doux* exil) |
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Melilot : je suis d’accord avec ta vision idéalisée de la royauté de Tolkien au travers d’Aragorn et sa sanction régulière des plus grands lorsqu’ils sont défaillants « fussent-ils de lignée royale » Lumière du soir : Mille pardons ! pas assez restrictive par ma formule « Dieu et Roi ont été associés dans la plupart des monarchies » j’avoue que je n’ai pensé qu’aux monarchies de nos régions occidentales où les sociétés ont évolué en suivant des schémas semblables , associant dans leur développement, institutions politiques et religieuses Je ne connais pas les schémas d’évolutions des societés en Asie et je ne saurais dire pourquoi il en va différemment Mais il est certain que les concepts religieux ne sont pas comparables. |
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Chère MJ, Excalibur est peut-être signe de la volonté divine, mais elle échoit quand même à Arthur envertu de sa lignée ( il est le fils caché d'Uther, mais le fils d'Uther quand même... ) Quant à Aragorn, il accède au trône en vertu de sa lignée, mais sa lignée seule n'aurait pas suffi à lui donner le trône. |
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j'ai pas mal de choses à dire que la notion de légitimité par le sang / par les qualités / par autre chose, mais pour ce soir je me contenterais de confirmer que la propriété allodiale n'existe plus en Angleterre depuis la conquête par Guillaume le Conquérant. le duc de Normandie devenu roi d'Angleterre possède l'intégralité de l'Angleterre en domaine ; tout seigneur tient une terre de la part de son suzerain / souverain et non en pleine propriété. c'est la pyramide féodale dans sa perfection, l'Angleterre en 1100, un vrai rêve d'historien ;-) |
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Merci, Lothiriel, Mes cours de droit médiéval étaient un peu lointains. Mais c'est ce qui m'a fait le plus penser au fait que la pleine propriété - qui pour une juriste de formation comme moi ne pouvait être qu'une propriété allodiale - ne pouvait signifier pour un anglais écrivant une histoire pseudo-médiévale que l'indépendance. |
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Je suppose que tu veux parler de ce passage là: "[...] Ca paraît effectivement clair dans un premier temps qu'Arwem est nettement au-dessus d'Aragorn, mais ce qu'Elrond finit par dire, c'est qu'elle ne pourra épouser qu'un *homme* de rang équivalent au sien et il ne peut y en avoir 50 : le roi de Gondor et d'Arnor réunis. Autrement dit, Aragorn ne peut prétendre épouser Arwen sur la seule base de son hérédité sanguine, il lui faut aussi reconquérir ce que ses aïeux ont perdu: l'hérédité dynastique. Au final, il est donc sur un pied d'égalité avec Arwen. Silmo |
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Bonjours à tous ( Pourquoi m'adresser des pardons, je ne suis nullement blessé ou quoi que ce soit, alors il ne faut plus m'en adresser ;-)) ). Cette parenthése terminé, et pour répondre un peu à MJ de Gondor, dans la Chine antique, la religion au sens occidentale n'existe pas, le boudhisme vient de l'Inde et, de plus, assez récemment, moins de dix siécles, ce que l'on nomme par confuséisme ou taoisme ne sont nullement des religions mais des << principes >> d'organisation de la vie, et politique, et de tout les jours, jamais dans ces textes n'apparaît de divinité, le seul élément qui revient souvent est ... l'Eau. Bien à vous tous. |
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Hé! 'ttention, là! On est en train de parler de la conception du pouvoir et de la légitimité CHEZ TOLKIEN. De débattre de l'attitude d'ARAGORN, dans le monde de la Terre du Milieu. Tolkien défend dans ce roman l'idée d'une sorte de "royauté éclairée" comme la meilleure forme de gouvernement possible DANS SON MONDE IMAGINAIRE. On peut en discuter dans le cadre du Légendaire, sans pour autant y adhérer dans notre réalité quotidienne. Et là, franchement, une bête démocratie, élective, me suffit amplement à moi, si imparfaite qu'elle puisse être. Celà dit, même en démocratie, la légitimité du pouvoir peut être disctuée. Mais est-ce bien ici le lieu?... |
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Et tiens!... Dans un oeuvre si pleine de rois, de reines, de grands seigneurs et de hiérarchie, on trouve aussi des exemples de démocratie. Les Hobbits n'on pas d'autorité centrale, pas de véritable "aristocratie". Ils ont un maire, qu'ils élisent (et qui une fois élu, n'a plus grand chose à faire). Il existe certes une stratification sociale, avec des familles riches et respectées, des artisans, des paysans, des serviteurs et des Hobbits pauvres. Mais, à ce qu'il me semble, pas de castes infranchisssables. Et la ville de Bree ne semble dépendre ni d'un quelconque seigneur féodal, ni d'aucune autorité. Elle vit de commerce. On pourrait la comparer à une sorte de ville franche, de ville commerçante. Ha! La société hobbitte ayant bénéficié de sa part d'une particulière tendresse, Tolkien n'était donc peut-être pas si royaliste que çà? Tout au fond???... Non???... |
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(C'est encore moi!) Toujours en ce qui concerne Aragorn, chère MJ, les exemples que tu donnes (Narsil, le chemin des morts, l'arbre blanc) établissent en effet la légitimité de la lignée d'Aragorn, mais d'accord avec Lambertine, ils n'auraient pas suffi à faire de lui un roi, s'il n'y avait pas mis un peu du sien. Je pense que Tolkien avait en tête d'anciens mythes et motifs romanesques (celtiques, médiévaux, etc.), dont il fut question ailleurs sur ce forum, où il est question d'identité roi légitime/état du pays, ou encore d'héritier royal tenu caché à sa naissance pour assurer sa sécurité - et donc la perpétuation de sa lignée. Mais là où il innove, c'est que, malgré sa qualité d'héritier d'Isildur que personne ne conteste, Aragorn soit obligé - et à son son corps défendant qui plus est - de regagner son rang par lui-même, par ses propres moyens. Et que sans ses qualités propres de courage, de loyauté, de justice et de sagesse, héritier ou pas, il n'en serait toujours nulle part. J'ajouterais, sans Frodo et Sam, sans l'aide de ses compagnons, il serait bel et bien mort, comme tous les autres, et adieu royaume, Arwen chérie, quatrième âge et paix retrouvée. Il est donc roi légitime : (Lothiriel, d'ac' avec toi : il y aurait beaucoup à dire sur la légitimité du pouvoir, mais je crois qu'à s'écarter du cadre tolkienien, tomberait ipso facto dans la politique et le hors sujet). Et par ailleurs, concernant cette question de lignée royale et tout ça, une chose tout à fait différente me turlupine : Elros fut roi, et fondateur de la lignée dont Aragorn est héritier. Elrond ne l'a jamais été, sa fille n'est pas princesse. D'où vient alors que l'on présente Arwen comme socialement tellement supérieure à lui? Si l'on s'en tient à l'hypothèse légitimité par hérédité, c'est Aragorn qui fait une mésalliance, pas le contraire (Oups, le sacrilège!!! Pardon, ça m'a échappé). Arwen lui est-elle supérieure parce qu'elle est Elfe et immortelle, et lui Humain mortel? Parce qu'elle a quelques centaines d'années d'expérience et de sagesse en plus que lui? parce que contrairement à celle d'Elros, la lignée d'Elrond n'a jamais failli? Ce dernier argument est un peu facile : deux générations d'un côté, quelques centaines de l'autre...Facile quant on est immortel, d'assurer stabilité à sa famille. Est-ce parce qu'elle est riche et lui pauvre? Ca fait beaucoup de (mauvaises) bonnes raisons, certes, mais ça ne me suffit pas. Qui peut m'éclairer? |
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N'oublions pas que la première fois qu'Aragorn est reconnu comme roi, c'est quand il guérit Faramir, Eowyn et Merry ("les mains du rois sont guérisseuses" dit Ioreth). Au moment du chemin des morts, il n'est pas présenté comme roi, ni même encore comme prétendant au trône, mais comme héritier d'Isildur et son étendard est noir (il ne s'agit pas encore de l'Arbre blanc). Au sujet d'Arwen, je ne vois pas en quoi elle serait socialement plus importante qu'Aragorn. Peux-tu préciser? Silmo |
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Cher Silmo, Je n'ai pas le bouquin sous la main, mais d'après mes souvenirs, c'est dans l'appendice du SdA consacré à l'histoire d'Aragorn et d'Arwen. Ce son les parents, Elrond et Gilraen, qui font tous deux remarquer à Aragorn, qu'il rêve au dessus de ses moyens et qu'Arwen est bien trop au-dessus de lui pour qu'il songe à l'épouser. |
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P.S. : |
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O Précieux Silmo!!! (precioussss...) Mais comment fais-tu pour avoir toujours sous la main, instantanément, où que ce soit, même perdu au milieu des Terres Sauvages, la référence exacte dont on a besoin (et en VO en plus)?! Tu es en ligne directe avec l'Esprit du Maître? Tu as une puce greffée dans le cerveau? (Non, je rigole, mais j'admire!) Mercimercimerci. |
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Cher Melilot, > > je n'ai vraiment aucun mérite car, comme indiqué ailleurs, ce ne sont quasiment que des copier/coller et du tricotage à partir d'éléments trouvés grâce à des moteurs de recherche et autant que possible en français puisque nous somme sur un site qui s'appelle JRRVF, mais pour les Appendices au SdA, qui ne figurent pas dans le moteur de recherche de Cédric, j'ai fourni la VO, par flemme, encore que dans le cas présent, le texte est simple et la traduction ne doit pas poser de problème.... Le plus long, c'est pour citer HoME et les Letters parce qu'il faut tout retaper à la main :-( |
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N'empèche! Chapeau bas, et merci! |
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( ce fuseau est vraiment sympathique!!!:-))) Il semblerait que je me sois plantée sur plusieurs points ! Lumière du soir : Mes pardons ne t’étaient pas particulièrement destines mais j’étais confuse d’avoir limité mon raisonnement à une portion de la planète ! promis plus d’excuses ! Melilot """:Les Hobbits n'on pas d'autorité centrale, pas de véritable "aristocratie". Ils ont un maire, qu'ils élisent (et qui une fois élu, n'a plus grand chose à faire). Il existe certes une stratification sociale, avec des familles riches et respectées, des artisans, des paysans, des serviteurs et des Hobbits pauvres. Mais, à ce qu'il me semble, pas de castes infranchisssables."" A propos de la société Hobbit (toujours mon dada !) je lui trouve beaucoup de similitudes avec les traditions germaniques apportées par les grandes invasions anglo-saxonnes : On trouve dans le 1er chapitre du SDA associé au chapitre sur le nettoyage de la Comté presque partout des équivalences !Ce ne sont peut-être que des généralités mais je trouve étrange que Tolkien ait insisté sur cette organisation ! |
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Cher Lumière du Soir, La dynastie capétienne a toujours, si je ne me trompe, argué de sa qualité d'élue de Dieu ( d'où le sacre de Reims ). Elle a quand même régné près de mille ans. |
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les capétiens ont argué comme leurs prédécesseurs carolingiens de leur qualité d'élus de Dieu ... tout en cherchant à tout prix à se rattacher à leursdits prédécesseurs. on joue constamment au Moyen Age sur légitimité par le sang / par les mérites (choix de Pépin le Bref, "élection" d'Hugues Capet, désignation de Philippe VI) / par le sacre (Charles VII "gentil dauphin" tant qu'il n'est pas sacré, soit pendant presque dix ans). on reproche beaucoup à Charles V d'être un tantinet malingre (anémie chronique, tuberculose, goutte ???) et de ne pas mener lui-même l'armée à la guerre encore en 1380. de manière générale, l'accent est mis sur le sang royal : tout le souci des Valois est de montrer qu'ils sont non seulement des capétiens, mais en fait qu'ils descendent directement de Pharamond himself. au passage, on fait du baptême de Clovis un sacre et on a un sang royal pur depuis 10 siècles et désigné par Dieu pour mener le royaume à la victoire (quand on s'appelle Charles V et qu'on vient de subir la défaite de Poitiers, faut être sacrément optimiste quand même !). |
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Hé MJ! Cool! Tu nous en apprends des choses, sur les Hobbits et les traditions anglo-saxonnes! Ca, pour être clair, c'est clair! Merci donc à toi aussi. (C'est fou comme on peut s'instruire sur ce fuseau. Là je me plonge dans l'analyse de Lothiriel sur le problème de la légitimité chez les capétiens). Apluss'. |
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Melilot: Lothiriel "sure", mj à prendre avec précaution !!!!;-)))) |
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Re-bonjours à tous Merci bien des explication aussi bien de Melilot que de Silmo Mon coeur saigne à l'idée, ô Arwen Undómiel, Tu t'arraches aujourd'hui à l'amour paternel, Tu fus mon troisième fils, je t'ai nommé Estel, Farewell, farewell, Poème de Barthélémy Loustalan que j'aime beaucoup. Bien à vous tous et à bientôt. |
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(Cher Silmo, Melilot, c'est "elle"... C'est la petite Brandybuck délurée qui danse le springle-ringle/saltarelle sur les tables au banquet d'adieu de tonton Bilbo, sans même attendre qu'il ait fini son discours. ;-P ). |
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Bonjours à tous Pardonnez moi, mais lorsque je disais : << A chaque fois où une dynastie fait appel au divin, historiquement on constate que la fin était proche.>> , c'était uniquement pour les dynasties de la Chine antique, pour les autres régions du monde, ma méconnaissance ne me permet pas de dire grand chose, surtout par rapport au nombre d'érudit de ce forum, donc encore mes excuses pour cette imprécision. Cher Silmo, le texte que vous citez confirme certes le haut lignage de Arwen, mais il me semble qu'il n'apporte pas vraiment une explication de ce fait, ou alors peut être l'ai je mal compris. Chére Mj de Gondor, hum hum j'ai un peu de mal à comprendre le sens de votre question, il est rare qu'une personne puisse présenter simultanément ces trois qualités, et je voulais dire qu'elles sont nécessaires pour prétendre au trône, Aragorn les avait, mais je ne dis pas que cela est suffisant et encore moins que seul ceux de sang royal les possédaient. Bien à vous tous |
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:-) MJ Lumière du Soir, d'après ce que je crois comprendre dans les passages cités par Silmo, AU DEPART, Aragorn n'est plus que le dernier rejeton obscur d'une lignée - jadis puissante - aujourd'hui déchue. Ni Elrond ni Arwen n'ont perdu leur dignité de descendants d'Earendil, non plus que leur rang, (bien que non royal) parmi les Elfes. A L'ARRIVEE, Aragorn, ayant franchi tous les obstacles et fait montre de toutes les qualités que l'on connait, en plus de la patience et de la ténacité, a reconquis la gloire perdue de ses aïeux. Mais transparait autre chose, d'un peu plus subtil. Les réticences de Gilraen et d'Elrond ne sont pas dues seulement à une question de rang social. D'abord, tous deux sont bien conscients des problèmes inévitables qui vont surgir d'une idylle entre une Elfe et un mortel, non seulement dus à la différence de longévité, mais au fait que le destin d'Arwen la condamne, en choisissant l'humanité, à une séparation définitive avec sa famille. Gilraen craint donc aussi, peut-être surtout dans l'immédiat, que la faveur d'Elrond grâce à laquelle elle et son fils ont pu survivre, leur soit retirée. Sans l'appui d'Elrond, son fils aura du mal à sortir de sa condition de rôdeur et elle voit son avenir et son espoir compromis. Elrond redoute bien évidemment la séparation d'avec sa fille, qui dans son cas, s'apparente à une perte définitive (Hé! Plus jamais de dimanche en famille avec fifille et gendre! Il ne verra même pas grandir ses petits-enfants!). Il n'est pas a priori opposé à une union entre Arwen et Aragorn, A CONDITION que cette union ne condamne pas sa fille chérie à une vie de misère et de solitude, comme épouse d'un pauvre rôdeur des terres sauvages. Reine d'Arnor et de Gondor, là OK : elle sera heureuse et ne manquera de rien (Je caricature, je sais, ne vous emballez pas :-) ). Et surtout, le sacrifice de son immortalité, de son destin d'Elfe, de ses liens avec sa famille, en vaudra la peine. En tant que reine du premier royaume humain du quatrième âge, elle transmettra à la Terre du Milieu l'héritage perdu des derniers Elfes (Ca vous plait mieux ce ton la, hein?). Ce qui ressort de là, d'après moi tout au mons, c'est plus une inquiétude paternelle/maternelle pour l'avenir de leurs rejetons respectifs, qu'une question protocolaire de mariage inter-classes ou inter-races. |
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Au sujet de la "trple légitimté" d'Aragorn : le sujet est récurrent chez Tolkien. Le futur Roi de Dale, Barde, dans Bilbo le Hobbit, retrouve le trône et la gloire de ses ancêtres d'une façon similaire. Par le sang, comme descendant de Girion, par ses qualités personnelles, comme vainqueur de Smaug et chef de guerre dans la Bataille des 5 armées, et par l'élection du peuple d'Esgaroth. ( L'autorité légitime et défaillante ayant été dans ce cas un "maître" légitimement élu... ) |
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Cher Lumière du Soir, je n'ai rien à rajouter au post de Melilot. Il a répondu mieux que je ne l'aurais fait :-) |
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Oops... MAintenant je le saurai: Lumière, c'est "il" et Melilot, c'est "elle"... On finit par s'y perdre :-)) |