|
Sur les neufs membres de la Compagnie de l'Anneau, Frodon et Sam sont les acteurs principaux du drame qui se déroulent en Terre-du-Milieu. J'en viens maintenant à mon interrogation : Quel rôle assument véritablement Legolas et Gimli ?? Interviennent-ils vraiment sur le déroulement de l'histoire de façon décisive ? Croyez-vous que Legolas et Gimli soient de simples figurants ? La question est un peu exagérée mais j'espère ainsi obtenir vos réactions outrées ;-)
|
|
Très rapidement (je répondrai plus tard), je te souhaite un excellent anniversaire !! |
|
Lorsque la Compagnie de l'Anneau se constitue à Rivendell, Elrond annonce qu'elle sera composée de neuf marcheurs, qui s'opposeront aux neuf Servants de l'Anneau. Legolas et Gimli sont nommés, mais il reste deux personnes à désigner. Elrond ne s'est pas encore décidé. Ce sont Merry et Pippin qui feront office de "bouche-trou"... Mais, si l'on va voir les premières versions du SdA, dans HoME VI, on s'aperçoit qu'il n'y avait ni Elfe ni Nain dans la Compagnie (qui se composait de sept personnes : Gandalf, Boromir, et cinq Hobbits). Il semblerait que Legolas et Gimli ne soient vraiment pas déterminants pour l'intrigue principale. Encore plus curieux : Merry, par exemple, faisait d'emblée partie de la Compagnie. Evidemment, il ne s'agit pas de la dernière version ; on est en droit de ne pas considérer ce point comme étant convaincant. Or, il est toujours intéressant de constater ce qui s'imposait dès le début à un auteur. En outre, le Silmarillion n'a pas été publié par Tolkien ; il se compose de textes de dates très différentes. Tolkien n'abandonnait pas ses textes, il les réécrivait ; les premières versions correspondent à des légendes existantes, mais mal retranscites ou déformées par les âges. Mais leur intérêt ne se limite pas à leur rôle d'ambassadeurs. Outre les points rappelés par Cédric, il faut souligner leur participation à la bataille du Gouffre de Helm. Elle n'est d'ailleurs pas dénuée d'humour : les deux compères jouent à celui qui tuera le plus d'Orques... Enfin, Legolas et Gimli sont glorifiés dans leur amitié au moment même de leur effacement. Il est dit qu'ils prirent tous deux la mer pour l'Ouest : Gimli bénéficie donc d'un statut extraordinaire. |
|
Bonjour tout le monde (je suis nouveau ici). |
|
Ouh là là ! Non, je n'ai vraiment pas été très clair ! Et j'ai glissé partout des répétitions et des fautes grammaticales ! Désolé ! |
|
Salut Cayin ! Aurais-tu retrouvé la référence dont tu parles sur les contes médiévaux comme charnière ? Au sujet du rapport entre le SdA et les contes traditionnels, je t'indique l'article "Les archétypes du conte merveilleux chez Tolkien" de Hiswelokë, que tu trouveras dans son livret à télécharger sur son site (il est mentionné dans les liens). |
|
Avant de répondre, Cayin, je te souhaite la bienvenue à Cayin et te remercie de ta participation à ce forum ;-) L'idée qui consiste à dire que l'amitié de Legolas et Gimli est une transition me plait bien. Et comme le disait Fangorn, il aura fallu attendre la fin du Troisième Age pour qu'elle ait lieu. Je vais faire une petite digression mais en écrivant ces lignes, je m'apercois que si le règne des Elfes est terminé, on ne sait rien du devenir des Nains. Sont-ils restés en Terre du Milieu ? Oui, certainement car ils ne peuvent être admis, sauf l'exception notable de Gimli, en Valinor. Je suppose que les Hobbits ont continué à vivre dans leur chère Comté, discrètement, à l'abri des regards indiscrets. Mais les Nains, ont-ils continué à creuser les Montagnes ? Ont-ils disparus de la surface de la Terre pour ne vivre que sous elle ? Cayin disait également que l'amitié de Legolas et Gimli apportait une nuance au combat du bien contre le mal. C'est vrai que le dialogue de ces deux compères apporte une touche d'humour dans une bataille dramatique. Ce sont eux qui font des concessions à leur principe et à leur tradition d'inimitié en montant par exemple sur le même cheval, en s'engageant à visiter les domaines de l'autre. Malgré tous les obstacles et les dangers de leur périple, ces deux membres de la Compagnine ont su trouver une chose qui puisse vaincre la peur : la force de l'amitié.
|
|
Pour répondre à Fangorn, je ne retrouve pas la référence précise. Et je me mets à douter, car j'ai beaucoup de problèmes en ce moment avec les réfrences (cf. un ou deux autres sujets du forum ;-) ). A +, P.S. : l'article de Hiswelokë est excellent, en effet ! |
|
Merci Cayin (Ca c'est ce qu'on appelle bien commencer l'annee). Didier ("Hisweloke"). |
|
Désolé, je sais que ça ne se fait absolument pas, mais je vais me répondre à moi-même ;-)) J'avais relevé (dans le message du 23.12.1999) une sorte d'inversion entre le texte de Home VI et le texte définitif du SdA à propos des neuf membres de la Compagnie de l'Anneau. Je supposais que moins un personnage posait de problème d'élaboration à Tolkien, plus vite il disparaissait. Cela pouvait laisser entendre que si Legolas et Gimli restaient jusqu'au bout dans la Compagnie, c'est qu'ils n'étaient apparus que tardivement dans l'élaboration des brouillons. Il faut nuancer cette idée, car leurs noms sont, bien au contraire, les premiers parmi les neuf à avoir été trouvés par Tolkien. En d'autres termes, des neuf membres de la Compagnie, ce sont les noms de Legolas et de Gimli qui apparaissent en premier dans les textes de Tolkien. Bien entendu, il ne s'agit que de leurs noms, pas des personnages eux-mêmes. 1/ Dans la "Chute de Gondolin" (in The Book of Lost Tales, II), Legolas Greenleaf, à la vue perçante, est un Elfe de Gondolin, de la Maison de l'Arbre, qui fait partie des exilés (Home II, 189, 191-192 ; LCP II, 239, 241-242). Christopher Tolkien précise dans son commentaire qu'il s'agit du premier nom de l'un des membres de la Compagnie à être mentionné (Home II, 214 ; LCP II, 269), puisque ce Conte est le premier à avoir été écrit. Legolas figure dans la Liste de noms accompagnant le conte, où l'on dit qu'il "vit encore sur Tol Eressëa et y est appelé Laiqalassë par les Eldar (...)" (Home II, 217 ; LCP II, 273). Ch. T. renvoie alors à l'entrée "Tári-Laisi" de l'Appendice sur les Noms dans les Contes Perdus (Home I, 267 ; LCP I, 354). 2/ Dans le "Conte de Tinúviel" (in The Book of Lost Tales, II), Gimli est le nom d'un Gnome très âgé, aveugle, retenu en esclave dans le palais de Tevildo, le seigneur des chats (Home II, 29 ; LCP II, 41-42). Christopher Tolkien l'évoque brièvement dans son commentaire en Home II, 55 et 214 (LCP II, 73 et 269). Il est piquant de constater que les deux premiers noms cités de la Compagnie de l'Anneau se distinguent par des caractéristiques sensorielles exceptionnelles. Legolas ("dont les yeux étaient comme ceux des chats dans l'obscurité, et pourtant ils pouvaient voir plus loin encore", Home II, 191-192 ; LCP II, 241) est doué d'une vue hors du commun, tandis que Gimli, au contraire, est aveugle mais possède "l'ouïe la plus fine qui ait été au monde" (Home II, 29 ; LCP II, 41). Sans surinterpréter cette coïncidence, on peut donc souligner que les noms des deux futurs compères s'associent dans l'excellence des sens. Par contre, si Gimli était aveugle, rien indique que Legolas fût dur de la (Verte-)feuille ;-) Enfin, plus sérieusement, pour reprendre la question de la dissolution de la Compagnie, celle-ci se produit lorsque Legolas et Gimli partent de leur côté. Leurs noms furent historiquement les premiers employés par Tolkien, et le départ de ces personnages marque la fin de l'histoire de la Compagnie en tant que telle.
II. Histoire sommaire de l'attribution du nom de Legolas : III. Histoire sommaire de l'attribution du nom de Galdor : |
|
Je ressuscite un débat mort et enterré depuis longtemps, mais c'est que j'allais justement poser la question. Et après avoir lu vos posts, je me suis demandé si Legolas et Gimli représentaient vraiment la fin de l'ancien monde, ou quelque chose de plus général. Je vais faire un effort de clarté mais si je n'y arrive pas, dites-le : En fait, pour moi, leur amitié était nécessaire au sein de la Compagnie parce qu'elle se rapporte au thème de la survivance (de la mort et de l'immortalité aussi, comme V. Ferré l'a développé dans son essai sur la Terre du Milieu, ceci est juste un petit prolongement) : on ne survit pas à travers soi-même, mais par l'ouverture ; en cela le thème de l'amitié est capital dans le livre, où de nombreux exemples montrent que la solitude recherchée, la satisfaction du moi au lieu de son effacement (le désir de pouvoir par exemple) aboutissent à la destruction. Le SdA est une anti-quête initiatique, car on ne devient un héros que par l'aliénation de soi-même. Legolas et Gimli sont justement les seuls à ne pas devenir des héros ; leur destin me semble cependant représenté de manière beaucoup plus positive que celui de Frodo, par exemple. Il est vrai qu'on peut rapporter cette vision à la chute des Elfes et à sa cause, mais l'amitié entre Legolas et Gimli éclaire à mon avis un point de vue plus général. A propos, petite parenthèse : effectivement, Melkor est seul. Mais il était au départ censé être le frère de Manwë, non ? Je n'ai pas réussi à trouver quelle importance avait cette parenté, si elle l'influençait surtout. Melkor ferait-il exception ? Et pourquoi, alors ? |