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Il était une fois - sosryko - 03/10/2004 [Édit (Yyr) 2021 : ce fuseau est l'un des nombreux rejetons de l'arbre initial de la traduction des poèmes] Je viens pour une découverte toute nouvelle pour moi : il y existe un autre poème sur Bombadil que les deux que nous connaissons tous (ATB et BB) !
Il s'agit de Once unpon a time, poème écrit pour un collectif, Winters' Tales for Children édité par Caroline Willier chez Macmillan (1965); lequel poème a été repris pour une publication américaine dans un second collectif, The Young Magicians, édité par Lin Carter, chez Ballantine Books (1969). Il n'est fait mention de ce troisième poème sur Tom (ET Baie d'Or) ni dans la biographie de Carpenter ni dans la biblio fournie dans Sur les Rivages... de Vincent. Pourtant, l'entrée 1965 existe bel et bien sur quelques biblio en ligne (celle de Åke Bertenstam par exemple). Et puis surtout, l'édition de Carpenter, si elle est épuisée (comme celle de 1965), peut encore se trouver d'occasion (sur amazon.co.uk par exemple). Serait-ce un gigantesque canular ? Je peux me tromper, mais je ne crois pas (Dans le cas contraire, il s’agirait d’une belle forgery, certains vers me semblant du pur Tolkien). Comme on trouve de tout sur la toile, voici le poème (avec quelques coquilles semble-t-il) tel que le donne la page du site de la Bromwell School consacré à Tom Bombadil (j’ai rajouté la numérotation des vers). Once Upon a Time
Once upon a day on the fields of May
Once upon a night in the cockshut light [15]
Once upon a moon on the brink of June Si je place ce poème (OUAT) texte à la suite de ce fuseau, c’est qu’il comporte au moins un écho textuel de BB (1) en plus des références à ATB (2), Bilbo ou bien le Seigneur des Anneaux (3).
(1) « the cockshut light » OUAT 15 = BB 120 ci-dessus OUAT 3-7 développe en effet une thématique récurrente du Légendaire, à savoir celle d’une contemplation et d’un dialogue permanent qui passent par la vue entre la Terre et les Cieux symbolisé par les étoiles du ciel (= yeux de la Nuit qui « parlent » aux hommes/Elfes) et les étoiles de la terre que sont les fleurs (= yeux du jour qui demande au ciel/Soleil la lumière et la vie). Le thème apparaît dès Bilbo au travers d’un énigme posée par Bilbo à Gollum : « This’ll puzzle the nasty little underground creature, » he thought:
Saw an eye in a green face. “That eye is like to this eye” Said the first eye, “But in low place, Not in high place.” « Ss, ss, ss, » said Gollum. He had been underground a long long time, and was forgetting this sort of thing. But just as Bilbo was beginning to hope that the wretch would not be able to answer, Gollum brought up memories of ages and ages and ages before, when he lived with his grandmother in a hole in a bank by a river, « Sss, sss, my preciouss, » he said. « Sun on the daisies it means, it does. » La même association (les fleurs dans l’herbe sont comme des yeux) est enrichie dans le SdA lorsque Gandalf, Argorn, Gimli et Legolas arrivant au Château d’Or découvrent le spectacle des simbelmynë ; Gandal utilise les même termes que Bilbo en parlant des « yeux brillant dans l’herbe » à propos de ces fleurs « blanches comme (…) neige » ; le narrateur de préciser que ces « petites fleurs » sont « comme des étoiles innombrables parmi le gazon » : {548}]At the foot of the walled hill the way ran under the shadow of many mounds, high and green. Upon their western sides the grass was white as with a drifted snow: small flowers sprang there like countless stars amid the turf. “Look!” said Gandalf. “How fair are the bright eyes in the grass! Evermind they are called, simbelmynë in this land of Men, for they blossom in all the seasons of the year, and grow where dead men rest. Behold! we are come to the great barrows where the sires of Théoden sleep.” SdA, III.6 [496 Comme il n’aura échappé à personne, l’évocation des « tertres » (barrows) de Théoden était le premier indice d’un lien entre ce passage du SdA et l’univers de Bombadil. Le poème Once upon a time vient renforcer ce lien en intégrant les simbelmynë du Château d’Or aux « étoiles de la Terre » près de l’étang de nénuphars de Baie d’Or.
Ce poème, pour d’autres raisons que je n’ai pas le temps de développer, est me semble essentiel pour les études bombadiliennes. Sa faible diffusion expliquant qu’il soit si peu mentionné lorsqu’on parle de Bombadil, il ne faut pas non plus trop espérer en disposer un jour. Aussi (et j’arrive à l’objet de ce message ainsi qu’à sa place en ce fuseau… ;-)) il serait bon de disposer d’une traduction. Sosryko Il était une fois - sosryko - 04/10/2004 grmfff... pas lín* mais lîn*. Il était une fois - Laegalad - 04/10/2004 Très intéressant, Sosryko... Hmm... Il est très beau, en plus :) Why not, en effet, je ne savais plus dans quoi me lancer, après Bombadil, et tant que j'ai encore l'esprit bombadilien en tête... Il y a encore du pain sur la planche, en fait, et j'envisage de retravailler les poèmes bombadiliens du SdA, même si certains sont tordus, niveau métrique (à rendre en français, pfiou :)). Il était une fois - Laegalad - 04/10/2004 Pour lintip, je ne sais pas encore, mais après un détour par le Webster (hyperdictionary.com), j'ai trouvé, pour lin (il faut remonter à 1913...) :
1. \Lin\ (l[i^]n), v. i. [AS. linnan. See {Lithe}.]
2. \Lin\, v. t.
3. \Lin\, n. [Ir. linn, or Gael. linne; akin to W. llyn a pool, pond, lake, but in senses 2 and 3 prob. from AS. hlynn torrent. Cf. {Dunlin}.] :) :) :) De l'eau, encore de l'eau... tip désigne une extrémité (tiptoes, par exemple : sur la pointe des pieds), il s'agit, je pense, d'une invention de Tolkien, qu'il faudrait traduire en remontant loin dans le français ou le patois (ô, les recherches étymologiques ! Moi qui adore trouver des noms d'Alfs, voilà de quoi corser délicieusement l'affaire :))... littéralement, peut-être "le bout de l'étang/chute d'eau/cascade", ce qui ne veut rien dire du tout, mais quoi de plus normal avec Tom :) Il était une fois - sosryko - 04/10/2004 Merci pour la confirmation, Laegalad! jubilatoire tout ça :-))) Il était une fois - ISENGAR - 04/10/2004 *ronronnement* Miam, miam... ce genre de petites choses donne une de ces inspirations pour les nombreuses petites affaires que j'ai eu la bêtise de laisser en sommeil... Au travail, mon gars ! Il était une fois - Silmo - 04/10/2004 Chouette, merci Soryko :-)) Il était une fois - vincent - 05/10/2004 bien joué sosryko ! je sens que tu vas faire des merveilles, à partir de ce poème. Vincent Il était une fois - Laegalad - 07/10/2004 Vincent : bien sûr, rimée :) Et en alexandrin, je garde la même structure que pour les deux précédents, vu qu'en anglais on a la même structure... Mais diable, il donne du fil à retordre, ce poème ! Je n'ai pas encore résolu la question des lintips, même si je creuse... "Gourbout", c'est pour l'instant le mieux que j'ai trouvé, mais au niveau des évocations sonores, ça n'est pas la même chose... "Lintip" est cristalin, "gourbout" plus bouillonnant... et je perd le rappel au sindarin... m'en vais piocher chez les Bretons, mais je crains que l'on n'ai pas de composés de "lin" en français. Il était une fois - Moraldandil - 09/10/2004 Ces lintips m'ont tout l'air d'être de la même espèce que les Mewlips... Ils me semble que pour le choix d'un nom, le son compterait au moins autant que le sens ici, non ? Ce que sont ces "lintips" me semble plus suggéré par le texte que le nom même. Il était une fois - Laegalad - 09/10/2004 Moraldandil a écrit :
Oui, bien sûr :) Mais le mieux est de rendre les deux, non ? Autant que possible, as usual... pas eu le temps de m'y pencher plus, je l'avoue, juste de compulser mon dico de patois savoyard (un gour est une sorte de trou d'eau, le TLF connait ce mot : Région. (cf. infra Étymol.). Partie creuse d'un cours d'eau, remplie d'eau même en période sèche. Il y a des espèces vivant uniquement à la surface des eaux calmes, d'autres sur les suintements à la surface de la roche, d'autres dans le fond des gours, d'autres dans les cours d'eau de caractère torrentiel (GÈZE, Spéléol. sc., 1965, p. 155). "Bon, Stéphanie, on y va ou pas à la bibliothèque ? ça fait une demi-heure que tu dis dans cinq minutes... " Off we go, off we go... Stéphanie - recherches brutalement interrompues... :) Il était une fois - Yyr - 19/10/2004 Sosryko a écrit :
Pour information, EJK le référence aussi dans Tolkien en France (Bibliographie Chronologique, entrée 96). Il était une fois - sosryko - 19/10/2004 Merci pour la vérification Yyr ;-) S. Il était une fois - Yyr - 20/10/2004 Sosryko a écrit :
Oh ! Chouette ! Tu peux confirmer ou corriger la version que tu as donnée plus haut, alors, tu peux, dis ? :) (en particulier le 9ème vers ?)
Oui :) :) :) Il était une fois - Laegalad - 20/10/2004 Heu, oui, tout comme Yyr, s'il t'était possible de confirmer ta correction - encore que je ne vois trop ce que cela pourrait être d'autre -... De même, je suppose que pour le vers 31, au lieu de "Tom stopped and listenes, and down he knelt:", c'est plutôt : "Tom stopped and listened, and down he knelt:". Stéphanie - en coup de vent Il était une fois - sosryko - 20/10/2004 Les corrections bien entendu sont : (v9) Goldberry was there in a lady-smock (v31)Tom stopped and listened, and down he knelt: (v41) or come in star-winks, I don't know " : S.
Il était une fois - sosryko - 20/10/2004 Et tant qu'à corriger, corrigeons jusqu'au bout ;-) Il était une fois - Laegalad - 19/11/2004 Voici la traduction promise. Je ne prétends pas que ce soit la version définitive, mais pour elle il faudra attendre au moins la Noël, n’ayant — hélas — plus le temps avant ces vacances ô combien languies, mais je ne voulais pas vous faire trop attendre :) Au reste, il se peut que vos remarques produisent un tilt pour les points qui me gênent encore. Et encore merci à Bertrand qui, tout aussi occupé que moi, à quand même pris la peine de me relire :)
Comme je l’avais dis, Tolkien utilise encore une fois un strong stress metre à rimes plates, ce qui me permet d’utiliser de nouveau un alexandrin non césuré, à rimes toutes aussi plates. Autre remarque : Tolkien joue encore sur Moon/He et la Sun/She… Enfin, joue… je pense que la féminisation du soleil et la masculinisation de la lune doit être normale pour un esprit saxon (voir l’allemand die Sönne, der Mund). Mais sincèrement, pour mon esprit français, c’est une aberration, une inversion totale des rêveries, et donc, puisque Bachelard est d’accord avec moi (comme souvent d’ailleurs... Ou plutôt l'inverse, je suis souvent d'accord avec lui :o)) et qu’il ne faut pas inverser les genres de rêveries, j’ai gardé la lune. Once Upon a Time Il était une fois Once upon a day on the fields of May Il était un jour sur les champs et prés de Mai, [15] Once upon a night in the cockshut light Il était une nuit, lueur de brune bise, Once upon a moon on the brink of June Il était une lune au tout début de Juin Il était une fois - ISENGAR - 19/11/2004 Comme d'habitude, Laegalad, c'est un délice. I. encore coincé au bureau... Il était une fois - sosryko - 19/11/2004 Magnifique Stéphanie. Sosryko, heureux et reconnaissant :-)) Il était une fois - vincent - 20/11/2004 sosryko a écrit :
fallait demander ;-) Il était une fois - ISENGAR - 20/11/2004 Sosryko : j'ai trouvé l'année de composition de the Cat... je ne sais pas non plus où j'avais ma tête et mes yeux... mais c'est bien dans mon Carpenter aussi... :o) Il était une fois - Laegalad - 20/11/2004 *merci* :) Sosryko a écrit :
Alors ce n'est pas fait exprès... mais le moyen de faire autrement, entendant toujours le chant des eaux et le susurement des feuilles ? :)
Long, oui... éprouvant, c'était surtout les cours pendant lesquels je faisais mes essais qui l'étaient... exaltant : ah ça, oui ! Mille fois oui ! En quoi ma rêverie rejoint parfois celle terrestre quand il s'agit de modeler un vers récalcitrant, le courbant doucement, le laissant s'imaginer qu'il pourra n'en faire qu'à sa tête, et puis, dès qu'il croit que j'en ai fini avec lui, que j'ai baissé les bras, saisir du coin de l’œil la forme qu'il devrait avoir pour la lui appliquer derechef, rattraper les mots qui s'envolent comme les feuilles ! Je me suis amusée comme une folle, à laisser de nouveau mes dictionnaires quitter leur étagère à porter de main pour envahir mon bureau une fois de plus :) Stéphanie - encore coincée au boulot... six fenêtres ouvertes par mon petit renard de feu, une seule consacrée au loisir... :( Mais je sais par laquelle je partirai ce soir, celle par laquelle on entend le Chant de Ceux-qui-sont-partis :) Il était une fois - Moraldandil - 20/11/2004 Sosryko a écrit :
Il y a des raisons auxquelles on se rend ;-) Je suis maintenant bien convaincu que tu avais raison, Stéphanie ; comme souvent en matière de langage, il faut laisser le temps à l'insolite de s'acclimater :-) Bertrand, qui pour sa part jongle entre les catalogues de bibliothèques en ligne (***** pour BNF-Opale, toujours surchargé !!!!) et JRRVF Il était une fois - Laegalad - 21/11/2004 Bertrand : ah, tu vois :) Il était une fois - Fangorn - 22/11/2004 Merci d’avoir donné ta voix à ce poème, Laegalad :-) Et juste pour le clin d’œil : (...) dans les heureux matins où je suis aidé par les poètes, j’aime à faire le petit ménage de mes mots familiers. J’administre équitablement les joies des deux genres. J’imagine que les mots ont de petits bonheurs quand on les associe d’un genre à l’autre. (...) Car les mots s’aiment. Ils ont été, comme tout ce qui vit, « créés homme et femme ». Bachelard, La poétique de la rêverie, p. 40-41 Il était une fois - Laegalad - 26/06/2008 * ronronron * Merci, Sosryko :) Et comme on parle de Tom Bombadil, cela ne saurait se faire sans crème jaune et rayons de miel ;) Il était une fois - sosryko - 26/06/2008 Up jubilaire + 30 minutes ! :-))
Comment ne pas remonter ce fuseau dans lequel Laegalad nous gratifiait d'une de ses plus belles traductions à mon goût ? A compléter avec l’article auquel il avait donné lieu et accueilli sur JRRVF, désormais en ligne dans le Bois du Chancours. Il était une fois - Yyr - 09/02/2021 Pas d'autres raisons à cette remontée de fuseau que celles :
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