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Droit de réponse à Szpako - Pierre de Lune - 31/12/2003 Même si ce droit de réponse ne m'est pas nomément désigné, je pense qu'il appelle lui aussi des réponses :-) >>>"Je reconnais au christianisme 2 vertus dont je ne partage pas la compréhension : cest lhumilité et la résignation par rapport à la nature de lhomme(ça va ensemble et tolère lesclavage !!) " Juste une question, dans tolérance, est-ce ici le sens authentique du mot, au sens d'endurer qui est employé, ou alors le sens moderne qui est plus proche de la complaisance et de l'estime ? >>>>"Des hommes qui veulent vivre debout ne peuvent les partager . De servitude, oui en quelque sorte... mais tout dépend de si on considère que Sam est en état de servitude ou de service, vis à vis de son maître. Un serviteur n'est pas un serf ou un esclave ;-). Quant à un devoir de servitude, je ne comprends pas trop à quoi il fait référence ? L'humilité "vertu qui nous donne le sentiment de notre faiblesse, de notre insuffisance" (Littré) et la racine latine est d'après mon Gaffiot, la même que l'humus, dont l'humble est celui qui est peu élevé, proche du sol. Mais il faut, pour voir dans la posture humble un source de grandeur, se représenter la rupture morale profonde qu'est le Christ. Lui qui se dit roi, et qui refuse de prendre les armes. Aujourd'hui cela nous semble banal... mais dans le contexte de la Judée romaine, et de ce monde, le fait que le fils de Dieu soit un homme qui vive parmi les humbles, ça fait sacrément tache... et ça rompt justement avec une vision du monde où l'humble est soumis. Jésus ne se laisse pas dominer, il accepte l'autorité de Pilate (il empêche Pierre de tirer le glaive contre ceux qui viennent l'arrêter) mais jamais il ne revient sur sa parole, ou ne se dédit. Bref, l'humilité n'est pas dénuée de courage, ni de détermination. >>>>"Je préfère un Sam qui allie amour et admiration à un Sam qui associe Amour et servitude ! Cest encore une des raisons pour lesquelles à défaut de Gollum, jaurais poussé Sam à se jeter dans les flammes avec Frodon vaincu. Cest cela pour moi le don de soi jusque dans la mort !" C'est une vision. Mais pour moi, elle ne colle pas avec Sam, car il est humble et donc rejette l'orgueil. Or se jeter dans les flammes avec son maître, c'est prendre la posture de celui qui se substitue au destin. Sam l'affirme plusieurs fois : l'anneau ce n'est pas son affaire, il ne veut pas le prendre, puis il ne peut le porter, lui peut au mieux porter Frodo qui porte l'anneau.
Droit de réponse à Szpako - Pierre de Lune - 31/12/2003 Post croisé avec Melilot, faut dire que entre trois recherches de définitions et deux lectures sur l'esclavage, j'ai dû dépasser l'heure pour le rédiger ^^ Droit de réponse à Szpako - Mj du Gondor - 31/12/2003 Ma première réaction fut conciliante empreinte dune passivité qui métonne et que je ne peux expliquer que par leffet « assommant » de tant dagressivité ! Débat anodin semble-t-il puisque supputations gratuites autour dune fiction ! Sam digne représentant des héros nordiques à limage de Beorhtwold : C'est l'héroïsme de l'obéissance et de l'amour, et non celui de l'orgueil et de la volonté, qui est le plus héroïque ..." (Le retour de Beorhtnoth fils de Beorthelm in Faërie).C'est cet aspect du mythe nordique du courage que Tolkien a cherché "à sanctifier" dans le SdA,car révélateur de certaines vérités chrétiennes (tout mythe, dans l'optique de Tolkien, exprime un fragment de vérité dont la totalité s'incarne dans le vrai mythe, celui du Christ (Faërie) Je veux bien, nous sommes loin des compagnons dUlysse qui nhésitaient pas à remettre en cause lautorité du chef quand celui-ci deraisonnait mais pourtant les exemples de loyauté jusquà la mort ne manquent pas dans lantiquité, de Patrocle /Achille, aux guerriers de Leonidas aux Thermopylles. A Rome il était dusage je crois pour les armées, de suivre leur général jusquau bout et si par bonheur il était vainqueur cest le titre dempereur que ses fidèles lui offrait ! A ce point du débat que je juge serein, je me permets démettre moi aussi une hypothèse pour une autre fin du SDA ; une fin qui pour moi « colle » assez bien à lesprit des mythes nordiques avec un Sam loyal jusquà assurer dans une mort commune laccès de Frodon au Wahlalla ! Et ta réponse Szpako ne manque pas de me surprendre au plus haut degré : Pourquoi encore , quand cette fusion des mythes est évidente, vouloir accaparer ce quil y a de meilleur et prétendre au role dinventeur. Tout cela pour en arriver à cette sublime démonstration de tolérance : Dans ton extrème indulgence Melilot tu estimes devoir rendre à César ce qui appartient à César et la paternité de la phrase à son auteur pour en excuser son emprunteur. Pour ma part jestime que la reprise dune expression à fin de citation gagne dans le niveau dintention ! Yyr : Jai espéré un moment quEärendil répondrait à mon appel et quune amicale rectification serait plus constructive que ma propre défense (non par lacheté mais par compassion !) mais je nai lu que des reproches sur la revendication dathéisme . Ciel ! je ne le revendique pas , il est connu et je ne peux le nier. jai donc aussi perdu mes capacités de lecture !! Pierre de lune :Je suis tout à fait daccord avec ton premier paragraphe ; ma démarche est identique à la tienne hors le fait que je ne suis (plus)catholique. Retour à Szpako :Tu estimes que sinteresser dans ce fuseau à la mythologie et à la théologie nest pas une héresie ; pas plus que je ne pense pour ma part que cest une hérésie de tenter une approche non religieuse dans la mesure où elle est avancée comme point de vue divergent de celui de lauteur et conscient de lêtre. Sur ces bonnes paroles et en mexcusant de vous avoir imposé ce pensum, en usant dun droit de réponse, je vous souhaite à tous de très joyeuses fêtes en espérant que lannée 2004 souvrira sur dautres perspectives que ces interminables justifications de nos convictions. Droit de réponse à Szpako - Mj du Gondor - 31/12/2003 Désolée de te contredire Melilot ! j'ai probablement l'échine un peu raide ! Mais je ne vois pas (et j'ai bien cherché!) ce qui dans mon message, pouvait me valoir cette nouvelle manifestation d'agacement de Szpako ! Droit de réponse à Szpako - Mj du Gondor - 31/12/2003 Post croisé Pierre de Lune !Désolée! D'accord et pas d'accord mais certaines obligations incontournables m'empêchent d'argumenter dans l'immédiat! Droit de réponse à Szpako - Melilot - 01/01/2004 Mais enfin MJ, personnellement, je n'ai pas vu d'agressivité chez Szpako! Ni envers toi ni envers moi. D'accord, la citation en question, citée hors contexte, parait assez révoltante. Cathy s'st expliquée sur ce contexte, et ces mots reprennent leur place. D'accord, vous avez chacune vos convictions personnelles, toi athée, Cathy - du moins je le suppose à lire ses interventions - chrétienne. Et où est le problème? Je n'ai pas perçu qu'elle interdisait expressément à un athée d'avoir sa vision personnelle du Seigneur des Anneaux. Elle ne fait qu'exposer - textes à l'appui -ce que peut être une (une des possibles) lecture chrétienne de l'oeuvre. C'est son droit de le faire, et nulle part elle ne nie le tien (ou bien ai-je loupé quelque chose? Ou mal capté une allusion?). Mais encore une fois, si rien ne nous oblige à partager ses convictions personnelles, rien en nous permet non plus de l'empècher d'exposer ses arguments, d'autant moins si certains de ceux-ci sont basés sur les écrits même de l'auteur. Quant à ces éternelles discutailleries sur le thème "Moi je suis X et pense en X et non en Y" - vs - "Y'en a marre de ces gens qui se revendiquent comme X ou Y!". Franchement! c'est cela que je trouve enfantin. Chacun a ses convictions et ca me semble évident qu'il lui est quasi impossible d'en faire abstraction à chaque intervention sur ce forum, particulièrement lorsqu'il s'agit de sujets touchant à la religion ou à la politique. C Droit de réponse à Szpako - Mj du Gondor - 02/01/2004 Pierre de Lune : Ensuite, on peut considérer que l'Eglise a été tolérante avec l'esclavage, au fort du mot. Ne pouvant l'accepter moralement (il a été plusieurs fois condamné), elle l'a accepté dans les faits, soit sous une forme atténuée (servage en europe) soit sous une forme directe (traite des esclaves, même si dès le XVIe siècle, les condamnations de l'esclavage aux amériques arrivent.) La relation est ambigue comme je le dis, parce que l'esclavage fut (et hélas est toujours dans certaines parties du monde) une composante du monde économique. Insupportable à nos yeux, mais elle ne le fut pas toujours. Pour l'Affranchi de Rome, avoir des esclaves est le signe d'une promotion sociale. Des civilisations brillantes se sont constuites sur l'esclavagisme, parce qu'il permettait d'importer artificiellement des travailleurs dans des contrées vides d'hommes (cf Braudel, grammaire des civilisations) Droit de réponse à Szpako - jean - 02/01/2004 MJ>Je reconnais au christianisme 2 vertus dont je ne partage pas la compréhension : cest lhumilité et la résignation par rapport à la nature de lhomme(ça va ensemble et tolère lesclavage !!) Je suis surpris par cette affirmation. A mon sens le christianisme na jamais prôné la résignation ou la servilité. Bien au contraire le christianisme insiste perpétuellement sur la LIBERTE de lhomme. Contrairement à un Oedipe qui ne peut échapper à un destin prononcé des avant sa naissance et sera condamné malgré tous ses efforts, la doctrine chrétienne nous enseigne que lhomme est doué dun libre arbitre et est toujours maître de son sort. Le grand Saint Augustin a bien parlé parfois de prédestination mais il na pas été suivi par lEglise sur ce point et plus tard les jansénistes ont été condamné sur ce même point. Voilà pour le plan théologique, sur le plan historique ou sociologique, il a déjà été répondu sur lesclavage et je ny reviens pas, je voudrait insister sur linsistance de lEglise à mettre en avant le statut du martyr qui nhésite pas à se dresser seul au prix de sa vie face à l appareil du pouvoir en place. Cette tradition sest transmise au cours des siècles et je pense que ce nest pas un hasard si les dictatures de tous poils du XX° siècle ont persécuté les chrétiens et cherché à éradiquer le religieux dans leurs « empires ». Pour moi, le christianisme est donc une religion qui a introduit la liberté face au destin et enseigné que la conscience individuelle devait lemporter face à la raison dEtat (même si elle na pas le monopole sur ce point cf Antigone) Cordialement
Droit de réponse à Szpako - Melilot - 02/01/2004 jean : "...l'insistance de l'Eglise à mettre en avant le statut du martyr qui n'hésite pas à se dresser seul au prix de sa vie face à l'appareil du pouvoir en place." Comme Giordano Bruno, par exemple? :-D Non! C'est pour rire! Je n'ai pas envie de participer à cette polémique qui est vaine à mes yeux! Mais continuez : j'apprends ;-) Droit de réponse à Szpako - Szpako - 02/01/2004 Tu vas encore te fâcher mais ton post frise le délire paranoïaque (l’effet « assommant » de tant d’agressivité ! l’origine de ma fessée et de l’injonction à sortir du cours, ? une leçon de catéchisme pour premier communiant ? Comment peux-tu accepter sans frémir qu'on déclare que si tu penses juste c'est parce que tu penses comme un chrétien ! etc.), relis-toi … tu déformes sytématiquement mes propos (une vraie prise de tête ;-)), et le pire, c’est Tolkien en fait que tu vises derrière moi ! Car rien, mais strictement rien dans mes propos ne permet de dire quelles sont mes convictions ou croyances personnelles, c’est bien mal me lire et de toute façon, contrairement à toi, je n’en vois strictement pas l’intérêt. Je ne prête aucuneintention voulue de la part de Tolkien, simplement il a écrit un écrit théorique sur sa conception du conte de fées dans lequel il affirme l’Art Primaire du mythe du Christ « qui embrasse toute l’essence des contes de fées », écrit fondamental pour comprendre le SdA (pourtant j’avais l’impression que tu l’avais lu, d’après certains propos tenus dans d’autres fuseaux,). Irène Fernandez conclue son livre « Et si on parlait du SdA » par ces mots : « Dans le cas du SdA, la perspective chrétienne est essentielle, qu’on y adhère ou non, et on ne peut l’ignorer qu’au prix d’un grave appauvrissement de la lecture ». Elle insiste en considérant le catholicisme de Tolkien comme le principe d’une inspiration , et en fait pas si bien caché que cela, quoiqu’en dise Tolkien dans ses lettres. Si on avait pris un peu plus au serieux ce livre, cela aurait pu éviter sa récupération par l’extrême-droite ou des groupes ésotériques. Ce n’est pourtant pas difficile à comprendre ? Cette position est donc la mienne, qqsoit mes croyances (taoïstes, shintoïstes ou d’inspiration chamanique, on s’en balance) mais je n’ai jamais déclaré que si tu penses juste c'est parce que tu penses comme un chrétien ! C’est du délire. Maintenant que cette Vérité Chrétienne ne soit pas ta tasse de thé, je le répète c’est ton problème, tu es libre de penser ce que tu veux (là tu m’as mal comprise);-)), ‘notre’ problème , ici , est de prendre au sérieux et d’interpréter, dans le respect des convictions de Tolkien, son œuvre, sinon on tombe dans les dérives de la surinterprétation, comme de voir un Sam alliant amour et admiration à Frodo …de là on n’est plus bien loin des rapports homosexuels comme certains ont pu interpréter leurs relations, ….de la futilité à la bêtise la marge est étroite . Tu as pourtant lu les admirables posts de Sosryko, argumentés de manière irréprochable ? Mj : Admirable cette foi et cette confiance que je ne voudrais surtout pas assimiler à la moindre preuve de servilité! (Pas plus que je ne peux la limiter à une vérité chrétienne ;-))… Je préfère un Sam qui allie amour et admiration à un Sam qui associe Amour et servitude ! Moi : que cette vérité ne corresponde pas à la tienne, MJ, c’est ton problème, pas le notre en ce qui concerne la compréhension de l’œuvre de Tolkien Toi : pas plus que je ne pense pour ma part que c’est une hérésie de tenter une approche non religieuse dans la mesure où elle est avancée comme point de vue divergent de celui de l’auteur et conscient de l’être. Là il me semble réside le nœud du problème.Mais pourquoi les dénigrer ces valeurs chrétiennes (j’avais pourtant bien précisé les notions fondamentales du Feu Secret et d’Estel) et médiévales (j’avais pourtant pris soin de distinguer les notions de serviteur et d’esclave) chères à Tolkien, les assimiler directement à tes préjugés ? Tu renvoies tout à ton égo, à ta conception du monde (ta conception de l’humilité en est bien la preuve)… sans faire l’effort d’approfondir celle de Tolkien, et c’est ce genre d’attitude qui mène à des interprétations abusives et à des non-sens.
Les termes sont musclés à cause du contexte historique (le christianisme, de religion persécutée et tolérée par les païens est devenue officielle depuis peu, mais toujours critiquée par les philosophes païens de l’époque) , mais le sens « mythique » est devenu une tradition, ce qui est païen (/différent) n’est pas fondamentalement mauvais ; si saint Augustin dénonce l’utilisation anachronique et abusive des dogmes chrétiens par des philosophes païens désignés comme « possesseurs injustes » de la vérité, il ne faut pas en faire une affaire personnelle ; simplement découvrant « par hasard » des vérités non encore révélées, ces philosophes n’en saisissent ni les tenants ni les aboutissants, ils doivent donc être dépossédés de l’innovation qu’ils revendiquent. Cette citation illustre simplement une vision prométhéenne de l’acquisition des savoirs par l’homme avec cette équivoque : qu’est l’homme sinon un usurpateur ? (saint Augustin était nourri de culture latine, je le répète, comme Tolkien d’augustinisme de par son éducation). Cette affectation de croire que les doctrines des grands philosophes concordent sur des points essentiels avec l’enseignement de l’Ecriture montre bien l’attrait qu’exerce cette philosophie intellectuellement sur les Pères de l’Eglise ; ainsi la doctrine des idées de Platon ou celle de l’incarnation de l’âme de Plotin sont jugées compatibles avec l’enseignement de l’Evangile de saint Jean. >>>> Je reconnais au christianisme 2 vertus dont je ne partage pas la compréhension : c’est l’’humilité et la résignation par rapport à la nature de l’homme(ça va ensemble et tolère l’esclavage !!) (Il y a une petite influence de Nietzsche ici , j’y reviendrai)
>>>> Tu admets pour Sam un brin d’orgueil et de possessivité ; amusant ! quand l’amour n’en est-il pas imprégné ? Je serai naïve dans mes propos ? Bon, alors un petit mot sur ces ‘valeurs universelles’ que tu prises tant. C’est une notion typiquement occidentale. L’universalité de valeurs, d’idées, de sentiments ou de principes, ne peut être d’abord que postulée et fut d’abord requise pour la cohérence de doctrines philosophiques. Ainsi, d’abord chez Platon, la référence à un monde d’Idées, essences éternelles dont participent les choses sensibles particulières, imparfaites et passagères, fonde la possibilité même de la connaissance vraie. Au passage la composante âme des hommes bien nés était « plus » divine alors que celle des artisans et des esclaves en étaient « naturellement dépourvus. La notion de ‘valeurs universelles’ est aussi liée à celle d’Humanisme, en tant que Philosophie morale , conception de l’existence selon laquelle l’homme doit s’affirmer et se construire indépendamment de toute référence ou de tout modèle religieux. Historiquement l’humanisme est un mouvement intellectuel et littéraire apparu dès le XIV s en Italie, luttant contre le contrôle que l’Eglise exerce sur l’activité intellectuelle, développant l’esprit critique, réhabilitant les œuvres du paganisme antique, affranchissant la philosophie de la tutelle de la théologie. Les humanistes, Erasme, Rabelais ou encore Montaigne, défendent la valeur et la dignité de l’homme et sa place éminente au sein de l’univers. Les humanistes sont des chrétiens, et comme les réformateurs protestants, voulent centrer toute la vie religieuse sur la prédication et la lecture de la Bible , la Renaissance se veut ressourcement (retour aux sources) et cette volonté se manifeste notamment dans le domaine de la foi, purifier l’Ecriture des traductions fautives et intégrer au christianisme l’amour de la vie et de la beauté qui avait marqué la culture antique. Plus généralement l’humanisme pose que l’homme est la valeur suprême, cad un être dont la dignité doit être affirmée et protégée contre toutes les formes d’assujettissement, qu’il soit religieux, idéologique, politique ou économique. En ce sens, l’humanisme a été revendiqué par des philosophies très diverses , comme l’humanisme chrétien du début XX s ( par ex CS Lewis, TS Eliot, Chesterton, Ch. Dawson, auteurs que Tolkien admirait) ou l’existentialisme athée de Sartre. Chez Nietzsche (1844-1900), et ses successeurs « existentialistes » athées (Sartre, Camus, Malraux), la dignité de l’homme est affirmée concurremment avec la « mort de Dieu », avec le refus d’une destinée préparée d’avance (dans une perspective chrétienne, croire à la destinée de l’homme, c’est au contraire le situer dans un ensemble, où l’aventure humaine reçoit une signification, où l’homme n’est plus abandonné, ce qui implique une théologie ou tout au moins une philosophie de l’histoire (comme chez les marxistes) qui n’est peut-être qu’une forme dissimulée de théologie). L’athéisme contemporain « cherche dans la négation de Dieu une affirmation totale de l’homme » (E. Borne, Dieu n’est pas mort). c’est l’’humilité et la résignation par rapport à la nature de l’homme(ça va ensemble et tolère l’esclavage !!)
Avec Nietzsche des valeurs comme le bien et le mal sont strictement relatives aux intérêts de ceux qui ont pu imposer leurs choix comme universels. Ainsi cette affirmation des vérités pures et éternelles, est due au fait que les chrétiens sont les esclaves, les vaincus de la vie et ils ont inventé l’au-delà pour compenser leur misère. Ils ont imaginé de fausses valeurs pour se consoler de ne pouvoir participer aux valeurs authentiques, aux valeurs des maîtres et des forts. Il ont forgé le mythe du salut de l’âme parce qu’ils n’ont pas la santé du corps. Ils ont inventé un autre monde pour pouvoir calomnier celui-ci et le salir. Ils ont forgé la fiction du péché parce qu’ils ne pouvaient participer aux joies terrestres de la pleine satisfaction des instincts. Cette critique de l’attitude religieuse s’appelle la critique psychosociologique, inaugurée par Feuerbach (1804-1872)et Marx (1818-1883) ; ce dernier précise les thèmes de Feuerbach : les valeurs humaines sont bafouées sur la terre par l’exploitation de l’homme par l’homme ; on les projette alors dans le ciel sous forme de mythes religieux, la religion étant le célèbre « opium du peuple ».Les exploiteurs promettaient dans le ciel des biens dont ils privent les exploités sur la terre (Le Capital est d’ailleurs un livre admirable). Que penser du psychologisme, Mj, toi qui en use aussi avec tant de facilité ? Tu t’attaques aux soubassements biologiques (par ton vouloir vivre debout de l'homme non-chrétien), psychologiques (par ta nature de l’homme) et sociaux (oppression) du système chrétien, mais cela ne résoud en rien le problème de Dieu. Et la portée de cette méthode est assez limitée …découvrir à la source des valeurs chrétiennes d’humilité et de résignation des motifs biologiques, psychologiques et sociaux rappellent d’autres dérives … De plus l’existentialisme de Sartre nous montrent que les « valeurs inventées » de l’homme totalement responsable sont en fait les valeurs traditionnelles de l’humanisme : idéal de justice, construction d’une société où tous les hommes seraient plus heureux. Valeurs Universelles ? Il serait plus sage de parler d’éthique (qui renvoie au ‘contexte’ d’une communauté et est donc plus proche du comportement de la subjectivité vivante des individus) et renoncer à l’universel, par humilité ? ? Tu poursuis en évoquant le système totalitaire de la chrétienté médiévale où le bien = unité et le mal = la diversité . Car tu mélanges tout dans la religion qui comporte 2 aspects et encore une fois tu ne fais pas la part des choses : Dico philosophique de Lalande, entrée Religion : A. Institution sociale caractérisée par l’existence d’une communauté d’individus, unis : 1. Par l’accomplissement de certains rites réguliers et par l’adoption de certaines formules ; 2. Par la croyance en une valeur absolue, croyance que cette communauté a pour objet de maintenir ; 3. Par la mise en rapport de l’individu avec une puissance spirituelle supérieure à l’homme, puissance conçue soit comme diffuse, soit comme multiple, soit comme unique.
PS agressive, naïve, intolérante…hé ben j’aurais eu ma dose d’insultes ;-(( Je trouve cela très désagréable (et encore c’est un euphémisme ;-).
Droit de réponse à Szpako - Pierre de Lune - 02/01/2004 Chère Mj, Puis-je t'inviter à essayer de différencier plus tes paragraphes, ainsi que les citations/réponses, car mes yeux souffrent à te lire (et n'y voit nul rapport au contenu ;-) >>>"Exemple biblique ; Il ne sagit ni de léglise ni du christianisme ? En deux temps, je te réponds sur ce point : Mais je trouve intéressant sur les points des valeurs propres au christianisme, et tout particulièrement au rapport entre Eglise et esclavage, de te renvoyer à ce post qui se trouve dans la section "Tolkien et littérature". L' égalité entre les hommes est loin d'être partagée par toutes les religions. L' indouisme pratiquée de nos jours par des centaines de milliers de fidèles professe un système de caste avec des " intouchables " Ces exemples montrent, à mon avis, que l'on ne peux pas invoquer une sorte de loi universelle présente dans le coeur de tous les hommes. Les travaux pratiqués par les ethnologues ont d'ailleurs démontré qu'il n'existait aucune valeur universelle partagée par toutes les civilisations, à l'exception de la prohibition de l'inceste. Je pense donc qu'il faut admettre que chaque religion et chaque civilisation a ses valeurs propres qui ne sont pas interchangeables les unes avec les autres (ce qui ne signifie pas forcément que certaines sont supérieures aux autres d'ailleurs)" Et dont l'intérgralité se trouve ici (ceci est un essai de balise, en cas d'échec, ça va être laid, et je vous prie de m'en excuser par avance... Enfin, sur le côté réappropriation par les puissants, il me semble relever d'une approche très matérialiste de l'histoire, pour ne pas dire marxiste. Pour la suite de ton post, j'avoue ne pas avoir pu digérer la substantifique moelle de tous tes propos, pour cause de fatigue occulaire. J'y reviendrai si j'en ai le loisir. Je retiens juste que tu développes, fort longuement sur ce que tu entends par humilité, et que tu argumentes à partir de ton filtre personnel d'analyse du monde que ce j'appelle humilité n'en est pas, puis que tu sépares modestie et humilité, caractérisant celle-ci d'avilissement ou d'abaissement de l'homme. Je dirai d'une part que te réapproprié l'humilité est une chose. Mais que faire partager ta vision de l'humilité aux chrétiens, pour la leur repprocher, est un procédé intellectuel assez étrange... D'autre part, sur l'humilité en tant qu'abaissement, je dirai que tout est question de point de vue. Si on postule que l'homme est centre de toutes choses, voire qu'il est le surhomme nietzchéen, forcément, l'humilité n'est qu'un moyen d'avilissement et un vecteur de domination. A titre personnel, je me rapproche plus de la première vision, à la fois terrible pour nous, mais aussi porteuse de tant de choses à faire (faudrait d'ailleurs p'tet que je m'y mette au lieu de forumiser ;-)). J'ai le souvenir d'un prêche qui disait "Soyez les ouvriers du royaume de Dieu". A mon sens, c'est partir de bas, avec tout ce que l'homme comporte de terrible, comme sa capacité à réduire son prochain en esclavage, à tuer son prochain, etc... ou de mesquin. Mais ne pas limiter l'homme à cela, à voir aussi ce qu'il a de formidable, et d'oeuvrer à développer la part du formidable contre celle de la bête. La foi est quelque chose qui se vit, et autour de moi, je constate que l'Eglise est aujourd'hui bien plus discrète dans les discours et le message, mais que sur le terrain, les Catholiques sont bien présents (hélas, je ne parle pas pour moi). A titre non personnel, il me semble que l'attitude de Sam est plus proche de la première que de la seconde, à moins qu'on ne considère que jardinier exploité, ce soit le surhomme qui se réveille en lui lorsqu'il se met à accomplir ses actes admirables. Mais là, la conclusion aurait sans doute été celle que tu préconises : il se jette dans le brasier avec son maître et son l'anneau, car surhomme il renvendique la quête pour lui, jardinier, il laisse ceux qui y entendent quelque chose régler cela pour lui. Il ne peut être qu'un porteur indirect, il le rappelle bien à deux reprises : lorsque porteur de l'anneau, il plonge dans la citadelle pleine d'orcs, car Frodo passe avant l'anneau, puis quand il porte son maître avec l'anneau faute de pouvoir l'anneau sans son maître. Mais je m'emporte loin du sujet et je me mets à parler de la foi, ce qui s'observe, s'éprouve, mais dont on ne convainc pas les autres. Dernier petit commentaire : Attention à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Cette association appartient au passé d'une part, et d'autre part, elle ne fut ni générale, ni absolue. Si tu veux voir des rapports de domination entre les classes à tous les stades de l'histoire, c'est un fait. Mais n'oublions pas que l'homme médiéval n'a pas lu le Capital. Droit de réponse à Szpako - Caledfwlch - 03/01/2004 > Comme Giordano Bruno, par exemple? :-D Pour sûr, la Sainte Eglise lui a fait passer l'envie de frire. Jean, il faut faire très attention avec les leçons de prosélytisme à la veille d'un weekend. Il suffit d'un vendredi soir un peu trop arrosé et on se retrouve le lendemain à devoir justifier des propos démagos auxquels on ne croyait pas vraiment. Droit de réponse à Szpako - Yyr - 03/01/2004 MJ : Yyr : J’ai espéré un moment qu’Eärendil répondrait à mon appel et qu’une amicale rectification serait plus constructive que ma propre défense (non par lacheté mais par compassion !) mais je n’ai lu que des reproches sur la revendication d’athéisme . Je suis bien sûr navré du ton sur lequel tu as reçu mon intervention, chère MJ, et j'ai eu bien tort d'asséner gratuitement un "revendiquer son athéisme" :| Pour l'explication, cf. ma réponse à Melilot sur le fuseau en cause.
Non :) L'aurait-elle affirmé qu'inévitablement mon sang faërique n'eût fait qu'un tour, ne manquant de le relever, et de dire tout le bien que je pense de l'approche intentionaliste en Faërie :) Ce qui n'exclut pas un certain travail externaliste - dans lequel elle se plaît à exceller souvent ; ainsi de certains outils d'aide à la lecture, certes non indispensables pour se laisser enchanter, mais qui le deviennent pour comprendre certaines dimensions prêtées au conte. Dans ce cadre s'inscrivait son propos me semble-t-il.
j’ai donc aussi perdu mes capacités de lecture !! Je ne pense pas :) Je pense plutôt que tu as perdu ton calme, mais j'en suis chagriné si j'en suis moi-même en partie responsable : Il est vrai que je n'ai pu m'empêcher, juste avant un départ en vacances, d'écrire à la hâte mon sentiment ... grr ... 1) ne jamais poster sans avoir bien réfléchi, mais aussi 2) ne jamais poster avant un départ en vacances ... Ce qui a été dit, ici et ailleurs non loin, je crois, n'est-ce pas plutôt quelque chose du style : dans le cas d'une lecture chrétienne, celle-ci ne peut faire l'économie de certaines connaissances, de certains concepts, etc ... d'où l'utilité des explications de Cathy, au sujet des vertus ... Il ne s'agissait aucunement de donner un cours de cathéchisme, ni de débattre sur le degré de spécifité chrétienne desdites vertus, mais de donner des éléments pour débattre de la problématique en cours.
Droit de réponse à Szpako - Melilot - 03/01/2004 Hey! Yyr! C'est pas loyal!!! ;-P Droit de réponse à Szpako - Yyr - 03/01/2004
Droit de réponse à Szpako - Moraldandil - 04/01/2004 Bravo pour avoir ainsi mis les choses au clair, Jérôme. On ne pourrait mieux dire. Espérons que par là se dénouera cette embrouille regrettable. Merci. Bertrand. Droit de réponse à Szpako - Mj du Gondor - 05/01/2004 Beaucoup de retard ! .ou beaucoup dhésitations !! Continuer sur ce fuseau me paraît peu raisonnable ! Dommage et frustrant, tant de sujets intéressants ! mais je pense que loccasion se présentera dy revenir dans un esprit plus serein. Ps pour le sujet Narration dans lAinulindalë, il me faudra un peu de temps et je ne garantis pas labsence de contre-sens ! Pps : jai beaucoup apprécié les précisions de Cynewulf sur les valeurs universelles qui tendent à prouver quil est possible de sentendre avec un peu de bonne volonté :-)) ainsi que la réaction de Jean sur lhumilité dont le ton de la réponse (je névoque pas le fond ) laisse à penser que mon filtre dinterprétation nest pas exceptionnel. Sans oublier mes remerciements à Yyr et Moraldandil pour leurs efforts ou leurs vux en faveur dun apaisement !! Et pour le reste, hé bien auto-censure, au moins temporaire ;-)) Droit de réponse à Szpako - Silmo - 05/01/2004 Retour de vacances, je découvre ce fuseau.....:-((( bien triste à lire au départ!!! Et puis j'en arrive au post de Jérôme qui dit mieux que je ne saurais l'exprimer toute la tempérance qui, dès le départ, aurait dût précéder, ou accompagner, cette discussion. Merci, Jérôme, pour ce message de sérénité. Je comprends, MJ, le brin d'irritation que tu as manifestée... Il fut un temps où j'en fis de même..., et pourtant je suis reconnaissant à pas mal de personnes ici de m'avoir convaincu qu'entendre la lecture chrétienne du SdA n'entamerait en rien mon vieil agnosticisme mais l'enrichissait d'idées, de dimensions, que je n'avais pas envisagées à mes premières lectures de Tolkien. Ceci dit, je comprends que tu sois (j'imagine) particulièrement énérvée de lire des *trucs* (pour ne pas être impoli) comme la citation que Cathy fait d'Irène Fernandez au sujet de la conclusion de son livre : « Dans le cas du SdA, la perspective chrétienne est essentielle, quon y adhère ou non, et on ne peut lignorer quau prix dun grave appauvrissement de la lecture». Qu'importe le sujet,... je déteste le "on ne peut" et le "quau prix dun grave appauvrissement". Aucun discours ne me plait sous de telles sentences. La *gravité* de l'appauvrissement est une chose bien relative... Silmo Droit de réponse à Szpako - Silmo - 06/01/2004 Très chère Cathy (heureuse résidente de ma bien aimée région atlantique :-))), Je ne doute pas que tu m'as bien lu quand j'ai écrit: "je suis reconnaissant à pas mal de personnes ici de m'avoir convaincu qu'entendre la lecture chrétienne du SdA n'entamerait en rien mon vieil agnosticisme mais l'enrichissait d'idées, de dimensions, que je n'avais pas envisagées à mes premières lectures de Tolkien." Je persiste et signe :-)) I. Fernandez fait partie de ces personnes. Toi aussi... et Sosryko, et Yyr, etc...etc... Dans ce que je critiquais plus haut, ce n'était pas l'ouvrage de Mme Fernandez mais la forme sentencieuse du "on ne peut que" Pour le reste, je n'aime pas plus que toi les gourous panthéistes, new age et Cie. Et si j'apprécie (verbe qui correspond bien à mon état d'esprit), si j'apprécie donc sincèrement les enseignements que quelques-uns ici savent donner de leur lecture chrétienne du SdA, je suis reconnaissant aux mêmes (toi comprise) de ne pas être des gourous prosélytes. Amitiés océannes François Droit de réponse à Szpako - Szpako - 06/01/2004 Silmo >>>> Ceci dit, je comprends que tu sois (j'imagine) particulièrement énérvée de lire des *trucs* (pour ne pas être impoli) comme la citation que Cathy fait d'Irène Fernandez au sujet de la conclusion de son livre : « Dans le cas du SdA, la perspective chrétienne est essentielle, quon y adhère ou non, et on ne peut lignorer quau prix dun grave appauvrissement de la lecture». Qu'importe le sujet,... je déteste le "on ne peut" et le "quau prix dun grave appauvrissement". Aucun discours ne me plait sous de telles sentences. La *gravité* de l'appauvrissement est une chose bien relative... Silmo, tu as les Racines du Légendaire? As-tu lu l'article d'Irène Fernandez? Selon son analyse, si *l'inspiration* chrétienne du SdA n'avait pas été occultée dès sa sortie, si sa mythologie avait été mieux interprétée (prise au sérieux et non comme un sous genre de la littérature car de la fantasy, alors que Tolkien traite la fantasy/le conte eucatastrophique d'écho de l'Evangile et ça dès la fin des années 30), il ne serait pas devenu *le gourou* ;-) de certains mouvements panthéistes et gnostiques de la New Age. Moi, plus haut j'ajoute récupération par des groupes d'extrêmes-droites ... et que dire des interprétations d'Isabelle S. Ou de la façon qu'interprète Maintenant Irène Fernandez précise bien les multiples autres lectures de l'ouvrage dans son premier livre. Moi-même, il me semble j'ai proposé d'autres lectures (fuseau psyco-critique par ex )du SdA. Simplement l'inspiration chrétienne évite les surinterprétations, ou mieux la gravité de l'appauvrissement :o) Je comprends les choses ainsi ;-)Avant de critiquer I. Fernandez, peut-être faut-il d'abord lire ses ouvrages ;-)(n'est-ce pas d'ailleurs ce qu'on reproche aux détracteurs de Tolkien ;-)) Cathy Que les étoiles filantes de 2004 t'apporte aussi plein de bonnes choses Silmo ;-)
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