Critique II - Smaug le Magnifique - 30/01/2002
Sur le site films.qc.ca j'ai trouvé une brève critique sur le film Fotr. La voici: Premier épisode d'une trilogie qui n'est en fait qu'un seul et même film puisque l'aventure demeure inachevée à la fin de chacun des deux premiers films pour se poursuivre dans le suivant, La Communauté de l'Anneau raconte la quête d'un hobbit nommé Frodon Sacquet qui se voit investit d'une mission. Il doit porter l'Anneau de Puissance, forgé par Sauron de Mordor, et le détruire en le jetant dans le feu qui couve dans les crevasses de la montagne Oradruin. Pour ce faire, il doit d'abord se rendre à Fondcombe, demeure d'Elrond, puis partir avec une communauté composée de membres des principaux peuples de la Terre du Milieu, les hommes, les nains, les elfes, les mages et les hobbits, accomplir sa mission en Mordor au péril de sa vie. Nos commentaires : Peter Jackson et son équipe relève avec brio le défi de mettre en images une des aventures romanesques les plus extraordinaires du vingtième siècle. Les images époustouflantes et la reconstitution grandiose d'univers féeriques et magiques correspondent parfaitement à l'imagerie des millions d'adeptes du Seigneur des Anneaux à travers le monde. Les trolls sont plus horribles, l'oeil de Sauron plus envoûtant, les Cavaliers Noirs plus glacials que dans mes rêves les plus fous. Une Terre du Milieu que l'on croyait impossible à reconstituer, d'autres cinéastes se sont cassés les dents sur Le Seigneur des Anneaux dans les années 70, prend vie là sous nos yeux, et ce, pour notre plus grand bonheur. Peter Jackson est demeuré assez fidèle au récit de J.R.R. Tolkien, malgré quelques entorses au livre qui agacent quelque peu. Ainsi, la disparition de Tom Bombadil et de la merveilleuse Baie D'Or, fille de la Rivière, attristera sans aucun doute nombre d'adeptes du Seigneur des Anneaux. Mais le changement le plus important concerne Arwen, interprétée par Liv Tyler, qui aide Frodon à traverser le Gué de Fondcombe. Modification quasi-sacrilège pour donner plus d'ampleur au personnage d'Arwen. Peter Jackson pousse l'audace jusqu'à mettre dans la bouche d'Arwen des paroles prononcées par Frodon lui-même lors de sa traversée du Gué, lui attribuant même un exploit de Gandalf le Gris. Mais tout ça est vite pardonné devant une oeuvre si magistralement bien réussie. Chronomètre, le film dure tout de même près de trois heures, et considérations artistiques obligent, Peter Jackson et les scénaristes, Fran Walsh et Philippa Boyens, furent forcés de minimiser certaines des relations entre les personnages ou d'écourter certains événements. Ainsi, la fête d'anniversaire et le sac de Cul-de-Sac par la famille de Frodon a été écourtée, limitant notre compréhension des liens unissants Samsagace, Pippin Touque et Merry Brandebouc à Frodon. Cela est également vrai pour le conseil d'Elrond où, dans le livre, se débattent les véritables enjeux touchant la Terre du Milieu, l'animosité entre certaines races ou personnages. Tout cela permettait, dans le livre, de mieux comprendre la naissance de la communauté de l'Anneau. Mais encore une fois, tout cela est vite oublié devant le travail colossal de reconstitution d'une oeuvre romanesque si complexe. De toutes façons, le néophyte de l'oeuvre de Tolkien, tout comme l'adepte le plus fanatique, s'y retrouve très facilement. C'est ce qui fait de ce premier opus du Seigneur des Anneaux, une oeuvre réussie. Malgré la complexité de l'histoire, Peter Jackson ne perd aucun spectateur et réussit une synthèse qui tient fort bien la route. Il se paie même le luxe d'expliciter la relation entre Arwen et Aragorn, ce qui faisait l'objet d'un appendice au volume et constitue donc un ajout à l'histoire. Tout contribue à faire de ce film un succès hors du commun. Du choix des acteurs, qui ont tous le physique de leur personnage et distribués dans des rôles qui leur vont comme un gant, à l'utilisation judicieuse des effets spéciaux, toujours utilisés à juste dose, en passant par le parfait équilibre entre le drame et l'humour. Malheureusement, l'équipe des effets spéciaux a eu quelques petits moments de faiblesse. À quelques reprises, l'effet spécial saute aux yeux pourrait-on dire. Mais en général, ils sont absolument magnifiques. Il faut voir le feu d'artifices de Gandalf le gris lors de la fête de Bilbon, magnifique festival d'éclairs de lumière qui fera plaisir aux jeunes comme aux moins jeunes, et les créations cybernétiques de la mine de la Moria et du personnage de Gollum/Sméagol pour s'en convaincre. Bref, des effets techniques époustouflants de créativité et d'inventivité. Une oeuvre magistrale où action et émotion coexistent merveilleusement bien et où les technologies numériques côtoient efficacement le travail d'acteurs merveilleux et d'artisans habiles, pour le plus grand bonheur des spectateurs. Jamais bataille entre le bien et le mal n'aura été si merveilleuse à regarder sur grand écran. Courez vite au cinéma pour voir ce premier chef-d'oeuvre du vingt et unième siècle.
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