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		<title><![CDATA[JRRVF - Tolkien en Version Française - Forum / Lectures et confinement]]></title>
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		<description><![CDATA[Les sujets les plus récents dans Lectures et confinement.]]></description>
		<lastBuildDate>Fri, 15 May 2020 07:43:24 +0000</lastBuildDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
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			<description><![CDATA[<p>Oh, je découvre ton message Alkar, et comme Isengar, je suis content d'apprendre dans la foulée ton rétablissement.<br />S.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Fri, 15 May 2020 07:43:24 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88721#p88721</link>
			<description><![CDATA[<p>Bonjour Alkar, content de savoir que tu es en forme et que tu as pu garder ton souffle <img src="https://www.jrrvf.com/fluxbb/plugins/ezbbc/style/smilies/smile.png" alt="smile" /></p><p>I.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (ISENGAR)]]></author>
			<pubDate>Fri, 15 May 2020 06:55:17 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88721#p88721</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88714#p88714</link>
			<description><![CDATA[<p>J'ai passé tout le confinement le nez dans un nombre tel de livres qu'il serait difficile d'en rendre compte ici. Disons simplement, pour résumer que cela tournait essentiellement autour de la littérature norroise, en particulier pour les dernières pages de mon second mémoire de maîtrise qu'il me reste à rédiger, mais aussi pour la constitution de mon projet de thèse, et d'une candidature à l'obtention d'un contrat doctoral, sans compter un certain nombre d'autres lectures, en littérature française, pour quelques travaux à rendre ici ou là. J'espère pouvoir souffler un peu en fin de semaine, car ces derniers temps furent prenant - j'ai attrapé ledit virus, mais heureusement avec des symptômes plutôt légers -, et c'était sans compter sur la reprise cette semaine de mon petit <i>job </i>d'étudiant, dont le contrat s'achève heureusement à la fin du mois.</p><p>Bien à vous chers amis,</p><p>A.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Alkar)]]></author>
			<pubDate>Thu, 14 May 2020 18:50:43 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88714#p88714</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88699#p88699</link>
			<description><![CDATA[<p>Ah j'avais oublié ce passage pour Notre-Dame :-D Excellent !</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Silmo)]]></author>
			<pubDate>Tue, 12 May 2020 09:27:56 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88699#p88699</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88698#p88698</link>
			<description><![CDATA[<p>Or donc, depuis hier matin, nous sommes passé d'une étape à une autre... Est-ce le début de la fin ou la fin du début ? Ma foi, nous verrons bien... </p><p>Avant l'achèvement officiel du confinement général en France, la semaine dernière a été l'occasion pour moi de quelques relectures supplémentaires, en sus de celles déjà signalées dans mon message précédent : Lord Dunsany, Paul Lafargue, Jorge Luis Borges, François Rabelais, Jules Verne, et le recueil des <i>Errances en Faërie</i> (éditions Skiophoros, 2006) que je n'avais pas rouvert depuis longtemps...</p><p>J'ai relu en particulier avec beaucoup de plaisir <i>Vingt Mille Lieues sous les mers</i>, un de mes livres de chevet depuis l'âge de 10 ans, et qui est sans doute le meilleur roman de Jules Verne. C'est d'ailleurs une histoire qui a pris pour moi un relief un peu particulier à l'occasion du confinement : quand on est enfermé avec une bibliothèque (la mienne en l'occurrence), tout en ayant la possibilité de sortir un peu notamment pour observer les nombreux oiseaux des environs (et même un hérisson à l'occasion), on n'est certes pas captif comme dans un sous-marin, mais cependant pas moins conscient d'une privation de liberté que les hôtes du <i>Nautilus</i>, malgré l'intérêt permanent qu'offre la lecture, l'écriture, le dessin et l'observation de la nature, en sus des activités relevant du quotidien domestique le plus prosaïque. </p><p><img src="http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/725/1589273614_vingt_mille_lieues_sous_les_mers_verne_riou_partie1_chap11.jpg" width="369" /><img src="http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/725/1589273680_vingt_mille_lieues_sous_les_mers_verne_de-neuville_partie2_chap1.jpg" width="359" /></p><div class="quotebox"><cite>Le mois dernier, votre serviteur a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>De mes fenêtres, chaque jour (et même une partie de la nuit), j'entends le concert des oiseaux, si présents en ville en ce printemps confiné, dans les arbres et les jardins, sur les pelouses, les balcons, les toits et les lignes électriques, dans les murs et les corniches des bâtiments, et sur les eaux du canal non loin duquel j'habite... Ils ont aussi été l'occasion, en parallèle d'observations personnelles, d'une relecture à caractère ornithologique dont je reviendrai peut-être parler ici, le sujet ayant également sa place en ces lieux, à lire notamment une partie du partage poétique de Sosryko.</p></div></blockquote></div><p>Il est à présent un peu tard pour parler ici de cette relecture à caractère ornithologique et de ces observations que j'avais précédemment évoquées, mais on ne peut pas parler de tout... Toutefois, le sujet mériterait bien d'être abordé à une autre occasion, tant il dépasse de toute façon un contexte de confinement, même si celui-ci a été favorable à son appréhension. Je reviendrai donc peut-être là-dessus plus tard et ailleurs.</p><p>Le dernier jour du confinement, dimanche 10 mai, qui marquait le dixième anniversaire de la mort de Frank Frazetta, aura aussi été l'occasion de parcourir quelques artbooks consacrés à l'œuvre de ce grand illustrateur, dessinateur et peintre, œuvre dont j'aurai peut-être aussi l'occasion de reparler ailleurs dans quelques temps.<br /><div align=center>*</div></p><p>Mais pour finir, revenons donc à nouveau à cette période qui, pour certains, rappelle la nôtre en raison des crises multiples qui les caractérisent toutes deux (crises du rapport au réel, crise religieuse, crise économique, crise éducative, crise politique) : je veux parler de la période de la Renaissance et en particulier du XVIe siècle français, avec ses grands auteurs.</p><div class="quotebox"><cite>Silmo a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Merci à Hyarion de nous encourager à relire Montaigne (et un peu de Rabelais ne ferait pas de mal).</p></div></blockquote></div><p>Montaigne nous réunit, cher Silmo, et c'est aussi le cas de Rabelais, que j'ai donc également relu un peu la semaine dernière, en français moderne et accompagné des magnifiques illustrations de Gustave Doré. Voici, offert au plaisir du partage, ce passage drôlatique du <i>Gargantua</i> qui m'était déjà revenu en mémoire l'année dernière, à l'occasion d'un autre évènement important, quoique d'une autre nature que celle d'une pandémie :</p><div class="citation"><p> Quelques jours après qu'ils furent rafraîchis, Gargantua visita la ville et fut vu de tout le monde en grande admiration, car le peuple de Paris est si sot, si badaud, si inepte de nature, qu'un bateleur, un porteur de rogatons, un mulet avec ses cymbales, un vielleur au milieu d'un carrefour, assembleront plus de gens que ne le fera un bon prédicateur évangélique.<br /> On le poursuivit avec tant d'importunité qu'il fut contraint de se reposer sur les tours de l'église Notre-Dame, du haut desquelles, voyant tant de peuple autour de soi, il s'écria d'une voix claire:<br /> « Je crois que ces maroufles veulent que je leur paye ici ma bienvenue et ma gratification. Ils ont raison. Je vais leur donner le vin, mais ce ne sera que par ris. »<br /> Lors, en soubriant, destacha sa belle braguette, et, tirant sa mentule en l'air, les compissa si aigrement qu'il en noya deux cent soixante mille quatre cens dix et huit, sans les femmes et les petits enfants.<br /> Quelques-uns, grâce à l'agilité de leurs pieds, purent éviter ce pissefort. Et lorsque suant, toussant, crachant, hors d'haleine, ils arrivèrent au plus haut de l'Université, ils se mirent à renier et à jurer: « Les blagues de Dieu! — Je renie Dieu! — Frandienne vez du ben! — La merdé! — Pro cab de bious! — Das dich Gots leyden schend! — Pote de Christo! — Ventre sant Quenet! — Vertus guoy! — Par saint Fiacre de Brie! saint Treignant! — Je fais vœu à saint Thibaut, pâque-Dieu! — Le bon jour Dieu! — Le diable m'emporte! — Foi de gentilhomme! — Par saint Andouille! — Par saint Guodegrin qui fut martyrisé de pommes cuites! — Par saint Foutin l'apôtre! — Par saint Vit! — Par sainte Mamye! — Nous sommes baignés par ris! » C'est ainsi que la ville fut nommée Paris. (Auparavant, comme le dit Strabon, on l'appelait Leucece, c'est-à-dire, en grec, <i>blanchette</i>, pour les blanches cuisses des dames de ce lieu.) À cette nouvelle appellation de leur ville, les assistants jurèrent par tous les saints de leur paroisse. Car le peuple de Paris, composé de toutes sortes de gens, est, par nature, bon jureur, bon juriste et quelque peu téméraire, ainsi que l'estime Joaninus de Barranco, qui dit que Parrhesien en grec, signifie fier en parler. </p></div><div class="citation source"><p>Rabelais, <i>Gargantua — Pantagruel — les cinq Livres</i>, version intégrale en français moderne, illustrations de Gustave Doré, Paris, SACELP, 1980, Tome I, Livre 1 (Gargantua), Chapitre 17 « Comment Gargantua paya sa bienvenue aux Parisiens et comment il prit les grosses tours de Notre-Dame », p. 62-64.</p></div><p>Lors de l'incendie de Notre-Dame de Paris, en avril de l'année dernière, une fois le premier moment d'émotion passée, je m'étais rappelé de ce passage du Premier Livre, notamment alors que Donald J. « FakeNews » Trump n'avait rien trouvé de mieux à faire que de suggérer, via Twitter comme d'habitude, l'utilisation d'avions bombardiers d'eau pour éteindre les flammes. Ce jour-là, on aurait bien eu besoin de nôtre géant Gargantua pour éteindre l'incendie, comme il a arrosé la foule harceleuse parisienne : au prix d'un flux ajusté, un peu de « French Touch » rabelaisienne, eut été ici de bon aloi, la nécessité, comme on le sait, faisant, du reste, loi.</p><p><img src="http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/725/1589273737_gargantua_notre-dame_paris_rabelais_gustave_dore_livre-1_chapitre-17.jpg" width="469" /><br /><small>«Je crois que ces maroufles veulent que je leur paye ici ma bienvenue et ma gratification. Ils ont raison. Je vais leur donner le vin...» <br />Planche hors texte pour illustrer les <i>Œuvres</i> de François Rabelais illustrées par Gustave Doré (Paris, Garnier, 1873), Livre I [Gargantua], chapitre XVII.</small><br /><div align=center>*</div></p><p>Bon déconfinement à toutes et tous, en sachant toujours rire de nous-mêmes, et en n'oubliant pas que prudence est mère de sureté.</p><p>B.</p><p><small><small>[EDIT: correction de fautes]</small></small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Tue, 12 May 2020 09:09:02 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88687#p88687</link>
			<description><![CDATA[<p>Superbes images et superbe relais Silmo & Isengar ! :)</p><p><small>Oui, le déconfinement est là. Le bruit de fond, constant, même de nuit, est de retour. Le silence, avec sa plénitude, s'est de nouveau exilé.<br />Avec en prime des risques liberticides, en effet.<br />— Seule consolation : j'ai bousillé mon téléphone portable.</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Mon, 11 May 2020 21:47:28 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88676#p88676</link>
			<description><![CDATA[<p>Cher tous, je vous souhaite un bon déconfinement, et à ceux qui reprennent aujourd'hui, des masques pour tout le monde, du liquide hydroalcoolique à foison, des lingettes, des sprays, de la distanciation physique...<br />Et puis du bon sens et de la prudence, surtout.</p><p>Portez-vous bien !</p><p><a href='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/757/1589180868_deconf.jpeg'><img src='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/757/1589180868_deconf.jpeg' width='25%' alt='1589180868_deconf.jpeg'/></a></p><p>I. <img src="https://www.jrrvf.com/fluxbb/plugins/ezbbc/style/smilies/smile.png" alt="smile" /></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (ISENGAR)]]></author>
			<pubDate>Mon, 11 May 2020 07:08:22 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88676#p88676</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88665#p88665</link>
			<description><![CDATA[<p>Ah merci Stéphanie d'avoir posté cette image et nous attendons tous impatiemment l'arrivée des Aigles, au dernier moment.<br />Ils son actuellement occupés dans les hôpitaux mais ce sont toujours eux qui sauvent à la fin.<br />Merci à Hyarion de nous encourager à relire Montaigne (et un peu de Rabelais ne ferait pas de mal).<br />De mon côté, j'en profite pour retourner aux classiques à commencer par Hugo 'Les Châtiments" et "Les Misérables" car je crains aujourd'hui pour le grignotage des libertés et Hugo me permet toujours d'espérer et lutter.<br />Je me dis aussi que nous nous focalisons sur notre confinement quand tant d'autres sont plus en danger, en guerre, comme en Afrique ou en Syrie et relisant Hugo, je me dit que son "<a href="https://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/Poemes/victor_hugo/souvenir_de_la_nuit_du_4" rel="nofollow">Souvenir de la nuit du 4</a>" reste d'actualité et me fera toujours pleurer. Un des plus beaux vers de la poésie française "Il avait dans sa poche une toupie en buis.".<br />Et puis, plus léger, pour se détendre, "L'Expiation" avec ces vers inoubliables : "soudain joyeux il dit Volfgangamadéus'! C'était Astérix".<br /><a href='https://soutien.profexpress.com/wp-content/uploads/2016/11/Victor-Hugo-Ast%C3%A9rix.jpg'><img src='https://soutien.profexpress.com/wp-content/uploads/2016/11/Victor-Hugo-Ast%C3%A9rix.jpg' width='25%' alt='Victor-Hugo-Ast%C3%A9rix.jpg'/></a></p><p>ps : j'ai rajouté un lien vers ce tragique poème d'Hugo qui aurait écrit la même chose aujourd'hui en remplaçant Napoléon par Bachar.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Silmo)]]></author>
			<pubDate>Sat, 09 May 2020 11:38:44 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88665#p88665</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88622#p88622</link>
			<description><![CDATA[<p>Le fuseau me paraît approprié pour annoncer une petite mise à jour - très littéraire - de la <a href="https://www.jrrvf.com/actualites/" rel="nofollow">page d'actualité</a>, avec des nouvelles sympa du Prix Imaginales (en actualité), et des nouvelles de John Garth (dans les news)</p><p>I.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (ISENGAR)]]></author>
			<pubDate>Sat, 02 May 2020 17:04:05 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88622#p88622</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88620#p88620</link>
			<description><![CDATA[<p>Warfff ! Excellent :)</p><p>C'est tellement calme depuis quelques jours que je me suis retrouvé seul et inoccupé devant mon ordi pendant certaines gardes. <br />Du coup, je les ai passées à <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=7522" rel="nofollow">raccommoder certains fuseaux</a> qui devraient, à toi Lægalad et à quelques autres vieux complices, <i>« remind [you] of ... »</i> ;).</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Sat, 02 May 2020 15:59:59 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88620#p88620</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88616#p88616</link>
			<description><![CDATA[<p><small>Aucun avancement en lecture, je n'arrive pas à trouver le temps de me plonger dans les livres... mais toujours pour ne pas ouvrir un fuseau rien que pour ça, une image qui m'a fait rire :</p><p><a href='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/848/1588420076_received_693490214752165.jpeg'><img src='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/848/1588420076_received_693490214752165.jpeg' height='500'/></a></p><p>J'attend toujours l'arrivée des Aigles moi, on a un grand balcon, ils peuvent se poser tranquilles !</p><p>Yyr, contente que vous échappiez au gros de la vague ! </small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Laegalad)]]></author>
			<pubDate>Sat, 02 May 2020 11:52:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88616#p88616</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88577#p88577</link>
			<description><![CDATA[<p>De nombreuses lectures de mon côté, ces six dernières semaines... </p><p>Je compte évidemment à part J. R. R. Tolkien et Robert E. Howard, puisque ces deux-là relèvent depuis longtemps, pour moi, plus ou moins de la <i>lecture continue</i>, avec ou sans confinement. Du reste, ils sont aujourd'hui, en littérature, un peu l'équivalent pour moi de Paul Verhoeven au cinéma : le degré de familiarité avec l'œuvre est devenu tel, me concernant, qu'il y aurait, pour le travail de chaque auteur, trop de choses à dire à chaque fois, même en tant que simple lecteur ou spectateur. </p><p>S'agissant de Verhoeven, il est <i>de facto</i>, chose rare, présent par ses films en intégralité dans ma vidéothèque, car je connais tous ses longs métrages et les apprécie beaucoup quasiment tous — même si son premier long métrage (<i>Business is business</i>, 1971), consacré à la prostitution aux Pays-Bas au début des années 1970, peut apparaître comme un simple coup d'essai de jeunesse, si j'ose dire, en comparaison de tout ce qu'il a filmé par la suite : s'il devait travailler à nouveau sur ce sujet aujourd'hui, le résultat serait sans doute différent, quoique toujours du Verhoeven ; quant à son dernier film hollywoodien, consacré au thème de l'homme invisible mais dont je tairais le nom, il l'a quelque peu renié (faute de liberté artistique à l'époque, en l'an 2000) et je ne lui donne pas tort, même si le résultat reste formellement correct. Bref, mis à part ces deux légers bémols dans sa filmographie (personne n'est parfait), j'adore son cinéma, notamment pour son sens profond de l'<i>ironie</i>, cette ironie qui est sans doute un art aujourd'hui perdu comme Verhoeven l'a souvent dit lui-même. <i>Katie Tippel</i> (<i>Keetje Tippel</i>, 1974), <i>Soldier of Orange</i> (<i>Soldaat van Oranje</i>, 1977), <i>Le Quatrième Homme</i> (<i>De vierde man</i>, 1983), <i>La Chair et le Sang</i> (<i>Flesh + Blood</i>, 1985), <i>Total Recall</i> (1990), <i>Basic Instinct</i> (1992), <i>Starship Troopers</i> (1997), <i>Black Book</i> (<i>Zwartboek</i>, 2006), <i>Elle</i> (2016), pour ne citer là que ceux que j'aime le plus : vraiment, j'aurai trop de choses à dire sur les films de ce grand cinéaste, tous intéressants et souvent excellents, Verhoeven sachant selon moi mettre en scène comme personne les grands sujets, essentiels, qui lui sont chers : la violence, le sexe et la religion. <br />Du reste, vu l'état actuel de l'industrie cinématographique, et le peu de goût que j'ai pour la majorité des films de cinéma sortis en salles depuis une douzaine d'années, il est encore un réconfort pour moi de savoir qu'un cinéaste comme Verhoeven, malgré son âge, n'a pas encore pris sa retraite : il vient ainsi de terminer un film sur la vie de la religieuse catholique italienne Benedetta Carlini (1591-1661), film que j'attends avec grand intérêt, et qui ne plaira certainement pas aux associations catholiques intégristes — le film devait sortir en salles cette année, et je ne peux qu'espérer, vu les circonstances actuelles (il était censé être présenté à Cannes), qu'il soit effectivement bientôt visible, d'une manière ou d'une autre. <br />Le cinéaste parlant volontiers de son travail, il existe plusieurs ouvrages consacrés à Verhoeven, particulièrement en français, la dernière partie de sa carrière (qui se poursuit actuellement en France, après les Pays-Bas des origines, puis Hollywood, puis à nouveau les Pays-Bas) ne s'intégrant toutefois, par la force des choses, que progressivement et récemment dans l'appréciation de son œuvre. L'un des meilleurs ouvrages en question, voire peut-être le meilleur jusqu'ici (même s'il mériterait, comme les autres, une petite mise à jour aujourd'hui) est, à mes yeux, sans doute celui de l'historien de l'art Nathan Réra, que je relis toujours de temps en temps : <i>Au Jardin des délices. Entretiens avec Paul Verhoeven</i> (Rouge Profond, 2010).</p><p><img src="http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/725/1587954215_au_jardin_des_delices_verhoeven_rera_9782915083408.jpg" width="369" /></p><br /><p>Et puisqu'il est donc censé être ici question de livres, il se trouve que, parmi mes relectures actuelles, figure un ouvrage très documenté de Paul Verhoeven lui-même, paru en néerlandais en 2008 et en français en 2015 : <i>Jésus de Nazareth</i> (<i>Jezus van Nazaret</i>), né d'un projet de film de fiction sur ce que Jésus a réellement dit et fait dans le contexte de son époque, sujet que le cinéaste a finalement préféré traiter par écrit et de façon documentaire à partir de ses recherches personnelles. Paul Verhoeven est quelqu'un qui, tout en étant profondément athée, est passionné par la figure de Jésus de Nazareth, dans sa dimension historique, au point de l'avoir longuement étudié de près au sein du <i><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Jesus_Seminar" rel="nofollow">Jesus Seminar</a></i>, en s'efforçant d'éviter les écueils de la théologie. En faisant ainsi abstraction des certitudes religieuses, à relire son livre encore aujourd'hui, ce que Verhoeven y dit du message à retenir de Jésus, et de son importance au regard de l'histoire, me parait fort juste, que l'on soit athée ou simplement agnostique, voire même croyant sans être obsédé par les dogmes de l'Église (ou des Églises), Jésus de Nazareth pouvant être aussi bien Fils de Dieu, pour les chrétiens, que prophète pour les musulmans ou agitateur pour les juifs. </p><p><img src="http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/725/1587950636_verhoeven_jezus_van_nazaret_9789029085021_jesus_de_nazareth_9782919176915.jpg" width="669" /></p><br /><p>Ne citer, à cette aune, que des passages de ce livre passionnant est forcément très réducteur par rapport à l'ensemble du long travail de recherche de l'auteur. Tout au plus cela pourra-t-il donner une idée du point de vue général de Verhoeven, point de vue qui, en tout cas, ne relève pas plus de la fiction que celui des théologiens qui n'ont pas manqué de le critiquer :</p><p class="espacement"></p><div class="citation"><p>Je vois en Jésus un homme. Je ne le considère pas comme le « fils de Dieu », mais plutôt comme un Jésus mythologique, né de notre aspiration à reconnaître en autrui l'image de Dieu. [...]<br />Dans cet ouvrage, j'ai essayé de jeter le regard le plus « pur » possible sur la vie de Jésus, de cerner le Jésus sans artifices. Je le regarde avec un intérêt qui s'apparente à une forme d'amour. Mais sur quoi cet amour débouche, je l'ignore : un sabotage du christianisme ? Mes conclusions suggèrent-elles qu'en Occident, nous vivons depuis deux mille ans déjà dans un gigantesque mensonge, ainsi que plus d'un philosophe l'a d'ailleurs affirmé au cours des derniers siècles ? Les Évangiles, avec leurs déformations, nous ont-ils bernés à propos de Jésus et de la personne qu'il était réellement ? Ou ce livre nous aide-t-il justement à reconstruire les fondations du christianisme, comme le pasteur Klaas Hendrikse, par exemple, a tenté de le faire dans son « manifeste » <i>Geloven in een God die niet bestaat</i> [Croire en un Dieu qui n'existe pas] ?</p></div><div class="citation source"><p>Paul Verhoeven, <i>Jésus de Nazareth</i> (<i>Jezus van Nazaret</i>, 2008), Avant-propos de Rob Van Scheers, traduction du néerlandais d'Anne-Laure Vignaux, Paris, <a href="https://www.auxforgesdevulcain.fr/collections/hors-collection/jesus-de-nazareth/">Éditions Aux forges de Vulcain</a>, 2015, p. 15-23.</p></div><p class="espacement"></p><div class="citation"><p>Jésus est mort. Son esprit a été détruit, tout comme ceux d'Einstein et de Mozart. Jamais aucune résurrection physique ne s'est produite. Cela me ramène au début de ce livre : que reste-t-il alors du christianisme ? Paul a-t-il raison quand il dit : « Et si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi »(*) ?<br />Je ne pense pas. Je crois que nous devons regarder les choses autrement. Nous devons retourner à la vision du Royaume de Dieu propre à Jésus, telle qu'il l'a formulée dans le Sermon sur la montagne. L'utopie humaine qui y est proposée ne sera toutefois pas réalisée par Dieu comme acte autonome, ainsi que Jésus le pensait. Ce Royaume-là ne viendra pas. L'image de l'homme que Jésus imagine ne peut devenir réalité qu'à partir de l'homme lui-même : faire preuve de noblesse envers ceux qui n'ont pas reçu la chance de subvenir à leurs propres besoins, dépasser rancunes et rancoeur, accueillir à bras ouverts ceux qui reconnaissent avoir commis un méfait, traiter l'ennemi comme un égal lorsqu'il est à terre. Bref, avoir conscience que tout homme, sans exception, est aussi vivant que nous le sommes et a tout autant le droit de vivre. Même si l'amour de ses ennemis est quasi impossible à mettre en pratique (sauf peut-être dans <i>quelques millions d'années</i>... ?), le principe qui veut que l'on montre de la compréhension pour le point de vue de l'ennemi et que l'on parte du principe qu'il a autant de raisons pour le défendre que nous en avons pour défendre le nôtre pourrait permettre d'éviter bien des antagonismes.</p><p><small>(*) I Corinthiens, XV, 14. (NdA)</small></p></div><div class="citation source"><p>Paul Verhoeven, <i>Jésus de Nazareth</i> (<i>Jezus van Nazaret</i>, 2008), <i>op. cit.</i>, p. 257-258.</p></div><p>Oui, selon moi, dans le sillage de Paul Verhoeven, et sans pour autant être « déloyal » comme pouvait le craindre Karl Jaspers, le message essentiel à retenir de Jésus de Nazareth est sans doute au moins celui-là : à défaut de pouvoir aimer ses ennemis, on doit pouvoir se montrer capable, même si c'est difficile, de respecter et d'essayer de comprendre celui ou celle qui ne pense pas comme nous au point, parfois, d'être devenu l'ennemi. Ce message me parait simplement à méditer, en songeant entre autres à l'évocation conjointe de « Ceux qui ont donné la mesure de l'humain » — Socrate, Bouddha, Confucius, Jésus — que propose Jaspers, et dont j'ai déjà parlé dans un autre <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=7488" rel="nofollow">fuseau</a>. </p><p>Signalons d'ailleurs, au passage, que l'éditeur judicieux de ce livre de Verhoeven dans notre langue (Aux forges de Vulcain) se trouve être aussi celui qui a eu l'autre très bonne idée de publier en français les <i>romances</i> de William Morris. Coquilles mises à part, la traduction française proposée du texte de Verhoeven reprend fidèlement la version originale en néerlandais, ce qui n'est apparemment pas le cas, par contre, de la traduction en anglais, pour ce que j'ai pu en voir en ligne.</p><p class="separation"></p><p>À part cela, j'ai relu (je relis) quelques textes d'un certain nombre d'auteurs de fiction et de poésie : Arthur Machen, William H. Hodgson (sorte de « chaînon manquant » entre Jules Verne et H. P. Lovecraft), Paul Valéry, Pierre Louÿs, José-Maria de Heredia, Leconte de Lisle, Baudelaire, Nerval, Prosper Mérimée, Théophile Gautier, <i>Les Mille et Une Nuits</i>, Jean de La Fontaine, Louise Labé, L'Arétin, L'Arioste (avec Yves Bonnefoy, préfacier du <i>Roland furieux</i>), Geoffrey Chaucer, Boccace (le début de son <i>Décaméron</i>, au moins par certains aspects, ne manque pas d'actualité), Ovide, Virgile... Je ne relis pas des volumes entiers, mais je puise simplement dans ma bibliothèque, un jour après l'autre, de quoi me nourrir en esprit, tout en ne négligeant pas le plaisir... ni le travail d'écriture et de dessin en parallèle (sans parler de la cuisine).</p><br /><p><img src="http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/725/1587950658_paolo_veronese_-_allegorie_de_l_amour_dit_le_respect_-_vers_1575_-_londres_national_gallery.jpg" width="669" /><br /><small>Paolo Calliari, dit Véronèse (1528-1588).<br /><i>Allégorie de l'Amour</i>, dit <i>le Respect</i>, vers 1575.<br />Huile sur toile, 186 x 194 cm.<br />Londres, The National Gallery.</small></p><p>Ces derniers jours, comme à l'accoutumée, j'ai également encore ouvert mon Montaigne... et j'y ai notamment retrouvé cette fois-ci le chapitre V du livre III, invitant à un long cheminement discursif dans le sillage des poètes antiques (Virgile en premier lieu), à une réflexion sur la vieillesse, la sexualité, l'amour, le plaisir, le mariage, la jalousie, les conditions féminine et masculine, les pouvoirs de la poésie... C'est un des meilleurs chapitres des <i>Essais</i>.</p><p>Michel de Montaigne semble, à première vue, accorder à la notion d'amour le simple sens attribuable au mot latin <i>amor</i> — « amour », « affection », « vif désir » —, soit le sens ordinaire d'affection réciproque entre deux personnes incluant aussi bien la tendresse que l'attirance physique. <br />Dans le contexte intellectuel du XVIe siècle, il semble toutefois avoir une conception de l'amour humain assez proche, sur un principe général, de celle d'Agostino Nifo (Cf. une autre de mes relectures : A. Nifo, <i>De pulchro et amore</i> [<i>Du beau et de l'amour</i>, 1531], traduit par Laurence Boulègue et publié dans une édition bilingue français-latin en deux volumes [en 2003 et 2011] par <a href="https://www.lesbelleslettres.com/livre/565-du-beau-et-de-l-amour-de-pulchro-et-amore-livre-ii" rel="nofollow">Les Belles Lettres</a>), à savoir celle d'un amour humain conçu comme sentiment de désir, mêlant charme et affection à l'égard de l'être aimé, et s'accomplissant dans un plaisir sensuel mutuel concernant à la fois le corps et l'âme, en tenant compte de la force peu maîtrisable de l'énergie sexuelle mais sans pour autant que ces sentiment et plaisir, proprement humains, soient réductibles à une simple concupiscence « bestiale ».<br />Je ne vais pas me lancer dans une thèse sur le sujet (même s'il y aurait sans doute matière à le faire), mais toujours est-il que Nifo a une conception sensualiste de l'amour humain (il conteste en cela les hiérarchies néoplatoniciennes des sens et des amours, et réhabilite ainsi l'amour charnel) qui me parait plutôt compatible avec la conception de Montaigne, celle fut-elle moins élaborée dans le cadre des <i>Essais</i>, qui ne constituent certes pas un savant traité de philosophie en général, ni de philosophie de l'amour en particulier. Cependant, comme Nifo avant lui mais bien sûr à sa façon, Montaigne s'appuie sur une certaine tradition poétique antique, celles des poètes latins évoquant l'« amour-désir », <i>cupido</i>. <br />La réflexion de Montaigne sur l'amour tend en tout cas à un certain dépassement de la traditionnelle opposition philosophique entre l'égoïste amour-passion et l'amour-action altruiste, en ce sens que l'auteur des <i>Essais</i> est attaché à un bon usage des plaisirs, dont participe l'amour humain, lequel correspondant dans l'esprit de Montaigne, comme d'ailleurs dans celui de Nifo avant lui, aux relations des hommes avec les femmes. </p><p>À l'aune de la sagesse raisonnable dont il voit la possibilité au fil de ses réflexions, Montaigne entend s'écarter de deux excès : le refus du plaisir et la soumission à celui-ci. Montaigne parle donc d'amour, de sexualité, de façon simple et naturelle, semblant avoir trouvé un équilibre entre pudeur et liberté, dans le cheminement d'une pensée de l'action sans dogmatisme, mêlée à une sorte d'éthique du plaisir et de la joie, pour reprendre à peu près une formulation que j'ai pu lire ailleurs. Montaigne n'en reste pas moins un homme de son temps (comme l'était aussi Rabelais, par exemple), mais avec une pensée critique qui lui fait examiner le sujet avec un souci de vérité et sans ostentation. S'il ne nie pas des différences et des conflits, notamment autour de la question du mariage et de la diversité des attentes sexuelles dans ce cadre comme hors de celui-ci, l'auteur des <i>Essais</i> constate <i>in fine</i> peu de distinctions à faire entre les hommes et les femmes, sur fond d'identité humaine façonnée à l'aune d'un seul et même moule, d'où cette conclusion de chapitre, sur un ton ironique, sur ce qui réunit les hommes et les femmes, au fond largement semblables selon Montaigne jusque dans le ridicule et les reproches qu'ils peuvent mutuellement se faire : dans un âtre, pelle et tisonnier sont au service d'un même feu, en l'occurrence ici l'amour. </p><p class="espacement"></p><div class="citation"><p>O le furieux avantage que l'opportunité ! Qui me demanderait la première partie(1) en l'amour, je répondrais, que c'est savoir prendre le temps : la seconde de même : et encore la tierce. C'est un point qui peut tout. J'ai eu faute de fortune(2) souvent, mais parfois aussi d'entreprise(3). Dieu garde de mal(4) qui peut encore s'en moquer. Il y faut en ce siècle plus de témérité : laquelle nos jeunes gens excusent sous prétexte de chaleur. Mais si elles y regardaient de près, elles trouveraient qu'elle vient plutôt de mépris. Je craignais superstitieusement d'offenser : et respecte volontiers, ce que j'aime. Outre ce(5) qu'en cette marchandise, qui en ôte la révérence(6), en efface le lustre.</p><p><small>(1) qualité. (2) manqué de fortune. (3) d'initiative. (4) Que Dieu protège (subjonctif optatif). (5) le fait. (6) le respect.</small></p></div><div class="citation source"><p>Montaigne, <i>Les Essais</i>, texte de 1595 publié par Marie de Gournay, édition établie, présentée et annotée par Jean Céard avec la collaboration de Denis Bjaï, Bénédicte Boudou et Isabelle Pantin, Paris, Librairie Générale Française, 2001, coll. « La Pochothèque » (<a href="https://www.livredepoche.com/livre/les-essais-9782253132721">Le Livre de Poche</a>), Livre III, chapitre V, « Sur des vers de Virgile », p. 1355.</p></div><p class="espacement"></p><div class="citation"><p>Ils font les poursuivants en Italie, et les transis, de celles mêmes qui sont à vendre(1) : et se défendent ainsi : Qu'il y a des degrés en la jouissance : et que par services(2) ils veulent obtenir pour eux, celle qui est la plus entière. Elles ne vendent que le corps : La volonté ne peut être mise en vente, elle est trop libre et trop sienne : Ainsi ceux-ci disent, que c'est la volonté qu'ils entreprennent(3), et ont raison. C'est la volonté qu'il faut servir et pratiquer. J'ai horreur d'imaginer mien, un corps privé d'affection(4). Et me semble, que cette forcènerie est voisine à(5) celle de ce garçon(6), qui alla saillir par amour, la belle image de Venus que Praxiteles avait faite : Ou de ce furieux Ægyptien(7), échauffé après la charogne d'une morte qu'il embaumait et ensuairait(8) [...]. Periander fit plus merveilleusement(9) : qui étendit l'affection conjugale (plus réglée et légitime) à la jouissance de Melissa sa femme trépassée. Ne semble-ce pas être une humeur lunatique de la Lune, ne pouvant autrement jouir d'Endymion son mignon, l'aller endormir pour plusieurs mois : et se paître de la jouissance d'un garçon qui ne se remuait(10) qu'en songe ? Je dis pareillement, qu'on aime un corps sans âme, quand on aime un corps sans consentement, et sans son désir. Toutes jouissances ne sont pas unes(11) : Il y a des jouissances étiques et languissantes : Mille autres causes que la bienveillance, nous peuvent acquérir cet octroi des dames : Ce n'est suffisant témoignage d'affection : Il y peut échoir de la trahison, comme ailleurs : elles n'y vont parfois que d'une fesse ; <br />&#160; &#160; <i>tanquam thura merumque parent : <br />&#160; &#160; absentem marmoreamue putes(12).</i><br />&#160; &#160; <small>[comme si elles préparaient l'encens et le vin pur : — on dirait qu'elle est absente ou de marbre.]</small></p><p><small>(1) les courtisanes, que Montaigne a pu voir à Rome. (2) en achetant leurs services. (3) tâchent de gagner. (4) de désir. (5) cette folie furieuse est voisine de. (6) D'après Valère Maxime, VIII, <small>XI</small>, ext. 4. (7) D'après Hérodote, II, 89. (8) enveloppait dans un suaire. (9) fit quelque chose de plus étonnant. Toujours d'après Hérodote, V, 92. (10) n'avait de mouvement. (11) de même sorte. (12) Martial, XI, <small>CIV</small>, 12, et <small>LX</small>, 8.</small></p></div><div class="citation source"><p>Montaigne, <i>Les Essais</i>, <i>op. cit.</i>, Livre III, chapitre V, « Sur des vers de Virgile », p. 1383-1384. Annotation originale partiellement aménagée par votre serviteur.</p></div><p class="espacement"></p><div class="citation"><p>Or c'est(1) un commerce qui a besoin de relation et de correspondance : Les autres plaisirs que nous recevons, se peuvent reconnaître par récompenses de nature diverse : mais cettui-ci ne se paye que de même espèce de monnaie. En vérité en ce déduit(2), le plaisir que je fais, chatouille plus doucement mon imagination, que celui qu'on me fait. Or cil n'a rien de généreux, qui(3) peut recevoir plaisir où il n'en donne point : c'est une vile âme, qui veut tout devoir, et qui se plaît de nourrir de la conférence(4), avec les personnes auxquels(5) il est en(6) charge. </p><p><small>(1) l'amour. (2) ce délectable passe-temps. (3) Or il n'a rien de noble, celui qui. (4) d'entretenir des relations. (5) auxquelles. (6) à.</small></p></div><div class="citation source"><p>Montaigne, <i>Les Essais</i>, <i>op. cit.</i>, Livre III, chapitre V, « Sur des vers de Virgile », p. 1402-1403. Annotation originale partiellement aménagée par votre serviteur.</p></div><p class="espacement"></p><div class="citation"><p>Je dis, que les mâles et femelles, sont jetés en même moule, sauf l'institution(1) et l'usage, la différence n'y est pas grande : Platon(2) appelle indifféremment les uns et les autres, à la société(3) de tous études, exercices, charges et vacations guerrières et paisibles(4), en sa république. Et le philosophe Antisthenes(5), ôtait toute distinction entre leur vertu et la nôtre. Il est bien plus aisé d'accuser l'un sexe, que d'excuser l'autre. C'est ce que l'on dit, Le fourgon(6) se moque de la pelle(7).</p><p><small>(1) l'éducation. (2) Dans <i>La République</i>, V, 452a-457a. (3) au partage. (4) professions du temps de guerre et du temps de paix. (5) D'après Diogène Laërce, VI, 12 (« À l'homme et à la femme appartient la même vertu », trad. M.-O. Goulet-Cazé). (6) tisonnier. <i>Fourgonner</i> est une métaphore courante de l'acte sexuel dans les récits facétieux du temps (J. Starobinski). (7) « La pelle se moque du fourgon. Se dit en parlant de deux personnes, également ridicules, qui se moquent l'une de l'autre » (Le Roux, <i>Dict. comique</i>).</small></p></div><div class="citation source"><p>Montaigne, <i>Les Essais</i>, <i>op. cit.</i>, Livre III, chapitre V, « Sur des vers de Virgile », p. 1407. Annotation originale partiellement aménagée par votre serviteur.</p></div><br /><p><img src="http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/725/1587950718_lambert_sustris_-_venus_et_l_amour_-_vers_1550_-_paris_louvre.jpg" width="669" /><br /><small>Lambert Sustris (v.1515-1520-v.1568)<br /><i>Vénus et l'Amour</i>, vers 1550.<br />Huile sur toile, 132 x 184 cm.<br />Paris, Musée du Louvre.</small></p><p>De mes fenêtres, chaque jour (et même une partie de la nuit), j’entends le concert des oiseaux, si présents en ville en ce printemps confiné, dans les arbres et les jardins, sur les pelouses, les balcons, les toits et les lignes électriques, dans les murs et les corniches des bâtiments, et sur les eaux du canal non loin duquel j'habite... Ils ont aussi été l'occasion, en parallèle d'observations personnelles, d'une relecture à caractère ornithologique dont je reviendrai peut-être parler ici, le sujet ayant également sa place en ces lieux, à lire notamment une partie du partage poétique de Sosryko. </p><p>B.</p><p><small><small>[EDIT (15/07/2020): correction des espacements et séparations entre paragraphes]</small></small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Mon, 27 Apr 2020 02:27:59 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88577#p88577</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88575#p88575</link>
			<description><![CDATA[<p>Eh bien je ne pensais pas que ça se passerait aussi bien (sur le plan professionnel) : beaucoup de stress mais peu voire pas de mal pour mes collègues et moi <small>(peut-être avions-nous bien anticipé les choses, d'autres ont eu moins de chance)</small>. </p><p>En outre, tous les médecins constatent une baisse vertigineuse des consultations (au moins de 50%). Si en plus on enlève les crises d'angoisse et le coronavirus lui-même, il nous reste bien peu de malades à soigner. Nous sommes quelques médecins à nous demander si ce ralentissement imposé depuis quelques semaines ne révélerait pas que le rythme habituel de notre société est délétère ... Ce n'est pas un scoop, certes. Cette réflexion, en tout cas, pour introduire cette courte vidéo qui m'y a fait repenser, et que je vous partage : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=eiUsBW3YljY" rel="nofollow">https://www.youtube.com/watch?v=eiUsBW3YljY</a> <small>(excellente jusqu'à la moitié je trouve, après quoi je n'adhère pas lorsqu'il s'agit de moquer certaines personnes)</small>.</p><p>Yyr</p><p><small>@ Isengar : Bonne idée que celle d'Édouard ; je ne sais pas s'il a du monde ? À une époque cela m'aurait plu.<br />@ Sosryko : peu de mots mais « du lourd » comme dirait Esteldil ;)<br />@ Elendil : moi ça y est presque : le jardin est enfin désherbé (à la main) et la terre du potager retournée ; bientôt il n'y aura plus qu'à :).</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Sun, 26 Apr 2020 20:25:26 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88575#p88575</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88571#p88571</link>
			<description><![CDATA[<p>En fin de compte, je dois bien dire que mes lectures n'ont guère avancé, les bébés et le jardinage leur livrant une concurrence sans merci. Néanmoins, la présente période aura tout au moins permis de nous remettre à regarder des films. Írimenya et moi explorons donc tour à tour la vidéothèque de l'autre. Parmi mes découvertes les plus intéressantes, je retiendrais volontiers <i>Black book</i>, de Verhoeven, d'une maestria remarquable, ainsi que <i>La Pourpre et le Noir</i>, de London, une belle réussite aussi.</p><p>E.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Elendil)]]></author>
			<pubDate>Thu, 23 Apr 2020 08:40:14 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88571#p88571</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Lectures et confinement]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=88570#p88570</link>
			<description><![CDATA[<p>(re-)Lectures du moment :</p><p>Günther Anders, <i><a href="http://editionsfario.fr/spip.php?article172" rel="nofollow">Sténogrammes philosophiques</a></i>, Fario, 2015.</p><p>Un extrait qui développe une métaphore de circonstance :</p><div class="citation"><p>«Allons donc, c'est pas si grave.»<br />Si grave que <i>quoi</i> ?<br />C'est un des faits les plus massifs de notre époque : la banalisation et minimisation <i>du</i> fait le plus massif de notre époque <small><span style="color: #ababab">[Anders, qui écrit dans les années 1960, parle ici de la Bombe Atomique et des essais répétés]</span></small>. Cette tendance est si forte, si générale, si inexorable que même parmi ceux qui critiquent cette tendance, fort peu sont armés contre elle : on ne sent que très rarement, dans le ton de la polémique, qu'on a vraiment affaire ici à un destin funeste.<br />[...]<br />Plus si grave que <i>quoi </i>?<br />Minimiser les faits signifie : réprimer les faits.<br />Réprimer les faits signifie : opprimer les hommes qui (déjà parce que ces faits les mettent en danger) ont le droit d'en être informés, et qui pourraient peut-être regimber. Donc<br />La minimisation des faits signifie : privation de liberté ; signifie : oppression de l'homme.<br />[...]<br />L'action contraire de ceux qui relèvent les faits minimisés à hauteur de visibilité, restituant aux phénomènes réprimés leur format adéquat et redonnant à la chose déformée sa vraie forme, est qualifiée d' « <i>exagération</i> ». Ce terme est d'un usage si répandu que nous ne voyons aucune raison de ne pas l'adopter. Soit ;nous exagérons donc. L'exagération est une activité politique. Elle désigne une action de la liberté la libération des faits de la minuscule cellule dans laquelle la minimisation les a enfermés. Et avec elle, la libération de l'homme :rendu libre de regarder la vérité.<br />Lorsque des philosophes, accoutumés à travailler à l’œil nu, récusent l'exagération comme manquant de sérieux – et c'est naturellement ce que font la plupart d'entre eux –ils ne font pas mieux, c'est-à-dire :ils ne sont pas moins obsolètes et ridicules que le seraient des virologues qui refuseraient les microscopes et plaideraient donc pour une « virologie à l’œil nu ». Les virus sont-ils peut-être aussi grands qu'ils apparaissent à l’œil nu ? En ce cas, ils ne seraient pas. Ne sont-ils pas plutôt aussi grands qu'ils apparaissent dans leur agrandissement microscopique ? Ou même incomparablement plus grands [71] encore parce qu'incomparablement plus dangereux ? Si l'on présentait dans un film le travail dévastateur des virus grossis des millions de fois – la dangerosité de l'objet serait-elle exagérée dans la même mesure que sa taille en est agrandie ? Ou bien ne serait-elle pas alors seulement rendue visible ? C'est en ce sens que j'exagère.</p></div><div class="citation source"><p>G. Anders, <i>Sténogrammes philosophiques</i>, Fario, 2015, « Bibelots d'aujourd'hui », p. 68, 70-71</p></div><p>Pour contrebalancer, de la poésie, une dose préventive chaque jour.<br />Ainsi récemment :</p><div class="citation"><p>« <i>du soleil d’une claire vigueur à l’orage ténébreux, nous passons sans nous retourner, sans hésiter dans notre course, car, nous connaissons le prix, la beauté, de la persévérance</i> », disent les oiseaux du chant. Entends-tu le bruissement de leurs ailes dans l’étendue ?</p><p><div align=center>*</div> Trois oiseaux se sont posés sur le fil de ma joie et, bougeant légèrement, l’ont rendu musical</p><p><div align=center>*</div> où repose l’éternité ? Dans l’étincelle du brin d’herbe, dans la clarté de l’eau soumise, heureuse, dans le sourire qui désenchaîne, dans le corps délié. Mais aussi par-delà eux, infiniment, dans un lieu sans nom qui n’est pas de ce monde, un lieu sans clôtures, sans dédales autres que ceux, exquis, de l’amour, tel une plaine immobile traversée des pollen de l’Accord<br /><div align=center>*</div></p></div><div class="citation source"><p>Nicolas Dieterlé, <i><a href="https://editionsarfuyen.com/2018/12/14/ici-pepie-le-coeur-de-loiseau-mouche/" targer=_new>Ici, pépie le cœur de l’oiseau-mouche</a></i>, Arfuyen, 2008, p. 78, 84, 90.</p></div><p>et aujourd'hui :</p><div class="citation"><p>Le poète moderne est voué à la solitude, condamné qu’il est à vivre dans les couches souterraines de l’histoire. C’est un exilé, même si nul décret ne l’oblige à quitter son pays. En un certain sens, jamais Dante n’abandonna Florence, car l’ancienne société garda toujours une place au poète. Les liens avec sa ville ne se rompirent pas : ils se transformèrent et la relation ne cessa d’être vivante et dynamique. Être l’ennemi de l’État, perdre certains droits civiques; subir la vengeance ou la justice de sa ville natale n’a rien de commun avec la privation de l’identité personnelle. Car dans ce dernier cas la personne disparaît, devient une ombre. Le poète moderne n’a pas droit de cité, parce qu’effectivement il n’est « personne ». Ce n’est pas là une métaphore : la poésie n’existe pas pour la bourgeoisie ni pour les masses contemporaines. L’exercice de la poésie peut être une distraction ou une maladie, mais jamais une profession : le poète ne travaille ni ne produit. C’est pourquoi les poèmes ne valent rien : ils ne sont pas des produits d’échange. L’effort qu’exige leur création ne peut se traduire en valeur travail. La circulation commerciale est la forme la plus complète et active d’échange que connaisse notre [327] société et la seule qui mesure la valeur. Comme la poésie ne peut être un bien d’échange, elle n’est pas réellement une valeur. Et comme elle n’est pas une valeur, elle n’a pas d’existence réelle en notre monde. L’élimination s’opère doublement : ce dont parle le poète n’est pas réel, parce qu’il ne peut être assimilé à une marchandise ; et la création poétique n’est pas une occupation, un travail ou une activité définie, puisqu’on ne saurait la rémunérer. C’est pour¬quoi le poète n’a pas de statut social. La polémique sur le « réalisme » s’éclairerait sous un autre jour si ceux qui reprochent à la poésie moderne son dédain de la « réalité sociale » se rendaient compte qu’ils ne font que reconduire l’attitude de la bourgeoisie. La poésie moderne ne parle pas de « choses réelles », parce qu’on a décidé d’abolir toute une partie de la réalité : celle-là même qui, depuis toujours, est source de la poésie. […] Nul ne se reconnaît dans la poésie moderne, parce que nous avons été mutilés et que nous avons oublié ce que nous étions avant cette opération chirurgicale. Dans un monde de boiteux, quiconque assure qu’il existe des êtres à la démarche saine est un visionnaire, un homme qui s’évade du réel. En réduisant le monde aux données de la conscience et les œuvres à une valeur de travail-marchandise, on a du même coup rejeté de du sphère du réel le poète et ses œuvres.</p></div><div class="citation source"><p>Octavio Paz, <i><a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/NRF-Essais/L-Arc-et-la-lyre">L'Arc et la Lyre</a></i>, Gallimard, 1993 (1965), p. 326-327.</p></div><br /><p>S.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Wed, 22 Apr 2020 08:38:37 +0000</pubDate>
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