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		<title><![CDATA[JRRVF - Tolkien en Version Française - Forum / Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
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		<description><![CDATA[Les sujets les plus récents dans Albert Camus (1913 - 1960).]]></description>
		<lastBuildDate>Wed, 05 Nov 2025 05:18:20 +0000</lastBuildDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
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			<description><![CDATA[<p>Très beaux textes de Camus (que je ne connaissais pas : je sais désormais ce qu'il me faut lire en priorité <img src="https://www.jrrvf.com/fluxbb/plugins/ezbbc/style/smilies/smile.png" alt="smile" /> ).<br />On peut aussi méditer sur les dernières paroles de Socrate après avoir bu la ciguë : <span class="exergue">« Socrate dit – et ce furent là les derniers mots qu’il prononça : « Criton, nous devons un coq à Esculape. Payez cette dette, ne soyez pas négligents »</span> (Platon, <i>Phédon</i>).</p><p>Voir à ce propos Georges Dumézil, « "Nous devons un cop à Asklépios..." », in <i>« ... Le moyen noir en gris dedans Varennes », sotie nostradamuque suivie d'un Divertissement sur les dernières paroles de Socrate</i> (Gallimard, 1984). <img src="https://www.jrrvf.com/fluxbb/plugins/ezbbc/style/smilies/smile.png" alt="smile" /></p><p>(En dépit des apparences, nous restons dans le même sujet.)</p><p>E.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Elendil)]]></author>
			<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 05:18:20 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94424#p94424</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>sosryko a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p><i> Nous avons à recoudre ce qui est déchiré [...] Devant l'énormité de la partie engagée, qu'on n'oublie pas en tout cas la force de caractère. [...] C'est elle qui, dans l'hiver du monde, préparera le fruit</i>. Si Camus n'avait écrit que ces phrases, je continuerai de le bénir pour elles seules.</p></div></blockquote></div><p><i>Recoudre ce qui est déchiré ...</i> C'était presque le titre (latin) de l'événement des <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=7729" rel="nofollow">Bernardins</a> : <i>Textus mundi emendare</i>.</p><p>Tout à fait d'accord avec toi Hyarion, concis et beau ... et perçant.<br />Merci encore à toi & Sosryko.</p><p><small>Et bonne nuit :)<br />— Comment ça je veux avoir le dernier mot ? :) :) :)</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 01:52:57 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94423#p94423</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>sosryko a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Ahhhh, Benjamin, si tu te mets à citer <i>Noces</i> et <i>L'été</i>, je suis obligé de sortir de ma réserve et repousser le sommeil :-)<br />Ces textes de Camus, écrits pendant la guerre et jusque dans les années 1950 sont de purs joyaux !</p></div></blockquote></div><p>« L'Exil d'Hélène », que j'ai abondamment cité précédemment, est le texte que je préfère, car en particulier ce que Camus y exprime concernant l'héritage de la pensée grecque me parle beaucoup... mais c'est tout le recueil qui est effectivement excellent. Et sur la forme, en sus du fond, quel sens merveilleux de la concision mêlée à la qualité de la langue ! À cette aune, « Les amandiers », texte que je viens de relire grâce à toi Sosryko, est aussi éloquent.&#160; </p><p>Bonne nuit ! ^^</p><p>Amicalement, </p><p>B.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 01:17:48 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94423#p94423</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94422#p94422</link>
			<description><![CDATA[<p>Ahhhh, Benjamin, si tu te mets à citer <i>Noces</i> et <i>L'été</i>, je suis obligé de sortir de ma réserve et repousser le sommeil :-)<br />Ces textes de Camus, écrits pendant la guerre et jusque dans les années 1950 sont de purs joyaux !<br />En ce qui me concerne, c'est le court texte "Les amandiers" qui me touche le plus, pour sa force d'âme et son étonnante applicabilité ; car alors qu'il est écrit au temps de la défaite (1940), nous pouvons faire nôtre son diagnostic et devrions faire nôtres les remèdes qu'il propose, que ce soit personnellement ou collectivement : </p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p>Notre tâche d'homme est de trouver les quelques formules qui apaiseront l'angoisse infinie des âmes libres. Nous avons à recoudre ce qui est déchiré, à rendre la justice imaginable dans un monde si évidemment injuste, le bonheur significatif pour des peuples empoisonnés par le malheur du siècle. Naturellement, c'est une tâche surhumaine. Mais on appelle surhumaines les tâches que les hommes mettent longtemps à accomplir, voilà tout.<br />Sachons donc ce que nous voulons, restons fermes sur l'esprit, même si la force prend pour nous séduire le visage d'une idée ou du confort. La première chose est de ne pas désespérer. N'écoutons pas trop ceux qui crient à la fin du monde. Les civilisations ne meurent pas si aisément et même si ce monde devait crouler, ce serait après d'autres.&#160; Il est bien vrai que nous sommes dans une époque tragique. Mais trop de gens confondent le tragique et le désespoir. « Le tragique, disait Lawrence, devrait être comme un grand coup de pied donné au malheur. » Voilà une pensée saine et immédiatement applicable. Il y a beaucoup de choses aujourd'hui qui méritent ce coup de pied.</p></div><div class="droite"><p>J’ai prononcé des paroles d’espoir. Mais d’espoir seulement. L’espoir n’est pas la victoire. La guerre est sur nous et sur tous nos amis, une guerre dans laquelle seul l’usage de l’Anneau nous assurerait la victoire.&#160; J’en suis profondément chagriné et effrayé ; car maintes choses seront détruites et tout pourrait être perdu.<br />[...] <br />Soyez patients. Allez là où vous le devez, et espérez !<br />[...] <br />Tout n’est pas sombre. Reprenez courage, Seigneur de la Marche ; car vous ne trouverez pas meilleure aide. Je n’ai nul conseil à offrir à ceux qui désespèrent. Autrement, je pourrais vous en donner, et vous dire quelques mots. Voulez-vous les entendre ? Ils ne sont pas pour toutes les oreilles. Je vous invite à sortir devant vos portes pour contempler les terres. Voilà trop longtemps que vous êtes assis dans l’ombre, livré aux récits frelatés et aux incitations sournoises.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p>Albert Camus, « Les amandiers »</p></div><div class="droite"><p>Gandalf, SdA, III.5&6&#160; (trad. D. Lauzon)</p></div></div><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p>Ce monde est empoisonné de malheurs et semble s'y complaire. Il est tout entier livré à ce mal que Nietzsche appelait l'esprit de lourdeur. N'y prêtons pas la main. Il est vain de pleurer sur l'esprit, il suffit de travailler pour lui.<br />Mais où sont les vertus conquérantes de l'esprit ? Le même Nietzsche les a énumérées comme les ennemis mortels de l'esprit de lourdeur. Pour lui, ce sont la force de caractère, le goût, le « monde », le bonheur classique, la dure fierté, la froide frugalité du sage. Ces vertus, plus que jamais, sont nécessaires et chacun peut choisir celle qui lui convient. Devant l'énormité de la partie engagée, qu'on n'oublie pas en tout cas la force de caractère. Je ne parle pas de celle qui s'accompagne sur les estrades électorales de froncements de sourcils et de menaces. Mais de celle qui résiste à tous les vents de la mer par la vertu de la blancheur et de la sève. C'est elle qui, dans l'hiver du monde, préparera le fruit.</p></div><div class="droite"><p>« Tout n’est pas si sombre ici », dit Théoden.<br />« Non, dit Gandalf. Et l’âge ne pèse pas si lourdement sur vos épaules que certains voudraient vous le faire croire. [...] » [...] <br />Lentement il se redressa, roide, tel un homme resté penché trop longtemps sur un travail fastidieux. Grand et droit il se tint, et ses yeux prirent un éclat bleu tandis qu’il regardait le ciel s’ouvrir.<br />« Mes rêves ont été sombres ces derniers temps, dit-il, mais je me sens comme un dormeur fraîchement éveillé. [...] Que pouvons-nous faire ? »<br />« Beaucoup, dit Gandalf. [...] Vous voici devant un péril plus grand que tout ce que le génie de Langue de Serpent a pu tisser dans vos rêves. Mais voyez ! vous ne rêvez plus. Vous vivez. Le Gondor et le Rohan ne sont pas seuls. [...] l’espoir subsiste, pour peu que nous demeurions encore invaincus un temps. »</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p>Albert Camus, « Les amandiers »</p></div><div class="droite"><p>SdA, III.6&#160; (trad. D. Lauzon)</p></div></div><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p>Je ne crois pas assez à la raison pour souscrire au progrès, ni à aucune philosophie de l'Histoire. <br />Je crois du moins que les hommes n'ont jamais cessé d'avancer dans la conscience qu'ils prenaient de leur destin. Nous n'avons pas surmonté notre condition, et cependant nous la connaissons mieux. Nous savons que nous sommes dans la contradiction, mais que nous devons refuser la contradiction et faire ce qu'il faut pour la réduire.</p></div><div class="droite"><p>« Mais je devrais aussi m’en attrister, dit Théoden. Car quelle que soit la fortune de la guerre, ne doit-elle finir de telle sorte que bien des choses qui étaient belles et merveilleuses s’en iront à jamais de la Terre du Milieu ? »<br />« Cela se peut, dit Gandalf. Le mal de Sauron n’est pas entièrement remédiable, et on ne peut l’effacer comme s’il n’avait jamais été. Mais telle est la destinée de notre temps, et nous y sommes condamnés. Maintenant, allons-nous-en, et poursuivons le voyage entrepris ! »</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p>Albert Camus, « Les amandiers »</p></div><div class="droite"><p>SdA, III.8 (trad. D. Lauzon)</p></div></div><p><i> Nous avons à recoudre ce qui est déchiré [...] Devant l'énormité de la partie engagée, qu'on n'oublie pas en tout cas la force de caractère. [...] C'est elle qui, dans l'hiver du monde, préparera le fruit</i>. Si Camus n'avait écrit que ces phrases, je continuerai de le bénir pour elles seules.</p><p>S.</p><p><a href='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/1370/1762302686_doom.jpg'><img src='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/1370/1762302686_doom.jpg' width='25%' alt='1762302686_doom.jpg'/></a></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Tue, 04 Nov 2025 23:59:45 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94422#p94422</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94421#p94421</link>
			<description><![CDATA[<p><i>You're welcome</i>, cher Jérôme. ^^</p><p>Amicalement, </p><p>B.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Tue, 04 Nov 2025 22:49:49 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94421#p94421</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94420#p94420</link>
			<description><![CDATA[<p>Superbes passages !</p><p>Merci Benjamin !</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Tue, 04 Nov 2025 21:02:17 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94419#p94419</link>
			<description><![CDATA[<p>Pour revenir à Albert Camus sur ce fuseau qui lui est dédié, je me permets de reprendre ici <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94325#p94325" rel="nofollow">une part</a> des échanges ayant eu lieu dans le fuseau consacré à la correspondance de J. R. R. Tolkien, suite à mon <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94194#p94194" rel="nofollow">message</a> du 18 septembre dernier proposant une traduction commentée d'un passage de la Lettre 254a : </p><div class="quotebox"><cite>Dans un autre fuseau, le 13 octobre dernier, Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Et je me demande ce que Tolkien et Camus diraient, l'un en face de l'autre, des derniers mots attribués à Socrate lors de son procès par Platon dans son <i>Apologie de Socrate</i> (traduction approximative) : <span class="exergue">« Mais il est l'heure de nous quitter, moi pour mourir, et vous pour vivre. Qui de nous a la meilleur sort ? Personne ne le sait, excepté la divinité. »</span></p></div></blockquote></div><p>Très belle question ! <br /><small>À poser au sujet du bac de philo : il faut mettre Tolkien au programme !</small></p><p>Nul doute pour moi que, tandis que les deux hommes se seraient retrouvés sur la citation de « l'exil d'Hélène » que tu donnes <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94278#p94278" rel="nofollow">dans le fil d'à côté</a>* <small>(et qui me rappelle un passage (mais où ?) où Tolkien cite l'aphorisme d'après lequel les dieux rendent fous ceux qu'ils veulent perdre)</small>, en cette question que tu poses, en revanche et précisément, ils divergent.</p><p>Sans « au-delà » à cette vie terrestre, et surtout sans « au-delà » relié à nous (de façon très large : ex. immortalité de l'âme, réincarnation, paradis, résurrection, etc.) à partir duquel nos actes d'ici-bas ont leur sens <i>ultime</i>, ces actes sont <i>ultimement</i> absurdes (ce qu'a bien exprimé Sartre dans la nouvelle « le mur », avec la réflexion de ce condamné à mort). </p><p>Camus s'en sort en proposant d'<span class="exergue">« imaginer Sisyphe heureux »</span> : trouver un bonheur exutoire dans la lutte même contre l'absurdité, ainsi que je le formulerais. Mais l'absurdité demeure.</p><p>Non pour Socrate, et moins encore pour Tolkien, pour lesquels il existe quelque Autre qui garantit un sens ultime à nos vies et à nos actes.<br /><small>Je dis « moins encore pour Tolkien » parce que pour ce dernier <u>toutes</u> les facultés de l'homme ont un but et sont sauvées, ce qui n'est pas le cas pour Socrate.</small></p></div></blockquote></div><p>*<small>[c.-à-d. ici le présent fuseau dédié à Camus]</small></p><p>En relisant encore « L'Exil d'Hélène », qui est un de mes écrits camusiens préférés, je me rends compte que, tout en faisant apparaître une certaine convergence de Camus et Tolkien contre ce que le premier appelle <span class="exergue">« l'esprit historique »</span> ayant mené l'Occident là où il en était déjà au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, tout le texte, d'une concision exemplaire et dans lequel est évoqué notamment Socrate face à ses juges, exprime bien ce en quoi Camus et Tolkien divergent quant à l'appréhension d'un sens supposé de la mortelle condition humaine. C'est aussi un texte de Camus qui énonce bien la valeur fondamentale que l'auteur accorde à la beauté et aussi l'importance du rôle qu'il attribue à l'artiste, ce qui est là également un point de comparaison intéressant avec Tolkien. </p><p><a href='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/725/1762276231_albert_camus_noces_ete_gallimard_folio_9782070360161.jpg'><img src='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/725/1762276231_albert_camus_noces_ete_gallimard_folio_9782070360161.jpg' width='25%' alt='1762276231_albert_camus_noces_ete_gallimard_folio_9782070360161.jpg'/></a></p><div class="citation"><p>[...]<br />&#160; &#160; Les Grecs qui se sont interrogés pendant des siècles sur ce qui est juste ne pourraient rien comprendre à notre idée de la justice. L'équité, pour eux, supposait une limite tandis que tout notre continent se convulse à la recherche d'une justice qu'il veut totale. À l'aurore de la pensée grecque, Héraclite imaginait déjà que la justice pose des bornes à l'univers physique lui-même. « Le soleil n'outrepassera pas ses bornes, sinon les Érynnies qui gardent la justice sauront le découvrir. (*) » Nous qui avons désorbité l'univers et l'esprit rions de cette menace. Nous allumons dans un ciel ivre les soleils que nous voulons. Mais il n'empêche que les bornes existent et que nous le savons. Dans nos plus extrêmes démences, nous rêvons d'un équilibre que nous avons laissé derrière nous et dont nous croyons ingénument que nous allons le retrouver au bout de nos erreurs. Enfantine présomption et qui justifie que des peuples enfants, héritiers de nos folies, conduisent aujourd’hui notre histoire.<br />&#160; &#160; Un fragment attribué au même Héraclite énonce simplement : « Présomption, régression du progrès ». Et, bien des siècles après l'Éphésien, Socrate, devant la menace d'une condamnation à mort, ne se reconnaissait nulle autre supériorité que celle-ci : ce qu'il ignorait, il ne croyait pas le savoir. La vie et la pensée les plus exemplaires de ces siècles s'achèvent sur un fier aveu d'ignorance. En oubliant cela, nous avons oublié notre virilité. Nous avons préféré la puissance qui singe la grandeur, Alexandre d'abord et puis les conquérants romains que nos auteurs de manuels, par une incomparable bassesse d'âme, nous apprennent à admirer. Nous avons conquis à notre tour, déplacé les bornes, maîtrisé le ciel et la terre. Notre raison a fait le vide. Enfin seuls, nous achevons notre empire sur un désert. Quelle imagination aurions-nous donc pour cet équilibre supérieur où la nature balançait l'histoire, la beauté, le bien, et qui apportait la musique des nombres jusque dans la tragédie du sang ? Nous tournons le dos à la nature, nous avons honte de la beauté. Nos misérables tragédies traînent une odeur de bureau et le sang dont elles ruissellent a couleur d'encre grasse.<br />&#160; &#160; Voilà pourquoi il est indécent de proclamer aujourd'hui que nous sommes les fils de la Grèce. Ou alors nous en sommes les fils renégats. Plaçant l'histoire sur le trône de Dieu, nous marchons vers la théocratie, comme ceux que les Grecs appelaient Barbares et qu'ils ont combattus jusqu'à la mort dans les eaux de Salamine. Si l'on veut bien saisir notre différence, il faut s'adresser à celui de nos philosophes qui est le vrai rival de Platon. « Seule la ville moderne, ose écrire Hegel, offre à l'esprit le terrain où il peut prendre conscience de lui-même. » Nous vivons ainsi le temps des grandes villes. Délibérément, le monde a été amputé de ce qui fait sa permanence : la nature, la mer, la colline, la méditation des soirs. Il n'y a plus de conscience que dans les rues, parce qu'il n'y a d'histoire que dans les rues, tel est le décret. Et à sa suite, nos œuvres les plus significatives témoignent du même parti pris. On cherche en vain les paysages dans la grande littérature européenne depuis Dostoïevski. L'histoire n'explique ni l'univers naturel qui était avant elle, ni la beauté qui est au-dessus d'elle. Elle a donc choisi de les ignorer. Alors que Platon contenait tout, le non-sens, la raison et le mythe, nos philosophes ne contiennent rien que le non-sens ou la raison, parce qu'ils ont fermé les yeux sur le reste. La taupe médite.<br />&#160; &#160; C'est le christianisme qui a commencé de substituer à la contemplation du monde la tragédie de l'âme. Mais, du moins, il se référait à une nature spirituelle et, par elle, maintenait une certaine fixité. Dieu mort, il ne reste que l'histoire et la puissance. Depuis longtemps tout l'effort de nos philosophes n'a visé qu'à remplacer la notion de nature humaine par celle de situation, et l'harmonie ancienne par l'élan désordonné du hasard ou le mouvement impitoyable de la raison. Tandis que les Grecs donnaient à la volonté les bornes de la raison, nous avons mis pour finir l'élan de la volonté au cœur de la raison, qui en est devenue meurtrière. Les valeurs pour les Grecs étaient préexistantes à toute action dont elles marquaient précisément les limites. La philosophie moderne place ses valeurs à la fin de l'action. Elles ne sont pas, mais elles deviennent, et nous ne les connaîtrons dans leur entier qu'à l'achèvement de l'histoire. Avec elles, la limite disparaît, et comme il n'est pas de lutte qui, sans le frein de ces mêmes valeurs, ne s'étende indéfiniment, les messianismes aujourd'hui s'affrontent et leurs clameurs se fondent dans le choc des empires. La démesure est un incendie, selon Héraclite. L'incendie gagne, Nietzsche est dépassé. Ce n'est plus à coups de marteau que l'Europe philosophe, mais à coups de canon.<br />&#160; &#160; La nature est toujours là, pourtant. Elle oppose ses ciels calmes et ses raisons à la folie des hommes. Jusqu'à ce que l'atome prenne feu lui aussi et que l'histoire s'achève dans le triomphe de la raison et l'agonie de l'espèce. Mais les Grecs n'ont jamais dit que la limite ne pouvait être franchie. Ils ont<br />dit qu'elle existait et que celui-là était frappé sans merci qui osait la dépasser. Rien dans l'histoire d'aujourd’hui ne peut le contredire.<br />&#160; &#160; L'esprit historique et l'artiste veulent tous deux refaire le monde. Mais l'artiste, par une obligation de sa nature, connaît ses limites que l'esprit historique méconnaît. C'est pourquoi la fin de ce dernier est la tyrannie tandis que la passion du premier est la liberté. Tous ceux qui aujourd'hui luttent pour la liberté combattent en dernier lieu pour la beauté. [...]</p><p>(*) : Traduction d'Y. Battistini.</p></div><div class="citation source"><p>Albert Camus, « L'exil d'Hélène » (1948), in <i>Noces</i> suivi de <i>L'été</i>, Gallimard, 1959, rééd. Folio 1972, p. 134-138.</p></div><p>Je me permets ici, entre deux citations, une sorte d'interlude en évoquant (à nouveau, car j'en ai déjà parlé très succinctement encore récemment, à la fin d'un message dans un <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94306#p94306" rel="nofollow">autre fuseau</a> où j'évoquais un puissant souvenir d'enfance) le long métrage <i>Ulysse</i> (<i>Ulisse</i>) de Mario Camerini, tourné en 1953 et sorti en salles en 1954, avec Kirk Douglas dans le rôle d'Ulysse et Silvana Mangano dans les deux rôles de Circé et de Pénélope. Ce film, adaptation à grand spectacle de l'Odyssée, avec des moyens hollywoodiens mais aussi une certaine sensibilité européenne dans son scénario, date de l'époque où Camus et Tolkien réfléchissaient à propos du monde comme il allait alors, et comme il va sans doute encore aujourd'hui. Parmi les inévitables ellipses et aménagements narratifs propres aux adaptations cinématographiques, la magicienne Circé se trouve non seulement incarnée par la même actrice jouant Pénélope (ce qui peut aussi s'interpréter d'un point de vue interne, celui d'Ulysse), mais aussi objet d'une fusion scénaristique des deux personnages féminins homériques retardant le retour d'Ulysse, à savoir Circé elle-même et la nymphe Calypso. </p><p><a href='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/725/1762276296_ulysse_camerini_circe_mangano.jpg'><img src='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/725/1762276296_ulysse_camerini_circe_mangano.jpg' width='35%' alt='1762276296_ulysse_camerini_circe_mangano.jpg'/></a></p><p>Juste après avoir vu sa mère Anticlée, décédée en son absence et lui ayant parlé depuis le royaume des morts, Ulysse est définitivement décidé à rentrer à Ithaque... et Circé, qui a tout fait pour le retenir, jusqu'à lui offrir l'immortalité qu'Ulysse a finalement refusé, se résigne à lui dire, non sans quelque amertume : <br /><span class="exergue">« Mortel entêté ! Tu es plein de ce songe si bref que tu appelles “la vie”. Amoureux de tes faiblesses et de tes péchés. Fasciné par la mort. Contre une telle obstination, même les dieux sont sans pouvoir. Va, puisque tu l'as choisi. La mer t'attend. »</span></p><p>Je repense donc simplement à cette réplique... en relisant le début de cet ultime passage de « L'Exil d'Hélène », passage conclusif qui, comme tout le texte, ne saurait être ici paraphrasé : </p><div class="citation"><p>[...] Ulysse peut choisir chez Calypso entre l'immortalité et la terre de la patrie. Il choisit la terre, et la mort avec elle. Une si simple grandeur nous est aujourd'hui étrangère. D'autres diront que nous manquons d'humilité. Mais ce mot, à tout prendre, est ambigu. Pareils à ces bouffons de Dostoïevski qui se vantent de tout, montent aux étoiles et finissent par étaler leur honte dans le premier lieu public, nous manquons seulement de la fierté de l'homme qui est fidélité à ses limites, amour clair-voyant de sa condition. <br />&#160; &#160; « Je hais mon époque », écrivait avant sa mort Saint-Exupéry, pour des raisons qui ne sont pas très éloignées de celles dont j'ai parlé. Mais, si bouleversant que ce soit, ce cri, venant de lui qui a aimé les hommes dans ce qu'ils ont d'admirable, nous ne le prendrons pas à notre compte. Quelle tentation, pourtant, à certaines heures, de se détourner de ce monde morne et décharné ! Mais cette époque est la nôtre et nous ne pouvons vivre en nous haïssant. Elle n'est tombée si bas que par l'excès de ses vertus autant que la grandeur de ses défauts. Nous lutterons pour celle de ses vertus qui vient de loin. Quelle vertu ? Les chevaux de Patrocle pleurent leur maître mort dans la bataille. Tout est perdu. Mais le combat reprend avec Achille et la victoire est au bout, parce que l'amitié vient d'être assassinée : l'amitié est une vertu.<br />&#160; &#160; L'ignorance reconnue, le refus du fanatisme, les bornes du monde et de l'homme, le visage aimé, la beauté enfin, voici le camp où nous rejoindrons les Grecs. D'une certaine manière, le sens de l'histoire de demain n'est pas celui qu'on croit. Il est dans la lutte entre la création et l'inquisition. Malgré le prix que coûteront aux artistes leurs mains vides, on peut espérer leur victoire. Une fois de plus, la philosophie des ténèbres se dissipera au-dessus de la mer éclatante. O pensée de midi, la guerre de Troie se livre loin des champs de bataille ! Cette fois encore, les murs terribles de la cité moderne tomberont pour livrer, « âme sereine comme le calme des mers », la beauté d'Hélène.</p></div><div class="citation source"><p>Albert Camus, « L'exil d'Hélène », in <i>Noces</i> suivi de <i>L'été</i>, <i>op. cit.</i>, p. 139-140.</p></div><p>Amicalement, </p><p>B.</p><br /><p><small>[EDIT: ajout des illustrations]<br />[EDIT 2: correction de fautes diverses...]</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Tue, 04 Nov 2025 17:07:25 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94419#p94419</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94351#p94351</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Elendil a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Les autres volumes de la Bible en Pléiade me semblent incontournables. Si l'on ne tient pas compte des volumes entièrement consacrés à l'exégèse scientifique de la Bible (il y en a de superbes), la seule édition annotée qui me semble apte à rivaliser avec celle de la Pléiade est celle de la TOB. Celle de la Pléiade a l'avantage d'être aconfessionnelle et de faire la part belle à la comparaison des différentes traditions scripturales, en particulier entre la Bible massorétique et celle des Septante. Tous les Deutérocanoniques y figurent.</p></div></blockquote></div><p>J'ai pu rapidement trouver en occasion, ces jours-ci, des volumes de l'Ancien Testament en Pléiade (il est vrai que ce ne sont pas forcément les plus rares), et les <i>Écrits intertestamentaires</i> devraient suivre assez promptement. Par tradition familiale, et malgré toutes les critiques que je peux formuler par ailleurs concernant les divers errements de l'Église catholique, je m'étais toujours jusqu'ici contenté de <i>La Bible de Jérusalem</i> seulement, mais ce nouveau projet d'écriture nécessite décidément aussi un élargissement d'horizon de ce côté-là. </p><div class="quotebox"><cite>Elendil a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Toutefois, il existe en ligne un projet extraordinaire qui se nomme <i>la Bible en ses traditions</i>, conçu par les éditeurs de la <i>Bible de Jérusalem</i>, qui donne les traductions parallèles de toutes les versions anciennes (syriaque, copte, grecque, etc.) De mémoire, ce n'est pas commenté, mais ça donne une très bonne idée de la manière dont les différents passages étaient compris à l'époque. Cependant, la dernière fois que je l'ai consulté, cette édition était loin d'être achevée. Pour la Genèse, tu ne rencontreras pas de difficulté, je pense. En revanche, je crains que les Deutérocanoniques soient les derniers publiés.</p></div></blockquote></div><p>Merci cher Elendil pour cette autre référence, qui pourra elle aussi être utile. Je ne sais pas à quand remonte ta dernière visite du site en question, mais apparemment les Dominicains de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem semblent avoir bien avancé : <br /><a href="https://scroll.bibletraditions.org/" rel="nofollow">https://scroll.bibletraditions.org/</a></p><p>Amicalement, </p><p>B.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Sat, 18 Oct 2025 20:19:11 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94351#p94351</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94333#p94333</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p> Les <i>Écrits intertestamentaires</i> semblent incontournables à vous lire tous les deux, mais cela m'amène à me demander si l'appareil critique propre aux éditions de la Pléiade est aussi intéressant en ce qui concerne leur édition de l'Ancien Testament, si l'un d'entre vous en a un exemplaire ? Quelles différences peuvent apparaître par rapport à l'appareil critique d'autres éditions de la Bible ? Y parle-t-on beaucoup de la Septante, par exemple ?</p></div></blockquote></div><p>Cher Hyarion, </p><p>Les autres volumes de la Bible en Pléiade me semblent incontournables. Si l'on ne tient pas compte des volumes entièrement consacrés à l'exégèse scientifique de la Bible (il y en a de superbes), la seule édition annotée qui me semble apte à rivaliser avec celle de la Pléiade est celle de la TOB. Celle de la Pléiade a l'avantage d'être aconfessionnelle et de faire la part belle à la comparaison des différentes traditions scripturales, en particulier entre la Bible massorétique et celle des Septante. Tous les Deutérocanoniques y figurent. </p><p>Toutefois, il existe en ligne un projet extraordinaire qui se nomme <i>la Bible en ses traditions</i>, conçu par les éditeurs de la <i>Bible de Jérusalem</i>, qui donne les traductions parallèles de toutes les versions anciennes (syriaque, copte, grecque, etc.) De mémoire, ce n'est pas commenté, mais ça donne une très bonne idée de la manière dont les différents passages étaient compris à l'époque. Cependant, la dernière fois que je l'ai consulté, cette édition était loin d'être achevée. Pour la Genèse, tu ne rencontreras pas de difficulté, je pense. En revanche, je crains que les Deutérocanoniques soient les derniers publiés. </p><p>Amicalement, <br />D.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Elendil)]]></author>
			<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 06:50:03 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94333#p94333</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94332#p94332</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>sosryko a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Cher Hyarion, <br />j'ai un peu de mal à saisir ce que tu cherches, car tes recherches semblent te porter bien au-delà de la simple utilisation des premiers chapitres de la Genèse dans les écrits des communautés juives des derniers siècles avant JC.</p></div></blockquote></div><p>Oui, c'est là un élément parmi beaucoup d'autres, dans le cadre de recherches préparatoires liés à des travaux de même nature que <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=7754" rel="nofollow">certains écrits</a> d'Elendil. Je m'efforce de me documenter de façon rigoureuse, mais sans me laisser ensevelir par cette tâche préparatoire, puisque l'idée est avant tout d'être créatif. En fonction de la période historique qui m'intéresse (plutôt le IIe siècle av. J.-C.), j'ai besoin de savoir ce que les gens pensent à cette époque, ce à quoi ils peuvent se référer sur un plan mythique (ici le début de la Genèse, en particulier l'histoire d'Adam et Ève, telle qu'on pouvait la connaître en araméen et non plus en hébreu), et par ailleurs ce qui a pu être écrit à cette époque (les écrits grecs du Livre de Daniel, en particulier l'histoire de Suzanne et les Vieillards). C'est évidemment difficile d'essayer de se représenter les mentalités d'une époque aussi ancienne, mais c'est nécessaire si l'on veut essayer d'écrire soi-même quelque-chose de relativement crédible. Voila pourquoi je dois sans doute m'efforcer d'être précis dans la connaissance des sources, ce qui suppose aussi de ne pas trop se disperser en lisant de trop copieux corpus renvoyant à trop de périodes différentes. La somme de Louis Ginzberg est impressionnante, peut-être surtout à consulter pour des besoins très précis. Les <i>Écrits intertestamentaires</i> semblent incontournables à vous lire tous les deux, mais cela m'amène à me demander si l'appareil critique propre aux éditions de la Pléiade est aussi intéressant en ce qui concerne leur édition de l'Ancien Testament, si l'un d'entre vous en a un exemplaire ? Quelles différences peuvent apparaître par rapport à l'appareil critique d'autres éditions de la Bible ? Y parle-t-on beaucoup de la Septante, par exemple ? J'ai surtout besoin d'informations pour situer les textes dans le temps, même à titre d'hypothèse, avoir une idée d'éventuelles variantes selon les traductions, ce genre de choses. C'est surtout par rapport à cela que les langues de traduction m'intéressent. Et ce sont surtout, vous l'aurez compris, certaines histoires bibliques qui ici concentrent mon attention, d'un point de vue surtout littéraire et, si j'ose dire, « hellénique ». </p><p>Amicalement,</p><p>B.</p><p><small>P.S. : des fois, je me demande dans quoi je me suis encore embarqué, mais bon... j'en suis arrivé à un stade de ma vie où il est, peut-être, temps que certaines choses que j'ai dans la tête depuis des lustres finissent par sortir, telles Athéna jaillissant du crâne de Zeus...</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Mon, 13 Oct 2025 21:59:13 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94332#p94332</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94330#p94330</link>
			<description><![CDATA[<p>Cher Hyarion, </p><p>j'ai un peu de mal à saisir ce que tu cherches, car tes recherches semblent te porter bien au-delà de la simple utilisation des premiers chapitres de la Genèse dans les écrits des communautés juives des derniers siècles avant JC.<br />Mais sur ce seul sujet, il est évident que quasiment la totalité des textes des <i>Ecrits Intertestamentaires</i> sont à consulter. Mais la totalité des textes de Qumrân ne s'y trouve pas car plusieurs écrits ne sont connus que par des petits bouts, impubliables dans une collection comme celle de la Pléiade. L'édition française la pus complète et la plus à jour était annoncée en 9 volumes au Cerf, mais je ne suis pas certain qu'on ait dépassé les 4 premiers et je ne vois plus le <a href="https://www.persee.fr/doc/thlou_0080-2654_2009_num_40_2_3763_t1_0248_0000_1" rel="nofollow">premier volume</a> (publié en 2008&#160; & dévolu aux écrits liés à la Genèse) sur le site de l'éditeur... <a href="https://www.sudoc.abes.fr/cbs/DB=2.1/SET=2/TTL=1/PRS=HOL/SHW?FRST=1" rel="nofollow">à trouver en bibliothèque</a> ?</p><p>S.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Mon, 13 Oct 2025 20:17:23 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94330#p94330</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94327#p94327</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Mais c'est surtout ta mention de <i>La vie grecque d'Adam et Ève</i> qui pique ma curiosité, même si l'on est déjà à la limite de « ma » période... Aïe, aïe, aïe, n'aimant pas dépenser de l'argent pour de couteux volumes de la Pléiade, je l'ai toujours fait avec parcimonie et seulement quand des traductions de textes anciens étaient indisponibles autrement (sagas islandaises, récits de voyage arabes, écrits gnostiques), mais là, je sens qu'il va falloir faire à nouveau un effort pour les <i>Écrits intertestamentaires</i>... ^^'</p></div></blockquote></div><p>Je ne peux que recommander ce volume, qui contient aussi l'essentiel (peut-être la totalité, je ne me souviens plus) des textes de Qumrân. Il y a aussi les différents livres apocryphes d'Hénoch, qui traitent de la Genèse, mais non de la création du Monde en tant que tels. Ils sont aujourd'hui surtout connus par leurs versions éthiopiennes, mais les éditeurs parlent de leur origine, et j'avoue ne plus me souvenir s'ils auraient été traduits du grec ou directement de l'hébreu ou de l'araméen.</p><p>Sinon, dans les textes grecs, il y a aussi l'<i>Apocalypse de Baruch</i>. Et peut-être un ou deux autres, mais il faudrait que j'aille plus loin que la table des matières. J'avoue m'être surtout intéressé au contenu, plutôt qu'à la langue dans laquelle ils étaient rédigés. Et puis ne nous mentons pas : certains sont intéressants pour leur aspect mystique ou anthropologique, mais ne sont pas forcément passionnants à la lecture. Du coup, mon souvenir est parfois flou.</p><p>E.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Elendil)]]></author>
			<pubDate>Mon, 13 Oct 2025 07:32:23 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94327#p94327</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94320#p94320</link>
			<description><![CDATA[<p>Merci beaucoup pour toutes ces références, Sosryko. :-) </p><p>Mon intérêt pour le sujet, assez anecdotique en 2016, a sensiblement évolué depuis, mais dans un sens particulier. Je m'intéresse actuellement surtout à la place des récits bibliques dans la culture juive de l'Antiquité telle qu'elle était à l'époque hellénistique (IIIe-IIe-Ier siècles av. J.-C.), celles des Lagides et des Séleucides, et aussi des Maccabées, soit la période dont j'ai parlé dans mon <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94194#p94194" rel="nofollow">commentaire</a> de l'extrait de la Lettre 254a, avant le Christ et toute la période romaine. </p><p>M'intéressent toujours les premiers chapitres de la Genèse de la Bible hébraïque, mais aussi ce qui a été écrit en grec, notamment en particulier, vraisemblablement au IIe siècle av. J.-C., le récit de Suzanne et les Vieillards dans la version deutérocanonique du Livre de Daniel. Ce dernier récit ne semble pas bénéficier d'une bibliographie très fournie, même si j'ai tout de même trouvé, il y a quelque temps, un vieil <a href="https://www.persee.fr/doc/rjuiv_0484-8616_1933_num_96_190_5792" rel="nofollow">article</a> d'Israël Lévi paru en 1933. </p><p>Ce qui m'intéresse a en fait deux dimensions : celui des croyances de l'époque et celui des écrits « complémentaires » écrits à l'époque (autour du IIe siècle av. J.-C.), avec donc linguistiquement un volet araméen et un volet grec. C'est donc en tout cas la partie la plus ancienne (avant notre ère) du corpus traité par Louis Ginzberg qui semble le plus correspondre à ce qui m'intéresse, au moins d'agissant de la Genèse. Je ne me rappelais plus notamment que Flavius Josèphe avait évoqué lui aussi Adam et Ève : c'est toujours bon à savoir. </p><p>Mais c'est surtout ta mention de <i>La vie grecque d'Adam et Ève</i> qui pique ma curiosité, même si l'on est déjà à la limite de « ma » période... Aïe, aïe, aïe, n'aimant pas dépenser de l'argent pour de couteux volumes de la Pléiade, je l'ai toujours fait avec parcimonie et seulement quand des traductions de textes anciens étaient indisponibles autrement (sagas islandaises, récits de voyage arabes, écrits gnostiques), mais là, je sens qu'il va falloir faire à nouveau un effort pour les <i>Écrits intertestamentaires</i>... ^^'</p><p>Merci encore, Jean-Philippe.</p><p>Amicalement,</p><p>B. </p><p><small>P.S. : mon intérêt pour tout cela n'est pas lié à une certaine conférence passée dont je dois encore finir la version longue, mais à un autre projet.</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Sun, 12 Oct 2025 17:19:13 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94320#p94320</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94314#p94314</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Je profite, par ailleurs, de la remontée du présent fuseau pour compléter une réflexion figurant dans mes messages précédents de 2016, concernant la valeur que les Juifs/Judéens de l'Antiquité pouvaient accorder au récit des premiers chapitres du livre de la Genèse : puisque j'étais demandeur d'une référence à l'époque, je signale que le professeur de littérature Stephen Greenblatt aborde la question dans le deuxième chapitre de son livre Adam et Ève. L'histoire sans fin de nos origines (The Rise and Fall of Adam and Eve), datant de 2017 et paru la même année en français chez Flammarion (rééd. coll. « Libres Champs », 2020).</p></div></blockquote></div><p>Pour une référence sur les premiers chapitres de la Genèse dans la culture juive de l'Antiquité, cf. Louis Ginzberg, <i>Les légendes des juifs</i>, t. * (La création du monde, Adam, les dix génération, Noé), Cerf, 1997. (il ne travaille pas que sur la période de l'Antiquité, mais sur <a href="https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1999_num_42_165_2745_t1_0069_0000_2" rel="nofollow">un corpus de 250 sources entre le IIIe s. av JC et jusqu'à la fin du moyen-âge</a>, mais principalement mises part écrit entre le IIe s. ap. JC et jusqu'au XIV e s.) L'édition intégrale anglaise de 2003 est <a href="https://bibleresourcespart2.wordpress.com/wp-content/uploads/2015/10/legends-of-the-jews-complete-in-2-volumes.pdf" rel="nofollow">disponible en ligne en pdf</a>, concernant la totalité des 7 volumes alors que seul le premier t'intéresse, mais avec l'avantage de disposer de plusieurs centaines de pages d'index, ce qui en fait un outil de recherche plus complet que l'édition française.</p><p>Tu pourrais aussi commencer tout simplement par aller à la source, et consulter le Targoum du Pentateuque. Les codex Neofti et du Pseudo-Jonathan ont été édités dans la collection Sources Chrétiennes (<a href="https://sourceschretiennes.org/collection/sc245" rel="nofollow">vol. 245 pour le tome I consacré à la Genèse</a>). Ces textes conservent la trace de traductions araméenes de la Genèse qui donnent une idées des lectures/commentaires de la Torah qui pouvaient être donnés dans les synagogues de la Palestine des premiers siècles ap. JC.</p><p>Pour remonter encore plus haut, voir le volume de la Pléiade sur les <i>Ecrits intertestamentaires,</i> pour son index des noms propres pour naviguer dans les différents textes, mais aussi et surtout pour son Chap. XVIII, <i>La vie grecque d'Adam et Eve</i> (également connu sous le nom d'<i>Apocalypse de Moïse</i>), écrit daté entre le Ie s. av JC et le Ie s. ap. JC .</p><p>Ajout (12/10) : j'ai oublié Flavius Josèphe (Ie s. ap. JC) et ses <i>Antiquités juives</i> (Livre I, tous premiers chapitres). On les trouve facilement en ligne. <a href="https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/juda1.htm" rel="nofollow">Ici par exemple</a>. Ainsi que Philon d'Alexandrie, contemporain de Flavius (20 av. JC/45 ap. JC) avec ses Questions et réponses sur la Genèse. On trouve une traduction anglaise <a href="https://archive.org/embed/questionsanswers00philuoft" rel="nofollow">en ligne</a>. J'ai cru voir passer il y a quelques mois en librairie une traduction française récente mais mes souvenirs me trompent peut-être car je ne retrouve pas la référence.</p><br /><p>S.<br /><a href='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/1370/1760215062_gensis_flood.jpg'><img src='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/1370/1760215062_gensis_flood.jpg' width='25%' alt='1760215062_gensis_flood.jpg'/></a></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Sat, 11 Oct 2025 20:32:55 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94314#p94314</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Albert Camus (1913 - 1960)]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94278#p94278</link>
			<description><![CDATA[<p><i>Quelques années plus tard...</i></p><p>J'aime beaucoup le recueil <i>Actuelles</i>, premier d'une série de trois recueils de chroniques camusiennes et avec lequel précisément j'ai ouvert le présent fuseau en 2016. On y trouve toujours des choses écrites il y a déjà bien longtemps, mais qui sont dignes du titre du recueil. Une correspondante sur X, ex-Twitter, a ainsi attiré mon attention avant-hier dimanche, sur un passage d'un article de Camus écrit en mai 1947, passage constituant, dans les temps très difficiles qui sont les nôtres et dont j'ai eu l'occasion de parler récemment ailleurs, un intéressant témoignage de la récurrence, de décennies en décennies jusqu'à nos jours, d'un certain discours pénible sur le thème <i>« Les Juifs exagèrent... »</i> : </p><div class="citation"><p>&#160; &#160; &#160; &#160; De même, on est toujours sûr de tomber, au hasard des journées, sur un Français, souvent intelligent par ailleurs, et qui vous dit que les Juifs exagèrent vraiment. Naturellement, ce Français a un ami juif qui, lui, du moins... Quant aux millions de Juifs qui ont été torturés et brûlés, l'interlocuteur n'approuve pas ces façons, loin de là. Simplement, il trouve que les Juifs exagèrent et qu'ils ont tort de se soutenir les uns les autres, même si cette solidarité leur a été enseignée par le camp de concentration. </p></div><div class="citation source"><p>Albert Camus, « Deux ans après », article pour le journal <i>Combat</i>, 10 mai 1947, in <i>Actuelles</i> I. Chroniques 1944-1948, Gallimard, 1950, rééd. « Folio essais » 1997-2009, p. 106-107.</p></div><p>Albert Camus, dans ce texte, parle à raison du racisme (antisémitisme ici inclus) comme étant une <span class="exergue">« maladie stupide et criminelle »</span>. Personnellement, et il m'est du reste déjà arrivé d'y faire allusion en ces lieux, je me suis forgé une sorte de théorème : « antisémitisme = stade anal de la pensée. » C'est un théorème applicable bien sûr aussi à tous les obsédés de la « race », y compris les pseudo-antiracistes « décoloniaux » de notre temps. </p><p>Mais pour en revenir toutefois aux écrits de Camus, c'est la même correspondante sur X qui, quelques semaines plus tôt, m'a poussé à relire un autre texte, <i>L'Exil d'Hélène</i> célébrant la civilisation grecque, écrit en 1948, et extrait du recueil d'essais <i>L'été</i>, à partir de cette citation : </p><div class="citation"><p>&#160; &#160; &#160; &#160; Nous avons exilé la beauté, les Grecs ont pris les armes pour elle. Première différence, mais qui vient de loin. La pensée grecque s'est toujours retranchée sur l'idée de limite. Elle n'a rien poussé à bout, ni le sacré, ni la raison, parce qu'elle n'a rien nié, ni le sacré, ni la raison. Elle a fait la part de tout, équilibrant l'ombre par la lumière. Notre Europe, au contraire, lancée à la conquête de la totalité, est fille de la démesure. Elle nie la beauté, comme elle nie tout ce qu'elle n'exalte pas. Et, quoique diversement, elle n’exalte qu’une seule chose qui est l’empire futur de la raison. Elle recule dans sa folie les limites éternelles et, à l’instant, d’obscures Érynnies s’abattent sur elle et la déchirent. Némésis veille, déesse de la mesure, non de la vengeance. Tous ceux qui dépassent la limite sont, par elle, impitoyablement châtiés.</p></div><div class="citation source"><p>Albert Camus, « L'exil d'Hélène » (1948), in <i>Noces</i> suivi de <i>L'été</i>, Gallimard, 1959, rééd. Folio 1972, p. 133-134.</p></div><p>C'est notamment à ce texte et à d'autres que je pensais lorsque, l'autre jour, dans le fuseau dédié aux <i>Lettres</i> de J. R. R. Tolkien, j'ai conclu, en évoquant Camus et son <span class="exergue">« cœur grec »</span>, mon <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94194#p94194" rel="nofollow">message</a> proposant une traduction commentée d'un extrait de la Lettre 254a, dans laquelle Tolkien critique vivement (et injustement à mes yeux) l'hellénisme, huit ans après la mort prématurée de Camus. </p><p>Je profite, par ailleurs, de la remontée du présent fuseau pour compléter une réflexion figurant dans mes messages précédents de 2016, concernant la valeur que les Juifs/Judéens de l'Antiquité pouvaient accorder au récit des premiers chapitres du livre de la Genèse : puisque j'étais demandeur d'une référence à l'époque, je signale que le professeur de littérature Stephen Greenblatt aborde la question dans le deuxième chapitre de son livre <i>Adam et Ève. L'histoire sans fin de nos origines</i> (<i>The Rise and Fall of Adam and Eve</i>), datant de 2017 et paru la même année en français chez Flammarion (rééd. coll. « Libres Champs », 2020).</p><p><i>Peace and Love</i>,</p><p>B.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Tue, 07 Oct 2025 21:59:14 +0000</pubDate>
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