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		<title><![CDATA[JRRVF - Tolkien en Version Française - Forum / [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
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		<description><![CDATA[Les sujets les plus récents dans [Parution] Tolkien et la Grande Guerre.]]></description>
		<lastBuildDate>Tue, 22 Dec 2020 23:28:39 +0000</lastBuildDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=89684#p89684</link>
			<description><![CDATA[<p>Je remonte ce fil émouvant pour ajouter aux mots du grand-père de Gilles ceux de <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=89683#p89683" rel="nofollow">Maurice Genevoix</a> :</p><div class="citation"><p>Je ne pouvais plus douter. J’étais rejoint et traversé par les ondes d’un bombardement monstrueux. La distance n’y faisait rien. Cela dépassait toute mémoire. J’étais là bas, sous ce bombardement « lointain » où mes sens, bien avant moi, reconnaissaient l’aboi des obusiers, les salves galopantes des canons de campagne, la scansion lourde des pièces sur voie ferrée, l’enfoncement aux entrailles du sol et aussitôt la croulante éruption des énormes obus de rupture. Mes camarades, mes camarades. Il faut avoir senti, à la poussée d’un parapet contre l’épaule, la brutalité effrayante d’un percutant qui éclate ; avoir entendu pendant des heures, du fond de l’ombre, en reconnaissant toutes leurs voix, monter les gémissements des blessés ; avoir tenu cotre soi un garçon de vingt ans la minute d’avant sain et fort, qu’une balle à la pointe du cœur n’a pas tué tout à fait sur le coup, et qui meurt, conscient, sans une plainte, les yeux ouverts et le visage paisible, mais de lentes larmes roulant sur ses joues.</p><p>Vous étiez là, mes camarades. C’est pour vous, pour vous tous que je parle.</p><p>Vous êtes là comme au premier jour.</p><p>Et vous voyez : votre pays se souvient avec vous. Il sait qu’il faut vous respecter, vous entourer, vous remercier — et vous croire. L’Histoire de France a besoin de vous.</p></div><div class="citation source"><p>Extrait du discours prononcé à la Butte Chalmont, le 28 juillet 1968</p></div>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Tue, 22 Dec 2020 23:28:39 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87326#p87326</link>
			<description><![CDATA[<p><small>Je suis bien d'accord. Le récit de ton grand-père me fait d'ailleurs beaucoup penser au <i>Cheval rouge</i> d'Eugénio Corti, roman autobiographique de l'auteur, engagé dans les corps expéditionnaires italiens en Russie pendant la Seconde Guerre Mondiale.</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Tue, 23 Oct 2018 22:33:18 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87325#p87325</link>
			<description><![CDATA[<p><small>Ce qui m'a marqué et qui illustre toute l'absurdité de cette bataille, c'est qu'il n'y a même pas trace de l'adversaire : que des bombes et la mort autour.</p><p>Mais aussi et grâce lui en soit rendue, c'est qu'au milieu de tout ça, il nous montre qu'il reste de l'humanité, en prenant soin des blessés notamment, et en voyant qu'il reste encore des traces de beauté au milieu de cet enfer <I>&#160; je vois des arbres, j'y vais et je me retrouve à l'extérieur des fortifications devant une belle église</I>.</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Tar Palantir)]]></author>
			<pubDate>Tue, 23 Oct 2018 20:10:11 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87324#p87324</link>
			<description><![CDATA[<p>Les deux éléments qui m'émeuvent le plus dans le récit de ton grand-père, j'y ai resongé aujourd'hui, c'est ce moment où il partage le peu d'eau récupérée avec celui qui est peut-être mourant, et cette chute, ce « souvenir dont vivrait-on mille ans, on n’arriverait pas à se défaire ».</p><p>Yyr</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Mon, 22 Oct 2018 21:50:40 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87324#p87324</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87323#p87323</link>
			<description><![CDATA[<p>Merci beaucoup, Gilles.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Sun, 21 Oct 2018 22:27:22 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87322#p87322</link>
			<description><![CDATA[<p>Voilà le récit d'un homme qui donne accès à la vérité du vécu, qui est plus que l'exactitude des faits, avec à la fois une grande pudeur et une grande force dans l'écriture&#160; : « La nuit retombe sur nous, pas le moindre répit, on ne sait plus si on vit ! »...<br />Merci Gilles d'avoir pensé et voulu partager avec nous une telle mémoire familiale.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Sun, 21 Oct 2018 00:03:25 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87322#p87322</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87321#p87321</link>
			<description><![CDATA[<p>Poignant, en effet, et très impressionnant...<br />Merci pour ce texte, cher Gilles.</p><p>I.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (ISENGAR)]]></author>
			<pubDate>Sat, 20 Oct 2018 10:04:23 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87321#p87321</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87320#p87320</link>
			<description><![CDATA[<p><I> VERDUN</p><p>Le 28 avril 1916, venant de l'Aisne par étapes, nous cantonnons à Cumières près d'Epernay sur la rive droite de la Marne. Joli pays, les vignes grimpent depuis les bords de la vallée jusqu'en haut des côtes qui la dominent, encloses dans des murs qui montent en escalier jusqu'en haut.</p><p>Nous passons la nuit bien mal, sur le ciment, sans un peu de paille. Il est vrai que c'et le pays du bon vin et certains sont rentrés à 2 h du matin plus ou moins éméchés.<br />Le lendemain, nous allons embarquer à "Oiny-Marceval", petite gare près d'Epernay. Nous débarquons à Revigny et nous gagnons un tout petit village perdu dans la plaine boisée et humide : Soigny-en-Langle. Nous y restons 2 ou 3 jours et nous voilà après une étape à Rancourt, village un peu plus important.<br />Dans la nuit du 6 mai, je suis de garde au poste de police. Peu avant le jour, un agent de liaison arrive, me demandant où loge le capitaine de notre Cie. Il me dit alors qu’on part dans une heure pour une longue étape. Il fait chaud, pour comble de malheur, j'ai les pieds échauffés, ce qui ne m'arrive jamais!</p><p>Nous voici donc partis pour une longue marche de 36 kilomètres et avec mes pieds échauffés, j’en ai vu le diable; de temps à autre soleil et averses se succèdent. Après la grande halte où l'on se restaure, j'ai cru ne pouvoir redémarrer. Mais enfin, et malgré tout, je suis arrivé au bout : je n'ai jamais tant pâti d'une marche !</p><p>On arrive à Marats La Grande, assez petit village dans un creux. Comble de malheur, hier c'était la Cie qui était de garde à Rancourt, aujourd'hui c'est la section ! Je demande au lieutenant à me déchausser et à prendre la garde pieds nus ; mais il me met exempt de garde et je puis dormir toute la nuit.</p><p>Nous restons là jusqu’au 23 mai. Cette fois-ci pas d’erreur, direction Verdun. On ne nous le laisse pas ignorer et tous les soirs, l’abbé Bergey, dans l'église de Marats, nous fait des sermons de circonstance pour gonfler un peu le moral de tout le monde.<br />On en a bien besoin car bien que Verdun soit encore un peu loin, les bombardements font rage nuit et jour sans arrêt. La nuit, nous montons sur la hauteur et nous assistons à un formidable feu d’artifice, sans aucun répit une énorme lueur rouge illumine l’horizon.</p><p>Enfin, le 23 au matin, nous embarquons en camions. On roule toute la matinée et par Bar-le-Duc, on file vers Verdun. Sur la route, un défilé continuel de camions, une colonne montante, une descendante. Sur les bords, des territoriaux pelles en main, bouchent les trous au fur et à mesure, car la procession n’arrête ni jour, ni nuit. Le camion précédant le nôtre perd une roue avant : on répartit les occupants dans les autres, celui en panne est rejeté sur le côté en un clin d'œil et la procession reprend sa cadence.</p><p>Vers 12 heures, nous débarquons à Dugny, on y fait le repas de midi car les roulantes n'ont pu suivre les camions ; aux alentours de 16 heures, arrivent les ordres: on va gagner Verdun de suite et par petits groupes car la route est bombardée…<br />Nous arrivons à une porte de la ville qui s’ouvre sur les remparts…Ma compagnie s’installe dans une pièce voutée… Nous n’étions pas couchés depuis un quart d’heure quand : alerte ! On laisse les sacs là et on monte de suite faire la relève…</p><br /><p>Dans la nuit sombre, le roulement du canon est si violent qu’on ne s’entend pas du tout, une lueur d’incendie embrase le ciel…. Nous croisons un groupe qui descend : dans la nuit on s’interroge… Je reconnais un ancien de la compagnie qui avait été changé de régiment... Eh bien je vous plains dit-il. Il disait vrai : une odeur infecte empoisonne l’air. Nous quittons la route, à droite, à gauche, partout des batteries tirent… Bien qu’il tombe des obus de tous côtés nous avançons sans perte.</p><p>Nous voici sur une voie ferrée que l’on suit tant bien que mal, truffée de trous d’obus…Mais voici qu’on sent les gaz lacrymogènes, les yeux pleurent. Mettez vos masques ! On les mets pour les enlever bientôt. Mieux vaut pleurer qu’étouffer et marcher en aveugle. Enfin ça n’a pas duré heureusement…</p><p>La voie tourne à droite . Bien lentement on progresse dans la nuit. Nous voici au pied de la côte. Changement de direction. Il faut monter tout droit. Au début, c’est assez raide mais la pente s’atténue en montant. Jusqu’à ce moment, par une chance inouïe, ma compagnie&#160; n’a aucune perte, pas même un blessé. Le jour se lève de bonne heure&#160; et les premières lueurs de l’aube dissipent peu à peu les ombres. Nous entamons la montée dans un vieux ravin ou ancienne tranchée, mais on n’y voit pas encore grand-chose. On voit juste que ce creux est encombré de morts qu’on enjambe.</p><br /><p>Tout à coup, un barrage formidable s’abat sur nous : tout saute. En tirailleurs et en avant ! On se déploie comme on peut et de trou en trou. Petit à petit, on avance vers le haut, chacun pour soi. Le jour est arrivé, le bombardement se fait plus furieux encore. On se tasse dans un trou d’obus où l’on reste 5 minutes. Puis on repart, 20m. 50m.</p><p>Enfin, morceau par morceau, nous voilà sur le plateau…En face à 500m environ, une masse comme une grande taupinière, le fort certainement . Par ci par là, tassés au fond des trous, quelques rescapés comme moi. L’un d’eux passe en courant, il s’arrête près de moi : surtout ne va pas plus loin me dit-il et me montrant un point à 50m en avant, il me dit une mitrailleuse bat ce coin, tous ceux qui passent sont descendus…Puis il s’en va en me disant « Si Dieu n’a pas pitié de nous, personne n’en reviendra ». Je ne le connaissais pas et je ne l’ai jamais revu. </p><p>Cependant, je ne voulais pas rester tout seul. Comme compagnie, des morts partout mais de vivants pas de trace. J’oblique vers la droite, cherchant de trou en trou, quand enfin je tombe sur un groupe d’une dizaine de soldats qui, à coup de pelles, essayent d’aménager un semblant de tranchée . </p><p>Quelle compagnie ? 10ème me répondent-ils. Un lieutenant me dit alors : ne cherche plus ! Reste là ! Toutes les compagnies sont dispersées et il est impossible de former un front continu. Je ne suis plus seul. On organise un tour de garde : un veille et les autres s’allongent au fond. On attend. Mais à chaque instant, il faut prendre la pelle si on ne veut pas être enseveli sous la couche de terre qui inlassablement, telle une pluie, ne cesse de nous recouvrir. Le bombardement furieux ne cesse pas une seconde.</p><p>Sur la droite, à 20m, un autre groupe d’une dizaine d’hommes est installé comme nous et ils travaillent avec frénésie : ils ont bien creusé un bout de tranchée de 3 m de profondeur au moins. Comment n’y ont-ils pas été enterrés ? On m’a chargé de la liaison avec eux et de temps à autre je me traîne pour aller les voir.</p><p>A un moment, un agent de liaison passe. « Les boches attaquent sur la droite » dit-il. On redouble de surveillance. Les grenades ne manquent pas. Il y en a partout dans notre coin. C’était une erreur car on ne voit personne. Le bombardement les avait sans doute arrêtés à lui tout seul.</p><p>La journée se passe ainsi. Il faisait beau mais la fumée était telle, et la poussière, que le soleil était invisible. De temps à autre, des avions, amis ou ennemis – qui sait ?- passent en rase-motte.</p><br /><p>Mais un autre ennemi survient pour tous et pour moi en particulier : la <U>soif</U>. Pour comble de malheur, en me traînant, mon bidon s’est débouché. <br />La première journée se passera sans trop même pâtir, mais le lendemain, après une nuit terrible, c’est une véritable torture qui commence . Cette fois, personne n’a plus une goutte de liquide. Nous en voyons passer en courant qui nous dissent aller chercher de l’eau à une prétendue source que personne ne peut connaître n’ayant jamais été par ici, hallucinations certainement ...</p><p>Cela devient intolérable. On se sent devenir fou. Enfin bénédiction divine, une averse ! Vite, j’étends ma toile de tente et il se ramasse un peu d’eau, et de la bonne sans doute. J’en remplis deux quarts : bien peu de chose. En face moi, allongé au fond, un camarade gît, blessé. Un éclat lui a , peut-on dire, sectionné le bras droit et je peux tout juste lui enrouler le bras dans une serviette et le lui attacher le long du corps : je lui dis bien de partir, mais il me répond "je ne peux pas". Il ne cesse de gémir, il a encore plus soif que moi, dévoré par la fièvre. Je lui fais boire un quart et j’avale l’autre qui me donne encore plus soif, je crois. Enfin, cela m’a certainement sauvé.</p><p>Puis sur le soir, voici deux brancardiers qui s’amènent avec deux brancards; ils chargent un blessé et mettent mon pauvre diable de compagnon sur l'autre. Mais comme ils ne peuvent porter les deux, avec un camarade je me charge de l'autre, et suivant les brancardiers nous le transportons vers un abri carré qu'on voit sur la gauche à 2 ou 3 cents mètres. Arrivés devant que voyons-nous : impossible de rentrer, tout est plein de blessés sur des brancards devant la porte, peut être plus de 50 posés à terre! Ne pouvant faire autrement, nous le déposons à côté des autres. Que sont devenus tous ces pauvres malheureux exposés sans abri à un bombardement furieux qui tourne et retourne la terre ? Bien peu doivent en avoir réchappé.</p><p>Nous retournons en hâte à notre trou, mais nous ne sommes plus que 3 ou 4, les autres sont là, morts, posés devant notre bout de tranchée. La nuit retombe sur nous, pas le moindre répit, on ne sait plus si on vit !</p><br /><p>Tout à coup, vers deux heures du matin des ombres se dressent derrière nous : c'est ici disent-ils, c'est le 2/8e , la relève. On les met au courant rapidement... Que leur dire ? Que savons-nous ? <br />Je ramasse fusil, couverture et toile de tente et les 4 rescapés que nous sommes, prenons la descente aussi vite que nous pouvons.</p><p>Bien qu'en descente, on n'en peut plus et on est vite essoufflés. Nous nous arrêtons une minute dans un petit ravin creux, quand nous remarquons dans la nuit, à 10 m de nous quelque chose qui brûle; une fusée éclairante nous permet de voir : c'est un tas de morts qui brûle près de l'entrée d'un abri. Horreur ! Nous détalons au plus vite jusqu'à la voie ferrée.</p><p>Le jour est arrivé . Nous avons rejoint un autre groupe et nous sommes une douzaine. Le terrain n’est plus qu’un chaos, les trous d’obus se chevauchent même . Je ne parle pas du plateau qui a été tourné et retourné cent fois et on trouverait plus un brin d'herbe.</p><p>Dans quelques trous une eau croupissante toute verte, des cadavres partout et de toutes dates, les uns du jour, d'autres d'il y a 3 mois ; une odeur épouvantable de poudre et de pourriture imprègne l'air. Lentement, et tout à fait indifférents aux obus qui tombent à droite et à gauche, nous npus éloignons. Certains ne peuvent plus résister à la soif et vont boire l’eau des trous. Je me demande s’ils ne sont pas morts empoisonnés ! J’ai résisté tout de même.<br />Que de brancardiers ont péri sur cette voie ferrée, il y en a partout : brancardiers, brancards et évidemment les blessés qu’ils transportaient. Et cependant, tout le monde suivait cette piste vers Fleury ! ...</p><br /><p>Donc, à travers pays, on s’éloigne, engueulés à chaque instant par des artilleurs en bras de chemise tirant sans arrêt. « Fichez le camp de par là, vous allez vous faire enlever la tête par pos pièces. Dans le même temps, des artilleurs sortent d’un abri : « Partez vite de là, l’endroit est intenable tellement il est bombardé à cause des batteries »… Nous piquons un galop pour sortir de cette zone. Bien nous en a pris car sur notre arrière s’abattent rafales sur rafales de gros calibres . Suants, soufflants nous voici enfin à la route. Nous ne nous perdrons plus. Il n’y a qu’à suivre.</p><br /><p>Tout au long de la route, débris de voitures, de caissons, de chevaux se succèdent : que de morts dans les fossés, on n'enterre rien et je vois pourquoi l'autre nuit personne ne répondait ! Enfin, peu à peu, on se rapproche de la ville au « faubourg pavé ». Nous voici aux premières maisons. Enfin, on va pouvoir boire _ on se précipite, que n'ai-je pas englouti !, des litres et des litres. Comment cela ne nous a-t-il pas tués ? Il faut bien croire que la Providence veillait sur les pauvres rescapés...</p><p>Enfin rassasiés, bidons pleins, on repart. Mais où aller pour retrouver l'endroit où nous avons laissé nos sacs ; d'ailleurs, je suis le seul de ma compagnie... Je cherche ensuite mon chemin dans Verdun car&#160; il est bien inutile de demander le moindre renseignement sur l’emplacement des cantonnements, trop de troupes passant et repassant. </p><p>Le voilà seul parti à l'aventure. Désert partout! Je me souviens qu'en arrivant des fusants avaient éclaté dans les arbres et que c'était sur les fortifications; je vois des arbres, j'y vais et je me retrouve à l'extérieur des fortifications devant une belle église, mais très abîmée et toute crevée par les obus. J'y suis entré et je me demande si ce n'était pas la cathédrale.</p><p>Je fais demi-tour, enfin plus loin je vois dépasser le cime d'autres arbres. Je m'y dirige et j’arrive devant la porte Latour Deschamp et je me reconnais. A l’entrée de l'abri, une douzaine de camarades assis le long des murs. Ce sont les premiers arrivés. On se félicite, hélas le soir venu, nous étions tout juste une trentaine et personne n’arriva plus.</p><br /><p>Le lendemain, ma compagnie réduite à 32 ou 33 hommes changeait de cantonnement&#160; et nous allons loger à la caserne Danthouars, grande caserne à moitié démolie…Nous y sommes restés 2 ou 3 jours. Un soir, l’ordre arrive. Départ à la nuit tombante… A la file indienne, longeant les murs nous partons…. Enfin, nous voici sur la route dans la nuit, sans incident, nous revoilà à Dugny. Le colonel qui avait été légèrement blessé et commotionné est sur une porte; il regarde passer les débris de son régiment.</p><p>Nous allons cantonner dans un petit village, où nous arrivons au milieu de la nuit suivante. Libérés de l’obsession des obus, nous dormons, je crois, une partie de la journée. Ah! nous sommes beaux, et pourtant il y a quelques jours que nous sommes descends de Douaumont. Nous nous faisions peur les uns les autres. Malgré de multiples nettoyages tous nos habits dégageaient une odeur infecte dont nous ne pouvions nous défaire; ma couverture a peut-être mis un mois à s'en défaire.</p><br /><p>Le lendemain 1er juin, un convoi de camion vient nous prendre hors du village, en plein champ. Il n’a pas besoin d’être bien long, tout le régiment ne tient plus beaucoup de place. après avoir roulé tout le jour, nous sommes loin du front et débarquons à Rochecourt sur Marne, gros village le long de l'eau. Nous sommes tellement beaux que les gens s'apitoyent sur nous à notre débarquement, oh les pauvres !</p><p>Cependant ils étaient bien habitués à voir des soldats, mais tous prétendaient que nous ressemblions encore à des cadavres ambulants. Il est vrai que c'est bien les plus mauvais moments que nous ayons vécus ; rien n’a plus jamais ressemblé à cet enfer d’une horreur dépassant toute description. Bombardements sans une seconde de répit, plus de morts que de vivants, cette odeur infecte, la soif dévorante à rendre fou, 2 jours et 2 nuits avec un seul quart d'eau à la fin du 2e jour; bienheureuse averse cependant qui a dû en sauver plusieurs. </p><p>Enfin le tout réuni fait de ces 48 heures un souvenir dont vivrait-on mille ans, on n’arriverait pas à se défaire.</p><br /><p>Cependant la vie reprit le dessus et après une douzaine de jours, le régiment reconstitué par des renforts remontait en ligne dans la forêt d'Argonne au nord de "Vienne le Château" dans les bois de la Gruerie. <br />Enfin, je m’en étais bien sorti sauf à un moment, je croyais être devenu sourd car le lendemain de la relève à Douaumont, mes oreilles s’étaient on peut dire fermées et je n’entendis rien pendant 5 à 6 jours, mais comme ça allait en tirant sur l’oreille, je ne m’en inquiétais pas trop et cela repartit tout seul.</p><p>Albert FABIN</p><p></I></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Tar Palantir)]]></author>
			<pubDate>Fri, 19 Oct 2018 22:02:39 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87320#p87320</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87319#p87319</link>
			<description><![CDATA[<p>C'est bientôt le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale.</p><p>J'ai pu relire récemment les récits poignants de mon grand-père, Albert, mobilisé en juillet 14 et libéré en juillet 19. Récits qu'il a écrit vers la fin de sa vie, mais encore très présents dans son esprit alors.</p><p>Afin de préserver sa mémoire, j'ai tenu à vous faire part de quelques-uns de ses souvenirs, soldat ordinaire, héros parmi tant d'autres :</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Tar Palantir)]]></author>
			<pubDate>Fri, 19 Oct 2018 20:34:05 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87319#p87319</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=85511#p85511</link>
			<description><![CDATA[<p>Je remonte le fuseau pour relayer une information de la part de Druss sur le <a href="http://forum.tolkiendil.com/thread-4928-lastpost.html" rel="nofollow">forum Tolkiendil</a>, à propos d'une exposition intitulée "<b>Écrivains en guerre 14-18 : Nous sommes des machines à oublier</b>" à partir du 28 juin 2016 à l'<a href="http://www.historial.org/Expositions/Expositions-a-venir/Ecrivains-en-guerre-14-18-Nous-sommes-des-machines-a-oublier" rel="nofollow">Historial de la Grande Guerre</a> du Château de Péronne (80). </p><p>Un catalogue est en préparation, avec sans doute un texte sur le jeune sous-lieutenant Tolkien, des fusiliers du Lancashire <img src="https://www.jrrvf.com/fluxbb/plugins/ezbbc/style/smilies/smile.png" alt="smile" /><br />A suivre, donc.</p><p>I.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (ISENGAR)]]></author>
			<pubDate>Sun, 08 May 2016 21:38:18 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=85511#p85511</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=83407#p83407</link>
			<description><![CDATA[<p>.<br />Tolkien aurait-il pu imaginer cela? </p><p>Un <b>anneau </b>géant de métal sera inauguré aujourd'hui près d'Arras pour rendre hommage à tous les morts de la Grande Guerre dans la région Nord, Pas-de-Calais.&#160; 580 000 noms de soldats de toutes nationalités y sont gravés. Cet « anneau de la mémoire » se trouve en face du cimetière Notre-Dame-de-Lorette, plus grande nécropole militaire de France (20 000 tombes individuelles et 22 000 inconnus en ossuaires). Les noms des militaires ont été fournis par la Commonwealth War Graves Commission en ce qui concerne les 241 214 soldats de l’ancien Empire britannique, et, outre-Rhin, la Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge en a transmis 173 876. La liste française comprend 106 012 patronymes, parmi lesquels ceux de soldats de l’ancien empire colonial (Algériens, Sénégalais…), ainsi que ceux des combattants de la Légion étrangère, dont des Sud-Américains. Sur l’anneau sont également inscrits les noms de 2 326 Belges, 2 266 Portugais, 1 037 Russes ou 6 Américains. Pour réaliser cette œuvre d’un périmètre de 345 mètres, le ministère de la Défense a cédé à un prix symbolique à la région, dans le cadre d’une convention signée en avril 2011, le terrain situé à proximité de la nécropole, à charge pour la collectivité d’y construire un mémorial d’exception, «qui dépasse les contraintes nationalistes pour aller vers quelque chose d’universel», selon l’historien et concepteur du projet, Yves Le Maner.</p><p><a href='http://s2.lemde.fr/image/2014/11/10/534x0/4521040_6_8dda_m-hollande-devait-inaugurer-l-anneau-de_7cc2f38f9b1eb0dc2f327af469f9467b.jpg'><img src='http://s2.lemde.fr/image/2014/11/10/534x0/4521040_6_8dda_m-hollande-devait-inaugurer-l-anneau-de_7cc2f38f9b1eb0dc2f327af469f9467b.jpg' width='25%' alt='4521040_6_8dda_m-hollande-devait-inaugurer-l-anneau-de_7cc2f38f9b1eb0dc2f327af469f9467b.jpg'/></a><br />Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette, à Ablain-Saint-Nazaire, conçu par l’architecte Philippe Prost</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Silmo)]]></author>
			<pubDate>Tue, 11 Nov 2014 08:05:42 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=83407#p83407</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=82821#p82821</link>
			<description><![CDATA[<p>Hello, je suis tombé sur <a href="http://cle.ens-lyon.fr/anglais/les-tubes-de-la-grande-guerre-en-angleterre-br-partie-1--202385.kjsp?RH=CDL_ANG000000" rel="nofollow">cette page</a>.<br />Je me suis dit que ça pourrait être très intéressant, pour compléter ce fuseau.</p><p>A lire en musique, bien entendu <img src="https://www.jrrvf.com/fluxbb/plugins/ezbbc/style/smilies/smile.png" alt="smile" /></p><p>I.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (ISENGAR)]]></author>
			<pubDate>Sun, 29 Jun 2014 09:10:17 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=82821#p82821</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=82560#p82560</link>
			<description><![CDATA[<p>J'ai vu le dernier épisode de "Apocalypse, la 1ère Guerre mondiale", diffusé avant-hier, mardi soir, et qui a été suivi par un débat puis par "Apocalypse, Hitler", la précédente série documentaire de 2011, déjà vue à l'époque.</p><p>J'avais déjà trouvé pertinent le regard nuancé que porte l'historien Jacques Frémeaux sur cette série, ainsi que je l'ai écrit dans mon précédent message. J'ai pris connaissance depuis du point de vue d'un autre historien, Laurent Véray, spécialiste de l'histoire du cinéma et de la période 1914-1918, point de vue également publié sur le site de <i>Télérama</i>, et là encore, je trouve sa critique de la série globalement pertinente sur le fond, même si je ne suis pas forcément d'accord avec tous les arguments avancés et que le ton employé me parait un peu vif : <a href="http://television.telerama.fr/television/apocalypse-une-modernisation-de-l-histoire-qui-tourne-a-la-manipulation-selon-l-historien-laurent-veray,110388.php" rel="nofollow">http://television.telerama.fr/televisio … 110388.php</a></p><p>Bref, mon avis sur "Apocalypse, la 1ère Guerre mondiale" n'a pas fondamentalement changé, mais il faut croire, tout simplement, que je ne fais pas vraiment partie du public-cible de ce genre de programme. En effet, j'ai probablement visionné et lu trop de choses sur le sujet traité pour ne pas avoir un regard distancié vis-à-vis de l'entreprise. Pour autant, je ne trouve pas qu'elle manque d'intérêt, en particulier s'agissant des archives filmées, visiblement rares pour certaines, qui ont été restaurées pour l'occasion, ce qui est toujours une bonne chose sur le principe (même si j'ai lu que Laurent Véray conteste fortement le fait que l'on puisse ici parler de restauration). Mais si intérêt il y a par certains aspects, l'ensemble reste marqué par un <i>storytelling</i> et un simplisme qui en font plus un divertissement destiné à édifier le public avec un message pacifiste qu'un documentaire historique destiné à informer de la complexité du monde comme il va, hier comme aujourd'hui. <br />Que des jeunes entre 16 et 25 ans (je crois assez bien connaître, pour ma part, les jeunes en âge d'être au lycée) puissent apprécier le travail de montage propre à Costelle et Clarke, avec colorisation et bruitages associés, c'est bien sûr tout-à-fait concevable, mais on est plutôt là avant tout dans l'appréciation d'un programme télévisé, lequel en soi ne peut être évidemment, au mieux, qu'un point de départ vers des démarches plus consistantes en matière d'étude de l'histoire (même sans être un chercheur) y compris s'agissant des films originaux tournés au début du XXe siècle. Personnellement, je ne crois pas que le cerveau de ceux que l'on appelle les jeunes soit si particulier qu'il faille se sentir obligé de leur proposer forcément du pré-mâché colorisé pour qu'ils ouvrent les yeux sur la réalité du passé telle que nous pouvons (modestement) l'appréhender aujourd'hui... à moins que l'on ne considère que le "jeune" du début du XXIe siècle, parce qu'il aurait tendance à être dépendant de son smartphone ou que-sais-je, serait par nature devenu incapable de comprendre un film tourné en noir et blanc un siècle plus tôt... Le monde est compliqué, et le fait est que les films n'ont pas toujours été tournés en couleurs : se faire une idée juste du passé est un exercice par nature difficile, qui suppose un travail intellectuel, même si la technique peut certes toujours nous aider à nous représenter les choses plus clairement (avec la restauration de films anciens, mais aussi avec la reconstitution numérique d'un édifice ou d'une cité disparus ou transformés au fil des siècles, par exemple). C'est en tout cas notamment le travail des enseignants (et des adultes en général, dans l'absolu) que de "développer chez les jeunes un jugement critique, une attitude active de compréhension face aux images", pour reprendre les mots de Laurent Véray. Qu'une série comme "Apocalypse" puisse donc être une porte d'entrée vers l'histoire contemporaine pour un jeune public, pourquoi pas, bien sûr, mais je persiste à trouver son propos, fusse-t-il globalement informatif par ailleurs, relevant trop du registre sensationnaliste et émotionnel, au risque de me répéter. <br />Vouloir montrer le rouge du sang versé pour que l'on se rende mieux compte (s'il en était besoin) que la guerre blesse et tue ; occuper presque tout l'espace sonore avec des bruits de bottes, le fracas des armes et des roulements de tambour dans un but immersif quand ce ne devrait pourtant pas être nécessaire de le faire presque continuellement (à moins d'être fasciné par les sons guerriers, voire au-delà, par le phénomène de la guerre) ; donner par le commentaire un signification à certaines images que celles-ci n'ont pas forcément, au nom d'un certain sens du <i>storytelling</i> (plusieurs occurences) ; mélanger des sources cinématographiques très diverses, "unifiées" par la colorisation, sans que celles-ci aient forcément en soi un rapport direct entre elles même si le montage commenté peut en donner l'illusion ; expédier la révolution russe en quelques mots en simplifiant à l'extrême le contexte y afférent (par exemple, Lénine présenté comme une sorte de crétin sanguinaire au service de Ludendorff : même sans avoir d'estime pour Lénine, la caricature ne peut que me sauter aux yeux) ; faire du traité de Versailles quasiment la seule cause du deuxième conflit mondial (il y a assurément eu d'autres causes) ; et j'en oublie : quand je parle de sensationnalisme, de registre émotionnel et de simplisme, je parle de tout cela... pour ne mentionner ici que quelques remarques en vrac.</p><p>Comme je l'ai écrit plus haut, après cette évocation de la Première Guerre Mondiale, France 2 a rediffusé "Apocalypse, Hitler", et le constat reste le même pour ma part, d'autant plus que l'on sent bien, dans ce cas-là, que Costelle et Clarke ont tenu à présenter les choses de telle manière que le jeune public, après avoir vu la série, ne puisse qu'éprouver de la terreur à l'égard d'Adolf Hitler et du nazisme. Le revisionnage de cette série documentaire sur Hitler, bien sûr tout-à-fait regardable en soi, m'a permis de me rendre davantage compte que je ne fais pas vraiment partie du public visé par ce type de programme, ainsi que je l'ai écrit plus haut. Si ce genre de film peut aider à faire comprendre aux jeunes générations que la guerre et le nazisme sont de mauvaises choses, tant mieux, évidemment. Mais à mon avis, l'intérêt du propos s'arrête plutôt là et ne s'adresse donc guère <i>a priori</i> à des personnes comme moi et d'autres, qui n'ont pas besoin qu'on leur explique que la guerre c'est mal, que le nazisme pue et que Hitler était une ordure : personnellement, j'en suis convaincu depuis longtemps, et pas seulement parce que j'ai plus ou moins découvert la méchanceté des nazis avec <i>Indiana Jones et la Dernière Croisade</i> quand j'étais gamin<span style="color: #d40202">(*)</span>. <br />Reste donc toutefois, s'agissant de l'ensemble de ces films titrés "Apocalypse", le travail de restauration et de montage d'archives qui, lui, colorisation ou pas, me parait être intéressant pour tous, y compris pour ceux qui prétendraient s'y connaître mieux que d'autres sur ces périodes de l'histoire contemporaine (personnellement, j'apprends tous les jours)...</p><p>Ainsi que je l'ai déjà écrit, j'ai fait de longues études d'histoire, mais par ailleurs, j'ai eu l'occasion de m'intéresser plus personnellement un temps à la période de la Première Guerre Mondiale, à l'occasion de recherches généalogiques effectuées quand j'étais encore lycéen et au début de mes études supérieures. Ces recherches ont été l'occasion pour moi, il y a maintenant un certain nombre d'années, de me renseigner notamment sur le parcours de deux de mes arrières-grands-pères, qui étaient à peu près de la même génération puisqu'ils avaient 36 et 37 ans en 1914 et qui ont été mobilisés dans l'armée française du début à la fin de la Grande Guerre, l'un uniquement sur le front occidental français et l'autre au moins un temps sur le front balkanique (ou front de Macédoine). Tous deux ont survécu, bien qu'ayant risqué leur vie à un moment ou à un autre. Le plus âgé est revenu du front avec une bronchite chronique, probablement due aux gaz de combat, et en ayant été profondément marqué par cette guerre (il est mort à 53 ans). Le plus jeune, que l'on envoyé dans les Balkans et qui avait sauvé la vie d'un de ses camarades (originaire du même coin que lui) sur le front, a vécu plus longtemps, jusqu'à la Deuxième Guerre, mais en n'ayant pas eu à connaître, à quelques mois près, l'invasion par l'armée allemande de sa région (située en zone dite "libre"), invasion qu'il redoutait en tant qu'ancien combattant de 14-18. J'ai eu accès aux archives recensant toutes les affectations de mes arrières-grand-pères au sein de l'armée durant leur mobilisation, et il faudrait sans doute que j'aille à Vincennes pour connaître plus de détails, mais peut-être que le centenaire de 14-18 sera l'occasion d'une mise en ligne de certaines archives militaires qui m'éviterait le déplacement (je vais bientôt avoir seulement l'âge du Christ sur la Croix, donc ce n'est pas si vieux, mais j'ai connu les salles de consultation d'archives, départementales et nationales, du temps où il fallait obligatoirement travailler avec stylo et papier en ayant les archives originales devant soi sur la table, sans numérisation ni ordinateur d'aucune sorte). </p><p>Bref, tout cela pour dire que lorsque l'on me parle de la Première Guerre Mondiale, s'il s'agit de se situer sur un plan émotionnel, je pense d'abord à mes aïeux, puis plus généralement à l'ensemble des combattants qui ont supporté cette guerre sur tous les fronts (même s'il faut avoir conscience que les vécus n'ont évidemment pas tous été identiques). Le vécu militaire de J. R. R. Tolkien, dans ce contexte, n'a pas dans mon esprit de statut particulier vis-à-vis de l'histoire de la Grande Guerre, sauf naturellement en ce qui concerne le rapport que l'on peut pertinemment établir entre ce vécu et les écrits de Tolkien. C'est peut-être pour cela que je peux avoir du mal à comprendre ce conditionnement dont a parlé Silmo, même s'agissant de la bataille de la Somme... Que l'expérience de Tolkien puisse être un point de départ vers une prise de connaissance plus poussée de la Grande Guerre en raison du fait que Tolkien représente une figure familière, ainsi que l'écrit Druss, je le conçois fort bien, naturellement, mais que Tolkien puisse occuper une place si importante chez certaines personnes au point que tout soit ramené à lui, y compris un conflit qui dépasse largement l'écrivain, j'avoue avoir déjà un peu plus de mal à le comprendre sur le principe... Ceci dit, à chacun sa sensibilité, et j'ai déjà eu l'occasion de laisser entendre ici que je ne suis pas du genre à établir de hiérarchie en la matière. :-)</p><p>J'ai récupéré, comme prévu, un exemplaire du livre de John Garth le week-end dernier. J'espère trouver le temps de le lire prochainement.</p><p>Amicalement à tous, :-)</p><p>Hyarion.</p><p><span style="color: #d40202">(*)</span><small>: je me souviens encore très bien que c'est en découvrant l'histoire de ce film de Steven Spielberg, évoquée dans la presse jeunesse à l'époque de la sortie du long métrage dans les salles de cinéma en France (octobre 1989), que j'ai commencé à me demander qui étaient ces si méchants nazis qu'affrontent Indiana Jones et son père dans ce film par ailleurs excellent. J'ai un peu plus tard beaucoup appris sur Hitler et sa clique en lisant notamment le premier des huit volumes de la version française d'une histoire internationale de <i>La Deuxième Guerre Mondiale</i> dirigée par André Beaufre (Librairie Jules Tallandier, 1967-1969) qui figurait dans la bibliothèque de mes grands-parents.</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Thu, 03 Apr 2014 20:03:35 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=82560#p82560</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=82538#p82538</link>
			<description><![CDATA[<p>Je crois, Jean, que Tolkien ne goutait guère l'allégorie, c'est le moins qu'on puisse dire, et je dirais juste que les enfants ne sont pas des arbres, même pas les enfants bretons. Mais si tu vas par là, l'arbre, pour s'enraciner, aura en chemin, plongé profond ses racines, drainé à lui l'eau du sol, interdit bien d'autres développements que le sien alentours, et afficher la promesse d'une ombre stérilisante pour bien des formes de vie moins robustes que la sienne.</p><p>Pour le reste, je crois que tu m'as mal compris: je ne m'étonnais pas de ce qu'une génération entière aie été prête à se sacrifier pour la France, les processus ont été bien mis à jour par les historiens, non, je disais qu'une des perspectives les plus difficiles à faire adopter aux élèves- et aux enseignants aussi, au fond- c'est de comprendre intimement ce que représentait cette idée, qui nous est devenue très étrangère. Il ne s'agit pas temps de rêver de "mourir en héros", ce fantasme (je crois que s'en est un) qui relève à mon avis d'un érotisme très masculin est très présent chez les garçons- ça me semble assez normal, que de tuer "en héros", que de survivre concrètement sur le front, et au long de la guerre, et de voir comment l'idée d'héroïsme perdure ou pas dans ce contexte de guerre "réelle". C'est pour moi le défi principal dans la transmission à mes élèves. Sinon, on ne peux pas comprendre que 10 millions de personnes vont mourir dans la guerre. C'est qu'à un moment, l'idée qu'il faut faire la guerre continue à s'incarner- littéralement- au delà des destin individuels, dans une masse de soldats.</p><p>Et ce qui me semble plus intéressant avec mes élèves, c'est de faire le parcours inverse à celui qui est attendu, et non pas chercher l'origine de ce nationalisme vivant, mais plutôt d'essayer d'expliquer comment ce sentiment est devenu étranger à la majorité des français, jusqu'à nous. Et espérer,peut-être de pouvoir se réjouir de ce que la grande violence du meurtre autorisé de l'ennemi est devenu inconnu à la plupart des jeunes hommes d'aujourd'hui.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (pierrebrrr)]]></author>
			<pubDate>Sat, 29 Mar 2014 22:11:43 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=82538#p82538</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  [Parution] Tolkien et la Grande Guerre]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=82537#p82537</link>
			<description><![CDATA[<p>Voila bien des sujets qui nous écartent de Tolkien, mais c’est un des plaisirs de JRRVF de diverger entre amis. </p><p>Sur la question de savoir si l’humanité est bonne par nature ou mauvaise, cette question est une des plus disputée à la fois en théologie et en philosophie. Personnellement je suis plutôt pessimiste sur ce plan et j’ai tendance à croire que, l’humanité est effectivement foncièrement mauvaise et pécheresse, mais je suis conscient que cette position ne fait pas consensus.</p><p>Du coup, je rejoints la position de Cédric sur l’éducation des enfants. Dans ma Bretagne il y a des endroits où le vent est si fort que les arbres sont tués avant de pouvoir se développer. Pour pouvoir en planter malgré tout on procède de la manière suivante. On plante le petit arbre derrière un talus où il est bien abrité du vent. Lorsqu’il grandit on le protège avec un treillis de genêts qui brise un peu le vent (maintenant on prend un grillage plastique). C’est seulement quand l’arbre est bien enraciné et déjà robuste qu’on le laisse affronter le vent des tempêtes d’hiver. Je crois qu’il en est de même avec les enfants. Lorsqu’ils sont tout petits il faut entièrement les protéger puis leur laisser découvrir petit à petit la laideur du monde avant de les laisser affronter celui-ci.</p><p>Sur la question de comment peut-on former une génération entière prête à « donner sa vie pour la France », je pense que c’est tout simplement une question d’éducation et de conditionnement. Quand on a été biberonné avec les vers de Corneille <br />« mourir pour son pays est un si noble sort<br /> qu’on briguerait en foule une si&#160; belle mort »<br />Quand on a appris à lire avec le récit du sacrifice des Spartiates aux Thermopyles&#160; ou&#160; celui des légionnaires à Camerone ; et bien oui on rève de mourir en héro. Je l’ai fait quand j’avais 12-13 ans et il m’a fallu du temps pour me désintoxiquer .</p><p>Je cite juste Ernest Levisse historien et chef de cabinet&#160; d’un ministre de l’instruction publique </p><p>&#160; Le vrai patriotisme a besoin d’être cultivé. […] Enseignement moral et<br />patriotique : là doit aboutir l’enseignement de l’histoire à l’école primaire.<br />[…] Pour tout dire, si l’écolier n’emporte pas avec lui le vivant souvenir de<br />nos gloires nationales, s’il ne sait pas que ses ancêtres ont combattu sur<br />mille champs de bataille pour de nobles causes ; s’il n’a point appris ce qu’il<br />a coûté de sang et d’efforts pour faire l’unité de notre patrie et [faire<br />ensuite naître] les lois qui nous ont rendus libres, s’il ne devient pas un<br />citoyen pénétré du sentiment de ses devoirs et un soldat qui aime son fusil,<br />l’instituteur aura perdu son temps.</p><p>Pas étonnant qu’avec une telle utilisation de l’école on ait eu des hommes prêts à mourir</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (jean)]]></author>
			<pubDate>Sat, 29 Mar 2014 20:12:43 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=82537#p82537</guid>
		</item>
	</channel>
</rss>
