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		<title><![CDATA[JRRVF - Tolkien en Version Française - Forum / Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
		<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=6890</link>
		<description><![CDATA[Les sujets les plus récents dans Irène Fernandez et C.S. Lewis.]]></description>
		<lastBuildDate>Fri, 16 Dec 2005 19:05:00 +0000</lastBuildDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80366#p80366</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Lægalad a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Je trouvais ça bien, moi... aller au-delà des querelles de clocher, toucher à cet idéal de Bonté et Beauté, d'amour de l'autre et d'émerveillement... qui, je le maintiens, le pense et l'affirme, existe (peut exister du moins) chez tout homme, qu'il soit ou non d'une confession quelle qu'elle soit. Et (mais ce n'est que mon opinion de jeune personne sans doute idéaliste) [...]</p></div></blockquote></div><p>Oui et non :) je ne crois pas que Tolkien pensait que cet « idéal de Bonté, d'amour et d'émerveillement » était encore accessible de manière naturelle à l'Homme dans un monde qu'il n'arrête pas de qualifier de déchû. <small>Et il n'était pas non plus un relativiste qui croyait à une relation au Bien donnée à l'Homme indépendamment de sa relation à Dieu ...</small> Il n'a cependant pas écrit pour convertir, et je te suis :) dans ce que tu dis ensuite :</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>[...] je pense que c'est cela que Tolkien voulait faire vibrer (c'est pour ça que cette conclusion m'a tant plue), cet état d'esprit qu'il voulait induire : non pas convertir à quoi que ce soit, mais montrer que le monde, en dépit de tout, est source d'émerveillement, que le respect et l'amour, "outside our domestic parish", sont la clé de l'épanouissement de l'Homme.</p></div></blockquote></div><p>Je crois que d'une manière générale, Tolkien a voulu sensibiliser à la <i>Faërie</i>.<p>Mais si <i>Faërie</i> n'est pas religieuse, cela ne veut pas dire que le <i>Conte Faërique</i> lui n'est pas religieux : Tolkien dit dans son (autre) essai que le conte peut être un <i>véhicule</i> du Mystère <small>(entre autre ! pas uniquement !)</small>. En aucun cas (pour Tolkien) la <i>faërie</i> du conte ne sera (dans sa nature) religieuse, i.e. ne pourra se permettre d'incarner le Mystère, mais à travers elle, et surtout à travers l'histoire, le dessin du Mystère pourra-t-il être entraperçu, comme le reflet renvoyé par un miroir (le conte faërique est ce miroir, et la faërie son pouvoir, sa magie). Faire de la Faërie elle-même une incarnation du Mystère, selon Tolkien (auquel je m'accorde), c'est de l'allégorie, et c'est gênant à la fois pour le conte et pour le Mystère : - et d'un le conte n'est plus vraiment « vivant », car il a alors été écrit en vue de tout autre chose que pour lui-même - et de deux il prétend à quelque chose qui dépasse tout sous-créateur : seul Dieu est l'auteur/créateur capable de concevoir le Mystère et de le dire, dans sa Parole. <small>Voilà pourquoi, sans beaucoup de doute, Tolkien écrivait-il aussi que s'il s'agissait d'étudier le Mystère lui-même, il valait mieux écrire un traité de théologie qu'un conte.</small></p><p>Il n'y a (à mon avis) pas la moindre contradiction dans les affirmations de Tolkien tant par rapport à l'allégorie que par rapport au religieux d'un conte ; ainsi dans la même lettre voire peut-être même dans la même phrase écrivait-il, de mémoire <small>(en écho à Vinyamar)</small> : « le Seigneur des anneaux est profondément religieux (...) c'est pourquoi j'en ai ôté tout élément religieux » :). Mais il s'agit de bien distinguer ce qui est du ressort de la <i>nature</i> de faërie (et des créatures qui l'habitent et qui sont libres de nous) de ce qu'elle <i>véhicule</i> dans le conte et l'histoire.</p><p>Jérôme :)</p><p><small>— qui passe très vite, sur le départ de ses vacances, et souhaite à chacun, à l'occasion de ce Noël, l'émerveillement et le respect des Elfes, et l'ouverture « outside our domestic parish » que la Faërie peut enseigner ... en lien avec un très beau mystère ... :)</p><div class="quotebox"><cite>Lægalad a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Je sais que je n'ai strictement rien à faire ici (...)</p></div></blockquote></div><p>Tu ne dis pas souvent de grosses bêtises, princesse, mais en voilà une - bise :)</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Fri, 16 Dec 2005 19:05:00 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80365#p80365</link>
			<description><![CDATA[<p>Bien joué, Silmo !<br></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Kendra)]]></author>
			<pubDate>Thu, 08 Dec 2005 22:37:00 +0000</pubDate>
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		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80364#p80364</link>
			<description><![CDATA[<p>Kendra, en lisant ce fuseau, tu auras remarqué que justement Tolkien se contredit (semble-t-il) justement sur ce point. Les soupirs sont donc fortuits. C'est justement à cause de cette très célèbre phrase que la compréhension de ce que Tolkien veut dire est délicate.<br>De même que pour la citation de Laegelad, qui d'ailleurs se palce d'un point de vue internaliste (et est donc conforme à ce que disait Tolkien lui même sur l'absence de religion dans ses conte, expliquant que c'est justement la conséquence du fait que le roman est, quant à lui, fondamentalement religieux.<br>Pas si simple à comprendre, n'est-ce pas ? <br>(mais je souhaiterais vraiment que l'on ne se remette pas à débattre du religieux ou non dans l'oeuvre de Tolkien (et on en prend droit le chemin) mais bien de ce qu'est l'allégorie chez Tolkien et chez Lewis, le mythe chez l'un et chez l'autre.)</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Vinyamar)]]></author>
			<pubDate>Thu, 08 Dec 2005 21:29:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80364#p80364</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80363#p80363</link>
			<description><![CDATA[<p>Mais dans sa biographie de tolkien, Carpenter avance que "Smith" est le seul conte qui traite de l'allégorie : </p><div class="citation"><p>Smith of Wootton Major was generally well received by the critics, though none of them perceived its personal content nor remarked that it was uncharacteristic of its author in containing an element of allegory. Tolkien wrote of this: “There is no allegory in the Faery, which is conceived as having a real extramental existence. There is some trace of allegory in the Human part, which seems to me obvious though no reader or critic has yet averted to it. As usual there is no “religion” in the story; but plainly enough the Master Cook and the Great Hall, etc.. are a (somewhat satirical) allegory of the village-church, and village parson: its functions steadily decaying and losing all touch with the “arts”, into mere eating and drinking - the last trace of anything “other” being left in the children.’</p></div><p>Silmo :-)</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Silmo)]]></author>
			<pubDate>Thu, 08 Dec 2005 19:07:00 +0000</pubDate>
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		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80362#p80362</link>
			<description><![CDATA[<p>Je peux faire un hors sujet ici ?<br>dans l'adresse de laegalad il y a "enlevezceci" ben il faut "enlever ceci" elle fait ça pour éviter d'être spammée par des programmes récupération massive d'adresses qui scrutent les sites Internet.<p>Au fait, coucou Christine, contente que tu fasses surface, tu auras fini par mailer à toute la troupe sudiste si ça continue : Laegalad et moi, nous sommes grosso-modo de la même région (et nous avons des points communs de tempérament)<p>fin du hors-sujet</p><p>Sinon, Tonton a dit maintes fois qu'il ne fonctionnait pas sur le mode allégorique.<br>Puisque il faut citer (soupir...) je cite les Lettres :</p><ul><li><p>page 208 <span class="exergue">« J'ai nourri ab initio une passion tout aussi fondamentale pour les mythes (non l'allégorie!) »</span></p></li><li><p>page 210 <span class="exergue">« Je n'aime pas l'allégorie — l'allégorie consciente et délibérée — mais toute tentative pour expliquer la portée du mythe du conte de fées doit recourir au langage allégorique »</span></p></li></ul>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Kendra)]]></author>
			<pubDate>Thu, 08 Dec 2005 17:57:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80362#p80362</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80361#p80361</link>
			<description><![CDATA[<p>HS :<p>Laegalad, j'ai voulu répondre à ton mail, mais l'adresse ne passe pas. En as-tu une autre ?<p>Fin du HS</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Christine)]]></author>
			<pubDate>Thu, 08 Dec 2005 14:52:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80361#p80361</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80360#p80360</link>
			<description><![CDATA[<p><small>Cristine : merci :) Et ne t'inquiète pas pour moi, prend ton temps :)</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Laegalad)]]></author>
			<pubDate>Thu, 08 Dec 2005 14:47:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80360#p80360</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80359#p80359</link>
			<description><![CDATA[<p>Bonjour,<p>Laegalad > Je comprends que mon texte prête à confusion. Accorde-moi cependant le bénéfice du doute. Effectivement, je ne parle pas expressément de la Faërie nommément évoquée dans Smith. Cependant, je fais une lecture différente de la tienne quant à la citation que tu avances, mais j'y reviendrai (en tout cas elle ne me semble en aucune manière contradictoire avec ce que j'ai pu dire au-dessus).<br> <br>Vinyamar > merci pour tes commentaires. Je suis d'accord que je n'ai pas vraiment répondu sur la notion de sacrement. M'accordes-tu un peu de temps ? J'ai des choses à dire là-dessus et aussi (pour tâcher de rassurer Laegalad) sur l'idée que je peux me faire de la faërie d'après Tolkien, mais j'ai besoin de structurer les choses et comme la santé ne suit pas, il me faut un petit délais.<p>amicalement,<p>Christine</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Christine)]]></author>
			<pubDate>Thu, 08 Dec 2005 14:36:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80359#p80359</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80358#p80358</link>
			<description><![CDATA[<p><small>ben voilà... On va dire que c'est de ma faute, et qu'en plus je le sentais venir, ce qui aurait dû m'arrêter. La jeunesse est trop fougueuse et pas assez prudente :(</small><p>Il me semblait avoir vu le mot Faërie dans la citation que tu fais de Christine, et dans ton dernier message aussi. Or, il me semblait aussi que l'Essai sur les Contes de Fées, et a fortiori Smith of Wooton Major, était lié à Faërie. Or donc, suivant cette même logique, les écrits liés à Smith me semblent liés à Faërie. Je ne pense pas me tromper, et n'intervenait pas sur la présence ou non du Christianisme dans le SdA<small> (que je ne refuse pas non plus... c'est juste que je ne la vois pas. Mais ce n'est pas parce que moi je ne la vois pas que je vais dire que ceux qui la voit se trompe ! Où aurais-je écrit cela ? Est-ce que je jette des enclumes sur Yyr et Sosryko quand ils tissent des liens et des parallèles ? Non. Parce qu'un éclairage différent illumine d'autres aspects et que je suis bien contente qu'ils le fassent)</small>, mais sur sa présence ou non dans ce que Tolkien a décrit de la Faërie (et là... ben là, Tolkien est tout à fait explicite).<p>Mais si effectivement, Christine désigne une autre Faërie que celle qu'on trouve dans Smith, dans l'Essai sur les Contes de Fées et les écrits liés, quand elle dit que "La Faërie [est] pour moi le lieu liturgique par excellence", ma citation est en effet mal placée.<br>Maintenant, pour ne pas être mal interprêtée non plus : Christine, ce n'est pas une attaque ou quoi que ce soit, ça m'étonnait juste :) Tu as un point de vue différent, interessant à savoir, et je ne suis pas une intégriste.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Laegalad)]]></author>
			<pubDate>Thu, 08 Dec 2005 14:03:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80358#p80358</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80357#p80357</link>
			<description><![CDATA[<p>"au delà des querelles de clocher"<br>Euh, non. Je ne vois aucune querelle de clocher ici, du moins pas avant ton intervention.</p><p>Nous ne parlions pas ici, nous&#160; ne débattions pas une 100e fois de la préence du religieux chez Tolkien. C'est dommage que tu ramènes le débat à ce permanent refus d'une présence de la foi dans les récits de Tolkien. Du reste, nous n'analysons pas la même oeuvre. Smith, de Grandwood ne me paraît pas relever du mythe (mais de l'allégorie, cela se peut), et ne me paraît pas non plus, comme le dit Tolkien, diffuser d'éléments de foi comme c'est le cas dans son oeuvre plus importante.<br>Mais on a déjà parlé de Smith en d'autres lieux (hymne à la poésie (poieo) et à l'imagination).<br>Le texte de Tolkien s'applique à Smith.</p><p>Je ne souhaite pas (pour ma part) relancer ici le débat sur la foi, qui a déjà eu lieu en maints endroits. <br /><small>(on ne ferait guère que se répéter. C'est d'ailleurs pour y pallier que j'avais rédigé cet article qui résumait pas mal d'interventions sur le forum : <a href="https://www.jrrvf.com/precieux-heritage/essais/le-seigneur-des-anneaux/le-seigneur-des-anneaux-mythe-paien-ou-recit-catholique/">Le Seigneur des Anneaux, mythe païen ou récit catholique ?</a>)</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Vinyamar)]]></author>
			<pubDate>Thu, 08 Dec 2005 13:37:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80357#p80357</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80356#p80356</link>
			<description><![CDATA[<p>Je sais que je n'ai strictement rien à faire ici, pardonnez donc mon intrusion... mais une chose m'intrigue.</p><div class="citation"><p>BUT Faery is <i>not</i> religious. It is fairly evident that it is not Heaven or Paradise. Certainly its inhabitants, Elves, are not angels or emissaries of God (direct). The tale does not deal with religion itself. The Elves are not busy with a plan to reawake religious devotion in Wootton. The Cooking allegory would not be suitable to any such import. Faery represents at its weakest a breaking out (at last in mind) from the iron ring of the familiar, still more from the adamantine ring of belief that is known, possessed, controlled, and so (ultimately) all that is worth being considered — a constant awareness of a world beyond these rings. More strongly it represents love: that is, a love and respect for all things, 'inanimate' and 'animate', an unpossessive love of them as 'other'. This 'love' will produce both ruth and delight. Things seen in its light will be respected, and they will also appear delightful, beautiful, wonderful even glorious. Faery might be said indeed to represent Imagination (without definition beacause taking in all the definition of this world): esthetic: exploratory and receptive; and artistic; inventive, dynamic, (sub)creative. This compound — of awareness of a limitless world outside our domestic parish; a love (in ruth and admiration) for the things in it; and a desire for wonder, marvels, both perceived and conceived — this 'Faery' is as necessary for the health and complete functioning of the Human as is sunlight for physical life: sunlight as distinguished from the soil, say, though in fact permeated and modifies even that.</p></div><div class="citation source"><p>J.R.R. Tolkien, <i>Smith of Wooton Major</i>, extended edition, ed. By Verlyn Flieger, éd. Harper Collins, 2005</p></div><p>Les exergues de la première phrase ne sont pas de moi, mais de Tolkien himself.</p><p>Je trouvais ça bien, moi... aller au-delà des querelles de clocher, toucher à cet idéal de Bonté et Beauté, d'amour de l'autre et d'émerveillement... qui, je le maintiens, le pense et l'affirme, existe (peut exister du moins) chez tout homme, qu'il soit ou non d'une confession quelle qu'elle soit. Et (mais ce n'est que mon opinion de jeune personne sans doute idéaliste) je pense que c'est cela que Tolkien voulait faire vibrer (c'est pour ça que cette conclusion m'a tant plu), cet état d'esprit qu'il voulait induire : non pas convertir à quoi que ce soit, mais montrer que le monde, en dépit de tout, est source d'émerveillement, que le respect et l'amour, "outside our domestic parish", sont la clé de l'épanouissement de l'Homme. <br>Mais encore une fois, ce n'est que mon interprétation, n'allez pas me jeter d'enclume :)</p><p>S. -- <small>repart sur la pointe des pieds...</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Laegalad)]]></author>
			<pubDate>Thu, 08 Dec 2005 09:18:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80356#p80356</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80355#p80355</link>
			<description><![CDATA[<p>Merci Christine pour ce passionnant développement. Et plus encore, pour sa beauté.</p><p>Il me semble que tu mets le doigt sur la solution à ce conflit entre allégorie ou non en montrant que ce que Tolkien regrette, c'est finalement l'allégorie historique, l'allégorie qui identifie un élément matériel du conte avec un élément tout aussi matériel du monde primaire. Comme tu le dis, si c'est ça, quel est l'intérêt ? Alors que si l'élément du conte désigne <small>(en rappelant que ce n'est pas le but premier de cet élément que de désigner autre chose, mais nous y reviendrons)</small> une autre réalité plus conceptuelle, plus universelle aussi, sur la condition humaine, alors l'allégorie devient noble et propre à faire réfléchir l'adulte.</p><div class="citation"><p>Car je pense que le conte de fée a sa propre manière de réfléchir [reflect] la "vérité", différente de celle de l'allégorie, la satire (prolongée) ou du "réalisme" - et d'une certaine façon, plus puissante.</p></div><p><small>(j'ai l'impression que ce serpent de mer me taraude tant qu'il va bien falloir que je finisse par en faire un article)</small><br>Tolkien rappelle que le premier but du conte de fée, c'est de donner du plaisir, et d'émouvoir (comme tu le rapelles).</p><div class="citation"><p>Mais si l'on entreprend de s'adresser à des "adultes" (à des gens mentalement adultes en tout cas), ceux ci ne prendront plaisir, ne seront passionnés ou émus qu'à condition que l'ensemble, ou les péripéties, semblent concerner une chose qui mérite leur attention ; plus par exemple que le simple danger et l'évasion : il doit y avoir un rapport avec la condition humaine (de toutes les époques).</p></div><div class="citation source"><p>Lettre 181</p></div><p>Tolkien distingue cela de l'allégorie. Il apparaît donc que la définition que Tolkien donne à l'allégorie est effectivement très restreinte, comme tu le dis Christine : un élément qui en représente un autre (l'anneau = la Bombe A).</p><p><small>(Tu dis que tu ne pense pas spontanément à la Bombe A quand on te parle de l’Anneau, mais c’est parce que la bombe A n’est pas aujourd’hui un élément qui nous préoccupe, comme elle l’était, on peut l’imaginer à l’époque où elle fut utiliser pour la première fois. Par contre, je suis certain que si Tolkien avait écrit son roman cette année ou l’an dernier, on n’aurait pas manqué de voir l’Irak et les Etats-Unis dans les guerres du roman. Et ça nous aurait tous effleuré l’esprit, même pour le rejeter ensuite, parce que ces événements nous marquent aujourd’hui.)</small></p><p><br>Mais dès que l'on parle de condition humaine, on s'approche du mythe plus que de l'allégorie. Le mythe est-il une allégorie ? Oui, sans doute, mais d'une puissance particulière.<br>Ou alors, il faudrait que nous parvenions à définir et bien distinguer le mythe, l’allégorie, et le symbolisme (un beau titre pour un article).</p><p>Je trouve sur Wikipédia une définition convenable du mythe : </p><div class="citation"><p>Le mythe raconte une histoire sacrée, performative pour celui qui appartient à la culture qui le crée. Il relate non seulement l'origine du Monde, des animaux, des plantes et de l'homme, mais aussi tous les événements primordiaux à la suite desquels l'homme est devenu ce qu'il est aujourd'hui, c'est-à-dire un être mortel, sexué, organisé en société, obligé de travailler pour vivre, et vivant selon certaines règles. Il&#160; produit une explication concrète de certains aspects fondamentaux du monde : sa création (cosmogonie), les phénomènes naturels, le statut de l'être humain, ses rapports avec le divin et la nature ou avec les autres humains<br>Le mythe se déroule dans un temps primordial et lointain, un temps hors de l'histoire, un Âge d'Or, un temps du rêve. Le mythe cosmogonique est « vrai » parce que le monde existe. Le mythe d'identité est « vrai » parce que la communauté dont il est l'image existe. Le mythe d'origine est « vrai » parce que la communauté le répète pour continuer de vivre. En ce sens, le mythe contient quasiment toujours des éléments de liturgie.</p></div><div class="citation source"><p>Wikipédia</p></div><p>Cela rejoint, je trouve, ton explication que je partage. Tolkien n’aime pas l’allégorie parce qu’en contraignant, selon lui, à une identité entre un élément du conte et un élément du monde primaire, « elle oblitère le rapport de l'homme au monde en le réduisant à une donnée historique ». Elle ferme, selon lui, la porte à la réflexion du rapport au monde, au créé, à Dieu que doit, justement, engendrer le mythe. </p><p>Pour autant, on est d’accord pour dire que ce que Tolkien cherche d’abord à faire dans son ouvrage, c’est émouvoir.. il l’a suffisamment répété, il voulait recréer, offrir à nouveau à ses lecteurs la chose la plus digne et qui est l’essence (ou le sens) même du conte de fée : l’eucatastrophe ! Et il lie directement l’eucatastrophe du conte à celle de l’Evangelium, conte suprême parce que réalisé dans l’Histoire. Et c’est le mystère de cette scène des réjouissances du champ de Cormallen, où la joie est saisissante comme une épée et les transporte en des régions où la douleur et le plaisir coulent de pair « et où les larmes sont le vin même de la béatitude ». C’est le faîte de l’émotion que Tolkien veut nous proposer de partager.</p><p>C’est le premier but du conte… mais Tolkien nous révèle lui-même que ce n’est pas sa fin.</p><div class="citation"><p>Mais bien sûr, si vous désirez que je réfléchisse davantage, je dirai que le mode de cette histoire, la « catastrophe » <i>illustre</i> (partiellement) cette phrase bien connue « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Ne soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal ».</p></div><p>Le changement de ton est brutal. Du simple émerveillement d’un récit bien fait, l’auteur nous projette dans une orientation tout à fait inattendue chez n’importe quel auteur, et en particulier dans un conte de fée. A l’allégorie, Tolkien oppose « l’illustration » (il souligne le mot). Mais quel thème ! (et ce n’est qu’un de ceux qu’il explicitera, puisqu’il dit ailleurs : </p><div class="citation"><p>Le véritable thème, pour moi, est lié à quelque chose de beaucoup plus intemporel et difficile : la Mort et l’Immortalité : le mystère de l’amour du monde dans le cœur d’un peuple condamné à le quitter et à le perdre (apparemment) ; l’angoisse d’un peuple « condamné » à ne pas le quitter tant que toute son histoire engendrée par le Mal ne sera pas achevée.</p></div><div class="citation source"><p>Lettre 186</p></div><p>On reste stupéfait par la thématique que Tolkien a voulu inclure dans son œuvre, à 1000 lieues en effet d’une vulgaire bombe atomique ou de la vie libre et sauvage.</p><p>Peut-être est-ce là ce qui fait passer un récit (ou&#160; une allégorie) au rang de mythe : traiter de thèmes intemporels ? (comme tu le disais Christine, refuser l’étroitesse de l’allégorie historique).</p><p>Je crois que, grâce à toi, je suis en train de résoudre cette contradiction qui me gênait tant chez Tolkien concernant l’allégorie.</p><p>Pour le sujet du sacrement, ou de la liturgie, je ne suis pas encore satisfait.<br>D’abord tu établis une équivalence entre le sacrement et la liturgie (ou un raccourci) qui me semble erroné. Les protestants, justement, ont des liturgies sans sacrement. (Mais Lewis était bien anglican, reste à savoir s’il était de la High Church ou de la Low Church pour étudier son rapport au sacrement). Tout art est-il une liturgie. Je n’en suis, hélas, pas si sûr parce que je crois qu’on l’on peut détourner le pouvoir de subcréation de l’homme loin de l’image de Dieu qu’il est censé pouvoir refléter. Tolkien, en tout cas, estimait (dans <i>Feuille de Niggle</i>) que son œuvre pouvait trouver à entrer dans le plan de Dieu et dans une économie particulière du Salut (le sien ?). (je serais d’ailleurs plus réservé que toi concernant l’attention que Tolkien portait aux autres hommes. Il se rend justement coupable, dans ce conte, d’avoir négligé les besoins plus matériels des autres hommes en passant son temps à travailler à sa fresque immense !).</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>La Faërie (qui est pour moi le lieu liturgique par excellence) est par essence "translucide" : les choses sont telles quelles sont sous le ciel, mais magnifiées non pas par un quelconque esthétisme, mais par une inhabitation plénière.</p></div></blockquote></div><p>C’est fort joliment dit, et j’acquiesce, (cela reprend ce que disait Tolkien dans son essai sur la faculté qu’a le conte de fée de permettre de voir le monde réel à travers une nouvelle fenêtre) ; mais je n’y trouve pas le sacrement dont tu parlais. Quant à dire que la Faërie est un lieu liturgique, je comprends mal malgré toutes tes explications.<br>La liturgie est le « service » donné aux hommes pour entrer en lien avec Dieu, en relation. Oui, je crois en effet que la sub-création est (ou peut être) </p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>la forme responsoriale proprement humaine s'inscrivant dans "l'ineffable dialogue" avec Dieu.</p></div></blockquote></div><p>Et la sub-création peut devenir une liturgie. Mais la Faërie, produit de cette sub-création, le devient-elle elle-même ? Elle peut être le « lieu » où l’homme peut rencontrer Dieu, grâce à l’auteur. Si c’est cela, alors d’accord, la Faërie peut être une liturgie. Comme n’importe quel roman empreint de foi. Mais pourquoi « lieu par excellence » ?</p><p>Et puis toujours, quid du sacrement ?</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Vinyamar)]]></author>
			<pubDate>Wed, 07 Dec 2005 23:18:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80355#p80355</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80354#p80354</link>
			<description><![CDATA[<p>Pardon pour ce long texte. je ne suis pas sûre d'avoir répondu, et j'ai probablement développé des fils qui ont déjà couru ailleurs, mais la réflexion est si dense que je n'ai guère pu faire autrement.<br>Si ces ligne dérangent par leur optique ouvertement catholique, je m'en excuse : pour ma défense, je dirais que j'essaie maladroitement de me placer dans l'optique de Tolkien. Je ne pense pas avoir fait de la théologie pour la théologie et même si les développement sont conséquents, croyez bien que je ne perds ou ne veux pas perdre de vue le conte.</p><p class="separation"></p><p>@ Vinyamar : "sacramentel" est peut-être mal choisi. L'idée est difficile à exprimer. Sur le plan de la foi, Tolkien est un "homme de l'eucharistie", qui communiait, sinon tous les jours, du moins très fréquemment. Ceux qui vivent cette réalité (j'essaie d'en être) savent que le rapport au Mystère est différent, mais pas seulement, c'est le rapport à la création (et partant, à la sub-création) qui est, je ne dirais pas "modifié", mais sans doute "appuyé". Il me semble qu'il faut compter avec cela, dans le rapport que Tolkien pouvait avoir avec son lectorat. Je ne sais pas s'il le surestimait, (si même il pensait être lu des décennies plus tard) : les lectures simplistes qu'il condamne ne se déterminent pas (enfin je crois) en fonction d'un niveau culturel, mais plutôt selon une "tournure d'esprit", j'irais jusqu'à dire un "rapport au monde", et ceux qui sont à l'origine de ces surinterprétations (parfois à l'emporte-pièce) ne sont pourtant pas dénués de culture. </p><p>De plus, Tolkien n'induit pas de jugement de valeur : il ne juge pas : voir sa réaction très simple quand on lui rapporta le comportement des adolescents américains : "ces jeunes ont un rapport avec ces choses qui m'est étranger". Mais il ne les juge pas et ne les méprise pas (preuve, déjà, d'une grande miséricorde).</p><p>Ce qu'il ne supporte pas, je pense, dans par exemple la comparaison de l'Anneau avec la bombe atomique, c'est que cette comparaison est stérile. Qu'apporte en effet de le savoir ? Où est l'enseignement, la nourriture ? Alors que le niveau "supérieur" (l'Anneau en tant que pouvoir, la bombe en tant que pouvoir) est déjà un "enseignement" (ou au moins une réflexion, mais toute réflexion peut servir l'enseignement) sur le rapport de la volonté de puissance et le mal, et l'homme en face de ces deux choses. L'allégorie "historique" (définition non homologuée et toute personnelle!) n'apporte rien, sinon de placer les événements du conte dans l'ordre des choses formellement (mais non forcément profondément) connues (historiques).</p><p> Car enfin, si nous savons l'histoire de la bombe, nous savons, effectivement, qu'elle est néfaste (au plan du résultat direct : il y en aura pour dire que ça a été utile, mais c'est un autre débat), mais néfaste en tant que bombe (matériellement). Ça, c'est le plan allégorique de base (voire de bas étage). Mais pour tirer leçon de l'évènement, encore faut-il élever la bombe au rang de "pouvoir" et la comprendre comme un mal, ni matériel ni théorique, mais philosophique (et dans le cas de Tolkien, théologique) qui s'en est pris non seulement à l'humanité dans sa chair, mais à l'homme dans son intégrité d'être. <br>L'Anneau et la bombe sont deux "évènements" au sein de deux histoires, quelque part, il y a parallèle, mais on ne peut comprendre l'un à la lumière de l'autre, si cet autre n'est pas élevé sur un autre plan, beaucoup plus conceptuel (et d'ailleurs, plutôt que comparer, autant directement "élever" : les deux réalités (celle du conte et celle de l'histoire) se rejoindront dans le "lieu philosophique" du mythe). Dire que l'un "est" l'autre ne sert de rien (et cette inutilité -ou vanité- ne devait pas être pour rien dans le ressentiment de Tolkien), par contre, placer l'un et l'autre dans l'ordre du mythe permet de dégager une réflexion sur une préoccupation essentielle de l'homme : le mystère du mal. </p><p>Le rejet de Tolkien n'est pas à mon sens le rejet d'une lecture "simple" (c'est à dire dans une véritable simplicité de l'âme). D'ailleurs les interprétations allégoriques ne sont pas simples : il faut une sacrée pirouette pour transformer l'anneau en bombe A (en tout cas, ça ne m'était jamais venu spontanément), mais elles oblitèrent le rapport de l'homme (en tant qu'humanité) au monde en le réduisant à une donnée historique. Elles ferment la porte à la réflexion du rapport au monde, au créé, à Dieu (je me place ici dans l'optique de Tolkien- enfin j'essaie- pardonnez ma sensibilité catholique qui s'autorise une majuscule) que doit, justement, engendrer (ou au moins nourrir) le mythe. La définition (certes simplifiée) n'est-elle pas : le langage est une invention par rapport aux choses (visibles et invisibles) de même le mythe est une invention par rapport à la réalité [de l'homme, et plus spécialement dans sa relation au monde avec pour horizon le mystère de la mort]. C'est là (il me semble) l'utilité fondamentale du mythe, d'exprimer le "mystère de l'homme dans le monde" (ce qui implique le rapport Créateur-créature) afin d'essayer de le comprendre.</p><p>J'en reviens à la lecture "simple" : la plus simple que l'on puisse trouver, je pense, c'est celle que fera un enfant (et l'allégorie historique, m'est avis, ne lui viendra pas à l'esprit, à moins qu'il ne soit déjà amputé [j'insiste sur le terme "amputé" ; sans même se placer dans l'ordre d'une croyance, la conceptualisation reste une donnée essentielle du développement humain] de la faculté de transcendance du mythe : même chez les adultes ce n'est pas si fréquent, pour preuve le forum!). Tolkien n'a pas écrit des histoires "didactiques", il voulait écrire des "contes" parce qu'il aimait cela, et il voulait émouvoir comme lui-même était ému. C'est à dire que, en dehors de toute théorisation, il y a à la base de l'écriture de Tolkien, ce désir de toucher l'autre, de lui transmettre ce qui le touchait lui-même. C'est par la sensibilité qu'il prend d'abord (et c'est d'ailleurs par elle qu'il écrit en premier lieu : voir quand il dit que la première écriture du SdA était inconsciemment catholique&#160; : c'est le mouvement spontané, naturel de son être qui s'exprime en premier lieu. C'est important pour constater à quel point la pensée de Tolkien était naturellement catholique). On touche ici à la question de l'âme, qui est infiniment délicate, mais tant que j'y suis, autant m'y risquer. </p><p>La sub-création est la forme responsoriale, proprement humaine, s'inscrivant dans "l'ineffable dialogue" avec Dieu, mais voir Dieu et ne pas voir les hommes, c'est une faute grave. Il y a donc chez Tolkien non seulement la présence de la relation (véritable religion, de religare) au divin, mais aussi à l'homme, et du divin dans l'homme. Pour preuve : il essayait tant que faire se pouvait de répondre à ceux qui lui posaient des questions. Et la suscitation du dialogue, du partage, n'est pas la moindre des choses. J'en reviens à cette lecture simple :&#160; Tolkien voulait toucher, donc. Disons que pour une large part, il y a réussi. Mais pourquoi toucher, et que voulait-il communiquer, qui ne trouvait, chez lui, d'autre moyen privilégié que le conte ? Réduire la portée du conte à sa sensibilité, c'est de nouveau l'amputer, c'est tout le problème des "jeunes américains" : ils sont touchés, mais ne dépassent pas ce stade. Tolkien disait : "l'art les émeut, ils ne savent pas comment, et l'ivresse les prend". J'entends ici l'art au sens de la sub-création, suprême poiesis.</p><p> La fantaisie n'est pas une illusion, mais nombre la considèrent, et depuis longtemps, comme telle : c'est là où le fossé d'incompréhension s'est creusé entre Tolkien et son lectorat. S'il n'y a pas, à la base du dialogue entre le livre et le lecteur, cette conscience de la vérité fondamentale du mythe (qui est déjà en soi un acte de "conversion" ou de retournement) le piège le plus grand est l'illusion : les lignes étaient parallèles, les voilà embrouillées.</p><p>Maintenant, que voulait transmettre Tolkien, qui l'émouvait tant ? L'émotion pour l'émotion, quel intérêt ? Pas de quoi en faire une affaire. Mais c'est là où intervient la réalité sacramentelle (j'y viens, j'y viens). <br>Dans l'ordre du monde sensible, nous avons pour communiquer avec Dieu, pour nous rencontrer avec lui, un lieu et un espace privilégié : la liturgie. </p><p>Ce n'est pas seulement un cadre cérémoniaire, ni un habillement, si minime qu'elle soit en certains cas, la liturgie existe toujours dans l'exercice du sacrement, elle est sa demeure pour être parmi les hommes. C'est le lieu par excellence du sacrement, lequel est (pour une part, je ne vais pas me lancer dans une définition du sacrement) l'efficience parfaite de la grâce, signe et sens. Qu'est-ce donc que la liturgie, pour produire cet effet ? Du grec" leitourgia", le terme traduit un "office public" un service. Elle est avant tout la manifestation au coeur du monde d'une relation toute intérieure à Dieu, ordonnancée et structurée par Dieu lui-même (d'où c'est Lui qui indique le plan, les matériaux, les mesures du temple, lieu de sa présence, cf Exode, cf Ezechiel, etc.). Or la liturgie, en premier lieu, suscite l'artefact (au niveau sensible) et la poésie (niveau rationnel), parce qu'elle est autant le lieu de la saillance de la parole de Dieu, que celui, privilégié, d'une réponse de l'homme structurée dans un espoir de justesse. Mais cela ne veut pas dire que la liturgie n'existe pas en dehors du temple ou de l'église, bien au contraire. Elle existe dans le temple et dans l'église parce qu'elle existe en tout premier lieu dans l'homme. Toute poétique, tout art, est liturgique dans le sens d'une relation (quelque soit son état). J'exprime ici un point de vue que j'espère catholique et qui me semble refléter pour une petite part la pensée de Tolkien. </p><p>Nous voici donc avec plusieurs éléments : une émotion (au sens propre un mouvement, et certainement un mouvement de l'âme) sensible, un lieu de rencontre, et la grâce. Là réside le mystère de la sub-création. </p><p>Raccrochons les wagons avec l'interrogation première, à savoir la différence entre Lewis et Tolkien dans leur rapport respectif au mythe. Je ne sais pas à quel mouvement du protestantisme Lewis se rattachait, mais si mes souvenirs sont bons, il était anglican, d'un anglicanisme proprement irlandais, influencé par le protestantisme tel qu'on peut le connaître en France. Je ne vais pas me lancer dans une étude comparée, mais il y a fondamentalement, des points de divergence doctrinale qui expliquent les divergences mythopoétiques. Le plus important (hors la question de la Présence Réelle : si Lewis n'y croyait pas, alors le premier clivage, fatalement, vient de là, mais je ne le sais pas : à vérifier) se situe au niveau de la grâce (pour une définition réelle de celle-ci, voir le Cardinal Journet, Entretiens sur la grâce, ed. st Augustin). </p><p>Les "deux écritures" (pour schématiser) du SdA sont symptômatiques. La première est sensible ; Tolkien y apparaît déjà (malgré quelques chaos théologiques, voir les Home) "brûlé par l'Esprit". La deuxième est rationnelle, mais au lieu de détruire ou de ne rien en faire, prend en compte la brulûre de la première. "le Seigneur était là, et je ne le savais pas" dit Jacob en s'éveillant au matin du songe (cf Genèse). Et il dresse la pierre qui lui avait servi de chevet, l'oint d'huile, et le lieu reçoit un nom. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a chez Tolkien ce courant qui le traverse et que je n'ai pour ma part pa senti chez Lewis (ce qui ne remet pas en cause sa foi). En dehors même des différences de dogme, l'un et l'autre vivent leur foi différemment. Lewis est un grand rationnel, un rationnel ardent. Mais des deux, c'est Tolkien qui est allé à l'intérieur du langage. </p><p>Je m'explique : il n'est pas anodin que l'un des reproches de Tolkien à Lewis soit l'invention de noms rattachés à des pseudo-langages, sans satisfaire à son exigence de philologue. Caprice de spécialiste ? Non. Tolkien est pleinement philologue, c'est à dire Philo-Logos, un amoureux du langage, mais surtout un amant du Logos et partant, du Verbe fait chair. Tolkien, comme tout homme, est au prise avec le problème indicible, insoluble en ce monde de l'expression de Dieu ou même de la relation à Dieu. C'est ce qui est au coeur du procédé faërique, de la sub-création. Je livre ici (tel quel) un extrait de mon mémoire :</p><div class="citation"><p>Devant le tabernacle (et ce qu'il contient) il ne reste souvent que le silence contemplatif de l'abîme. il semble que toute notre vie, tous les mots que nous pourrons inventer, toutes le formes que nous pourrons imaginer, toutes les mélodies que nous pourrons improviser ne suffiront jamais à "raconter" le divin. Pourtant la fontaine de joie et de souffrance profondes - la joie de la Rencontre et la souffrance de notre insuffisance- continue de jaillir et ruisseler. L'eau ne coule jamais en vain.</p><p class="espacement"></p><p><blockquote style='opacity:0.7;'>A présent assis près de la source en Lorien, et entendant autour de lui les voix de Elfes, sa pensée prit forme en un chant qui lui parut convenable ; mais quand il essaya de le répéter à Sam, seuls quelques fragments restèrent comme un poignée de feuilles flétries.</blockquote></p><p class="espacement"></p><p>Ce passage du SdA où Frodo, endeuillé par la disparition de Gandalf, ente de composer un chant à sa louange stigmatise tout un rapport au langage poétique : notre malhabilité à l'employer, la rareté de son usage et surtout le paradoxe de l'indicible désiré. En son âme chantait un cantique, et cela était beau ou du moins, selon sa propre appréciation, "convenable" mais il n'a pu (si beau que soit son poème) parvenir à une plénitude de l'expression. Et Sam à son tour prenant le relais fait la même expérience à son échelle. C'est que l'un comme l'autre, bien qu'ils aient déjà été éprouvés, ont encore du chemin à parcourir. Du moins ont-ils perçu la beauté particulière du chant des Elfes avant même d'entamer leur périple. Mieux : la notion même de cette beauté, notion que l'on peut qualifier de "disposition intérieure" (grâce première de l'état) aide Frodo à partir (de même que Sam : son enthousiasme presque enfantin traduit certes un attrait pour les choses elfiques, mais cet attrait lui-même est signe d'autre chose. Cette beauté n'est pas sans cause. Il est possible de saisir une parcelle de la beauté d'une langue sans la comprendre (comme le fait Legolas pour la langue des Rohirrim), comme de la liturgie sans en tenir les tenants et aboutissants. C'est notre condition proprement humaine que de chercher à la chanter, tout en sachant que nous ne pourrons exprimer qu'une infime parcelle du peu que nous pouvons en appréhender. Tolkien a suivi ces sentiers, tissé et retissé inlassablement, non pour vaincre ni pour en finir, mais parce qu'il cherche, et que cela n'a pas de fin en ce monde.</p></div><div class="citation source"><p>« Tolkien, arts et artefact du sacré » (tiré de l'introduction « dire l'ineffable »)</p></div><p>Bon, la "réponse" est longue, mais j'avais besoin de tout ça pour poser ma propre pensée. Pour dire bref (une fois n'est pas coutume) je pense que Tolkien n'était pas élitiste. Mais il n'espérait pas forcément que l'on place son livre dans l'ordre d'une réflexion ultime, qu'on le voit comme une fin en soi. Les méprises, selon son tempérament, devaient beaucoup l'agacer, mais il me semble que son espoir est celui d'avoir "fait passé"quelque chose, qui est la présence de l'Autre. Mon sentiment est qu'il n'aurait pas souhaité, ne pouvait pas souhaiter, que l'on s'arrête au SdA et à la Terre du Milieu, mais que, à travers ses contes, se joue La Rencontre. La Faërie (qui est pour moi le lieu liturgique par excellence) est par essence "translucide" : les choses sont telles quelles sont sous le ciel, mais magnifiées non pas par un quelconque esthétisme, mais par une inhabitation plénière. </p><div class="citation"><p>Car maintenant nourri d'un ineffable blé,<br>il semblait qu'à ses yeux s'ouvrît un nouveau monde : <br>l'oiseau, l'arbre, la pierre avaient une clarté<br>qu'il ne connaissait pas, et la tuile frappée<br>par le soleil tombant était profonde et nette.<br>Ce n'était plus ce cauchemar fou et grotesque<br>Où les choses ont l'air surprises d'exister : <br>Maintenant chaque chose est telle qu'elle est.</p></div><div class="citation source"><p>Francis Jammes,&#160; l'Eglise habillée de feuilles, in Clairières dans le Ciel, Gallimard, paris, 1980.</p></div><p>et aussi : </p><div class="citation"><p>La lecture d'un bon livre est un dialogue où le livre parle et où notre âme répond.</p></div><div class="citation source"><p>(mais j'ai oublié l'auteur, mea culpa!)</p></div><p>bien à vous, </p><p>C.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Christine)]]></author>
			<pubDate>Tue, 06 Dec 2005 11:05:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80354#p80354</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80353#p80353</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><blockquote><div><p>il y a je crois un sentiment propre à Tolkien de ne pas aimer ce qui est trop "évident" ou trop "lisible", qui prête trop le flanc à l'interprétation univoque.</p></div></blockquote></div><p>Oui, cela me semble très juste. je crois que c'est en cela que tient la critique de Tolkien à l'allégorie, parce que par ailleurs il développe lui même les propres allégories de son oeuvre. Mais il n'aime pas en effet qu'elles soient univoques, disons contraignantes poru le lecteur. Mais je crois aussi qu'il surestime son lecteur, qui ne partage pas forcément sa culture. (et à coup sûr il surestimait le lecteur d'aujourd'hui, qui même quand on lui met le nez dedans continue à réfuter ou refuser plutôt la portée religieuse de son oeuvre). <br>Mais c'est là que je ne comprends plus Tolkien. Pourquoi n'aime-t-il pas ce qui est trop facile, trop évident selon lui ? Veut-il réserver les trésors de ses mythes à des lecteurs informés, je ne dirai pas à une élite (on me ferait des histoires car cela serait mal compris) mais à des lecteurs capables ?! Pourquoi ne pas vouloir que tout le monde comprenne ce que recèle son oeuvre ? <br>Il préfère l'applicabilité à l'allégorie, mais en même temps il refuse qu'on voit dans les artefacts de son histoires des symboles qui sont trop éloignés de ce à quo il pensait (ainsi refusait-il qu'on voit dans l'Anneau la bombe Atomique, estimant qu'au mieux il représente le Pouvoir en général. Pris en flagrant délit de refus d'une applicabilité. Et il y en a des dizaines d'autres. Tolkien donne son interprétation de son oeuvre, accepte parfois d'autres auxquelles il n'avait pas songé (comme la Vierge Marie vue en Galadriel), mais en refuse quelques unes.<br>Et je suis sûr qu'aujourd'hui il serait triste de découvrir que certains voient en son oeuvre un génial récit païen excluant tout rapport à la foi.<br>Pourtant c'est ce que doit permettre l'applicabilité.<p>Je trouve donc des contradictions dans l'antipathie de Tolkien vis-à-vis de l'allégorie, et je ne la comprend pas.</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>l'une des causes de cette bifurcation, pour moi, est en partie d'ordre théologique (puisque Tolkien comme Lewis comprennent le mythe dans l'ordre d'une révélation, adhèrent à cette révélation mais divergent quant à son économie (au sens de développement), et notamment au niveau sacramentel</p></div></blockquote></div><p>Et ce serait parfaitement cohérent avec ce qui les distingue dans leur vie de foi. Mais je ne comprends pas cette inclusion du sacramentel dans le rapport au mythe. Peux-tu être plus explicite ?</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Vinyamar)]]></author>
			<pubDate>Mon, 05 Dec 2005 21:35:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80353#p80353</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Irène Fernandez et C.S. Lewis]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80352#p80352</link>
			<description><![CDATA[<p>j'ai pas le temps, j'ai pas le temps, j'ai pas le temps, tant pis, je le prends quand même.</p><p>Je suis en train de lire le livre d'Irène Fernandez, <i>CS Lewis, Mythe, raison ardente</i>, et je pense Vinyamar que la plupart des développements à tes questions sont présents dans le chapitre intitulé "le mythe selon Lewis" et celui nommé "Mythe et allégorie" et aussi "une théo/logie du mythe ?" (bref au moins 3 chapitres sur les 5...) Je ne peux pas faire un "rapport de lecture" maintenant, mais toute cette problématique-là est abordée de manière très fine et très philosophique, y compris la différence de perception entre Lewis et Tolkien (44 références dans l'index).<br>Je ne dirai pas que "Mythe, raison ardente" donne des "réponses définitives", mais enfin, c'est de la nourriture solide, si je puis m'exprimer ainsi.<p>J'ai aussi été interpellée par la référence à Orwell, mais je le connais trop peu pour en parler.<p>Si je puis émettre une opinion (qui demande à être étayée, mais j'y travaille) il me semble que Tolkien n'aimait pas chez Lewis une certaine "facilité", c'est ce que j'avais compris de son reproche principal à l'allégorie. Dans sa biographie, Carpenter rapporte que Tolkien traita un jour Lewis de "théologien pour tous". Derrière ce "coup de gueule" (si on peut dire) il y a je crois un sentiment propre à Tolkien de ne pas aimer ce qui est trop "évident" ou trop "lisible", qui prête trop le flanc à l'interprétation univoque. (je ne suis pas sûre d'être claire).<br> Je le rapproche de ma propre lecture car, quand pleine de bons sentiments, j'ai voulu attaquer les Chroniques de Narnia il y a deux ans, je n'ai pas réussi à dépasser les deux premiers chapitre du <i>Neveu du Magicien</i>. Il y a un ton un peu "didactique",&#160; (la référence aux "bonbons" tout au début, m'a proprement hérissée, pourtant en général le ton des contes me séduit plutôt) une facilité d'applicabilité qui m'ont irritée, et maintenant encore je ne les lis que par devoir.<br>Il me semble que la pensée mythopoétique de Lewis est parallèle (ou similaire) à celle de Tolkien jusqu'à un certain point (après tout, il en hérite!), mais diverge ensuite, et l'une des causes de cette bifurcation, pour moi, est en partie d'ordre théologique (puisque Tolkien comme Lewis comprennent le mythe dans l'ordre d'une révélation, adhèrent à cette révélation mais divergent quant à son économie (au sens de développement), et notamment au niveau sacramentel : je me demande -mais ce n'est qu'une question- s'il n'y a pas là quelque chose à creuser.)</p><p>A voir... en tout cas, c'est passionnant. Merci :)</p><p><small>(sit finis "verbum", non finis quaerendi<br>ici finit le "[petit] mot", non la quête)</small></p><p>Bien à vous,</p><p>C.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Christine)]]></author>
			<pubDate>Mon, 05 Dec 2005 16:48:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=80352#p80352</guid>
		</item>
	</channel>
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