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		<title><![CDATA[JRRVF - Tolkien en Version Française - Forum / Symbolique du Saule chez Tolkien]]></title>
		<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=6804</link>
		<description><![CDATA[Les sujets les plus récents dans Symbolique du Saule chez Tolkien.]]></description>
		<lastBuildDate>Fri, 27 Jun 2008 21:23:00 +0000</lastBuildDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Symbolique du Saule chez Tolkien]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79390#p79390</link>
			<description><![CDATA[<p>Merci Silmo :)</p><div class="quotebox"><cite>Silmo a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>"Saulaire"... j'adore !</p></div></blockquote></div><p>L'expression n'est pas de moi, mais de Fangorn ;) </p><p>Concernant ta remarque 1. : je ne pense pas que la rivière de Mirkwood soit entourée de saules... du moins, il n'en ai jamais fait mention. Medw... heu, Beorn, pardon, les mets en garde avant qu'ils ne partent en leur disant que cette rivière est enchantée. Et noire. Je pense que cet épisode s'inscrit dans une autre poétique, celle du passage du monde des Hommes au monde enchanté: on retrouve tous les éléments "classiques" de ce passage : la Forêt, la Rivière, la barque, la chasse à la biche blanche, les Elfes mystérieux (et inquiétants)... En fait, ce passage me semble plus à relier au "testament poétique" de Tolkien, Smith de Wootton Major, qu'à une interprétation saulaire... <br>Les rares descriptions que l'ont a des arbres autour d'eux ne sont pas très indicatifs... Ce n'est que quelques jours après avoir passé la rivière que l'on sait que la forêt devient composée majoritairement de hêtres, ce qui n'était pas le cas avant... Même le grand arbre sur lequel grimpe Bilbo n'est pas décrit (à part qu'il est grand et gros...)</p><p>Pour la 2. : hi hi :) Je pense que la rêverie bachelardienne m'a un peu déteint dessus ;)</p><div class="citation"><p>Quelle est donc la fonction sexuelle de la rivière ? C'est d'évoquer la nudité féminine. Voici une eau bien claire, dit le promeneur. Avec quelle fidélité elle refléterait la plus belle des images ! Par conséquent la femme qui s'y baignerait sera blanche et jeune ; par conséquent elle sera nue. L'eau évoque d'ailleurs la nudité <i>naturelle</i>, la nudité qui peut garder une innocence. [...]<br>Pour certaines rêveries, tout ce qui se reflète dans l'eau porte la marque féminine.</p></div><div class="citation source"><p>G. Bachelard, <i>L'eau et les Rêves — Essai sur l'imagination de la matière</i>, ch.1, VIII</p></div><p>Un peu plus loin : </p><div class="citation"><p>Innombrables sont les légendes où les Dames des fontaines peingent sans fin leurs longs cheveux blonds (cf. Sébillot, <i>loc. cit.</i>, II, p.200). {...} Tout s'allonge au fil de l'eau, la robe et la chevelure; il semble que le courant lisse et peigne les cheveux. [...] il suffit qu'une chevelure dénouée tombe — coule — sur des épaules nues pour que se réanime tout le symbole des eaux.</p></div><div class="citation source"><p>G. Bachelard, <i>id.</i> ch.3, VI</p></div><p>Pour ma rêverie du moins <small>(mais les rêveries sont personnelles ; ainsi, notre ami Fangorn vo(ya)it les bouleaux comme des "adolescent dégingandés", alors que pour moi, le bouleau est <i>aussi</i> une figure féminine... puisque mince, souple, ferme et blanc ;))</small>, les saules sont féminins, puisqu'au bord de l'eau, puisque penchée vers elle, puisqu'au long feuillage tombant... la blondeur, je te l'accorde, n'est pas nécessaire : c'est la longueur qui est importante.<br>Ceci dit, tu as raison sur le caractère de la <i>jeunesse</i>.&#160; Car la nymphe à la rivière est forcément <i>jeune</i></p><div class="citation"><p>Heureux celui qui est réveillé par la fraîcheur de la nature vivante. Chaque jour nouveau a pour lui la dynamique de la naissance. A l'aurore, le chant du ruisseau est un chant de jeunesse, un conseil de jouvence. Qui nous rendra le réveil <i>naturel</i>, le réveil <i>dans la nature</i> ?</p></div><div class="citation source"><p>G. Bachelard, <i>id.</i>, ch.1, VII</p></div><p>C'est l'inconvénient de partir sur un aspect "rêverie", car c'est éminemment personnel... Je retravaillerai donc ce passage, en insistant plus sur la jeunesse ; mais je ne puis me défaire de l'image féminine que j'associe spontanément au saule :)</p><div class="quotebox"><cite>Silmo, avec raison, a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>PS: je n'ai rien dit non plus des courbes car il est vrai qu'on les associe plus volontiers à la féminité... encore que cette notion évolue sans cesse et selon les cultures : en occident, le mannequin des défilés est osseux et filiforme (sans courbes); en orient, Buddha (un mâle) rassure par le galbe ondulé de sa ronde bedaine.</p></div></blockquote></div><p>Le mannequin des défilés est hideux, et je ne parle même pas des mannequins des pubs, rognés, difformes et inhumains (il faudrait enlever des os pour arriver à ce résultat...). Mais en cours de dessin anatomique (où l'on croque des sujets normaux), c'est très flagrant : le trait même change selon le modèle, plus nerveux pour les sujets masculins, plus souple pour les sujets féminins. <br>Quant au Buddha... je ne qualifierai pas ses rondeurs de "galbées", puisque le terme à pour moi une idée de... <i>fermeté</i> ;)&#160; </p><div class="quotebox"><cite>Silmo a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p><SMALL>*voix off*<br>Obélix: <span class="exergue">« Il vaut mieux être un peu enveloppé que rabougri; N'est-ce pas Astérix ? »</span></SMALL></p></div></blockquote></div><p><a href='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/1605/1596317361_dans-mes-bras2.png'><img src='http://www.jrrvf.com/fluxbb/img/1605/1596317361_dans-mes-bras2.png' width='25%' alt='1596317361_dans-mes-bras2.png'/></a></p><p>S.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Laegalad)]]></author>
			<pubDate>Fri, 27 Jun 2008 21:23:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79390#p79390</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Symbolique du Saule chez Tolkien]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79389#p79389</link>
			<description><![CDATA[<p>Je me suis régalé et vite endormi la nuit dernière en rêvant de saules... Encore merci Laegalad. <br>"Saulaire"... j'adore!</p><p>Deux petites remarques, puisque tu les sollicites :-)</p><p>1°) à propos de ta note n° 7</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>Il n'en va pas de même pour le peuple des Nains...</p></div></blockquote></div><p>un petit développement sur la rivière noire de Mirkwood serait peut-être bienvenu car une fois que Bombur y est tombé, il écrase dur et il y prend plaisir! <br>Est-ce la rivière qui a un pouvoir hypnotique où y a-t-il des saules alentour?</p><p>2°) Lorsque tu dis :</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>Vieil Homme Saule a toujours perturbé ma rêverie arbresque. Pourquoi avoir masculinisé un arbre qui, dans sa jeunesse, a tout d’un arbre féminin : <u>souplesse</u>, <u>chevelure</u> dorée, <u>fermeté</u> et <u>courbes</u> ? L’âge ferait-il des arbres, être androgynes de nature, des êtres masculins ? Ou est-ce la vision de celui qui les regarde qui leur donne un genre ? ...</p></div></blockquote></div><p>je me demande si tu ne réponds pas toi-même à ta question; car n'est-ce pas toi - observatrice - qui considère la souplesse et la fermeté comme l'apanage de la féminité ?</p><p>Je ne dis rien sur la chevelure dorée... sans être convaincu que c'est plus féminin que masculin, je crois qu'on parle trop souvent ici des cheveux et de leur couleur :-)) - c'est déjà bien d'en avoir encore et ça m'amène plutôt à une autre réflexion : j'ai l'impression que - souplesse ou fermeté - c'est plutôt des privilèges de la jeunesse dont il est question :-) pas de ceux de la féminité. <br>Autrement dit, le VIEIL-Homme-Saule plus que le Vieil-HOMME-Saule.</p><p>Sur ce point, peut-être faut-il explorer la relation Ent et Ent-femmes par rapport à la longévité ?</p><p>Qu'en penses-tu ?</p><p>Silmo</p><p>PS: je n'ai rien dit non plus des courbes car il est vrai qu'on les associe plus volontiers à la féminité... encore que cette notion évolue sans cesse et selon les cultures : en occident, le mannequin des défilés est osseux et filiforme (sans courbes); en orient, Buddha (un mâle) rassure par le galbe ondulé de sa ronde bedaine. </p><p><SMALL>*voix off*<br>Obélix: <span class="exergue">« Il vaut mieux être un peu enveloppé que rabougri; N'est-ce pas Astérix ? »</span></SMALL></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Silmo)]]></author>
			<pubDate>Fri, 27 Jun 2008 17:09:00 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Symbolique du Saule chez Tolkien]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79388#p79388</link>
			<description><![CDATA[<p><SMALL>@ Laegalad : pas de problème ;-)</SMALL></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Thu, 26 Jun 2008 18:29:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79388#p79388</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Symbolique du Saule chez Tolkien]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79387#p79387</link>
			<description><![CDATA[<p><small>Surtout que le mélange aspirine / fumellar... ;)</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Laegalad)]]></author>
			<pubDate>Thu, 26 Jun 2008 14:51:00 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Symbolique du Saule chez Tolkien]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79386#p79386</link>
			<description><![CDATA[<p><br>Sliourp.&#160; Merci Laegalad :-)<p><SMALL>j'imprime pour lire ce soir (c'est pas l'heure ni le lieu pour les opiacées)</SMALL></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Silmo)]]></author>
			<pubDate>Thu, 26 Jun 2008 14:10:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79386#p79386</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Symbolique du Saule chez Tolkien]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79385#p79385</link>
			<description><![CDATA[<p>Merci beaucoup Sosryko ! :D<p><small>Oserais-je abuser ?... j'ai quelques autres citations vf manquantes... Pas beaucoup, j'ai pu dénicher certains passages sur le web. Mais pourrais-je te les envoyer ? Histoire de fignoler quelques détails... ;)</small><p>Les trados sont vraiment bonnes ! Il va falloir que je songe à quelques acquisitions... mais il me faudrait un mur supplémentaire pour caser une autre bibliothèque :D<p>Et pour les coquelicots : <a href="http://dendropogon.canalblog.com/archives/2008/06/23/9678631.html" target="_new">voilà</a> à quoi ressemblait le jardin d'Irmo ;) <p>S. -- <i>gentils coquelicots mesdames gentils coquelicots nouveaux...</i></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Laegalad)]]></author>
			<pubDate>Thu, 26 Jun 2008 13:59:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79385#p79385</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Symbolique du Saule chez Tolkien]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79384#p79384</link>
			<description><![CDATA[<p>Pour la première citation, il me semble que ton propos serait plus fort si tu citais le texte de La Chute de Gondolin et non pas seulement l’extrait qu’en propose Christopher Tolkien dans sa note « Noldorin au Pays des Saules »</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>(iv) Noldorin in the Land of Willows</i></p><p><i>‘Did not even after the days of Tuor Noldorin and his Eldar come there seeking for Dor Lómin and the hidden river and the caverns of the Gnomes' imprisonment; yet thus nigh to their quest's end were like to abandon it? Indeed sleeping and dancing here . . . they were whelmed by the goblins sped by Melko from the Hills of Iron and Noldorin made bare escape thence’</i> (p.154)</p></div><div class="droite"><p>[Les] Noldoli (…) Eux non plus ne pouvaient résister face à la magie de ce lieu aux saules, car très grand était son enchantement]. Ne se fit-il pas que même après les jours de Tuor, Noldorin et ses Eldar vinrent là à la recherche de Dor Lómin et la rivière cachée et les cavernes de l’emprisonnement [p. 447 : la réclusion] des Gnomes ; et pourtant si près de la fin de leur quête furent proches de l’abandon ? En vérité dormant et dansant ici[, et faisant de belles musiques des sons de la rivière et du murmure de l’herbe, et tissant de riches étoffes de fils arachnéens et de plumes d’insectes ailés,] ils furent submergés par les Goblins dépêchés par Melko depuis les Collines de Fer et Noldorin s’échappa avec peine de l’endroit.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p>HoME II, p. 219</p></div><div class="droite"><p> Le Livre des Contes Perdus, « La Chute de Gondolin », Notes, §3, « (iv) Noldorin au Pays des Saules », p. 514 ; les crochets restituent le texte de la Chute, p. 447 / Bourgois, édition compacte, 2001</p></div></div><p>Dans la seconde citation non traduite, lire « that land » et non « that and » :</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>Lovely to heart's enchantment is that land, Tuor, as you shall find, if ever your feet go upon the southward roads down Sirion. There is the cure of all sea-longing, save for those whom Doom will not release.</i></p></div><div class="droite"><p>Belle à ravir le Coeur est cette terre, Tuor, comme toi-même le découvriras, si jamais tes pas te mènent sur les routes du sud qui descendent le cours du Sirion. Là guérit-on de tout languir de la mer, sinon pour ceux que la Malédiction ne veut point lâcher</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p>U.T., « Of Tuor and his coming to Gondolin »</p></div><div class="droite"><p>SCLI, p. 408 / Bourgois, edition compacte, 1993</p></div></div><p class="espacement"></p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>Yet came they at last to the great pools and the edges of that most tender Land of Willows; and the very breath of the winds thereof brought rest and peace to them, and for the comfort of that place the grief was assuaged of those who mourned the dead in that great fall. There women and maids grew fair again and their sick were healed, and old wounds ceased to pain; yet they alone who of reason feared their folk living still in bitter thraldom in the Hells of Iron sang not, nor did they smile.</i></p></div><div class="droite"><p>Pourtant ils vinrent enfin aux vastes étangs et aux bords du si tendre Pays des Saules ; et le souffle même des vents de cette région leur amena paix et repos, et grâce au réconfort de cet endroit la douleur de ceux qui étaient en deuil des morts de cette grande chute fut calmée. Là, femmes et jeunes filles devinrent belles à nouveau et leurs malades furent guéris, et de vieilles blessures cessèrent de les tourmenter : pourtant eux seuls qui avec raison craignaient que leurs familles vécussent encore en esclavage amer dans les Enfers de Fer ne chantèrent point, et non plus ne sourirent.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p>HoME II,« The Fall of Gondolin », p. 196</p></div><div class="droite"><p>Le Livre des Contes Perdus, « La Chute de Gondolin », p. 488 / Bourgois, édition compacte, 2001</p></div></div><p class="espacement"></p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>There too grew the poppies glowing redly in the dusk, and those the Gods called fumellar the flowers of sleep -- and Lorien used them much in his enchantments.</i></p></div><div class="droite"><p>Là poussèrent aussi les <a href=http://dendropogon.canalblog.com/archives/2008/06/21/9657070.html target=_blank>coquelicots</a> qui rougeoyaient dans le crépuscule, et ceux-là les Dieux les nommaient fumellar, les fleurs du sommeil – et Lórien en usa grandement pour ses sortilèges.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p>HoME1, « The Coming of the Valar and the Building of Valinor »</p></div><div class="droite"><p>Le Livre des Contes Perdus, « La venue des Valar et la construction de Valinor », p. 92 / Bourgois, édition compacte, 2001</p></div></div><p class="espacement"></p><p>S. :o)</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Thu, 26 Jun 2008 11:04:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79384#p79384</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Symbolique du Saule chez Tolkien]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79383#p79383</link>
			<description><![CDATA[<p>Ouf, rien de cassé ! </p><p>Comme les <span class="exergue">[TRADUCTION]</span> vous l'indiquent, je n'ai ni les HoME, ni les UT en français (enfin, les UT, je suis sensée l'avoir, mais perdu...). Si une âme charitable avait la vf de ces extraits, je suis preneuse :)</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Laegalad)]]></author>
			<pubDate>Wed, 25 Jun 2008 18:34:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79383#p79383</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Symbolique du Saule chez Tolkien]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=79382#p79382</link>
			<description><![CDATA[<p>Faire remonter les fuseaux des saulaies (<a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=5941" rel="nofollow">ici</a> et <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=3603" rel="nofollow">là</a>) ce matin n'était pas innocent ;) Voici donc une partie d'un de mes travaux en court, en guise de mathom des 10 ans ;)<br>(j'espère que rien ne boguera dans le code html...)</p><p><big><big><b>Le saule</b></big></big></p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><I>Sing we now softly, and dreams let us weave him!<BR>Wind him in slumber and there let us leave him!<BR>The wanderer sleepeth. Now soft be his pillow!<BR>Lullaby! Lullaby! Alder and Willow!</I></p></div><div class="droite"><p>Tissons ses r&ecirc;ves, chantons doucement maintenant !<BR>Bordons-le dans le sommeil, bien paisiblement,<BR>et laissons-le l&agrave; ! Que doux soit son oreiller !<BR>Le vagabond dort. Aulne et Saule! Bercez ! Bercez !</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p>J.R.R. Tolkien, <i>The Hobbit</i>, « Elvish lullaby »</p></div><div class="droite"></div></div><p class="espacement"></p><p><b>L'arbre chantourneur</b></p><p>Connaissant l'importance que Tolkien apportait aux noms, une incursion dans l'&eacute;tymologie du saule est incontournable.</p><p>Les myst&egrave;res de l'indo-europ&eacute;en font remonter les termes fran&ccedil;ais &laquo;&nbsp;saule&nbsp;&raquo; et anglais “willow” (ou “sallow”) &agrave; une m&ecirc;me racine, “wel”. Le TLF indique pour le saule&nbsp;:</p><div class="citation"><p>&Eacute;tymol. et Hist. Ca 1225 (P&eacute;an Gatineau, S. Martin, &eacute;d. W. S&ouml;derhjelm, 4445). De l'a. b. frq. *salha f&eacute;m. &laquo; saule &raquo;, cf. l'a h. all. salaha, all. Salweide. Le genre masc., qui est aussi celui de nombreux autres n. d'arbres, a remplac&eacute; le f&eacute;m., att. en m. fr. et dans qq.s pat. Saule a &eacute;limin&eacute; en fr. l'anc. forme sauz, issue du lat. salix, -icem &laquo; saule &raquo;, att. dep. la 1re moit. du xiie s. ds Psautier Oxford, 136, 2 ds T.-L.<br>et qui s'est maintenue dans les pat.; cf. aussi saussaie. FEW t. 17, pp. 10-11; ibid. t. 11, pp. 100-103. Fr&eacute;q. abs. litt&eacute;r.: 941. Fr&eacute;q. rel. litt&eacute;r.: xixe s.: a) 1 584, b) 1 833; xxe s.: a) 1 533, b) 744.</p></div><div class="citation source"><p>TLF (<a href='http://www.cnrtl.fr/lexicographie/saule'>http://www.cnrtl.fr/lexicographie/saule</a>)</p></div><p>Delamarre, dans son Vocabulaire indo-europ&eacute;en, relie (avec quelques pr&eacute;cautions) la racine *saliks &agrave; celle *welik&acirc;:</p><div class="citation"><p>*saliks&nbsp;: 'saule' (lat.) salix 'saule', (v. irl.) sail G&eacute;n. sailech 'id.', (gall.) helyg (bret.) halek 'id.', (vha.) salaha (ags.) sealh &gt; *salk- 'id.' pt &ecirc;. rapport avec (gr.) helik&ecirc; 'id.', voir plus bas &agrave; *welik&acirc;.</p><p>*welik&acirc;&nbsp;: 'saule' (gr.) helik&ecirc; welik&ocirc;n 'id.', (ags.) welig, (vba.) wilgia 'id.'.</p></div><div class="citation source"><p>Xavier DELAMARRE, <I>Le vocabulaire indo-europ&eacute;en. Lexique &eacute;tymologique th&eacute;matique.</I></p></div><p>Ainsi, une m&ecirc;me racine indo-europ&eacute;enne relierait deux mots en apparence si diff&eacute;rents que sont <I>saule</I> et <I>willow</I>.</p><p>Car en anglais, nous avons pour &eacute;tymologie de <I>Willow</I> un moyen-anglais <I>wilowe</I>, venu d'un vieil anglais <I>welig</I>, lui-m&ecirc;me issu d'une racine indo-europ&eacute;enne <I>wel</I>. Pour celle-ci, les annexes du <I>American Heritage&reg; Dictionary of the English Language</I><br>indique&nbsp;:</p><div class="citation"><p>wel-2 DEFINITION: To turn, roll; with derivatives referring to curved, enclosing objects. Derivatives include waltz, willow, wallow, revolve, valley, and helix. 1a. waltz, from Old High German walzan, to roll, waltz; b. welter, from Middle Low German or Middle Dutch welteren, to roll. Both a and b from Germanic *walt-.[...] 3. Perhaps Germanic *wel-. willow, from Old English welig, willow (with flexible twigs). [...]</p></div><div class="citation source"><p><I>The American Heritage&reg; Dictionary of the English Language: Fourth Edition</I>.&#160; 2000. (<a href='http://www.bartleby.com/61/27/W0162700.html'>http://www.bartleby.com/61/27/W0162700.html</a>)</p></div><p>Le saule est donc li&eacute; &agrave; tout ce qui tourne, tout ce qui roule, ou ce qui peut &ecirc;tre courb&eacute;... Vieil Homme Saule, le saule le plus embl&eacute;matique de la Terre du Milieu, est pr&eacute;sent&eacute; comme un arbre de forme tortur&eacute;e, &agrave; l'&eacute;corce trou&eacute;e, aux racines noueuses comme des &laquo;&nbsp;dragons tordus&nbsp;&raquo;. On retrouve l'id&eacute;e d'entretissage de ramilles pr&eacute;sente dans le Tournesaule, et dans toute la toponymie des lieux rencontr&eacute;s au long de la rivi&egrave;re (<I>Withywindle</I>, <I>Windle-reach</I>...).</p><p>Cette symbolique sous-jacente renforce donc l'appartenance du saule au r&eacute;gime <I>galadh&eacute;en</I> de l'arbre&nbsp;: l'arbre hydrique, s'&eacute;tendant par l'extension verticale de ses racines et ramilles, contournant les obstacles — voire &eacute;routant qui s'en approche trop&nbsp;: Voronw&euml; en qu&ecirc;te oubliera sa mission &agrave; Tasarinan, les Hobbits en fuite iront &agrave; l'oppos&eacute; de leur route pour atteindre, bien involontairement, le Vieil Homme Saule.</p><p class="espacement"></p><p><b>L'arbre du sommeil et des larmes</b></p><p>Arbre torse, figure retorse, le saule a plus d'un tour dans ses racines pour perdre autrui. Le Vieil Homme Saule est capable de tracer un chemin vers lui pour attirer ses proies, mais son arme ma&icirc;tresse est le chant dont il se sert pour les endormir. Car la valeur la plus marquante du saule tolkienien est celle du sommeil. Chaque saulaie, chaque saule un tant soit peu symbolique renvoie aussit&ocirc;t au sommeil de celui qui &egrave;re autour.</p><p>Il n'est d'ailleurs pas anodin que les saules se plaisent en L&oacute;rien, le domaine d'Irmo et Est&euml;&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>The maidens of Est&euml; tended the body of M&iacute;riel, and it remained unwithered; but she did not return. Then Finw&euml; lived in sorrow; and he went often to the gardens of L&oacute;rien, and sitting beneath the silver willows beside the body of his wife he called her by her names.</i></p></div><div class="droite"><p>Les suivantes d’Est&euml; embaum&egrave;rent le corps de M&iacute;riel, qui resta intact, mais elle ne revint pas. Finw&euml; v&eacute;cut alors dans la tristesse ; et il allait souvent dans les jardins de L&oacute;rien, et s’asseyant pr&egrave;s du corps de son &eacute;pouse sous les saules aux feuilles d’argent, il l'appelait par ses noms.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>Silm.</I>, &laquo;&nbsp;Of F&euml;anor and the Unchaining of Melkor&nbsp;» <small><small><sup><b><a name='renvoi1' href='#note1'>(1)</a></b></sup></small></small> (je modifie la traduction)</p></div><div class="droite"></div></div><p>Irmo est en effet le seigneur des songes et des visions, et son domaine est un lieu de repos, <span class="exergue">&laquo;&nbsp;<i>a place of rest and shadowy trees and fountains, a retreat from cares and griefs</i>&nbsp;&raquo;</span> (<I>U.T.</I>, &laquo;&nbsp;The History of Galadriel and Celeborn&nbsp;&raquo;, Note 5), o&ugrave; m&ecirc;me les Valar viennent se d&eacute;lasser parfois. Si le sommeil qui saisit les visiteurs de L&oacute;rien peut &ecirc;tre d&ucirc; aux <i>fumellar</i>, les &laquo;&nbsp;Fleurs du sommeil&nbsp;&raquo;, ces pavots rouges dont Irmo se sert pour ses enchantements <small><small><sup><b><a name='renvoi2' href='#note2'>(2)</a></b></sup></small></small>, il ne faut pas oublier le pouvoir des saules.</p><p>Car le saule aussi fait montre d'une magie propre. Ainsi, les plus fameuses saulaies de la Terre du Milieu, les saulaies de Tasarinan, encharmillent qui &egrave;re sous leurs ombres, faisant oublier les qu&ecirc;tes ou soulageant les tracas&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>(iv) Noldorin in the Land of Willows</i></p><p><i>‘Did not even after the days of Tuor Noldorin and his Eldar come there seeking for Dor L&oacute;min and the hidden river and the caverns of the Gnomes' imprisonment; yet thus nigh to their quest's end were like to abandon it? Indeed sleeping and dancing here . . . they were whelmed by the goblins sped by Melko from the Hills of Iron and Noldorin made bare escape thence’.</i></p></div><div class="droite"><p>[TRADUCTION]</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>HoME2</I>, &laquo;&nbsp;The Fall of Gondolin&nbsp;&raquo; (p. 154)</p></div><div class="droite"></div></div><p>Voronw&euml; oubliera tout de sa mission en Tasarinan, se plaisant &agrave; vivre simplement dans l'ombre des arbres. Les saules ont m&ecirc;me le pouvoir d'apaiser le d&eacute;sir de la Mer (on le sait, l'un des d&eacute;sirs les plus poignants de la Terre du Milieu, et c'est un Elfe qui le dit)&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>Lovely to heart's enchantment is that and, Tuor, as you shall find, if ever your feet go upon the southward roads down Sirion. There is the cure of all sea-longing, save for those whom Doom will not release.</i></p></div><div class="droite"><p>[TRADUCTION]</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>U.T.</I>, &laquo;&nbsp;Of Tuor and his coming to Gondolin&nbsp;&raquo;</p></div><div class="droite"></div></div><p>Ce pouvoir somnif&egrave;re n'est pas propre &agrave; Tasarinan. Ainsi trouve-t-on dans une berceuse elfique, chant&eacute;e &agrave; Rivendell, une association aulnes / saules pour endormir le voyageur&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>The wanderer sleepeth. Now soft be his pillow!<BR>Lullaby! Lullaby! Alder and Willow!</i></p></div><div class="droite"><p>Que doux soit son oreiller !<BR>Le vagabond dort. Aulne et Saule ! Bercez ! Bercez !</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>The Hobbit</I>, &laquo;&nbsp;Elvish lullaby&nbsp;&raquo; (ma traduction)</p></div><div class="droite"></div></div><p>Mais les saules ne font pas qu'endormir. Encore une fois rapproch&eacute;s des aulnes, les saules pleurent dans le po&egrave;me <I>La Cloche Marine&nbsp;</I> : </p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>Alders where sleeping, and willows weeping<br>by a slow river of rippling weeds;</i></p></div><div class="droite"><p>Les aulnes dormaient, et les saules pleuraient<br>le long d’une lente rivi&egrave;re dont les herbes ondulaient</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><i>The Adventures of Tom Bombadil</I>,&laquo;&nbsp;The Sea-Bell&nbsp;&raquo;</p></div><div class="droite"></div></div><p>de m&ecirc;me que dans le po&egrave;me angoissant des <I>Miaulabres&nbsp;</I> :</p><div class="citation"><p><i>Beside the rotting river-strand<BR>The drooping-willows weep</i></p></div><div class="citation source"><p><I>The Adventures of Tom Bombadil</I>,&laquo;&nbsp;The Mewlips&nbsp;&raquo;</p></div><p>Faire pleurer des saules — le saule pleureur est de loin le plus connu de son esp&egrave;ce — n'est peut-&ecirc;tre pas tr&egrave;s original, mais, ils refl&egrave;tent l'atmosph&egrave;re du lieu. Dans la Vall&eacute;e de Rivendell o&ugrave; les Elfes rieurs vivent en paix, aulnes et saules bercent paisiblement le voyageur&nbsp;; mais quelle joie peut-on avoir dans des paysages aussi lugubres que ceux rencontr&eacute;s dans <I>La Cloche Marine</I> ou <I>Les Miaulabres</i>&nbsp;? Les saules alors pleurent...</p><p class="espacement"></p><p><b>L'arbre du printemps et du renouveau</b></p><p>Les saulaies assoupies sont lieu de r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration : pendant le sommeil, les corps se d&eacute;lassent et connaissent une seconde jeunesse, un second printemps.</p><p>Le Chant de Fangorn, dans le <I>Seigneur des Anneaux</I>, associe les saulaies (de Tasarinan) au printemps, saison du renouveau&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>In the willow-meads of Tasarinan I walked in the Spring.<BR>Ah! the sight and the smell of the Spring in Nan-tasarion!<BR>And I said that was good.</i></p></div><div class="droite"><p>Dans les saulaies de Tasarinan, je me promenais au Printemps<br>Ah! la vue et la senteur du Printemps &agrave; Nan-tasarion!<br>Et je disais que c'&eacute;tait bon.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>LotR</I>, B4C3</p></div><div class="droite"></div></div><p>Les descriptions de Tasarinan montre qu'il s'agit d'une vall&eacute;e verdoyante, o&ugrave; l'herbe est riche et les eaux tranquilles. D'ailleurs, Tasarinan est toujours d&eacute;crite au printemps. C'est un pays o&ugrave; l'on se repose, o&ugrave; l'on gu&eacute;rit&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>Yet came they at last to the great pools and the edges of that most tender Land of Willows; and the very breath of the winds thereof brought rest and peace to them, and for the comfort of that place the grief was assuaged of those who mourned the dead in that great fall. There women and maids grew fair again and their sick were healed, and old wounds ceased to pain; yet they alone who of reason feared their folk living still in bitter thraldom in the Hells of Iron sang not, nor did they smile.</i></p></div><div class="droite"><p>[TRADUCTION]</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>HoME2</I>,&laquo;&nbsp;The Fall of Gondolin&nbsp;&raquo;</p></div><div class="droite"></div></div><p>M&ecirc;me si le saule n'est jamais sp&eacute;cifiquement li&eacute; &agrave; une f&eacute;condit&eacute; particuli&egrave;re, il n'en reste pas moins que le paysage dans le quel il se situe est verdoyant, et que les saulaies de Tasarinan r&eacute;g&eacute;n&egrave;rent corps et esprit.</p><p>A la fin de l'hiver, les saulaies du Rohan sont aussi une image de douceur et de paix&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>The land was green: in the wet meads and along the grassy borders of the stream grew many willow-trees. Already in this southern land they were blushing red at their fingertips, feeling the approach of spring.</i></p></div><div class="droite"><p>La terre &eacute;tait verdoyante dans les prairies humides et, le long des rives herbeuses de la rivi&egrave;re, croissaient de nombreux saules. Dans cette terre m&eacute;ridionale, ils rougissaient d&eacute;j&agrave; au bout de leurs doigts, sentant l'approche du printemps.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>LotR,</I> B3C6</p></div><div class="droite"></div></div><p><I>A contrario</I>, on pourra &eacute;voquer la saulaie du Tournesaule, que Merry, Pippin, Sam et Frodo &laquo;&nbsp;rencontreront&nbsp;&raquo; involontairement sur leur chemin, en traversant la Vieille For&ecirc;t pour se rendre &agrave; Bree&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>A golden afternoon of late sunshine lay warm and drowsy upon the hidden land between. In the midst of it there wound lazily a dark river of brown water, bordered with ancient willows, arched over with willows, blocked with fallen willows, and flecked with thousands of faded willow-leaves. The air was thick with them, fluttering yellow from the branches; for there was a warm and gentle breeze blowing softly in the valley, and the reeds were rustling, and the willow-boughs were creaking.</i></p></div><div class="droite"><p>L'or d'un soleil tardif s'&eacute;tendait, chaud et lourd, sur le terrain cach&eacute; entre les deux parois. Au milieu, une rivi&egrave;re aux eaux brunes tra&ccedil;ait de paresseux m&eacute;andres, elle &eacute;tait bord&eacute;e de vieux saules, recouverte d'une vo&ucirc;te de saules, obstru&eacute;e de saules tomb&eacute;s et mouchet&eacute;e de milliers de feuilles de saule fl&eacute;tries. L'atmosph&egrave;re &eacute;tait &eacute;paissie de ces feuilles qui descendaient en voletant, jaunes, des branches, car une douce et chaude brise soufflait mollement dans la vall&eacute;e, les roseaux bruissaient, et les rameaux de saules grin&ccedil;aient.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>LotR</I>, LIC6</p></div><div class="droite"></div></div><p>Certes, la saison n'est pas la m&ecirc;me, mais &agrave; la verdoyante vall&eacute;e de Tasarinan s'oppose &agrave; pr&eacute;sent une rivi&egrave;re entrav&eacute;e par les saules, &agrave; l'ombre encombr&eacute;e de feuilles, une atmosph&egrave;re &eacute;touffante qui pr&eacute;lude des m&eacute;saventures de nos Hobbits avec le Vieil Homme Saule.</p><p class="espacement"></p><p><b>L'arbre chanteur</b></p><p>Les saules de la Terre du Milieu ont un langage bien &agrave; eux, perceptible non seulement des Elfes (qui entendent m&ecirc;me pleurer les pierres), mais de toute cr&eacute;ature vivante&nbsp;: Ents aussi bien que Humains.</p><p>Les Saulaies de Tasarinan sont habit&eacute; d'un esprit de murmure&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>Now there dwelt in these dark places a spirit of whispers, and it whispered to Tuor at dusk and he was loth to depart; and at morn for the glory of the unnumbered buttercups he was yet more loth, and he tarried.</i></p></div><div class="droite"><p>Maintenant demeurait en ces lieux sombres un esprit de murmures, et il chuchota aux oreilles de Tuor au cr&eacute;puscule et il ne voulut point partir ; et au matin devant la splendeur des renoncules innombrables il lui r&eacute;pugna d'autant plus, et il s'attarda.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>HoME2</I>, &laquo;&nbsp;The Fall of Gondolin&nbsp;&raquo;</p></div><div class="droite"></div></div><p>Tout est susurrement l&eacute;ger&nbsp;: le bourdonnement des insectes, le chant des feuilles, le murmure de l'herbe... Le pouvoir des saules a gagn&eacute; la Vall&eacute;e et ses habitants. La voix des saules s'oppose &agrave; la voix d'Ulmo — qui devra se r&eacute;v&eacute;ler pour r&eacute;veiller Tuor et le remettre en route.</p><p>Tous les saules, et non seulement ceux de Nan-Tathren, ont un chant doux de chuchotis&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>I knew some good old willows down the Entwash, gone long ago, alas! They were quite hollow, indeed they were falling all to pieces, but as quiet and sweet-spoken as a young leaf.</i></p></div><div class="droite"><p>J'ai m&ecirc;me connu de bons vieux saules au bout de l'Entalluve, depuis longtemps partis, h&eacute;las!&#160; Ils &eacute;taient enti&egrave;rement creux, en v&eacute;rit&eacute;, ils tombaient presque en morceaux, mais ils &eacute;taient aussi tranquilles qu'une jeune feuille, et leur langage &eacute;tait aussi doux.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>LotR</I>, B3C4</p></div><div class="droite"></div></div><p>Mais le saule chanteur le plus remarquable est bien le Vieil Homme Saule&nbsp;: <span class="exergue">&laquo;&nbsp;Le vieil Homme-Saule gris est un rude chanteur&nbsp;&raquo;</span> <small><small><sup><b><a name='renvoi3' href='#note3'>(3)</a></b></sup></small></small> (<I>LotR</I>, B1C7). </p><p>Ses talents sont bien entendus particuli&egrave;rement d&eacute;velopp&eacute;s en ce qui concerne les berceuses&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>Only a gentle noise on the edge of hearing, a soft fluttering as of a song half whispered, seemed to stir in the boughs above. [...]&#160; They looked up at the grey and yellow leaves, moving softly against the light, and singing. They shut their eyes, and then it seemed that they could almost hear words, cool words, saying something about water and sleep. They gave themselves up to the spell [...]</i></p></div><div class="droite"><p>Seul un doux son &agrave; peine audible, un faible bruissement comme d'une chanson murmur&eacute;e parut voleter dans les branches au-dessus de lui. [...] Leurs yeux se ferm&egrave;rent et il leur sembla alors entendre des mots, des mots frais, parlant d'eau et de sommeil. Ils s'abandonn&egrave;rent au sortil&egrave;ge [...]</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>LotR</I>, B1C6</p></div><div class="droite"></div></div><p>Mais il ne se contente pas de pousser la chansonnette&nbsp;: Vieil Homme Saule parle aussi, et sa voix est comme son tronc, <span class="exergue">&laquo;&nbsp;une horrible voix s&egrave;che et rin&ccedil;ante&nbsp;&raquo;</span> (<I>LotR</I>, B1C7) qui se rit des pauvres Hobbits qu'il a captur&eacute;. Ses feuilles, non contentes de susurrer ses sorts, expriment aussi ce que ressent l'arbre. Quand Sam voudra lui mettre le feu pour lib&eacute;rer ses compagnons&nbsp;: </p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>The leaves seemed to hiss above their heads with a sound of pain and anger.</i></p></div><div class="droite"><p>Les feuilles sembl&egrave;rent &eacute;mettre au-dessus de leurs t&ecirc;tes un sifflement de souffrance et de col&egrave;re.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>LotR</I>, B1C6</p></div><div class="droite"></div></div><p>Le saule (ou du moins, le Vieil Homme Saule, car les saules dont parle Fangorn ont eux un parler doux) a donc deux voix&nbsp;: la voix des feuilles, chuchotement et murmures, et la voix du tronc, craqu&egrave;lement et rudesse.</p><p class="espacement"></p><p><b>L'arbre d'ombre</b></p><p>Il est temps &agrave; pr&eacute;sent d'aborder le rapport &agrave; la lumi&egrave;re du saule. Arbre lunaire, au feuillage vert et gris, le saule est associ&eacute; &agrave; la lumi&egrave;re argent&eacute;e, et sa partie lumineuse est port&eacute;e par sa frondaison. Ainsi, d&eacute;crivant le Vieil Homme Saule, Tolkien &eacute;crit&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>The leaves fluttering against the bright sky dazzled him, and he toppled over, lying where he fell upon the grass. [...]</i></p><p><i>They looked up at the grey and yellow leaves, moving softly against the light, and singing.</i></p></div><div class="droite"><p>Les feuilles qui s'agitaient devant le ciel brillant &eacute;blouissaient Frodon&nbsp;; il s'&eacute;croula, et il resta &eacute;tendu l&agrave; o&ugrave; il &eacute;tait tomb&eacute; dans l'arbre. [...]</p><p>Ils regard&egrave;rent vers les feuilles grises et jaunes qui chantaient en se mouvant doucement devant la lumi&egrave;re.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>LotR</I>, B1C6</p></div><div class="droite"></div></div><p>Les feuilles grises et jaunes du saule font &eacute;cran &agrave; la lumi&egrave;re du ciel brillant, et le refl&egrave;te ; regarder le ciel &agrave; travers le feuillage du saule n'estompe pas la luminosit&eacute;, mais au contraire, &eacute;blouit. </p><p>Cependant, cette luminosit&eacute; s'arr&ecirc;te au feuillage&nbsp;: tout ce qui est sous le saule est plong&eacute; dans l'ombre dans un ombre qui invite au sommeil et au repos, qui m&egrave;ne &agrave; l'oubli — voire &agrave; la mort.</p><p>Le saule renvoie &agrave; l'ombre &agrave; ses pieds. Sam, lors de l'ascension du Mont du Destin, mourant de soif et laissant la derni&egrave;re gorg&eacute;e d'eau &agrave; Frodo, se rem&eacute;morera de <span class="exergue">&laquo;&nbsp;chaque ruisseau, chaque rivi&egrave;re, chaque source qu'il avait jamais vus, sous les ombrages verts des saules ou scintillant au soleil, dansait et gazouillait pour son tourment derri&egrave;re la c&eacute;cit&eacute; de ses yeux.&nbsp;&raquo;</span> (<I>LotR</I>, B6C3).</p><p>S&eacute;bastien Mallet, dans une &eacute;tude sur les saulaies et la figure saulaire <small><small><sup><b><a name='renvoi4' href='#note4'>(4)</a></b></sup></small></small>, conclut son &eacute;tude ainsi&nbsp;:</p><div class="citation"><p>Il me semble que le trait qui relie la plupart des saules du L&eacute;gendaire est que le saule a rapport &agrave; une eau ombr&eacute;e, c’est-&agrave;-dire une eau qui entoure, qui enveloppe, voire qui brouille.</p><p>A Tasarinan comme au Tournesaules, le saule, proche de l’eau dormante, finit par en devenir une &agrave; son tour. L’image se d&eacute;place&nbsp;: celui qui s’adosse &agrave; un saule est englouti dans son ombrage vert ou argent&eacute;. Autrement dit, le d&eacute;placement de l’image est une inversion&nbsp;: le feuillage devient le reflet de l’eau dormante &agrave; ses pieds&nbsp;: il noie la personne qui s’y arr&ecirc;te. Cet enveloppement s’av&egrave;re enchanteur et &eacute;g&eacute;n&eacute;rant &agrave; Tasarinan ; il est perverti et dangereux chez le Vieil-Homme-Saule, qui va jusqu’&agrave;&#160; engloutir litt&eacute;ralement ses victimes (tout son &ecirc;tre y participe&nbsp;: feuillage, branches, racines et tronc).</p></div><p>La r&ecirc;verie saulaire de Tolkien est donc assez originale&nbsp;: le saule aupr&egrave;s de l'eau dormante&#160; endort et berce, doucement, celui qui s'y repose. La vo&ucirc;te feuill&eacute;e devient berce d'eau, et le sommeil r&eacute;g&eacute;n&egrave;re l'endormi&nbsp;: les plaies cicatrisent, la beaut&eacute; rena&icirc;t, la fatigue dispara&icirc;t, et les corps sont repos&eacute;s.</p><p>Pourtant, les saules n'ont pas pouvoir de gu&eacute;rir les maux de l'&acirc;me. Leur pouvoir est, pour cet aspect, fallacieux&nbsp;: en oubliant le monde, on permet &agrave; l'ennemi de s'approcher. Les saulaies de Tasarinan ne sont donc pas un refuge s&ucirc;r, car &agrave; trop s'y plaire, on en oublie le danger qui menace. Il faudra m&ecirc;me l'intervention d'Ulmo pour en faire repartir Tuor, dans les versions primitives de la Chute du Gondolin.</p><p class="espacement"></p><p><b>Le Vieil Homme Saule</b></p><p>Les saules ont donc un aspect quelque peu n&eacute;gatif, quoique pas n&eacute;cessairement volontaire. Du moins pour les saulaies rencontr&eacute;es dans le L&eacute;gendaire. Car il en est tout autrement pour le Vieil Homme Saule du Tournesaule.</p><p>Vieil Homme Saule a toujours perturb&eacute; ma r&ecirc;verie arbesque. Pourquoi avoir masculinis&eacute; un arbre qui, dans sa jeunesse, a tout d’un arbre f&eacute;minin&nbsp;: souplesse, chevelure dor&eacute;e, fermet&eacute; et courbes&nbsp;? L’&acirc;ge ferrait-il des arbres, &ecirc;tre androgynes de nature, des &ecirc;tres masculins&nbsp;? Ou est-ce la vision de celui qui les regarde qui leur donne un genre&nbsp;? </p><p>Plantons d’abord notre r&eacute;flexion.&nbsp;L’arbre est double. Oniriquement double. Androgyne, puisque selon son &acirc;ge, selon la lumi&egrave;re, il peut sembler femme ou homme&nbsp;; trait d’union, il plonge dans la terre pour s’&eacute;lancer dans le ciel, puise dans l’eau son souffle vital&nbsp;; s’il conserve son &eacute;quilibre entre ces apports, il reste neutre… mais vient-il &agrave; s’enraciner plus profond&eacute;ment qu’il ne grandit, vient-il &agrave; s’&eacute;lancer plus qu’il ne creuse, alors son symbolisme change.</p><p>La chose est particuli&egrave;rement frappant dans le Seigneur des Anneaux, en ce qui concerne le Vieil Homme Saule. Pour avoir grandit non loin du Rh&ocirc;ne, j’ai vu maints saules, de diff&eacute;rents &acirc;ges, de diff&eacute;rentes croissances. Mais jamais je n’ai pu les voir comme &ecirc;tres masculins. Toujours leur chevelure blonde qu’ils mirent inlassablement dans l’eau me les faisait para&icirc;tre f&eacute;minin. Toujours la gr&acirc;ce de leur port me les faisait para&icirc;tre Fennettes. Mais c’est un Vieil Homme Saule qui vient perturber cette image douce et reposante. Arbre d’eau, le saule y retourne, se penchant inlassablement vers ce miroir troubl&eacute;, y retrouvant jouvence &agrave; chaque printemps. Mais pas le Vieil Homme Saule. Le Vieil Homme Saule d&eacute;tourne la r&ecirc;verie aquatique, d&eacute;tourne la fra&icirc;cheur de la jeunesse. Ses feuilles sont d&eacute;j&agrave; grises et jaunes. Le Vieil Homme Saule n’a comme douceur que son chant destiner &agrave; endormir, endormir les autres pour rester seule conscience &eacute;veill&eacute;e. Le saule a chang&eacute; de nature en devenant Vieil Homme. D’aquatique, il est devenu min&eacute;ral. Ce n’est plus une fr&ecirc;le dame qui &eacute;chevelle ses rameaux. C’est une caverne monstrueuse. Monstrueuse car vivante, anim&eacute;e. Monstrueuse car anim&eacute; du seul d&eacute;sir de d&eacute;vorer, quand chaque ramille s’&eacute;tend pour saisir la terre, quand chaque branche se soul&egrave;ve pour envahir le ciel, chaque racine courre vers l’eau pour la boire. <small><small><sup><b><a name='renvoi5' href='#note5'>(5)</a></b></sup></small></small></p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>[...] his heart was rotten, but his&#160; strength was green; and he was cunning, and a master of winds, and his song and thought ran through the woods on both sides of the river. His grey thirsty spirit drew power out of the earth and spread like fine root-threads in the ground, and invisible twig-fingers in the air, till it had under its dominion nearly all the trees of the Forest from the Hedge to the Downs.</i></p></div><div class="droite"><p>[...] son cœur &eacute;tait pourri, mais sa force verte, et il &eacute;tait rus&eacute;, il commandait aux vents, et son chant et sa pens&eacute;e couraient les bois des deux c&ocirc;t&eacute;s de la rivi&egrave;re. Son esprit gris et assoiff&eacute; tirait la force de la terre, et il s'&eacute;tait r&eacute;pandu comme un r&eacute;seau de racines dans le sol et comme d'invisibles doigts de brindilles dans l'air, jusqu'&agrave; ce qu'il e&ucirc;t acquis la domination sur presque tous les arbres de la For&ecirc;t entre la haie et les Hauts.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>LotR</I>, B1C6</p></div><div class="droite"></div></div><p>Toute la description qui en est faite montre son aspect pierreux&nbsp;: Vieil Homme Saule est gris, vieux, &eacute;norme. Son tronc est ouvert de cavernes&nbsp;: </p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>[Frodo] lifted his heavy eyes and saw leaning over him a huge willow-tree, old and hoary. Enormous it looked, its sprawling branches going up like reaching arms with many long-fingered hands, its knotted and twisted trunk gaping in wide fissures that creaked faintly as the boughs moved. The leaves fluttering against the bright sky dazzled him, and he toppled over, lying where he fell upon the grass.</i></p><p><i>Merry and Pippin dragged themselves forward and lay down with their backs to the willow-trunk. Behind them the great cracks gaped wide to receive them as the tree swayed and creaked. They looked up at the grey and yellow leaves, moving softly against the light, and singing. They shut their eyes, and then it seemed that they could almost hear words, cool words, saying something about water and sleep. They gave themselves up to the spell and fell fast asleep at the foot of the great grey willow.</i></p><p><i>[…] Half in a dream he wandered forward to the riverward side of the tree, where great winding roots grew out into the stream, like gnarled dragonets straining down to drink. [...]</i></p></div><div class="droite"><p>[Frodon] leva ses yeux alourdis et vit, pench&eacute; sur lui, un &eacute;norme saule, vieux et chenu. L'arbre paraissait immense&nbsp;; ses branches&#160; &eacute;tal&eacute;es s'&eacute;levaient comme des bras tendus, aux mains pourvues de longs et multiples doigts&nbsp;; son tronc noueux et tordu s'ouvrait en larges fissures qui grin&ccedil;aient faiblement au mouvement des branches. Les feuilles qui s'agitaient devant le ciel brillant &eacute;blouissaient Frodon&nbsp;; il s'&eacute;croula, et il resta &eacute;tendu l&agrave; o&ugrave; il &eacute;tait tomb&eacute; dans l'arbre.</p><p>Merry et Pippin se tra&icirc;n&egrave;rent en avant pour s'allonger le dos contre le tronc du saule. Derri&egrave;re eux, les grandes fissures b&eacute;&egrave;rent pour les accueillir, tandis que l'arbre se balan&ccedil;ait en grin&ccedil;ant. Ils regard&egrave;rent vers les feuilles grises et jaunes qui chantaient en se mouvant doucement devant la lumi&egrave;re. Leurs yeux se ferm&egrave;rent et il leur sembla alors entendre des mots, des mots frais, parlant d'eau et de sommeil. Ils s'abandonn&egrave;rent au sortil&egrave;ge et tomb&egrave;rent dans un profond sommeil au pied du grand saule gris.</p><p>[...] Dans un demi-r&ecirc;ve, il gagna en titubant le c&ocirc;t&eacute; de l'arbre tourn&eacute; vers la rivi&egrave;re, o&ugrave; de grandes racines noueuses s'avan&ccedil;aient dans l'eau comme des dragons tordus qui s'&eacute;tireraient pour boire. [...]</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><i>Ibid.</i></p></div><div class="droite"></div></div><p>D'ailleurs, il tire sa force de la terre <small><small><sup><b><a name='renvoi6' href='#note6'>(6)</a></b></sup></small></small> :</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>His grey thirsty spirit drew power out of the earth [...]</i></p></div><div class="droite"><p>Son esprit gris et assoiff&eacute; tirait la force de la terre [...]</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><I>Ibid.</I></p></div><div class="droite"></div></div><p>Ses racines sont tordues, son tronc craquel&eacute;, mais ses branches,<I> a contrario</I>, sont raides&nbsp;:</p><div class="citation colonne"><div class="gauche"><p><i>The wind puffed out. The leaves hung silently again on stiff branches.</i></p></div><div class="droite"><p>Le vent lan&ccedil;a une derni&egrave;re bouff&eacute;e. Les feuilles pendirent de nouveau silencieuses aux branches raides.</p></div></div><div class="citation colonne source"><div class="gauche"><p><i>Ibid.</i></p></div><div class="droite"></div></div><p>On peut donc raisonnablement supposer que le Vieil Homme Saule est un <I>Crack Willow</I>, un saule fragile (<I>salix fragilis</I>), et non un saule pleureur dont les branches ne sont pas raides. </p><p>Mais revenons &agrave; la r&ecirc;verie v&eacute;g&eacute;tale. L’arbre est double. En tant que tel, il est juste qu’il y ait deux r&ecirc;veries v&eacute;g&eacute;tales. Celle qui regarde vers le ciel, celle qui plonge dans la roche. Et dans l’optique tolkienienne, la premi&egrave;re est positive, la deuxi&egrave;me n&eacute;gative. Gollum perd son &acirc;me aux racines de la montagne&nbsp;: que la faute soit &agrave; l’Anneau n’enl&egrave;ve pas le fait que cette perte soit li&eacute;e &agrave; l’enfouissement. Les racines grouillantes du Vieil Homme Saule n’inclinent pas &agrave; la confiance. L’app&eacute;tit d&eacute;vorant qui anime Shelob la conduit &agrave; &eacute;tendre ses toiles, prolongement de son corps monstrueux, dans toutes les cavernes de son domaine. Le Mordor est un lieu de pierre qui rend n&eacute;gative m&ecirc;me l’eau, qui pourtant seule pourra le purifier. Toute r&ecirc;verie qui n’est centr&eacute;e que sur l’enfouissement, sur l’engloutissement —&nbsp;de nourriture pour Shelob, de &laquo;&nbsp;secrets&nbsp;&raquo; pour Gollum&nbsp;— et plus encore, sur l’engloutissement &eacute;gocentrique ne peut &ecirc;tre que noire et n&eacute;gative. <small><small><sup><b><a name='renvoi7' href='#note7'>(7)</a></b></sup></small></small></p><p>Abordons maintenant un autre point &eacute;tonnant de la r&ecirc;verie v&eacute;g&eacute;tale, &agrave; celle li&eacute;e au Vieil Homme Saule&nbsp;: s’il ne vit que par ses racines, il ne partage pas la r&ecirc;verie du pass&eacute;. La conscience &eacute;veill&eacute;e ne comprend gu&egrave;re cela&nbsp;: pour elle, les racines renvoient aux temps premiers, et s’il y a une r&ecirc;verie des racines, elle doit &ecirc;tre tourn&eacute;e vers l’arri&egrave;re, vers l’achev&eacute;, vers ce qui ne reviendra pas. Mais pas dans ce cas&nbsp;: Vieil Homme Saule est tourn&eacute; vers le pr&eacute;sent, vers le futur aussi, mais pas vers le pass&eacute;. Vieil Homme Saule n’a pas de m&eacute;moire, sa conscience n’est tourn&eacute;e que sur son expansion.</p><p>Vieil Homme Saule, dans son app&eacute;tit solitaire, d&eacute;vore pour lui-m&ecirc;me, gouverne son espace, exerce ses charmes pour lui seul, pour d&eacute;vorer, encore, toujours… Comment d&egrave;s lors arr&ecirc;ter son expansion d&eacute;vastatrice&nbsp;? Que lui enjoint Tom ? <span class="exergue">&laquo;&nbsp;<i>Eat earth! Dig deep! Drink water! Go to sleep!</i>&nbsp;&raquo;</span>. Étonnamment, de faire ce qu’on lui reproche… du moins &agrave; ce qu’il semble. La nuance est dans l’adjonction &agrave; dormir. Dormir… c’est-&agrave;-dire suspendre la conscience. Suspendre la conscience, donc supprimer l’intention. L’intention de l’engloutissement. Vieil Homme Saule peut bien continuer &agrave; manger la terre, &agrave; creuser profond, &agrave; boire l’eau, pourvu qu’il dorme, que sa conscience n&eacute;gative soit en sommeil. Retournement de charme&nbsp;: Vieil Homme Saule endort ses proies pour les ing&eacute;rer, Tom lui ordonne de dormir &agrave; son tour pour qu’il cesse de le faire. Tom n’est pas dupe, Tom est le ma&icirc;tre. Tom r&eacute;pare ce qui n’aurait pas du &ecirc;tre&nbsp;: <span class="exergue">&laquo;&nbsp;<i>You should not be waking</i>&nbsp;&raquo;</span>. Et la conscience mal&eacute;fique r&eacute;duite au sommeil, Vieil Homme Saule redevient arbre, redevient naturel, non plus arbre min&eacute;ral pensant, mais saule tranquille et silencieux&nbsp;: <span class="exergue">&laquo;&nbsp;<i>Then with a loud snap both cracks closed fast again. A shudder ran through the tree from root to tip, and complete silence fell</i>&nbsp;&raquo;</span>.</p><p class="espacement"></p><p><b>Les valeurs saulaires</b></p><p>Pour conclure cette partie sur le saule, on peut trouver deux valorisations du saule chez Tolkien.</p><p>En groupe, en saulaie, il renvoie &agrave; l'eau, au sommeil, au murmure, au printemps et au renouveau&nbsp;: paix et douceur.</P> <P CLASS="western" STYLE="font-style: normal">Isol&eacute; et solitaire, le saule renvoie certes aussi &agrave; l'eau, au sommeil et au murmure, mais surtout &agrave; une mort par engloutissement, peut-&ecirc;tre m&ecirc;me par p&eacute;trification, si l'on &eacute;tend son aspect min&eacute;ral &agrave; ses proies.</p><p>Le chant de la saulaie invite au sommeil et &agrave; l'oubli, il est r&eacute;parateur, m&ecirc;me s'il n'emp&ecirc;che pas l'&eacute;coulement du temps au dehors. Le chant du Vieil Homme Saule est doux, mais sa douceur est fallacieuse&nbsp;: il invite &agrave; un sommeil lourd, pour mieux engloutir le malheureux prisonnier de ses racines ou de son tronc. Et la voix enchanteresse de ses feuilles ne peux faire oublier la voix grin&ccedil;ante de son tronc.</p><p class="separation"></p><p><small><small><sup><b><a name='note1' href='#renvoi1'>(1)</a></b></sup></small> Il est int&eacute;ressant de noter que M&iacute;riel est associ&eacute;e &agrave; la lune, et &agrave; la lumi&egrave;re <I>argent&eacute;e</I>. Cf. l'article de Didier Willis, &laquo;&nbsp;M&iacute;riel, ou la confrontation de la lune et du soleil&nbsp;&raquo;, <I>Hiswel&oacute;k&euml;, Quatri&egrave;me Feuillet</I>. Disponible en ligne&nbsp;:&#160; &#160;&#160; <a href="https://forum.tolkiendil.com/thread-6243.html" rel="nofollow">https://forum.tolkiendil.com/thread-6243.html</a>.</p><p><small><sup><b><a name='note2' href='#renvoi2'>(2)</a></b></sup></small> <span class="exergue">« <i>There too grew the poppies glowing redly in the dusk, and those the Gods called <I>fumellar</I> the flowers of sleep — and Lorien used them much in his enchantments.</i> »</span> (<I>HoME1</i>, &laquo;&nbsp;The Coming of the Valar and the Building of Valinor&nbsp;&raquo;). <span class="exergue">[TRADUCTION]</span></p><p><small><sup><b><a name='note3' href='#renvoi3'>(3)</a></b></sup></small> La v.o. utilise le terme <span class="exergue">&laquo;&nbsp;<i>mighty singer</i>&nbsp;&raquo;</span>, qui serait mieux traduit par <span class="exergue">&laquo;&nbsp;puissant chanteur&nbsp;&raquo;</span>, avec une id&eacute;e de pouvoir.</p><p><small><sup><b><a name='note4' href='#renvoi4'>(4)</a></b></sup></small> S&eacute;bastien Mallet, sur le fuseau &laquo;&nbsp;<a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=5941" rel="nofollow">Tasarinan</a>&nbsp;&raquo;<!--, rubrique &laquo;&nbsp;Le L&eacute;gendaire&nbsp;&raquo;-->.</p><p><small><sup><b><a name='note5' href='#renvoi5'>(5)</a></b></sup></small> Rappelant ainsi Ungoliant, l'araign&eacute;e monstrueuse, qui cherche à d&eacute;vorer toute lumi&egrave;re, toute chose, pour combler son propre vide (cf. <I>Silm.</I>, &laquo;&nbsp;Of the Silmarils and the Unrest of the Noldor&nbsp;&raquo;).</p><p><small><sup><b><a name='note6' href='#renvoi6'>(6)</a></b></sup></small> Peut-&ecirc;tre ne faut-il pas s'&eacute;tonner, d&egrave;s lors, si celui qui r&eacute;siste le mieux &agrave; ses enchantements est Sam, le jardinier, lui-m&ecirc;me baille <span class="exergue">&laquo;&nbsp;comme une caverne&nbsp;&raquo;</span> (<I>LotR</I>, B1C6) — et dort comme une souche (<I>LotR</I>, B1C7).</p><p><small><sup><b><a name='note7' href='#renvoi7'>(7)</a></b></sup></small> Il n’en va pas de m&ecirc;me pour le peuple Nain, qui, s’il est intrins&egrave;quement li&eacute; au min&eacute;ral, ne rejoint pas cette r&ecirc;verie n&eacute;faste&nbsp;: il y a de la beaut&eacute; dans la terre, et leur r&ecirc;verie rend gr&acirc;ce de cette beaut&eacute;, la fait partager. La nuance essentielle est dans le partage de la connaissance, dans le fait de montrer au monde la beaut&eacute; de la r&ecirc;verie terrestre, min&eacute;rale. Ainsi, la&#160; description que Gimli fait &agrave; Legolas des Cavernes Scintillantes est une v&eacute;ritable envol&eacute;e lyrique et amoureuse — et permet de prouver que le peuple Nain n'est pas le peuple grossier et fruste que beaucoup se plaisent &agrave; imaginer. </small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Laegalad)]]></author>
			<pubDate>Wed, 25 Jun 2008 18:31:00 +0000</pubDate>
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