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		<title><![CDATA[JRRVF - Tolkien en Version Française - Forum / Le sens de l'Histoire]]></title>
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		<description><![CDATA[Les sujets les plus récents dans Le sens de l'Histoire.]]></description>
		<lastBuildDate>Wed, 28 Aug 2019 11:41:14 +0000</lastBuildDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87612#p87612</link>
			<description><![CDATA[<p>Un autre lien avec <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=7467" rel="nofollow">La question du libre arbitre</a> :).</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Wed, 28 Aug 2019 11:41:14 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=87612#p87612</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73616#p73616</link>
			<description><![CDATA[<p>Ce lien <small>(bientôt 6 ans (!) après le message précédent : les Grands Elfes ne sont donc pas tous repartis outre-mer, pour reprendre la <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=5320" rel="nofollow">métaphore</a> filée par Sosryko :))</small> vers <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=6822" rel="nofollow">La Machine ou la nécessité de raser le monde réel</a>, qui offre une suite logique (et magistrale) au thème de ce fuseau (et à quelques unes de ses digressions).</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Sun, 17 May 2009 22:23:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73616#p73616</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73615#p73615</link>
			<description><![CDATA[<p>Déviant un peu plus du sujet initial, mais en réponse au texte de la lettre que nous a gentiment traduit Laurent, voici un autre texte, tiré de <i>Faërie</i> cette fois, qui montre combien Tolkien voulait prendre ses distances avec le mot « Magie » qu’il connotait négativement, lorsqu’il l’utilisait seul (et non plus dans la perspective dualiste Magia / Goeteia) :</p><div class="citation"><p>Peut-être la Faërie pourrait-elle être traduite par Magie (...)</p><p>Il nous faudrait un mot pour cet art elfique (…) On a sous la main « magie » et je l’ai employé plus haut, mais je n’aurais pas dû le faire : Magie devrait être réservé aux opérations du Magicien. L’art est le procédé humain qui produit en passant […] la Créance Secondaire. Les elfes peuvent aussi utiliser un art du même ordre […] je l’appellerai, faute d’un mot moins discutable, l’Enchantement L’Enchantement produit un Monde Secondaire dans lequel peuvent pénétrer tant l’auteur que le spectateur, pour la satisfaction de leurs sens durant qu’ils se trouvent à l’intérieur ; mais, dans sa pureté, il est artistique pour tout ce qui est du désir comme du dessein. La Magie produit ou prétend produire un changement dans le Monde Primaire. Peu importe par qui elle est censée être appliquée, fée ou mortel, elle demeure distincte des deux autres ; ce n’est pas un art, mais une technique ; son désir est le pouvoir en ce monde, la domination des choses et des volontés.</p></div><div class="citation source"><p><i>Faërie</i>, Du Conte de Fées, Pocket, p.141, p.183</p></div><p>Sosryko</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Thu, 22 May 2003 17:03:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73615#p73615</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73614#p73614</link>
			<description><![CDATA[<p><small>effectivement, Didier, très intéressante remarque ;-)</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Wed, 21 May 2003 01:11:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73614#p73614</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73613#p73613</link>
			<description><![CDATA[<p><small>En guise de petite information connexe sur l'expression Ambar-metta:<p>Dans VT/44 pp. 31-38, nous avons diverses tentatives de Tolkien pour traduire en quenya le "Gloria in Excelsis Deo", sous lequelles apparaissent des fragments qui aboutissent (à quelques mots près) à la phrase prononcée par Aragorn (<i>et earello ... tenn' ambar-metta</i>). Bien que ces fragments n'appartiennent pas formellement au Gloria, l'écho biblique est évident; ainsi dans une première version <i>ter yénion yéni</i> "through years of years" renvoit de toute évidence au latin <i>in saecula saeculorum</i> ("pour les siècles des siècles").<p>L'association de cette phrase (attribuée à Elendil et reprise par Aragorn lors de son couronnement dans le SdA) à un contexte religieux est plutôt ... intéressante ;-)<p>Didier. <br></small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hisweloke)]]></author>
			<pubDate>Mon, 19 May 2003 03:17:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73613#p73613</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73612#p73612</link>
			<description><![CDATA[<p><small>Voilà… après relectures et réflexions multiples, j’avoue gentiment ne me sentir aucune compétence pour apporter quoi que ce soit d’utile ou d’intéressant à ce qui a été dit.<br>Il ne me reste qu’à laisser …<br>mes remerciements, pour explorer des terrains difficiles, inhabituels, hermétiques parfois, voire « coupeurs de cheveux en quatre » ;-)&#160; mais bien enrichissants<p>une prière : surtout que ça continue !&#160; Même si quelques fois la réflexion prend une direction disons… imprévue… par rapport au thème de départ<p>un modeste sentiment personnel : pour Tolkien, mais aussi pour tous ceux qui se sentent quelques fois écœurés par le monde dans lequel ils vivent, en dissonance avec lui, il est bien difficile à résoudre ce paradoxe entre l’amour de la Vie, l’admiration pour les beautés de la Création, et la révolte ou la profonde tristesse devant le fonctionnement absurde ou destructeur de la société des hommes et de leur Histoire.<br>Ylem.</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Ylem)]]></author>
			<pubDate>Mon, 19 May 2003 01:16:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73612#p73612</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73611#p73611</link>
			<description><![CDATA[<p>Ach ... cette proposition a été faite avec enthousiasme et à partir de ma mémoire et de quelques notes seulement. Après avoir pris le temps de réexaminer tout cela, autant l'attribution faite à <b>Arda</b> me paraît toujours intéresante, autant celle faite à <b>Ambar</b> me paraît moins évidente ; elle convient dans l'usage du mot <i>Ambar-metta</i>, mais plus difficilement dans les autres occurrences du corpus ...<p>A mettre entre parenthèses pour l'instant, donc ... :|</p><p>Jérôme</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Fri, 16 May 2003 16:55:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73611#p73611</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73608#p73608</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Sos. a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>rque liminaire : une réponse au post de Laurent, sans rapport direct avec le fuseau proprement dit ou le Légendaire...lecteur, tu es prévenu, mais averti également que si les remarques de Laurent t'on intéressées, ce qui suit devrait également retenir ton attention...j'espère!</p></div></blockquote></div><p><small>Pour l'intérêt et l'attention, aucun souci :) mais - cf. ci-après - j'y trouve néanmoins un lien direct avec le Conte d'Arda. Voici ma contribution, qui viendra peut-être en modeste complément de Sosryko, pour ce qui est du "Monde" et d'Arda (en donnant un aperçu du pendant elfique de ses considérations que je rejoins entièrement (j'ai le beau rôle) :)). Même pour le Royaume, il y aurait à dire en Arda, mais je n'en ai pas les moyens aujourd'hui ... :)</small></p><div class="quotebox"><cite>Cír. a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>C’est le « nor wholly changed » qui laisse penser que le monde dont la chute accompagne celle de l’homme ([...]) ne doit pas être considéré comme la place du Mal.</p></div></blockquote></div><p>Et pourtant si. Le Monde est bien la demeure du Mal (pas seulement du Mal, mais entre autre ; et le Mal n'existe que dans le Monde ; au-delà, en Dieu, il n'est pas) ; ce n'est pas réduire le Monde à Satan que de le constater, et d'user de métonymie* pour désigner le Mal en parlant du Monde (si l'on garde bien conscience du procédé). Ainsi comme le rappelle Sosryko, de l'usage du titre de "Prince de ce Monde" pour Satan. Ainsi aussi de la distinction faite entre les "fils du Monde" et les "fils de la Lumière" ; les derniers qui appartiennent (déjà ?) au Royaume des Cieux et vivent tout autant dans le Monde et l'aiment (mais là le mot Monde commence à désigner aussi la Création ...).</p><p>En Arda, le Monde est bien la demeure de Melkor, jusqu'à la Fin, jusqu'à la Guérison, disséminé comme tu l'as d'ailleurs, Laurent, magnifiquement dit dans ton PS. Le Monde est bien la demeure du Mal, puisque celui-ci est la Blessure d'Arda ; le Mal c'est le <b>Hastaina</b> de Arda Hastaina, le Morgoth disséminé et corrompant tout. En Arda, nous pouvons tout autant manier la métonymie qui vise à désigner le Mal par sa demeure : le Monde. En revanche <small>(et cf. plus bas)</small> <b>Arda</b> ne sera pas le terme elfique le plus approprié pour cela, cette Arda que tu aimes tant ;)</p><div class="quotebox"><cite>Cír. a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>[...] mon âme doit être dans le monde, elle ne peux vouloir le beurre et l’argent du beurre : apprécier la création divine, la Terre, en y soustrayant son âme est impossible et dans tous les cas m’apparaîtrait comme néfaste si on nous en donnais la possibilité.</p></div></blockquote></div><p>Sosryko y répond évidemment par l'ensemble de son post, mais pas spécifiquement (si j'ai bien lu). Si le "Monde" dont Satan est le Prince désigne par métonymie* le péché (<-> tout ce qui tient éloigné de Dieu, parce que le Monde est le lieu du péché, soustraire son âme au "Monde" - dans ce sens-là du Monde - ne signifie pas la soustraire à la Création, mais à la partie corrompue, au péché. Aux "fils de la Lumière" qui ne sont pas "du Monde", il est d'ailleurs demandé PAR DESSUS TOUT de vivre dans le Monde, de l'aimer comme Dieu nous aime. C'est la vertu de l'Amour de Charité, dont saint Paul dit que si elle manque, tout (même la foi !!!) est vain ! En écrivant cela, je me rends compte que j'ajoute autmatiquement au "Monde" le sens de "la Création" ;) Car pour aimer véritablement <small>(la Vérité, le Bien ne vient que de Dieu)</small> le Monde <small>(les beautés de la Création et leur prochain)</small>, les fils de la Lumière doivent se séparer du Monde <small>(ce qui n'est pas de Dieu)</small>, comme l'a si bien dit Sosryko. Le paradoxe n'est que dialectique, si j'ose m'exprimer ainsi.<p>Je ne m'étendrai pas sur la translation en Arda qui me paraît <small>(égoïstement ;))</small> évidente, afin de consacrer mon peu de temps disponible plus bas<br><small>Mais elle fait entre autre l'objet de notre travail avec Sosryko sur l'<i>Estel</i> à venir bientôt ;)</small></p><div class="quotebox"><cite>Cír. a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Il y va pourtant de la Terre physique dans cette Arda blessée [...]</p></div></blockquote></div><div class="quotebox"><cite>Sos. a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Bien entendu, tu as raison.<br>Mais c’est qu’il y a recouvrement de deux notions bibliques dans la notion unique du « fallen/evil world » chez Tolkien.<br>Le « Monde » (<i>kosmos</i>) des apôtres n’est pas Arda Blessée.<br>Arda Blessée, c’est la Création (<i>ktisis</i>) telle que la décrit magnifiquement Paul, cette « création [qui] attend avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu » [Ro 8 :19], cette création qui porte en elle « l’espérance [du jour où] elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu » [Ro 8.21] ; mais « cette création dont nous savons qu’elle soupire, toute entière, jusqu’à ce jour, et souffre les douleurs de l’enfantement. » [Ro 8.22]<br>Ainsi, « fallen world » serait plutôt la Création-Arda Blessée, tandis que « evil world » renvoit directement au « Monde » comme l’ensemble des hommes qui rejettent Dieu.</p></div></blockquote></div><p>Je rejoins tout à fait Sosryko ; je ne peux même pas pinailler sur une virgule :) Mais je vais en profiter pour poursuivre cette reflexion sur la dialectique propre au Conte d'Arda.<p>Nous aurons peut-être un terme elfique plus approprié pour désigner "le Monde" :). Le Monde fait en quenya l'objet de deux traductions. Elles sont à première vue interchangeables, mais à la lumière de cette magnifique discussion <small>(les lambendili "amoureux des langues" vont vous devoir une nouvelle fière chandelle, Círdan et Sosryko :))</small>, les Eldar distinguaient le concept de la Terre, le Système Solaire, le Royaume de Manwë, ce que nous avons il me semble ici désigné par "la Création" (<i>ktisis</i>), <b>Arda</b>, du concept de la Terre, signifiant 'Demeure', qui se prête me semble-t-il parfaitement au français "Monde" (<i>kosmos</i>), <b>Ambar</b>.<p><b>Arda</b> est Royaume, confié à Manwë <small>(< racine elf. &radic;GAR qui désigne ce qui est contrôlé, géré, me semble-t-il : un domaine, une région ...)</small>. Elle existait avant le "Monde" dont on a parlé, au moins conceptuellement, puisque les traditions elfiques parlent d'<b>Arda Alahasta</b>. Et même s'il est des expressions chez les Elfes comme "tant que durera Arda", qui désigne assurément <b>Arda Hastaina</b>, il faut voir les références à <b>Arda Envinyanta</b>, éternelle, belle et renouvelée, qui existe(ra) lorsque le "Monde" dont on a parlé est(sera) vaincu et achevé.<p><b>Ambar</b> est Demeure <small>(< racine elf. &radic;MBAR qui désigne ce qui est habité)</small>. Il est habité par les hommes, par la nature ... et logiquement par le Mal ;) Il convient parfaitement à l'usage qui est fait du français "Monde", car il désigne me semble-t-il :<br>(1)<br>* le monde, l’univers <br>* le cercle de la terre, la terre <br>* les habitants de la terre<br>et désignerait sans grand risque, m'est avis, dans une certaine dialectique religieuse :<br>(2)<br>* la multitude sans Eru, la masse des Enfants séparés d'Eru, ceux qui sont hostiles à Son dessein<br>Ainsi l'expression <b>Ambar-metta</b> pour désigner la Fin du Monde, Monde (1) ... et (2) ... car après la Fin du Monde il n'y aura plus qu'Arda Envinyanta. En fait <b>Ambar</b> se confond avec <b>Arda</b> en <b>Arda Hastaina</b>.<p>Les Eldar auraient ainsi parlé de l'amour d'<b>Arda</b>, en entendant Laurent (et suspecté une ascendance elfique ;)), et sans doute d'<b>Ambar</b> pour désigner tout ce qui tient éloigné d'Eru en écoutant (avec émerveillement <small>... et 'lifting up their hearts' ;)</small>) notre ami Sosryko.</p><p>Jérôme,<br><small>très heureux ;)</small><br><small>... mais qui doit maintenant récupérer deux heures de travail :)<br />— je ne puis manquer de te remercier Sosryko, car tu en a profité pour me faire entrevoir (dans la partie du Royaume) des choses maintenant évidentes que j'avais mal comprises ou oubliées ...</small></p><p>___________________________________</p><p>* j'entends bien sûr plus que le seul procédé littéraire, quand je parle de métonymie ... métonymie spirituelle ?</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Thu, 15 May 2003 15:54:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73608#p73608</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73607#p73607</link>
			<description><![CDATA[<p>Pour terminer, voilà ce qu’écrit Christian Grappe dans un ouvrage récent intitulé <i>Le Royaume de Dieu, avant, avec et après Jésus</i> (Labor et Fides, MdB42, je te donne la référence puisque tu sembles intéressé par le sujet) :</p><div class="citation"><p>On notera d’abord l’importance de la dimension du « déjà », […], dans la mesure où proclamer que le Royaume de Dieu s’est approché (Mc 1,15 // Mt 4,17 ; Mt 10,7 ; Lc 10, 9.11), qu’il est survenu (Mt 12,28 // Lc 11,20), qu’il fait l’objet d’assaut (Mt 11,2 // Lc 16,16), c’est affirmer tout à la fois qu’il est là (dimension spatiale) et qu’il est présent (dimension temporelle) (ainsi Lc 17,20-21).<br>On pourrait encore mentionner ici les passages dans lesquesl guérisons et exorcismes apparaissent comme des signes de l’irruption du Royaume ici et maintenant (Lc 8,1-2 ; 9, 2.11 ; 10,9).<br>Cet aspect du « déjà » est suggéré aussi par des paraboles qui indiquent soit que le Royaume des Cieux peut être trouvé ici et maintenant (trésor et perles cachés : Mt 13,44 et Mt 13, 45-46) soit qu’il peut être retiré dès à présent aux uns pour être confié aux autres (Mt 21,43), soit encore que ceux qui se sont repentis y devancent ceux qui se croyaient justes (Mt 21, 28-32). Un logion tel Lc 12,32 laisse aussi entendre que le Royaume est donné dès à présent par le Père, tandis que la similitude de Mt 13,52 exprime à sa manière que le Royaume vient déjà imprégner de sa nouveauté l’enseignement de ceux qui en sont les disciples.<br>Cela dit, et l’on ne s’en étonnera pas, l’horizon du « pas encore » demeure également présent, notamment dans des logia dont l’horizon s’avère souvent, par delà l’attente du Royaume (Lc 23,51) qui peut revêtir un aspect très concret et proche (Lc 19,11), résolument eschatologique, que l’horizon soit celui de la fin (Lc 21,31), du jugement dernier (Mt 13,41), d’un accès futur dans le Royaume (Mt 7,21), d’une vision (plénière) dudit Royaume (Mc 9,1 et //), du festin eschatologique (Mc 14,25 et // ; Mt 8,11-12&#160; // Lc 13,28-29 ; Mt 25,1-13 ; Lc 14,15 ; 22,16), de la glorification ou de l’exaltation des justes (Mt 13,43 ; 20,21 ; Lc 22,29-30).<br>Enfin, assez souvent, est perceptible une tension entre « déjà » et « pas encore ». Ainsi dans les paraboles de de croissance qui placent le regard entre semailles et moisson (Mc 4,26-29 ; Mt 13, 24-30 // ÉvTh 57), ou entre graine et plante épanouie (Mc 4,30-32 et //). Ainsi dans d’autres paraboles qui introduisent une tension entre lancer des filets dans la mer et tri de ces filets sur le rivage (Mt 13, 47-50), embauche des journaliers pour travailler dans la vigne et rétribution de ces ouvriers en fin de journée (Mt 20, 1-16). Ainsi aussi en Lc 18,29 où sont mis en contraste renoncement présent en raison même du Royaume de Dieu et récompense à venir. Ainsi encore en Mt 16,19, où il est suggéré que l’accès au Royaume des Cieux se joue dans le présent communautaire, et en Mt 24,14, où le surgissement même de la fin paraît lié à la proclamation de la bonne nouvelle du Royaume à l’échelle du monde . ainsi enfin en Mt 25,34, où le Royaume promis en héritage est dit préparé depuis le commencement du monde !<br>On ne s’étonnera pas, dans ces conditions, que, dans un certain nombre de cas, on puisse hésiter entre une compréhension présente ou eschatologique, « déjà » et « pas encore » s’appelant sans doute l’un l’autre comme dans la demande du Notre Père :&#160; « Que ton Règne (ou que ton Royaume) vienne » (Mt 6,10 // Lc11,2). Mais n’en est-il pas déjà de même pour la célèbre formule « Le Royaume (ou le Règne) de Dieu s’est approché » (Mc 1,15 // Mt 4,17 ; Mt 10,7 ; Lc 10, 9.11) qui laisse entendre tout à la fois que le Royaume est déjà en marche, que les trois coups ont retenti et qu’il s’apprête à envahir toute la scène.</p></div><div class="citation source"><p>Christian Grappe, <i>Le Royaume de Dieu, avant, avec et après Jésus</i>, pp.182-183</p></div><p class="separation"></p><div class="quotebox"><cite>Círdan a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p><b>3. Statut de la magie chez Tolkien</b><br />Le fait que Tolkien précise « a motive easily corruptible into evil » ne montre-t-il pas que c’est moins la nature de la magie qui est mauvaise que son utilisation par une race elle-même corruptible ?</p></div></blockquote></div><p>Certainement.<br>Même si lui-même associe rapidement ensuite le terme « Magie » et « Machine » dans une connotation uniquement négative ; car ces deux termes sont liés au pouvoir, or la corruption ou l’égarement sont attachés à toutes forme de pouvoir, quelque soit l’intention initiale.<br>Ainsi, la magie de Galadriel lui sert à maintenir enchantée la forêt de la Lorien ; le charme est merveilleux ; pourtant cet art est un égarement, car il ne produit que mélancolie et « tristesse du monde » chez les Elfes qui savent que leur place n’est plus en Terre-du-Milieu.</p><p>Merci pour ta traduction, beaucoup de travail que cela :-)) !</p><p>Sosryko</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Thu, 15 May 2003 00:16:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73607#p73607</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73606#p73606</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Círdan a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>si je ne me trompe pas le double sens du "royaume de Dieu" chez Matthieu est beaucoup moins évident chez Luc qui insiste sur une réalisation future du royaume de Dieu sans souligner la réalité présente de ce royaume (que souligne Mat XII, 28 et sur laquelle se fondent les théories d’ « eschatologie réalisée » de C.H. Dodd ). Pour Luc, par exemple, il n’est pas véritablement question d’un royaume de Dieu qui commencerait avec la venue du Christ. Là ou il est question du Royaume de Dieu « présent » chez les autres évangélistes, Luc évite (à mon avis volontairement) cette idée et évoquera davantage de la présence de l’Esprit saint. Je cite le Que sais-je ? d’Oscar Cullmann sur le NT</p></div></blockquote></div><p>Je répète : me trouvant déjà bien assez long, je n’ai pas vu l’intérêt de développer une théologie du Royaume dans cet article consacré à Tolkien. La littérature qui traite de Tolkien ne représentant certainement pas un centième de tout ce qui a été écrit et ne cesse de paraître sur le sujet du Royaume !<br>Mais puisqu’on en parle… ;-)<br><small>(Pour les réclamations et autres plaintes, cf. Laurent qui savait très bien, après avoir lu le fuseau <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=5811" rel="nofollow">Frodon et Oronduin</a> qu’il me tentait par ses suggestions en forme de simples remarques au-delà de mes forces… ;-))</small></p><p>J’aime bien Oscar Cullmann , mais il est inutile d’aller chercher des variantes comme celle-là dont on est sûr qu’elles sont tardives, le texte le plus assuré de Luc suffira amplement :-) <br>Certes Matthieu 12.28 est essentiel pour la théologie du Royaume de Dieu « déjà là »… mais pourquoi vouloir opposer Matthieu et Luc puisqu’en l’occurrence ils disent la même chose ! Ainsi :</p><div class="citation"><p><font color='#800000'>Si (c’est) par l’Esprit (le doigt) de Dieu (que) j’expulse les démons, alors le Royaume de Dieu est venu jusqu’à vous »</font></p></div><div class="citation source"><p><span style='color:#80000080'>Mt 12.28 = Luc 11.20</span></p></div><p>Bien mieux, alors que Matthieu parle de « l’Esprit de Dieu », Luc parle du « doigt de Dieu », preuve qu’il a eu sous les yeux et conservé (malgré ce qu’on veut lui faire dire) une parole qui s’oppose à une eschatologie qui ne serait que futuriste (avec le sous-entendu qu’il aurait remplacé toute mention du Royaume actuel et présent par la présence de l’Esprit).<br>De plus, un autre verset essentiel se trouve non pas en Matthieu mais en Luc :</p><div class="citation"><p><font color='#800000'>Interrogé par les Pharisiens pour savoir quand viendrait le royaume de Dieu, il leur répondit : Le royaume de Dieu ne vient pas de telle sorte qu’on puisse l’observer.<br>On ne dira pas: Voyez, il est ici, ou: Il est là. Car voyez, le royaume de Dieu est au-dedans de vous.</font></p></div><div class="citation source"><p><span style='color:#80000080'>Luc 17:20-21</span></p></div><p>Voilà une parole dont même Bultmann (c’est dire !)&#160; affirmait qu’elle remontait à une parole « authentique » de Jésus. Nous sommes-là à un des points essentiels de la prédication de Jésus. Dit autrement ces verset affirment que le Règne (plutôt que Royaume) de Dieu s’est approché, il est venu, il est là, « entre vos mains » ou « à votre portée » comme traduisait récemment Jean-Marc Babut ce « au-dedans / milieu de vous » dont l’interprétation est multiple mais qui n’autorise pas d’interprétation futuriste.<br>Ainsi et toujours à propos de ce passage de Luc, l’impressionnant François Bovon commente : </p><div class="citation"><p>Le Royaume de Dieu n’est donc pas qu’une catégorie apocalyptique (cf. Ac 28,31). Lui et sa venue doivent être distingué du Fils de l’homme et de sa venue eschatologique dont il va être question aux v.22-37. Les deux réalités sont certes associées, mais une tension existe entre elle, entre l’envoi du Fils de l’homme et sa parousie ultime, entre la présence discrète du Royaume dès maintenant et sa manifestation puissante à la fin des temps. Lc 17,21 affirme la présence, pour mieux permettre aux versets suivant d’articuler l’avenir.</p></div><div class="citation source"><p>Luc 15,1-19,27, IIIc, p.151</p></div>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Thu, 15 May 2003 00:15:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73606#p73606</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73605#p73605</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Círdan a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p><b>2. Le Royaume de Dieu, aujourd'hui ?</b><br />>> Paul : « les temps sont courts » (Co 7:29). Ne s’agit-il pas plutôt de la courte attente promises aux premiers chrétiens ?</p></div></blockquote></div><p><small>Rque : [<b>1</b> Co 7:29]</small><br />C’est effectivement selon ton interprétation qu’on lit souvent ce texte de Paul (« le temps est court »), en s’aidant pour cela, en particulier, de Marc 13:20. <br>Le seul problème, c’est que si on replace ce verset dans son contexte on se rend compte que ce n’est pas du tout le propos de Paul ! <br>Il ne dit pas en effet que le fin des temps est imminente (bien que ce soit toujours vrai pour le Peuple de Dieu qui vit dans l’espérance de sa venue imminente) mais plutôt que le futur, tel qu’il s’annonce depuis la venue de Christ et du Saint-Esprit a été « rapproché », au point qu’il est désormais comme à portée de vue. Et cette conscience de ce qui attend le croyant change radicalement la manière dont il vit le présent ! en tout cas, il lui est désormais impossible de le vivre avec des valeurs qu’il avait avant de connaître sa destination (la vie éternelle) et son but (Dieu). « Le temps est court » signifie donc que le chrétien doit avant tout se « préparer à la rencontre de son Dieu » [Amos 4.12] plutôt que de consacrer toute son activité au monde ; certes il est évident qu’il doit « user du monde », c’est nécessaire, mais attention au risque de se laisser absorber par lui [1 Co 7:31]</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>J’ai déjà lu que cela correspondait à un sentiment répandu à l’époque de l’imminence du Jugement. Ainsi, le cri d’espérances des premiers chrétiens me semble plus un sentiment dans la proximité de cette fin qu’un appel</p></div></blockquote></div><p>Tu en reparleras aux disciples qui allaient distraire les lions dans les arènes sous Domitien, à l’époque de la rédaction de <i>l’Apocalypse</i>, ce livre où coule le sang des martyrs et des prophètes [Ap 17.6 ; 18.24] et qui se termine par cet appel touchant « Viens ! Seigneur ! »</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>– comment, d’ailleurs, Tolkien aurait-il pu être dans la même disposition qu’eux alors que deux mille ans d’attente se sont déjà écouler ?</p></div></blockquote></div><p>Tout simplement parce que pour Dieu « mille ans sont comme un jour et un jour comme mille ans » ;-)<br>Parce que tout simplement deux traditions distinctes présentent Jésus qui avertit que « Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul »&#160; [Mt 24.36 = Mc 13.32 ; voir aussi Mt 24.50 = Lc 12.46] et que Paul comme Pierre préviennent que « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur. »&#160; [1 Th 5.2 ; 2 P 3.10]. <br>Mais je ne vais pas redire ce que j’ai déjà écrit. Je suis déjà hors des limites et te répondant ici …</p><p>Sosryko</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Thu, 15 May 2003 00:10:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73605#p73605</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73604#p73604</link>
			<description><![CDATA[<p><small>rque liminaire : une réponse au post de Laurent, sans rapport direct avec le fuseau proprement dit ou le Légendaire...lecteur, tu es prévenu, mais averti également que si les remarques de Laurent t'on intéressé, ce qui suit devrait également retenir ton attention...j'espère !</small></p><p>Très honorable et estimé Círdan :-))</p><div class="quotebox"><cite>Círdan a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p><b>1. « le Monde, chez Tolkien et dans l'Évangile de Jean »</b><br />[...] Mais tu parles de la bible en général, or il me semble que c’est en particulier dans l’évangile de Jean que l’on trouve cette notion récurrente du « Monde » non « Terre physique », « mais tout ce qui se tient éloigné de Dieu ».</p></div></blockquote></div><p>Justement, non ;-)<br>Ce « Monde » dont je parle est le <i>kosmos</i> des textes du Nouveau Testament ; d’autres termes sont traduits par « monde », mais celui-ci est le terme utilisé par les auteurs du NT pour évoquer entre autre :<br>* le monde, l’univers <br>* le cercle de la terre, la terre <br>* les habitants de la terre, les hommes, la race humaine <br>* la multitude sans Dieu, la masse des hommes séparés de Dieu, ceux qui sont hostiles à Christ<p>Il se trouve que, contrairement à l’usage qu’en font les synoptiques (<i>Matthieu</i> (9) ; <i>Marc</i> (3) ; <i>Luc</i> (3)) ou l’épître aux Hébreux (5), c’est effectivement et ultra-majoritairement cette dernière acception (« la multitude sans Dieu, la masse des hommes séparés de Dieu, ceux qui sont hostiles à Christ ») qui prévaut dans l’évangile de Jean parmi les 79 occurrences des quelques 182 utilisations dans le NT du mot <i>kosmos</i> (<small>je le sais, j’ai compté !</small>).<br>On pourrait dire, plus globalement, qui prévaut dans le corpus johannique : cf. les&#160; 21 occurrences de <i>1 Jean</i>,&#160; l’occurrence de <i>2 Jean</i> ; mais ce n’est pas le cas des 3 mentions du « monde » en <i>Apocalypse</i> qu’il faut comprendre comme « l’univers, la création »).<br>Mais Jean n’est pas le seul à donner ce sens au « Monde » ! !<br>C’est aussi le cas chez Paul (<i>Romains</i> (9), <i>1 Corinthiens</i> (21), <i>2 Corinthiens</i> (3), <i>Galates</i> (2), <i>Éphésiens</i> (3), <i>Philippiens</i> (1), <i>Colossiens</i> (3), <i>1 Timothée</i> (3)),&#160; chez Jacques (5) et chez Pierre (<i>1 Pierre</i> (2), <i>2 Pierre</i> (5))<p>Pour tous ces auteurs (mais donc essentiellement Jean et Paul), le « monde-<i>kosmos</i> » est le milieu où le mal est entré par la chute et où désormais règne la mort « étendue sur tous les hommes » [Ro 5.12]. Tous les pécheurs marchent « selon le train de ce monde » [Eph 2.2] qui est tout entier « sous la puissance du malin » [1Jn 5.19]. Satan est en effet, comme tu l’as relevé dans <i>Jean</i>, appelé « le Prince de ce monde » [Jn 12.31; 14.30; 16.11]. Il n’est pas surprenant que « la sagesse du monde » considère l’Evangile comme une « folie » et réciproquement [1Co 1.20-21] car « l’esprit du monde » est tout autre que l’Esprit de Dieu [2.12]. Le monde va plus loin: il « hait » ouvertement le Christ et ses disciples, tandis qu’il « aime et écoute ceux qui lui ressemblent » [Jn 7.7; 15.18-19; 17.14; 1Jn 3.13; 4.5]. Le monde s’est fermé pour ne pas recevoir le Christ, Parole et lumière de Dieu [Jn 1.5, 10; 3.19]. Pourtant, Jésus est venu pour éclairer et&#160; « sauver le monde» [12.46-47] tandis que le St-Esprit cherche à « le convaincre » de péché [16.8]; mais, à cause de l’endurcissement des impies, a lieu « le jugement du monde » avec son chef [v. 8-11; 12.31]. Jésus déclare que le monde ne peut recevoir l’Esprit de vérité, et que lui-même ne l’inclut pas dans sa prière sacerdotale [14.17; 17.9]. N’acceptant pas de Sauveur, le monde est donc tout entier reconnu coupable devant Dieu [Ro 3.19]. <p>Et l’attitude du croyant à l’égard d’un tel « monde » est régie par sa relation avec Dieu qui le conduit d’une part à se sanctifier (d’où « séparation » du Monde), d’autre part à témoigner et d’annoncer la Bonne Nouvelle (d’où le « mission », « l’envoi » dans le Monde).<p>a) La séparation. <br>Comme Jésus, les croyants ne sont pas de ce monde [Jn 8.23; 17.16]. Ils doivent se garder des « souillures du monde » [Jc 1.27; 2P 2.20], de « la corruption qui existe dans le monde » [2P 1.4]. Il faut alors fuir tout ce qui est dans le monde et qui ne vient pas du Père: « la convoitise de la chair, celle des yeux et l’orgueil de la vie »; ainsi il devient impossible « d’aimer le monde qui passe », car une révolte à l’égard de Dieu [1Jn 2.15-17; Jc 4.4 ; 1Co 7.31]. Les croyants doivent veiller sur leurs voies et prendre garde de ne pas être condamnés avec le monde [1Co 11.32]. Pour être trouvé fidèle, il faut fonder sa foi « sur Christ » et non pas « sur les principes élémentaires de ce monde » [Col 2.8, 20 ; Ga 4.3]. Il arrivent donc que de tels chrétiens apparaissent tellement différents du monde qu’ils en subissent sa haine, et passent par des tribulations; mais ils peuvent prendre courage, car « Christ a vaincu le monde » [Jn 15.19; 16.33] et celui qui est « en nous est plus grand que celui qui est dans le monde » [1Jn 4.4]. Quiconque est né de Dieu, « triomphe du monde » par la foi [5.4-5]…Mais cela implique que le monde soit crucifié pour nous et nous pour lui! [Ga 6.14]<p>b) La mission. <br>Pourtant, il serait entièrement faux de penser que les auteurs chrétiens s’enfermaient dans une attitude négative et pessimiste. Le Christ, ayant prié Dieu de ne pas les ôter du monde mais de les préserver du mal, les envoie dans le monde comme il y a été envoyé lui-même [Jn 17.15, 18]. Jésus crucifié et rejeté par le monde, se donne encore pour lui. Il prie pour l’unité des vrais croyants, « afin que le monde croie » [v. 21]. Le champ où sont envoyés les serviteurs, « c’est le monde » [Mt 13.38]. Et si les ténèbres sont épaisses, ils doivent « briller comme des flambeaux dans le monde », portant la Parole de vie [Ph 2.15]. Et cette parole est « la parole de la réconciliation », celle qui annonce que « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même en n’imputant point aux hommes leurs offenses » [2Co 5:19]. Si donc les serviteurs témoignent de leur foi, ils seront semblables à Noé, qui annonça un message de repentance à une « monde d’impies » [2P 2.5] et dont la foi rejetée « condamna le monde » [Heb 11.7]. Il avait en effet prêché la justice et averti ses contemporains [2P 2.5] il avait placé sous leurs yeux l’arche du salut, y admettant même des animaux et la laissant ouverte jusqu’au dernier moment [Ge 7.10] En contraste avec une telle foi, ses voisins ne périrent pas à cause de l’eau du déluge, mais par leur incrédulité. Si donc les témoins demeurent fidèles, ils seront de ceux qui « jugeront le monde » [1Co 6.2].</p><p>Conséquences : <br>1) la notion du « Monde » non « Terre physique » n’est pas unique à l’évangile de Jean, loin de là !<br>2) cette notion n’a rien à voir avec les beautés de la création<br>3) il ne faut donc pas chercher dans le seul évangile de Jean une théologie du « monde-Terre physique » pour éclairer le concept d’Arda chez Tolkien<br>4) oui, certainement, Tolkien avait une grande affection pour l’évangile de Jean puisqu’il disait à Lewis que Saint Jean était son saint patron (Birzer, <i>Sanctifying Myth</i>, p.51), mais il était avant tout un fin connaisseur de la Bible, non seulement cela, mais étant croyant et persuadé d’y trouver la pensée de Dieu dans tous les livres, sa lecture spirituelle était une lecture « canonique », c’est-à-dire une lecture « globale » et non exégétique (la manière dont il percevait l’attitude des « carnassiers » à l’égard de son œuvre suffit pour conclure ce qu’il pensait d’une attitude identique à l’égard du texte biblique). Voilà pourquoi je « parle de la bible en général » et voilà pourquoi je ne vois pas d’intérêt pour une étude de la foi de <i>Tolkien</i> et de son Légendaire de présenter les différentes théologies des <i>évangélistes</i> concernant le Royaume (sujet très intéressants au demeurant, à supposer qu’on ne cherche pas des différences là où il n’y en a pas…cf. plus loin…)</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>Tu précises que c’est ce monde-là dont parle Tolkien lorsqu’il écrit « fallen world » ou « evil world ». Il y va pourtant de la Terre physique dans cette Arda blessée, amputée ici d’une forêt, là-bas d’une plaine herbeuse devenue étendue de cendre après Dagor Bragollach …</p></div></blockquote></div><p>Bien entendu, tu as raison.<br>Mais c’est qu’il y a recouvrement de deux notions bibliques dans la notion unique du « fallen/evil world » chez Tolkien.<br>Le « Monde » (<i>kosmos</i>) des apôtres n’est pas Arda Blessée.<br>Arda Blessée, c’est la Création (<i>ktisis</i>) telle que la décrit magnifiquement Paul, cette « création [qui] attend&#160; avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu » [Ro 8 :19], cette création qui porte en elle « l’espérance [du jour où] elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu » [Ro 8.21] ; mais « cette création dont nous savons qu’elle soupire, toute entière, jusqu’à ce jour, et souffre les douleurs de l’enfantement. » [Ro 8.22]<br>Ainsi, « fallen world » serait plutôt la Création-Arda Blessée, tandis que « evil world » renvoit directement au « Monde » comme l’ensemble des hommes qui rejettent Dieu.</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>Jean utilise effectivement le mot « monde » (la majuscule n’est pas présente dans toutes les éditions de la bible)</p></div></blockquote></div><p>Il n’y a pas de « majuscule » pour particulariser les noms propres ou certaines notions dans le texte original (soit les manuscrits sont écrit en majuscules [les premiers], soit ils sont en minuscules [plus tardifs] ; on parle d’écriture onciale ou cursive).</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>Le christianisme de Tolkien n’est pas de celui d’un refus du monde. (Je suis sûr que tu penses « mais Jean non plus ne refuse pas le monde tel que tu l’entends »)</p></div></blockquote></div><p>Tu vois, je n’ai même pas besoin de répondre ;-)</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>Le lieu, le monde sensible, ne doit pas être réduit à Satan (et c’est, j’imagine, ce que tu veux dire lorsque tu dissocies la notion de Terre physique de celle du « Monde » que tu ne définies que par l’éloignement de Dieu – soit dit en passant, il n’y a pas que le simple concept de l’éloignement de Dieu dans ce terme, j’en suis sûr, sans quoi comment en serait-on arrivé à l’utiliser de cette manière ?</p></div></blockquote></div><p>Par le même processus qui a conduit Jésus à parler du « châtiment de la Géhenne », ce lieu spirituel dont « le feu » peut faire périr « l’âme et le corps » [Mt 10.28 ; 18.8 ; 23.33]…alors que la Géhenne tire son nom de l’expression hébreu <i>ge-hinnom</i>, « vallée de Hinnom », un endroit, tout proche de Jérusalem, où on avait brûlé des enfants en l’honneur de Molok et qui depuis, servait de dépotoir (on y brûlait des immondices) ; c’est donc par analogie qu’il finit par désigner un lieu de destruction et de châtiment.<br>D’une manière encore plus proche de notre cas, l’évangéliste Matthieu préfère parler du « Royaume des Cieux » que du « Royaume de Dieu » ; Dieu réside dans les « Cieux », lesquels sont symboliquement en hauteur et tirent donc naturellement leur nom&#160; des cieux visibles. L’habitation de Dieu devient synonyme de Dieu. Pour autant, il n’y a aucun rapport entre Dieu et le ciel où volent les oiseaux !<br>Les hommes qui s’opposent à Dieu sont dans le monde, un monde qui a été créé initialement pour eux selon le texte biblique et dont le sol a été maudit suite à la chute. Ainsi, le monde sert à désigner les hommes qui l’habitent et devient le « Monde ». Dans les trois cas, le visible sert à désigner une réalité spirituelle invisible.</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>Je pense cependant que Jean est peut-être l’évangéliste le plus influant sur notre auteur</p></div></blockquote></div><p>Je le pense aussi, si tu te limites aux évangélistes. Mais il ne faudrait surtout pas oublier le reste du corpus johannique et surtout (surtout !) Paul si tu parles de l’influence du Nouveau Testament sur Tolkien (le seul couple de Monde-Création étant suffisant pour s’en convaincre).</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>N’oublions pas ce passage que tu cites : “the love of Arda was set in your hearts by Iluvatar” (Silm, p265./Akallabêth ) et auquel de nombreux autres font écho. Qu’Arda soit « Marred » ou « Unmarred » n’y change rien, ils l’aimeront même dans sa déchéance.</p></div></blockquote></div><p>Mais Jean non plus ne l’oublie pas, cet amour du Monde, puisqu’il y a là son message central !</p><div class="citation"><p><span style="color: #800000">Car Dieu a tant aimé le monde (<i>kosmos</i>) qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.</span></p></div><div class="citation source"><p><span style='color:#80000080'>Jean 3:16</span></p></div><div class="citation"><p><span style="color: #800000">Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde (<i>kosmos</i>) pour qu’il juge le monde (<i>kosmos</i>), mais pour que le monde (<i>kosmos</i>) soit sauvé par lui.</span></p></div><div class="citation source"><p><span style='color:#80000080'>Jean 3:17</span></p></div><p>Sosryko</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Thu, 15 May 2003 00:04:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73604#p73604</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73602#p73602</link>
			<description><![CDATA[<p>Mon cher Sosryko, après une longue interruption de ma fréquentation du forum causée par bien des problèmes, puis lectures et relectures de tous ces messages, je me suis vu si heureux de retrouver un peu de temps que je n’ai pas résisté à faire quelques suggestions sur un ou deux points de ton travail qui touchent au cœur d’un questionnement personnel (dans lequel la vision de Tolkien joue un grand rôle). A part ponctuellement, il ne s’agit pas de critiques. Et cela ne garde qu’un rapport secondaire avec « le sens de l’histoire », mais pourrait, je crois, intéresser quelques personnes. J’espère donc que Cédric ne m’en voudra pas trop pour ce long post un peu décalé… :-)</p><p><b>1. Esquisse pour une étude sur « le Monde, chez Tolkien et dans l'Évangile de Jean »</b></p><p>Le terme de « monde » est pour le moins ambiguë, comme tu le soulignes. Mais tu parles de la bible en général, or il me semble que c’est en particulier dans l’évangile de Jean que l’on trouve cette notion récurrente du « Monde » non « Terre physique », « mais tout ce qui se tient éloigné de Dieu ». Tu précise que c’est ce monde-là dont parle Tolkien lorsqu’il écrit « fallen world » ou « evil world ». Il y va pourtant de la Terre physique dans cette Arda blessée, amputée ici d’une forêt, là-bas d’une plaine herbeuse devenue étendue de cendre après Dagor Bragollach…</p><p>Jean utilise effectivement le mot « monde » (la majuscule n’est pas présente dans toutes les éditions de la bible) dans trois sens - selon la Bible de Jérusalem : « tantôt la terre et l’univers, tantôt le genre humain, tantôt enfin les hommes qui refusent Dieu et l’œuvre du Christ » -, mais c’est de loin le troisième sens qui me semble le plus employé. [D’ailleurs d’un point de vue personnel, l’expression choisie en Jn 17:16 est pour moi très gênante, car le drame de cette vie terrestre selon moi se situe dans le paradoxe que souligne Rimbaud - le fait que « nous ne sommes pas au monde ». Malgré la différence&#160; « au monde » / « du monde », je ne peux pas suivre Jean sur ce point : mon âme doit être dans le monde, elle ne peux vouloir le beurre et l’argent du beurre : apprécier la création divine, la Terre, en y soustrayant son âme est impossible et dans tous les cas m’apparaîtrait comme néfaste si on nous en donnais la possibilité.] <p>Le christianisme de Tolkien n’est pas de celui d’un refus du monde. (Je suis sûr que tu penses « mais Jean non plus ne refuse pas le monde tel que tu l’entends »)<br>Notre monde ne doit pas être pensé, considéré comme le “fallen world” ou “evil world” dont Tolkien parle dans les lettres que tu cites, car cela renvoie à un aspect du monde (celui que Jean souligne) mais pas le monde dans son entier, qui est une création de Dieu, tout comme l’homme - dont il écrit dans Mythopoiea : « Though now long estranged, / man is not wholly lost nor&#160; wholly changed / Dis-graced he may be, yet is not dethroned ». <p>C’est le « nor wholly changed » qui laisse penser que le monde dont la chute accompagne celle de l’homme (qui en est souvent la cause mais pas toujours ; n’oublions pas la chute antérieure de Morgoth/Satan qui imprègne la Terre indépendamment des actions des hommes) ne doit pas être considéré comme la place du Mal. Le lieu, le monde sensible, ne doit pas être réduit à Satan (et c’est, j’imagine, ce que tu veux dire lorsque tu dissocies la notion de Terre physique de celle du « Monde » que tu ne définies que par l’éloignement de Dieu – soit dit en&#160; passant, il n’y a pas que le simple concept de l’éloignement de Dieu dans ce terme, j’en suis sûr, sans quoi comment en serait-on arrivé à l’utiliser de cette manière ? <br>Il y a forcément un peu de la Terre physique dans ce « Monde » : par exemple, c’est de celui-ci, qui naît de la Chute d’Adam puis du meurtre de Caïn que parlent les Mystères médiévaux anglais sur le thème d’Abel et Caïn, et par lequel ils expliquent la nécessité de travailler le sol pour subsister). La fréquence du terme « monde » dans le sens négatif chez Jean ne doit cependant pas faire oublier que le texte johannique insiste particulièrement sur un aspect diamétralement opposé de ce monde sensible : l’incarnation. <br>Lorsqu’il écrit « Et le verbe s’est fait chair » (Jn 1:14), il inclut le monde matériel dans le sacré. C’est dans cette espèce d’oxymore théologique que nous devons, je crois chercher l’origine du statut très complexe d’Arda dans l’œuvre de Tolkien et de la relation non moins complexe qu’entretiennent avec elle ses habitants. Tous les textes de HoME X, certes, mais aussi le SdA ou les lettres sont imprégnés de cet amour frustré de l’homme au monde (ils sont innombrables pourquoi les citer ? Les chants nostalgiques des Elfes comme des Ents, l’adieu de Haldir à la Lorien qu’il aime, l’attachement plus générale des Noldor à la Terre du mileu,en dépit du fait qu’elle soit « l’anneau de Morgoth », etc…). On ne doit pas oublier la corruption de ce monde (Arda Marred). Cependant, même souillée, Arda garde une noblesse qui doit toujours être prise en compte, quelques soit son amenuisement (l’expression que tu soulignes, « until its whole aroused-evil story is complete »). <p>Je pense cependant que Jean est peut-être l’évangéliste le plus influant sur notre auteur (n’oublions pas qu’il en porte le nom et s’imprègne de la dualité lumière/ténèbres – si caractéristique de cet évangile - dans toute son oeuvre, mais aussi de la tension du monde sensible entre l’influence du prince de ce monde, Satan et celle de l’Incarnation surtout dans HoME X).<br>N’oublions pas ce passage que tu cites : “the love of Arda was set in your hearts by Iluvatar” (Silm, p265./Akallabêth ) et auquel de nombreux autres font écho. Qu’Arda soit « Marred » ou « Unmarred » n’y change rien, ils l’aimeront même dans sa déchéance.</p><p><b>2. Le Royaume de Dieu, aujourd'hui ?</b></p><p>>>&#160; Paul : « les temps sont courts » (Co 7:29). Ne s’agit-il pas plutôt de la courte attente promises aux premiers chrétiens ? On sait que ceux-ci pensaient le royaume de Dieu très proche. Les synoptiques le soulignent tous : </p><div class="citation"><p><span style="color: #800000">Du figuier apprenez cette parabole. Dès que sa ramure devient flexible et que ses feuilles poussent, vous comprenez que l’été est proche. Ainsi vous, lorsque que vous verrez tous cela, comprenez qu’Il est proche, aux portes. En vérité je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout cela ne soit arrivé.</span></p></div><div class="citation source"><p><span style='color:#80000080;'>Mat 24:32-34 ; également Mc 13:29-30 et Luc 21:30-32</span></p></div><p>J’ai déjà lu que cela correspondait à un sentiment répandu à l’époque de l’imminence du Jugement. Ainsi, le cri d’espérances des premiers chrétiens me semble plus un sentiment dans la proximité de cette fin qu’un appel – comment, d’ailleurs, Tolkien aurait-il pu être dans la même disposition qu’eux alors que deux mille ans d’attente se sont déjà écoulés ?</p><p>En relisant bien tes superbes messages, Sosryko, j’ai bien peu de choses à redire, car je ne peux absolument pas rivaliser avec toi sur ce sujet. Mais, quitte à faire des suggestions, je me suis demandé en te relisant si on ne pouvait pas te reprocher de ne pas mettre en valeur la diversité des conceptions historiques du royaume de Dieu suivant les évangiles (mais peut-être est-ce volontaire de ta part): si je ne me trompe pas le double sens du "royaume de Dieu" chez Matthieu est beaucoup moins évident chez Luc qui insiste sur une réalisation future du royaume de Dieu sans souligner la réalité présente de ce royaume (que souligne Mat XII, 28 et sur laquelle se fondent les théories d’ « eschatologie réalisée » de C.H. Dodd). Pour Luc, par exemple, il n’est pas véritablement question d’un royaume de Dieu qui commencerait avec la venue du Christ. Là ou il est question du Royaume de Dieu « présent » chez les autres évangélistes, Luc évite (à mon avis volontairement) cette idée et évoquera davantage de la présence de l’Esprit saint. Je cite le Que sais-je ? d’Oscar Cullmann sur le NT :</p><div class="citation"><p>Jean le Baptiste, sa mère et son père sont remplis de l’Esprit sain (I,15, 41, 67) ainsi que le vieillard Siméon (II 25-27) […]. C’est donc l’Esprit qu’il faut demander dans la prière : « Si vous qui êtes mauvais, vous savez donner à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit sain (Matthieu dit à cet endroit : « de bonnes choses », Matthieu VII,11) à ceux qui le lui demande » (XI, 13), et nous trouvons pour la demande de l’oraison dominicale « que ton règne (ou « que ton royaume ») vienne »,&#160; [il y a ] une variante attestée par quelques témoins : « Que vienne sur nous ton esprit saint et qu’il nous purifie » (Luc11:2).</p></div><div class="citation source"><p>Que sais-je ? Le Nouveau Testament, p. 39.</p></div><p><b>3. Statut de la magie chez Tolkien</b></p><p>Un détail maintenant, qui n’est pas une critique de ton travail Sosryko mais vise à compléter un point que tu évoquais et qui fut débattu à plusieurs reprises sur ce forum. L’expression « the lord of magic and machine » que tu utilises renvoyant à Morgoth (cf la lettre 131 à Milton Waldman que tu cites) ne doit pas faire oublier que le terme, même s’il l’utilise avec parcimonie, et même à reculons, n’est pas nécessairement connoté aussi négativement même si le terme est fréquent : <span class="exergue">« and the Elves came their nearest to falling to 'magic' and machinery »</span> (même lettre).</p><p>Un peu plus loin il écrit : <span class="exergue">« But also they enhanced the natural powers of a possessor – thus approaching 'magic', a motive easily corruptible into evil, a lust for domination »</span>.<br>Le fait que Tolkien précise <span class="exergue">« a motive easily corruptible into evil »</span> ne montre-t-il pas que c’est moins la nature de la magie qui est mauvaise que son utilisation par une race elle-même corruptible ?</p><p>C’est en fait dans la lettre 155 à Naomi Mitchison qu’il s’explique de manière explicite sur les&#160; différents sens du terme ‘magic’ et sa complexe relation à la notion de « machinery ». Je citerai cette lettre entièrement pour dissiper les nombreuses questions sur ce sujet, car cette explication, définitive, peut être très utile pour les intervenants de ce forum dans bien d’autres posts :</p><div class="citation"><p>I am afraid I have been far too casual about 'magic' and especially the use of the word; though Galadriel and others show by the criticism of the 'mortal' use of the word, that the thought about it is not altogether casual. But it is a v. large question, and difficult; and a story which, as you so rightly say, is largely about motives (choice, temptations etc.) and the intentions for using whatever is found in the world, could hardly be burdened with a pseudo-philosophic disquisition! I do not intend to involve myself in any debate whether 'magic' in any sense is real or really possible in the world. But I suppose that, for the purposes of the tale, some would say that there is a latent distinction such as once was called the distinction between magia and goeteia. Galadriel speaks of the 'deceits of the Enemy'. Well enough, but magia could be, was, held good (per se), and goeteia bad. Neither is, in this tale, good or bad (per se), but only by motive or purpose or use. Both sides use both, but with different motives. The supremely bad motive is (for this tale, since it is specially about it) domination of other 'free' wills. The Enemy's operations are by no means all goetic deceits, but 'magic' that produces real effects in the physical world. But his magia he uses to bulldoze both people and things, and his goeteia to terrify and subjugate. Their magia the Elves and Gandalf use (sparingly): a magia, producing real results (like fire in a wet faggot) for specific beneficent purposes. Their goetic effects are entirely artistic and not intended to deceive: they never deceive Elves (but may deceive or bewilder unaware Men) since the difference is to them as clear as the difference to us between fiction, painting, and sculpture, and 'life'.<br>Both sides live mainly by 'ordinary' means. The Enemy, or those who have become like him, go in for 'machinery' – with destructive and evil effects — because 'magicians', who have become chiefly concerned to use magia for their own power, would do so (do do so). The basic motive for magia – quite apart from any philosophic consideration of how it would work – is immediacy: speed, reduction of labour, and reduction also to a minimum (or vanishing point) of the gap between the idea or desire and the result or effect. But the magia may not be easy to come by, and at any rate if you have command of abundant slave-labour or machinery (often only the same thing concealed), it may be as quick or quick enough to push mountains over, wreck forests, or build pyramids by such means. Of course another factor then comes in, a moral or pathological one: the tyrants lose sight of objects, become cruel, and like smashing, hurting, and defiling as such. It would no doubt be possible to defend poor Lotho's introduction of more efficient mills; but not of Sharkey and Sandyman's use of them.<br>Anyway, a difference in the use of 'magic' in this story is that it is not to be come by by 'lore' or spells; but is in an inherent power not possessed or attainable by Men as such. Aragorn's 'healing' might be regarded as 'magical', or at least a blend of magic with pharmacy and 'hypnotic' processes. But it is (in theory) reported by hobbits who have very little notions of philosophy and science; while A. is not a pure 'Man', but at long remove one of the 'children of Luthien'.</p><p><span class='postmsg'>Je propose une traduction approximative pour ceux qui ont quelques problèmes avec la lecture de l’anglais :</span></p><p>J’ai peur d’avoir été beaucoup trop imprécis à propos de la « magie et particulièrement dans l’usage du mot ; bien que Galadriel et d’autres soulignent par la critique de l’usage du terme qu’en font les mortels, combien celui-ci n’est fortuit. Mais il s’agit d’une question très large et très difficile et d’une histoire qui, comme vous le dites très justement, est largement concernée par les motifs (choix, tentations, etc…) ; et les intentions quant à l’usage de tout ce qui ce trouve dans le monde ne peuvent qu’être à peine portées dans une dissertation pseudo philosophique ! Je n’essayerais pas de m’engager dans un quelconque débat à propos du fait que la « magie » dans un sens ou dans un autre puisse être réel ou vraiment possible en ce monde. Mais je suppose que, pour les intérêts du conte, quelques-uns diraient qu’il existe une distinction semblable à celle qui fut jadis appelée la distinction entre « magia » et « goeteia ». Galadriel évoque « les tromperies de l’Ennemi ». Ce n’est déjà pas mal, mais « magia » peut, fut, et porte le sens positif (en soi) et Goieteia le sens néfaste. Aucun n’est dans ce conte, positif ou néfaste (en soi), mais seulement vis-à-vis d’un motif ou d’une intention ou d’un usage. Chaque clan utilise les deux, mais pour des motifs distincts. Le motif nuisible est (pour ce conte, dans la mesure où il concerne cela en particulier) la domination des autres libre- arbitres. Les opérations de l’Ennemi ne sont en aucun cas des tromperies ‘goetiques’, mais une « magie » qui produit des effets réels sur le monde physique. Mais la « magia », il l’utilise pour écraser les gens et les choses, et la goeteia pour terrifier et subjuger. La « magia »que les Elfes et Gandalf utilisent (parcimonieusement) est une « magia » produisant des résultats réels (comme un feu prenant dans un fagot humide) dans des intentions bénéfiques. Leur effets, ‘goetiques’ sont entièrement artistiques et ne cherchent pas à tromper :ils n’ont jamais trompé les Elfes (mais ont pu tromper ou ensorceler les humains) dans la mesure ou la différence est pour eux claire comme l’est pour nous celle entre la fiction, la peinture, la sculpture et la « vie ».<br> Chaque clan vit principalement de moyens ordinaires. L’Ennemi,ou ceux qui sont devenus comme lui, s’adonnent à la « machinerie » - avec ces effets mauvais – car les ‘magiciens’ qui se sont concentrés en premier lieu sur leur propre pouvoir, feraient de même (et font de même). Le motif de base pour la magia – clairement distinct de considération philosophique sur sa manière de fonctionner – est l’immédiateté : la vitesse, réduction de travail, et réduction aussi à un minimum (ou au point d’extinction) du gouffre entre l’idée ou le désir et le résultat ou l’effet. Mais la « magia » peut ne pas être simple à atteindre, et en tous cas si vous avez une commande d’abondant travail d’esclavage ou de machinerie (souvent juste la même chose conciliée), elle peut être aussi rapide ou suffisamment rapide pour déplacer des montagnes, déraciner des forêts, ou bâtir des pyramide par ces moyens. Bien sûr, un autre facteur rentre alors en compte, dans un sens moral ou pathologique : les tyrans perdent de vue les objectifs, deviennent cruels, et comme fracasse, blesse, souille sans autre finalité.<br>Il serait, pour sûr, possible de défendre l’introduction de moulins plus efficaces par le pauvre Lotho ; mais pas l’usage qu’en font Sharkey ou Sandyman.&#160; <br>Surtout, une différence dans l’usage du terme « magie » dans cette histoire réside dans le fait que cela ne parvient pas d’une « tradition » ou d’un sort mais est un pouvoir inhérent que ne possèdent pas les hommes et qui leur est inaccessible en temps que tel.&#160; La guérison [de Faramir] par Aragorn peut sembler « magique », ou du moins un alliage de magie, de pharmacie et de procédé d’hypnose. Mais c’est (en théorie) rapporté parles Hobbits qui n’ont guère de notions de philosophie et de science ; tandis qu’A. n’est pas purement un homme, mais, à un lointain degré, l’un des enfants de Luthien.</p></div><p>Cirdan</p><p>PS : La lettre 156, que tu cites souvent, est aussi une des innombrables preuves montrant le non manichéisme de l’œuvre : <span class="exergue">« But if you imagine people in such a mythical state, in which Evil is largely incarnate, and in which physical resistance to it is a major act of loyalty to God, I think you would have the 'good people' in just such a state: concentrated on the negative: the resistance to the false, while 'truth' remained more historical and philosophical than religious. »</span> Le mal ne peut chez Tolkien être considéré comme une idée manichéenne mais comme un concept ,d’abord concret (Morgoth/Satan) puis en perpétuelle dissolution à mesure que l’on s’écarte du temps mythique pour entre dans notre temps (celui du doute, de l'Âge de Plastique et de l'homme fragile) ou il n’est pas moins présent mais bien plus difficile à discerner et toujours plus étendu et omniprésent dans le monde,y compris en nous-même. Soyons vigilants ! :-)</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Cirdan)]]></author>
			<pubDate>Wed, 14 May 2003 02:32:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73602#p73602</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73601#p73601</link>
			<description><![CDATA[<p><font size=1> Merci de m’avoir répondu, Semprini.&#160; Dans la mesure où Tolkien envisage son travail comme l’histoire de l’avènement du « règne des hommes », il me semble bien être (aussi) une réflexion sur ceux-ci, sur la place de l’Homme au sein de l’Histoire et sur sa capacité ou non d’évoluer.&#160; Dans ce sens, la question de l’humanisme (« position philosophique qui met l’homme et les valeurs humaines au-dessus des autres valeurs » = définition du Petit Larousse) ne me paraît pas être un « hors sujet », plutôt une extension…<br>Enfin.&#160; Elle pourrait aussi faire l’objet d’un autre fuseau… C’est selon ;-)<br>Quant au fond, je n’ai pas vraiment le temps/la tête pour m’y pencher dans l’immédiat… Pour plus tard, peut-être.&#160; Ylem.</font><br></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Ylem)]]></author>
			<pubDate>Thu, 01 May 2003 21:46:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73601#p73601</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le sens de l'Histoire]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73600#p73600</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Semprini a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>... notamment après les crimes commis par les totalitarismes au nom d' un soit-disant Bien../..On ne peut plus, je crois, mener de combat au nom d' un Bien absolu, surtout lorsque les moyens utilisés au présent déligitiment le but à atteindre.</p></div></blockquote></div><p>Pourquoi redescendre si loin dans le passé ? Une récente " croisade des Forces du Bien " contre un " diabolique Axe du Mal " me parait exemplifier parfaitement ton assertion...! :)</p><p>Re Yyr:<br>Je ne suis pas chrétien...Ceci t' expliquera, sans aucun doute, cela ! :)<br>( Fin de l' aparté ) ;</p><p>TB</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (TB)]]></author>
			<pubDate>Tue, 29 Apr 2003 18:25:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=73600#p73600</guid>
		</item>
	</channel>
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