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		<title><![CDATA[JRRVF - Tolkien en Version Française - Forum / Les saulaies de Tasarinan]]></title>
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		<description><![CDATA[Les sujets les plus récents dans Les saulaies de Tasarinan.]]></description>
		<lastBuildDate>Wed, 25 Jun 2008 11:14:00 +0000</lastBuildDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28635#p28635</link>
			<description><![CDATA[<p>Amorcée <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=5941" rel="nofollow">ici</a>, la promenade peut être prolongée là :)</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Laegalad)]]></author>
			<pubDate>Wed, 25 Jun 2008 11:14:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28635#p28635</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28634#p28634</link>
			<description><![CDATA[<p><SMALL>Et un PE17 pour faire remonter un si beau fuseau :-)</SMALL><p><b>Ambaróna</b> Eastern land, soit terre orientale.<br><b>Tauremorna</b> black forest, soit forêt noire.<br><b>Aldalóme</b> tree-night, tree-shade-night, soit arbre-nuit, arbre-ombre-nuit.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Dior)]]></author>
			<pubDate>Sun, 07 Oct 2007 16:15:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28634#p28634</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28633#p28633</link>
			<description><![CDATA[<p><font size=1> Bravo Jérôme et merci de ce beau passage sur les saisons qui me rappelle quelques discussions de l'été dernier :-)</font></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Silmo)]]></author>
			<pubDate>Mon, 25 Apr 2005 11:46:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28633#p28633</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28632#p28632</link>
			<description><![CDATA[<p>> Je ne trouve pas que la composition des noms soit libre en quenya. A partir de deux noms, elle tend, au contraire, à systématiquement faire précéder le sujet par son objet <p>En voulant répondre rapidement, et sans entrer dans les détails, je crois que je me suis mal exprimé. Du coup, ma phrase a été un peu malheureuse et mes transcriptions de certains noms trop littérales, et par là maladroites... Voila ce que c'est que d'être trop "hâtif" ! ;)<p>Jérôme a tout à fait raison de signaler que l'ordre usuel des composés en quenya est déterminant-déterminé (et non pas "objet-sujet" : les termes de "sujet" et "objet" ne sont pas appropriés pour une relation de type génitif et non pas transitif), c'est celui constaté dans la très grande majorité des noms du corpus. Mais on constate cependant quelques exceptions (comme les composés des Teleri cités par Jérôme).<p>Ainsi, <i>Aldalómë</i> signifie bien plus sûrement « *Crépuscule des arbres » que « *Arbre du crépuscule ».<br>La cas de <i>Tauremornalómë</i> est plus délicat : il pourrait aussi bien signifier « *Crépuscule de la forêt noire » ou « *Forêt (de la) nuit noire (ou du crépuscule sombre) » (voire « *Crépuscule sombre de la forêt »). L'interprétation la plus plausible est sans doute la première, qui correspond à un schème de type syntagme déterminant(<b>taure-morna</b> = nom déterminé - adjectif déterminant) - nom déterminé (<b>lóme</b>).<p>Bravo à Jérôme pour ce post magistral, comme on aimerait en lire plus souvent !<p>Sébastien]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Toko)]]></author>
			<pubDate>Sat, 23 Apr 2005 20:55:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28632#p28632</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28631#p28631</link>
			<description><![CDATA[<p><small>Jérôme, n'ayant pas de retour (ma messagerie serait-elle maudite depuis deux jours?) j'allais t'écrire pour savoir si tu avais reçu mon e-mail...je crois bien que tu l'as reçu ;-))</small><p>Merci Yyr!<br>quelles belles retrouvailles en ces lieux, en ce fuseau, en ces mots :-))<p>S.<br><small>(Ro 12,2a)</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Sat, 23 Apr 2005 12:14:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28631#p28631</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28630#p28630</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Toko a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Ces traductions sont hypothétiques dans le sens où ces noms ne sont explicités nulle part dans le corpus (du moins à ma connaissance), mais elles reposent sur des éléments d'elfique qui, eux, sont bien connus et attestés.</p><p>> <b>(1) Ambaróna</b> : nom de lieu; probablement une variante de Ambarónë « Lever, levant, Orient » (SdA2:III ch. 4; comparez avec Etymologies, entrée AM²). [...]</p><p>> <b>(2) Tauremorna</b> nom de lieu, « *Forêt-noire » : <br>De façon transparente <b>taure</b> 'great wood, forest' (TÁWAR-) et <b>morna</b> 'gloomy, sombre' (MOR-). La traduction française pourrait donc être « forêt noire/sombre/morne/triste/lugubre/obscure » (selon les différentes interprétations possibles de gloomy).</p><p>> <b>(3) Aldalómë</b> « *Arbre-Nuit » ou « *Arbre-Crépuscule » : <br>Contient évidemment <b>alda</b> « arbre (massif) » (par opposition à orne qui désigne des arbres élancés) (GALAD-) et <b>lóme</b> 'Night, night-time, shades of night' (DO3-, DÔ-, DOMO-), aussi glosé 'dusk, twilight'.</p><p>> <b>(4e) Tauremornalómë</b> nom de lieu, « *Forêt (de la) Nuit Noire »<br>Contient les éléments cités précédemment : <b>taure</b>, <b>morna</b> et <b>lóme</b>. La traduction pourrait être *« forêt de la nuit noire/sombre/morne/triste/lugubre » ou *« forêt noire/sombre/morne/triste/lugubre de la nuit » (l'ordre des mots est assez libre dans les composés quenya).</p></div></blockquote></div><p>Mmm ...</p><p>Je ne trouve pas que la composition des noms soit libre en quenya. A partir de deux noms, elle tend, au contraire, à systématiquement faire précéder le sujet par son objet <small>(même dans la bouche d'un Ent)</small> ; ainsi :<br /><table border=0 width=600><tr><td width=110 align='right'><b>&larr;</b> &nbsp; &nbsp; </td><td width=10>&nbsp;</td><td width=480> &nbsp; &nbsp; <b>&rarr;</b></td></tr> <tr><td align='right'> <b>aiwenórë<br>Alqualondë<br>Ambar-metta<br>Angamaitë<br>Meneltarma<br> sanwe-cenda<br>tuilindo</b></td><td></td><td>lit. 'Pays des Oiseaux' [Ety/348, Amba/240-241]<br>lit. 'Havre des Cygnes' [MR/87, Ety/348/370]<br>lit. 'Fin du Monde' [LotR/VI.5]<br>lit. 'Aux mains de fer', surnom d'Angrod [Shibb/346]<br>lit. 'le pilier des Cieux' [S/index]<br>lit. 'lecture de la pensée' [Ósanwë]<br>lit. 'chanteur du printemps', hirondelle [Ety/369/395]</td></tr> <tr><td align='right'> <b>Laurelindórenan<br>linelorendor</b> </td><td></td><td>lit. 'Vallée-pays-de-chant-et-d'or'&#160; [LotR/III.4]<br>lit. 'terre-de-rêve-et-de-chant' [LotR/III.4] </td></tr> <tr><td align='right'> Etc</td><td></td><td>...</td></tr> </table></p><p>C'est pourquoi je lirai plus naturellement :<br /><table border=0 width=600><tr><td width=110 align='right'><b>&larr;</b> &nbsp; &nbsp; </td><td width=10>&nbsp;</td><td width=480> &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <b>&rarr;</b></td></tr><tr><td align='right'><font color=green> <b>Aldalómë<br>Tauremorna-lómë</font></td><td></td><td><font color=green>'Le Crépuscule des Arbres'<br>'Le Crépuscule de la Forêt Morne'</font></td></tr> </table></p><p><small>... et notre cher Fangorn aura ainsi plus de facilité à marcher dans "le Crépuscule des Arbres" que dans "l'Arbre du Crépuscule" ;)</small></p><p>A partir d'un nom et d'un adjectif, il semble que les choses, fondamentalement, aillent de même, l'épithète précédant le nom :<br /><table border=0 width=600><tr><td width=110 align='right'><b>&larr;</b> &nbsp; &nbsp; </td><td width=10>&nbsp;</td><td width=480> &nbsp; &nbsp; <b>&rarr;</b></td></tr><tr><td align='right'><b>Artaher<br>Curufinwë<br>Ingaran</b><br>Etc</td><td></td><td>lit. 'Seigneur Noble' [Shibb/346]<br>lit. 'habile Finwë' [Shibb/343]<br>lit. 'Haut Roi' [Shibb/340]<br>...</td></tr></table></p><p>Ce n'est pas systématique cependant, si nous considérons par exemple <b>Ambarenya</b> lit. 'Monde central', la Terre-du-Milieu. Mais sans doute faut-il y voir la fusion d'un composé libre <b>Ambar Enya</b> ; Car si la place des adjectifs par rapport aux noms est assez libre dans une phrase en quenya, j'ai l'impression que dans un (quasi) composé libre l'épithète doit suivre le sujet, comme un titre :<br /><table border=0 width=600><tr><td width=110 align='right'><b>&rarr;</b> &nbsp; &nbsp; </td><td width=10>&nbsp;</td><td width=480> &nbsp; &nbsp; <b>&rarr;</b></td></tr><tr><td align='right'><b>Arda Sahta<br>Elendil Voronda<br>? &rArr; Ambarenya</td><td></td><td>'Arda (celle qui est) Marrie' [MR/405]<br>'Elendil (celui qui est) Fidèle' [UT/Cirion]<br>'la Terre (celle qui est) du Milieu [Ety/372, Amba/241]</td></tr></table></p><p>Sauf ce cas particulier, je n'ai pas l'impression que les adjectifs allaient ailleurs qu'en avant du nom. Sauf bien entendu chez les Teleri qui eux composaient (systématiquement ?) leurs noms à l'envers :) :<br /><table border=0 width=600><tr><td width=110 align='right'><b>&rarr;</b> &nbsp; &nbsp; </td><td width=10>&nbsp;</td><td width=220> &nbsp; &nbsp; <b>&rarr;</b></td><td width=260> &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <b>&larr;</b></td></tr><tr><td align='right'><b>Angaráto<br>Findaráto</font></td><td></td><td>lit. 'Fer Noble', ataressë donné à Angrod [Shibb/347]<br>lit. 'Chef Noble', ataressë donné à Finrod [Shibb/347]</td><td>mais <b>Artanga</b> en quenya<br>mais <b>Artafindë</b> en quenya</td></tr></table></p><p>Dérogent également nos amis les Ents, assez souvent : <br /><table border=0 width=600><tr><td width=110 align='right'><b>&rarr;</b> &nbsp; &nbsp; </td><td width=10>&nbsp;</td><td width=480> &nbsp; &nbsp; <b>&rarr;</b></td></tr><tr><td align='right'><b>ornemalin<br>Taurelilómëa<br>tumbalemorna<br>Tumbaletaurëa</b></td><td></td><td>arbre jaune [LotR/III.4]<br>Forêttrèsombreuse [LotR/III.4]<br>profondevalléenoire [LotR/III.4]<br> Profondevalléeforestière [LotR/III.4]</td></tr></table></p><p>Mais pas toujours :)<br /><table border=0 width=600><tr><td width=110 align='right'><b>&larr;</b> &nbsp; &nbsp; </td><td width=10>&nbsp;</td><td width=480> &nbsp; &nbsp; <b>&rarr;</b></td></tr><tr><td align='right'><b>malinorné(lion)<br>Lómëanor</b></td><td></td><td>(des nombreux) arbres jaunes [LotR/III.4]<br>Terresombre [LotR/III.4]</td></tr></table></p><p>En fait, nos aînés tressent leurs mots et leurs phrases avec <i>façon entique</i> <small>- cf. SdA, App F & Letters/308</small>. Cela importe peu quant au sens général si les éléments <b>taurë</b> et <b>morna</b> sont acquis comme nom et adjectif. Tout au plus y aura-t-il une nuance selon que l'on estime que nom de la forêt qui nous intéresse vient d'un quenya normal :) ou d'une manie entique :) :<br /><table border=0 width=600><tr><td width=110 align='right'><b>&rarr;</b> &nbsp; &nbsp; </td><td width=10>&nbsp;</td><td width=480> &nbsp; &nbsp; <b>&rarr;</b></td></tr><tr><td align='right'><font color=green> <b>Tauremorna</b></font></td><td></td><td><font color=green>q. 'la Forêt (celle qui est) Morne'<br>e. 'Forêtmorne'</font></td></tr></table></p><div class="quotebox"><cite>Sosryko a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Cet hiver qui dévore les saisons est un hiver qui amène l'obscurité, la <b>"Nuit noire"</b>.<p>[...] L'ombre s'étend, la nuit s'avance. Voici que Fangorn ressent de plus en plus le marrissement du monde [...] Voilà que le temps des Elfes et des Ents se terminant, le monde en mutation est un monde qui est <b>désenchanté</b> [...] La Domination des Hommes, bien qu'initiée par Aragorn, est la domination d'une humanité si sensible au marrissement [...]</p></div></blockquote></div><p>Cette ombre qui s'étend, à laquelle l'Homme est si sensible, gagne son coeur et son âme. La métaphore saisonnière peut être prolongée, je crois, après l'&oelig;il sylvestre et après l'&oelig;il bombadilien :), sous le regard des Elfes. Eux qui déjà, dans le printemps de l'Homme voyaient y germer les graines de l'Ennemi, que des Enfants d'Eru il était le plus semblable à Melkor. Aujourd'hui <i>en son fort extérieur</i> l'Homme prétend aimer le jour, la chaleur et la lumière ; il se réjouit de l'été, voudrait l'étendre, et réduire encore le temps du sommeil de l'hiver s'il le pouvait. De même et surtout, du moins je le crois dans nos sociétés les plus modernisées (et les plus aliénées à la Machine), que ne cherche-t-il pas à nier son repos, sa faiblesse, son sommeil, sa maladie, sa mort, dans un monde où seuls le fort semble mériter de vivre ? L'Homme n'est plus estimé que dans son été, et tout ce qui menace cet été, où son image, doit être supprimé. </p><p>Les Númenóréens, lorsqu'ils s'établirent, avaient instauré un Calendrier différent de celui des Eldar, reprenant une ancienne coutumes des Edain du 1<sup><small>er</small></sup> Age, et celui-ci débutait et s'achevait en hiver. De même le nôtre, à quelques jours près <small>- cf. SdA, Appendice D</small>. Aujourd'hui, l'Ombre de Morgoth allant toujours plus profonde dans le Monde, et dans les Hommes du Monde, a-t-on achevé de confondre la Nuit avec la Peur, la Mort avec le Néant ? L'exégèse humaine des saisons ne tend-elle pas alors à relire ce Calendrier, et la Vie, comme un accident entre deux hivers, une chose finie, qui vient du Néant et retourne au Néant ? D'où peut-être sa recherche de toute-puissance et son élimination de toute faiblesse ou de toute cause de faiblesse ou d'inconfort ? <small>(mais c'est cette recherche-là qui soumet au pouvoir du Néant ...)</small>. Parce que pour l'Homme <b>désenchanté</b>, <i>en son fort intérieur</i>, la Nuit est devenue cette <b>"Nuit Noire"</b>, très exactement, une nuit sans étoiles, une nuit sans elfes. Une Nuit sans Lumière, c'est-à-dire une Nuit sans Espérance, qui le dévore, et lui à son tour dévore à la fois le Monde et les siens : ses enfants indésirés, ses frères les plus faibles, et ses parents souffrants ... la tentation melkorienne de la toute puissance humaine.</p><div class="quotebox"><cite>Sosryko a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>[...] Pourtant, répétons-le, les saisons et leur beauté existent toujours en Terre-du-milieu. Elles existent même encore aujourd'hui, bien que les propos de Fangorn auraient un sens de moins en moins symbolique de nos jours.</p></div></blockquote></div><p>Oui les saisons témoignent, si nous nous laissons <b>enchanter</b> à l'école des Elfes. Les Elfes qui suivaient avec amour le rythme des saisons, de toutes les saisons, comme une marée qui vient, se retire et revient, comme une succession de lents battements de cœur d'Arda leur bien-aimée. Le Calendrier d'Imladris, très probable survivance des anciennes coutumes eldarines, partageait autrement ses <i>loär</i>, entre deux fois trois saisons de 54 j., 72 j. et 54 j. <small>- l'on donne ici l'essentiel, mais l'on se reportera à nouveau à l'appendice D du SdA pour un compte hobbitique des saisons et jours de début, milieu et fin d'années, et autre jours encore ajoutés entre les saisons -</small> : </p><p><table border=0 width=600><tr><td width=110 align='right'><font color=green> <b>tuilë<br>lairë<br>yávië</b></font></td><td width=10>&nbsp;</td><td width=480><font color=green> 'printemps'<br> 'été'<br> 'automne'</font></td></tr><tr><td align='right'><font color=green><b>quellë<br>hrívë<br>coirë</b></font></td><td></td><td><font color=green>'évanescence'<br>'hiver'<br>'(r)éveil'</font></td></tr></table></p><p>Des battements réguliers qui redonnent leur sens au jour et à la nuit, tous deux aimables. Tel un livre, page après page, les saisons racontent une &oelig;uvre. </p><div class="citation"><p>Les cieux proclament la gloire de Dieu, le firmament raconte l'ouvrage de ses mains. <br> <b>Le jour au jour</b> en publie le récit et <b>la nuit à la nuit</b> en donne connaissance <!-- <br> Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s'entende ;<br> mais sur toute la terre en paraît le message et la nouvelle aux limites du monde. --></p></div><div class="citation source"><p>Psaume 19(18), 2-3</p></div><p>Nulle ombre dans ce récit, mais l'émerveillement des Elfes et leur amour de la Création et de sa réalité. Une réalité qui rejoint la leur, et qui rejoint la nôtre. Cet émerveillement et cet amour conduisent à accepter le jour et de la nuit, l'activité et le repos, la vigueur et la faiblesse, et - pour l'Homme comme pour l'Elfe - la vie et la mort ... et la fragilité qui les relient en <i>quellë</i> et <i>coirë</i>, tels la <i>sénescence</i> et l'<i>éveil</i> de chacun. La plus mystérieuse est la dernière, la plus petite, la plus fragile et la plus belle, <b>coirë</b>, le &laquo; remuement &raquo;, l'&laquo; agitation &raquo; (ang. 'stirring'), l'<b>entrée dans la vie</b> <small>- très probablement relié à la racine <font face='Lucida Sans Unicode'>&radic;</font>KUY- 'venir à la vie, s'éveiller' [Ety/366] - </small> : le tout petit dans le sein de sa maman, quand il n'a pas encore vu le jour de son printemps.</p><p>L'Homme (rare) qui ne croit pas être cerné par le Néant, et qui n'a pas encore ôté la sénescence et l'éveil de son calendrier, pourra alors s'interroger, peut-être curieusement, sur la place de l'Eveil en fin du calendrier elfique. Très naturellement, les Eldar, eux, ne placent pas l'hiver comme la Fin de tout, ni comme son Commencement : l'hiver participe à quelque chose qui le dépasse. <i>Coirë</i> c'est après la la vie d'un être, la conception d'un autre, des petits Elfes et des petits Hommes, et des Entures :), c'est le grain qui était tombé en terre et qui a donné du fruit.</p><p>C'est aussi la Vie après la Mort. </p><div class="quotebox"><cite>Sosryko a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>S'il y a guérison, elle ne procède pas de l'histoire. S'il y a une guérison, elle surgira dans l'histoire, comme une source inattendue qui sort de terre. Peut-être seulement pour signifier sa fin :</p><p><blockquote style='width:unset; padding-left:30px; padding-right:30px; '><font color=green>"je ne pense pas que nous nous rencontrions de nouveau. » [dit Fangorn]<br>Et Celeborn dit : « Je ne sais pas, Aîné. » Mais Galadriel dit : « Pas en Terre-du-milieu, ni avant que les terres qui sont sous les flots ne soient remontées. Nous pourrons alors nous rencontrer au Printemps dans les saulaies de Tasarinan. Adieu ! "</font></blockquote></p><p>Une espérance qui est véritable folie devant la raison. Puisque le temps est là pour nous prouver que ce qui a été ne peut être de nouveau.<br>Comment redevenir enfant lorsqu'on est vieillard dira Nicodème? (Jn 3)<br>Comment une vallée d'os desséchés peut-elle devenir corps de chair et de sang habité de l'esprit de vie demandera Ezéchiel? (Ez 37)<br>Comment le cadavre qui sent déjà se relèverait-il explique Marthe? (Jn 11)<br>Comment un pays englouti au plus profond des eaux profondes remonterai-il à la surface?<br>Peut-être par le même moyen qu'il s'est trouvé sous les flots...Par une volonté qui nous dépasse et qui est en guerre contre l'hiver du monde.</p></div></blockquote></div><p>Car les Eldar n'ignorent pas les souffrances du Monde, quand bien même plus robustes et plus sages que les Hommes. Ils savent que la Création gémit, que ses hivers ont été marris et recèlent un pouvoir de Mal, qui tue. Et le Marrissement des c&oelig;urs ajoute encore au lot de souffrances qui accable les Enfants. Les terres engloutties, les mers polluées, les enfants des hommes emportés par le Marrissement du Monde et des c&oelig;urs, habituellement, ne se relèvent pas le lendemain. Des Eldar évoquent alors une promesse incroyable, celle de la Guérison à venir de toute l'Arda et de ses enfants, celle qui, après la vie du Monde, son évanescence, et son hiver, doit relever les terres engloutties, et les Enfants qui se sont endormis <small>- cf. MR/405</small>. En ce cas, <b>coirë</b> est doublement à sa place à la Fin : il n'est pas seulement l'éveil mais aussi le réveil : L'entrée dans la vie, c'est aussi le propre aboutissement d'Arda et de toute vie (et mort) en elle ; c'est une <b>nouvelle naissance</b>. La lumière après le tombeau. </p><p>Il n'est pas surprenant que Dame Galadriel, fille de la Maison de Finarfin, la Maison Fidèle, soit celle qui proclame ce récit en cette occasion. Elle qui a su résister à la tentation de l'Anneau de la toute-puissance, sait que cet Anneau conduit au Néant, et que le chemin de la Guérison, le chemin qui libère du Néant, est un chemin qui <i>doit toujours garder en mémoire Arda Immarrie, et [...] endurer avec patience </i> <small>- cf. MR/240</small>. C'est un chemin qui refuse toute compromission avec la folie du Monde et demeure dans le ferme <i>estel</i> d'une re-naissance à venir. Si ce chemin parle à l'Homme, il s'agit d'autre chose que d'une toute puissance effrayée par la fragilité et la souffrance, clotûrée par l'hiver et aliénée à la Machine. Il s'agit d'un chemin qui promet libération du Marrissement et franchissement des cercles du Monde ... </p><div class="citation"><p>Vois si je prends le chemin des idoles, et conduis-moi sur <b>le chemin d'éternité.</b></p></div><div class="citation source"><p>Psaume 139(138), 24</p></div><p>Ce qu'entraperçoit ici le Conte d'Arda, c'est ce fameux Conte entré dans notre propre Histoire, ce récit unique et qui achoppe, qui <i>frappe de folie la sagesse du monde</i> <small>[1<sup>ère</sup> lettre aux Corinthiens 1,20]</small> : Les Amis-des-elfes en Arda, et les Chrétiens en ce monde, ne peuvent pas ne pas y lire, avec Tolkien, cet <i>evangelium</i> en contradiction avec l'esprit du monde, porteur d'une espérance inaccessible à la sagesse humaine : </p><div class="citation"><p>Tes morts revivront, leurs cadavres ressusciteront. <b>Réveillez</b>–vous, criez de joie, vous qui demeurez dans la poussière ! Car ta <b>rosée</b> est une <b>rosée de lumière</b>, et la terre aux trépassés rendra le <b>jour</b>.</p></div><div class="citation source"><p>Isaïe 26,19</p></div><p><small>- et celui qui fait sienne <i>la folie de ce message</i> [1Cor 1,21], il me semble, n'est certainement pas "un homme de son temps", sauf le respect de nos amis Violette et Semito <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=6280" rel="nofollow">en cette occasion</a> :) </small>.</p><p>Jérôme</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Fri, 22 Apr 2005 23:39:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28630#p28630</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28629#p28629</link>
			<description><![CDATA[<p>Ben, tu parles d'une étymologie interniste ou externiste, ou les deux ? :-)<p><font color=red>Sébastien</font> : > <font color=blue> Si l'on considère la conservation du *kw primitif, on pourrait peut-être considérér l'ilkorin comme le dialecte résultant d'une langue avarine qui se serait "sindarisée" au contact des habitants de Beleriand, ce qui lui conserverait une partie de ses caractéristiques "historiques" : les <i>Ilkorin[d]i</i> des contes anciens correspondent au <i>Avari</i> du légendarum ultérieur.</font><p>Ce serait effectivement une théorie plausible pour réconcilier l’existence de l’ilkorin avec la forme classique du légendaire, dans une visée interniste. Je dois dire toutefois que je me méfie assez de ce genre de présentation, craignant qu’elle ne vienne plutôt embrouiller les choses ; sur ce point, je préfère rester en externe, considérer que l’ilkorin et le sindarin n’appartiennent pas à la même conception, et en rester là. Mais d'aucuns savent que je suis un « carnassier » impénitent :-)<p><font color=red>Sébastien</font> : > <font color=blue>C'est une possibilité. Dans ce cas on aurait EC -a + ndV > S -an(d) ; EC -â + ndV > S -on(d) ; EC -e + ndV > S -en(d). C'est ça ? </font><p>Dans le principe, c’est exactement ça. Seule différence, j’aurais reconstruit <b>o + -ndV</b> comme prototype à <i>–ond</i>, parce que j’ai des doutes sur la possibilité de voyelles longues avant groupe de consonnes en eldarin commun : nous n'en avons pas d’exemple à mon souvenir dans les reconstruction par Tolkien des stades anciens de l’elfique (j’exclus ici <i>w</i> et <i>j</i> des consonnes). Nous savons que cette règle est active en quenya, et il y a des traces de son existence ancienne en sindarin, par ex. dans l’alternance <b>o / a</b> des terminaisons du présent des verbes dérivés qui s’explique bien par l’abrègement d’un ancien â en syllabe fermée, sa transformation en <b>> ô > au > o</b> en syllabe ouverte (je reconstruirais ainsi <b>*lindâne / *lindamme</b> « je chante / nous chantons » > S <b>linnon / #linnam</b>). Cf ausi la variation entre <b>naur</b> « feu » et <b>Narwain</b> « Nouveau feu > Janvier ».<p>Je précise que je n’ai pas inventé moi-même la théorie de l’évolution des suffixes par réanalyse des relations entre simple et dérivé :-)<p><font color=red>Sébastien</font> : > <font color=blue>Ainsi, le o de Sirion ne peut venir de la racine SIR-, à moins que le nom présuppose une forme ancestrale *sîrijâ (mais il pourrait aussi s'agir d'un cas de génitif pluriel quenya *« (plaine ?) des fleuves », faisant référence à la fois au Sirion mais également au Narog et à leur affluents).</font><p>Jusqu’ici, j’avais toujours suivi l’analyse courante (et reflétée dans la citation de Helge Fauskanger que j’ai faite plus haut) de <i>Sirion</i> comme augmentatif « grand fleuve » de <b>sîr</b> « fleuve, rivière », avec le même suffixe que celui observé dans <i>A Elbereth Gilthoniel</i> dans le mot <b>°aearon</b> « grand océan », comparé à <b>°aear</b> « mer ». C’est encore ce qui me paraît le plus probable, à la fois parce que c’est sémantiquement plus satisfaisant (le suffixe <i>-ond</i> s’applique plutôt aux pays, comme tu l’as remarqué), et parce que dans le Silmarillion, il n’apparaît jamais avec un d ; or les noms du Premier Âge montrent pas la chute du d final, cf. justement <i>Beleriand, Ossiriand</i>.<p><font color=red>Ben</font> : <font color=blue>Alors là, je tiens d'abord à m'excuser, le w est une faute d'inattention de ma part, lorsque j'ai utilisé cette entrée des Etymologies. Si vous remontez sur le fuseau, vous verrez que cette entrée est GATH- S. gath. Il s'agit donc de gath et non pas gwath - sinon cela ferait "pays de l'ombre" d'ailleurs, ce qui n'est pas forcément génial pour un royaume elfique ;). Cela étant rectifié, la proposition de Toko où Doriath contient l'article défini serait présent reprend toute sa pertinence !</font><p>Ah, d’accord. Je n’avais pas vérifié, faute d’avoir emporté HoME V en week-end :-) Il reste quand même la question de la graphie, avec les incertitudes qui pèsent dessus.<p><font color=red>Sébastien</font> : <font color=blue>Selon les Etymologies, l'adjectif numéral sindarin pour « sept » est <i>odog</i>, apparemment dérivé de <b>OTOK</b> (probablement via le vieux sindarin <b>*otoko</b>). Mais il semble que dans <i>Ossiriand</i> la variante du radical impliquée soit plutôt <b>OTOS</b> (ce qui expliquerait aisément le <i>ss</i>), ou la racine basique <b>OT-</b>.</font><p>Je me souviens qu’il y a une note intéressante à ce sujet dans l’<i>Appendix on Eldarin numerals</i> à <i>The Rivers and Beacon-hills of Gondor</i> dans VT42, qui est de date très tardive : il y est dit que la forme sindarine courante de « sept » est bien <b>odog</b>, mais que le <i>g</i> n’est pas d’origine, il s’est ajouté sous l’influence du voisin <b>eneg</b> « six ». La forme d’origine, conservée dans le dialecte archaïsant de Doriath, était <b>odo</b>, visiblement du même prototype EC <b>*otosô</b> (ma reconstruction) que le quenya <i>otso</i>.<p>Qu’<i>Ossiriand</i> contienne plutôt la racine basique est séduisant aussi : nous avons un exemple similaire dans les Etymologies avec le mot noldorin <b>nelthil</b> « triangle », qui n’inclut pas directement le mot <b>neled(h)</b> « trois » mais juste sa racine NEL. (Dans VT42 Tolkien devait changer d’avis et dire que le mot sindarin pour « trois » devait finalement être <b>nêl</b>, simplement.)<p>Bertrand</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Moraldandil)]]></author>
			<pubDate>Mon, 01 Nov 2004 22:46:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28629#p28629</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28628#p28628</link>
			<description><![CDATA[<p><font color="red">Toko</font> &gt; <font color="blue">Et c'est pas fini !!!</font><p>;D<p><font color="red">Toko</font> &gt; <font color="blue">Cela est en effet une hypothèse intéressante et séduisante. Pour tout dire, je n'avais pas envisagé que le pluriel *Balâri ait pu désigner les habitants de l'île de Balar (ce qui est fort bien vu).Cependant, les commentaires de Christopher Tolkien à la suite de l'entrée BAL- dans les Etymologies ne sont guère enthousiastes à ce sujet.[...]Mais je trouve étrange de nommer tout une région continentale à partir du nom d'une zone côtière ou de ses habitants. D'où ma question de savoir qui peuvent être les « Puissances » auxquelles se réfèrent le nom Beleriand.</font></p><p>Il nous reste cependant un élément que nous n'avions pas encore trouvé. Il s'agit d'un passage des <u>Annales Grises (WJ:The Annals of Beleriand,$2)</u>, texte qui date des années 50. Voici ce qui nous intéresse (je traduis grossièrement le $2 en question) :</p><p><blockquote>Beleriand est le nom du pays qui s'étendait des deux côtés du&#160; grand fleuve Sirion jusqu'à la fin des Jours Anciens. Ce nom, il le portait dans les plus vieux documents qui survécurent, et il sera ici retenu sous cette forme, bien qu'on l'appelle maintenant Belerian [NdT : chute du -d final comme dans Rohan en Sindarin moderne?]. Ce nom signifie dans la langue de ce pays&#160; : le pays de Balar. Car ce nom, les Sindar le donnèrent à Osse, qui venait souvent en ces côtes, et se lia d'amitié avec eux. Ainsi, au début, ce nom fut donner au pays de côtes qui s'étendait de part et d'autre des bouches du Sirion, faisant face à l'île de Balar, mais il se répandit jusqu'à ce qu'il inclue toute l'ancienne côte du Nord Ouest de la Terre du Milieu au sud de l'estuaire du Drengist et tout le pays situé entre le sud de Hithlum et le pied des Eryd Luin (les montagnes bleues). Mais au sud des bouches du Sirion, il n'avait de frontières certaines; car en ces jours il existait des forests sans sentiers tracés, entre les côtes dépeuplées et les eaux inférieures du Gelion.</blockquote></p><p>Ainsi donc, ce nom s'est bien répandu et il prend sa source directement d'Osse, surnommé <i>Balar</i> par les Sindar. Mais diantre , d'où vient ce -r alors qu'il est tout seul, et d'où vient ce -i- (ou ce pluriel que nous évoquions) :D.<p><font color="red">Toko</font> &gt; <font color="blue">[Note sur Rochand] + La formulation semble suggérer : 1) une seule terminaison (avec différentes réalisations de celle-ci) 2) celle-ci est apparemment propre au sindarin (mais on pourrait peut-être la rapprocher du nom quenya Almaren, l'île que les Valar établirent et où ils vécurent en Terre du Milieu avant de se retirer en Valinor). Si c'est le cas, il reste le problème de la vocalisation différente dans les trois variantes auquel j'ai tenté de repondre (cf. ma proposition plus haut : EC -a + ndV > S -an(d) ; EC -â + ndV > S -on(d) ; EC -e + ndV > S -en(d)).</font></p><p>J'ai trouvé un indice externe qui pourrait peut être nous donner un indice interne sur la question. Il s'agit d'une note de Christopher Tolkien, dans <u>The Return of the Shadow, chapitre XXIV, The Ring goes South, note 22</u>. Il s'agit de l'émergence externe du mot Rohan :</p><p><blockquote>Before&#160; the&#160; name Rohan&#160; was reached&#160; several others&#160; were written, Thanador, Ulthanador, Borthendor, Orothan[ador]. After&#160; Rohan is&#160; written:&#160; [=&#160; Rochan(dor)&#160; =&#160; Horseland].&#160; This&#160; is unquestionably the&#160; point&#160; at&#160; which&#160; the&#160; name&#160; Rohan&#160; arose.&#160; Cf.&#160; the Etymologies, V.384: Quenya rokko, Noldorin roch, horse.</blockquote></p><p>La racine mise en cause ici est donc nettement <b>NDOR-</b>. Ce pourrait-il qu'elle soit la cause de ce <i>-nd</i> final, en tant que forme abbrégée de -ndor ? A creuser ! :D</p><p>Ben</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Benilbo)]]></author>
			<pubDate>Mon, 01 Nov 2004 20:57:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28628#p28628</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28627#p28627</link>
			<description><![CDATA[<p><font color="red">Ben</font> &gt; <font color="blue">Mon Dieu, quel fuseau ! ^^ </font></p><p>Et c'est pas fini !!!</p><p><font color="red">Ben</font> &gt; <font color="blue">La puissance en question serait donc Oss&euml;, pour ce qui est du nom de l'&icirc;le de Balar (le -r est probl&eacute;matique, c'est clair - mais est-ce bien un pluriel, au moins ?). Mais ce qui est la clef ici, je pense, c'est que si l'on relit bien le texte, Beleriand porterait son nom non pas gr&acirc;ce &agrave; un mot d'origine commune &agrave; <em>Balar</em> (ie <em>bal&acirc;re</em>), <strong>mais d'apr&egrave;s le nom de l'&icirc;le <em>Balar</em> elle m&ecirc;me</strong>, occup&eacute;e par les Teleri refusant de partir pour Aman, colonisant plus tard Beleriand. On pourrait donc imaginer que ce nouveau pluriel dont fait r&eacute;f&eacute;rence Toko ne soit pas un pluriel pour les Valar -mot qui se serait singularis&eacute; au fil du temps &agrave; cause du nom de l'&icirc;le -, mais bien plut&ocirc;t que <strong><em>Beleriand</em> d&eacute;rive de *Beler(i), le nom hypoth&eacute;tique des habitants de l'&icirc;le de Balar !!</strong> - le pluriel expliquant les umlaut propre &agrave; la branche celtique Telerine. Nous aurions donc <em>Beleriand</em> : Pays des Beler(i). Le -i- en question que nous cherchions &agrave; expliquer pourrait bien &ecirc;tre dans ce cas la marque de ce pluriel :). </font></p><p>Cela est en effet une hypoth&egrave;se int&eacute;ressante et s&eacute;duisante. Pour tout dire, je n'avais pas envisag&eacute; que le pluriel <em>*Bal&acirc;ri</em> ait pu d&eacute;signer les habitants de l'&icirc;le de Balar (ce qui est fort bien vu).</p><p>Cependant, les commentaires de Christopher Tolkien &agrave; la suite de l'entr&eacute;e <strong>BAL-</strong> dans les <em>Etymologies</em> ne sont gu&egrave;re enthousiastes &agrave; ce sujet :</p><p><blockquote>The explanation of <em>Balar</em>, <em>Beleriand</em> given here is not necessarily at variance with the story told in QS &sect;35 that the Isle of Balar was &#8216;the eastern horn of the Lonely Isle, that broke asunder and remained behind, when Ulmo removed that land again into the West&#8217; ; but it canscarcely be brought into accord with the story (QS &sect;36) that &#8216;the Teleri dwelt long by the shores of the western sea, awaiting Ulmo&#8217;s return&#8217;, and that Oss&euml; instructed the waiting Teleri &#8216;sitting upon a rock nigh to the margin of the sea.&#8217; Moreover, the &#8216;colonization&#8217; of Beleriand from Balar seems to take no account of Thingol, and those of his people &#8216;that went not because they tarried searching for Thingol in the woods&#8217; : &#8216;and these multiplied and were yet scattered far and wide between Eredlindon and the sea&#8217; (<em>Lhammas</em> &sect;6). More must be meant than simply that Elves from Balar removed to the mainland, for this &#8216;colonization&#8217; from Balar is here made the very basis of the name <em>Beleriand</em>.</blockquote></p><p>Soit :</p><p><blockquote>L'explication de <em>Balar</em>, <em>Beleriand</em> donn&eacute;e ici n'est pas forc&eacute;ment en d&eacute;saccord avec l'histoire dans QS &sect;35 selon laquelle l'Ile de Balar &eacute;tait &laquo;&nbsp;la pointe orientale de l'Ile Solitaire, qui se brisa et resta en arri&egrave;re, lorsqu'Ulmo d&eacute;pla&ccedil;a &agrave; nouveau cette terre dans l'Ouest&nbsp;&raquo; ; mais elle s'accorde difficilement avec la suite (QS &sect;36) selon laquelle &laquo;&nbsp;les Teleri demeur&egrave;rent longtemps pr&egrave;s des c&ocirc;tes de la mer occidentale, attendant le retour d'Ulmo&nbsp;&raquo; et que Oss&euml; instruisit les Teleri en attente &laquo;&nbsp; assis sur un rocher pr&egrave;s du bord de la mer&nbsp;&raquo;. De plus, la &quot;colonisation&quot; de Beleriand &agrave; partir de Balar semble ne pas tenir compte de Thingol, et des gens de son peuple &laquo;&nbsp;qui ne vinrent pas parce qu'ils s'attard&egrave;rent, cherchant Thingol dans les bois&nbsp;&raquo; : &laquo;&nbsp;et ceux-ci se multipli&egrave;rent, mais ils restaient pourtant diss&eacute;min&eacute;s partout entre Eredlindon et la mer&nbsp;&raquo; (<em>Lhammas</em> &sect;6). Bien plus doit &ecirc;tre signifi&eacute; que le simple fait que des Elfes de Balar se retir&egrave;rent sur le continent, car cette &quot;colonisation&quot; &agrave; partir de Balar est ici la base m&ecirc;me du nom <em>Beleriand</em>. (traduction rapide et approximative)</blockquote></p><p>Il semblerait donc que cette conception apparaissant dans les <em>Etymologies</em> n'ait &eacute;t&eacute; que passag&egrave;re, ou qu'elle ait &eacute;t&eacute; r&eacute;interpr&eacute;t&eacute;e diff&eacute;remment par la suite. Bien s&ucirc;r, le l&eacute;gendaire pr&eacute;cise que le nom de Balar est &eacute;galement attribu&eacute; &agrave; la baie, sans doute l&agrave; o&ugrave; les Teleri attendirent Ulmo et furent instruits par Oss&euml;. Mais je trouve &eacute;trange de nommer tout une r&eacute;gion continentale &agrave; partir du nom d'une zone c&ocirc;ti&egrave;re ou de ses habitants. D'o&ugrave; ma question de savoir qui peuvent &ecirc;tre les &laquo;&nbsp;Puissances&nbsp;&raquo; auxquelles se r&eacute;f&egrave;rent le nom <em>Beleriand</em>.</p><p><font color="red">Ben</font> &gt; <font color="blue">Dans cette qu&ecirc;te aux racines, on trouve par exemple pour la terminaison -on(d) plusieurs candidats : des racines en -OD- ou -UD- : <strong>LOD</strong>- (port), intervenant dans certains noms comme <em>Mithlond</em>, <em>Avallon(d)</em>..., <strong>ROD</strong>- (cave), dans <em>Nargothrond</em>, <em>Elrond</em>..., <strong>RUD</strong>- (masse, gourdin), dans <em>Celebron</em>. L'origine d'une terminaison n'est donc pas unique, mais il s'agit plut&ocirc;t d'un &quot;parfum&quot; commun...pour ce qui est de la terminaison -<em>and(e)</em> de <em>Beleriand</em> et <em>Ossiriand</em>, il peut donc para&icirc;tre assez l&eacute;gitime d'en chercher une racine primitive. (Je trouve d'ailleurs l'hypoth&egrave;se de S&eacute;bastien sur la con-fusion de <strong>&Aacute;NAD</strong>-/<strong>ANDA</strong> et <strong>NAD</strong>- tr&egrave;s belle !)</font></p><p>Merci pour le compliment, mais c'est vraiment une proposition tr&egrave;s hypoth&eacute;tique !</p><p>Pour ce qui est de la recherche de racines diff&eacute;rentes ayant abouti aux formes <em>-and</em>, <em>-end</em>, <em>-ond</em>, s'il y a bien un &quot;parfum&quot; commun dans bien des noms, ceux que tu cites ne sont pas en rapport avec les noms de r&eacute;gion &eacute;voqu&eacute;s dans la note tir&eacute;e de UT qui a d&eacute;clench&eacute; cette discussion. Bien s&ucirc;r, la terminaison en question <em>-nd</em> pourrait avoir une origne multiple, mais il semble plus probable qu'on ait affaire &agrave; une racine commune pour les diff&eacute;rentes variantes de cette terminaison (voir la proposition de Bertrand plus haut). C'est en tout cas ce que semble impliquer la formulation de la note des <em>Contes et l&eacute;gendes Inachev&eacute;s</em> (qui provient d'un textetr&egrave;s tardif de Tolkien, sans doute son avis &quot;d&eacute;finitif&quot; sur la question). Je la redonne ici en VO :</p><p><blockquote>In <em>Rochand</em> the Sindarin ending -<em>nd</em> (-<em>and</em>, -<em>end</em>, -<em>ond</em>) was added; it was commonly used in the names of regions or countries, but the -<em>d</em> was usually dropped in speech, especially in long names, such as <em>Calenardhon</em>, <em>Ithilien</em>, <em>Lamedon</em></blockquote></p><p>La formulation semble sugg&eacute;rer : 1) une seule terminaison (avec diff&eacute;rentes r&eacute;alisations de celle-ci) 2) celle-ci est apparemment propre au sindarin (mais on pourrait peut-&ecirc;tre la rapprocher du nom quenya <em>Almaren</em>, l'&icirc;le que les Valar &eacute;tablirent et o&ugrave; ils v&eacute;curent en Terre du Milieu avant de se retirer en Valinor)</p><p>Si c'est le cas, il reste le probl&egrave;me de la vocalisation diff&eacute;rente dans les trois variantes auquel j'ai tent&eacute; de repondre (cf. ma proposition plus haut : EC -<em>a</em> + <em>ndV</em> &gt; S -<em>an(d)</em> ; EC -<em>&acirc;</em> + <em>ndV</em> &gt; S -<em>on(d)</em> ; EC -<em>e</em> + <em>ndV</em> &gt; S -<em>en(d)</em>). Mais certains exemples ne semblent pas s'accorder avec cette hypoth&egrave;se. Ainsi, le <em>o</em> de <em>Sirion</em> ne peut venir de la racine <strong>SIR-</strong>, &agrave; moins que le nom pr&eacute;suppose une forme ancestrale *<em>s&icirc;rij&acirc;</em> (mais il pourrait aussi s'agir d'un cas de g&eacute;nitif pluriel quenya *&laquo;&nbsp;(plaine ?) des fleuves&nbsp;&raquo;, faisant r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la fois au Sirion mais &eacute;galement au Narog et &agrave; leur affluents). reste &eacute;galement le cas particulier d'<em>An&oacute;rien</em> et <em>Ithilien</em> : si le <em>i</em> de <em>Ithilien</em> s'expliquer comme provenant d'une forme &eacute;tendue de la racine <strong>THIL-</strong> (*<em>ith&icirc;l&icirc;</em>), celui d'<em>An&oacute;rien</em> ne peut &ecirc;tre expliqu&eacute; ainsi, et l'origine du <em>e</em> de la terminaison <em>-end</em> pr&eacute;sente dans les deux noms semble tout aussi probl&eacute;matique. A creuser...</p><p>S&eacute;bastien</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Toko)]]></author>
			<pubDate>Mon, 01 Nov 2004 17:30:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28627#p28627</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28626#p28626</link>
			<description><![CDATA[<p>Mon Dieu, quel fuseau ! ^^ Merci pour vos réponses, Bertrand et Sébastien :) <p><font color="red">Bertrand</font> &gt; <font color="blue">En revanche, il me semble difficile, en sindarin, que le mot contienne une forme mutée de gwath, car alors que serait-il advenu du w ? A moins d’une évolution spéciale, mais ce serait une explication ad-hoc. D’accord, certaines étymologies de Tolkien y ressemblent parfois...</font><br> <br>Alors là, je tiens d'abord à m'excuser, le w est une faute d'inattention de ma part, lorsque j'ai utilisé cette entrée des Etymologies. Si vous remontez sur le fuseau, vous verrez que cette entrée est <b>GATH-</b> S. <i>gath</i>. Il s'agit donc de <i>gath</i> et non pas <i>gwath</i> - sinon cela ferait "pays de l'ombre" d'ailleurs, ce qui n'est pas forcément génial pour un royaume elfique ;). Cela étant rectifié, la proposition de Toko où Doriath contient l'article défini serait présent reprend toute sa pertinence ! <p><font color = "red">Toko</font> &gt; <font color="blue">Cela pose une autre question : qui sont ces « Puissances » que désignerait le nom Beleriand ? Ossë et Ulmo ? Oromë ? Melian et Thingol ? Le nom de Beleriand n'a pas fini de nous faire cogiter !</font><p>Alors là, par contre, il y'a peut être une explication qui nous donnerait à la fois : <br>1) L'origine de la racine <b>BAL-</b> dans le mot <b>Beleriand</b>. <br>2) L'origine de l'umlaut des 'a' de Balar. </p><p>La formulation exact du passage de l'entrée <b>BAL-</b> des Etymologies qui nous intéresse est la suivante : </p><p><blockquote>Related is probably the name Balar of the large island at Sirion´s mouth, where the Ilkorins long dwelt who refused to go West with Ulmo; from this is named Beleriand which they colonized from the island in the dark ages. Balar is probably from *bálare, and so called because here Ossë visited the waiting Teleri.</blockquote></p><p>La puissance en question serait donc Ossë, pour ce qui est du nom de l'île de Balar (le -r est problématique, c'est clair - mais est-ce bien un pluriel, au moins ?). Mais ce qui est la clef ici, je pense, c'est que si l'on relit bien le texte, Beleriand porterait son nom non pas grâce à un mot d'origine commune à <i>Balar</i> (ie <i>balâre</i>), <b>mais d'après le nom de l'île <i>Balar</i> elle même</b>, occupée par les Teleri refusant de partir pour Aman, colonisant plus tard Beleriand. On pourrait donc imaginer que ce nouveau pluriel dont fait référence Toko ne soit pas un pluriel pour les Valar -mot qui se serait singularisé au fil du temps à cause du nom de l'île -, mais bien plutôt que <b><i>Beleriand</i> dérive de *Beler(i), le nom hypothétique des habitants de l'île de Balar !!</b> - le pluriel expliquant les umlaut propre à la branche celtique Telerine. Nous aurions donc <i>Beleriand</i> : Pays des Beler(i). Le -i- en question que nous cherchions à expliquer pourrait bien être dans ce cas la marque de ce pluriel :). </p><p><font color = "red">Toko</font> &gt; <font color="blue">La discussion de Bertrand sur l'origine possible du i "intrusif" et la supposition de Benjamin selon laquelle la racine NAD- pourrait être à l'origine de la terminaison sindarine -nd (-and, -end, -ond) courante dans les noms de pays ou de région m'ont fait réfléchir...</font></p><p>Ta reconstruction est fort séduisante... et j'aimerais ajouter à cela l'appui d'une note perdue dans les Letters, <u>Lettre n°297, L:383</u> : </p><p><blockquote>Incidentally the ending -and(an), -end(en) in land-names no doubt owes something to such (romantic adn other) names as Broceliand(e),but is perfectly in keeping with an already devised structure of primitive (common) Elvish (C.E.), or it would not have been used.</blockquote><br>Donc, même si les terminaison <i>-and(an)</i>, <i>-end(en)</i> sont "typiquement" sindarines, elles représentent une évolution d'une structure ancienne depuis l'Elfique Commun, et avec une note pareille, c'est difficile de ne pas être tenté de creuser un peu en quête de racines :) (Notons aussi au passage la justification de l'origine externe du parfum linguistique de la terminaison, par rapport à Brocéliande). </p><p>Dans cette quête aux racines, on trouve par exemple pour la terminaison <i>-on(d)</i> plusieurs candidats : des racines en -OD- ou -UD- : <b>LOD-</b> (port), intervenant dans certains noms comme <i>Mithlond</i>, <i>Avallon(d)</i>..., <b>ROD-</b> (cave), dans <i>Nargothrond</i>, <i>Elrond</i>..., <b>RUD-</b> (masse, gourdin), dans <i>Celebron</i>. L'origine d'une terminaison n'est donc pas unique, mais il s'agit plutôt d'un "parfum" commun... pour ce qui est de la terminaison <i>-and(e)</i> de <i>Beleriand</i> et <i>Ossiriand</i>, il peut donc paraître assez légitime d'en chercher une racine primitive. (Je trouve d'ailleurs l'hypothèse de Sébastien sur la con-fusion de <b>ÁNAD-/ANDA</b> et <b>NAD-</b> très belle !)</p><p><font color="red">Toko</font> &gt; <font color="blue">En ce qui concerne le nom Broceliand(e), je me suis dit que Tolkien aurait pu connaître une certaine interprétation de ce nom et la transposer en elfique pour créer Beleriand. Mais je dois dire que je n'ai pas trouvé grand chose à ce sujet. </font></p><p>Idem... il y'a encore un peu de travail là dessus aussi ;)</p><p>Ben</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Benilbo)]]></author>
			<pubDate>Mon, 01 Nov 2004 14:33:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28626#p28626</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28625#p28625</link>
			<description><![CDATA[<p>La discussion de Bertrand sur l'origine possible du <i>i</i> "intrusif" et la supposition de Benjamin selon laquelle la racine <b>NAD-</b> pourrait être à l'origine de la terminaison sindarine <b>-nd</b> (<i>-and</i>, <i>-end</i>, <i>-ond</i>) courante dans les noms de pays ou de région m'ont fait réfléchir...Les deux hypothèses conjuguées pourraient assez bien expliquer la présence du <i>i</i> intrusif dans certains des noms évoqués plus haut, et tout particulièrement <strong>Beleriand</strong>, <strong>Ossiriand</strong>.</p><p>Prenons le cas d'<strong>Ossiriand</strong>. Le nom est évidemment dérivé des racines <b>OT-</b> (<b>OTOS</b>, <b>OTOK</b>) « sept » et <b>SIR-</b> « couler ». Si l'on prend en compte l'idée de Ben, on peut y ajouter la racine <b>NAD-</b> *« plaine, vallée (arrosée) ».<br>Selon les <i>Etymologies</i>, l'adjectif numéral sindarin pour « sept » est <i>odog</i>, apparemment dérivé de <b>OTOK</b> (probablement via le vieux sindarin *<i>otoko</i>). Mais il semble que dans <i>Ossiriand</i> la variante du radical impliquée soit plutôt <b>OTOS</b> (ce qui expliquerait aisément le <i>ss</i>), ou la racine basique <strong>OT-</strong>.<br>Pour ce qui est de l'élément <i>sir</i>, Bertrand rappelle que les <i>Etymologies</i> donnent la forme de vieux noldorin (vieux sindarin) <i>s&icirc;re</i> (V:385, VT46:13). Comme le fait remarquer Bertrand, cette forme pourrait très bien présupposer une forme plus ancienne *<i>s&icirc;ri</i> (voir plus haut). Une forme plurielle de cette dernière serait alors *<i>s&icirc;ri&icirc;</i>, qui aurait donner *<i>s&icirc;ri</i> en vieux sindarin. <br>Enfin, si l'on considère la racine <b>NAD-</b>, la forme primitive qui sous-tend les formes Q <i>nanda</i> et N/S <i>nand</i>, <i>nann</i> semble être *<i>nandâ</i>, avec renforcement <i>d</i> > <i>nd</i> ou métathèse *<i>nad-nâ</i> > *<i>nandâ</i>. On peut aussi supposer une forme *<i>nandê</i>, spécifiquement à l’origine des dérivés sindarins (ce semble &ecirc;tre le cas de la forme ancienne <em>Ossiriande</em> dans les <em>Lays of Beleriand</em>, &eacute;voqu&eacute;e par Ben). On pourrait ainsi envisager une forme avec la voyelle radicale redupliquée au début de la racine (un phénomène courant en elfique primitif) : *<i>anandâ/</i>*<i>anandê</i>, lit. *« grande vallée/plaine (arrosée) ». Celle-ci aurait pu évoluer en *<i>an’da</i>/*<i>an’de</i> en vieux sindarin (ou en edarin commun), par syncope de la deuxième voyelle (et assimilation du <i>nnd</i> résultant > <i>nd</i>), donnant la terminaison bien connue <i>-nd</i> en sindarin.<br>Avec une telle évolution (si bien sûr le postulat de base est juste, à savoir la dérivation de cette terminaison à partir de la racine <b>NAD-</b>), il est possible que le sens de cette terminaison ait été à un moment confondu avec les dérivés de la racine <b>ÁNAD-</b>/<b>ANDA </b>« long, grand », particulièrement <i>and</i>, <i>ann</i>, le sens dérivant de *« grande vallée/plaine (arrosée) » à *« grand(e), vaste (territoire/région) ».</p><p>On peut ainsi imaginer l'étymologie suivante : QP *<i>otos-s&icirc;ri&icirc;-anand&ecirc;</i> > EC *<i>otos-s&icirc;r&icirc;-anand&ecirc;</i>, *<i>ot’s-s&icirc;ri-an’nd&ecirc;</i> > VS *<i>oss&icirc;riande</i> > sindarin <i>Ossiriand</i>, lit. *« grande vallée/plaine des sept rivières ». Bien entendu, une telle étymologie n’est qu’une hypothèse, bas&eacute;e sur de nombreuses suppositions…</p><p>Si l’on applique un tel raisonnement au nom <strong>Beleriand</strong>, on aurait : <b><br>BAL-</b> « pouvoir » > QP *<i>bal&acirc;re&icirc;</i> (pl. de <i> bal&acirc;re</i>, V :350 s.v. BAL-) > EC *<i>balar&icirc;</i>. <br>Conjugué à <b>NAD-</b>, on obtiendrait : QP *<i>bal&acirc;re&icirc;-anand&ecirc; </i>> EC *<i>balar&icirc;-anand&ecirc;</i>, *<i>balar&icirc;-an’nd&ecirc; </i>> VS *<i>balariande</i> > S <i>Beleriand</i>, lit. *« grande vallée/plaine des Puissants/Puissances ».</p><p>Le souci est que <i> bal&acirc;re</i> est donné comme l’etymon de l’île de <i>Balar</i> « ainsi nommée parce qu’Ossë venait visiter les Teleri », pas comme celui de <em>Vala</em>. Or, le pluriel historique de <i>Vala</i> est donné comme <i>bal-&icirc;</i> (> Q <i>Vali</i>, <i>Valinóre</i>, V :350), et la forme correspondant à <i>Valar</i> n’est pas donnée (l’origine de la terminaison plurielle <i>-r</i> en quenya est d’ailleurs un des points les plus mystérieux de cette langue). On peut peut-être l’envisager comme *<i>balare</i> ou *<i>balari</i>, à moins que le <i>-r</i> ne provienne de l’évolution de <i>-s-</i> > <i>z</i> > <i>r</i> en position intervocalique (*<em>balase</em>/*<em>balasi</em> &gt; *<em>balaze</em>/*<em>balazi</em> &gt; *<em>balare</em>/*<em>balari &gt; *<em>bala</em>r</em>) ou encore d’un rhotacisme (*<i>bala-li</i> > *<i>bala-ri</i> &gt; *<em>balar</em> > <i>Valar</i> *).</p><p>Cependant, il est possible d’imaginer un développement historique de <i>Balar</i>, originellement pluriel et désignant les Valar, divergent chez les Teleri abandonnés sur les rives de la Terre du Milieu. Ossë vient cependant les visiter et, à mesure que les années passent, le sens originel du nom de l’île (et de la baie) se perd (sauf chez les &eacute;rudits), et le nom est réinterprété comme un singulier, *« le Puissant », en référence à Ossë uniquement. D’où la formation (par les anciens qui avaient connaissance des Valar ?) d’un nouveau pluriel analogique <i>Balari</i>, qui aurait pu entrer en composition dans le nom <i>Beleriand</i>. Cela pose une autre question : qui sont ces &laquo;&nbsp;Puissances&nbsp;&raquo; que d&eacute;signerait le nom <em>Beleriand</em> ? Oss&euml; et Ulmo ? Orom&euml; ? Melian et Thingol ? Le nom de <em>Beleriand</em> n'a pas fini de nous faire cogiter !</p><p>En ce qui concerne le nom <strong>Broceliand(e)</strong>, je me suis dit que Tolkien aurait pu conna&icirc;tre une certaine interpr&eacute;tation de ce nom et la transposer en elfique pour cr&eacute;er <em>Beleriand</em>. Mais je dois dire que je n'ai pas trouv&eacute; grand chose &agrave; ce sujet. Une th&eacute;orie, tr&egrave;s fantaisiste et apparemment le fruit de personnes n'ayant aucune notion d'&eacute;tymologie, propose le sens **&laquo;&nbsp;pays pr&egrave;s de l'enfer&nbsp;&raquo; (**<strong>bro-hell-land</strong> ou quelque chose comme &ccedil;a), ce qui est parfaitement farfelu puisque ce noms tr&egrave;s ancien n'a aucune raison d'inclure des &eacute;l&eacute;ments d'anglais. J'ai par contre trouv&eacute; des formes bretonnes anciennes du nom : <em>Brecheliant</em>, <em>Brecilien</em>, <em>Brucellier</em> ; et des formes bretonnes emprunt&eacute;es au roman : <em>Brekilien</em>, <em>Brec'hellean</em>. Mais je serais bien en peine de les interpr&eacute;ter ! J'ai aussi d&eacute;couvert que selon les derni&egrave;res recherches en date, la Broc&eacute;liande historique ne se trouverait pas en for&ecirc;t de paimpont, mais serait identifi&eacute;e au le lieu-dit nomm&eacute; <em>Bressilien</em> (anciennement <em>Brecilien</em>), sur la commune de Paule, pas tr&egrave;s loin de Carhaix (voir <a href="http://marikavel.com/broceliande/broceliande-v.htm">ici</a>).</p><p>S&eacute;bastien</p><p><small>* Mais on peut objecter &agrave; cette th&eacute;orie la question de savoir pourquoi une telle évolution n’aurait pas eut lieu à plus grande échelle et affecté d’autres parties de la langue, ou comment la terminaison plurielle collective <i>-li</i> aurait pu survivre à un tel changement.<br>Par contre, d’un point de vue externe, il semble probable qu’une telle modification eut lieu dans la conception du qenya. Il suffit de considérer les anciennes formes apparaissant dans le QL et les <em>Contes Perdus</em>, le pluriel de <b>noldo</b> y apparaissant presque exclusivement comme <strong>Noldol(l)i</strong>, et celui de <b>teler</b> comme <strong>Telelli</strong>, alors que les versions ult&eacute;rieures du l&eacute;gendarium font r&eacute;f&eacute;rence aux <strong>Noldor</strong> et aux <strong>Neleri</strong>.</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Toko)]]></author>
			<pubDate>Mon, 01 Nov 2004 09:31:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28625#p28625</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28624#p28624</link>
			<description><![CDATA[<p>> Pour faire suite aux remarques de Sébastien, il est difficile que l'ilkorin ait pu devenir tel quel un dialecte du sindarin, certaines de ses caractéristiques s'y opposent (notamment la conservation du *kw primitif, écrit cw, qui devient p en sindarin). <p>En effet. De plus, ce changement avait apparemment eut lieu dès le stade du telerin commun (ancêtre commun du telerin d'Aman et du sindarin).<p>> Edouard Kloczko a cependant fait remarquer qu'il existe des similarités phonétiques entre l'ilkorin et le doriathrin des Etymologies d'une part, le dialecte mal attesté du sindarin du nord d'autre part. Cf. l'article Ilkorin d'Ardalambion. Un "recyclage" au moins partiel est donc plausible.<p>C'est à cela que je pensais lorsque j'ai rdigé ma note à ce sujet.<p>Si l'on considère la conservation du *kw primitif, on pourrait peut-être considérér l'ilkorin comme le dialtecte résultant d'une langue avarine qui se serait "sindarisée" au contact des habitants de Beleriand, ce qui lui conserverait une partie de ses caractéristiques "historiques" : les <i>Ilkorini</i> des contes anciens correspondent au <i>Avari</i> du légendarum ultérieur.<p>> Concernant la variation -<b>and</b>, -<b>end</b>, -<b>ond</b> du suffixe des toponymes, je ne sais pas s'il faut y voir une nasale syllabique ; elles semblent se vocaliser assez uniformément en a en sindarin, à l’initiale du moins.<p>Il semblerait qu'on manque d'éléments concernant la vocalisation des nasales syllabiques en position autre que finale.<br> <p>> Peut-être la variation est-elle d’origine ? Ou s’agit-il d’une réanalyse du même type que celle que j’ai proposée plus haut, peut-être plus ancienne : à savoir qu’à partir d’un suffixe primitif *-ndV, ajouté à des radicaux de voyelles finales variées, on aurait obtenu après apocope des voyelles finales une famille de suffixes synonymes ?<p>C'est une possibilité. Dans ce cas on aurait EC -a + ndV > S -an(d) ; EC -â + ndV > S -on(d) ; EC -e + ndV > S -en(d). C'est ça ?<p>> Il est possible que Doriath incorpore un article, quoique l’analyse que l’on trouve dans WJ ne le suggère pas graphiquement (Tolkien agglutine assez souvent l’article au substantif, mais habituellement maintient une séparation graphique par un point ou un tiret). <p>En effet. La forme dnas ce cas aurait plutôt été *<i>Dôr iÂth</i> ou quelque chose du genre. Dans ce domaine, nous sommes dépendant de la transcription donnée par Christopher Tolkien, et l'Addenda & Corrigenda publié dans les 2 derniers VT nous montre à quel point celle-ci n'est pas toujours fiable.<p>> En revanche, il me semble difficile, en sindarin, que le mot contienne une forme mutée de <b>gwath</b>, car alors que serait-il advenu du <b>w</b> ? A moins d’une évolution spéciale, mais ce serait une explication ad-hoc. D’accord, certaines étymologies de Tolkien y ressemblent parfois...<p>C'étais juste une idée en l'air ! ;-)<p>Sébastien</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Toko)]]></author>
			<pubDate>Mon, 01 Nov 2004 08:59:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28624#p28624</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28623#p28623</link>
			<description><![CDATA[<p>1) Merci à Ben pour nous avoir rappelé l'histoire externe surprenante du Beleriand et de l'Ossiriand ! Cela m'amène à ajouter une petite précision sur mes remarques étymologiques : je ne considérais effectivement que les conceptions les plus tardives de Tolkien, celles du sindarin proprement dit, sans entrer dans les méandres externistes. Mais de ce point de vue là, effectivement, les étymologies sont ont beaucoup évolué. Maints noms de lieux ou de personnes du <i>Silmarillion</i> ont une longue histoire, un bon nombre remontent jusqu'aux Contes Perdus ; Tolkien souhaitait à l'avidence les conserver, mais au fur et à mesure que sa vision de ses langues évoluait, il était obligé d'en reconsidérer le sens et l'origine. Il n'y arrivait pas toujours... et alors il était assez susceptible de considérer la forme comme dialectale, ou de lui donner une histoire très complexe !<p>2) Pour faire suite aux remarques de Sébastien, il est difficile que l'ilkorin ait pu devenir tel quel un dialecte du sindarin, certaines de ses caractéristiques s'y opposent (notamment la conservation du *kw primitif, écrit cw, qui devient p en sindarin). Edouard Kloczko a cependant fait remarquer qu'il existe des similarités phonétiques entre l'ilkorin et le doriathrin des Etymologies d'une part, le dialecte mal attesté du sindarin du nord d'autre part. Cf. l'article <a href="http://www.uib.no/People/hnohf/ilkorin.htm" target="Ilkorin">Ilkorin</a> d'Ardalambion. Un "recyclage" au moins partiel est donc plausible.<p>3) Concernant la variation <b>-and, -end, -ond</b> du suffixe des toponymes, je ne sais pas s'il faut y voir une nasale syllabique ; elles semblent se vocaliser assez uniformément en <b>a</b> en sindarin, à l’initiale du moins :<br><b>*m·bart- > *ambart- </b>"destin" (S <i>amarth</i> / N <i>ammarth</i>, Q <i>umbar</i> ; SdA/A I(i), S:355, V:372)<br><b>¤n·dûnê > *andûne</b> "couchant, ouest" (S / N <i>annûn</i>, Q <i>andúne</i> ; SdA/VI ch. 4, LR/E, S:355, III:354, V:376, L:308 n° 230)<br><b>*ñ·gjô</b> > ON <b>ango</b> "petit-enfant, descendant" (perdu en N, T <i>endo</i>, Q <i>indyo</i>; V:377)<br><b>*ñ·golê > *añgole</b> "savoir profond, magie" (N <i>angol</i>, T <i>engole</i>, Q <i>ingole</i>; S:359, V:377, X:350, XI:383, XII:360)<br>Peut-être la variation est-elle d’origine ? Ou s’agit-il d’une réanalyse du même type que celle que j’ai proposée plus haut, peut-être plus ancienne : à savoir qu’à partir d’un suffixe primitif *-ndV, ajouté à des radicaux de voyelles finales variées, on aurait obtenu après apocope des voyelles finales une famille de suffixes synonymes ?<p>4) Il est possible que Doriath incorpore un article, quoique l’analyse que l’on trouve dans WJ ne le suggère pas graphiquement (Tolkien agglutine assez souvent l’article au substantif, mais habituellement maintient une séparation graphique par un point ou un tiret). En revanche, il me semble difficile, en sindarin, que le mot contienne une forme mutée de <b>gwath</b>, car alors que serait-il advenu du <b>w</b> ? A moins d’une évolution spéciale, mais ce serait une explication ad-hoc. D’accord, certaines étymologies de Tolkien y ressemblent parfois...<p> 5) L’assimilation de ts en ss est phonétiquement banale, mais je ne sais pas si elle s’observe en ossiriandeb. A voir... euh un autre soir :-P<p>B.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Moraldandil)]]></author>
			<pubDate>Sun, 31 Oct 2004 22:42:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28623#p28623</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28622#p28622</link>
			<description><![CDATA[<p><font color="red">Plus haut</font> &gt; <font color="blue">L'émergence du mot Ossiriand de manière externe semble aussi très complexe (on trouve une grosse note là dessus dans les Lays de Beleriand, qui va nécessiter quelques heures de boulot, je crois ;)</font></p><p>J'ouvre donc une parenthèse externiste car cette note en question est des plus intéressantes; en effet, elle permet à la fois de dater l'apparition externe des deux mots <i>Beleriand</i> et <i>Ossiriand</i>. Voici la note de Christopher en question, qui figure dans les notes du premier Cantos du <u>Lai de Leithian, LB:160</u> (je traduis de l'anglais) :</p><p><blockquote>Le nom <i>Broceliand</i> qui apparaît dans le [manuscrit] A (<i>Broseliand</i> dans B) est remarquable, mais je ne puis faire la lumière sur ce choix de mon père pour ce nom (la fameuse forêt de Broceliande en la Bretagne des légendes Arthuriennes)*. Il serait intéressant de comprendre comment <i>Broseliand</i> mena à <i>Beleriand</i>, et l'on peut peut-être trouver un indice sur une page servant de brouillon à l'ouverture du Lai, où il nota plusieurs noms candidats pour le nom du pays. Le fait qu'<i>Ossiriand</i> figure parmi eux, mais aussi qu'il soit écrit au crayon de papier tout contre <i>Broseliand</i>aux lignes 41 et 96 dans [le manuscrit] B, suggère que ces noms apparurent durant la recherche d'un nom pour remplacer <i>Broseliand</i>. Ces noms sont :</blockquote><br /><blockquote><blockquote><i>Golodhinand, Noldórinan, Geleriand, Bladorinand, Belaurien, Arsiriand, Lassiriand, Ossiriand.</i></blockquote></blockquote></p><p><b>Mais le nom qui fut retenu fut... Beleriand</b>. Voici donc la très probable origine externe de ce parfum linguistique qu'est ce -i- si mystérieux : le mot <i>Brocéliande</i> ! Elle a donc été : </p><p><center>Broceliand (manuscrit A du lai) &gt; Broseliand (manuscrit B du lai) &gt; Beleriand (retouche de B)</center></p><p>Mais il y'a encore mieux. La petite * qui figure dans la citation ci-dessus renvoie à une note de bas de page... :</p><p><blockquote>Sur la plus toute première carte du 'Silmarillion' il est écrit que toutes les terres arrosées par le Sirion au sud de Gondolin sont appelées <i><b>en Anglais</b></i> "Broseliand". </blockquote></p><p>Le mot <i>Broseliand</i>, qui a l'origine devait être utilisé directement au sein de l'oeuvre en tant que mot Sindarin est passé comme "traduction" du nouveau mot Sindarin pour cette région : <i>Beleriand</i>.<br>Mieux encore - car c'était le mot <i>Ossiriand</i> qui nous intéressait à l'origine. On s'apperçoit qu'il fut gardé, mais pour désigner la région arrosée par les affluents du Gelion à l'ouest des Ered Luin. Mais ce qui est troublant, c'est que la forme au crayon de papier dont parle Christopher dans la note ci-dessus n'est pas tout à fait <i>Ossiriand</i> mais <i>Ossiriand<b>e</b></i> ! La ressemblance avec <i>Broceliande</i> est encore plus frappante.<p>Je referme donc la parenthèse externiste ;).<p>A noter que dans le Lhammas il est question d'une langue appellée <i>Ossiriandeb</i>. Cette assimilation étonnante <i>-t+s- &gt; -ss-</i> en est peut être une caractéristique ? :)<p>Ben<p><small>PS pour Elwe : merci au grand Empereur vénéré... mais dis donc au fait, puisque tu es du coin :p, tu aurais pu nous éclairer un peu sur le nom de ton patelin ;)</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Benilbo)]]></author>
			<pubDate>Sat, 30 Oct 2004 16:53:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28622#p28622</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Les saulaies de Tasarinan]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28621#p28621</link>
			<description><![CDATA[<p>Voila une très intéressante discussion qui débouche sur plusieurs sujets (félicitation à Bertrand pour son exposition de l'origine possible du <i>i</i> "intrusif").</p><p><font color='red'>Bertrand</font> > <font color='blue'>Je verrais plutôt dans <b>Ossiriand</b> un exemple du suffixe -<i>(i)and</i> fréquent dans les toponymes, qu'évoque Tolkien dans les Contes et légendes inachevés (CLI 3:77-8): </p><p><blockquote><b>Rochand</b> comporte une terminaison sindarine en -<b>nd</b> ; c'était la terminaison courante des noms de régions ou de pays, mais dans le langage parlé, on omettait généralement le -<b>d</b> final, surtout dans les mots un peu longs, tels <i>Calenardhon</i>, <i>Ithilien</i>, <i>Lamedon</i>, etc.</blockquote></font></p><p>Je tiens à revenir sur ce point. La version française donne exactement : </p><p><blockquote><b>Rochand</b> comporte une terminaison sindarine en -<b>nd</b> (<i>-and</i>, <i>-end</i>, </i>-ond</i>)</blockquote></p><p>Quelle pourrait être d'après vous l'origine de la variation de voyelle de cette terminaison ? Pourrait-il s'agir d'un <i>n(d)</i> vocalique ?</p><p><font color='red'>Benilbo</font> > <font color='blue'>Je reprends celle-ci en premier parce qu'elle semble une bonne mise en garde pour nous sur le fait qu'on se trouve en terrain glissant :D. En effet, dans les <u>Etymologies</u>, l'origine de Doriath est bien celle que j'ai donnée. </font></p><p>Les <i>Etymologies</i> ne sont cependant qu'une étape, importante certes, dans le processus de création linguistique de Tolkien. Ainsi, toutes les étymologies qui y sont données ne sont pas définitives.</p><p>Mais, pour reprendre l'étymologie "officielle" (c.-à-d. la plus tardive) donnée par Bertrand (Doriath est <i>dôr</i> "pays" + <i>iâth</i> "barrière", Silm. App et WJ:369), je signale au passage que l'étymologie en question est donnée p. 270 de WJ (il faudrait d'ailleurs que Didier corrige cette entrée dans son dico).<p>Le texte donne exactement : </p><p><blockquote>« But genitival sequences with the possessor or qualifier second in the later period also became fixed compounds: as <i>Dóriath</i>, for <i>Dôr Iâth</i> 'Land of the Fence'. » </blockquote></p><p>Se pourrait-il que l'élément <i>Iâth</i> contienne l'article défini <i>i</i> (impliquant une expression ancienne *<i>dôr i&#8729;âth</i> figée en un composé) ? (Auquel cas l'étymologie "ancienne" pourrait encore être plus ou moins valable.) C'est évidemment seulement une supposition, basée sur le fait qu'en sindarin l'article défini semble posséder une relation très forte avec le mot qu'il qualifie, avec pour exemple la mutation qu'il entraine ou la "fusion" parfois observée entre les deux (Ex. <i>iMbar</i> ou <i>i&#8729;Mbar</i> pour <i>i Mbar</i>). Qu'en pensez-vous ?</p><p><font color='red'>Benilbo</font> > <font color='blue'>A noter qu'il existe une autre racine qui au niveau du sens, plus proche encore de ce que nous essayons d'expliquer :</p><p><blockquote><b>NAD-</b> Q nanda water-mead, watered plain. N nand, nann wide grassland; naðor, naðras pasture. Dor. nand field, valley. Cf. Nandungorthin, Nan Tathren.</blockquote></font></p><p>Intéressante suggestion. Se pourrait-il que cette racine soit à l'origine de la terminaison <i>-nd</i> évoquée dans UT ? <br>C'est une hypothèse envisageable (du point de vue externe en tout cas), d'autant plus si l'on considère le fait la plupart des noms où cette terminaison intervient concerne des plaines arrosées par des fleuves ou des rivières. C'est particulièrement vrai du Rohan/Calenardhon (baigné par l'Entwash, on pense aussi à la Platerague ou Wetwang) et de l'Ossiriand (7 rivières), mais cela peut également être le cas du Beleriand (Narog, Sirion, Gelion et leurs multiples affluents), de l'Ithilien (plaine alluviale de l'Anduin, proche de son grand delta) et, dans une moindre mesure, du Lamedon (Ciril et Ringló).<p>Il serait peut-être instructif de voir si le <i>Rivesr and Beacon-hills of Gondor</i> publiés dans VT42 recèle des indices à ce sujet...<p><font color='red'>Benilbo</font> > <font clor='blue'>il est peut être possible que plusieurs dialectes s'en soit mêlés ? L'émergence du mot Ossiriand de manière externe semble aussi très complexe (on trouve une grosse note là dessus dans les Lays de Beleriand, qui va nécessiter quelques heures de boulot, je crois ;) ). </font><p>En effet, d'un point de vue internaliste on peut considérer l'influence de dialectes dans les évolutions différentes de certains caractères (comme le <i>i</i> "intrusif" par exemple), mais d'un point de vue externe on ne dispose que de peu d'éléments ultérieurs aux <i>Etymologies</i> relatifs aux dialectes. On ignore ainsi quel est le statut du doriathrin or de l'ilkorin dans les stades post-SdA des langues de Tolkien (c.-à-d. la forme de ces langues telles qu'apparaissant dans les <i>Etymologies</i> est-elle encore valable et dans quelle mesure ?*).<p>En tout cas, les méandres sinueux de Nan-Tathren nous ont entrainés dans un tour d'horizon linguistico-historico-géographique de la Terre du Milieu... Et le sujet n'est pas clos ! ;-)</p><p>Sébastien</p><p><small>* Evidemment, l'ilkorin ne pourrait être gardé&#160; tel quel, mais il aurait pu être ultérieurement conservé comme une langue avarine ou un dialecte de sindarin de Beleriand.</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Toko)]]></author>
			<pubDate>Sat, 30 Oct 2004 14:52:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=28621#p28621</guid>
		</item>
	</channel>
</rss>
